28/01/2007

28-29 AVRIL 2006 : Caves Augé, La Loire se jette à Paris

Vendredi soir, visite de Pierre-Yves de la Ferme des Sources et également partenaire de René Mosse, qui vient me déposer quelques bouteilles et en profite pour en emporter d’autres (oui, oui, pour ce qui est du Jura, nous restons incontournables, pour le reste aussi d’ailleurs ;-). Tout en dégustant un très bon Gammes d’été de Thierry Michon (Domaine St Nicolas), il nous fait part de son escapade proche aux caves d’Augé à Paris. Et le bougre cherche un compagnon d’aventures, mince ! Un regard vers Anne, un « vas- y » sincère et rendez-vous est pris pour le lendemain tôt.

Je connaissais les caves Augé de réputation et j’en avais quelques images en tête grâce au net. Elles se situent Boulevard Haussmann à Paris et les conditions de dégustations sont pour le moins pittoresques. Quelques barriques sont partagées par les vignerons présents (une vingtaine quand même !) et on déguste à même le trottoir, dans le bruit et la pollution des embouteillages. Pas vraiment idéal, mais original et très sympa. Il y règne une ambiance festive et goguenarde qui n’est pas faite pour me déplaire.

Et puis la qualité des vignerons réunis est à souligner. Jugez plutôt : Nicolas Joly, René Mosse, Mark Angéli, Pierre Breton, Philippe Alliet, Eric Nicolas, Emile Hérrédia, Les frères Puzelat, et puis encore quelques autres que je vais me faire un plaisir de découvrir. Pas de notes précises, les conditions ne le permettent pas, juste une flaveur de mes coups de cœur et découvertes.

On commence par un muscadet qui n’a rien d’un muscadet au nez, plutôt beurré et fruité. En bouche par contre, on retrouve la minéralité iodée et beaucoup de fraîcheur ; mais qu’est-ce que c’est massif ! Encore un vin qui va en dérouter quelques-uns, comme il déroute apparemment souvent les dégustateurs agrées de l’AOC. C’est le domaine de la Sénéchalière de Marc Pesnot, un premier nom à retenir !

Un peu en retrait, les vins d’Eric Nicolas (Domaine de Bellivière) ; en fait les vins sont très bons, mais ne justifient, à mon humble avis, pas le niveau de prix comparable voire supérieur à Mosse ou Angéli. Dommage.

Vous voulez un vin d’extra-terrestre? En voici un : Le Touraine Sauvignon 2003 du Bois Lucas. Et puis non, c’est en fait un vin de femmes (au pluriel). Vinifié par Junko Araï et Noëlla Morantin, il explose de senteurs complexes rappelant et le litchi et la fleur de sureau ; le reste est à l’avenant, J’adore ! Le 2004 est un peu en retrait, mais le rouge Otosan est également très bon.

Autre coup de cœur ? Oui, pour un domaine (ou plutôt 2 !), mais aussi pour un cépage : le pineau d’Aunis. Je le connaissais déjà, mais ici ces deux vignerons le transcendent : Il s’agit d’Emile Herredia et de Thierry Puzelat. Le pineau, c’est du fruit, en fonction du terroir, une belle prise de minéralité et puis des notes épicées et poivrées très originales. Inutile d dire que j’adore ! Revenons à Puzelat, Thierry est associé à son frère pour le Clos du Tue Bœuf en Touraine et puis nous livre aussi quelques cuvées issues de raisins de négoce « haute couture » dont par exemple la cuvée « sayonara » pas pour tout le monde, un superbe sauvignon moelleux. Là je me laisserais bien tenter par une petite distribution, A suivre de près.

Un autre coup de cœur pour la cuvée Pierres Noires en 2005 de Jean Maupertuis (Côtes d’Auvergne), très imprégnée de son terroir volcanique !Très bon domaine aussi, à Cheverny : celui du Moulin et surtout la cuvée Bodice en 2004 et celle des Acacias issue de romorantin.

Des vins plus natures que natures et sans prise de tête ; allons chez Olivier Lemasson du Domaine des Vins Contés. Après un blanc vraiment dégueu, on goûtera quelques cuvées très sympathiques, élevées sans soufre et très digestes dont par exemple le José de Nice (un vin de table rosé, évidemment), ou celle du Poivre et Sel 2005, assemblage de pineau d’Aunis et de gamay. Sympa

Encore à signaler, les vins de Christian Chaussard (quel boute-en-train ce gars ;-) et surtout la superbe cuvée les Mortiers 2004 sur laquelle je craquerais volontiers malgré le prix assez élevé (pour un vin de table en plus ;-). Devinez, c’est un pineau d’Aunis !Un dernier pour la route ? Un Saumur Champigny de classe, celui du Château Yvonne.Je terminerai par les confirmations, si besoin en était, du talent de quelques grands vignerons présents ce jour là. Dans les rouges ; ceux de Pierre Breton (très sympa le gars !) qui constituent une gamme vraiment très homogène et de qualité supérieure. C’est sûr, je vais suivre ces vins et vous les proposer régulièrement (j’ai deux cuvées superbes pour l’instant ; Chinon Beaumont et Bourgueuil Galichets) . Pas de photos, mais un lien vers un site très intéressant et qui donne une idée de l'ambiance sur le Boulevard: Wine Terroirs.

Et pour terminer, une trilogie de très grands blancs, Nicolas Joly (Coulée de Serrant), Mark Angéli et René Mosse, presque côte à côte qualitativement (en tout cas René Mosse et Mark Angéli partageaient la même barrique ;-). Leurs vins dominent largement les autres cuvées et leur réputation est entièrement justifiée. Sur le Boulevard Haussmann, leur complexité aromatique et leur puissance de saveurs n’avaient que faire des gaz d’échappements et du brouhaha, on se serait cru dans leurs vignes !

J’en profite pour faire connaissance avec René Mosse (quel humour pince sans rire !) et me réconcilier avec les vins de Mark Angéli. Dégustés en Novembre 2005 dans le cadre de la dégustation « Renaissance des appellations » ; j’avais été gêné par des arômes de vieux fût et de moisi ; foin de tout cela ici, les vins sont étincelants de grandeur et justifient pleinement leur prix. Nicolas Joly, très disponible, nous parle de biodynamie, Mark Angéli, également très sympa, distribue à qui veut ses tracts anti-nucléaires, René Mosse, lui, arbore son sourire malicieux et un pins anti-OGM. Serait-on donc sur la même longueur d’onde également en dehors du vin ? Épithète ! Sur ce, je redéguste ceux de René et ils me semblent encore meilleurs qu’il y a une semaine. Je me régale vraiment.

Enfin, on critique beaucoup, à tort ou à raison les vins de Nicolas Joly. Ce jour là ; ils étaient évidents de qualité, et je ne peux que conseiller le Clos de la Bergerie à tout amateur de grands blancs, plus qu’une introduction à la Coulée.

Une conclusion pour cette dégustation, c’est mon goût pour les vins avec un minimum de soufre, voire sans soufre. Si cette absence chahute parfois un peu les arômes, on lez retrouve admirablement en rétro-nasale et puis la finesse et le naturel en bouche sont si évidents ! Difficile de faire marche arrière quand on a goûté des vins de cette trempe, mais cela, vous le savez déjà non ?

Voilà, il est temps de rentrer, juste le temps d’une petite bière au comptoir avec René et Pierre-Yves. Merci les gars, merci PY et BYE Paris !

09:09 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

Caves Augé renversant ! des tarifs stratosphériques de minimum 30 % supérieurs à ce que l'on peut trouver ailleurs sans se fatiguer.Un personnel ( beaucoup trop jeune pour avoir eu le temps d'acquérir une vraie compétence) déguisé en sommelier dont il emprunte ,dans le désordre, des bribes de discours pour vendre.Le discours maison est un mélange d'arrogance et de " je connais un petit producteur, gnia gnia,gnia ...." le tout parsemé de termes "techniques" afin de voir les réactions du pigeon en face.
La technique consiste à proposer autre chose que ce qui est demandé en orientant vers un produit avec lequel les comparaisons de prix sont impossibles et bien sûr des méga-marges..
Comment arrivent-ils à tenir le coup ? Les méga-marges doivent y être pour quelque chose .....Mais pourquoi personne pour dire que le roi est nu.

Écrit par : Gerboin | 21/11/2008

Aucune idée des prix, j'allais là seulement pour rencontrer les vignerons, mais la sélection est quand même pas mal du tout!

Écrit par : Laurent | 21/11/2008

Un autre coup de coeur, je ne vais pas le survivre ! C’était bien une information si agréable à déguster que je me sens en effet enivrée. Le vin extra-terrestre, je voudrais bien le goûter)

Écrit par : Zara - Css Charts | 01/05/2009

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