29/03/2007

INVASION GAULOISE

Notre marché de printemps fut une réussite. Mais à cette occasion, nous fûmes envahis par une cohorte de gaulois, venus de divers horizons de France, parmi lesquels nous avions le seigneur René, chef des Turones ( Domaine Mosse, Anjou, Loire), Fanfan et Casa les ardents Séquanes (Jura) et puis Pascal et Nicolas, représentant les Volques du Languedoc avec beaucoup de classe ! Alors je ne sais pas si, de tout les peuples de la Gaule, ce furent encore les belges les plus braves, mais ce qui est certain, c’est que je ne referais pas la guerre des Gaules chaque semaine ;-).

Notre boutique avant l'invasion

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La salle à manger, justement décorée par Anne embaumait les épices et les huiles essentielles

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Seigneur René, du domaine Mosse avec ses premières victimes

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La paire de Séquanes issus du Domaine Ganevat en Jura

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Les Volques: Pascal Perret du Mas Lumen

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et Nicolas Gaignon, des Vignobles du Loup Blanc , un loup manifestement allêché par la feuille de route des vins proposés

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Pas le temps de prendre des photos pendant les heures d'ouverture, je me permets simplement de reprendre un gentil mail reçu aujourd'hui, il résume bien la qualité des vins présentés et l'ambiance conviviale:

"Merci encore pour ce fabuleux marché de printemps. Quelle ambiance! JF Ganevat et tonton Casa n'y étaient pas pour rien! On s'est amusés comme des petits fous et on a TOUT goûté!! Il n'y avait que du bon (surtout le Pinot Noir de Ganevat, ses crémants de savagnin, ses moelleux "surprise", ses savagnins et chardonnay, etc).

L'un de nos nombreux coup de coeur c'est le MoussaMoussette de Mosse, rosé original, frizant, met en appétit. On a adoré le domaine du Loup Blanc, tous ses vins présentés avaient comme dénomitateur commun de la fraîcheur. Excellents à boire dans le jardin, maintenant que les beaux jours reviennent et aussi sur des plats un peu plus élaborés (car ses vins étaient digestes, pas de lourdeur, pas d'alcool dominant, que de l'équilibre...).

Le Mas Lumen n'était pas en reste, La Sylve était profond, Prélude élégant, le blanc frais et plutôt long, avec des notes de fruits rouges acidulés (assez original, comme 1er nez, d'ailleurs).

On a adoré."

C'est vrai que les vins de fanfan étaient à nouveau superlatifs, on était parti pour ne présenter qu'une seule cuvée, son pinot noir sans soufre 2005; qui est une vraie gourmandise, l'alliance du côté nature et de la profondeur du pinot noir (il est hélas déjà épuisé!) et un liquoreux. Et puis on s'est retrouvé avec une dizaine de vins sur la feuille de route auxquels il a encore rajouté non pas un, mais 3 liquoreux. Son suyquième 2004, vendanges tardives de savagnin, tout en densité et fraîcheur. Les deux suivants c'était juste pour faire mal, car ils n'étaient pas en vente. Le "?", sélection de grains nobles de savagnin, d'une douceur et d'une longueur extravagante, et puis le "sulecul" un liquoreux fruité de poulsard unique, extraordinaire, envoûtant.

Les vins de René Mosse étaient également de très haut niveau. J'ai toujours une préférence pour le Rouchefer, qui balise bien minéralité, fruit et longueur, masi c'est vrai que le moussamoussettes est un vrai péché, tout comme son Rosé Achillée d'aileurs. Mais le plus grand succes fut son anjou rouge (en vin de table) paimparé, une infusion de cassis et de terre fraîche, dense mais gourmand, à réconcilier le club ABC (Anything But Cabernet) avec ce cépage.

J'ai pu le soir, grâce à la générosité de René, comparer de manière extensive les trois cuvées de sélections parcellaires, Le Rouchefer 2004, les Bonnes Blanches 2004 et la Joute 2004, issue de très vieilles vignes en voie de disparition (on les arrache une à une, et la cuvée n'a pas été produite l'année passée). Je crois qu'en longueur de saveurs, Rouchefer et Bonnes blanches s'équivalent, mais la première cuvée offre plus de fruit séducteur maintenant et la seconde plus de minéralité et de tension en bouche. La Joute est simplement divine, très naturelle, elle a un équilibre parfait, alliant dentelle et puissance et au potentiel de garde probablement très long!

Un mot sur les vins du Loup Blanc, qui offraient, il est vrai, des vins tout en fraîcheur, mais ne manquant pas de profondeur. Certains doivent encore se faire un peu en bouteilles, mais on s'en régalera bientôt. A noter le magnifique blanc, très floral, avec beaucoup de corps et une belle longueur complexe; à base de muscat, de terret et de grenache qui eut un franc succès.

Enfin, j'avais trouvé une ressemblance entre les vins de Pascal Perret du Mas Lumen et ceux de Barral, mais ce n'est pas étonnant, car le mas se situe sur des terres à dominantes schisteuse, proche de celles de Faugères, miam miam...

Manifestement, vous avez aussi été nombreux à avoir apprécié nos épices, tisanes et huiles; le poivre long, le poivre rose du Brésil, le fenugrec et évidemment le poivre sauvage furent les plus demandés. Parmi les huiles, celle de courge séduit toujours autant, mais vous êtes quelques uns à avoir succombé à la puissance du cumin noir. Enfin pour les thés et tisanes, c'est celle du "lendemain" qui attira le plus votre attention, allez savoir pourquoi;-)!

Voilà, l'ambiance était de mise en journée, mais le guerrier ne connut pas de repos plus tard; ni le soir ni la nuit;-) Quelques photos (enfin, une sélection;-) bientôt.

Le dimanche, nous visitions avec quelques survivants la brasserie de la Moinette, je vous relate tout cela sur mon blog bière très bientôt...encore merci à tous pour votre présence et @ très bientôt

15:36 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

18/03/2007

MON JARDIN BIO

Le jardin bio, une nouvelle rubrique sur ce site ! Du jardinage dans un blog sur le vin, pourquoi?

