19/06/2007

Domaine CHANTAL LESCURE, François s’affirme, le style s’affine!

Voyage éclair en Bourgogne et dans le Beaujolais, il y a une bonne semaine, pour ramener quelques cuvées réservées depuis quelque temps déjà et bien sûr, déguster! Au programme, le domaine Chantal Lescure, les frères Bret du domaine de la Soufrandière et l’Abbaye du Petit Quincy en Bourgogne ; Christian Ducroux et Georges « le noune » Descombes dans le Beaujolais. Du beau monde !

J'étais content de retrouver le domaine Lescure que je suis depuis 5 ans maintenant. Je me souviens vous avoir proposé à mes tout débuts et avec succès, le Pommard Vaumuriens 2000 qui est maintenant à son apogée; dégusté tout récemment, il est très aromatique, avec des notes d'évolution, de cuir, d'encens et des tannins très fondus pour un corps svelte (c'est un 2000) mais suffisamment charnu pour notre plaisir.

C'est donc avec une certaine excitation que j’arrive au domaine Lescure à Nuit St Georges vers 14 heures, pas trop crevé et le palais émoustillé à l’idée de goûter ces vins. François Chavériat s’était excusé au préalable. Ce n’est pas grave, je suis moi aussi assez pressé par le temps. Je voulais surtout déguster deux vins que je ne connaissais pas. Le Bourgogne Taupe Maison Dieu 2005, issu d’un terroir argileux de la plaine de Pommard. La robe est concentrée, c’est bien du 2005, le nez offre de beaux arômes de framboise et de cerise. La bouche est dense, un peu tannique mais gourmande. C’est très bon, et ce sera un rapport Q/P exceptionnel. Le suivant, c’est un Côte de Beaune 2005, à peine plus cher, il est aussi plus concentré mais plus dur en finale. Un vin qu’il faudra attendre un peu mais qui fera aussi une belle bouteille d’ici 2-3 ans. Il faut avoir que le domaine situé en cote de Nuits, possède également beaucoup de vignes en côte de beaune et surtout à Pommard. Ceci nous donne donc à chaque fois une belle vue d'ensemble de la qualité d'un millésime, les deux côtes confondues.

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Petite verticale des Pommard 1er cru les Bertins ensuite. Les Bertins, c’est un beau premier cru, aux sols bruns calcaire, exposé plein Est et situé près de Volnay. Le 2004 est d’un bel équilibre assez structuré Pommard sur les tannins et l’acidité, mais avec de la finesse, beau. Le 2005 est plus dense, plus aromatique, plus long, plus de tout quoi, mais surtout bien meilleur encore. Un côté gourmand qui se propose à boire et un côté profond qui incite à la garde. J’ai l’impression aussi d’un boisé déjà fondu, ce que je préfère nettement. Très très bon vin. Et les prix de ces 2005 restent très raisonnables, ce qui est à souligner ! A côté, le 2003 fait un peu ampoulé et rustique, sur des tannins trop durs et un nez un peu confituré, la bouteille ouverte depuis quelque temps est à mon avis passée. Pas le meilleur 2003 de Lescure qui avait pourtant offert de très belles réussites dans ce millésime (les cuvées que j’avais sélectionnées quoi ;-).

Je suis prêt à partir quand arrive François, en tenue de combat, T-shirt taché, short et grosses bottines. « J’ai une demi-heure, on fait un tour en cave pour goûter les 2006? ». Si lui a une demi-heure, moi aussi bien sûr.

lescure

Je ne prends pas de notes, et les malos ne sont pas encore finies, mais ce que je retiens, c’est l’expression qui se dégage de ces 2006. Ce n’est évidemment pas le 2005, mais on est loin ici de la berezina attendue. Après un juillet sec, un août mouillé, septembre a tenté de réparer les pots cassés. Et puis, il a fallu trier et comme de plus en plus, les vignes travaillées en bio ont tendance a équilibrer ces données climatiques. Alors, ce qui ressort de cette dégustation, c’est un sentiment de naturel qui me comble. Un fruit pur, des tannins fins et une concentration plus que raisonnable pour un pinot noir, et surtout pas de surextraction ; la grenouille 2006 n’a pas essayé de se faire plus grosse que le bœuf 2005.

Manifestement, François Chaveriat qui a converti le domaine à la culture biologique est est maintenant en certification, continue la révolution à la cave. Egrappage complet pour un meilleur fruit (on se rappelle l’expérience de Peynaud qui avait fait macérer des rafles pour prouver leur peu d’intérêt, même si ce n’est pas aussi enfantin ;-), diminution des doses de sulfite (mais il ne croit pas au sans soufre ;-), plus de chaptalisation depuis 5 ans, et un boisé également beaucoup moins insistant. Toutes les actions sont inscrites dans recherche primordiale du terroir et surtout pas de l’imposition d’une quelconque « patte» du vigneron. Mais François de continuer d’expérimenter, comme avec cette cuvée de base où il teste l’égrappage. Le fût non égrappé est fruité, dense, avec de la mâche ; celui complètement égrappé « pète » littéralement de fruit très pur, et se fait plus digeste, vraiment coulant. J’ai toujours un faible pour la minéralité du Pommard Vaumuriens, au terroir un peu plus froidn ce qui engendre des maturité plus tardives, mais quelle classe ; ceci-dit, le Pommard les Vignots bien mûrs sont aussi très élégants en 2006. Nous goûtons aussi le Vosne-Romanée les Suchots, et le Clos Vougeot, le Vosne tout en rondeur et densité, le Clos avec, encore, un supplément de classe dans sa texture et de finesse. Beaucoup attendent d’un grand cru un plus de concentration, mais les meilleurs ont plutôt ce plus de touché et de longueur.

Au final, plus d’une heure en cave et une discussion à bâtons rompus sur son approche de plus en plus précise du vin. Merci François et qui sait à bientôt peut-être en Belgique.

Commentaires

Merci pour ce partage narratif de votre pérégrination dont chaque passage, même chaque mot est issu de l’extrait vinique. Amicalement

Écrit par : Faith - Phone Cards | 19/05/2009

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