22/12/2007

PARCOURS ODYSSEE OFF OVNI OUF!

Attention, c'est long mais c'était bon;-)

Les Marchés de l’ Odyssée , qu’ils soient de Printemps, d’Eté ou de Noël, sont souvent des occasions, j’ai pas dit des prétextes, ;-) à se rencontrer autour d’une bonne table (celle de nos voisins, merci Claude et Dominique, merci !) et de bonnes bouteilles entre amis, amateurs (qui font vite partie du groupe précédent ;-) et vignerons (qui font vite partie du premier groupe aussi). Cette fois, outre Fanfan Ganevat , j'avais la chance d'accuellir Henri Milan , Jean-Phi Bret et Christophe Beau , encore merci à eux pour leur présence et leur talent!

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Ces « Off » , les participants en profitent pour présenter leurs coups de cœur, leurs découvertes, leurs petits pièges ou simplement leurs "grandes" ou vieilles bouteilles. Il y a parfois des LPViens , parfois pas (mais presque tous le lisent;-), et il y a même souvent un DCéien, et oui, j’ai toujours été contre le mur de Berlin. Les bouteilles sont dégustées à l’aveugle par qui aime jouer, crachées par qui veut, bues par qui peut. Le premier soir est plutôt sage, le second presque sans limites.

Et si lundi c'est ravioli, vendredi c'est saucisse de Morteau, pas de panique, il y en aura pour tout le monde, ne vous l'arrachez pas ce plat!!!

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Ce premier soir (qui était déjà le lendemain de notre diagonale giganevatesque et le surlendemain d’un cours sur les champagnes ;-), nous a valu une belle opposition de style, avec une bouteille de Ducru Beaucaillou 1999, plutôt en finesse, fruit assez net, boisé intégré, pas de surextaction, à peine un peu de poivron, très propre sur elle et un pinot noir Bildstocklé 2004 de chez Schueller, sur un nez très réduit, mais qui offrait une densité, une suavité en bouche, et, pour qui sait attendre, une complexité au nez assez inouïe (rose, cerise, confiture vieux garçon, épices, …)…et puis quelle buvabilité… Un vin « conventionnel » face à un vin « nature »; clairement deux « camps » se sont dessinnés autour de la table…. ;-) ! Mais je vous laisse deviner laquelle a été complètement vidée ;-). Outre un chardonnay 1964 encore bien vivant, à peine oxydatif, mais malheureusement aussi à peine légieux (il y a avait une deuxième bouteille pour le lendemain, mais mon William a décidé de jouer aux quilles avec ), Fanfan nous avait aussi apporté un vin jaune 1925, embouteillé dans un clavelin de Château Chalon. Un vin octagénaire bien fringant, pas débordant de sotolon ou d’ethanal, mais tout en finesse. Lors des vendanges de ces raisins, mon papa avait 3 ans, ma maman 2 …. beau moment d’émotion, merci Fanfan !

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Samedi soir, 20 heures trente, les derniers amateurs s’en vont, mais j’en vois un qui trépigne d’impatience, il ne résiste plus, une bouteille cachée sous une chaussette tricotée, c’est parti, le premier vin à l’aveugle est servi ! C’est un effervescent, j’ai soif, je bois la première gorgée plus que je ne la déguste, le nez un peu baroque ne me fait pas penser à un champagne, la bouche un peu rustique non plus, je pars sur la Loire, et je prends le bon chenin ;-). Henri Milan le hume, et nous dit « c’est un Vouvray, j’adore le Vouvray », Respect ! C’est un Vouvray Brut Reserve 1995 de Foreau, je ne suis pas un amateur des vins de ce vigneron (trop réservés? peu expressifs? austères et peu de buvabilité? peut-être étriqués par le SO2 ?), mais celui-ci me plait bien. Pas l’extase, mais un mousseux qui a bien vieilli. Pas mal ! Pour la suite, pas de notes, je ne parlerai donc que des bouteilles qui m’ont marqué (et il y en a pas mal ;-) ; vous me pardonnerez les imprécisions, on était surtout là pour s’amuser ! Je ne mets en gras que les bouteilles de vignerons que je ne distribue pas pour éviter toute confusion.

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Nous passons à table et la bouteille suivante décline clairement son élevage oxydatif, de notes de frangipane, d'amande, de fenugrec, mais aussi beaucoup de fruit très mûr (pomme reinette). La bouche est fraîche, pas du tout éteinte par cet élevage contesté. C'est un sylvaner VV 2001 de Patrick Meyer, je l'ai connue plus flamboyante, mais elle se révèle excellente sur le curry d'agneau de Claude.

Une bouteille qui a fait coulé pas mal de salive, le Clos du Breuil 2002 de François Chidaine. Pour moi, le nez est terne, sur les fruits jaunes mûrs, un peu fumé, je pense à un pinot gris jeune, peu évolué. La bouche est austère, serrée, un peu marquée par l’amertume, l’acidité peu juteuse, un vin fermé à triple tour, pas envie d’en boire ! D’autres y voient un grand potentiel, un vin d’une grande minéralité, le ton monte, Fanfan me menace de m’enlever la distribution de ses vins . J’adore les divergences, il n’y a rien de plus ennuyant que d’être tout le temps d’accord avec son voisin de droite . Les avis sont tranchés, mais tout le monde s’accorde finalement à dire qu’il faut le revoir dans quelques années pour vraiment ... trancher.

Le suivant a une histoire, c’est un échange avec un LPVien qui avait été très déçu par sa dernière dégustation en raison de notes d’oxydation rédhibitoires. Comme j’aime comprendre le goût des gens, j’avais sauté sur l’occasion pour en échanger une. Sa robe est plus dorée et le nez plus explosif que le précédent. Très fruité, sur la mangue, la pâte de coing, l’ananas, juste un peu de pomme blette, mais je suis le seul à la remarquer, c’est peut-être de l’autosuggestion. J’entends « savagnin » à ma droite, mais c’est plus en raison de l’acidité que pour cause d’oxydation je crois. Et c’est vrai que cette acidité est un peu trop mordante, et déséquilibre le vin. C'est L'Insolite 2002 de Thierry Germain. Dommage, cela en fait quand même une belle bouteille pour la table et un vin en ce moment supérieur au précédent, ce que reconnaîtra finalement mon ami Fanfan, ouf, je peux continuer à vendre ses vins ;-).

On passe ensuite à un vin présenté comme un Ovni, et c’est bien un OVNI(objet viticole non identifié). Personne ne reconnaît la région d’origine, et encore moins le cépage. Nez chahuté de notes lactées, mais qui dévoile un beau fruit, une belle complexité. La bouche est ronde, juteuse, un chouia trop chaude et manque un peu d’élégance et de fond par rapport au précédent. Mais c’est un vrai vin de soif, pour l’été, un régal. Et puis surtout, un sauvignon mûr qui évite de marquer son territoire entre vos lèvres ! Ce Suavignon de Michel Augé aurait dû être présenté avant les précédents, erreur de casting de ma part.

Nous discutons bouchon, ce fléau qui affecte bien plus de bouteilles que nous le croyons, nombre de vins pas en forme sont en fait altérés par ce type de problème, le TCA tueur silencieux! C'est donc un Grand cru Muenchberg 2005 de Patrick Meyer qui suit. Le vin est encore jeune, très fruité, dans sa période Pompadour dirait Patrick, il faut l'attendre absolument pour lui laisser révéler sa minéralité, mais déjà, quel équilibre et quelle matière!! Le rapport avec le bouchon? Comme Jean-Pierre Frick qui a opté pour la capsule, Patrick a recherché une alternative au liège et a choisi le bouchon en verre. J'aime beaucoup, en plus du plus qualitatif pour le vin, c'est élégant et pratique (il se replace à souhait). Bon pas sûr d'avoir convaincu Fanfan, Phiphi et Riri;-), mais j'apprécie ces vignerons qui avancent, cherchent, innovent, même s'ils, parfois, peuvent se tromper.

Il est temps de passer aux rouges, et très vite, une bouteille choc ! Nez un peu réduit qui s’ouvre vite sur des fruits rouges macérés, fraise, cerise, rose, je pars sur un vin de Bruno Schueller, mais les notes de poivre marquées me rabattent vers le Sud. La bouche est moins trompeuse, c’est fin et dense à la fois, d’une suavité exemplaire, d’un équilibre parfait et d’une longueur infinie. Un coup de cœur ! Le millésime, en les éliminant à partir de 2005, j’y arrive par déduction, c’est un 1998 ! Le vigneron ? Je pense à Cluzel Roch que j’ai déjà confondu par le passé avec un pinot noir ; on me dit non, alors ce ne peut-être que Jamet, c’est bien lui "Côte Rotie 1998 de Jamet". Fanfan, qui l'a reconnu au premier nez, adore, tout le monde est « Sul Q », seul Henri Milan lui trouve une petite note de vanille, Jamet boisé ? Jamais

Le vin suivant est offert par mon beauf. Le sot en dévoile cependant très vite l’origine. Pour brouiller un peu les pistes, il sera dégusté en parallèle avec un autre. Je file donc dans ma cave sombre avec ma carafe, je vois une malheureuse caisse de Los Abuleos 2003, j’y pique une quille et je la carafe illico. J’annonce donc un vin de grenache et un vin de syrah. Pas photo, presque tout le monde reconnaît la syrah. C’est la Syrare de Gallety, en 2001, une bouteille que j’ai adoré à sa sortie, avec de belles notes de lard fumé, de chocolat, mais qui est actuellement un peu trop marquée par le bois en bouche. Le tout étant un peu too much face à la puissance réservée de l’autre bouteille qui fait l’unanimité. Je ne retrouve pas le côté soyeux-caresse du Los Abuelos, ses arômes de yaourt à la framboise, mais un vin très gourmand, équilibré, avec des tannins le rendent plus jeune que le LA 2003. C’est normal, je me suis planté, j’ai pris une bouteille de Leonie 2003 égarée dans cette caisse. Léonie, c’est du carignan, et bien au vu des réactions, vive le carignan, vive la Terre Inconnue et bravo Robert !

La suivante est également un grand moment, une robe un peu plus pâle que les précédentes, des notes de fruits écrasés à peine cuits, la rose, les épices, une bouche fruitée, soyeuse, longue, juste un peu marquée par l’alcool. Mon dieu que c’est bon, c’est Rayas, c’est 2003, et je regrette de ne pas en avoir en cave ! Merci Marcus pour ce beau cadeau que je voulais absolument boire en bonne compagnie.

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Un peu perdu au milieu de ces monstres, un vin du Trentin nous rafraîchira, mais ne laissera pas de souvenirs impérissables. Un nouvel arrivant arrive (c’est le propre des arrivants non ?) avec un magnum. C’est un blanc, nos papilles sont habituées aux épingles à cheveux, la preuve ? Je le hume, nez de fruits blancs, notes à peine miellée, fumée, bouche gourmande, acidité en retrait, mais sec ! Je glisse à l’oreille de mon voisin : « PG, Schueller », C’est exact ! Applaudissements ;-) ! Un beau vin que ce Oncle Leon 2002, qui manque encore de complexité à ce stade, et qu'il donc faut impérativement attendre.

Les amateurs furieux ne sont pas rassasiés, un vin jaune de Fanfan tout en équilibre devrait les calmer, mon dieu que c’est bon de siroter gentiment ce genre de vin, sans se poser de questions, avec un petit bout de fromage, juste pour le plaisir… C’est la fin, tout le monde se lève, direction la sortie, mais c’est sans compter le rappel qui se déroulera dans la boutique. Un champagne BSA Jacques Beaufort pour vraiment se désaltérer, sur la pomme mûre, arômes de calva, bouche dense, grand miam, suivi d’un Grand cru du même vigneron, plus en finesse, avec une toute petite note de gueuze, des agrumes confits, de l’écorce d’orange, re miam ! La discussion revient sur le chenin et on me demande si j’ai de la Coulée de Serrant. Je nie, je nie avec force, mais après maintes tortures, j’avoue ! Ce sera un 2002, bu non carafé, à la volée. Il est très ouvert, sur des arômes de coing, de gingembre ; une bouche dense, un peu trop tendue à mon goût, mais grasse, équilibrée, longue, presque trop parfaite ! Décidément, la Coulée ne s’offrirait-elle qu’à ceux qui la respectent;-) Un sans faute chez moi jusqu’à présent .

Voilà, il est temps d’y aller, juste une dernière pour la route, ce sera le très beau « Noël de Montbenault 2001 de Richard Leroy », moins minéral, plus fruité, moins de classe peut-être, mais plus de jus, je l’ai préféré à la Coulée, c’est dire ! Voilà, c’est tout (je ne vais quand même pas vous raconter le OFF du OFF ;-) ; un week-end réussi à tout point de vue, merci à tous, et laissez moi maintenant pousser un grand OUF !

Quelques photos de quilles que nous avons particulièrement appréciées au cours du week-end, en mode ON ou OFF ;-)noel14

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et puis le programme de la semaine suivante;

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et de l'été prochain, soyez prêts!!!

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10:09 Écrit par Laurent dans Ateliers Dégustation | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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