Pour le plaisir d’abord, tout simplement, le plaisir de partager une certaine philosophie et une petite expérience. Cette rubrique est pour moi un prolongement naturel à la promotion du vin bio et à la reconnaissance de ces vignerons. En effet, j’imagine bien que ceux qui possèdent un petit jardin et sont intéressés par la démarche de « mes » viticulteurs puissent envisager de se lancer dans cette aventure à leur échelle ou ont déjà franchi le pas.

Cette initiative serait cohérente. En effet, ne devrions nous pas, si nous aimons que nos meilleurs vignerons réalisent leurs vins en respectant terroir, raisin et consommateur et alors que contrairement à eux nous n’avons aucun impératif économique, appliquer des principes similaires au petit environnement sous notre contrôle.

Mais je ne suis plus aussi naïf qu’avant et je ne crois pas pouvoir convaincre beaucoup de monde avec cet argument, peut-être un peu moralisateur. Il y a heureusement une multitude d’autres bonnes raisons pour effectuer ce virage ; l’amour de la nature tout simplement, le respect de l’environnement, (je serais curieux de connaître l’impact du jardinage sur celui-ci, quand je vois les tonnes d’anti-limaces déversées dans les potagers ou les montagnes d’engrais chimiques répandues que ne pourraient assimiler la forêt tropicale), la santé (malgré la présence de résidus de pesticides ou de nitrates dans les légumes non bio, j’aurais presque plus confiance en ces légumes traités par des professionnels qu’en ceux produits par les apprentis sorciers jardiniers qui pour assurer le meilleur effet augmentent souvent un peu la dose du poison, c’est dire !) ou encore une meilleure nutrition. Il ressort de plusieurs recherches que la qualité nutritionnelle (fibres, vitamines, …) serait plus élevées dans certains légumes bios. Elle l’est aussi souvent dans les « mauvaises herbes » comestibles dont le jardin bio permet la récolte. Beaucoup de légumes sélectionnés ont perdus petit à petit certaines de leurs propriétés. Par exemple, le chénopode seraient bien plus fourni en vitamines et oligo-éléments que l’épinard, un de ses cousins sélectionnés.

Mais finalement, le motif principal et que je voudrais développer tout au long de cette rubrique, j'y reviens encore, n’est-il pas le plaisir. Le plaisir encore, et comme pour le vin, le plaisir surtout! Le plaisir de recréer un environnement sain et agréable, où peut se développer le contact avec la nature, l’observation, l’apprentissage de notre mico-écosystème. Le plaisir des sens aussi, de récolter des fruits et légumes aux saveurs réelles, d’en découvrir d’autres oubliées ou inconnues. La recherche du meilleur goût n’est-elle pas prépondérante à la quête du rendement le plus élevé. Et les passionnés de vins qui savent que rendement élevé et saveur ne sont pas compatibles me comprendront aisément. Le plaisir encore de ne pas rechercher la facilité, mais des solutions nouvelles, plus harmonieuses et plus durables pour surmonter les difficultés rencontrées. Le plaisir est en effet souvent plus dans le voyage que dans le résultat ou la finalité, et la vie en est un bon exemple. Le plaisir, et le respect!

Voilà, j'espère pouvoir vous passionner avec l'aventure de mon jardin bio, ses échecs et souhaitons le ses résussitte, mais aussi et surtout, ses apprentissages.

A bientôt avec les premières photos...

09:03 Écrit par Laurent dans Journal d'un Jardin bio | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

17/03/2007

Marché de Printemps de l’Odyssée

Avant de vous donner les recettes de la daube et de mon caviar d'aubergines que vous me reclamez à corps et à cri (si je ne le fais pas, ou si vous voulez plus d'infos sur un vin, une recette ou un ingrédient, laissez un commentaire sur ce blog, il sert aussi à ça!), voici une petite annonce qu devrait interesser tous les amateurs de gastronomie, de vin, de bio et de santé.

En effet, après notre Marché de Noël, nous remettons le couvert, pour accueillir cette belle saison comme il se doit, avec moult dégustations, et en présence de vignerons bien sûr!

C'est la semaine prochaine, le vendredi 23 Mars de 17 à 21h00, et le samedi toute la journée, de 10h30 à 20 h.

Nous aurons le plaisir d’accueillir à cette occasion, de fameux vignerons bio et nature:

René Mosse, Anjou, Loire le site des Mosse

En Anjou, René s’est installé sur le tard, il tenait auparavant un bar à vin du côté de Tours. Vrai passionné et grand connaisseur, très vite il grimpe les marches de la qualité et il est actuellement au sommet de son art, avec des vins nature (certifiés bio) plein de jus, de sève et de sol.

Nous aurons l’occasion de déguster les cuvées suivantes:

Margotat, un chenin légèrement oxydatif, pour la soif ou les accords parfaits

Anjou blanc 2005, grande année, vin déjà très ouvert sur la bonne gelée de coing maison

Anjou Rouchefer 2004, mon préféré, une sélection parcellaire de terroir de schiste, à la fois minéral et fruité, et l’élégance du schiste. De garde, à encaver.

Anjou, le moëlleux 2005, comme son nom l’indique, une petite douceur, mais avec l’équilibre propre au chenin de petits rendements.

Achillée Mon Rosé 2005, enfin s’il en reste de ce fameux rosé d’anjou déclassé en vin de table (René vous racontera pourquoi sur place;-), car il part déjà ...

MoussaMoussette, un rosé légèrement pétillant, acheté en confiance, je le goûte à l’apéro ce soir, elle est pas belle la vie?;-)

Et puis deux nouveaux domaines, deux coup de coeur!

Vignobles du Loup Blanc, Christian Gaignon, Minervois, Languedoc le site du loup blanc, superbe! et encore plus d'infos Ici

Attention de belles cuvées à tous les prix:

Chaperon rosé 2004 : un rosé fruité assez puissant, de repas (groseille, fraises, fruits exotiques)

Soif de loup 2005 : entre le rouge et le rosé, il porte super bien son nom;-)

Regal du loup 2005 : ma dernière rencontre, c’était avec un magret de canard, une dominante de carignan, très équilibré

Mere-grand 2004: dominante de grenache, puissant, chaleureux mais soyeux

3 pti c 2003 : puissant et gourmand, assemblage intéressant de tempranillo, grenache, carignan et alicante, miam!

