27/01/2007

MARS 2006: Les GRANDS JOURS "ETALONS" DE BOURGOGNE

Ou les Grands Jours de Bourgogne et Talon; c'est selon. En effet, trois grands jours de Bourgogne pour moi, j'ai brossé la fin de la semaine pour répondre à une invitation de Jean-François Ganevat (dit "fanfan" pour les copains et "talon" pour les intimes) à rendre visite à Louis Trosset en Savoie, je ne regrette évidemment pas du tout ;-)

Les grands jours c'est une occasion unique d' "étalonner" ses "poulains" auprès de leurs pairs et de faire quelques découvertes, mais quel marathon! Il faut aussi se garder d'avis trop tranchés vu le nombre de vins dégustés et aussi du fait des millésimes présentés (de 2001 à 2005); beaucoup de vins tirés sur fût, en malo ou non, en réduction ou pas; mais c'est passionnant. J'ai eu quelques grosses déceptions avec des domaines très réputés, mais il faut probablement les relativiser et en tout cas les confirmer avant de les étaller grand sur la toile. Par contre parlons des bons vins!

Premier jour: Chablis-Yonne

quincy

Deux producteurs sortant du lot; Grossot et ce n'est pas une surprise, William Fèvre. Tout deux alliant structure, gras, concentration, minéralité et reflet du terroir (en tout cas belles différences entre les cuvées). Une superbe découverte aussi, tant en rouge qu'en blanc: l'Abbaye du petit Quincy de Dominique Gruhier à Epineuil, J'ai craqué si vite que rendez vous fût pris à l'abbaye avec Dominique (photo) et mon coffre rapidement rempli! Des blancs, rouges, et même rosé, en Bourgogne Epineuil et Chablis ; et puis la cuvée Juliette sans soufre, pleine de charme. Et un tout bon rapport Q/P en plus.

J'ai l'impression que les voisins de Chablis se démènent un peu plus que cette appellation plus prestigieuse mais parfois endormie. Une confirmation si besoin en était; Goisot. Le contact est nettement mieux passé que la première fois, il n’est pas impossible que je vous en propose dans un avenir proche, c’est tellement bon ! Des discussions intéressantes aussi, comme le passage de témoin au domine Colinot, où quand la nouvelle génération féminine tente de s'imposer et d’imposer par exemple le retour aux labours; tout cela dans la bonne humeur toutefois. J’ai eu l’occasion de déguster le domaine de la Boissonneuse 2003 et 2004 ; très bon niveau, mais on est peut-être pas au niveau du 2002. Le 2003 plaira au plus grand nombre par ses arômes fruités opulents et sa rondeur. Le 2004, plus tendu est encore en devenir, patience mais il suivra probablement la route du 2002. En attendant, profitez des dernières caisses du 2002 !

Pendant le lunch, je m'éclipse pour un rendez vous au domaine Alice et Olivier De Moor qui font des Chablis minéraux sans concession, un peu dans le style Meyer en Alsace. Là aussi j'aimerais qu'on en reparle bientôt, mais pas pour l'instant, rien à vendre en 2004!

Deuxième jour: Côte de Nuits

Un marathon au propre comme au figuré ; il faut courir d’un endroit à l’autre, de Morey à Nuit, ou de Gevrey au Château de Vougeot (photo). C’est un peu contraignant, mais cela permet de reposer quelque peu les papilles et muqueuses éprouvées.Diffiicle de tout goûter, je me suis concentré sur les noms connus, les découvertes ce sera pour une autre fois.

