25/01/2007

JUIN 04 : LA FOIRE de Rouffach ou LA FOIRE des Bordeaux ?

Deuxième escapade à la foire de Rouffach, celle de l’année passée m’avait permis de me conforter dans l’idée que les vins bios étaient plus que bios mais pouvaient aussi être bons (et oui, certains en doute encore ;-). L’objectif cette année était multiple, renouer les contacts avec Bruno et Gérard Schueller (leur table d’hôte à ne pas rater), redéguster les vins du domaine St-Nicolas en Fiefs Vendéens et concrétiser une collaboration, prendre livraison d’une deuxième (déjà !) commande de Jura (Tissot, Pinte) via Claude Charbonnier du Clos des Grives, sélectionner un bon Languedoc pour compléter ma dégustation de fin juin, et enfin, explorer Bordeaux sans a priori par la face bio de la montagne. Tout ce boulot quand même, non ?

Avec Bruno la fin de journée et Gérard le reste de la nuit, c’est de la passion à l’état brut, on discute et on déguste, les oreilles et les papilles ouvertes, sujets de discussion en vrac, l’approche bio (quelques anecdotes savoureuses sur les études de Bruno), la certification ou non, les agréments, les nouvelles réformes des AOC, passionnant. Tout cela dans une générosité sans calcul et sans mal de tête le lendemain (ah l’avantage du peu de soufre). Questions vins, deux coups de cœur que l’on retrouvera immédiatement à la carte. Un Muscat ; je courais depuis un an après un bon muscat (enfin, un muscat que je trouve bon), le voilà, dense, aromatique et pourtant rafraîchissant. Et un riesling ; j’adore les rieslings, ceux de Frick ou de Schaetzel, mais je recherchais en complément quelque chose de structurellement différent, dense mais plus austère, sec et minéral ; le voilà, ce sera ce merveilleux Bildstocklé 2001 !

Au repas, à la table de Gérard Schueller, il m’offre à déguster des fonds de bouteilles de la grande fête de la veille, parmi lesquels de vieux millésimes. Vraiment, un conseil, garder un peu vos Alsaces ! Le moment est agréable et quand arrivent les premières heures de la nuit, nous sommes prêts à nous déglacer au crémant, un crémant refusé à l’agrément pour cause d’amertume; c'est le fameux Hic Sine Sulfure Spuma. Elle est présente c’est vrai, mais quel amplitude en bouche, quel caractère !

Au retour, j’ai dégusté le pinot noir sans soufre reçu en cadeau, gamme aromatique intéressante (fruits rouges macérés, légèrement compotés, cuir), l’exercice vaut la peine, mais cela reste un exercice, je ne suis pas encore convaincu. Le tout sans soufre dépend vraiment du cépage, du terroir et du vinificateur, pas de règle générale jusqu’à présent.

Par contre le soufre minimum est vraiment l’objectif à atteindre. Les vins du domaine St-Nicolas maintenant, c’est le père de Thierry qui tient le stand, sympa, mais quand même moins marrant que Thierry. Mais je suis aussi là pour les vins. Premier arrêt, le Gammes en May 03 (pur gamay), j’adore, d’habitude je prends 1 bouteille pour redéguster à mon aise chez moi, ici j’en prends 12 ! Et ce n’est pas tout, il y a le choix, la cuvée reflets rouge 2003 est encore meilleure, le pinot noir (80%) Jacques est concentré mais croquant à souhait, le Poiré 2002 (100 négrette) est un jus de mûres épatant, et les blancs sont parmi les meilleurs du coin (clous excellent Q/P et hauts de clous 02 à attendre). Pas un faux pas, peut-être la grande pièce est-elle un peu chère, je regoûterai à mon aise plus tard.

Visite chez Claude Charbonnier qui a manifestement eu du mal à se lever ;-), des caisses de crémant rosé, du macvin, du vin de paille tout cela pour un Q/P super, mais le temps presse, je charge, descends un verre de crémant et dois déjà passer à la suite.

La suite ce sera l’exploration de domaines inconnus, le Carité en main, mes souvenirs en tête, je déambule, déguste et recrache systématiquement tout ce que le Languedoc et le Bordelais présente à Rouffach. Au final, quelques bonnes choses en Languedoc (les nones du Monastère de Solan par exemple), mais surtout un coup de cœur, le domaine Beau-Thorey en Pic St Loup ; non seulement le gars cristallise tout ce que j’aime dans l’approche du vin, mais ceux-ci sont originaux, bons et pas cher. On en reparlera c’est sûr !

Et le bordelais me direz vous ? Quoi ? Et bien je l’ai dis au début : la Foire !Bon j’exagère car je suis un peu excédé, mais entre le bois, le poivron , le caramel et les robes délavées, je commence au mieux à croire que mon goût s’est vraiment modifié à force d’ingurgiter les élixirs du Casot des Mailloles ou de Leon Barral. Puis je me dis que j’adore les vins vifs de la Loire (quand il n’y a pas de poivron vert ;-), et que je ne recherche donc pas que des « bombes aromatiques ». Le problème serait-il ailleurs ? Probablement; mais en tout cas, les vins dégustés sur place étaient peu passionnants et Bordeaux n’est vraiment pas à la pointe de la qualité en bio ! A suivre et au plaisir de voir cette affirmation peut-être hâtive infirmée. Pour me consoler, un beau cahors tout simple, non chaptalisé, non trafiqué, presque tout nu du domaine de l’Antenet. Santé !

13:38 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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