30/01/2007

29 JUIN 2006 : L'Aménagement de la "Boutique"!

Petit flash-back; il y a maintenant bientôt 6 mois, je quittais une position enviable dans un port sommes toutes assez confortable pour prendre le grand large, sans destination bien précise, mais en étant sûr d'une chose, on ne m'y reprendrait plus! Cela faisait quelques mois que, vu la tournure des évènements et le peu de résonnace créatrice ou éthique à mes activités, je ruminais des projets d'aventures, ébauchais des plans d'évasion, quand, soudain, une rencontre disputée avec la séléçao brésilienne m'ouvrit grande la porte pour la grande finale, Sem Rancor !.

Un de mes rêves était de concrétiser mon concept de l'Odyssée des Arômes, qui mûrissait depuis bientôt 15 ans, date de mes premiers vins de fruits, en un vrai lieu de rencontres et de dégustation. Un espace ou l'on pourrait voir, mais aussi humer, et goûter toutes les étapes de l'Odyssée.Sans grands moyens, j'ai toujours tenté d'appliquer comme devise le "think big, start small" dans mes activités; on rêve le concept à fond et puis on démarre avec les moyens du bord. Je n'ai pas la folie des grandeurs et j'aime pouvoir me casser la gueule sans trop de mal; mes origines paysannes sans doute.

L'option prise assez rapidement dans ma petite tête fut de transformer notre salon en "boutique-caveau de dégustation". Evidemment, ce salon a pris un fameux cachet ces derniers mois grâce au travail acharné d'Anne. Décapage, peinture à la chaux, décoration, ... Elle qui le trouvait sombre et frois, elle l'avais enfin adopté et voilà que je lui demande déjà de s'en séparer. Il ne lui faudra qu'un bref moment de reflexion, ou de méditation, pour entendre crier ce petit salon "je veux être un magasin, je veux être un magasin..." Merci Anne pour ton soutien et ton sacrifice dans cette entreprise!

C'était il y a environ 2 mois... Bon qui dit ouverture dit évènement, il fallait une présence à la hauteur de cet évènement, non? Mais tout d'abord la date; pas évident, les examens, les départs en vacances, le souper cochon de l'école, Thorout Werchter, le festival de arts de rue de Florival; ce ne sont pas les activités qui manquent.. tant pis, on fonce (ça ce ne sont pas mes origines paysanes, c'est mon côté bélier;-).

On choisit les vignerons et on fixe la date en fonction de leur disponibilité. Mais lesquels, pas si évident, tant pis on commence par ceux qu'on a le plus envie de voir; allons-y. Fanfan est un incontournable, un ami aussi, malgré 2 venues chez TGW déjà, la Belgique n'est pas encore saturée de ses excellents chardonnay ouillés; il accepte immédiatement. Casot des mailloles, j'ai un respect profond pour la démarche d'Alain et Ghislaine et j'adore leurs vins qui ne recherche que la sensualité sans consensualité. Ce n'est pas évident, beaucoup de travail à la vigne; mais Ghislaine fera le déplacement avec sa fille Agathe, génial! Au suivant; évident aussi pour moi, Henri Milan, nous avons découvert ses vins ensemble, lors d'un atelier qui lui était consacré, mais malgré plusieurs contacts téléphoniques, je ne l'ai jamais rencontré. Un risque pour moi, un risque pour lui de venir se perdre dans un bled dont il n'a jamais entendu parlé, et chez un petit caviste débutant. Je ne sais si c'est le CR que je lui ai consacré, mais il accepte! Il prendra l'avion et nous irons le cueillir à Charleroi, ça roule. Ca se sont des valeurs sûres, mais j'ai envie de présenter un domaine moins connu des passionnés, un domaine qui monte et je me souviens de Dominique Gruhier rencontré aux grands jours de Bourgogne en Avril. Coup de fil, lui aussi accepte rapidement, décidément, c'est trop beau, je n'ai pas envie de m'arrêter, l'envie de faire un vrai salon des vins naturels l'année prochaine se fait de plus en plus sentir. Mais bon il va bien falloir arrêter la liste! Non, encore un; ce sera Bruno Schueller!

J'adore l'Alsace, ses vins et ses vignerons et Bruno fut l'un des premiers rencontrés depuis le début de cette aventure. Il hésite, on se reparle à Rouffach, mais malgré le travail intense nécessaire aux vignes accepte. Bon c'est bouclé, et puis non, je demande aussi à Thierry Mouchet de Huiloreine de se joindre à nous, c'est ok pour lui aussi! Nous serons 6!6! Bon euh, tu n'exagères pas Laurent? Ou loger tout ce petit monde, comment les recevoir? On verra bien en temps voulu;-)!

Maintenant il faut transformer ce beau salon en "boutique", faire les affiches, les invitations, commander les épices sélectionnées, les thés, les huiles, ... décider des meubles, placer un airco et tout et tout, le compte à rebours est enclenché. Heureusement, le fruit est bien mûr et tout est déjà bien clair dans mon esprit.

Sans entrer dans les détails, c'est là aussi qu'on voit ce que veut dire solidarité, notre ami Claude nous pondra un meuble par jour (y'en a 10 quand même!); on le savait peintre de grand talent, on le découvre aussi menuisier, ébéniste, bricoleur, homme à tout faire, et sans jamais de stress. "Ca me détend" nous dira-t-il. Christian nous dépannera pour les invitations, Ann et Dominique logerons des vignerons, Anne distribuera les affiches et puis tous les autres ferons ces petites choses apparemment insignifiantes mais sans lesquelles on aurait vraiment beaucoup galéré!

Merci à tous!

Nous sommes prêts les gars, vous pouvez arriver!

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18:15 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

28/01/2007

20 JUIN 2006 : Deux minutes, je tonds la pelouse et puis on mange!

Vous le savez (ou pas ;-), si j'adore les parfums lointains des grands thés du Fujian, des poivres rares ou des huiles essentielles, j'ai aussi un grand faible pour nos petites plantes plus trop sauvages. Et après l'ail des ours et ses amis le mois passé, j'enfonce le clou! Et oui, on l'a complètement oublié, mais nous foulons tous les jours des trésors de saveur et de santé. Au mieux on ne leur accorde même pas un regard, au pire on les traite de, et comme de mauvaises herbes. On les piétine, les arrache, les pulvérise, les extermine; on râle dessus, on s'acharne, on échafaude des plans machiavéliques pour les faire disparaître, à force de poisons bien plus violents que souhaités et puis beaucoup ne sont pas loin de les haïr.

Dommage, vraiment dommage car nous avons là d'une part quelques ingrédients qui permettent de repousser encore les limites de la gastronomie et d'autre part, des sources peu onéreuses de vitamines, minéraux, fibres, ... Pour les apprécier, pas besoin de casser sa tirelire et d'aller chez Marc Veyrat (quoique je ne refuserais pas l'invitation) juste un petit tour par Pécrot et ses ateliers de l'Odyssée des Arômes.

Le week-end passé, nous avions donc organisé, avec nos voisins, un de ces ateliers en version off, une sorte de répétition de ce qui vous attend pour les prochaines années. Et une invitée d'honneur pour nous aider à élargir encore nos connaissances; Nicole Collins, alias "Madame Nature". Ce petit bout de femme a un parcours très intéressant; c'est une vraie autodidacte, qui tire ses connaissances de son enfance pas toujours tendre et de ses rapports avec les gens, et souvent les petites gens. Une expérience considérable qui allie la reconnaissance des plantes sauvages, leurs propriétés médicinales et gastronomiques et enfin, une bonne dose d'humanité.

Nous avions lancé quelques invitations à des amis et connaissances susceptibles d'être intéressés par ce gendre de promenade nature et gustative, et force est de constater que la gent féminime est plus réceptive à ce concept que le sexe dit fort. J'étais en effet le seul "mâle" parmi la quinzaine de participants, dommage, mais je n'ai pas dit mon dernier mot! En attendant, je vous relate cette belle promenade.

Le soleil est de la partie et nous débutons par un tout d'horizon du jardin de Dominique (notre voisine) , et déjà cela regorge de portentiel gustatif; nous croquons les pétales de coquelicot (gôut subtil et agréable de noisette), nous repérons la livèche (un incontournable que tout jardinier nature se doit d'accueillir dans son jardin), nous préparons un sirop de fleurs de sauge et puis petite pause avant la vraie balade. On fait rapidement un petit tour de table de présentation et puis Nicole nous explique son parcours, truffé d'anecdotes, de conseils, de recettes. C'est dense, c'est touffu, détaillé, un peu long et parfois peu clair, mais la bougre a des connaissances, c'est sûr!

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On démarre la balade par l'Eglise Saint Antoine de Pécrot entourée de beaux tilleuls. On y cueille, au pied, quelques feuilles issues de jeunes pousses (photo ci-dessous). Si le goût est peu intéressant, la texture est surprenante, on machouille quelques secondes et puis la bouche devient agréablement grasse, presque visqueuse sous l'effet des mucilages si utiles pour notre bien-être intestinal, qui se libèrent dans la salive. Surprenant mais bon, il faudra, dans une salade, y incorporer d'autres feuilles un peu plus aromatiques (alliaire, lierre terrestre), et quelques gouttes de vinaigrettes et ce sera parfait.

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Cela tombe bien, l'alliaire pousse juste à côté, nous en faisons une petite provision tout en nous rappelant ce proverbe africain "la grenouille ne boit pas toute l'eau de la mare". Inutile de tout raser, juste ce qu'il faut de feuilles et même un peu moins. Nous remontons ensuite et longeons le cimetière. C'est désolant! Les bas côtés sont nus, régulièrement pulvérisés qu'ils sont (et à nos frais :-( par les ouvriers communaux.Nous rentrons dans le bois de Pécrot parsemé d'habitations, mais où la circulation est assez rare. Une découverte pour moi, la lampsanne, grande plante à petite fleurs jaunes; les jeunes feuilles possède une belle texture, on les utilise en salade, ou cuits comme des épinards ou en potages.

Un peu plus loin, le lierre terrestre, cela sent la lavande, les épices, ou tout simplement le lierre terrestre, tant ses arômes lui sont uniques; le top du biotope! Je l'ai utilisé récemment dans une bête salade de thon, quelle fraîcheur!

L'ortie que l'on trouve un peu plus loin mériterait que l'on s'y attarde longuement, tant ses propriétés sont nombreuses. Savez vous par exemple qu'elle contient des protéines et en fait donc un incontournable des menus végétariens? Je l'utilise de préférence avec des petit gris de mon jardin, récoltée au printemps, elle développe un parfum unique presque muscaté, génial!

Autre grande "mauvaise herbe", au propre comme au figuré, la berce . Egalement prisée par Marc Veyrat et je le comprends, c'est une de mes plantes préférées. On récolte principalement la jeune pousse centrale qui crue développe des arômes d'agrumes, de carotte et de noix de coco. Cuite à la vapeur, c'est le concombre complexe qui se manifeste.

Nous nous arrêtons un peu plus loin devant une étendue de feuilles panachées, vertes veinées de blanc, une vague ressemblance avec le lamier. Il s'agit probablement d'une plante ornementale couvrante qui s'est échappée d'un jardin. Elle couvre maintenant, toutes les bordures et on la retrouve même au sein du bois. Une mini catastrophe écologique, car elle ne tolère manifestement pas beaucoup de compagnie. Triste! Et apparemment, le désastre s'est fait en peu de temps, l'année passée elle n'était encore que peu répandue, et l'année prochaine?

Bon, faut pas se laisser abattre, on continue, tout le monde fouine, le nez dans les herbes à la recherche d'une nouvelle espèce! Les fleurs sont également de la partie, celles de sureau (photo ci-dessous) serviront à la réalisation d'un sirop pour les crèpes ou les limonades; celles de pâquerettes apporteront de la couleur et leur petit goût particulier à la salade.

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Nous ne sommes pas encore au bout de nos trouvailles, car voici mon coup de coeur de la journée; l'épiaire des bois (photo ci-dessous). Amusant, car elle est plutôt réputée pour sa mauvaise odeur, on la surnomme même l'ortie puante ;-). Il ne me serait donc pas venu à l'idée de la cuisiner, mais le potage réalisé par Nicole était simplement fantastique et a séduit tout le monde, par ses parfums complexes rappelant le champignon et les herbes aromatiques fraîches.

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Nous récoltons aussi un autre incontournable, le pissenlit, en choisissant, à l'ombre, les feuilles les plus tendres. Mais ce n'est pas fini, de petites feuilles tapissent le sol dans un endroit un peu reculé; c'est la cardamine hirsute dont quelques plants s'élèvent au dessus des herbes (photo ci-dessous).

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Mais le temps passe et il est déjà l'heure de rentrer, et de préparer le repas avec toutes ces petites merveilles.

Tout le monde s'active à ses petites préparations, du beurre d'orties pour tartiner les toasts, deux salades; une croquante à base de feuilles de pissenlits et vinaigre balsamique et l'autre grasse à base de feuilles de tilleul, alliaire, lierre terrestre et fleurs de pâquerettes; et puis les fameuses falafelles de haricots rouges, de berce et autres plantes sauvages en version nature ou épicée (une superbe base pour s'amuser avec les épices et les poivres). On se régale!

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Vient ensuite le fameux potage d'épiaire des bois (j'en ai refais depuis, c'est toujours méga top slurp!) et pour terminer les crêpes au sirop de sureau. Et le vin me direz vous? Un bon Côte de Jura rouge 2003 de Claude Charbonnier, tout en fruit des bois, légèrement rafraîchi, pour se ... rafraîchir; et puis l'accord parfait des falafelles et des salades avec le pineau d'Aunis d'Emile Héredia (Domaine Montrieux 2004). Avec ses arômes de poivre long et d'herbes aromatiques, il jouait un cache-cache aromatique passionnant.Nous terminerons par une courte balade digestive dans mon jardin, pour permettre aux participants d'identifier d'autres plantes telles que l'angélique, la carotte sauvage, la tanaisie, la molène, la benoîte urbaine, l'achillée millefeuille, le plantain lancéolé, la campanule raiponce, la chélidoine et bien d'autres encore.Cette journée fut un pur moment de bonheur gustatif partagé et de rencontres; merci Nicole!

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10:50 Écrit par Laurent dans Ateliers Dégustation | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

16 JUIN 2006 : Pesticides, Mode d'emploi!

La France, troisième consommateur mondial de produits phytosanitaires, est confrontée à la remise en question de cette utilisation des pesticides.

Une expertise scientifique collective menée par l'INRA et le Cemagref, à la demande des ministères en charge de l'agriculture et de l'environnement, a permis de dresser un état des lieux des connaissances sur lesquelles pourraient se fonder des actions visant à réduire le niveau actuel d'utilisation des pesticides et leurs impacts

Lire la suite ICI

Une lecture rapide laisse entendre que la lutte biologique pourrait être une stratégie alternative permettant d'atteindre cet objectif. Hélas la prise de conscience n'est pas encore suffisante dans le monde agricole qui est toujours à la recherche de techniques alternatives, facilement mises en places et garantes du même profil de rendements élevés, là ou la rentabilité économique peut être valorisée autrement.

Le rapport de l'INRA que l'on pouvait craindre un peu consensuel ose quand même montrer la voie en titrant dans sa conclusion"La production intégrée, une démarche nécessaire"Cette lutte intégrée consiste, non pas en une lutte raisonnée qui base encore toute sa stratégie sur l'emploi des pesticides mais sur l'utilisation de toutes les techniques disponibles en laissant la priorité à celles rescpectueuses de l'environnement. En fait, on se rapproche un peu du bio, mais on se permet des traitements chimiques lorsque la situation le nécessite. Ok c'est vague, mais c'est déjà un pas dans la bonne direction. L'objectif avoué étant le zero pesticides. Rome ne se construit pas en 1 jour ...

Par contre, on ne semble pas envisager le potentiel de développement de la lutte biologique si la recherche ciblait un peu mieux ses objectifs. mais c'est une question de gros sous, il est encore trop tôt pour Bayer, Monsanto & co pour financer de tels projets.

Un mot sur la viticulture qui est pointée du doigt (pour rappel, elle consomme près de 50% des pesticides pour quelques % de surface cultivée ... no comment) en raison de, je cite "l'intensité de ses traitements"

Si l'agriculture est grande consommatrice de pesticides en raison de mauvais choix stratégiques, que dire de l'utilisation de pesticides par le particulier ou encore par les institutions communales. Il y a quelques semaines, de braves ouvriers "sprayaient" encore à volonté ceux-ci sur des bordures de route pourtant impeccable ...

Il y a quelques semaimes, la France subissait une Semaine Sans Pesticides (pas de victimes recensées ;-), c'est insuffisant, mais ça bouge un peu...

A ne pas manquer pour ceux qui doute des alternatives biologiques (et on ne parle pas de cuivre...) , le Blog de Franck Pascal, viticulteur en champagne.

Bon, je vous laisse, je dois touiller dans mon purin d'orties (véridique!)!

10:23 Écrit par Laurent dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

6 JUIN 2006 : Allium ursinum, Urtica dioica, Tropaeolum majus, Taraxacum officinale, Plantago major et consorts!

Je lisais dans le dernier numéro de Terre sauvage (très belle revue!), une interview de François Couplan, spécialiste en botanique alimentaire. Il semblerait que la proportion de plantes inclues en alimentation humaine soit en diminution constante, parfois même dans des régions qui soufrent de famine. De mémoire il y aurait près de 30 000 espèces comestibles et seulement un infime pourcentage serait effectivement consommé.

Evidemment toutes ne sont peut-être pas bonnes gustativement. Probable, mais de là à passer à côté de l'Ail des Ours, de l'Ortie, de la Capucine, du Pissenlit ou du Plantain (oui oui, ce sont les invités printanniers de blog;-), il y a une marge que l'Odyssée des Arômes ne peut et ne veut franchir! Au contraire, originales, goûteuses, économiques, gorgées de bienfaits pour la santé, on compte bien les remettre au goût du jour.

Et cet article tombe bien, car ce début de printemps pourri fut pour nous l'occasion d'au moins profiter un peu de notre jardin bio en consommant les petites feuilles tendres qu'il nous proposait.

Pour la peine, je vous ai concocté un petit menu original (mais bon) à base de ces ingrédients on ne peut plus naturels et puis comme un plaisir de vient jamais seul, des accords mets/vins parfaits

Des petites Tomates cerises farcies au macérat d'Herbes des prés (Plantain, Capucine, Roquette, ...) et d'huile de Noisette

Le Crémant médaillé d'or de Vincent Stoeffler (Alsace)

Les herbes sont broyées et macérées pendant minimum 24h au frigo dans l'huile de noisette avec quelques pignons écrasés. Les petites tomates sont évidées et farcies avec le macérat.

Velouté d'Orties aux Petits Gris (également pensionnaires du jardin bio de l'Odyssée ;-)

Les Grusses 2002, Chardonnay ouillé, Côte du Jura blanc de Jean François Ganevat

On ne peut plus facile, les orties sont cueillies loin de tout compost (c'est une plante nitrophile, donc vaut mieux éviter l'excès de nitrates). Les meilleures feuilles développent un parfum intense évoquant la fleur de sureau. Les escargots, je les récolte 1 ou 2 fois par an seulement, pour ne pas entraver leur développement. Si je les fais jeûner, je ne les fais pas dégorger, inutile et un peu barbare non?

