03/02/2007

27 JUILLET 2006 : OUILLEZ, OUILLEZ BONNES GENS!

Facile, mais j’aurais pu faire pire à propos de ma visite chez Emmanuel Houillon, le gardien de l’héritage Overnoy, le précurseur des blancs ouillés sans soufre du Jura. C’est la première fois que ce n’est pas Pierre Overnoy qui officie à la dégustation, mais Emmanuel parle aussi très bien de son travail et de ses vins. Cela fait quand même plus de 10 ans je crois qu’il accompagne Pierre, et quelques bonnes années qu’il tient la barre tout seul.

Emmanuel et ses jambons...

houillon

Je suis venu pour le Poulsard 2002, j’en ai rêvé, des nuits moites à transpirer de peur de louper l’arrivée de cette cuvée (quantités toujours très très limitées). Au vu de la qualité des 2002 des autres bons vignerons en jura, je l’attendais comme un nouveau 1999 et on y est, c’est peut-être même encore mieux, plus dense, mais plus satiné encore, un vrai bonheur maintenant et pour longtemps.

Mais j’ai aussi dégusté quelques nouvelles cuvées de blanc, un assemblage de savagnin chardonnay 1999, superbe de profondeur et de complexité oxydative, suave, mais pourvu d’une belle vivacité, délicieux. Et puis un savagnin ouillé 1998, récemment mis en bouteille (vous voyez un peu la folie du gars, 7 ans d’élevage). Dans un style très différent de celui de Ganevat (Savagnin vignes de mon père, 1998, dégusté à notre ouverture), avec beaucoup plus de gras, moins de minéralité et plus marqué par l’oxydation mais quelle oxydation ! Un grand vin de méditation à encaver au côté des « Vignes de mon Père » de Jean-François Ganevat. Deux grandes expressions très complémentaires du savagnin.

Nous finirons sur le classique « vin de liqueur » avec cette fois un 100% Poulsard, une vraie gâterie ! L'occasion aussi de revoir ces raisins, cueillis chaque année le 2 juillet et qui démontre si besoin en était encore le réchauffement climatique...

hraisins-overnoy

Raisins récoltés le 2 juillet, de gauche à droite, en 1991, 1995, 2003 (les belles olives), 2004, 2005 et 2006 (taille normale en 1995 et 2004)

Tiens Ganevat, justement, j’y passe pour goûter les 2005, mais les blancs 2004 ne sont pas encore en bouteille, avec un couple en visite, il nous fait la totale, près de 3 heures de dégustation, d’explications précises et passionnées. Avec quelques futurs grands en 2004 comme en 2005, dans deux styles complètement différents, 2004 sur la fraîcheur et la minéralité et 2005 sur l’opulence, mais avec un équilibre superbe. A réserver, Chalasses et Grands Teppes certainement et puis le savagnin ouillé privilège. Les rouges 2005 promettent également, le trousseau est tout en velours, tandis que le poulsard explose de fruit, probablement son meilleur poulsard à ce jour. Le pinot noir dépendra de l’assemblage, quelques cuvées superbes en tout cas. Et puis un gamay magnifique (pas reconnu le cépage L et quelques litres d’enfariné, égrappés à la main, sur la framboise très mûre et le vinaigre balsamique, curieux, très curieux.

Après une petite bouffe au resto, retour à Rotalier où l’on fera plus ample connaissance avec la jument Origanne de Jean-François et puis malgré l’heure, séance de photos dans les vignes nouvellement plantées franche de pied, Avec toutes ces initiatives, la passion n’est pas prête de s’éteindre chez fanfan, prochain objectif, faire ses barriques lui-même, le bois est déjà coupé !

Fanfan et Origane

ganevat-origane

Fanfan et Florine

ganevat-florine

Fanfan dans ses vignes franche de pieds (nus)ganevat-vignes

07:04 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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