12/07/2007

PREMIERE BOUGIE!

Oui vous êtes venus et vous l'avez soufflée, cette première bougie. La tornade des vignerons naturels a aussi tout emmené sur son passage, laissant souvent derrière elle des dégustateurs pantois d'admiration devant ce festival de goûts variés, de saveurs originales, de délices plus ou moins inconnus et sains. Une véritable odyssée aromatique? Bon sang, mais c'est bien sûr! Tout était prêt pour vous accueillir, just op tijd, mais pas une minute avant, comme toujours.

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Notre cuisine regorgeait pour l'occasion d'épices, d'huiles essentielles ou cosmétiques, de nos thés et poivres rares. La boutique, elle attendait aussi impatiemment les vignerons perdus dans les embouteillages de la E411. Ouf voilà le premier, Dominique Gruhier, qui déjà me réclame une Moinette, la route a été longue, la suite le sera aussi;-). Une fois tous les vignerons en place, mon cérémonial est de goûter tous les vins en dégustation avant tout le monde, on est pro ou on ne l'est pas;-). Certains avaient fait le voyage, ce qui n'est pas toujours idéal, mais cette fois pas de problèmes. Tous les vins se goûtaient à merveille, et ce sera le cas tout le week-end. Seulement une bouteille bouchonnée sur la centaine de quilles dégorgées, c'est rare.

Voilà, les vignerons sont là, il manque juste Bruno Schueller, mais il ne tardera pas. Les premiers dégustateurs arrivent, chacun reçoit son "kit de dégustation", (un verre et la feuille de route;-); c'est parti et bien parti! Beaucoup de nouvelles têtes, c'est réjouissant, d'autant que les anciennes reviennent aussi;-)

L'évènement était marqué de l'empreinte des vins de Stéphanie et de son mari Jean-Christope Michaux décédé récemment et qui devaient y participer. La cuvée Ecceterra, assemblage original de carignan et de mourvèdre, se goûtait à merveille et est probablement actuellement LE rapport qualité-prix de mon catalogue qui pourtant en cache pas mal d'autres. Ecceterra, qui signifie, comme on me l'a justement souligné, "voici la terre" (comme "ecce homo") et non pas le "etc..." commun des phrases sans fin!, J'ai quant à moi été séduit par la cuvée éponyme du Clos Roca, aux arômes puissant d'olives noires et aux notes de câpres, une expression du Sud assez géniale. Même mon beau-père (salut Papy!), pourtant relativement réfractaire aux vins du Languedoc a été très séduit par la cuvée A Propos, à l'assemblage tout aussi original de cabernet franc et d'alicante. Original, mais bon! Idée reçue enfin est bien nommé, démontrant, car pour beaucoup c'est encore nécessaire, que le Sud pouvait allier profondeur et classe, densité aromatique et élégance. En la dégustant, on se dit que Jean Christophe était bien sur le chemin du grand vin. Voilà, Stéphanie, si tu nous lis, sache que vous étiez très présents parmi nous ce week-end là et puisse tu trouver les ressources nécessaires à surmonter cette épreuve incompréhensible et nous enchanter encore avec les nectars de la terre du Clos Roca.

La boutique était aussi envahie de ces cuvées "nature" sans soufre ou presque, mais aussi sans "déviation" aromatique, juste un surplus de fruit et un vrai reflet de leur terroir (combien encore confondent tension, minéralité et présence de soufre!). Et je ne parle pas de leur digestibilité inouïe, alors que j'en ai rencontré quelques preuves bien vivantes tout au long de ces deux jours et de ces deux nuits;-).

Parmi les sans soufre (ou vraiment vraiment très peu), il y avait le Riesling Bild de table 2004 de Bruno Schueller, tout sur le fruit mûr et avec une note oxydative savoureuse; la minéralité s'exprimant en bouche et non par ces notes pétrolées parfois vulgaires. Et puis la cuvée LN 012 de pinot noir le 12 correspond aux mg de SO2 mesur dans la première cuvée portant ce nom, quelle finesse de fruit, quel éclat, miam miam!

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Sans SO2, il y aussi avait les deux cuvées de Dominique Gruhier, qui s'affirme tout doucement comme un futur grand et qui a révélé, dans un millésime pourtant réputé difficile (2004), tout le potentiel minéral du terroir d'Epineuil. Deux cuvées sans soufre au top, l'âme des Dannots et la cuvée Juliette, exprimant à qui mieux meux de la framboise, de la cerise, des épices, du poivre long, de la minéralité ou de la pivoine. Ce n'est pas sans risque, en 2005, les Dannots ont subit les foudres d'une attaque de Bret à laquelle l'exigeance (ou la vision du vin, vaste débat;-) de Dominique n'a pas résisté. Déclassé, pas de Dannots donc en 2005, on croise les doigts pour la Juliette!