Blanc 2005 : Terret, muscat petits grains et grenache, pour un vin très original, à l’apéritif ou sur des volailles aux épices

Mas Lumen, Pascal Perret, Coteaux du Languedoc

Un photographe reconverti, c’est en regardant la nature et les vignerons (Barral, Soria, Dagueneau, ...) à travers son objectif, que le virus du vin l’a contaminé. Pour notre plus grand plaisir. Plus d'infos Ici

Prelude 2004: une belle démonstration de l’élégance que peut prendre le languedoc avec du carignan bien cultivé et vinifiéLa Sylve 2003: J’ai fondu devant ce vin, d’une race évidente, avec un très beau grain de tannins, et un fruit, un fruit ....

Le Blanc 2002: A mon humble avis, un des meilleurs vins à base de Terret, merci Marc de m’avoir poussé à aller goûter ce vin! Il sera passionnant de le comparer à celui du loup blanc

Et puis fanfan Ganevat , qui viendra avec quelques nouvelles cuvées dont son très très prometteur Pinot noir 2005

Et puis il y aura aussi nos thés et tisanes bio, nos épices et poivres rares, nos huiles de gastronomie et essentielles (avec en vedette nos huiles de pépins: courges et raisin), nos miels, ...

Presque tout en bio, et le meilleur du bio!

C’est donc sur 2 jours, vendredi soir et samedi toute la journée; le dimanche, on ira visiter la Brasserie de la Moinette en compagnie des vignerons. En effet, mon ami Olivier Dedeycker ouvrira spécialement les portes de sa brasserie pour cette occasion.; intéressés, laissez moi un mail, il n’y a pas de PAF (juste une (très) bonne bouteille à offrir à Olivier). Mais attention, faites assez vite, le nombre et limité.

Voilà, nous comptons sur votre présence et puis cela me ferait vraiment plaisir si vous pouviez diffuser cette info au plus grand nombre et emmener à Pécrot vos amis et connaissances, vous le savez, ils ne le regretterons pas. Si vous ne savez pas ou est Pécrot, Grez-Doiceau, sachez que c'est à 35 min de bruxelles, de namur, 15 min de LLN, 15 min de Leuven, 1 h de Liege, on est prêt de vous quoi;-)

Le plan d'accès se trouve sur mon site , rubrique "ou sommes nous"

Par contre, si vous ne désirez plus recevoir ces messages, faites moi simplement signe!Plus de détail sur nos activités sur

Merci beaucoup et @ vendredi ou samedi prochain!

Laurent

Anne et Laurent Mélotte

Rue Constant Wauters, 22

1390 Grez-Doiceau (Pécrot)

L’Odyssée des Arômes

+ 32 (0)478 82 1636

L'Odyssée des Arômes

08:13 Écrit par Laurent dans Odyssée des Arômes | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

16/03/2007

BANDOL & BAUX, suite et fin!

Je reviens sur cette dégustation pour vous présenter les appréciations générales:Pas de système de cotation compliqué, juste une appréciation simpliste, hédonique, animale presque. Après on peut disserter sur le potentiel de vieillissement, la race, la compréhension du vin, mais ici juste du j'aime et j'aime pas, le pourquoi étant décrit dans les CR plus bas!

Seuls les vins de la série monadique aveugle ont été noté, j'ai demandé à chaque participant de noter sur une échelle de 1 à 5: beurk-bof-bon-très bon-coupdecoeur.Alors on pourrait donner les moyennes, mais ce qui est intéressant, ce n'est pas de connaître le meilleur vin moyen, finalement le plus consensuel, mais les vins qui ont vraiment plu à 1 ou 2 dégustateurs. Evidemment si un vin fait l'unanimité c'est intéressant aussi;-)

Alors voilà ce que cela donne, en sachant que c'est une photographie au temps t, rien de ne dit que dans 20 ans les hiérarchies seront les mêmes (mais ou seront nous dans 20 ans ;-)

Trévallon: Dans le haut du panier, dommage que le prix ...

Coup de coeur: 11%

Très bon: 56%

Bon: 33 %

Bof: 0%

Beurk: 0%

Vannières: Les résultats parlent d'eux mêmes, mais attention, certains ont apprécié, donc à ne pas jeter tout de suite...

Coup de coeur: 0%

Très bon: 0%

Bon: 33 %

Bof: 56 %

Beurk: 11 %

Clos Milan: Rarement j'ai vu autant d'unanimité, la dernière fois, c'était pour le clos de Tart 2001, c'est tout dire ...

Coup de coeur: 100%

Très bon: 0 %

Bon: 0 %

Bof: 0%

Beurk: 0%

Saint Anne Collection: Intéressant, pas le vin consensuel, on va du très bon au beurk, la présence d'arômes "animaux" et d'encre, n'y est pas étrangère

Coup de coeur: 0%

Très bon: 44%

Bon: 44 %

Bof: 0 %

Beurk: 12 %

Pradeaux: Ici aussi c'est diversifié, mais avec une dominante de beurk, on peut espérer pour le château que nous soyons tombés sur une mauvaise bouteille. Il est intéressant de noter que la perte d'une étoile dans le guide vert de la RVF soit due à un mauvais goût de vieux bois (élevage en "trop" vieux foudres?) qui a été détécté par plusieurs de nos dégustateurs...