Chèvre et Pissenlit en salade tiède

Les Clous 2004 du domaine St-Nicolas (Fiefs vendéens)

Les feuilles de pissenlit, les plus tendres bien sûr, ou si vous préméditez votre acte, vous couvrez une belle rosette pendant 1 bonne semaine pour la blanchir. Les feuilles doivent être grossièrement hachées et puis vous pouvez ajouter tout végétal comestible de votre jardin (évitez quand même les tontes de gazon ;-). Même pas besoin la vinaigrette, juste un trait de vinaigre balsamique et une bonne louche d'huile de noix!

Hachis Parmentier à l'Ail des Ours

En Barberon 2002, Arbois de Stéphane Tissot (Jura)

L'ail des ours, il commence tout doucement à se plaire dans mon jardin, mais celui utilisé nous a été ramené des forêts françaises par notre voisin (attention, ne jamais tout cueillir et ne jamais complètement déplumer une plante!). Le gratin a été préparé par Anne et la recette est succulente, mais simple : de bons ingrédients; c'est à dire de la bonne viande et des bonnes pommes de terre, l'ai des ours fait le reste! (Et avec le reste de l'ail des ours, un délicieux potage le lendemain)

L'Agneau Pascal du Pape (gigot parfumé aux herbes et monnaie du pape)

L'Anjou rouge 2004 de René Mosse

La monnaie du pape, les fleurs sont jolies, les fruits (ces petites pièces de monnaie rondes qui lui donne aussi le nom de lunaire) sont bons (entre le haricot et le pois avec une délicate amertume), et puis ils sont encore décoratifs séchés et, non négliigeable, la plante n'est jamais malade. S'il fallait encore vous convaincre d'en semer chez vous, elle se resème tout seule et c'est un des repaires préférés de mes petits gris!

Beignets d'Acacia

Le Gewurztraminer Kaefferfopf 2004 de Jean Schaetzel

Un grand classique, mais ne faites pas confiance à l'aspect pour les récolter, ne tardez pas. Moi je les ai ratés (fleurs déjà légèrement sèches) alors que les arbres étaient encore resplendissants (photo). Ce n'est pas grave, au moins cette année je n'ai pas loupé mes jets de houblon!

Bon, ceci n'était qu'une répétition privée! Pour découvrir tout cela "in vivo", faudra venir à mon atelier, l'année prochaine!

10:18 Écrit par Laurent dans Ateliers Dégustation | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

6 MAI 2006 : PINOT NOIR 2003, Tharoul pour tous!

2003, millésime de la canicule, encensé, voire carrément légendaire pour certains critiques, décriés par d'autres pour manque de typicité et de fraîcheur, mais exceptionnel pour tous. L'envie était grande pour une petite dizaine d'irréductibles d'en découdre avec ce millésime. Une occasion unique aussi de comparer le pinot noir jeune dans différentes régions de France (surtout) et d’ailleurs (un peu).

Nous voilà donc réunis tout début d'après midi dans le petit village de Tharoul, sous un soleil radieux. A noter, le groupe est composé de quelques uns des meilleurs dégustateurs belges et suisse de ... bière ;-)

Le casting était de choix si on s’en réfère au guide vert de la RVF (ex Bettane et Desseauve) ; Les notes sur 10 proviennent du guide 2006, les étoiles aussi.La plupart des vignerons sont sélectionnés dans le classement 2006 RVF (de 0 à 3 ***):

Bourgogne

Confuron Cotetidot **

Sylvie Esmonin **

Chantal Lescure *

JM Pillot *

F. Lumpp*

Olivier Guyot

Claude Marechal

Jura

A&M Tissot *

JF Ganevat

Alsace

P. Frick

C. Binner

Loire

St Nicolas *

L’ Abbaye du Petit Quincy est sélectionnée dans les guides Bourgogne Aujourd’hui, Fleurus, .. mais c'est surtout mon coup de coeur des Grands Jours de Bourgogne

Un petit tour sur internet me confirme que Fontannaz et Magliacco sont présentés comme des valeurs sûres de Suisse

Les vins sont dégustés par paire ou triplette; les séries sont homogénes au niveau du prix. Les dégustateurs se relaient pour préparer chacun 1 ou 2 séries à l'aveugle. Les vins sont carafés juste avant la dégustation

Série 1 : Mise en bouche

Bourgogne Epineuil, Côte de Grisey, Domaine de l’Abbaye du Petit Quincy

Nez intense de groseilles et peut-être de rafle. Très beau fruit en bouche, beaucoup de fraîcheur, pointe de minéralité, tannins puissants qui demandent à s’assouplir. C’est déjà assez complexe, mais très très jeune, on pense au Jura

Bourgogne Pinot noir, Olivier Guyot

La frange est légèrement évoluée. Nez classique de pinot bourguignon, Quelques notes de cuir, léger boisé bien intégré, bonne suavité ; prêt à boire.

Deux styles très différents mais qui trouvent tout 2 leurs amateurs. Très bon avec fromages et saucisson.

Série 2 : France contre le reste du monde (et Angleterre-Suisse ;-)

Vin de Pays des Côteaux de Verdon, Domaine de Valmoissine, Louis Latour

Robe claire et clairement évoluée. Nez floral (jasmin) et fruité (framboise, fraise), pas désagréable du tout. Bouche lisse, gourmande, se laisse boire maintenant.Kentish Regional Wine, Sandhurst, UK

Robe noire, nez intense de bois, noix de coco, vanille, notes de vernis également. On le situe aisément hors France ; Andy le situe immédiatement en UK, quel talent !. Le nez évolue ensuite clairement sur le cognac. La bouche est polluée par l’excès de bois, c’est tout simplement Inbevable…;-)

Pinot Noir de Vetroz, AOC Valais, A. Fontannaz

Robe encore un peu plus foncée, nez intense d’agrumes, citronnelle, verveine citron. Original au début, il lasse rapidement, l’impression citronnée évoluant vers les produits de nettoyages (Vim, savon), voire sanitaires (cube urinoir). La bouche est simple et présente peu d’intérêt.

Il y a unanimité pour le premier qui est franchement agréable à boire. Angleterre-Suisse ; match nul, très nul ;-)!

Série 3 : 3 pinot, 3 origines

Marsannay, Les Favières, Olivier Guyot

Robe rubis clair, nez très pur de cerise mûre. Plus charnu en bouche que les précédents. Bel équilibre. Stéphane le trouve trop simple, Philippe l’aime beaucoup ; inutile de dire que moi aussi.

Pinot Noir Julien Ganevat Vieilles Vignes, Côte du Jura, Domaine Ganevat. (RVF: 8/10)

Le nez un peu réduit masque le fruit et perturbe les dégustateurs. Beau fruité en bouche, grande minéralité ; mais acidité puissante qui fait grincer les dents de Jérôme qui reconnaît le Jura. Un vin dans une phase très austère, à oublier en cave

Pinot Noir de Chamoson, D. Magliacco, Suisse

Robe plus intense, nez un peu dominé par le boisé à ce stade. Bouche intéressante, très fondue et pourvue d’une belle concentration. Serait déjà agréable à boire maintenant si le boisé était moins appuyé, mais l’honneur des petits suisses est sauf !Les suffrages s’équilibrent bien entre le Marsannay et le Chamoson. Mais un irréductible apprécie beaucoup la minéralité du Jura ;-)

Série 4 : 3 pinot, 3 origines (bis)

Pinot Noir Strangenberg, Alsace, Domaine Frick

Belle robe sombre, nez puissant de cuir, notes animales masquant un peu le fruit. Parfums complexe qui évolue bien à l’aération, violette, mûre. Encore beaucoup de tannins en bouche, mais belle chair de raisin, goût de sang et d’encre. A carafer impérativement 1 ou 2 heures, superbe pour un Alsace nous dit Stéphane.Petite Marole, Givry, F. Lumpp (RVF: 8/10)

Robe moins intense, Nez plus classique, notes florales et boisées. Densité moyenne mais bel équilibre. Belle suavité en bouche sur un corps moyen. Le nez évolue vers le pruneau ou l’abricot sec à l’aération mais quelques notes végétales apparaissent également. Très bien à boire maintenant.

Cuvée Jacques, Fiefs vendéens, Domaine St Nicolas (RVF: 8/10)

Robe sombre, nez puissant de cerise et de banane mûre, légère pointe volatile rafraîchissante. Très belle matière et longueur, corpulente, très mûre ; on le situe sans hésiter en Bourgogne, mais ce n’est qu’un VDQS de Loire ; -). Une belle surprise pour ceux qui ne connaissaient pas et ceux qui connaissaient n’ont pas reconnu (vous suivez ?). Il recueille toutes les préférences pour boire d’ici quelques années.Très belle série, on s ‘accorde à dire que l’on est monté d’un cran ; des bouteilles de dimanche selon Stéphane !

Série 5 : Les canons du Maréchal, Beaune, Beaune, Beaune

Santenay, Les Champs Claude, J-M. Pillot (RVF: 8/10)

Robe rubis foncé, nez typiquement bourguignon de cerise mûre soutenu par un boisé correctement intégré. Assez tannique, mais relativement charnu en bouche. Petit déficit d’acidité et longueur correcte. C’est pas mal, mais on redescend d’un cran par rapport à la série précédente.

Savigny les Beaune Vieilles Vignes, Claude Maréchal (RVF: 7,5/10)

Robe rubis sombre, on commence à s’habituer. Nez opulent de fruits noirs (mûre), peut-être trop flatteur, mais qui déteste être flatté ? ;-) Bouche suave, mais peu acide. Très bon vin à boire maintenant, préférence unanime pour ce vin dans cette série.

Volnay, Claude Maréchal (RVF: 7,5/10)

Nez de cerise mais voilé par des notes grossières de caramel et de vanille. Là ce n’est plus flatteur, c’est racoleur et cela ne plait apparemment pas à grand monde. La matière est là, mais la bouche est encore moins acide et l’alcool ressort trop en finale. Le 2003 dans tous ses défauts ! Enfin, il recueille quand même un demi suffrage…

Série inférieure à la précédente nettement dominée par le Savigny !

Petite pause, une balade dans la campagne et les bois de Tharoul a vite fait de nous revirginiser pour la suite qui s'annonce d'un niveau particulièrement élevé!

Série 6 : Nuit – Beaune - Pirate

Pommard la Chanière, Claude Maréchal (RVF: 8/10)

Nez assez boisé, presque brûlé et notes dominantes de caramel, de fruit confit. Pas génial. La bouche est à l’avenant, très douce, trop douce, lisse, sans structure (pas de tannins et pas d’acidité). A l’aération le nez ne s’améliore pas puisque des notes végétales apparaissent rappelant pour Philippe le céleri. Déception.

En Barberon ST, Arbois, André et Mireille Tissot (RVF: 9,5/10)

Robe très sombre, nez très animal, serait-on encore devant un vin sans soufre de chez TGW? ;-)L’attaque en bouche est puissante mais très fraîche, dotée d’une belle acidité. Les tannins sont un peu rustiques en dégustation pure, mais devraient se fondre. Le nez évolue bien à l’aération, réglisse pour Philippe, écorce d’orange pour Andy ou Jérôme, je ne sais plus ; floral pour Laurent et pointe végétale pour Stéphane. Le moins qu’on puisse dire c’est que l’on s’accorde au moins sur la complexité !

Nuit St Georges Les Damodes, Chantal Lescure (RVF: 8/10)

Robe sombre, tiens tiens ! Nez intense de myrtille, de cacao, de graphite. Attaque charnue, beaucoup de pulpe, belle mâche et acidité correcte. Le vin est également structuré par des tannins poudreux pas asséchant du tout. Déjà très bon maintenant, il est parti pour une longue garde.

Le NSG recueille tous les suffrages même si le Jura est très apprécié par certains et ne dénote pas du tout parmi ces vins de plus grande réputation. Troisième vin avec peu ou pas de soufre et troisième nez qui doit attendre une aération pour se révéler.

Série 7 : Côtes de Nuits versus Vin naturel venu d’ailleurs

Nuit St Georges Confuron Cotetidot (RVF: 8/10)

Robe relativement claire, c’est curieux. Peu d’arômes, à peine un peu de fleurs. A l’aération, c’est un peu d’acidité volatile qui se détache. En bouche c’est sympa, mais pas édifiant, un vin qu’il faudrait attendre, mais qui manque quand même de structure.

Cuvée Excellence, Alsace, Christian et Audrey Binner

Retour à une robe plus 2003, nez intense de cerise fraîche, de pomme (acetaldehyde). A l’aération, ce sont des fruits plus mûrs qui apparaissent (fraise) et des épices. Très complexe. La bouche est d’un superbe équilibre et incite à boire. Longue finale complexe. Un coup de cœur pour beaucoup et une révélation quand on dévoile l’étiquette ; c’est un Alsace !

Gevrey Chambertin Vieilles Vignes, Sylvie Esmonin (RVF: 8,5/10)

Nez de vanille, de cire, de beurre gras (c’est sérieux, à ne pas confondre avec du beurre allégé type « balade » ou autre… ;-). Très alcooleux en bouche et peu acide, tout le monde passe à côté. Grosse déception, à revoir, mais nous ne sommes quand même pas d’aussi mauvais dégustateurs!

L’Alsace qui domine deux pointures (2 x 2 étoiles dans le guide vert !) de la côte de Nuits, c’est tout à fait inattendu. Ne serais-je plus le seul à adorer les vins naturels, est-ce parce que 2003 le permet ? On se met à rêver d’une revanche avec les mêmes en 2004 ou en 2005, où les écarts risquent à nouveau de se resserrer. Passionnant ! À noter aussi l’excellent ragoût aux aubergines de Philippe.

09:56 Écrit par Laurent dans Ateliers Dégustation | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

28-29 AVRIL 2006 : Caves Augé, La Loire se jette à Paris

Vendredi soir, visite de Pierre-Yves de la Ferme des Sources et également partenaire de René Mosse, qui vient me déposer quelques bouteilles et en profite pour en emporter d’autres (oui, oui, pour ce qui est du Jura, nous restons incontournables, pour le reste aussi d’ailleurs ;-). Tout en dégustant un très bon Gammes d’été de Thierry Michon (Domaine St Nicolas), il nous fait part de son escapade proche aux caves d’Augé à Paris. Et le bougre cherche un compagnon d’aventures, mince ! Un regard vers Anne, un « vas- y » sincère et rendez-vous est pris pour le lendemain tôt.

Je connaissais les caves Augé de réputation et j’en avais quelques images en tête grâce au net. Elles se situent Boulevard Haussmann à Paris et les conditions de dégustations sont pour le moins pittoresques. Quelques barriques sont partagées par les vignerons présents (une vingtaine quand même !) et on déguste à même le trottoir, dans le bruit et la pollution des embouteillages. Pas vraiment idéal, mais original et très sympa. Il y règne une ambiance festive et goguenarde qui n’est pas faite pour me déplaire.

Et puis la qualité des vignerons réunis est à souligner. Jugez plutôt : Nicolas Joly, René Mosse, Mark Angéli, Pierre Breton, Philippe Alliet, Eric Nicolas, Emile Hérrédia, Les frères Puzelat, et puis encore quelques autres que je vais me faire un plaisir de découvrir. Pas de notes précises, les conditions ne le permettent pas, juste une flaveur de mes coups de cœur et découvertes.

On commence par un muscadet qui n’a rien d’un muscadet au nez, plutôt beurré et fruité. En bouche par contre, on retrouve la minéralité iodée et beaucoup de fraîcheur ; mais qu’est-ce que c’est massif ! Encore un vin qui va en dérouter quelques-uns, comme il déroute apparemment souvent les dégustateurs agrées de l’AOC. C’est le domaine de la Sénéchalière de Marc Pesnot, un premier nom à retenir !

Un peu en retrait, les vins d’Eric Nicolas (Domaine de Bellivière) ; en fait les vins sont très bons, mais ne justifient, à mon humble avis, pas le niveau de prix comparable voire supérieur à Mosse ou Angéli. Dommage.

Vous voulez un vin d’extra-terrestre? En voici un : Le Touraine Sauvignon 2003 du Bois Lucas. Et puis non, c’est en fait un vin de femmes (au pluriel). Vinifié par Junko Araï et Noëlla Morantin, il explose de senteurs complexes rappelant et le litchi et la fleur de sureau ; le reste est à l’avenant, J’adore ! Le 2004 est un peu en retrait, mais le rouge Otosan est également très bon.

Autre coup de cœur ? Oui, pour un domaine (ou plutôt 2 !), mais aussi pour un cépage : le pineau d’Aunis. Je le connaissais déjà, mais ici ces deux vignerons le transcendent : Il s’agit d’Emile Herredia et de Thierry Puzelat. Le pineau, c’est du fruit, en fonction du terroir, une belle prise de minéralité et puis des notes épicées et poivrées très originales. Inutile d dire que j’adore ! Revenons à Puzelat, Thierry est associé à son frère pour le Clos du Tue Bœuf en Touraine et puis nous livre aussi quelques cuvées issues de raisins de négoce « haute couture » dont par exemple la cuvée « sayonara » pas pour tout le monde, un superbe sauvignon moelleux. Là je me laisserais bien tenter par une petite distribution, A suivre de près.

Un autre coup de cœur pour la cuvée Pierres Noires en 2005 de Jean Maupertuis (Côtes d’Auvergne), très imprégnée de son terroir volcanique !Très bon domaine aussi, à Cheverny : celui du Moulin et surtout la cuvée Bodice en 2004 et celle des Acacias issue de romorantin.

Des vins plus natures que natures et sans prise de tête ; allons chez Olivier Lemasson du Domaine des Vins Contés. Après un blanc vraiment dégueu, on goûtera quelques cuvées très sympathiques, élevées sans soufre et très digestes dont par exemple le José de Nice (un vin de table rosé, évidemment), ou celle du Poivre et Sel 2005, assemblage de pineau d’Aunis et de gamay. Sympa

Encore à signaler, les vins de Christian Chaussard (quel boute-en-train ce gars ;-) et surtout la superbe cuvée les Mortiers 2004 sur laquelle je craquerais volontiers malgré le prix assez élevé (pour un vin de table en plus ;-). Devinez, c’est un pineau d’Aunis !Un dernier pour la route ? Un Saumur Champigny de classe, celui du Château Yvonne.Je terminerai par les confirmations, si besoin en était, du talent de quelques grands vignerons présents ce jour là. Dans les rouges ; ceux de Pierre Breton (très sympa le gars !) qui constituent une gamme vraiment très homogène et de qualité supérieure. C’est sûr, je vais suivre ces vins et vous les proposer régulièrement (j’ai deux cuvées superbes pour l’instant ; Chinon Beaumont et Bourgueuil Galichets) . Pas de photos, mais un lien vers un site très intéressant et qui donne une idée de l'ambiance sur le Boulevard: Wine Terroirs.

Et pour terminer, une trilogie de très grands blancs, Nicolas Joly (Coulée de Serrant), Mark Angéli et René Mosse, presque côte à côte qualitativement (en tout cas René Mosse et Mark Angéli partageaient la même barrique ;-). Leurs vins dominent largement les autres cuvées et leur réputation est entièrement justifiée. Sur le Boulevard Haussmann, leur complexité aromatique et leur puissance de saveurs n’avaient que faire des gaz d’échappements et du brouhaha, on se serait cru dans leurs vignes !

J’en profite pour faire connaissance avec René Mosse (quel humour pince sans rire !) et me réconcilier avec les vins de Mark Angéli. Dégustés en Novembre 2005 dans le cadre de la dégustation « Renaissance des appellations » ; j’avais été gêné par des arômes de vieux fût et de moisi ; foin de tout cela ici, les vins sont étincelants de grandeur et justifient pleinement leur prix. Nicolas Joly, très disponible, nous parle de biodynamie, Mark Angéli, également très sympa, distribue à qui veut ses tracts anti-nucléaires, René Mosse, lui, arbore son sourire malicieux et un pins anti-OGM. Serait-on donc sur la même longueur d’onde également en dehors du vin ? Épithète ! Sur ce, je redéguste ceux de René et ils me semblent encore meilleurs qu’il y a une semaine. Je me régale vraiment.

