26/01/2007

MARS 2006: Méandres et Terroirs des "Riesling Grand Cru" d'Alsace

Malgré l'invitation tardive, vous étiez 8 à participer à ce premier "Atelier de l'Odyssée" concentré sur la diversité des Grands crus d'Alsace et principalement des Riesling. Première dégustation d'un vaste programme qui nous verra naviguer vers toutes les régions viticoles de France et d'ailleurs mais aussi aborder les côtes passionnantes de la diversité des arômes et des saveurs par le biais de préparations à base de thés, d'huiles et d'épices

Mise en bouche

* Mer et coquillages 2004, Riesling, Pinot gris et sylvaner, Julien Meyer

Pour se mettre les papilles sur cale, un vin sec où le pinot gris domine au nez, léger fumé et le riesling en bouche. C’est bon, rafraîchissant, un vin de soif. Peu de commentaires toutefois, manifestement les participants ne sont pas venus pour boire mais pour déguster les grands crus !

les deux séries de Riesling Grand Cru sont servies à l'aveugle par couple de 2 vins

Riesling Grand Cru 2001

Couple 1

** Pirate : Pinot blanc vieilles vignes, Martin Schaetzel

Robe dorée, premier nez sur la truffe ; ensuite les fruits blancs mûrs (pêche) s’imposent. La bouche est étoffée, c’est assez rond, la finale courte est sur une minéralité plaisante. Le pirate est reconnu de suite, bon mais pas au niveau d’un grand cru ; et on le situe plutôt en Loire (chenin) qu’en Alsace, une belle surprise !

Grand Cru Pfersigberg sans soufre, non filtré, 2001 (Terroir calcaro-gréseux), Gérard Schueller & Fils

Dégusté à l’aveugle, il ne faut pas être grand clerc pour identifier que le vin est non filtré et sans soufre. La robe est opalescente, dorée et s’assombrira au cours de la dégustation. Le premier nez sur la pomme blette est un peu caricatural. On y distingue aussi des notes grillées, de thé, tisane ou de café selon les dégustateurs. A l’aération, des agrumes confits et des épices apparaissent. L’attaque est perlante ce qui gêne un peu certains dégustateurs (moi ;-). Une bouteille jumelle, dégustée chez Luc il y a quelques semaines, mais vinifiée plus traditionnellement présentait un peu de sucres résiduels. Le perlant est donc peut-être dû à un regain de fermentation. Ce n’est pas grave, mais un carafage aurait dû s’imposer. Si le nez était controversé dans son appréciation, il en est de même pour la bouche, pas par les mêmes dégustateurs, amusant! Si certains lui reconnaissent une acidité fine, nette et très intéressante, d’autres la trouvent trop verte (acide malique ?). Le vin, sec, a une belle longueur et une belle matière et la finale est à l’avenant. Mais il est loin de plaire à tout le monde, ce qui était attendu. J’entendrai cependant dire « heureusement que Bruno Schueller ne fait que quelques rares cuvées totalement sans soufre… ». Pas consensuel !

Couple 2

Grand Cru Steinert 2001 (Terroir Calcaire), Pierre Frick

Beaucoup plus d’unanimité pour celui-ci qui présente un nez très pur et très mûr. Une belle déclinaison d’agrumes frais et confits; une touche de menthol ou de camphre et une minéralité naissante. Les fruits blancs mûrs voire exotiques apparaissent à l’aération et en retro-nasale. En bouche c’est gras mais fin sur une légère présence de sucres résiduels qui gêne un peu 1 ou 2 dégustateurs. Très bon.

Grand cru Muenchberg 2001 (Terroir gréso-volcanique caillouteux), Julien Meyer

La robe plus dorée laisse penser que ce vin est élevé sans ou avec très peu de soufre. C’est le cas ! Le nez est totalement différent du Steinert, plus discret, sur la mie de pain, le toast, légèrement minéral et fumé ; un nez intrigant. L’attaque est puissante et le vin développe un corps massif mais superbement équilibré par une acidité que certains trouveront « mûre ». Le tout est taillé dans la roche, sans sucres résiduels. Un coup de cœur pour certains, une découverte à apprivoiser pour d’autres.

Riesling Grand Cru 2004

Couple 3

Grand Cru Schlossberg 2004 (Terroir de Granit) Martin Schaetzel

Un nez floral très ouvert qui fait immédiatement penser certains dégustateurs au Schlossberg (Bravo Anne !). Ensuite des fruits mûrs, un peu de miel et une minéralité naissante. Un corps svelte mais bien fait ; quelques grammes de sucres résiduels qui se fonderont au vieillissement. De l’avis général, très bon.

Grand Cru Kirchberg de Barr 2004 (Terroir Argilo-calcaire), Vincent Stoeffler

Celui-ci est beaucoup plus fermé et semble moins puissant. C’est la marque du Kirchberg qui nécessite quelques années pour débrider son austérité. Le nez est toutefois minéral et légèrement fumé, la bouche plus sèche que le vin précédent est toutefois assez ronde et équilibrée par une belle acidité. Il recueille les suffrages de quelques dégustateurs pour cette droiture. Un riesling de facture plus classique peut-être. C’est en tout cas un superbe rapport qualité prix, une belle petite facture en quelque sorte.

Couple 4

Kaefferkopf Nicolas 2004 (Terroir Argilo-Calcaire), Martin Schaetzel

Nez puissant de mandarine et d’épices (gingembre), très mûr et parsemé de notes de miel floral. Moi j’adore ! La bouche est puissante, mais sa confrontation avec le Rangen laisse croire que le Schlossberg l’était plus. Je ne crois pas que ce soit le cas, la confirmation sera apportée par une comparaison ultérieure, le Schlossberg plus en dentelle et moins acide, le Kaefferkopf plus puissant et gras; les deux reflétant bien leur terroir. Par deux fois j’avais préféré le Schlossberg, cette fois mes faveurs vont au Kaefferkopf, qui mérite amplement de rejoindre le cercle des grands crus.