Tout commence à Morey et ses Grands crus ; je vais saluer Olivier Guyot qui présente ses Clos de la Roche et Clos saint Denis 2004 et 2005 (tirés sur fût). Ils sont superbes, très parfumés, denses mais équilibrés, d’une grande longueur. Cela commence bien! Je ne sais si c’est lui qui a placé la barre très haut, mais ses voisins parfois plus prestigieux se goûtaient nettement moins bien. Au même niveau, mais pas toujours au même prix, les Bonnes Mares de Fougeray de Beauclair et le Clos des Lambrays. Pas besoin d’insister, Olivier va placer ses Marsannay, Chambolle et Gevrey dans mon top 5 à chaque fois. On contine à travailer ensemble, c’est sûr.

chvou

Un autre domaine à étalonner, le domaine Chantal Lescure, présent avec ses Clos Vougeot, Vosne Romanée et aussi avec ses Nuits St Georges. Là aussi, superbe essai transformé. Ils sont au top avec le grand avantage de prix encore tout à fait accessibles. Si je voulais qualifier les vins de ce domaine, je parlerais de vins cubiques ; je m’explique ! Certains vins sont tout en longueur, en droiture mais manque parfois un peu d’épaisseur, ou comment faire dans la finesse sans tomber dans la maigreur. D’autres, les blockbusters de dégustations à l’aveugle sont plus monstrueux, roulent des mécaniques ; il sont tout en puissance et largeur ; mais parfois, ils s’effondrent en finale. Chez Lescure, l’équilibre est celui que je recherche, du volume, en long, en large, et en profondeur, mais sans excès!Parmi les pairs, je reconnais avoir été séduit par la droiture des vins de Gouges, la sensualité du domaine de la Vougeraie, la délicatesse et légereté des cuvées aériennes de Clavelier, la structure de Méo-Camuzet, l’évidence de Liger-Belair, la facilité, pour ne pas dire autre chose, de Charlopin, le naturel rustique de Dufouleur et Damoy. Tout ceux là, ainsi que ceux qui se sont plus ou moins bien goûtés demandent confirmation ; c’est quand vous voulez !

Troisième jour: Mâcon

A Mâcon, ce sont les Bret Brothers du domaine de la Soufrandière qui sont sur ma sellette. J’aime le style sans prise de tête; à la fois évident (beaucoup de fruit, densité et élevage soigné) et minéral de leurs cuvées. Les 2003 étaint très bien, 2004 sera nettement supérieur. L’élevage est beaucoup plus intégré, le fruité plus naturel, la minéralité plus évidente et la structure plus fraîche. Les cuvées reflètent également mieux leur terroir en exprimant des différences beaucoup plus marquées qu’en 2003. Quelques coups de cœur, comme par exemple le simple Mâcon Uchizy, le Pouilly Vinzelles du domaine et le Puilly Fuissé Laroche ; un grand vin !

Peu de vins peuvent les concurrencer dans ce style. A souligner cependant l’éclat des grandes cuvées de Robert-Denogent. Dans un style très différent, plus « vin nature », une belle confirmation avec les Vignes du Mayne (notamment le rouge de gamay, très épicé, herbes aromatiques); c'est sûr, on finira par travailler ensemble. Parmi les domaines à ne pas oublier; un qui progresse régulièrement: Guillot-Broux. Une rencontre très sympathique aussi avec le domaine de la Bongran et leurs vins atypiques (sucres résiduels, cuvée Botrytisée, …). A retenir. Un autre domaine que je vais surveiller, le domaine Combier, à Saint Véran, mais pour le reste beaucoup de vins souvent corrects mais souvent manquant d’étincelle.

Troisième jour suite: L'Autre Bourgogne

Des Crémants, des Hautes Côtes, des Marsannay, mais peut-être la dégustation la plus dure avec beaucoup de vins rouges asséchants. Enfin, il est vrai que la barre avait été placée assez haut la veille.Marsannay survole largement cette dégustation et mériterait quelques 1ers crus (c’est en voie, mais l’administration est longue), mais ce n'est pas un scoop. Outre Olivier Guyot, bonne surprise avec Bart (des vins denses et ronds) et les Fixin de Nadeff (un peu plus rustiques toutefois). Aussi les très bons Hautes Côtes de Nuits (rouges et blancs) de Verdet (vinifiés maintenant par le le fils d’Alain : Aurélien). Et puis une découverte sympa à retenir, avec le Maranges du domaine Rouge Queue

12:56 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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