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Revenons vers Bruno, chez lui, presque tout est, disons "atypique", enfin atypique car maintenant tout les gewurztraminer sont sucrés et que le sien est sec, que les riesling pétrôlent ou agrument bêtement alors que le sien fleure bon la citronelle et la verveine ... Et puis il m'a fait la gentillese de sortir de sa cave quelques bouteilles à maturité de son riesling grand cru Pfersigberg, en 1999. J'avais goûté cette cuvée à table, à Husseren, avec le grand cru Eichberg de la même année. Impossible de choisir, j'avoue que moi, qui sélectionne mes cuvées au cordeau et sans concession, en goûtant et regoûtant, là, j'ai tiré au sort...Il m'en reste encore quelques unes; à bon entendeur...Bruno va finir par devenir, à son corps défendant, le spécialiste de l'excellence en vin de table, car après son Bild de table, il nous faisait aussi déguster son PG de table, du pinot gris, dense, très aromatique équilibré comme pas deux, à se damner et à ridiculiser les comités de dégustation d'agrément (ou de désagrément;-).

L'épreuve suivante avait pour nom le "noune". Le noune, c'est le surnom que porte, pas trop mal il faut bien le dire, Georges Descombes depuis sa tendre enfance. Sa signification? Aucune idée, nounours peut-être, mais attention, c'est bien le noune, à ne pas confondre avec la noune ;-). Là, une série d'une cohérence incroyable, les différences de terroir et de millésime s'expriment tout en nuance, mais toujours avec cet explosion de fruit et cette profondeur de saveur, on va du top-miam au mega-slurp et on a pas enve de s'arrêter, il est dangereux, le "noune". Un Brouilly 2006 tout en caresse, le Régnié 2006 pète de fruit, les Morgon et Brouilly VV 2004 lorgnent sans pudeur vers l'élégance bourguignonne et le Chiroubles VV 2005, si besoin en était, met tout le monde d'accord! A nouveau des vins qui ne voient le SO2 que de loin, et cela se goûte, c'est indéniable.

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Pour s'en convaincre, il fallait aussi déguster ,chez notre ami fanfan Ganevat, ses deux pinot noirs 2005, et manifestement, vous l'avez fait! Les deux proviennent de la même parcelle, ont été vinifiés sans soufre, la seule différence, une dose homéopathique de soufre dans la cuvée VV Julien Ganevat et rien, nihil, nada, zero, ... nothing, dans la cuvée Z (Z pour Zero, vous l'aviez compris;-). La cuvée VV Julien est excellente, profonde, mais un peu plus austère que la déliée Z à qui tout semble permis. Alors, oui, on verra dans quelques années ce que donnera leur évolution, mais à l'heure actuelle, bravo Fanfan et vive le sans soufre! Un petit sondage nature prouve que vous êtes de mon avis, deux fois plus de cuvée Z a été vendue sur le week-end (cuvée d'ailleurs épuisée) alors qu'elle était la plus chère...

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Je ne parlerai pas des autres cuvées de fanfan, toutes rivalisant de sincérité, du savagnin privilege 2004 aux minéraux grands teppes VV 2004, et sans oublier le suyquième préféré de celquyème;-). Le week-end fut aussi l'occasion de faire plus ample connaissance avec d'autres blogueurs, tout aussi passionnés que talentueux.

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Merci à Catherine et Hughes d'être passés nous saluer! Le vendredi, plus calme, aura vu quelques dégustateurs très pointus nous rendre visite, on devait fermer à 21 heures, il était 23 heures quand je rangeais mon petit carnet de commande pour aller me régaler du boeuf bourguignon préparé par notre toujours aussi talentueux voisin.

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Bientôt, quelques commentaires et photos du OFF de l'anniversaire de l'odyssée... :-)))

08:39 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

Commentaires

Il y a des jours... ... où on regrette de ne pas être Belge! Je découvre cela à retardement mais avec envie! En plus des vignerons stars, il m'a semblé avoir aperçu dans le public un amateur star que je salue au passage! :-)

Écrit par : olif | 18/07/2007

Oui mais... ... le Jura et leurs indigènes, ne sont pas pour rien dans cette réussite ;-)
Beaucoup de dégustateurs "stars" également, c'est exact, des LPViens, de DCistes, des blogueurs miam miam et des blogueurs glou glou, pas mal de vins oxydatifs aussi, belle faune! celui que tu as reconnu, c'est celui tout en noir? ;-)

A bientôt dans le Jura, une fois!

Écrit par : LaurentVinature | 21/07/2007

Tout en noir... ...et le nez dans le verre! ça ne m'étonne pas de lui! Je n'ai par contre pas l'honneur de connaître la charmante créature qui le retient par le bras, comme pour le freiner un petit peu dans son élan!

Écrit par : olif | 23/07/2007

Salut Olif!

Je n'avais pas vu ton commentaire...
En effet tu as raté quelque-chose de mémorable!

Et tout cela grâce à Laurent qui a tout organisé de façon formidable dans une ambiance extraordinaire avec des viticulteurs fabuleux (et même parfois très bourrés mais je ne donnerai pas de noms!:-))).

A bientôt en Alsace peut-être (fin novembre début décembre comme d'hab...).

Thierry.

Écrit par : Thierry | 25/07/2007

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