Grand cru Rangen de Thann 2004 (Terroir Volcanique), Martin Schaetzel

Pas de doute, c’est le Rangen qui devrait se déguster à genoux tellement c’est grand. Le nez est typiquement fumé et déborde déjà d’épices. C’est massif, chaleureux, mais le tout est superbement intégré dans la chair du raisin et son acidité. Hors norme, il effraie même certains dégustateurs.

Au final, une très belle revue de la diversité des grands crus, point de vue terroir (calcaire, granit, volcanique, argile, ..), géographie (Haut et Bas-Rhin) et vinification (peu, très peu, pas de soufre).

Pinot Gris 2002

Couple 5

Pinot Gris Rosenbourg 2002 (Terroir de Granit), Martin Schaetzel

Pinot Gris Oberberg 2002 (Terroir Argilo-calcaire), Martin Schaetzel

Ces deux excellents vins, au rapport Q/P très intéressant, reflètent bien les différences attendues. Le premier propose un nez ouvert fruité, légèrement mielleux et fumé tandis que le second développe un peu de minéralité qui apporte une complexité bienvenue. Les différences se retrouvent également à l’oral. Le Rosenbourg plus en dentelle, et l’Oberberg tout en puissance et d’une longueur plus importante. Deux très bons vins, chacun dans leur catégorie, même si la préférence générale semble s’orienter sur l’Oberberg.

Un peu de solide

Le pain bio concocté par Anne a permis de sautiller de couple en couple sans mal, mais il est temps de manger un petit bout, deux tourtes préparées par Anne également. Je laisse Georgy au commentaire.

Couple 6

Quiche aux oignons : une harmonie parfaite entre le fondant de la pâte et le croquant de la croûte, un subtil équilibre entre le sucre résiduel des oignons et une pointe d'acidité et d'épicse relevant le tout

Quiche aux bettes : fit l'objet de nombreuses discussions lors de la dégustation à l'aveugle; on a longtemps hésité entre des poireaux et des épinards : il s'agit en fait de bettes dont certains citadins ignares n'avaient jamais entendu parler : à retester certainement dès le beau temps revenu avec des bettes fraîches du jardin bio de TGW

Comme dessert

Muscat Cuvée Béatrice 2000, Audrey et Christian Binner

Les dégustateurs pourtant si brillants jusque-là sont désorientés par ce vin et énumèrent les différents cépages d’Alsace avant d’atteindre le muscat. Il faut dire que ce vin n’est pas une caricature du cépage. On y retrouve de la fleur, mais du fruit mûr aussi, des épices également. La bouche bien structurée autour d’une acidité salivante est légèrement moelleuse et se boit facilement. La longueur n’est pas d’anthologie mais très satisfaisante. Un très bon muscat, ce qui est assez rare, mais un peu cher peut-être.

20:38 Écrit par Laurent dans Ateliers Dégustation | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

Commentaires

Vin Nature Bonjour de Finlande! Lorsque j'ai créé ma société d'importation et de de distribution de vins en 1998, j'avais apparemment innové en lui donnant le nom de Vin Nature. Dans mon esprit c'était un peu l'opposé de "vin technologique", un vin sans artifice, sans trop de boisé, non chaptalisé, etc. Depuis deux ou trois ans le nom commence à se répandre un peu partout, Japon, France et maintenant Belgique.

Vous pouvez jeter un coup d'oeil sur mon site internet, c'est en finnois mais vous y trouverez quand même un article sur Gavenat! J'ai trouvé cette coincidence amusante. Il y a 15 jours au Salon des Vins d'Helsinki nous avons justement présenté Syiquième et ? de Ganevat (ainsi que les autres vins du domaine). Les sommeliers des meilleurs tables d'Helsinki ont adoré!

Votre blog est passionnant. Bonne continuation!

Michel

Écrit par : Michel Palu | 03/04/2007

Vinnature Bonjour Michel,
oui, les vins naturels, espérons que ce soit plus une lame de fond qu'un phénomène de mode. Pour moi en tout cas la marche arrière n'est pas concevable, j'ai de plus en plus de mal à apprécier un vin "conventionnel". J'ai jeté un coup d'oeil sur votre site, de belles références également, parfois communes (overnoy, ...). J'apprécie moins le château Le cèdre souvent beaucoup trop boisé, mais je n'ai pas goûté les derniers millésimes...

J'ai été à Heslinki par deux fois dans le cardre de mes activités "bière". Maintenant si on y trouve les vins de fanfan Ganevat, je sais que je ne serai plus du tout dépaysé :-))

Bonne continuation également

Laurent

Écrit par : LaurentVinature | 05/04/2007

c'est avec beaucoup d'intérêt que j'ai lu vos commentaires, comme vous j'ai été séduite par ces vins!Je l'ai découvert dans un resto et ne m'en m'en lasse pas, je souhaiterais éventuellement l'acheter directement au producteur, pensez vous que cela soit possible et quelles sont ses références?

Écrit par : Daniel - List Of Beijing Hotels | 22/03/2009

Recherche je cherche l'importateur en Belgique des vins de Bandol du Domaine Mas Thérèse. Ceux ci sont mis en bouteille à Jonquières(Vaucluse) par le caveau De Chabrenas à F 69220

Écrit par : D'Helt | 22/05/2009

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