Coup de coeur: 0%

Très bon: 0%

Bon: 11 %

Bof: 33%

Beurk: 56 %

Valinière Barral: Autre grand vin de la soirée, qui fait une certaine unanimité

Coup de coeur: 45 %

Très bon: 33%

Bon: 22 %

Bof: 0%

Beurk: 0%

Rubrum Obscurum, Roquefort: Ici c'est intéressant, car on va du très bon au très mauvais, manifestement une question d'appréciation de style

Coup de coeur: 0%

Très bon: 33%

Bon: 45%

Bof: 11%

Beurk:11%

Coeur Quartus Romanin: Presque un grand vin, mais en tout cas celui qui après Milan récolte le plus haut pourcentage de "très bon" et "coup de coeur"

Coup de coeur: 22 %

Très bon: 67%

Bon: 11 %

Bof: 0%

Beurk: 0%

Pibarnon: Pas le grand frisson, mais apprécié quand même, rendez vous dans 10 ans?

Coup de coeur: 0%

Très bon: 34%

Bon: 33 %

Bof: 33%

Beurk: 0%

Voilà, j'espère que ces petites élucubrations gustatives vous ont un peu éclairé sur les styles des vins dégustés, certains sont encore à la vente;-)

Ah oui, j'oublie, j'ai aussi fait un concours de bouchon, et là aussi, c'est le clos Milan qui gagne, un sans faute donc. Voilà qui a fait très plaisir à Henri Milan et son bras droit Kader dont j'ai reçu la visite surprise hier. On a notamment dégusté un "grand blanc 2005" d'anthologie, d'une gourmandise mais d'une élégance rare. On l'aura bientôt..., en attendant, profitez des dernières quilles de clos milan 2001 ...

bbouchon

10:05 Écrit par Laurent dans Ateliers Dégustation | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

13/03/2007

BANDOL & BAUX, C'est la Provence BB!

Cela faisait longtemps que j'avais cette dégustation en tête, j'adore le mourvèdre et j'adore les vins de Provence. Ils sont largement sous-estimés, probablement associés aux vins de vacances et au rosé bas de gamme. Et par conséquent, ils sont injustement oubliés et ne passionnent pas les "amateurs", il suffit de voir les messages qui traitent de la Provence, ils sont rares.. . C'est dommage.

Et puis, suite à l'atelier Provence de l'année passée qui avait révélé les vins d'Henri Milan, j'avais envie d'élargir l'horizon aux grands ténors de l'appellation. C'était aussi l'occasion pour vous de vous procurer sur une base solide, car ces vins encore souvent disponibles à la vente.

Enfin, j'ai un faible pour cette région car son approche bio est assez intense, c'est en Provence, que l'on trouve un village 100% bio, à Correns. Et c'est en Provence qu'une appellation envisage d'inscrire dans son décret la culture biologique comme règle, ce sont les superbes Baux de Provence.

Il y avait suffisamment de raisons pour la faire cette dégustation, mais son annonce n'a pas rameuté les foules, c'est comme ça, mais comme souvent, les absents eurent tort!

Trêve de bavardage, voici le compte-rendu (un CR quoi;-) de la dégustation

- Les Mûres 2002-2003-2001

Après un petit rappel de la qualité des millésimes, nous comparons les vins suivants.Le 2002 offre un nez de groseille, pas très complexe mais très pur. La bouche, assez vive, fait saliver. Un peu jus de fruit, il sera super légèrement frais à l’apéro ou sur des viandes grillées.

La robe du 2003 est évidemment plus sombre. Le nez un peu torréfié, sur la cerise très mûre et la confirure de framboise. Des épices aussi. La bouche est vigoureuse, puissante, relativement longue. Les tannins ssont encore assez marqués. A attendre.

Le 2001 a une robe intermédiaire. Plus équilibré que les deux autres millésimes, fruité (un peu cerise, il pinote presque), épicé, très gourmand, mais avec de la classe. Très très bon!

bbmureNous avions donc bien choisi le millésime, c'était un peu le but de l'exercice ;-)

La deuxième série va nous permettre de comparer les appellations BAUX et BANDOL. Il y a des différences climatiques, de sol aussi, mais peut-être surtout d'encépagement. Bandol est dédié au mourvèdre, ce cépage intraitable dans les mauvais millésimes, car il mûrit tard. Alors que Baux peut faire la part belle au grenache, à la syrah et même au cabernet sauvignon. Du cabernet sauvignon, oui, mais pas trop, max 20% sinon vous vous retrouvez en vin de pays, comme le célèbre château Trévallon.

bbserie0Château Romanin 2001, Baux de Provence

Nez très ouvert, fruité, un peu floral, assez épicé, garrigue, un peu de viande, de lard fumé, d’olives et de poivron rôti. La bouche est puissante, certains la trouvent un peu rustique, d’autres (dont je suis) très consensuelle, polie, suave, enrobées par des tannins agréables qui se fondent tout doucement. L’équilibre est parfait et la longueur toute en saveur, avec des notes un peu chocolatées.

Château Saint Anne 2001 (90 % mourvèdre) Bandol

Le nez est plus violent, sur la violette mais aussi avec des notes animales et d’encre. En bouche, c’est du solide, avec des tannins agréables pour certains, un peu rustiques pour d’autres, mais une belle matière, plus stricte, moins suave que celle du Romanin. Le fruit et la violette sont encore plus marqués en bouche, une belle bouteille d’un bon rapport qualité prix pour dans 5 à 10 ans, pour la gastronomie.

Dégustation Monadique des meilleurs 2001

On passe aux choses encore plus sérieuses: le principe monadique, les vins sont dégustés un par un, pour eux mêmes et on se remet les papilles sur cale entre chaque vin. On limite ainsi les biais d'une comparaison par paire, où un vin plus flatteur peut "casser" un vin un peu plus austère.

L’ordre des vins a été tiré au sort par ma petite Eve;-) BBserie1et il y aura deux séries

Château Trévallon, Cabernet Sauvignon -Syrah, Vin de Pays des Bouches du Rhône

Nez assez ouvert, de fleurs, de mûre sauvage et de poivron roti. Sans le reconnaître, Philippe y voit une parenté avec le Romanin, c’est probablement le cabernet sauvignon. La bouche est fraîche, très équilibrée, très agréable, sans surprise et la longueur est bonne mais pas exceptionnelle. Beaucoup pensent au Clos Milan, mais c’est un des vins qui se devait être une des stars de la soirée, Trévallon. Attention, c’est un excellent vin pour les amateurs de cabernet, mais il n’est pas d’un rapport Q/P exceptionnel.

Château Vannières, Mourvèdre 80 %, Bandol

Nez assez discret, un peu de raisin, un peu de pruneau et d’épices. Certains apprécient relativement, d’autres le trouve assez éteint. La bouche est à l’avenant, avec des tannins pas trop secs, un peu de matière, mais sans vie, sans beaucoup d'éclat. Le vin qui a fait dire à Jérôme van der Putt que s’il s’agissait du Clos milan, il changeait de métier. Déception.

Clos Milan 2001, Grenache 80%, Baux de Provence

J’ai tout entendu sur la description de ce vin, mais elle a commencé par un long silence et puis un mmmmmmhhhhhhh général de satisfaction. Un peu floral (certain y voient une note de syrah et partent vers trévallon), mais de la cerise et de la framboise, de l’encens, du cuir, du romarin fraîchement écrasé. La robe claire ne laisse pas deviner que ce vin est d’une longueur exceptionnelle, et rappelle, modestement, mais incontestablement le château Rayas, avec lequel il partage des similitudes de terroir. Le grand vin de la soirée !

Château Saint Anne Collection,95% mourvèdre, Bandol

Il est dur passer après ce grand moment d’émotion. Mais la cuvée de Saint Anne tient très bien la route, on y retrouve les notes animales et d’encre de la cuvée générique. Si c’est moins marqué que pour la cuvée générique, ce l’est encore trop pour certains. Mais la chair du vin est plus grasse, les tannins plus mûrs, la finale plus longue, très typée mourvèdre (violette). C’est très bon et de grande garde!

Petite pause ou l’on peut regoûter les vins avec des toasts au caviar d’aubergines maison. Les vins se comportent assez bien sur ce met bien régional, avec pour ma part une préférence pour le châtau Romanin et la cuvée les mûres 2003. Il faut une matière certaine pour dominer ce caviar suave mais puissant.

Nous sommes prêts pour la deuxième série qui comportera également un pirate.

BBserie2Château Pradeaux (Mourvèdre 90 %), Bandol

La grosse déception de la soirée pour certains, je serai plus indulgent. Le nez est fruité, sur le yaourt et la crème fraîche, certains détestent, je suis de ceux qui apprécie. L’attaque de la bouche est puissante, et laisse couler une sève à la chair plus juteuse que le Vannières. La finale est cependant peu agréable, sur l’alcool, le bois mouillé, le vieux fût, avec des tannins un peu secs et une finale trop amère. Grosse déception, incimpréhension, ou défaut de bouteille (achat Cora), on regoûtera à la première occasion.

Rubrum Obscurum, Côte de Provence, Château de Roquefort

Robe un peu plus claire que la précédente. Des arômes très fruités titillent nos neurones, le vin pinote agréablement, beaucoup de fruits rouges, c’est très frais, vivant, naturel, mais certains le trouvent peu complexe. La bouche est à la fois suave et stricte, mais à nouveau très naturelle ; Jérôme van de Putt le reconnaît sans faille. Un vin sur le raisin, le bon raisin. Les tannins encore présents mais pas du tout végétaux sont garants d’une belle garde. L’acidité plus marquée que dans les autres apporte énormément de fraîcheur et de digestibilité. Le vin pêche peut-être par un manque de longueur. Goûté à l’ouverture, c’est le seul qui n’en a pas vraiment profité.

Valinière (mourvèdre 90 %), Vin de table (ex-Faugères), Leon Barral

Déclassé en vin de table pour cause d'exces d'acidité volatile, et pourtant... Rien qu’au nez, on sait qu’on se trouve face à un monstre. Le premier nez est un peu sur le caoutchouc et l’oxo, mais laisse place petit à petit aux fleurs sauvages, au fruit mûr, aux épices, à la garrigue, la viande fumée. Complexité inouïe. La bouche est très suave, avec un chouia d’acidité volatile (raison pour laquelle il a été déclassé en vin de table). Il y a encore des tannins, mais le vin a encore gagné en chair et en complexité depuis un an. La finale est longue, très longue sur les épices et les fruits à l’alcool. Cette dernière note est le seul petit bémol d’une partition jusque là parfaite. Un deuxième grand moment dans cette dégustation.

Cœur Quartus, Château Romanin, Baux de Provence

La robe est sombre et le verre lâche de premiers arômes très floraux, de violette, d’œillet, un vrai bouquet. Il y a du fruit aussi, que l’on retrouve en retro-olfaction. Les tannins juteux apportent une belle structure à un vin très équilibré et très consensuel. Tout le monde pense à Pibarnon, mais c’est le cœur Quartus de Romanin. Superbe bouteille.

Pibarnon, >90 % Mourvèdre, Bandol

Toujours à l’aveugle, nous arrivons au vin qui aurait pu, qui aurait du être le sommet de la soirée. Cela commençait bien, son tirage au sort le plaçait en position finale. La robe est assez sombre, le premier nez est axé sur le caramel, à l’aération des notes fruitées apparaissent, pruneau, raisin sec, un peu de fruit noirs peut-être, mais les notes de caramel empêchent de l’apprécier totalement. On retrouve hélas cette dominante en bouche, les tannins sont marqués, un peu secs. Il y a du fond et le vin est peut-être dans une phase transitoire, mais si on lui reconnaît du potentiel, il ne délivre pas beaucoup de plaisir actuellement.

Vannières 1995, 80 % Mourvèdre, Bandol

Nous terminons cette dégustation avec un Bandol de plus de 10 ans. Contrairement au 2001 acheté chez un caviste, ce Vannières 1995 a été acheté en grande distribution (Carrefour). Il a une parenté indéniable avec son cadet, ce qui laisse penser qu’il n’y a pas de mises différentes, comme cela avait été suggéré ici. Nez épicé, beaucoup de raisin sec, un peu de pruneau. Les tannins se sont un peu civilisés depuis notre dernière rencontre (2000), mais ce n’est toujours pas l’excitation. Un vin un peu terne finalement. Dommage.

Les estomacs sont prêts pour la daube de boeuf et ses tagliatelles, que l’on parfume au poivre sauvage de Madagascar. Ensuite, une glace au matcha, et puis une tisane de verveine et de badiane. Une belle soirée je crois, avec son lot de surprise, d'émotions et de bonnes rigolade aussi. Merci à tous pour votre participation.

Pour d'autres avis, faites un tour sur LaPassionduVIn

Bon comme d'habitude, j'oublie de prendre les photos en direct, en voici donc quelques unes, après la fête ...

Mais tout d'abord, la star de la soirée. A carafer impérativement (4 heures pour nous) pour le max de frissons.

bbmilan

Elle était manifestement bonne la daube :-)

bbdaube

Et les pâtes aussi ...

bbpates

Et la glace au matcha? A vos souhaits;-)

bbglace

Verveine et anis étoilé, de quoi se remettre de ses émotions multiples...

bbtisane

Voilà, tout le monde est parti, on peut aller dormir... Et bien non, faut encore tout ranger...

bbtable

20:07 Écrit par Laurent dans Ateliers Dégustation | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

08/03/2007

ACHAT à l' AVEUGLE

On connaît les dégustations à l'aveugle, mais avez vous déjà acheté à l'aveugle? Sans références, sans étiquette et sans prix...juste en goûtant. Vous, face à votre propre goût! Non, très certainement, et bien c'est ce à quoi nous vous invitions il y a quelques semaines dans la boutique de l'Odyssée, qui une fois de plus portait tellement bien son nom.

Oui, vous avez bien lu, ce qui sont venus ne savaient pas à l'avance ce qu'ils allaient acheter, mais ils n'ont pas acheté un chat dans un sac, juste un vin dans une carafe;-)

Petit Rappel du Principe

"Vous venez, 6 carafes sont à votre disposition sur des tables, 3 blancs et 3 rouges.

Vous dégustez à votre aise; pas d'explication, pas de contexte, je me tairai, je le promets;-). Vous vous trouvez seul face à votre goût, sans influence extérieure.Et puis vous choisissez, le vin ou les vins que vous préférez.

Je vous fais le total et vous découvrez: ... le prix. Rassurez vous, pas d'arnaque, je choisirai des vins dans une fourchette assez étroite (+/-9 à max 15 €).Une deuxième barrière tombe, vous n'achetez pas en fonction du sempiternel rapport Q/P, mais en fonction de votre goût, uniquement!

Et puis vous découvrez les bouteilles achetées et leur origine. Ce pourrait être un vin de table ou une appellation plus prestigieuse; vous ne le saurez qu'après achat. Et la troisième barrière s'effondre, pas de repère rassurant de l'étiquette (Pomerol tu nous gâtes;-), pas de référence à une appellation, pas de réputation qui précède le producteur, juste un vin qui ne demande qu'à être très simplement acheté et bu!

Alors vous êtes joueurs? venez tenter l'expérience!"

Vous avez quand même été une bonne dizaine de téméraires à pousser la porte de la boutique pour vivre cette aventure unique, et qui était, n'ayons pas peur des mots, probablement une première mondiale;-)

D’après vos réactions, c’était une expérience intéressante, et même enrichissante (si j’ose dire), beaucoup m'ont demandé quand je recommençais; je ne vais pas me faire prier, car j'adore.

La première réflexion qui m’est venue, est qu’il n’est manifestement pas beaucoup plus simple de choisir à l’aveugle qu’à étiquette découverte. Un peu comme si on vous bandait les yeux et vous donnait une canne pour marcher, le dégustateur a parfois tendance à s’accrocher à un arôme ou un goût qu’il identifie. Et puis il a du mal à le lâcher… et à découvrir les autres.

De même, j’ai l’impression qu’il est plus critique, comme s’il avait peur de se tromper. Beaucoup ont acheté 1 ou 2 bouteilles, ...pour voir… Peu se sont laisser aller à l’achat aveugle par caisse, expérience difficile apparemment. J'ai déjà remarqué combien il était difficile de décortiquer un vin pour l'identifier et puis de l'apprécier avec ses tripes. L'appréciation d'un vin doit parfois être plus animale et instinctive que l'analyse

Les vins maintenant, je ne suis pas aussi vicieux qu'on le dit, voici quand même la solution :

J'avais choisi 3 blancs et 3 rouges, dans chaque série, un vin était plus difficile à situer, les autres étaient assez caractéristiques. - le premier était la cuvée de chardonnay Florine 2004 de Ganevat. Vous êtes plusieurs à l’avoir situé dans le Jura, j’ai apprécié le commentaire de Herman lui rappellant le lambic, quand on sait qu’il y a du saccharomyces bayanus dans l’air du jura comme dans celui de Bruxelles

- Ensuite, un piège, un assemblage original de chardonnay et de chenin de Loire, la cuvée Les clous du domaine Saint Nicolas. Mais en 2003, millésime de pauvre acidité. Et bien, un seul d’entre vous l’a bien situé, mais je le soupçonne d’avoir eu du bol ;-). Vous étiez pour la plupart en Alsace ou dans le Sud. Logique finalement.

- La série des blancs se terminait par le Hautes Côtes de Nuit de Verdet, en 2002 . Certains ont reconnus le chardonnay, d’autres sont partis sur le riesling, c’est vrai que le vin présentait beaucoup de minéralité. Un vin évolutif, qui présentait un peu de réduction à l’ouverture. La aussi, les réactions son amusantes. Par exemple le premier dégustateur l’a tout d’abord déclassé et puis en a pris une caisse.

Un des pièges de cette dégustation, c’est de risquer de commander un vin que l’on a déjà en cave, un autre, de ne pas reconnaïtre un vin que l’on a acheté auparavant. Les deux cas se sont présentés:-)

- Le premier rouge était un assemblage de syrah et de merlot. Un cabardès 2004, les Hautes Pierres du domaine Loupia, sous influence océanique et méditerranéenne. Très apprécié, dense mais frais, peu ont reconnu l’origine et l’encépagement. Merci à Claude pour l’identification de la betterave rouge au premier nez. Impressionnant (j'adore la betterave rouge;-).

- Là c’était un autre piège, la Mondeuse Harmonie 2005 de Trosset, nous avons bien voyagé, de Loire en passant par la Bourgogne et le Beaujolais, tout en n'oubliant pas le Rhône. L’indice était sa fraîcheur supplémentaire en comparaison aux deux autres vins plus sudistes ; et ses arômes rappelant la syrah. Je me serais attendu à plus de rhône Nord dans vos identifications. Certains l’avaient dégustée il y a une semaine, l’un d’entre vous l’a quand même finalement bien identifié.

- Le dernier a fait l’unanimité. Même si peu ont reconnu la dominance de grenache, vous l’avez tous situé dans le Languedoc-Roussillon. Malgré un petit perlant très naturel qui apportait une note fraîche pas désagréable, il n’a pas pu cacher son origine. C’était la cuvée André Mercier, du domaine Joliette en 2003.

Merci encore à tous ceux qui ont joué le jeu, et ... à l'année prochaine....

Quelques photos

Pas évident, pas évident ...

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09:44 Écrit par Laurent dans Ateliers Dégustation | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

03/03/2007

ATELIER FONDUE: Vers les pistes de ski!

Je suis le roi du timing parfait. J'avais prévu de longue date un atelier fondue pour dépayser ceux qui ne vont pas aux sports d'hiver. Je l'avoue, je craignais un peu de devoir le faire parmi les fleurs et par une température estivale. Oui, le réchauffement climatique n'est décidément pas un leurre. Mais à 2 jours de mon atelier, vont tomber les seuls flocons de cet hiver 06-07 qui s'était fait tellement discret. Le temps était donc au rendez-vous pour cet atelier aux parfums de glisse (c'est une image;-). Merci bonhomme hiver de ne pas nous avoir complètement oublié. Allez quelques photos pour se remettre dans l'ambiance.

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Tout le monde est bien à l’heure, on peut commencer par un petit apéro; goûter les vins présentés à la dégustation du week-end, avec un morceau des fromages qui seront utilisés pour la fondue

APERO

Savoie, Chignin 2005, G. Berlioz

Berlioz; le fou du village, pourquoi faire de la qualité et se dépenser physiquement sans compter dans les vignes alors que les touristes s’abreuvent sans y regarder des hectolitres les plus insipides, pourquoi? Par amour de la vigne et de la terre pardi! Une cuvée toute en fraîcheur, fleurs et fruits blancs, pointe de minéralité, très sec ; je sens qu’il est idéal pour la fondue aux fromages, on va vérifier bientôt.

Jura, Grusses 2004, Chardonnay, JF Ganevat

Je garde parfois des atouts dans ma manche;-) Cette cuvée de fanfan, n’a pas été présentée au marché de Noël. Les Grusses, c’est souvent la cuvée la plus opulente des chardonnay ouillés, c’est aussi le cas en 2004. Mais ce n’est pas tout, quel fruit (presqu’exotique), quelle minéralité ; Fanfan devient de plus en plus intouchable pour ses vins ouillés!

Jura, Arbois, Graviers 2003, S. Tissot

Fanfan intouchable? Tout le monde n’est pas d’accord et Stéphane Tissot probablement le premier. Et il joint le geste au goulot avec cette cuvée, souvent aussi la plus opulente de sa gamme, issue d’un terrain calcaire. En plus c’est un 2003, qui a particulièrement bien réussi au Jura, sans faire dans l’atypicité! Arômes assez différents du Grusses, moins sur les fruits jaunes, complexe, un peu d’élevage, moins acide aussi, millésime oblige, mais quelle longueur.

Savoie, Chignin-Bergeron 2004, Roussane, G. Berlioz

Repéré par Michel “ex-RVF” Bettane, mais nous l’avions goûté avant. Il commence à s’ouvrir et pourrait dépasser le magique 2002. Les arômes d’abricot et de pêche se développent, la minéralité se lâche.La rondeur et la matière sont là, bien balancée par l’acidité. Belle longueur, grand vin en devenir, mais patience!!!

Savoie, Harmonie 2005, Mondeuse, Charles Trosset & Fils

Un bijou exposé à tous au pied des montagnes d’Arbin, plein Sud! Un prof qui cultive sa vigne comme un jardin, sur des terres blanches à la pente vertigineuse; des vins de soie et d’arômes qui rappellent un peu une syrah délicate mais profonde. Le vin entre dans une phase un peu intermédiaire et il faut maintenant l’attendre une bonne année. Un délice à ne pas manquer, dernière bouteilles!

Jura, Savagnin Prestige 2000, oxydatif, JF Ganevat

Voici un représentant du Jura oxydatif pour la gastronomie, élevé 4 ans sous voile, soutenu par une acidité qui prolonge la finale. Pour une volaille au vin jaune, des tourtes aux morilles, une fondue au comté (tiens tiens), ou plus audacieux, des plats épicés; cardamome et galanga l’appellent à gorge déployée.

FONDUE

Nous goûterons deux fondues ; une Fondue Franc-Comtoise (Comté uniquement) et une Fondue Savoyarde (Abondance –Beaufort – Gruyere de Savoie). Le tout sera accompagné de salade de blé (mâche) et d’un peu de charcuterie. Et puis en guest star, le pain maison, au levain d’Anne ! Je vous donnerai bientôt la recette et ses vertus

painlevain

Les fromages (Comté, Abondance, Gruyère de Savoie, Beaufort) proviennent principalement de la Casière à Wavre. Ils sont d’un bon niveau, surtout l’abondance, dont j’aime le goût bien piquant. Bon niveau, sauf peut-être le gruyère de Savoie ; gras, presque beurré, je n’accroche pas trop, manque de goût. Le Comté vient en partie du marché de LLN, d’un fromager bio.

Voici la recette de la fondue

On a « comté » 3kg 600 de fromage pour 11, faites le compte, cela fait quand même plus de 300 grammes de fromage par personne.

Répartis dans 3 caquelons, 2 seront consacrés à la Savoyarde et le troisième à la Franc-Comtoise.

La recette est simple, vous frottez le caquelon avec la gousse d’ail, vous versez environ 3 verres de vin blanc (pour la fondue savoyarde du chasselas de chez Frick et pour celle au comté, un peu de chardonnay oxydatif du Clos des Grives et de savagnin prestige 2000 de Ganevat ont été utilisés) et la gousse d’ail en purée (on peut en mettre un peu plus si on veut…), portez à ébullition. On rajoute les fromages découpés en cubes et on touille en faisant de 8. On rajoute un verre d’alcool, ce sera de la mirabelle de chez Binner (ils ont leurs propres arbres fruitiers bio) pour la savoyarde et une Fine du Grand Père Léon de Jean François Ganevat pour celle au Comté. Un tour de moulin du super poivre de Tellichery (Inde) et c’est joué, on passe à table et on peut commencer les joutes viniques paire par paire.

Les Vins

fondue

J’ai goûté les vins principalement avec la fondue savoyarde aux 3 fromages, mes commentaires se limiteront donc à celle là.

Paire 1

Chignin, Jacquère, 2004, Domaine Berlioz

L’accord avec la fondue fonctionne parfaitement, c’est sec et frais, mais le gras du fromage reste bien onctueux en bouche, très classique mais très bon.

Mondeuse Blanche sur Lie, Vin de Pays d’Allobrogie, 2005, Claude Subtil

Le vin est légèrement pétillant, premier nez de poivre blanc et puis c’est la rhubarbe, en bouche également. Ce n’est pas très dense et c’est court, mais c’est très agréable et frais. Pour moi le vin assèche le fromage qui devient un peu grumeleux, mais d’autres apprécient sa légèreté.

Paire 2

Côte du Jura, Chardonnay oxydatif, 2002, Clos des Grives

Le nez de ce chardonnay n’est pas très causant, un peu d’amande fraîche et de noisette peut-être, une touche de frangipanne . Par contre la bouche est bien dense et superbement équilibrée. L’effet avec la fondue est imparable, tout en harmonie, le vin développe plus de fruit et est magnifié par le plat. Très bel accord.

Arbois, Les Graviers, Chardonnay Ouillé, 2003, A&M Tissot

Effet rebond avec la fondue, les arômes de fruits sont exacerbés, il s’opère une danse langoureuse en bouche entre le fromage et le vin, avec peut-être un sursaut d’alcool. Certains trouvent dans l’accord une certaine perte de fraîcheur et d’autres adorent.

Paire 3

Côte du Jura, Savagnin Privilege, ouillé, 2000, JF Ganevat

Le vin a été ouillé pendant trois ans et hésite entre deux mondes, l’oxydatif et l’exotique. Tout cela se développe en bouche en harmonie avec le fromage et sans excès. C’est magnifique, mon coup de cœur !

Côte du Jura, Savagnin Prestige, oxydatif, 2000, JF Ganevat

Le vin passe un peu au dessus de la fondue savoyarde, masi officie parfaitement sur celle au Comté. Classique mais bon !

Paire 4

Côte du Jura, Pinot noir, Poulsard, Trousseau, 2003, Clos des Grives

Quel nez !, Fruit, herbes aromatiques, confiture de vieux garçon, c’est de la soie en bouche, tout en finesse. Et sur la fondue, cela fonctionne, le fruit rouge cerise se trouvant revigoré. Une belle surprise.

Arbin, Harmonie, Mondeuse, 2005, Charles Trosset & Fils

J’adore ce vin, mais force m’est de reconnaître que l’accord ne me plait pas, les arômes s’entrechoquent, le vin paraît trop puissant pour le fromage, bof ! L’accord avec une Tome de Savoie et une tartiflette l’année passée était, lui, d’anthologie.

fonduetable

DESSERT

Glace au Matcha (et vanille bourbon)

La glace Matcha est maison, le matcha est le thé vert de cérémonie des japonais. C’est un thé d’ombre, dont les meilleures feuilles sont broyées lentement à basse température. Celui utilisé est Tsuki, moins cher que le Kotobuki, un peu plus tannique et qui est pafait comme ingrédient de cuisine ; mais il est aussi largement au dessus de beaucoup de matcha du commerce.Un peu de ma vanille bourbon de Madagascar est utilisée dans la recette. Vous trouverez tous ces ingrédients dans ma boutique;-)

Par contre la glace vanille était une bête glace achetée, désolé….

POUSSE

Macvin, Clos des grives

Le Macvin est superbe, sur l’abricot, la noix, le sous-bois et le tabac, bel équilibre de sucre, d’acidité, et d’alcool, rien de trop. Une belle gâterie pour terminer.

Cartagene

Un cadeau de Christophe Beau (domaine Beau-Thorey). C’est curieux, fruité, sucré et .. anisé, très anisé. Faut aimer l’anis… j’aime bien l’anis…

Marc du Jura de Fanfan Ganevat

Personne n’en a pris, c’est très bien, vous avez été raisonnables.

FINALE

Tisane Digestive Verveine - Badiane

Vraiment idéal pour terminer le repas, et surtout un repas aussi copieux que la fondue. Une petite poignée de verveine et une étoile de badiane, si on aime bien on peut en mettre deux. Le lendemain, j’étais frais comme une rose, et vous ?

Regardez bien, ils boivent de la tisane, pour certains c'était la première fois, une vraie odyssée aromatique;-)

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Voilà, grand merci à tous pour votre participation et à la prochaine…

La prochaine, c'est le 9 Mars à 20h. L'atelier c'est la Provence BB qui vous fera découvrir les meilleurs crus de Bandol et des Baux de Provence. A vous les Pibarnon, Trevallon, Pradeaux, Romanin, Milan et autres. Du bio, du pas bio, du nature, du moins nature, le tout à l'aveugle. A ne pas rater, il reste quelques places. Contactez moi par mail.

09:10 Écrit par Laurent dans Ateliers Dégustation | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |