20/01/2008

PIED D'ENFER: ATELIER RIESLING GRAND CRU

Voilà un atelier que j'aimerais proposer régulièrement, le premier avait eu lieu en 2006, voici le second! Je n'attendrai pas 2 ans pour vous réunir à nouveau un superbe panel de cuvées illustrant au mieux les meilleurs terroirs alsaciens. C'est trop bon, trop de plaisir partagé! Les vins étaient présentés par paire, mettant en évidence chaque fois qui le terroir, mais aussi qui le vigneron ou le millésime.

1ére paire: Caractérisation du riesling.

Sylvaner 2005, Gérard & Bruno Schueller

Robe dorée, nez puissant de fruits jaunes mûrs, bouche corpulente mais sèche, acidité intégrée, non dominante. Loin du sylvaner habituel, ici la maturité du raisin est patente. Longueur correcte, un vin de soif qui conviendra aussi bien à l’apéro qu’à la table.

Riesling Or 2005, Vincent Stoeffler

Robe plus claire, aux reflets verts. Nez sur les agrumes, citron vert, la minéralité (pétrôle), et quelques fruits jaunes. La bouche est svelte, mais avec de la matière, sèche mais avec une certaine rondeur (un chouia de sucres résiduels bien intégrés). Longueur très correcte. Un beau riesling de cépage.

2ème paire: Riesling de base et Riesling Grand Cru

Riesling XXC 2005, Kirchberg de Barr (déclassé), Vincent Stoeffler

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La comparaison reprend le Riesling de la paire précédente, et un Riesling grand cru. Enfin, pas tout à fait, la cuvée de Kirchberg de Barr choisie, a été refusée à l'agrément pour cause de "manque de matière". Quand on sait que le Riesling de base n'est déjà pas fluet fluet, il était curieux, voire malicieux d'y opposer ce "raté" de Vincent Stoeffler. La robe du "grand cru" est claire, aux reflets verts. Le nez est plus fermé que le précédent, mais déjà plus complexe ; épicé (poivre), herbes aromatiques peut-être, un tout petit peu de fruit. La bouche est ferme, sèche mais mûre, d’une belle densité, nettement supérieure au précédent. L’acidité est bien intégrée et la longueur également. il n'y pas photo (enfin si en voilà une ;-); le riesling de base est savoureux, mais le XXC fera, j'allais dire comme toujours chez Vincent Stoeffler, une très belle bouteille d'ici 5 ans et plus. Il faut toujours un peu de temps à ce marathonien issu d’un terroir argilo-calcaire du Bas-Rhin pour s'exprimer complètement. Revenons sur ce déclassement, symptomatique de la dérive de beaucoup de grands crus alsaciens. Il a été déclassé à l’agrément pour manque de matière, car probablement calé dans une série de riesling grassouillets aux sucres résiduels traînant et trompant le vin comme leurs juges. Désolant! !

3ème paire Granite versus Argilo-Calcaire

Jean Schaetzel possède dans le Kaefferkopf, tout récemment promu grand cru, 2 types de sols. Il isole les deux origines pour nous proposer deux cuvées non seulement délicieuses, mais aussi passionnantes à comparer.

Riesling Granit Kaefferkopf 2005, Martin Schaetzel

Nez très pur, d’agrumes, de fleurs et légèrement minéral. Bouche très élégante, sapide, légèrement saline, qui donne une sensation un peu crayeuse en bouche, presque totalement sec, belle longueur savoureuse, l’acidité est assez présente. Vin très très agréable qui ne sature pas les papilles. Il est issu du terroir dominant dans le Kaefferkopf, le granite, qui donne des vins élégants mais qui ne manquent pas de densité. Amusant, Jean Schaetzel qui a repris le domaine de son oncle Martin, a été le professeur de Bruno Schueller et de Vincent Stoeffler.

Riesling Nicolas Kaefferkopf 2002, Martin Schaetzel

Petite erreur de casting, j’avais prévu un 2005, un 2002 s’est glissé à sa place. Petits veinards! La cuvée Nicolas est issue d’une parcelle argilo-calcaire, la différence avec le précédent est nette au nez, mais surtout en bouche. Moins d’agrumes, pas de note florale, mais du fruit mûr, et une minéralité sous-jacente qui apparaît à l’aération. (Le 2005 ne présentait que très peu de minéralité mais plus de fruit). La bouche est corpulente, dotée d’un peu de sucres résiduels bien intégrés, d’une acidité puissante, qui perdure nettement dans la longueur en faisant saliver. Un vin qui évolue bien mais qui doit encore s’affiner un peu. Beau potentiel.

4ème paire: Effet Vigneron!

Le Schoenenbourg est un terroir tout à fait à part, de par la présence dans ce terroir marneux de gypse et de dolomite. Il donne des vins relativement puissants, aux parfums parfois étonnants, et souvent de belle garde. Les deux vins proviennent de deux bons vignerons bios, et pourtant, vous allez voir, leur style est très éloigné l'un de l'autre.

Riesling Schoenenbourg 2004, Vincent Stoeffler

Robe légèrement dorée, nez plutôt discret sur les embruns, un peu iodé, sans doute la signature du Schoenenbourg. Bouche massive, grasse mais plutôt sèche. Belle longueur, un vin de très beau potentiel encore sur la retenue.

Riesling Schoenenbourg 2004, Bott-Geyl

Nez très expressif, sur le litchi, la guimauve et le bonbon, peu complexe et un peu écœurant pour certains. Bouche puissante, plus massive que le précédent mais dotée de beaucoup de sucres résiduels, pas encore intégré. L’acidité est moins savoureuse aussi. Un vin pas encore en place, auquel il faudra laisser une seconde chance dans 5 ans.

5ème paire: Plein Sud!: Schlossberg versus Muenchberg

Ces deux terroirs sont exposés plein sud, mais la composition du sol est très différente, de même que leur localisation. Le Schlossberg est dans le Haut-Rhin, sur un sol principalement granitique alors que le Muenchberg est dans le Nord (le Bas -Rhin) et sur un terroir pauvre mais complexe, gréseux, sablonneux, avec présence de cendres volcaniques et de tufs. Sa forme est aprticulière, en forme de croissant sous la colline des moines.

Riesling Schlossberg 2004, Martin Schaetzel.

Nez opulent, de fruits jaunes, d’agrumes et qui délivre aussi quelques notes de miel. La bouche est presque sur un équilibre de vendanges tardives, mais avec juste ce qu’il faut d’acidité pour équilibrer. Aujourd’hui un vin d’apéro de choix, à garder pour l’affiner et le complexifier mais l’acidité est peut-être un peu juste, et puis c’est tellement bon dès maintenant… D'autres commentaires intéressants sur les vins de Martin Schaetzel

Riesling Muenchberg 2004, Julien Meyer

Nez complexe, grillé, fumé, un peu lacté. La bouche est plus puissante que le précédent, mais moins ronde. De ce fait, il paraîtra plus mince que le précédent à certains, ce qui n’est pas le cas. L’acidité est plus marquée que le précédent, et la bouche est dotée d’une grande minéralité. Pas la minéralité typée « pétrôle », mais une minéralité venant du sol qui donne cette impression étonnante de sucer du caillou. Il n’est pas impossible que les notes lactées soient dues à un début de malolactique. A noter que le nez s’est épuré tout au long de la soirée, vraiment étonnant et passionant. Patrick Meyer travaille un peu dans le même style que Bruno Schueller, avec un minimum d’intervention, et cela se goûte pour notre plus grand bonheur.

6ème paire: Le Pfersigberg

Le verre est dans le fruit (Riesling Pfersigberg) et Riesling Pfersigberg H 2004 Gerard & Bruno Schueller

Tout deux issus de la colline des pêchers, le H présente un peu plus de calcaire dans son sol que le générique qui est plus gréseux et sablonneux. Les deux offrent un nez un peu grillé et fumé, en bouche il n’y a pas photo. le premier est excellent, très sec, musclé, avec un fruité peu exubérant, quelques notes d’hydrocarbures mais de la minéralité en bouche. A nouveau difficile de comprendre le déclassement, peut-être basé sur le nez à l’ouverture, mais certainement pas sur la matière ou la typicité. Le verre est donc toujours bien dans le fruit des comités d’agréments ;-). Re-désolant! Le H est dans le même registre, mais avec un peu plus de tout, un fruité plus marqué (pomme reinette), une note un peu oxydative qui va s’atténuer à l’aération, et surtout une acidité plus longue, typée calcaire qui fait beaucoup saliver. Miam Miam!

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7ème Paire: Le Rangen de Thann.

Une demi-paire en fait; le Riesling Rangen de Thann 2005, de Martin Schaetzel

On ne peut terminer une dégustation consacrée aux riesling sans goûter à son fleuron, le Rangen de Thann. Je ne sais si les raisins de cette cuvée ont été vendangés encordés (la pente du Rangen est impressionnante), mais, à sa sortie, il avait été élu parmi les 5 meilleurs vins d’Alsace par la RVF. Le nez est magnifique, avec du fruit, des épices (safran), une note un peu fumée et juste ce qu’il faut de minéralité (hydrocarbures) pour rassurer sur son cépage. La bouche est déjà remarquable d’équilibre, plus puissante que toutes celles dégustées jusque là. Les quelques sucres résiduels ne perturbent pas la bouche. La longueur est remarquable avec ce concert de saveurs qui joue jusqu’à la dernière caudalie.

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Pour terminer:

Riesling Pfersigberg 1999, Gérard et Bruno Schueller

Dégusté après le repas (Poulet bio au Riesling) et le Rangen, il tient remarquablement la route, dans un registre tout à fait sec, droit, mais musclé. La minéralité s’est développée au nez (hydrocarbures) comme en bouche (caillou), le fruité n’est pas exubérant mais laisse place au terroir. Le vin a encore de très belles années devant lui.

Les vins goûtés avec le poulet au riesling préparé par Anne, se mariaient admirablement. Muencherg, Rangen, Pfersigberg H et Granit jouent différement mais rebondissent à souhait. Même le Schlossberg tire son épingle du jeu, même si l’accord est un peu lourd en raison de la présence des sucres résiduels. C'est confirmé, je le garderai pour l’apéritif!

Les vins proposés étaient parfaitement en phase avec leur terroir, excepté peut-être le Bott-Geyl qui sans être mauvais était dans une phase un peu trop « Pompadour » (pour reprendre une expression de Patrick Meyer) pour séduire les amateurs d’acidité, de minéralité et d’avalanche de cailloux. On remet ça quand vous voulez!!

08/01/2008

TOI PLANETE, MEILLEURS VOEUX!

Il est temps de sortir de ma léthargie pour présenter mes voeux 2008. Et ces premiers voeux iront pour notre planète. Puissions nous prendre conscience des enjeux qui nous attendent et traduire dans plus d'actes encore cette prise de conscience. Je parle pour moi également, car certaines habitudes stupides ou trop confortables ont la vie dure. Puissions nous, avec elle, retrouver de vrais valeurs, autres que celles de l'euro, du dollar ou du yen... Comme je l'ai lu par ailleurs, puissions nous ne pas perdre la boule et que seuls, nos enfants continuent à marcher sur la tête;-).

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Mais je ne vous oublie pas; puissiez vous, cette année, aller chercher le meilleur, de vous même et des autres. Aimez les gens qui vous entourent, osez les projets qui vous taraudent, et bousculez les habitudes qui vous sclérosent!

Tiens, je vais également profiter de cette occasion pour remercier tout ceux qui m'ont suivi tout au long de cette année 2007, qui ont surveillé mes ébats littéraires, voire poussé les portes de ma boutique pour faire confiance à mes choix diaboliques, viticoles ou gastronomiques. Puissent-ils continuer (là c'est à moi que je présente des voeux;-) et contaminer leurs parents, amis, voisins et entourage. D'autant que cette année sera cruciale, le parachute a perdu sa dorure et s'est presque refermé; en 2008, il va falloir voler!;-). Mais la motivation est intacte, si pas redoublée, pour vous proposer encore plus de découvertes, de rencontres mémorables, d'ateliers farfelus et de saveurs insoupçonnées.

Nous enfoncerons bien sûr le clou du vin naturel produit par des vignerons passionnés, même si, je le sais, il faudra encore faire face à plus d'une bioconnerie ;-). Allez, je ne résiste pas, je lève le coin d'un voile sur les projets futurs, l'année 2008 ne sera pas seulement celle du rat (pour William c'était déjà 2007:-), mais pour notre odyssée, ce sera aussi celle du ... chocolat. A suivre. Un mot aussi à mes vignerons préférés, qu'ils continuent de nous régaler avec leurs cuvées, avec une pensée toute particulière à Stéphanie Michaud du Clos Roca.

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Je reviens quelques lignes sur mes meilleurs voeux à la planète. J'ai reçu hier, un mail qui proposait un petit geste tout simple pour la planète, jetez y un oeil, car chaque pierre contribue à l'édifice... Voici le message:

Hello à tous,Voici un petit service à rendre à mère nature pour la nouvelle année.

Vous ne voulez plus d'annuaire téléphonique parce que vous surfez sur le net et que votre annuaire actuel vous suffit amplement et que:

- en Belgique, 2 250 000 paquets contenant deux annuaires sont distribués chaque année

- chaque paquet pèse environ 2,5 kg soit en tout, 5 625 000 kg de papier.

- que chaque tonne de papier produite dégage environ 500 kg de CO2.

Alors stop ou encore recevoir ces annuaires ?Si c'est stop, parce que le dégagment de CO² c'est NOUS ICI et pas les autres:signalez à l'éditeur que vous ne voulez plus recevoir les annuaires, en allant sur son site web, c'est réglé en moins d'1 min. (montre en main):

c'est ici . N'oubliez pas le forward...

Ensemble on ne perdra pas la boule sur laquelle on vit !

Voilà qui est fait, moins d'une minute, je peux fêter la fin des bottins! Il y a tant de gestes de ce type que l'on pourrait faire, ma résolution 2008, vous l'avez compris, sera d'y être très attentif!

Tant qu'on est dans les bonnes actions simples et pas inutiles, voici un autre mail reçu aujourd'hui et l'occasion de donner votre avis sur les OGM, c'est important!

OGM, enfin un commissaire européen courageux !!!

Faites circuler...

Fin octobre, le Commissaire européen à l'Environnement, Stavros Dimas, s'est courageusement opposé aux grandes compagnies de l'agrobusiness en proposant l'interdiction de la culture de deux maïs OGM (le Bt11 et le 1507) développés par les firmes Syngenta et Pioneer/Dow.

Des scientifiques ont en effet démontré que la culture de ces OGM censés combattre des insectes nuisibles au maïs pouvait provoquer des conséquences graves, notamment sur des insectes non nuisibles du maïs, comme le papillon monarque ou sur des "organismes non ciblés" comme des oiseaux. Récemment, il a également été prouvé que les écosystèmes aquatiques pouvaient aussi être affectés.

Si la proposition de Dimas était adoptée, il s'agirait d'un véritable tournant. Très favorable aux OGM, la Commission a jusqu'à présent toujours donné son feu vert aux demandes d'autorisation d'OGM Et les autres Commissaires européens, par peur de froisser les puissants intérêts pro-OGM, notamment américains, risquent de s'opposer à l'initiative courageuse de Stavros Dimas. Mais celui-ci vient de confirmer publiquement sa position. « Le risque est trop élevé pour l'environnement selon plusieurs études scientifiques récentes, a indiqué M. Dimas à Bruxelles le 22 novembre. J'envisage de donner un avis négatif pour la demande d'autorisation. »

Il faut absolument soutenir la position prise par Stravros Dimas, qui, si elle est adoptée par la Commission européenne, sera le premier rejet d'OGM dans l'histoire de la Commission européenne et représentera un pas décisif pour une Europe sans OGM. Une mobilisation massive est nécessaire pour cette opportunité historique !

Cap sur les 100 000 signatures

Le plus grand nombre possible d'Européens doivent interpeller laCommission européenne pour que la santé publique et l'environnement priment sur les intérêts de quelques multinationales etque les maïs Bt11 et 1507 ne soient pas autorisés.

Signez et faites signer la pétition à destination de Manuel Barroso, Président de la Commission européenne, et aux Commissaires Dimas, Kyprianou (consommateurs), Fischer-Boel (agriculture) et Barrot (transports). Plus de 75 000 européens l'ont déjà signée en quelques semaines, dont 10 000 en France... La pétition française s'adresse également à Jacques Barrot, Commissaire européen aux transports, car il votera également sur la proposition de Stravros Dimas et doit tenir compte de l'avis des citoyens français et de la nouvelle ligne politique française sur les OGM à l'issue du Grenelle de l'environnement.

Signez la pétition

Pour saisir cette opportunité historique, faites circuler cette pétition dans tous vos réseaux...

Voilà, c'est 2008, on démarre fort, meilleurs voeux à notre planète!!!

21:35 Écrit par Laurent dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |