08/03/2007

ACHAT à l' AVEUGLE

On connaît les dégustations à l'aveugle, mais avez vous déjà acheté à l'aveugle? Sans références, sans étiquette et sans prix...juste en goûtant. Vous, face à votre propre goût! Non, très certainement, et bien c'est ce à quoi nous vous invitions il y a quelques semaines dans la boutique de l'Odyssée, qui une fois de plus portait tellement bien son nom.

Oui, vous avez bien lu, ce qui sont venus ne savaient pas à l'avance ce qu'ils allaient acheter, mais ils n'ont pas acheté un chat dans un sac, juste un vin dans une carafe;-)

Petit Rappel du Principe

"Vous venez, 6 carafes sont à votre disposition sur des tables, 3 blancs et 3 rouges.

Vous dégustez à votre aise; pas d'explication, pas de contexte, je me tairai, je le promets;-). Vous vous trouvez seul face à votre goût, sans influence extérieure.Et puis vous choisissez, le vin ou les vins que vous préférez.

Je vous fais le total et vous découvrez: ... le prix. Rassurez vous, pas d'arnaque, je choisirai des vins dans une fourchette assez étroite (+/-9 à max 15 €).Une deuxième barrière tombe, vous n'achetez pas en fonction du sempiternel rapport Q/P, mais en fonction de votre goût, uniquement!

Et puis vous découvrez les bouteilles achetées et leur origine. Ce pourrait être un vin de table ou une appellation plus prestigieuse; vous ne le saurez qu'après achat. Et la troisième barrière s'effondre, pas de repère rassurant de l'étiquette (Pomerol tu nous gâtes;-), pas de référence à une appellation, pas de réputation qui précède le producteur, juste un vin qui ne demande qu'à être très simplement acheté et bu!

Alors vous êtes joueurs? venez tenter l'expérience!"

Vous avez quand même été une bonne dizaine de téméraires à pousser la porte de la boutique pour vivre cette aventure unique, et qui était, n'ayons pas peur des mots, probablement une première mondiale;-)

D’après vos réactions, c’était une expérience intéressante, et même enrichissante (si j’ose dire), beaucoup m'ont demandé quand je recommençais; je ne vais pas me faire prier, car j'adore.

La première réflexion qui m’est venue, est qu’il n’est manifestement pas beaucoup plus simple de choisir à l’aveugle qu’à étiquette découverte. Un peu comme si on vous bandait les yeux et vous donnait une canne pour marcher, le dégustateur a parfois tendance à s’accrocher à un arôme ou un goût qu’il identifie. Et puis il a du mal à le lâcher… et à découvrir les autres.

De même, j’ai l’impression qu’il est plus critique, comme s’il avait peur de se tromper. Beaucoup ont acheté 1 ou 2 bouteilles, ...pour voir… Peu se sont laisser aller à l’achat aveugle par caisse, expérience difficile apparemment. J'ai déjà remarqué combien il était difficile de décortiquer un vin pour l'identifier et puis de l'apprécier avec ses tripes. L'appréciation d'un vin doit parfois être plus animale et instinctive que l'analyse

Les vins maintenant, je ne suis pas aussi vicieux qu'on le dit, voici quand même la solution :

J'avais choisi 3 blancs et 3 rouges, dans chaque série, un vin était plus difficile à situer, les autres étaient assez caractéristiques. - le premier était la cuvée de chardonnay Florine 2004 de Ganevat. Vous êtes plusieurs à l’avoir situé dans le Jura, j’ai apprécié le commentaire de Herman lui rappellant le lambic, quand on sait qu’il y a du saccharomyces bayanus dans l’air du jura comme dans celui de Bruxelles

- Ensuite, un piège, un assemblage original de chardonnay et de chenin de Loire, la cuvée Les clous du domaine Saint Nicolas. Mais en 2003, millésime de pauvre acidité. Et bien, un seul d’entre vous l’a bien situé, mais je le soupçonne d’avoir eu du bol ;-). Vous étiez pour la plupart en Alsace ou dans le Sud. Logique finalement.

- La série des blancs se terminait par le Hautes Côtes de Nuit de Verdet, en 2002 . Certains ont reconnus le chardonnay, d’autres sont partis sur le riesling, c’est vrai que le vin présentait beaucoup de minéralité. Un vin évolutif, qui présentait un peu de réduction à l’ouverture. La aussi, les réactions son amusantes. Par exemple le premier dégustateur l’a tout d’abord déclassé et puis en a pris une caisse.

Un des pièges de cette dégustation, c’est de risquer de commander un vin que l’on a déjà en cave, un autre, de ne pas reconnaïtre un vin que l’on a acheté auparavant. Les deux cas se sont présentés:-)

- Le premier rouge était un assemblage de syrah et de merlot. Un cabardès 2004, les Hautes Pierres du domaine Loupia, sous influence océanique et méditerranéenne. Très apprécié, dense mais frais, peu ont reconnu l’origine et l’encépagement. Merci à Claude pour l’identification de la betterave rouge au premier nez. Impressionnant (j'adore la betterave rouge;-).

- Là c’était un autre piège, la Mondeuse Harmonie 2005 de Trosset, nous avons bien voyagé, de Loire en passant par la Bourgogne et le Beaujolais, tout en n'oubliant pas le Rhône. L’indice était sa fraîcheur supplémentaire en comparaison aux deux autres vins plus sudistes ; et ses arômes rappelant la syrah. Je me serais attendu à plus de rhône Nord dans vos identifications. Certains l’avaient dégustée il y a une semaine, l’un d’entre vous l’a quand même finalement bien identifié.

- Le dernier a fait l’unanimité. Même si peu ont reconnu la dominance de grenache, vous l’avez tous situé dans le Languedoc-Roussillon. Malgré un petit perlant très naturel qui apportait une note fraîche pas désagréable, il n’a pas pu cacher son origine. C’était la cuvée André Mercier, du domaine Joliette en 2003.

Merci encore à tous ceux qui ont joué le jeu, et ... à l'année prochaine....

Quelques photos

Pas évident, pas évident ...

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09:44 Écrit par Laurent dans Ateliers Dégustation | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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