Enfin, on critique beaucoup, à tort ou à raison les vins de Nicolas Joly. Ce jour là ; ils étaient évidents de qualité, et je ne peux que conseiller le Clos de la Bergerie à tout amateur de grands blancs, plus qu’une introduction à la Coulée.

Une conclusion pour cette dégustation, c’est mon goût pour les vins avec un minimum de soufre, voire sans soufre. Si cette absence chahute parfois un peu les arômes, on lez retrouve admirablement en rétro-nasale et puis la finesse et le naturel en bouche sont si évidents ! Difficile de faire marche arrière quand on a goûté des vins de cette trempe, mais cela, vous le savez déjà non ?

Voilà, il est temps de rentrer, juste le temps d’une petite bière au comptoir avec René et Pierre-Yves. Merci les gars, merci PY et BYE Paris !

09:09 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

27/01/2007

27 AVRIL 2006 : TRUE GREAT SPRING, Enfin!

Sans commentaires, ou presque ..., C'est le Printemps dans mon jardin bio!

Le jardin fleurit ...

papeb

Les asperges montrent le bout du nez ...

aspergeb

Les vins de fruits bouillonnent ...

cerises

Le houblon grimpe ...

houblonb

et oui, c'est vraiment le Printemps pour tout le monde ...

coccinb

Le Printemps selon Manesse ...

printempsmanb

Le Printemps selon Vinature ...

printemps-laurentb

et quelques pensées pour vous ....

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à très bientôt ...

23:46 Écrit par Laurent dans Journal d'un Jardin bio | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

21 AVRIL 2006 : Domaine MILAN, Un Iconoclaste sous le soleil, Exactement!

Ce vendredi 21, l’événement principal c’était évidemment l’anniversaire de mon fils William (8 ans, et que du bonheur !). Anniversaire égaillé par l’arrivée encore plus « grains nobles » que tardive de températures printanières, et celle d’un soleil enfin radieux ... mais envahissant la pièce et m’obligeant à relaver tous les verres 1/4 h avant la dégustation (ah ces petites traces de calcaire, on les préfère dans le sous-sol du clos Milan). Mais ce vendredi, c’était aussi cette dégustation d’un domaine trop peu connu en Belgique, que plusieurs courageux, de ceux qui ont les papilles bien écartées, auront pris le temps de découvrir en se déplaçant dans ce petit bled perdu de Pécrot. Et oui, l’événement, ce vendredi, se déroulait à Pécrot et non pas au Parc Astrid !

Je ne connaissais gustativement que peu ce domaine. En fait, j’en avais dégusté une cuvée qui m’avait beaucoup séduite. Et puis après quelques recherches, des commentaires élogieux du guide Fleurus et de certains dégustateurs de LPV m’en confirmèrent l’intérêt et me poussèrent à investiguer ce domaine. Très bon contact avec Henri dès le premier coup de fil, et à chaque fois, une passion qui transpire ; quelques heures avant la dégustation, il me détaillait encore les caractéristiques de ses crus.

Pas beaucoup de théorie, mais je commence quand même par une petite présentation de l’appellation Baux de Provence. Environ 70 % des vignerons sont en bio, il était même question d’inscrire dans le décret d’AOC la culture biologique. Hélas, 1 domaine, sur les 14 qui la compose, aurait bloqué l’initiative; dommage! (j’ai son nom ; inscrit en gras sur ma liste noire ;;;;-). Non, sans rire, les prétextes avancés (du genre « et si le phylloxéra revient, que fera-t-on? ») sont ridicules.

Voilà, tout le monde est arrivé, on peut lancer la machine dont le principe est maintenant bien rodé. On procède par paire, en 3/4 aveugle (en gros, c’est moins que du tout aveugle, mais c’est plus que du semi-aveugle ;-). Pour certaines paires, nous comparons des millésimes du même cru, pour d’autres, le domaine Milan sera mis en "compétition" avec ses pairs, nous sommes joueurs !

Tous les vins ont été épaulés 1 à 2 heures avant, et les rouges sont carafés une petite demi-heure.

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Série 1: MISE EN BOUCHE : BLANCS

- Ma Terre Blanc 2003, Chardonnay, Muscat petit grain, Vin de pays des portes de la Méditerranée , Domaine Milan

- PIRATE 1: Blanc de Blanc 2004, Ugni, Grenache, Rolle, Sauvignon, Côteaux d’Aix en ProvenceDomaine Terres Blanches

- PIRATE 2 : Blanc 2004, Côtes de Provence, Château du Thouar

Le premier vin ouvert est le pirate N°1, un Terres Blanches « blanc de blanc » 2004. Pour dégager l’épaule du vin, moi je pratique l’épaulé-goûté. Un sport qui nécessite une certaine adresse mais dans lequel j’ai, en toute modestie, un certain talent. Le premier nez me rappelle le sauvignon, pas mal, mais très vite le spectre du TCA se manifeste. On doit se situer ici au niveau de la dizaine de ppt, mais ce vin est légèrement bouchonné, voilé, définitivement gâché. Tant pis, on est joueur je vous dis; je vais le garder dans la sélection. Par honnêteté pour mes hôtes, je prépare quand même un second « chalengeur ». Ce sera le blanc 2004 du domaine de Thouar, un vin très gras relativement bien apprécié par l’assemblée, mais manquant à mon avis de caractère et de longueur. A sa décharge, il n’est pas très cher non plus. Peu sont ceux qui reconnaissent le Terres Blanches comme bouchonné sauf Anne bien sûr dont le threshold pour ce défaut doit se situer au ppq! Un vin qui n’aurait pas manqué d’intérêt je crois sans cela, mais les deux sont écrasés par le vin d’Henri Milan, Ma Terre 2003. Et pourtant, on est dans la même gamme de prix, pas de traîtrise;-).

Le "Ma Terre 2003" est un assemblage assez original de 80 % de Chardonnay et 20% Muscat petit grain. Henri est un novateur et un expérimentateur, ce premier exemple le démontre déjà ! Après un nez superbe, sur la mandarine très mûre, presque confite, Marc nous dit «mais ce vin a du tannin!! » Tout à fait ! Nous sommes en 2003, millésime de la canicule et manque d’acidité généralisé, déjà dans le Nord, alors en Provence, on imagine aisément. Alors, pour donner un peu de structure à son vin, Henri Milan a décidé de le vinifier en rouge ce qui lui donne une assise tannique très originale, mais qui se fond admirablement bien dans la grosse matière. Évidemment, ce n’est pas un vin d’apéro, mais un vin de viande blanche, de volaille, préparées aux épices par exemple. Un coup de coeur pour quelques-uns (Terrible!! Comme dirait Marc) et également pour moi.

Série 2 : Le GRAND BLANC

- Le Grand Blanc 2003, Rolle, Grenache blanc, vin de table, Tuilière Vieille, Domaine Milan

- Le Grand Blanc 2002, Rolle, Grenache blanc, Roussane (30%), AOC Coteaux d’Aix en Provence, Tuilière Vieille, Domaine Milan

Le nom du vin serait-il présomptueux, nous allons bien sûr le vérifier. Le 2003 est déclassé en vin de table en raison de la présence de Roussanne qui n’est pas admise dans l’encépagement de l’appellation. Étonnant alors qu’elle est beaucoup plus qualitative que la Marsanne qui, elle, est autorisée…

Le 2002 souffre d’une réduction assez importante (Henri Milan m'avait prévenu) qui n’a pas disparu au rapide carafage. Elle s’atténue nettement dans le verre et dévoile alors des arômes intenses de chèvrefeuille ou de jasmin. La bouche est nette, droite et possède une belle longueur, l’acidité est remarquable pour un vin du Sud. J’aime beaucoup, mais certains ont du mal à apprécier le vin en raison de cette réduction, dommage. Nettement meilleur le lendemain.

Le 2003 fait par contre l’unanimité malgré son originalité et la présence rafraîchissante d’une légère note volatile. On y retrouve au nez des notes florales, de la cire d’abeille, un peu de vanille. Et puis on enchaîne sur une bouche puissante, très grasse, peut-être enrobée de quelques grammes de sucres résiduels, mais Dieu que c’est bon ; un grand blanc et aussi un super rapport qualité prix.

Série 3 : LES ROSES

- Ma Terre, Rosé 2004, Grenache 80%, Syrah 20%,Vin de pays des bouches du Rhône , Domaien Milan

- Rosé 2002, Grenache dominant, Cinsault, , AOC les Baux de Provence, Tuilière Vieille, Domaine Milan

Les rosés ont une réputation malheureuse, mais souvent bien méritée. J’étais curieux de voir si le domaine Henri Milan était capable de rehausser un peu leur réputation comme y arrive à mon avis Romanin, mais surtout le Bandol de Saint Anne. Ma terre 2004 est un vin de grenache avec une pointe de syrah et libère des arômes puissants de groseille, de framboise supportés par un peu de banane. La bouche est fraîche et le vin possède une belle mâche, un rosé d’apéro saucisson ou de cuisine provencale ; c’est le moment de sortir le pain frais et la tapenade maison, ce que nous ne tardons pas à faire! Très sympa avec ce vin !

Le Tuilière vieille 2002 est un rosé moins exubérant ; légèrement perlant, plus en finesse, peut-être plus en longueur. Peu aromatique (rose séchée, fraise et léger boisé), il manque un peu de caractère et de vivacité après le vin précédent. A revoir dans un millésime plus favorable, les derniers millésimes seront fait de grenache pur, et Henri semble en être fier ; on redégustera.

Série 4 : La TUILIERE VIEILLE

-2002 AOC les Baux de Provence, Syrah (35%) Grenache (50%), Cabernet Sauvignon (25%), La Tuilière Vieille , Domaine Milan

-2001 AOC les Baux de Provence, Syrah (35%) Grenache (50%), Cabernet Sauvignon (25%), La Tuilière Vieille , Domaine Milan

Le 2002 est très agréable, souple, aromatique sur la violette et le fruit noir, pas très long, mais bon ! Avec le 2001, on monte nettement d’un cran, très suave (genre pipi de Jésus en culotte de velours) sur des arômes de fruits mûrs (cerise), violette, léger cuir. Très équilibré et avec encore du potentiel. Avis unanime et excellent rapport Q/P de surcroît.

Série 5 : MA TERRE rouge

- Ma Terre Rouge 2004, Grenache 80, Merlot 20, Vin de pays des bouches du Rhône , Domaine Milan

- Ma Terre Rouge 1999, Grenache dominant, Vin de pays des bouches du Rhône , Domaine Milan

J’ai placé cette série derrière la Tuilière en raison de la présence du 1999 ; j’ai bien fait, mais c’est le 2004 qui a un peu souffert de la succession. Il dévoile des arômes de pommes mûres et possède une bonne mâche. C’est un vin qui est encore un peu rustique actuellement, mais on sent le potentiel. Ce sera un très bon vin plus que sympa de viande grillée. Le 1999 est une belle surprise, son nez est fabuleux, très complexe, sur l’écorce d’orange, la cerise et la violette. Beaucoup de finesse en bouche et un coup de cœur pour plusieurs d’entre nous.

Avant d’attaquer le Clos Milan, il est bon de faire une seconde pause gastronomique et Anne nous dévoile son talent grâce à ses « Lasagnes de crêpes à la Provençale ». C’est délicieux, je vous donnerai la recette bientôt.

Série 6-7-8 : CLOS MILAN

- Clos Milan 2002 , Grenache 80%, Syrah 20%, AOC les Baux-de-Provence, Domaine Milan

- PIRATE 3 : Terres Blanches 2002, Grenache, syrah, cinsault, counoise, cabernet-sauvignon, mourvèdre, AOC les Baux-de-Provence , Domaine Terres Blanches

Le Clos Milan 2002 propose un nez séducteur immédiat, floral sur l’œillet et la violette et puis fruité sur la cerise bien mûre. On y retrouve une grande finesse en bouche et une très belle longueur pour le millésime. A ce stade, tout le monde reconnaît déjà la patte du domaine, c'est génial. Le nez du Terres Blanches 2002 est beaucoup plus fermé, dévoilant des notes timides de camphre et de fruits noirs. La bouche est à l’avenant, un peu simple ; il est simplement écrasé par le clos, d’une finesse incroyable.

- 2000 Duo Milan, Grenache 80%, Syrah 20%, AOC les Baux-de-Provence, Domaine Milan

- PIRATE 4 : Cuvée Bérengère, Mourvèdre, AOC les Baux-de-Provence, Domaine Terres Blanches

Duo Milan 2000 est une sélection du clos qui est vinifiée en fût de chêne, mais cela est déjà complètement intégré. Par contre, le nez rappelle un peu les embruns, les algues et pour certains, la choucroute ! La bouche par contre met tout le monde d’accord, sur la cerise bien mûre, quelques notes florales et puis suave, gourmande, on se régale. Un carafage plus long aurait été nécessaire pour évacuer le premier nez un peu dérangeant. La cuvée Bérengère présente un nez plus austère et plus simple, un peu de raisin sec et de truffe, des notes d'encre ou de fer en bouche, il y a du potentiel, on y retrouve le mourvèdre, mais il a très difficile à soutenir la comparaison de la sensualité du clos.On me demande de comparer les deux Clos Milan (2002-2000) entre eux, je m’exécute. La différence se fait surtout en bouche, où le 2002 ne peut rivaliser avec la profondeur et la concentration du 2000, typicité du millésime oblige. Les arômes de choucroute ont entre-temps complètement disparu et le vin dévoile maintenant un beau nez épicé légèrement cacaoté, coup de cœur général ou presque.

Avant d’attaquer la dernière paire, nous nous recueillons devant le « Tian de courgettes et kamut » concocté par Anne. Un autre régal, une autre recette bientôt disponible!

- 2001 Clos Milan, Grenache 80%, Syrah 20%, AOC les Baux-de-Provence, Domaine Milan

- PIRATE 5 : Château Romanin 2001, Grenache, Syrah, Mourvèdre, Cabernet-Sauvignon, AOC les Baux-de-Provence, Domaine Romanin

Le nez du Clos Milan 2001 est reconnaissable entre tous, par sa finesse, la présence d’arômes de cerise mûre qui rappelle les meilleurs pinots et, il est vrai, un peu le château Rayas. On y distingue également de beaux parfums de pain d’épices, un nez très complexe. Le Château Romanin 2001 est beaucoup plus porté vers les arômes chocolatés, fruits noirs et herbes aromatiques.

En bouche, le Clos est très fin et tout en longueur. Romanin n’est pas dénué de finesse, mais plus carré, plus en largeur. Les deux sont excellents, mais manifestement la finesse du Clos Milan recueille un peu plus de suffrages.

Quand j’avais expliqué le principe des paires à Henri Milan, il m’avait répondu en clin d’œil, je ne crains rien ! Il avait manifestement raison. Pour les absents, amateurs de football, fan d’Anderlecht ou du Standard, je n’aurai qu’un message, ce vendredi, c’était encore Milan le plus fort !

Mais je n'ai pas fini avec les comparaisons oiseuses entre notre soirée et le foot. Pour fêter cette victoire de Milan, Marc propose comme troisième mi-temps d’offrir une bouteille de sa cave virtuelle qu’il possède chez moi (un peu comme Albert Frère qui a une cave personnelle dans ses meilleurs restaurants). Ce sera un Casot des Mailloles blanc 2003 ! Issu de grenaches, la robe est très dorée, étincelante, impressionnante dans le verre. Le nez est très appétissant, sur des arômes intenses de miel, d’abricot et d’épices. La bouche voluptueuse mais sèche met tout le monde d’accord, c’est simplement génial et impeccable pour terminer la soirée. Merci Marc!

16:41 Écrit par Laurent dans Ateliers Dégustation | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

AVRIL 2006 : BIO ou pas BIO?

Durant mes pérégrinations aux Grands Jours de Bourgogne (sont finalement modestes les bourguignons, ils auraient pu appeler cela les Jours des Grands Bourgognes ;-), je me suis amusé à questionner les vignerons non-bios sur leurs pratiques culturales et à demander leur avis sur le bio ; pas par vice ou masochisme, mais par véritable intérêt de comprendre l’autre et de maintenir des liens entre les différents bords. La conversion se fait surtout en se parlant et en échangeant les expériences. Pas en restant dans sa tour d'ivoire et de certitudes.

J’ai rencontré en gros 3 types de réaction, la première est celle que je respecte le plus; ceux qui y croient ou presque, mais qui pour des raisons de temps, d’investissement, de morcellement des parcelles, et aussi de prise de risques n’y sont pas encore. Ils se donnent beaucoup d'excuses, mais ils ont en général abandonné les engrais chimiques, ils commencent à remiser leurs herbicides, ont compris l’intérêt du labour, testent quelques techniques prophylactiques, cherchent des alternatives aux pesticides de synthèse, et sont souvent dans leur vigne pour l’observer .

En fait, ils pratiquent une vraie viticulture raisonnée (ce mot "vrai", c'est chiant de devoir le ressortir tout le temps non? La faute à qui?). Pour beaucoup de ces vignerons, le bio est au bout de la route, ils sont conscient du plus pour leur vin et pour l'environnement, pour leur santé et celle de leurs ouvriers aussi? Ils ne sont pas idiots, si les meilleurs vins de France sont issus de la culture biologique parfois non revendiquée, c'est polus qu'un indice... Mais ils y vont progressivement, souvent prudemment, toujours pragmatiquement, et parfois sans être sûr d’y arriver un jour. Dans ce cas, je n'irai pas jusqu'à dire que l'important c'est le voyage, mais je peux respecter cette démarche réfléchie, même si j’aimerais parfois un peu plus d’audace et de prise de conscience. Le jour où ils se convertiront (je n’aime pas trop ce terme non plus), ce ne sera en tout cas pas par "biopportunisme", pas vraiment par conviction non plus, mais simplement car ils auront vu qu'un résultat meilleur était à portée de main en suivant des principes plus respectueux de la vigne et de son terroir.Et puis il y a ceux qui répondent de manière robotique qu’ils sont en « lutte raisonnée » mais ceux là, dès qu’on gratte un peu, la conversation se limite à des « on traite quand y faut », « on utilise un minimum de produit ». J’adore, ce métier là est vraiment passionnant. On passe!

Et puis il y a les résistants, ceux appartenant à un groupe que je croyais en voie d’extinction. Hélas, non, il en reste et ils sont coriaces. Ce sont les grincheux, les moqueurs, les jaloux, les délateurs, les menteurs, les … bon ok je m’arrête là. Pour eux, toute approche différente de la leur donnant de bons résultats ou sans doute des résultats meilleurs que les leurs, est forcément de la tricherie. Quand j’avoue (on a presque l’impression de confesser un péché devant eux ;-) mon souci de l’environnement et l’importance que j’accorde à une viticulture plus respectueuse de l’environnement, ce sont des sarcasmes « enfin, on voit que vous n’êtes pas sur le tracteur quand ils traitent », « oui, comme celui-là qui se dit bio et utilise quand même des pesticides ». Navrant !

Qu’il y ait des tricheurs, c’est probable, voire certain, je ne vois pas pourquoi le bio serait épargner. Ce que je puis par contre certifier, c’est le professionnalisme et la conscience profonde de beaucoup des vignerons qui travaillent selon ces principes! Je les ai rencontré, j’ai discuté parfois longuement avec eux, je les ai testé aussi (un diplôme d’ingénieur agronome, cela sert parfois ;-) et on est souvent loin de l’approche Baba post soixante-huitarde sympathique mais qui offrait finalement peu de bons vins. Par contre, il faut rendre hommage aux pionniers qui depuis parfois 30 ou 40 ans ont résisté aux sirènes des pesticides de synthèse et ont démontré le bénéfice non pas uniquement sur l’environnement, mais aussi sur la qualité du vin, des engrais organiques, du labour en surface, du respect de la vigne quoi ! Chapeau Messieurs Frick, Charbonnier, Javillier, Joly, Overnoy, Guillot et autres !

14:24 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

24 MARS 2006 : La Savoie selon Louis Trosset

Jeudi matin, 24 Mars, après 3 Grands jours de Bourgogne bien remplis, je fais l’impasse sur la Côte de Beaune pour répondre avec joie à une invitation alléchante de Jean-François Ganevat ; visite du domaine Charles Trosset à Arbin en Savoie. Lever tôt, ce n’est pas la porte à côté, Arbin, tout petit village entre Chambery et Albertville. Arrivé le premier vers 11 h, je suis accueilli par Louis, activé à la préparation de la dégustation, manifestement, vu le nombre de bouteilles ouvertes, nous allons découvrir sa production dans le détail. Très prévenant, il trouve une place à l’ombre pour ma voiture qui contient déjà quelques nectars fragiles. Entre-temps, c’est l’arrivée des jurassiens, Fanfan bien sûr, accompagné d’un stagiaire et de Philippe Bouvret de l’Essencia à Poligny (L’adresse incontournable pour le Comté du Jura !)

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Présentations terminées, nous montons dans la voiture de Louis et c’est parti pour un petit tour des vignes. Le temps est superbe, quelques nuages que le soleil efface facilement, 15 °, c’est vraiment le printemps là bas. Il faut dire qu’il semble que cette colline d’Arbin dispoqe d'un bon petit micro-climat. Outre les cigales en été, Louis nous énumère les espèces végétales d’origine méditerranéenne, c’est que Louis n’est pas vigneron à plein temps, mais est aussi un scientifique, actif dans la recherche et l’enseignement, passionné de botanique et de géologie. On ne s’étonnera pas que le contact soit bien passé ;-). Revenons à notre méditerranée, j’ai noté le nom de ces quelques espèces parmi lesquelles de mémoire me reviennent le baguenaudier et une espèce de genévrier. Si vous ajoutez à cela la couleur des sols (voir photos), recouverts de cailloux blancs, on comprend mieux la maturité exceptionnelle que peuvent atteindre les raisins de mondeuse sur ce terroir. L’âge moyen des vignes me convient (45 ans ;-) avec quelques belles dames d’âge plus respectable encore. Le sol est argilo-calcaire, avec des zones parfois contiguës d’argile blanche et rouge, et toujours sous couvert de ces cailloux absorbant avidement la chaleur pour la rayonner sur les raisins.

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Quand je pose la question du bio à Louis, la réponse est claire, « il ne nous faudrait pas beaucoup pour y être » ; les traitements sont rares, pas d’engrais chimiques, et les vignes sont labourées. Le BABA de la bonne viticulture quoi, le domaine progresse dans le sens du bio, mais sans prise de décision qu’il ne pourrait tenir à terme. Une démarche pleine de bon sens, mais on attend la suite. Revenons aux labours, la pente de certaines parcelles implique l’utilisation du treuil que Louis nous détaille ; cela semble impressionnant, je veux voir cela un jour ! La discussion avec Louis est passionnante tant son savoir est grand sous une attitude humble et réservée très classe. Jean-François Ganevat gambade de vigne en vigne, il les regarde, les touche, les enlace, je crois qu’il en pince déjà pour la mondeuse et je ne serais pas étonné de voir quelques essais sous la roche de Rotalier bientôt.

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Il reste quelques beaux arpents en friche, mais la présence d’une station de captage d’eau en contrebas interdit tout développpement du vignoble afin d’éviter les contaminations par pesticides et nitrates. Décision raisonnable, mais pourtant Louis serait prêt à les cultiver en bio, mais la décision est prise et l’administration est inflexible. Un autre problème rencontré par Louis concerne les sangliers, mais grâce à quelques fils électriques, la cohabitation ne se fait finalement pas si mal.

Par contre, le danger annoncé et qui est maintenant arrivé en Savoie (et en Champagne aussi en raison d’un porte-greffe contaminé, lire le blog de Raymond Boulard), c’est la flavescence dorée, une maladie bactérienne transmise par un insecte, qui entraîne la mort rapide de la vigne et impose arrachage et traitement. Ce sera probablement, dans les régions affectées, le plus grand challenge bio, la roténone n’étant pas efficace à 100% et le pyrèthre, apparemment plus actif, n’étant pas encore autorisé pour la vigne en France. Sujet important et passionnant au moins pour moi dont la spécialisation en agronomie est la phytopathologie.

Au caveau et Louis au service de Jean-François.

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Après cette belle balade en vignes, retour au caveau pour la dégustation. On commence par quelques cuvées de 2005 qui devront encore être assemblées:

- Une parcelle de jeunes vignes, robe violette, nez ouvert sur les fruits noirs (mûre, cassis), bouche sphérique, tannins agréables, très bon, le ton est donné et le niveau ne faiblira pas tout au long de la dégustation

- Des vignes un peu plus anciennes, (20-25 ans) robe encore plus foncée, presque encre ; nez plus minéral avec une note légèrement végétale, la bouche est plus solide et les tannins plus présents ;

- L’échantillon suivant est superbe, corbeille de fruits et épices, sans note végétale mais un peu de réduction, bouche très gourmande aux tannins intégrés, belle longueur et fraîcheur, excellent

- Dernier échantillon, très droit, très épicé, bonne trame tannique et longue finale, remarquable également

- On termine par un échantillon d’assemblage qui est très prometteur, en reprenant les qualités des différentes cuvées, le fruit noir mûr mais frais, les épices, un peu de minéralité, une bouche ample avec une belle structure acide et tannique. C’est sûr, ma première rencontre avec la Mondeuse de Louis Trosset est un coup de foudre et 2005 sera grand

On attaque les 2004, mis en bouteille depuis 1 mois seulement

- Harmonie, robe presque violette, nez ouvert sur les fruits noirs et les fleurs (gentiane, œillet), bouche ronde, savoureuse et belle finale épicée et fruitée, déjà délicieux

- Prestige des Arpents, nez légèrement viandé, floral et épicé (poivre), bouche plus dense et plus tannique. De garde, mais déjà très bon, j’aime beaucoup ce style.

- Tradition, nez un peu plus sur le bois de cassis, fruit un peu figué, bouche un peu serrée, à regoûter

Voilà, il va peut-être falloir négocier de petites quantités, mais je veux absolument rentrer ces cuvées!

Ensuite on remonte dans le temps :

2003, Confidentiel, millésime atypique partout, également en Savoie. Robe noire évidemment, nez torréfié, sanguin, encre, bouche très dense mais aux tannins un peu rustiques. Enfin ne faisons pas la fine bouche, c’est quand même très bon.

2002, Confidentiel, les robes des Mondeuse de Louis Trosset sont toujours très intenses, le 2002 n’échappe pas à la règle. Le nez est légèrement volatil et un peu plus évolué, mais déploie de beaux arômes de framboise. La bouche est très fraîche et élégante, tannins agréables et belle longueur.

2000, Prestige des arpents, robe intense, nez fermé à double tour, minéral, bouche puissante, à attendre impérativement.

1997, on retrouve la gentiane et l’œillet, belle évolution de parfums, bouche très élégante avec beaucoup de fraîcheur, presque 10 ans et toujours très bon

1991, nez évolué, raisin et fruits secs divers, épices ; bouche fraîche, encore dense, très bon

1983, robe évoluée, nez sur les mendiants, les épices et encore du fruit plutôt rouge, très pur, bouche profonde, tannins très fins. Si jeune la Mondeuse s’apparentait à la Syrah, ici, on pense à grand pinot noir

Au final, une superbe dégustation qui montre bien le potentiel de vieillissement de la Mondeuse, mais aussi son caractère directement accessible jeune. Superbe et je le répète, quel accueil sympathique, discret mais chaleureux. Merci M'sieur Trosset!

13:59 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

MARS 2006: Les GRANDS JOURS "ETALONS" DE BOURGOGNE

Ou les Grands Jours de Bourgogne et Talon; c'est selon. En effet, trois grands jours de Bourgogne pour moi, j'ai brossé la fin de la semaine pour répondre à une invitation de Jean-François Ganevat (dit "fanfan" pour les copains et "talon" pour les intimes) à rendre visite à Louis Trosset en Savoie, je ne regrette évidemment pas du tout ;-)

Les grands jours c'est une occasion unique d' "étalonner" ses "poulains" auprès de leurs pairs et de faire quelques découvertes, mais quel marathon! Il faut aussi se garder d'avis trop tranchés vu le nombre de vins dégustés et aussi du fait des millésimes présentés (de 2001 à 2005); beaucoup de vins tirés sur fût, en malo ou non, en réduction ou pas; mais c'est passionnant. J'ai eu quelques grosses déceptions avec des domaines très réputés, mais il faut probablement les relativiser et en tout cas les confirmer avant de les étaller grand sur la toile. Par contre parlons des bons vins!

Premier jour: Chablis-Yonne

quincy

Deux producteurs sortant du lot; Grossot et ce n'est pas une surprise, William Fèvre. Tout deux alliant structure, gras, concentration, minéralité et reflet du terroir (en tout cas belles différences entre les cuvées). Une superbe découverte aussi, tant en rouge qu'en blanc: l'Abbaye du petit Quincy de Dominique Gruhier à Epineuil, J'ai craqué si vite que rendez vous fût pris à l'abbaye avec Dominique (photo) et mon coffre rapidement rempli! Des blancs, rouges, et même rosé, en Bourgogne Epineuil et Chablis ; et puis la cuvée Juliette sans soufre, pleine de charme. Et un tout bon rapport Q/P en plus.

J'ai l'impression que les voisins de Chablis se démènent un peu plus que cette appellation plus prestigieuse mais parfois endormie. Une confirmation si besoin en était; Goisot. Le contact est nettement mieux passé que la première fois, il n’est pas impossible que je vous en propose dans un avenir proche, c’est tellement bon ! Des discussions intéressantes aussi, comme le passage de témoin au domine Colinot, où quand la nouvelle génération féminine tente de s'imposer et d’imposer par exemple le retour aux labours; tout cela dans la bonne humeur toutefois. J’ai eu l’occasion de déguster le domaine de la Boissonneuse 2003 et 2004 ; très bon niveau, mais on est peut-être pas au niveau du 2002. Le 2003 plaira au plus grand nombre par ses arômes fruités opulents et sa rondeur. Le 2004, plus tendu est encore en devenir, patience mais il suivra probablement la route du 2002. En attendant, profitez des dernières caisses du 2002 !

Pendant le lunch, je m'éclipse pour un rendez vous au domaine Alice et Olivier De Moor qui font des Chablis minéraux sans concession, un peu dans le style Meyer en Alsace. Là aussi j'aimerais qu'on en reparle bientôt, mais pas pour l'instant, rien à vendre en 2004!

Deuxième jour: Côte de Nuits

Un marathon au propre comme au figuré ; il faut courir d’un endroit à l’autre, de Morey à Nuit, ou de Gevrey au Château de Vougeot (photo). C’est un peu contraignant, mais cela permet de reposer quelque peu les papilles et muqueuses éprouvées.Diffiicle de tout goûter, je me suis concentré sur les noms connus, les découvertes ce sera pour une autre fois.

Tout commence à Morey et ses Grands crus ; je vais saluer Olivier Guyot qui présente ses Clos de la Roche et Clos saint Denis 2004 et 2005 (tirés sur fût). Ils sont superbes, très parfumés, denses mais équilibrés, d’une grande longueur. Cela commence bien! Je ne sais si c’est lui qui a placé la barre très haut, mais ses voisins parfois plus prestigieux se goûtaient nettement moins bien. Au même niveau, mais pas toujours au même prix, les Bonnes Mares de Fougeray de Beauclair et le Clos des Lambrays. Pas besoin d’insister, Olivier va placer ses Marsannay, Chambolle et Gevrey dans mon top 5 à chaque fois. On contine à travailer ensemble, c’est sûr.

chvou

Un autre domaine à étalonner, le domaine Chantal Lescure, présent avec ses Clos Vougeot, Vosne Romanée et aussi avec ses Nuits St Georges. Là aussi, superbe essai transformé. Ils sont au top avec le grand avantage de prix encore tout à fait accessibles. Si je voulais qualifier les vins de ce domaine, je parlerais de vins cubiques ; je m’explique ! Certains vins sont tout en longueur, en droiture mais manque parfois un peu d’épaisseur, ou comment faire dans la finesse sans tomber dans la maigreur. D’autres, les blockbusters de dégustations à l’aveugle sont plus monstrueux, roulent des mécaniques ; il sont tout en puissance et largeur ; mais parfois, ils s’effondrent en finale. Chez Lescure, l’équilibre est celui que je recherche, du volume, en long, en large, et en profondeur, mais sans excès!Parmi les pairs, je reconnais avoir été séduit par la droiture des vins de Gouges, la sensualité du domaine de la Vougeraie, la délicatesse et légereté des cuvées aériennes de Clavelier, la structure de Méo-Camuzet, l’évidence de Liger-Belair, la facilité, pour ne pas dire autre chose, de Charlopin, le naturel rustique de Dufouleur et Damoy. Tout ceux là, ainsi que ceux qui se sont plus ou moins bien goûtés demandent confirmation ; c’est quand vous voulez !

Troisième jour: Mâcon

A Mâcon, ce sont les Bret Brothers du domaine de la Soufrandière qui sont sur ma sellette. J’aime le style sans prise de tête; à la fois évident (beaucoup de fruit, densité et élevage soigné) et minéral de leurs cuvées. Les 2003 étaint très bien, 2004 sera nettement supérieur. L’élevage est beaucoup plus intégré, le fruité plus naturel, la minéralité plus évidente et la structure plus fraîche. Les cuvées reflètent également mieux leur terroir en exprimant des différences beaucoup plus marquées qu’en 2003. Quelques coups de cœur, comme par exemple le simple Mâcon Uchizy, le Pouilly Vinzelles du domaine et le Puilly Fuissé Laroche ; un grand vin !

Peu de vins peuvent les concurrencer dans ce style. A souligner cependant l’éclat des grandes cuvées de Robert-Denogent. Dans un style très différent, plus « vin nature », une belle confirmation avec les Vignes du Mayne (notamment le rouge de gamay, très épicé, herbes aromatiques); c'est sûr, on finira par travailler ensemble. Parmi les domaines à ne pas oublier; un qui progresse régulièrement: Guillot-Broux. Une rencontre très sympathique aussi avec le domaine de la Bongran et leurs vins atypiques (sucres résiduels, cuvée Botrytisée, …). A retenir. Un autre domaine que je vais surveiller, le domaine Combier, à Saint Véran, mais pour le reste beaucoup de vins souvent corrects mais souvent manquant d’étincelle.

Troisième jour suite: L'Autre Bourgogne

Des Crémants, des Hautes Côtes, des Marsannay, mais peut-être la dégustation la plus dure avec beaucoup de vins rouges asséchants. Enfin, il est vrai que la barre avait été placée assez haut la veille.Marsannay survole largement cette dégustation et mériterait quelques 1ers crus (c’est en voie, mais l’administration est longue), mais ce n'est pas un scoop. Outre Olivier Guyot, bonne surprise avec Bart (des vins denses et ronds) et les Fixin de Nadeff (un peu plus rustiques toutefois). Aussi les très bons Hautes Côtes de Nuits (rouges et blancs) de Verdet (vinifiés maintenant par le le fils d’Alain : Aurélien). Et puis une découverte sympa à retenir, avec le Maranges du domaine Rouge Queue

12:56 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

26/01/2007

MARS 2006: Méandres et Terroirs des "Riesling Grand Cru" d'Alsace

Malgré l'invitation tardive, vous étiez 8 à participer à ce premier "Atelier de l'Odyssée" concentré sur la diversité des Grands crus d'Alsace et principalement des Riesling. Première dégustation d'un vaste programme qui nous verra naviguer vers toutes les régions viticoles de France et d'ailleurs mais aussi aborder les côtes passionnantes de la diversité des arômes et des saveurs par le biais de préparations à base de thés, d'huiles et d'épices

Mise en bouche

* Mer et coquillages 2004, Riesling, Pinot gris et sylvaner, Julien Meyer

Pour se mettre les papilles sur cale, un vin sec où le pinot gris domine au nez, léger fumé et le riesling en bouche. C’est bon, rafraîchissant, un vin de soif. Peu de commentaires toutefois, manifestement les participants ne sont pas venus pour boire mais pour déguster les grands crus !

les deux séries de Riesling Grand Cru sont servies à l'aveugle par couple de 2 vins

Riesling Grand Cru 2001

Couple 1

** Pirate : Pinot blanc vieilles vignes, Martin Schaetzel

Robe dorée, premier nez sur la truffe ; ensuite les fruits blancs mûrs (pêche) s’imposent. La bouche est étoffée, c’est assez rond, la finale courte est sur une minéralité plaisante. Le pirate est reconnu de suite, bon mais pas au niveau d’un grand cru ; et on le situe plutôt en Loire (chenin) qu’en Alsace, une belle surprise !

Grand Cru Pfersigberg sans soufre, non filtré, 2001 (Terroir calcaro-gréseux), Gérard Schueller & Fils

Dégusté à l’aveugle, il ne faut pas être grand clerc pour identifier que le vin est non filtré et sans soufre. La robe est opalescente, dorée et s’assombrira au cours de la dégustation. Le premier nez sur la pomme blette est un peu caricatural. On y distingue aussi des notes grillées, de thé, tisane ou de café selon les dégustateurs. A l’aération, des agrumes confits et des épices apparaissent. L’attaque est perlante ce qui gêne un peu certains dégustateurs (moi ;-). Une bouteille jumelle, dégustée chez Luc il y a quelques semaines, mais vinifiée plus traditionnellement présentait un peu de sucres résiduels. Le perlant est donc peut-être dû à un regain de fermentation. Ce n’est pas grave, mais un carafage aurait dû s’imposer. Si le nez était controversé dans son appréciation, il en est de même pour la bouche, pas par les mêmes dégustateurs, amusant! Si certains lui reconnaissent une acidité fine, nette et très intéressante, d’autres la trouvent trop verte (acide malique ?). Le vin, sec, a une belle longueur et une belle matière et la finale est à l’avenant. Mais il est loin de plaire à tout le monde, ce qui était attendu. J’entendrai cependant dire « heureusement que Bruno Schueller ne fait que quelques rares cuvées totalement sans soufre… ». Pas consensuel !

Couple 2

Grand Cru Steinert 2001 (Terroir Calcaire), Pierre Frick

Beaucoup plus d’unanimité pour celui-ci qui présente un nez très pur et très mûr. Une belle déclinaison d’agrumes frais et confits; une touche de menthol ou de camphre et une minéralité naissante. Les fruits blancs mûrs voire exotiques apparaissent à l’aération et en retro-nasale. En bouche c’est gras mais fin sur une légère présence de sucres résiduels qui gêne un peu 1 ou 2 dégustateurs. Très bon.

Grand cru Muenchberg 2001 (Terroir gréso-volcanique caillouteux), Julien Meyer

La robe plus dorée laisse penser que ce vin est élevé sans ou avec très peu de soufre. C’est le cas ! Le nez est totalement différent du Steinert, plus discret, sur la mie de pain, le toast, légèrement minéral et fumé ; un nez intrigant. L’attaque est puissante et le vin développe un corps massif mais superbement équilibré par une acidité que certains trouveront « mûre ». Le tout est taillé dans la roche, sans sucres résiduels. Un coup de cœur pour certains, une découverte à apprivoiser pour d’autres.

Riesling Grand Cru 2004

Couple 3

Grand Cru Schlossberg 2004 (Terroir de Granit) Martin Schaetzel

Un nez floral très ouvert qui fait immédiatement penser certains dégustateurs au Schlossberg (Bravo Anne !). Ensuite des fruits mûrs, un peu de miel et une minéralité naissante. Un corps svelte mais bien fait ; quelques grammes de sucres résiduels qui se fonderont au vieillissement. De l’avis général, très bon.

Grand Cru Kirchberg de Barr 2004 (Terroir Argilo-calcaire), Vincent Stoeffler

Celui-ci est beaucoup plus fermé et semble moins puissant. C’est la marque du Kirchberg qui nécessite quelques années pour débrider son austérité. Le nez est toutefois minéral et légèrement fumé, la bouche plus sèche que le vin précédent est toutefois assez ronde et équilibrée par une belle acidité. Il recueille les suffrages de quelques dégustateurs pour cette droiture. Un riesling de facture plus classique peut-être. C’est en tout cas un superbe rapport qualité prix, une belle petite facture en quelque sorte.

Couple 4

Kaefferkopf Nicolas 2004 (Terroir Argilo-Calcaire), Martin Schaetzel

Nez puissant de mandarine et d’épices (gingembre), très mûr et parsemé de notes de miel floral. Moi j’adore ! La bouche est puissante, mais sa confrontation avec le Rangen laisse croire que le Schlossberg l’était plus. Je ne crois pas que ce soit le cas, la confirmation sera apportée par une comparaison ultérieure, le Schlossberg plus en dentelle et moins acide, le Kaefferkopf plus puissant et gras; les deux reflétant bien leur terroir. Par deux fois j’avais préféré le Schlossberg, cette fois mes faveurs vont au Kaefferkopf, qui mérite amplement de rejoindre le cercle des grands crus.

Grand cru Rangen de Thann 2004 (Terroir Volcanique), Martin Schaetzel

Pas de doute, c’est le Rangen qui devrait se déguster à genoux tellement c’est grand. Le nez est typiquement fumé et déborde déjà d’épices. C’est massif, chaleureux, mais le tout est superbement intégré dans la chair du raisin et son acidité. Hors norme, il effraie même certains dégustateurs.

Au final, une très belle revue de la diversité des grands crus, point de vue terroir (calcaire, granit, volcanique, argile, ..), géographie (Haut et Bas-Rhin) et vinification (peu, très peu, pas de soufre).

Pinot Gris 2002

Couple 5

Pinot Gris Rosenbourg 2002 (Terroir de Granit), Martin Schaetzel

Pinot Gris Oberberg 2002 (Terroir Argilo-calcaire), Martin Schaetzel

Ces deux excellents vins, au rapport Q/P très intéressant, reflètent bien les différences attendues. Le premier propose un nez ouvert fruité, légèrement mielleux et fumé tandis que le second développe un peu de minéralité qui apporte une complexité bienvenue. Les différences se retrouvent également à l’oral. Le Rosenbourg plus en dentelle, et l’Oberberg tout en puissance et d’une longueur plus importante. Deux très bons vins, chacun dans leur catégorie, même si la préférence générale semble s’orienter sur l’Oberberg.

Un peu de solide

Le pain bio concocté par Anne a permis de sautiller de couple en couple sans mal, mais il est temps de manger un petit bout, deux tourtes préparées par Anne également. Je laisse Georgy au commentaire.

Couple 6

Quiche aux oignons : une harmonie parfaite entre le fondant de la pâte et le croquant de la croûte, un subtil équilibre entre le sucre résiduel des oignons et une pointe d'acidité et d'épicse relevant le tout

Quiche aux bettes : fit l'objet de nombreuses discussions lors de la dégustation à l'aveugle; on a longtemps hésité entre des poireaux et des épinards : il s'agit en fait de bettes dont certains citadins ignares n'avaient jamais entendu parler : à retester certainement dès le beau temps revenu avec des bettes fraîches du jardin bio de TGW

Comme dessert

Muscat Cuvée Béatrice 2000, Audrey et Christian Binner

Les dégustateurs pourtant si brillants jusque-là sont désorientés par ce vin et énumèrent les différents cépages d’Alsace avant d’atteindre le muscat. Il faut dire que ce vin n’est pas une caricature du cépage. On y retrouve de la fleur, mais du fruit mûr aussi, des épices également. La bouche bien structurée autour d’une acidité salivante est légèrement moelleuse et se boit facilement. La longueur n’est pas d’anthologie mais très satisfaisante. Un très bon muscat, ce qui est assez rare, mais un peu cher peut-être.

20:38 Écrit par Laurent dans Ateliers Dégustation | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

FEVRIER 2006: L’ENSEIGNE

Cela n’a finalement pas trop tardé, notre belle enseigne, tant rêvée, tant attendue est placée, merci à Claude pour son talent ! Et non content de nous avoir mis en image nos concepts, il les a également fixés lui-même au mur (photo). Claude merci aussi pour ta disponibilité ; je sais tu te dégoûtes ;-) Et puis c’est bien d’être entouré, merci aussi à Jean-Marie, l’autre voisin, de gauche ou de droite, c’est selon, pour le coup de main final (ze final touch !).

claudeblog

Sans trop se prendre la tête, voici donc quelques mots sur ces fameux concepts. Vous aviez peut-être remarqué la citation « A ship in a harbour is safe, but it is not what a ship is made for » qui accompagnait le lancement de Truegreatwines il y a deux ans déjà ; et bien, elle traduit toujours autant notre approche de la vie. Pourquoi ne pas tenter au d’utiliser, valoriser au mieux nos capacités et nos compétences en ligne avec notre sensibilité et nos valeurs. Un bateau qui reste au port n’est qu’un bâtiment sans intérêt, sans vie ; il ne devient bateau que lorsqu’il se réalise, lorsqu’il navigue ! Plus facile à dire qu’à faire et il faut parfois jalonner son chemin d’actes manqués et être soutenu pour pouvoir un jour donner le coup de rein nécessaire. Mais nous devons oser prendre des risques, même des petits, même s’ils sont calculés. Ce risque est symbolisé par la position d’équilibriste de notre bateau, qui rassurez-vous n’est pas une galère ;-) .

Notre goût et respect profond pour la nature et pour notre terre-mère se retrouve évidemment sous la forme de la planète bleue, dont une face vue de l’espace est représentée. Majestueusement suspendue dans le bleu infini de l’espace, elle apparaît aussi un peu comme une grosse bulle de savon ; prête à éclater à toute instant. Cette fragilité ne dépend que de nous, ou plutôt, ne s’agirait-il pas de notre fragilité, la terre nous survivra…

L’odyssée fait référence à Ulysse bien sûr, au voyage ou à l’aventure que signifie une telle entreprise. La diversité des rencontres d’Ulysse symbolise aussi ce que nous recherchons avec un esprit ouvert dans le monde des arômes ; de la diversité, des découvertes, parfois surprenantes, parfois incompréhensibles au début, mais toujours intéressantes pour le développement des sens.

La vigne qui grimpe au mât, c’est cette passion dévorante qui m’a contaminée progressivement depuis 20 ans et qui apparaît maintenant au grand jour. Puisse cette liane vous enrouler tout aussi sensuellement et vous amener d’aussi beaux fruits. Entamez avec nous la danse des ceps (clin d'oeil à Christophe beau du domaine Beau Thorey ;-)

Enfin, avez-vous remarqué le petit drapeau et son symbole ? Non, et bien c’est la note féminine (et donc spirituelle ;-) de notre voyage . Il s’agit d’une lettre hébraïque, mais je laisse Anne, quand elle aura un peu de temps, nous relater le sens de ce « yod ».Voilà, une des premières côtes abordées était celle des vrais grands vins, l’odyssée se poursuit maintenant plus largement autour des arômes et expériences en tous sens (enfin en tout cas celles de nos 5 sens); mais ce n’est pas fini, le vaisseau compte bien explorer d’autres bords. Allez, je relargue les amarres, vous montez ?

20:02 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

DECEMBRE 2005: L’ENVOL

Le deuxième anniversaire de True Great Wines, fêté à nouveau en compagnie de Jean-François Ganevat, fut une grande réussite. Qui disait deuxième anniversaire signifiait deux vignerons invités. Merci aussi à Olivier Guyot de Marsannay d’avoir accepté cette invitation tardive et merci aux deux vignerons pour leur grande générosité.

La présentation à cette occasion dans le cadre de l’Odyssée des Arômes de thé et d’huiles biologiques de gastronomie a été un succès. Vous avez autant apprécié les matés, Pu-ehr ou les huiles d’Argan, de pépins de courge que les chardonnays ouillés du Jura et les Grands Crus bourguignons. Le pari de la diversité des goûts et des arômes vous a plu ; c’est génial !

À peine une semaine plus tard, et un peu comme un parachutiste dans son avion qui voudrait sauter, mais qui hésite et dont le supérieur arrive par derrière en lui lançant une bonne tape dans le dos ; c’est l’envol ! Je quitte !NBEV après 13 années riches en apprentissages et expériences divers, en rencontres aussi. Sentiment ambigu d’excitation et de crainte, mais sentiment de liberté surtout!

Ce nouvel envol, c’est une occasion unique, que nous allons saisir fermement, de développer dans les domaines qui m’intéressent le plus (dans le désordre : vins, science, arômes, nature et brasserie) d’autres activités (recherche, enseignement, vente, écriture, journalisme, création d’évènements, …) tout en changeant un peu les contraintes subies jusqu’à présent. A suivre !

19:58 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

OCTOBRE 2005 : BESOIN D'UN GUIDE ?

C’est la rentrée, les foires aux vins se multiplient (ok, achetez-y vos Bordeaux, mais bipasser le reste ;-), et puis parallèlement, les guides fleurissent dans tous les linéaires. Ne sont-ils d’ailleurs pas de plus en plus nombreux ? Guide des vins à petit prix, des vins bio, des vins de France, pour les nuls, pour les pros… Difficile de s’y retrouver.

On pourrait débattre à foison sur l’utilité des guides, mais je crois que dans la jungle des vins, l’amateur débutant a besoin d’être aiguillé, et parfois d’être rassuré sur ses propres goûts.La comparaison de son avis propre à celui des « experts » peut aussi participer à une forme d’apprentissage et d’étalonnage que le débutant peut trouver nécessaire et c’est très compréhensible. Et puis il faut bien dire que cette jungle n’est pas toujours honnête, outre ses propres goûts qui font que l’on peut aimer ou pas un vin, la majorité des vins sont franchement mauvais ou inintéressants. Si goûter et regoûter est la méthode la plus fiable pour faire ses choix, il est évident impossible de tout goûter et il faut donc trier avant de s’avancer plus loin.

Certains se gaussent aussi sur leur représentativité, leur exhaustivité et parfois mettent en doute leur indépendance. Soyons clairs, aucun guide n’est exhaustif. La plupart travaillent sur base d’échantillons envoyés par les domaines et pas mal de vignerons n’envoient aucun échantillon (Schueller, Casot des Mailloles, Barral, …), ou pas à tous les guides (imaginez le budget). Un guide est une source d’information, il présente une sélection qui peut aider à « guider » les choix. Mais un guide, ce n’est pas la Bible. Le guide est aussi un moyen pour l’amateur averti de faire de nouvelles découvertes, comme le sont les forums ou les revues spécialisées; mais aussi les salons et foires ou les dégustations de cavistes. Il ne faut négliger aucune source. Mais pour s’y retrouver, il faut aussi connaître les principes de sélection et les conditions de dégustation et parfois, le goût du dégustateur. J’ai acheté beaucoup de guides à mes débuts, j’y ai confronté mes propres opinions et ce fut un des éléments qui m’ont permis de progresser, d’affiner et d’élargir (ce n’est pas incompatible) mes propres goûts et mes connaissances.Je les achète encore régulièrement, on y apprend toujours quelque chose et puis, c’est tellement agréable de potasser les meilleurs. J’en connais donc vraiment très bien quelques-uns. Cette rentrée sera l’occasion de les passer en revue (revue non exhaustive).

Parker

A tout seigneur tout honneur, le gourou américain, ancien avocat, a débuté il y environ un quart de siècles en lançant sa revue « the wine advocate ». Il a fait découvrir les bordeaux aux Américains, mais son influence auprès des consommateurs allant en grandissant, il a progressivement étendu son impact à la viticulture et la vinification. Aujourd’hui, Parker fait les nouvelles stars et défait parfois les anciennes étoiles. Pour un vigneron, une cotation supérieure à 90 sur son échelle de qualité lui ouvre toutes les portes et lui promet une vente assurée. Mais la même cote fait également monter les prix ; un effet pervers pour le consommateur que ne peut plus contrôler celui qui se présente encore comme son meilleur avocat.L’influence de Parker est indéniable ; on parle même du goût Parker ! Il aimerait surtout des vins très extraits, issus de raisins très mûrs et largement boisés. C’est un peu une caricature, mais ce qui est vrai, c’est qu’il n’aime pas les vins dilués issus de raisins pas mûrs ;-). Si je compare ma petite expérience par contre, j’ai vraiment aimé des vins pourtant déclassés (<80) tels que Pichon Comtesse 92 ou Chevalier 94, ces vins élégants et parfumés étaient pour moi largement supérieurs à beaucoup de 80-85. Enfin, si vous voulez faire un choix en Bordeaux et n’avez pas l’occasion de goûter, pourquoi ne pas suivre la cote Parker. Mais au dessus de 90, plus de bons rapports Q/P et en dessous, une zone peu discriminante ou le meilleur côtoie souvent le moins bon. Alors visez les cotes 89 ;-) ! L’avantage de suivre Parker, c’est que si le vin ne vous plait finalement pas, mais possède une bonne cote, vous ne perdrez rien à le revendre, au contraire. L’avis de Parker ne se limite pas au Bordeaux, mais au-delà de ces frontières, son influence diminue, en tout cas en Europe. Ses notes sur la Bourgogne sont rédigées par un collaborateur resté longtemps dans l’ombre (Rovani). Celles concernant le Rhône ne sont pas à rejeter bien qu’elle m’aient pousser à acheter du Guigal qui s’est avéré imbuvable. Par contre dans le Languedoc c’est un peu n’importe quoi et l’attention portée aux autres régions de France est très mince.Petit désavantage, le guide reprend en général des notes sur des millésimes qui ne sont plus toujours à la vente. Le guide note les vins sur 100 mais classe également les domaines sur une échelle de 5 étoiles.

Bettane et Desseauve

Après le gourou américain, les 2 gourous français….Participant à la Revue des Vins de France jusqu’il y a peu, ces deux dégustateurs chevronnés offraient depuis environ 10 ans le fameux guide vert, un peu pompeusement nommé « Le Classement des vins de France », bien que ce soit celui qui s'en rapproche probablement le plus.J’ai acheté ce guide vert quasiment dès le début de sa publication, sautant une année parfois, mais depuis 2000 j’ai craqué chaque année.Pour le débutant, c’est une mine d’informations et d’adresses. Honnêtement, si l’on peut regretter l’absence de certains domaines de références qui n’envoient pas d’échantillons, si certains autres n’y sont pas pour des questions de goût (et c’est respectable), il y a peu à redire sur les domaines cités. Je reconnais y avoir puisé mes premières découvertes et en 10 ans, je ne concède qu’une seule vraie déception (je vais quand même pas la citer), c’est tout simplement remarquable.Les domaines sont classés de 1 à 3 étoiles, et les vins dégustés sont cotés sur 10. D’une année à l’autre, le texte descriptif du domaine change peu ou pas du tout. Seuls quelques commentaires et les notes des vins dégustés sont mis à jour. On pourrait donc faire l’impasse une année sans trop souffrir, mais la lecture est diablement agréable.On peut bien sûr discuter de certains choix (Michel Bettane n’apprécie pas les vins de Barral, par exemple) et de l’attitude parfois condescendante de Michel Bettane envers les amateurs (voir quelques interventions sur les forums, LPV par exemple). Mais le tandem formé avec Thierry Desseauve semble fonctionner à merveille et ce sont deux dégustateurs hors pair, c’est indéniable.Depuis son départ de la RVF, le tandem a lancé en 2005 une revue disponible on-line (TAST) qui, quand elle couvre une appellation, le fait de manière plus exhaustive et détaillée qu’auparavant. Le travail est une nouvelle fois remarquable.L’édition 2006 du guide vert a été reprise par 3 membres de la RVF (Burtschy, Gerbelle, et Poussier, le meilleur sommelier du monde en 2000), mais ils n’ont apparemment pas encore eu le temps d’y imprimer leur personnalité. Quoique la rentrée de Jean-François Ganevat dans l’édition 2006 est bon signe pour le qualité future du guide ;-).

On attend en tout cas le prochain guide B&D avec impatience, mais pas avant 2007 probablement. Note du guide vert :« Bernard Burtschy est journaliste et membre du Comité de dégustation de La Revue du Vin de France. Lauréat du Trophée du Meilleur dégustateur du Grand Jury Européen. Antoine Gerbelle est journaliste et membre du Comité de dégustation de La Revue du vin de France. Olivier Poussier est journaliste et membre du Comité de dégustation de La Revue de France, Meilleur sommelier du monde en 2000. Leur expérience du vignoble, leur talent de dégustateur et leur indépendance de jugement les rangent parmi les spécialistes les plus écoutés.

Gault & Millau

Je n’ai acheté que l’édition 2004 de ce guide qui était alors rédigé principalement par Bernard Burtschy, retransféré depuis à la RVF. Présentation par domaines inspirée par le guide vert, il ratisse un peu plus large, faisant la part belle aux coopératives. Cela permet de faire quelques découvertes, mais également augmente les chances de plantage. Les domaines sont étoilés de 1 à 5, et les vins sont notés sur 100, mais sans commentaires. Le classement alphabétique est un peu brouillon, mais un guide qui sort Stéphane Tissot, François Chaveriat (Domaine Lescure) et Thierry Michon (Domaine St Nicolas) en révélation et mentionne Gérard Schueller avec 4* démontre quand même une certaine fiabilité ;-).L’édition 2006 est bien parue, mais je n’ai aucune idée sur l’identité de ses auteurs.

Hachette

Ensuite, il y a les guides qui utilisent des jurys, pour sélectionner leurs vins.Le plus connu est le guide Hachette, différents jurys, composés de professionnels (journalistes, cavistes, vignerons, ..) et 10000 vins dégustés. Problème, 1 vin sur 3 est sélectionné, c’est beaucoup non ? C’est une mine d’information sur les domaines, mais mon expérience montre que même le choix d’un coup de cœur n’est pas une garantie de qualité. Pourquoi ? Le prix entre-t-il en ligne de compte, est-ce dû au nivellement qualitatif résultat du consensus du jury, peu importe, la fiabilité n’est pas toujours suffisante à mon avis.Par contre, il serait intéressant, comme pour les bordeaux, de visualiser l’historique des résultats des cuvées sélectionnées. Une présence régulière dans le guide est quand même un signe de qualité ; alors qu’un coup de cœur esseulé peut–être dû à un coup de chance.

Fleurus

J’ai un faible pour le guide Fleurus, dont la sélection est effectuée par 85 sommeliers de France. On y retrouve des domaines qui n’envoient que rarement des échantillons mais qui sont réputés auprès des professionnels (Casot des Mailloles, Traginer, Overnoy-Houillon, …). Il s’agit cependant d’un guide collectif et il est donc difficile de suivre les choix année après année. Le guide est divisé en deux parties, d’une part les vins sélectionnés et d’autres part, des informations sur les domaines, mais sans classement. Les vins sont décrits avec brio, notés sur 20 (mais les notes sont parfois très généreuses) et un accord gourmet est proposé. Remarquable.

Patrick Dussert-Gerber

Patrick Dussert-Gerber, journaliste, surnommé (par lui-même ?) PDG , propose un guide qui en est déjà à sa 25e édition. Pourtant, pour en avoir acheté et étudié un, je reste très dubitatif. Le classement tient-il trop compte des prix, en tout cas, la hiérarchie est peu compréhensible pour moi. A noter qu’il précise les entrées et sorties du guide, ce qui est intéressant. Par contre la raison n’est pas mentionnée.

Guide Solar des Vins Bios

Tout nouveau, réalisé par un petit comité dont un membre de la revue des vins de France (Georges Lepré), ce guide s’attaque aux vins bios sans complaisance, et les juge pour eux-mêmes, c’est très bien. La sélection de vins (il n’y a pas de sélection par domaine) me semble relativement fiable. Bien sûr, on peur se demander pourquoi tel vin a été sélectionné plutôt que tel autre. Je le répète, tout dépend aussi de ce que le vigneron envoie. En tout cas, j’y ai relevé quelques coup de cœur présents à la carte True Great Wines, tels que le Chablis de la Boissoneuse 2002 ou la cuvée du Château Romanin 2001. Très bien!

Jean-Marc Carité

Les bonnes adresses du vin bio Un guide sympa, qui donne beaucoup d’informations sur les domaines, notamment concernant leur présence aux divers salons (Rouffach, Marjolaine, …). Et sur les vins (teneur en SO2, vendanges manuelles ou non, levures indigènes, …) . Mais ici aussi, le prix semble avoir une influence sur la cotation des vins (0 à 4 *) et peut-être aussi une certaine indulgence envers les bons petits vins bios pas chers. A suivre.

Voilà, cette liste n’est donc pas exhaustive et ne concerne que les vins de France, mais je constate que si je suis toujours aussi boulimique de ce genre de littérature, il vous faut faire un choix. Ma « stratégie » serait donc d’alterner l’achat de ces guides, avec une nette préférence toute personnelle pour le Bettane-Desseauve (ou guide vert) et le guide des sommeliers. Pour les amateurs de vins bio, le Solar est très recommandable.

Bonne lecture, mais n’oublier pas la dégustation pratique reste l'exercice le plus efficace pour choisir ses vins et faire progresser son goût!

13:06 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

25/01/2007

 AVRIL 2005: CLASSIQUE BOURGUIGNONNE!

Cela faisait un bout de temps que j’avais envie de replonger dans les vins de Bourgogne afin de tenter d’effacer les déceptions rencontrées au cours de mes achats personnels lors de diverses foires aux vins. L’invitation de mon voisin (et peintre, et ami, on peut le dire) Claude Manesse à séjourner dans son village natal de Montréal à un jet de pierre de Vézelay, non loin du chablisien, nous a permis de concrétiser plus rapidement que prévu ce désir.

J’étais devenu un abstinent de la Bourgogne, mais je me refusais à croire que la mérite bourguignon se limitait à mes dernières expériences. Outre la qualité dans le verre, j’y ajoutai cependant aussi deux autres contraintes. Le respect de l’environnement, bien sûr et puis le respect de notre portefeuille. En fait, je n’ai jamais douté que la Bourgogne fasse de grands vins, peut-être seulement que les prix soient encore accessibles. Après une semaine de lecture intensive des forums, des guides, des revues multiples, et de renseignements collectés auprès d’amateurs avertis, je suis déjà un peu plus rassuré. Une vraie sélection sera nécessaire. C’est parti, le téléphone surchauffe, les rendez-vous se prennent, l’agenda se comble; le programme sera chargé. Quelques fenêtres pour balades et visites seront ménagées, mais mon programme culturel sera cette fois très léger.

Et puis quelques déconvenues déjà, la plus grande étant celle d'un domaine assez connu sans l'auxerrois; où une dame pas très aimable m’éconduit vertement au téléphone alors que je demande humblement une petite visite. J’ai le malheur d’insister et de lui demander où je pourrais trouver ses vins en Belgique, la réponse est cinglante : « je ne vois pas l’intérêt, nous n’avons pas besoin de nouveaux clients », rideau ! Ce genre de réaction est heureusement très rare et a le mérite de souligner la grande disponibilité de la plupart des viticulteurs. Au contraire, souvent, même au téléphone, des prémisses de contacts plus profonds avec certains vignerons se tissent déjà.

La première après-midi est réservée à la visite de Vezelay et de sa basilique. Je ne peux que la recommander et surtout de se glisser quelques minutes dans la crypte souterraine qui dégage une atmosphère, non pas de recueillement, mais de sérénité extraordinaire. Un peu plus tard, nous entrons dans une petite boutique de la rue principale et surprise, c’est un repère de bouquins et de thés. A nous les lapacho, maté et autres pu-ehr ; et quelle coïncidence, nous qui avons justement décidé d’élargir l’étendue de nos activités. Pas loin, un petit caveau m’interpelle. Ne pouvant résister, et bien qu’ayant promis que les visites ne commenceraient que le lendemain, j’y entre ! J’y rencontre une petite bonne femme un peu timide mais sympathique. C’est une vigneronne Maria Cuny (maman de 6 enfants !) tout récemment installée qui possède quelques hectares dans le vignoble de Vezelay. J’y goûte rapidement et le blanc est franchement pas mal, j’achète quelques bouteilles, je regoûterai tout cela à mon aise le soir. La dégustation du soir confirme, fruit croquant, structure cristalline, et je prends rendez vous pour le vendredi, je remonterai quelques caisses de cet excellent chardonnay.

Le lendemain, rendez vous à St Romain avec Thierry Guyot, recommandé par Patrick Meyer en Alsace. L’homme est souriant, chaleureux et ses vins délicieux. Pas dans le style actuel coloré, boisé et souvent surextrait, mais tout en finesse et en longueur de saveur. Les robes sont parfois désuètes, mais les parfums délicats toujours présents, note de framboises, de pivoine, de rose fanée ou d’épices douces, c’est bon. La conversation est animée et on en vient vite à parler de gastronomie et d’accords parfaits. Thierry est manifestement un bon vivant, l’expression « je résiste à tout sauf à la tentation » qu’il nous lâche en fin de dégustation lui convient à merveille. Mais nous discutons aussi vigne et vinification, Thierry est à la recherche perpétuelle de la meilleure extraction et du meilleur rapport rafle/raisin. Passionnant d’apprendre avec lui l’impact des rafles sur la macération ou les risques de l’égrappage. Nous dégusterons avec lui quelques vins de ses amis Emmanuel Giboulot et Jean-Claude Rateau, que je connaissais déjà de Rouffach. Quelques belles choses aussi, nous y reviendrons peut-être. Nous ne nous quittons pas sans échanger quelques bouteilles, moi de bière et lui de vin, une bouteille d’Anjou blanc de son ami René Mosse, juste pour le plaisir de partager, merci !

Direction domaine de l’Arlot, la propriété est belle et les caves interminables. Accueil beaucoup plus anonyme mais courtois, nous dégustons quelques bouteilles déjà entamées. Le vin est fin, mais je ne peux m’empêcher d’y trouver des notes végétales que je n’apprécie guère. Excepté un Nuit St Georges Blanc fabuleux (mais cher comme la plupart des cuvées) je passe complètement à côté de ces vins, une autre fois peut-être !

Pas loin de là, à Marsannay, nous rencontrons Olivier Guyot ; pas de relation familiale avec le précédent. Lui c’est Monsieur Tornade Tropicale, il emporte tout sur son passage, son débit verbal n’a d’égal que son énergie. Mais l’accueil est très chaleureux. Les présentations faites, nous nous retrouvons rapidement dans la cave, le verre à la main. Le premier vin dégusté est son Bourgogne générique 2003 et c’est déjà très bon, du fruit mûr mais frais, une belle structure et de jolis tannins qui laissent entrevoir un potentiel de garde de quelques années. Ensuite, les Marsannay ; j’adore ce genre de dégustation ou chaque vin est délicieux mais est surpassé par le suivant. Favières, Boivins, Montagne, Gevrey les champs et puis l’apothéose avec le Clos St Denis, ouvert tout spécialement pour nous parce que nous avions l’air d’apprécier… Je suis convaincu. Olivier qui travaille toutes ses parcelles avec son cheval Indigo est aussi infatigable à la vigne qu’à la cave, un vrai bosseur avec paraît-il une belle inclinaison à la fête le moment venu, belle philosophie.

L’étape suivante, ce sera chez Chantal Lescure. Le domaine a été repris en main par Aymerich Machart de Gramont au décès de sa mère. Avec l’aide de François Chavériat, il retrousse ses manches et nous récoltons maintenant le fruit de leur travail rigoureux à la vigne (application des principes de la viticulture biologique) et à la cave (astucieux mélange de naturel et de technique). C’est Catherine qui m’accueille (mon Anne fait un petit somme dans la voiture), elle aussi déborde d’énergie et c’est au trot que nous menons la dégustation parsemée de quelques 2001 et 2002. Si je ne suis pas vraiment convaincu par l’entrée de gamme, la dégustation des pommards 2002 s’avère passionnante. C’est un festival de terroirs, les différences entre les vignots exposés au Sud et les Vaumuriens, terroir plus froid exposé à l’est, sont d’école. Entre la grande maturité du premier et la minéralité du second, mon cœur balance. Il finira par pencher pour le second, mais c’est vraiment une question de goût. Nous nous dirigeons ensuite vers les caves où reposent les fûts contenant les 2003. Si le pommard vignots me rappelle presque un vin du Languedoc avec quelques parfums de garigue et de porto, c’est le coup de foudre avec le Vosne-Romanée d’abord et le Clos Vougeot ensuite. Une belle fraîcheur, des parfums très purs de cerise et des tannins proches du taffetas. Nous ne sommes qu’au début de notre périple, et voici déjà quelques domaines qui s’imposent à la tête de la sélection.

Un peu plus loin le domaine Trapet, spécialiste des Chambertins. J’avais découvert les vins de Jean-Louis à Bruxelles, à cette fameuse dégustation organisée par Nicolas Joly et j’avais adoré. Evidemment, je me réjouissais de les regoûter. Hélas, la dégustation menée par un Monsieur Trapet père aimable mais peu disert se déroule dans une cave trop froide. Les vins perdent un peu en arômes et en densité, même si on perçoit malgré tout leur belle texture. Dommage.

Après midi, direction Meursault pour redéguster les vins d’Alain Javillier (domaine Jean Javillier). Je connaissais déjà un peu les blancs qui avaient marqué ma mémoire il y a deux ans à Rouffach. Alain est un sacré personnage, il semble cacher un manque de confiance en lui derrière un discours ininterrompu d’anecdotes heureusement passionnantes. C’est ainsi qu’il nous raconte l’histoire détaillée du domaine, ses hésitations, ses progrès, ses échecs aussi qui ont jalonnés ces 20 dernières années. Un exemple, le pourquoi de l’abandon de la filtration. Le vin était à l’époque emporté vers une entité de filtration externe au domaine, vu les petits volumes et le manque de réputation du domaine, le vin était généralement filtré en premier et recevait donc toute la dose d’adjuvant de filtration. Ainsi dépouillé, cette manipulation n’était pas sans risque non plus et entraînait parfois une oxydation prématurée. Après quelques échecs, Alain a donc décidé d’abandonner tout simplement cette étape onéreuse et dangereuse, Bravo.

Toujours en recherche également quant il subtilise des raisins à ses prestigieux voisins pour comparer les niveaux de maturité avec les siens. Très honnête quand il avoue avoir été torturé par la question de l’acidification sur les 2003 qu’il effectuera finalement, légèrement, en fermentation. Tellement pris par sa passion qu’il en oublie de nous faire déguster ses cuvées. Ou alors est-ce encore un signe d’un certain manque de confiance; il aurait tort, toute la gamme, du simple chardonnay aux crus plus réputés, est confondante de naturel, et les vins sont gorgés d’arômes. Une belle confirmation et des cuvées au rapport qualité/prix exceptionnel.

Retour à St Romain pour découvrir un vigneron conseillé par notre ami Jean-François Ganevat qui connaît bien la région: Fred Cossard du domaine de Chassorney. Le gars a l’air bougrement sympathique. Il a aussi une réputation sulfureuse de fameux fêtard et n’a pas sa langue en poche. Nous dégustons uniquement au fût, car il n’a plus rien à vendre. Les blancs 2003 sont parfumés et déploient des arômes très mûrs de banane et de fruits exotiques. Hélas, le millésime montre également ses limites car le manque d’acidité me semble flagrant. Ce genre de vin a ses amateurs, mais je n’en suis pas, j’aime une certaine vivacité et la minéralité qui complexifie le fruit. Nous passons aux rouges 2003 et là c’est la gifle! Nous sommes déjà au niveau des vins de Lescure ou d’Olivier Guyot avec le Saint Romain, fabuleux. Et le Chambolle est dans la lignée, vraiment très bon. La dégustation s’achève au bar du caveau où Fred nous fait découvrir une cuvée de Beaujolais très agréable. La conversation s’oriente vers la bière, son rêve serait d’ouvrir une micro-brasserie ; c’est sur il va falloir rester en contact. Fred nous propose de rester dîner (déjeuner) avec lui, mais un autre rendez vous nous attend et nous devons prendre congé; non sans repartir avec quelques bouteilles-échantillons à faire déguster à son ami Jean-François. Merci Monsieur Cossard pour ce très bon moment.

Direction le Sud, Vinzelles qui se situe à la limite du beaujolais. Le domaine dans notre collimateur est celui de la Soufrandière, mené par deux petits jeunes déjà bien expérimentés; les Bret Brothers. Nous sommes accueillis par 2 grands chiens noirs qui sont déchaînés au propre comme au figuré. Je ne suis pas particulièrement à l’aise ; mon contact est manifestement plus facile avec les vignerons qu’avec la race canine…La plupart des cuvées sont épuisées, mais on nous fait tout déguster quand même. Les vins sont tous excellents, parfois dans un style boisé un peu international, mais les cuvées que je sélectionne, Viré-Clessé ou Pouilly-Vinzelles les Quarts par exemple ont ce petit plus de minéralité qui les pousse dans le cercle restreint des grands vins pour hédonistes. Le domaine est mené en biodynamie et pourtant ces deux garçons ont l’air tout à fait sain d’esprit. Les esprits chagrins pourront y voir une démarche commerciale, la simple dégustation de leurs vins balaie sans hésiter ce pauvre argument, les frères Bret n’ont vraiment pas besoin de cela pour asseoir leur réputation. Ils ont également développé une activité de négoce de haut niveau qui applique autant que possible les mêmes principes. Dans ce négoce, les deux frères influencent la viticulture de leurs partenaires et s’occupent à 100 % des raisins dès la vendange. Ils profitent aussi de quelques parcelles de domaines réputés comme les Vignes du Mayne par exemple. Une belle découverte dont il faut absolument profiter avant que l’adresse ne soit trop connue.

J’aime le Chablis, peut-être en raison de mon penchant pour la minéralité dans toutes ses formes. Et s’il est un terroir qui magnifie ou devrait magnifier cette minéralité, c’est bien chablis. Hélas la viticulture laisse souvent à désirer, les vendanges mécaniques sont la règle et les très bonnes cuvées se font rares. Chablis, à quelques exceptions près, me semble se reposer sur ses lauriers depuis des décennies. Mon attention avait été attirée par un de mes clients sur un entrefilet dans la RVF concernant un tout nouveau domaine, celui de la Boissonneuse, travaillé en bio. Renseignements pris, il s’agit du fils de Jean Marc Brocard, vigneron à la tête d’une des plus grandes propriétés de chablis. Je connais cette maison grâce à son Bourgogne Kimméridgien, distribué en grande surface, d’un très bon rapport Q/P, je dois le reconnaître. Allons-y! C’est évidemment une grosse boîte, mais l’accueil est sympathique. On me propose de commencer la dégustation par les vins du domaine Brocard. Je ne refuse pas ! Les vins ne m’épatent pas, il faut arriver aux grands crus pour percevoir un début de frisson, mais ce sont des 2003 et décidément, excepté chez les frères Bret, je n’accroche pas. On vient enfin aux 2002 avec ce fameux domaine de la Boissoneuse, qui est en fait une grande parcelle du domaine Brocard, reprise par le fils et travaillée en bio. Le nez est ouvert et libère des senteurs minérales et fruitées. Enfin ! Superbe ! La bouche est à l’avenant, concentrée mais bien structurée, un chablis pour la table et de garde, je suis comblé ! Je rencontre ensuite Julien Brocard qui m’accorde une visite des installations très modernes. La conversation est technique et instructive ; l’accord entre le père et le fils concernant l’approche bio ne semble pas aussi parfait que ceux que j’entrevois pour ce chablis. Comme c’est souvent le cas, il faudra attendre le passage de témoin entre génération pour espérer voir les beaux grands crus du domaine travaillés dans le respect de l’environnement, patience !

Dernier jour, il faut repasser chez les vignerons sélectionnés pour prendre les cuvées réservées, un vrai casse tête géographique et une course contre la montre. Je suis hélas obligé de décommander ma visite aux « Vignes du Mayne », c’est râlant, mais je n’ai vraiment plus le temps. La dernière étape sera pour le domaine Guillot-Broux, dans le maconnais, apparenté aux Vignes du Mayne et à nouveau recommandé par Fanfan Ganevat. Dégustation très sympathique, mais j’ai du mal à accrocher aux blancs. Ils sont élevés dans un style rassis légèrement oxydatif qui doit avoir ses amateurs mais avec lequel j’ai un peu de mal. Par contre, les rouges sont à mon goût ; le gamay est gorgé de fruit et de sève et il en va de même pour le pinot noir, je ne peux hélas plus emmener de caisses, car l’heure du départ à sonner, mais c’est sûr, on y regoûtera !

Il est temps aussi de saluer Claude et de le remercier pour son accueil et ses talents culinaires qui nous ont fait redécouvrir, soir après soir quelques grands classiques de la cuisine française. Une adresse aussi à recommander, le Pot d’étain, près de Montréal, la cuisine n’est pas des plus originales, mais savoureuse. Et puis le patron est un vrai passionné de vin et sa carte regorge de cuvées superbes, en Bourgogne, mais aussi dans les autres régions. Ce sera l’occasion pour nous de déguster les vins de Goisot, plaisir qui nous avait été refusé par le domaine. Le vin, lui, un sauvignon de St Bris, est vraiment à la hauteur. Allez, je suis presque prêt à pardonner. Mais la semaine n’est pas finie, le Jura n’est pas loin et nous allons faire un petit coucou à GANEVAT, l’occasion de déguster ses blancs 2003 sur fût, un mot seulement (ou deux;-), très prometteur !

19:55 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

NOVEMBRE 2004: LA PROMESSE

C’était un peu un rêve après un an d’activité seulement de penser pouvoir décider un (bon) vigneron, quelque peu réputé, à se déplacer dans le petit village de Pécrot pour un petit caviste débutant. C’était aussi évidemment dans mes plans depuis le début mais j’étais loin de croire pouvoir le concrétiser aussi rapidement.

C’est lors de ma visite dans le Jura que le premier contact avec Jean-François s’est établi. Après une dégustation marathon, au figuré comme au propre (ses caves sont réparties dans tout le village), convaincu de la qualité des ses vins et de son approche du métier de vigneron (on en reparlera), et ayant perçu quelques atomes crochus entre nous, je lui propose de venir présenter ses vins en Belgique en fin d’année. Il est tout de suite ouvert, m’explique qu’on lui a déjà proposé mais qu’il n’a jamais donné suite, mais il semble intéressé. Je le recontacte quelques semaines plus tard pour fixer une date, et puis enfin en septembre pour confirmer le tout. Là, manifestement, il ne comptait pas trop sur la concrétisation de ma proposition, mais bouleverse sans sourciller ses rendez-vous pour tenir son engagement. Une question me fait vaciller en fin de conversation « combien attendez-vous de personnes ? ». Je dois répondre tout de suite ; je ne veux pas le piéger, mais je ne veux pas le faire fuir non plus. Rapidement, les dégustations précédentes défilent dans ma tête, en moyenne au moins 10, parfois 20, rarement plus. Sans réfléchir plus, je lui assure une bonne cinquantaine de visiteurs, ouf, il a l’air satisfait….

Démarre alors la préparation. Sans entrer dans les détails, nous parlons du projet à nos voisins Dominique et Claude (le peintre Manesse). Tout de suite très enthousiastes, ils nous proposent de joindre nos efforts pour une activité commune avec certains de leurs amis actifs dans le commerce équitable. Un marché de Noël en quelque sorte, un marché de rêves en tout cas. Associer vin, plaisir de la table, culture, commerce équitable, et rencontres d’horizons à première vue différents, j’ai vraiment l’impression de me regarder dans un miroir !Tout se prépare dans la bonne humeur (ah cette poule au pot béarnaise mitonnée par Claude et ses topinambours), resserrant des liens déjà présents. Mais le moment fort approche et ce maudit stress augmente…

La promesse sera-t-elle tenue? Haut la main, nous espérions donc secrètement ces 50 amateurs, … vous serez près du triple, merci encore !

19:51 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

OCTOBRE 2004: LA BELLE CHARTE JOLY

Vous le savez probablement, le système des appellations contrôlées en France est actuellement remis en cause. C'est la crise en France pour les petits vignerons, et à Bordeaux par exemple, des océans de "vin" ne trouvent plus d'acheteurs. La raison? Peut-être commençons nous à comprendre que la qualité existe mais qu'elle a un prix. Ce n'est pas encore gagné, car je me suis laissé dire que la moyenne de prix des vins achetés en Belgique était encore inférieure à 4 euros, incroyable! A ce prix là, il ne faut pas trop epsérer avoir du raisin dans la bouteille!

Mais revenons à ce système d'appellation; plusieurs initiatives ont été prises dont celle du président des AOC, René Renou (par ailleurs vigneron dans les coteaux du Layon). Il propose en effet la création d'un nouvel échelon dans un système déjà pas évident à suivre: l'AOCE, l'appellation d'origine contrôlée d'excellence. Cela a le mérite de faire bouger les choses, mais se limite un peu à souligner les vins de meilleure qualité sans secouer ceux qui n'en font pas (de la qualité!). Les critères de sélection ne sont pas non plus très clair. Sur LPV (vous connaissez maintenant ce site super convivial), il a été proposé de créer un autre niveau, le VDM (Vin De M…) , c'est une boutade, mais c'est proche de la réalité, non? D'autres voient en l'étranger (comme souvent) le responsable de leurs maux, les vins chiliens peuvent utiliser les copeaux, les sud-africains des enzymes, et tous peuvent mettre le nom de cépage sur leur bouteille? Ah bon sang mais c'est bien sûr, un assouplissement des contraintes va tout résoudre ...

A mon avis, le constat est dur mais simple, il se produit trop de vin et de trop faible qualité. Cela risque d'être douloureux pour les vignerons les moins bien situés, les moins talentueux ou les plus paresseux, mais je ne vois pas d'autres issues qu'un "soutirage" par le bas pour préserver une assurance de qualité minimale. Cela ne dépend en fait que de nous, et quand Coluche dit « quand je pense qu’il suffirait d’arrêter d’acheter des cochonneries pour éviter d’en bouffer », c’est encore plus vrai pour le vin.En tout cas, pour l'instant, tout ce que peut garantir l'AOC, c'est ..... une origine, mais certainement pas ce minimum de qualité.

Enfin, il y a ceux qui croient au vin vrai, même si ce terme est tellement galvaudé (les yaourts aux vrais morceaux de fruits, à quand les vrais yaourts aux vrais morceaux de vrais fruits). Pour Nicolas Joly de la coulée de Serrant, il le répète, les appellations doivent faire du vrai vin (vous savez que moi je lui préfère le vrai grand vin ;-). Dès lors il a lancé cette bonne initiative : la renaissance des appellations, en rédigeant une charte de qualité à trois niveaux.

Que les plus rationnels d'entre nous se rassurent, la biodynamie n'est pas un critère, même si elle reste un moyen pour certains d'exacerber la vie d'un terroir et donc sa transparence dans le vin. Je n'ai pas d'expérience en biodynamie et je n'y crois pas a priori (je suis scientifique;-), les pratiques semblent parfois farfelues, mais les principes m'interpellent (les ondes, les fréquences, l'énergie, l'actuellement intangible...). Souvenons nous que la science n'explique pas encore tout. Souvent, pour la science, ou plutôt certains scientifiques ce qui ne se mesure pas n'existe pas (mesurer c'est savoir/meten is weten). Le "hic" (pas le "hips";-), c'est que la science mesure de plus en plus de choses et se contredit donc tous les jours!. Ce qui est sûr, c'est que je ne vois aucun inconvénient à l’ application de la biodynamie, cela permet même de faire avancer les connaissances et si c'est du temps perdu, tant pis pour le vigneron. Où cela me gêne un peu, c'est quand on profite de cet "aura" ou "mode" pour vendre plus cher, mais c’est un autre débat.

Revenons à la charte Joly. Pas de biodynamie visible donc, mais par contre, les critères bios y sont bien repris. Ce qui est intéressant, c'est qu'ils vont plus loin, en incluant les pratiques de la cave (levurage, chaptalisation, acidification). Ce n'est pas encore une assurance de bon vin (je n'en ai à la limite pas besoin, j'aime être le seul juge de mon goût), mais une assurance de transparence.Lisez plutôt!

Préambule: Le système de cotation ci-dessous ne parle pas de bio ou de non bio mais donne simplement les actes qui permettent à une appellation de s'exprimer. On peut donc passer de 1 (*) à 3 étoiles (***) "vertes " et à ceci vient s'adjoindre la notation habituelle que font les guides des vins. Ce système incite le viticulteur a mieux agir et informe le client des incidences des gestes agricoles ou de cave sur l'expression des appellations.

* Obtention d'une étoile *

Un vin d'AOC a un goût particulier lié à l'expression du terroir, d'un sol et d'un climat. L'agriculture doit donc renforcer la vie organique du sol et éviter tout produit chimique de synthèse. Aucun désherbant qui détruit la vie des sols. Aucun engrais chimique qui créé une croissance atypique. Ces engrais sont des sels. La plante doit boire plus, donc croître pour compenser la salinité qu'on lui impose. Aucun produit chimique de synthèse qui peut fausser la photosynthèse et donc le goût du vin. Aucun traitement systémique donc absorbé par la sève dans la demi-heure qui, outre un effet négatif sur le métabolisme de la plante, sur la photosynthèse et sur les champignons des racines (mycorhize), peut se retrouver sous forme de résidus dans le raisin. Aucune levure aromatique, puisqu'elle éloigne le vin du profil de goût et de son AOC.

* * Obtention de deux étoiles **

Dans les dernières années, la formidable poussée de la technologie a permis de recréer des goûts qu'une agriculture déficiente avait faussés. Un retour à de bonnes pratiques rend cette technologie inutile et laisse à chaque vin son goût d'origine sans tromper le consommateur.> Pas de vendange mécanique, afin d'obtenir une maturité optimale. Pas d'ajout de levures exogènes donc étrangères au lieu et au profil climatique de l'année. Interdiction d'enzymer les moûts. Une agriculture saine donne une couleur abondante. Pas de concentrateur par osmose inverse. Ce processus peut aboutir à des déséquilibres, notamment sur le vieillissement. Pas de cryoextraction qui fausse l'équilibre du vin. Pas de passage au froid jusqu'au point de solidification.

*** Obtention de trois étoiles ***

Pas de déacidification ni de réacidification qui changent l' équilibre des vins. Pas d'adjonction d'acide ascorbique, ni de sorbate de potassium. Pas de chaptalisation y compris par moûts concentrés.

Une initiative à suivre, qui correspond assez bien à ma démarche. Ce n’est probablement pas suffisant et pas encore une garantie de bons vins, mais c’est déjà la garantie d’une plus grande transparence. Environ 80 domaines ont déjà souscrit à cette charte ( venant aussi d'Allemagne, d'Amérique (Nord-Sud), d' Italie, de Slovénie, ...) dont bien sûr pas mal de ceux dont je distribue les vins: Larmandier-Bernier, Barral, Beau Thorey, Schaetzel, Frick, Tissot, Traginer et Saint Nicolas. Mais on y trouve aussi avec plaisir quelques pointures comme A. de Villaine, Zind-Humbrecht, Chapoutier, Gauby, Leflaive, Angéli ou Bossart, ... et d'autres sur ma liste d'attente comme Tempé, Ostertag, Romanin, Lafarge, Trapet ou Montirius.Après une présentation à New-York au mois de Juin, l'étape suivante se déroule à Bruxelles le 8/11, je compte bien y participer et y initier de nouvelles collaborations! N'hésitez pas à me faire part de vos réactions à ce sujet.

18:21 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

SEPTEMBRE 2004 : LA FÊTE DE BOSSUT

Les jours moroses, cela existe ! Couché à 5 heures du matin après avoir « animé » un repas de médecins autour du foie gras en compagnie de l’excellent Philippe Devos du domaine de Lahérie à Neufchâteau (expérience très réussie, à refaire !) ; levé à 7h30 et direction Bossut pour la fête du village voisin. Une bonne idée au départ, se faire mieux connaître dans la région toute proche. Mais le temps est maussade, l’emplacement est décalé par rapport au centre des activités de la fête, la population est peu nombreuse et visiblement peu intéressée par la dégustation de (vrais ;-) grands vins ! Au final, 9 heures debout pour quelques dégustations et quelques bouteilles vendues, ou comment être au mauvais endroit au mauvais moment et par mauvais temps. Merci aux quelques personnes (Marc, Manu, ..) qui m’ont soutenu ou sont passées me dire bonjour pendant ce calvaire. Un autre caviste, un peu plus loin avait l’air encore plus désolé que moi, ouf, on se sent mieux sur le Titanic que seul dans son canot de sauvetage! Mais quand on tombe de cheval, on remonte (« never say die » disait ma grand-mère!) ; l’année prochaine, je reviendrai et ferai bar à vins … de fruits !

17:30 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

JUIN 04 : LA FOIRE de Rouffach ou LA FOIRE des Bordeaux ?

Deuxième escapade à la foire de Rouffach, celle de l’année passée m’avait permis de me conforter dans l’idée que les vins bios étaient plus que bios mais pouvaient aussi être bons (et oui, certains en doute encore ;-). L’objectif cette année était multiple, renouer les contacts avec Bruno et Gérard Schueller (leur table d’hôte à ne pas rater), redéguster les vins du domaine St-Nicolas en Fiefs Vendéens et concrétiser une collaboration, prendre livraison d’une deuxième (déjà !) commande de Jura (Tissot, Pinte) via Claude Charbonnier du Clos des Grives, sélectionner un bon Languedoc pour compléter ma dégustation de fin juin, et enfin, explorer Bordeaux sans a priori par la face bio de la montagne. Tout ce boulot quand même, non ?

Avec Bruno la fin de journée et Gérard le reste de la nuit, c’est de la passion à l’état brut, on discute et on déguste, les oreilles et les papilles ouvertes, sujets de discussion en vrac, l’approche bio (quelques anecdotes savoureuses sur les études de Bruno), la certification ou non, les agréments, les nouvelles réformes des AOC, passionnant. Tout cela dans une générosité sans calcul et sans mal de tête le lendemain (ah l’avantage du peu de soufre). Questions vins, deux coups de cœur que l’on retrouvera immédiatement à la carte. Un Muscat ; je courais depuis un an après un bon muscat (enfin, un muscat que je trouve bon), le voilà, dense, aromatique et pourtant rafraîchissant. Et un riesling ; j’adore les rieslings, ceux de Frick ou de Schaetzel, mais je recherchais en complément quelque chose de structurellement différent, dense mais plus austère, sec et minéral ; le voilà, ce sera ce merveilleux Bildstocklé 2001 !

Au repas, à la table de Gérard Schueller, il m’offre à déguster des fonds de bouteilles de la grande fête de la veille, parmi lesquels de vieux millésimes. Vraiment, un conseil, garder un peu vos Alsaces ! Le moment est agréable et quand arrivent les premières heures de la nuit, nous sommes prêts à nous déglacer au crémant, un crémant refusé à l’agrément pour cause d’amertume; c'est le fameux Hic Sine Sulfure Spuma. Elle est présente c’est vrai, mais quel amplitude en bouche, quel caractère !

Au retour, j’ai dégusté le pinot noir sans soufre reçu en cadeau, gamme aromatique intéressante (fruits rouges macérés, légèrement compotés, cuir), l’exercice vaut la peine, mais cela reste un exercice, je ne suis pas encore convaincu. Le tout sans soufre dépend vraiment du cépage, du terroir et du vinificateur, pas de règle générale jusqu’à présent.

Par contre le soufre minimum est vraiment l’objectif à atteindre. Les vins du domaine St-Nicolas maintenant, c’est le père de Thierry qui tient le stand, sympa, mais quand même moins marrant que Thierry. Mais je suis aussi là pour les vins. Premier arrêt, le Gammes en May 03 (pur gamay), j’adore, d’habitude je prends 1 bouteille pour redéguster à mon aise chez moi, ici j’en prends 12 ! Et ce n’est pas tout, il y a le choix, la cuvée reflets rouge 2003 est encore meilleure, le pinot noir (80%) Jacques est concentré mais croquant à souhait, le Poiré 2002 (100 négrette) est un jus de mûres épatant, et les blancs sont parmi les meilleurs du coin (clous excellent Q/P et hauts de clous 02 à attendre). Pas un faux pas, peut-être la grande pièce est-elle un peu chère, je regoûterai à mon aise plus tard.

Visite chez Claude Charbonnier qui a manifestement eu du mal à se lever ;-), des caisses de crémant rosé, du macvin, du vin de paille tout cela pour un Q/P super, mais le temps presse, je charge, descends un verre de crémant et dois déjà passer à la suite.

La suite ce sera l’exploration de domaines inconnus, le Carité en main, mes souvenirs en tête, je déambule, déguste et recrache systématiquement tout ce que le Languedoc et le Bordelais présente à Rouffach. Au final, quelques bonnes choses en Languedoc (les nones du Monastère de Solan par exemple), mais surtout un coup de cœur, le domaine Beau-Thorey en Pic St Loup ; non seulement le gars cristallise tout ce que j’aime dans l’approche du vin, mais ceux-ci sont originaux, bons et pas cher. On en reparlera c’est sûr !

Et le bordelais me direz vous ? Quoi ? Et bien je l’ai dis au début : la Foire !Bon j’exagère car je suis un peu excédé, mais entre le bois, le poivron , le caramel et les robes délavées, je commence au mieux à croire que mon goût s’est vraiment modifié à force d’ingurgiter les élixirs du Casot des Mailloles ou de Leon Barral. Puis je me dis que j’adore les vins vifs de la Loire (quand il n’y a pas de poivron vert ;-), et que je ne recherche donc pas que des « bombes aromatiques ». Le problème serait-il ailleurs ? Probablement; mais en tout cas, les vins dégustés sur place étaient peu passionnants et Bordeaux n’est vraiment pas à la pointe de la qualité en bio ! A suivre et au plaisir de voir cette affirmation peut-être hâtive infirmée. Pour me consoler, un beau cahors tout simple, non chaptalisé, non trafiqué, presque tout nu du domaine de l’Antenet. Santé !

13:38 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

AVRIL 2004: LE JURA, en long, en large et en diagonale!

ganevatbarb

Le Jura, quelle idée ! Toujours pas de Bordeaux ou de Bourgogne à la carte alors pourquoi donner la priorité au Jura ?

Tout d’abord, pour les Bordeaux, il y a les foires CORA ;-) et les Bourgognes, c’est vrai que j’y plongerai un jour, mais les prix sont un peu rebutants, non ? Ensuite, il y a un concours de circonstances, si je fais ce nouveau "boulot", c’est pour la découverte et je l’avoue, je ne connaissais presque pas cette région. Juste un château chalon dégusté il y a quelques années mais qui avait déjà gravé dans mes papilles sa sotolone indélébile. Depuis, quelques tentatives ratées avec les vins facilement disponibles en grande surface ; mais le virus était apparemment latent.

Deux détonateurs allaient le libérer, un article ou l’autre de la RVF sur les autres grands blancs et sur la polémique du ouillage ou non ouillage, et surtout le travail de sape d’un Jurassien passionné sur la toile.

Bref, quelques jours de vacances à programmer en Avril, le choix est vite fait,une frustration d’avoir ratée la percée en Février et comme on dit que le printemps y est précoce, ce sera le Jura ! Le détail de ces pérégrinations est évoqué sur le site de ma Boutique, dans la rubrique "Domaines".

C'était du pur plaisir. Simplement ajouter que j’ai probablement maintenant la plus belle carte de vins du Jura de Belgique et sans rougir, que j’en suis assez fier. Avec votre aide, je vais tout faire pour la maintenir voire la développer.Une adresse à retenir, le Moulin de la Ferté, près d’Arbois, mais ils parlaient de remettre leur « gîte » fin d’année (cela nous a même donné des idées quelques minutes puis on s’est rendu compte qu’on était dans le Jura ;-), dommage les confitures de madame Puiseux étaient excellentes (et ses kiwis) et la conversation de son mari au petit déjeuner très agréable.

13:26 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

MARS 2004: DE LA TERRE AU VERRE en passant par le laboratoire de chimie...

Voici un petit article (désolé en anglais, mais nous sommes "truegreatwines" quand même ;-) sur les pratiques de plus en plus répandues dans le petit monde du vin. Sans Commentaires!

Pour lire cet article vous pouvez aussi aller sur Le Guardian

"Blanc check for wine purity"

Suspicions that characteristic hint of gooseberry and green peppers in sauvignon might be aided by chemicals Felicity Lawrence, consumer affairs correspondent Friday January 23 2004 The Guardian.It is the hints of gooseberry and green pepper that wine critics look for in a good bottle of sauvignon blanc. But the taste may no longer tell the whole story. British retailers are quietly testing wines amid suspicions that the characteristic flavours owe as much to chemical flavouring as to the natural taste of the grapes, the Guardian has learned.?A laboratory used by the drinks trade to test wine for authenticity has revealed that it has found suspicious results in several wines from South Africa on sale in this country.Corkwise, a company of analytical chemists based in Surrey, confirmed that it had been asked by many of the major retailers to test sauvignon blancs from South Africa and New Zealand to establish whether synthesised pyrazine flavourings had been used.Pyrazines are a group of chemicals which are found naturally in sauvignon blanc; the levels can vary according to climate and geography. Since synthesised flavourings may be "nature-identical", it is very hard to detect whether they have been used illegally to improve the taste of wine.But Geoff Taylor, director of Corkwise, said his laboratory's results showed unusually high levels in wines across the price range from South Africa.

Tests on wines from New Zealand did not show anything unusual. However, proving that unusually high levels of the flavouring compounds resulted from their being added by winemakers was difficult. "The problem is that these chemicals occur naturally," he said. "You are looking for higher levels than normal, but who can prove that something unusual didn't happen that year in that vineyard? Maybe there are some very unusual sites that produce these very high levels of pyrazines." Allegations that the use of industrial flavourings was widespread first surfaced in South Africa last November. Michael Fridjhon, a wine critic, wrote in the magazine Business Day that ranges of fake flavourings were being used to give the characteristic green pepper nose to cheap sauvignons, that blackcurrant flavouring was used in cabernet sauvignon, and butterscotch in chardonnay. The South African Wine and Spirit Board has admitted that it "had been aware of the global practice of adding flavourants to wine" and that it had been conducting research with Stellenbosch University to establish typical profiles of pyrazines in sauvignon blanc so that cheats could be detected. The profiles are due to be published next week, although the results will not pinpoint individual producers.

Meanwhile, the vintage from some wineries in South Africa will be tested randomly, with results being collected from the grape juice straight after harvest and again after the wine has been made. "We are not really sure what is happening," said Andre Morgenthal, spokesman for Wines of South Africa. "The research has been conducted with institutes from seven other countries because people in the trade have been suspicious about wines. It is a harmless food flavouring being used, so it is not a safety issue, it is more an ethical issue." He added that he thought only a few producers were involved. But Robert Joseph, editor of the Good Wine Guide, said that the practice was probably more widespread. "People in the trade talk about international flavouring companies offering plum for merlot as well as gooseberry for sauvignon at wine trade fairs." These may legitimately be used to make low-alcohol flavoured drinks but are not permitted in wine. Winemaking has been revolutionised in the past few decades. As well as making great advances in hygiene, producers have developed sophisticated laboratory techniques to blend wines and achieve consistent products.

Mr Morgenthal pointed out that sometimes the boundaries were blurred. "There is the assumption that wine is a natural product, that it is fermented juice with nothing added. But people add powdered tannin to fix colour. In the northern hemisphere they add sugar. Is that adulteration? I don't know." Linley Schultz, the Australian head of the South African wine group Distell, condemned the use of flavourings, but told Decanter magazine that sometimes the distinctions were fine. He described experimenting while working for the Australian wine giant Southcorp with removing pyrazines from a batch of unripe sauvignon blanc grapes and blending them with a batch of top wine that had been harvested fully ripe but had lost some of its trademark asparagus notes. "I regard that as natural," he said. Corkwise said it was unable to identify which retailers had asked for tests or which wines were involved on the grounds of commercial confidentiality" Copyright Guardian Newspapers Limited"

Quand on connaît mes difficultés avec la chaptalisation, l'acidification et les divers pesticides ou engrais, on déduira vite mes conclusions sur ces pratiques; "I do not regard that as natural!", et vous?

13:17 Écrit par Laurent dans Coups de Gueule | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

JANVIER 2004: Le MEILLEUR VIN et le MEILLEUR DOMAINE de l'ANNEE 2003

Chaque année, certains passionnés aiment à se livrer à ce genre d'exercice, futile mais intéressant. Je ne vais pas y échapper. Intéressant de simplement observer le premier vin qui nous vient à l'esprit, et puis de se pencher sur l'année écoulée pour se remémorer ces grands moments de dégustation et de rencontres La vie s'écoule beaucoup trop vite que pour ne pas s'arrêter quelques minutes.

Pour le vin, c'est sans hésiter, le brut réserve grand cru Ambonnay du domaine A. Beaufort qui me vient à l'esprit. Il a été le premier à me réconcilier avec le champagne, l'odyssée aromatique est surprenante et le prix est encore tout à fait abordable. Même après quelques jours et seulement quelques bulles résiduelles, il est toujours étonnant et bon! Il m’a ouvert une porte sur un monde que je croyais éteint ou inabordable.

Mais j'ai donc aussi réfléchi au meilleur domaine ou vigneron de 2003 et là je serai un peu plus long.Mon domaine préféré de 2003 ? Difficile de choisir évidemment, je n'ai sélectionné que des coups de coeur et des domaines avec lesquelles les atomes étaient vraiment bien crochus! Ma première réaction consiste un peu à me demander quel est mon enfant préféré. Mais bon, pas de panique, passionné mais encore un peu raisonnable, je n’en suis quand même pas encore là. Je me suis donc livré à ce petit exercice et après une longue réflexion voici le résultat que je vais tenter de retranscrire ici.

En débutant ma petite activité de caviste, je me doutais que j’allais rencontrer des vignerons sympas et déguster de bons vins, et j’espérais bien sûr que certains d’entre eux seraient en plus en phase avec mes opinions concernant la manière de travailler et la qualité des vins. Mais je ne m’imaginais pas rencontrer autant de personnages vrais, avec souvent, des personnalités bien tranchées. Alors en isoler un, je me répète, très difficile!

Finalement, ce que je recherche en plus de vignerons qui partagent mes idées et qui font des vins que j’aime, ce sont des hommes ou des femmes qui vont au bout de leur réflexion avec un minimum de concession et un maximum de questions. Qui n’ont pas la conviction absolue d’être dans le vrai, qui sans cesse remettent en question leur manière de travailler et d’aborder les vinifications. Je suis un partisan de l’approche bio et nature de la culture de la vigne (et de l’agriculture) et de la vinification (et de la vie). Mais dans ce domaine, j’aime aussi remettre certaines idées reçues en question. J’adore en discuter avec les avocats du diables, les rationnels objectifs et cartésiens qui me rajeunissent à chaque fois (je suis scientifique) mais qui me permettent surtout d’affiner et d’étayer progressivement mes convictions (merci Robert Creus).

En outre, j’aime les gens passionnés mais qui ne se prennent pas trop la tête, ce n’est que du vin finalement, un produit alimentaire de luxe réservé à quelques privilégiés. Des passionnés, donc, mais avec un grain de folie de préférence, rafraîchissant dans notre monde centré principalement sur le fric et le business. Des vignerons qui prennent des risques, qui bousculent les idées reçues (des anarchiques ?), qui vous impressionnent par leur compétence, qui vous étonnent par leurs contradictions…si en plus il se trouve des atomes crochus ou tout au moins un bon contact, alors je suis comblé.

J’ai aussi une faiblesse pour les petits domaines, j’aime à croire que le propriétaire connaît tous ses ceps par cœur et avec cœur et qu’il accompagne ses raisins dans leur métamorphose en vin. Que sa priorité soit le vin, et sa qualité et non pas sa cote Parker et son cours économique. J’aime aussi que le vin que je bois me transporte dans un endroit idyllique, le soleil, les paysages vallonnés, les sols colorés, la transpiration et les chants des vendangeurs, un effet immédiat sur le stress quotidien de nos vies trop trépidantes. Que le vin est issu de cet endroit et qu’il serait différent quelques kilomètres plus loin. Le prix des vins doit aussi être abordable (critère à variation personnelle) et refléter la qualité du vin et du travail effectué.

Et les vins me direz vous ? Bien sûr, que je n’oublie pas les vins ! Comme la plupart j’imagine, j’aime les vins complexes aromatiquement, dont les parfums sont à eux seuls une invitation au voyage ou qui procurent une émotion. Si après avoir humé le vin, je redépose le verre, c’est déjà bon signe. La bouche; le corps, les tannins, l’acidité, … sont pour moi des éléments de la personnalité mais j’ai l’impression que mon appréciation dépend beaucoup de mon état personnel (physique ou d’esprit), des conditions de dégustation ou de la table, voire de la compagnie. Je ne veux pas dire que j’apprécie les vins secs, creux ou acides mais une pointe d’amertume ou des tannins un peu présents sont par exemple souvent une arme supplémentaire pour l’accord parfait des mets et des vins. La présence de sucres résiduels que je ne recherche généralement pas pourra également me convenir si j’ai besoin de douceur à l’apéritif ou en fin de repas, …

C’est une des (nombreuses) raisons pour lesquelles j’ai de plus en plus une sainte horreur des classements et des cotes.J’ai aussi un faible pour les vins moins consensuels (cela va souvent de pair avec la complexité). Rien ne m’énerve plus (je caricature) qu’un vin monolithique ou qu’un dégustateur qui repousse doctoralement un vin en proclamant un défaut d’oxydation. Je ne parle pas évidemment de vins plats complètement madérisés et passés voire trépassés, mais des oxydations ménagées (voulues ?) ou évolutives qui peuvent apporter une gamme aromatique toute différente et tout aussi passionnante (voir certains vins sans soufre, certains très vieux liquoreux, …) et participent ainsi à la complexité du vin et à l’odyssée aromatique. L’oxydation n’est qu’un exemple, je constate que les vins qui me plaisent le plus ont souvent une forte personnalité (comme leur géniteur ?), qu’ils ne font pas toujours l’unanimité et que l’on en débat souvent pendant les repas ou les dégustations où ils sont présentés.

En réfléchissant à ceci, mon choix s’est éclairci petit à petit et finalement il est devenu plus qu'évident. C’est le domaine Casot des Mailloles d’Alain Castex et Ghislaine Magnier à Banyuls et leurs vins (Soula, Clôt de Taillelauque, le blanc et leur vin antique) qui répondent le mieux à tout ces éléments. Voilà, j’espère ne pas avoir été trop long.

13:13 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

DECEMBRE 2003 : LA FOLIE

Deux grandes dégustations qui me tenaient à coeur en Décembre, Alsace le 13, et Champagne/Casot des Mailloles le 20! A une semaine d’intervalle et alors que tout le monde pense plus aux fêtes et à leurs préparatifs qu’à déguster du vin. Anne me dit : c’est de la folie, elle ne sait pas encore qu’elle a ... 1000 fois raison.

Toutes les dégustations me tiennent à cœur bien sûr, je ne fais pas cela en plus de mon boulot principal par contrainte, au contraire c’est toujours un moment de grand plaisir. Alors pourquoi ces deux-là? Et bien j’estime que l’Alsace est finalement peu ou pas assez reconnue comme région de grands vins ; c’est une erreur et je voulais modestement le démontrer. Il y a en effet beaucoup à découvrir derrière l’océan d’insipidité largement distribué chez nous. De plus c’est une région tellement agréable et accueillante que le moindre prétexte entraîne chez moi une petite visite. Au vu du succès de mes « c’est fou ce que je m’approprie les vins que je distribue » vins d’Alsace à cette dégustation; comprenant pourtant de « petits » cépages comme le sylvaner, le pinot blanc ou le chasselas et des pinot gris ou gewurztraminer à moins de 10 euros, je crois déjà en avoir convaincu plus d’un que souvent sans débourser un euros en plus on peut engranger en cave de « vrais grands vins ».

Ensuite, la deuxième dégustation concernait principalement mon domaine préféré du moment : le Casot des Mailloles en Roussillon et une région que j’ai redécouverte récemment grâce aux domaines Larmandier-Bernier et A. Beaufort : La Champagne. Ils ne proposent pas toujours des vins consensuels mais le voyage aromatique (l’odyssée des arômes !) est à chaque fois garanti et l’émotion souvent présente. Vous êtes quelques uns de plus à partager cet avis et quelques uns de moins à dire « le champagne ne m’intéresse pas ! ». Ces domaines apportent également ce grain de folie particulièrement rafraîchissant en comparaison à d’autres principalement centrés sur le business!

Outre le fait que combiner 2 dégustations à une semaine d’intervalle était un peu fou, je devais me déplacer au Canada la semaine précédant la dégustation alsacienne (et pas pour déguster des ice-wine !). Bien sûr je rate mon avion du retour pour cause de tempête de neige et n’arrive finalement à Pécrot que deux heures avant la dégustation avec un jetlack de 6 heures et 2 nuits blanches derrière moi. La folie encore !

Merci à tout ceux qui ont proposé de me seconder et à mon beauf qui a préparé les vins en mon absence.Au final, deux belles dégustations réussies mais nous n’en resteront pas là. Nous continuerons à voyager en Alsace au gré des grands crus et des lieux dits début 2004, et je ne résisterai pas longtemps à faire redéguster rapidement mes domaines fétiches.

13:09 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

16 NOVEMBRE 2003 : LE SOUFFLE

Pourquoi le souffle, tout d’abord pour pousser un grand ouf de soulagement ! Tout s’est bien passé hier, un bon nombre d’amateurs nous ont rejoints pour cette première dégustation. Des amis, des voisins, de la famille, des amis d’amis et des inconnus; nous ne pouvions espérer mieux pour une première. Tous semblent avoir apprécié ce contact avec les vrais grands vins. Un grand merci à tous ainsi qu’à ceux qui nous ont envoyé leurs encouragements. L’ambiance était conviviale, voire apéritive; le jeu des arômes (le True Great Nose ;-) a bien fonctionné, une bonne dizaine d’entre vous se sont pris au jeu, nous avons donc envie de recommencer.?Le souffle, aussi parce que nous avons un week-end plus calme avant la prochaine dégustation (le 29 Novembre) pour nous retrouver en famille et enfin car nous comptons sur ce souffle pour continuer longtemps et nous emporter vers de nouvelles aventures vinicoles, olfactives et relationnelles…

13:07 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

NOVEMBRE 2003 : L’ANGOISSE

La première dégustation est ce samedi 15, tout est prêt, croisons les doigts. Nous vous attendons !

13:06 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

OCTOBRE 2003 : L’ALSACE ALLER-RETOUR

Un vrai raid, trois domaines triés sur le volet. Stoeffler à Barr, un couple d’œnologues avec une gamme extra, à prix très doux dont un fameux grand cru, le Kirchberg de Barr. Martin Schaetzel à Ammerschwihr, une révélation, un vigneron professeur auprès de qui on apprend beaucoup (première expérience ici, la salinité d’un vin, étonnant, et les différences de terroirs granit et argilo-calcaires, passionnant). Et enfin le troisième, une confirmation de la dégustation de Rouffach, le domaine Frick à Pfaffenheim avec quelques heures passées à déguster avec Jean-Pierre Frick. Là aussi, passionnant, il fait déguster tout à l’aveugle et vous explique échantillons en main son combat contre le goût de bouchon, sans concession. Au total, 78 vins dégustés, tous recrachés. 20 vins sélectionnés et quelques fameux coups de cœur à tous les prix. Je vous conseille également de vous préparer à des pinots noirs 2003 d’anthologie, dégustés au fût, rien à voir avec le pinot noir d’alsace décoloré auquel trop de maisons nous habituent.

12:02 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

OCTOBRE 2003 : LE PREMIER PAS

Voilà, le matin d’un excellent souper avec Les Passionnés du Vin et un vigneron (Robert Creus, un cas du Languedoc), je reçois enfin mon numéro d’accises et peut donc enfin lancer ma première commande (voir compte rendu du souper sur le site LPV). Il me faut une palette complète pour limiter les frais de transports. Pas de problèmes, les 4 vignerons choisis réuniront leur vin en un seul endroit. La livraison est faite le 23 octobre, ouf tout s’est bien passé.

12:00 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

MAI 2003 : LA FOIRE

Il faut maintenant prospecter, le concept est déjà clair dans ma tête, je choisi les meilleures denrées alimentaires pour ma famille, sur base du goût, de la provenance, souvent en bio. Je cultive mon potager dans la même optique depuis 10 ans, j’ai fait mon mémoire d’agronomie en culture biologique (le Bacillus thuringiensis vous connaissez ?) pas question de commercialiser du vin uniquement pour commercialiser du vin. Il faut que ces vins et ceux qui les font répondent à ma sensibilité. Et ma sensibilité c’est du très bon vin et du bio !

Mais y a-t-il de bons vins bios ? Bien sûr je sais que les plus grands sont souvent en bio voire en biodynamie ; à commencer par les meilleurs bourgognes (Romanée Conti et Lalou Bize Leroy), la coulée de Serrant (un des 5 meilleurs vins blancs de France selon Curnonsky), ou encore Beaucastel en Châteauneuf du pape, et sans oublier les meilleurs Alsace (Zind-Humbrecht, Marcel Deiss et les sœurs Faller). Hélas ces vins sont aussi souvent hors de prix et pas toujours disponibles ! Il faut donc prospecter!

Et justement un de meilleurs vignerons alsaciens, Jean-Pierre Frick (un des pionniers du bio et de la biodynamie) organise à Rouffach une giga foire bio, le programme est colossal mais alléchant. Via le site LPV, décidément incontournable, on me renseigne chambre d’hôtes (chez G. Schueller) et restaurants (on ira à la Taverne Alsacienne). On y sera (merci Papy et Mamy !). Le temps est magnifique (ce n’est que le début de la canicule et on apprécie encore) et la foire est exceptionnelle par la diversité des ses produits, alimentaires ou non.

Mais on est là pour déguster des vins et le choix est immense. Un premier tri a été fait sur base de la littérature, et c’est bien car tout n’est pas bon. Il y a aussi de l’exceptionnel et le premier est Beaufort en champagne, des champagnes puissants, de longue garde et qui vous réconcilie avec les demi-secs. Le domaine St Nicolas en Fiefs Vendéens, des vins gras et très aromatiques, parfois loin de leur cépage, et Thierry Michon est en plus un fameux personnage. Le Clos des Grives en Jura, très bon et très sympa et bien sûr le domaine Frick en Alsace. J’y ai également dégusté des bourgognes très intéressants (Giboulot, Rateau, Guyot). Je suis rassuré, certains producteurs bios produisent également d’excellents vins et les prix ne sont pas toujours astronomiques; de vrais grands vins quoi!

11:55 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vin bio naturel |  Facebook |

JUILLET 2003 : LES VACANCES

Une chance extraordinaire, des amis nous prêtent leur appartement sur la côte vermeille pour 2 semaines! Pas d’hésitation, le programme des vacances est chamboulé et début juillet nous nous retrouvons au sein de cette entité viticole trop peu connue. Cela tombe bien le Roussillon m’attire, j’adore le banyuls, les anchois, et la montagne (le fameux Canigou !), mais il m'attire aussi car j’ai l’impression que cette région vit un peu dans l’ombre du Languedoc qui a connu un essor impressionnant ces dix dernières années (il suffit de voir le nombre de pages qui lui sont consacrée dans les différents guides et revues). Bien sûr, il y a quelques fameuses très bonnes locomotives de grande taille (Cazes) et de grande réputation (et donc de prix) (Gauby/muntada et Bizeul/petite sibérie). Je me suis aussi laissé dire que cette région était une des plus dynamique en vins natures et bios. On ira donc vérifier tout cela sur place.

Et voici donc le fruit sélectionné de ces 2 semaines de dégustation, de rencontres, de vacances quoi ! Le domaine Joliette, des vins puissants et aromatiques, souvent de garde. Le domaine de la Rourède, en bio bien sûr, des vins gorgés de raisins et un sublime mais très rare Misteri. Le domaine Fontanel, dans le village de l’homme de Tautavel, des vins de fruit et de garrigue à des prix vraiment très doux. Le domaine Ferrer-Ribiere, des vins un peu à part dans le sud, puissants mais élégants, complexes et avec des tannins de velours. Et enfin, le Casot des Mailloles, un des plus originaux mais aussi un des plus grands, tout simplement !

Des vacances comme celles là, tous les ans, je suis partant!

11:09 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |