20/03/2008

VENEZ au PRINTEMPS de l'ODYSSEE!

Oyez Oyez, quelques représentants de choix de la tribu des vignerons naturels vont à nouveau établir leurs quartiers à Pécrot (Grez-Doiceau). Ce sera les vendredi 28 et samedi 29 Mars prochain, à la boutique de l'odyssée, qu'on se le dise! En effet, pour clôturer une semaine sans pesticides (et là je m'adresse aux jardiniers amateurs, de grâce laissez tomber ces herbicides et autres produits de &@!§!!, profitez de votre coin de verdure pour en faire un havre de paix pour la nature et pas un partenaire privilégié de Monsanto et sa vision du monde;-), nous vous proposons de venir découvrir les vins de 4 vignerons engagés dans une démarche vers l'agriculture biologique, respectueuse de l'environnement et de notre santé! Et oui quoiqu'on en pense, la plupart des raisins sont encore tchenobylés sur pied, la plupart des vignes désherbées à grands coups de pulvérisateurs et les ceps sous perfusion permanente. D'ailleurs la vigne qui n'occupe qu'un petit pourcentage de la surface cultivée en France, consomme toujours près de la moitié des pesticides utilisés chaque année... Les changements de mentalité sont lents et les changements d'habitudes sont encore plus lourds; on ne peut donc qu'applaudir des deux mains les vignerons qui prennent le risque et le temps pour vous offrir le meilleur de leur terroir, tout en minimisant l'impact de leur production sur l'environnement. Il y aura bien sûr des esprits chagrins qui n'y verront qu'opportunisme et marketing, je les invite à venir discuter avec ces vignerons et à déguster leurs cuvées; mais attention, le risque de mettre tout le monde d'accord est grand;-)

afficheprintemps2008

Ce sera en tout cas encore une belle occasion de réciter notre crédo et donc d'acheter en connaissance de cause, après dégustation, de belles cuvées de soif, ou des vins de caractère, également issus de pratiques angéliques en cave. Pas de chaptalisation, d'enzymage, de cryoextraction, d'osmose inverse, de tannins de pharmacie ou que sais-je encore; très peu voire pas de sulfites; des vins aux géniteurs talentueux et passionnés avec qui vous pourrez échanger autour de leurs meilleures cuvées. Et oui, ces vins ne sont pas choisis uniquement pour leur étiquette bio (d'ailleurs ils le mentionnent rarement ouvertement), car si le bio est une condition nécessaire pour moi, elle n'est pas suffisante. Il faut aussi que l'on retrouve toutes ces pratiques et discours dans le verre; nous y veillons ardemment, mais venez vérifier par vous mêmes! Tout cela dans l'ambiance conviviale des Marchés de l'Odyssée , à ne pas rater, parlez en aussi autour de vous, nous en avons besoin!

Au programme également de ce week-end là (vendredi et samedi), dégustation de thés et tisanes bio, huiles essentielles et de gastronomie, d'épices et de poivres rares (le fameux poivre sauvage sera bel et bien là;-); la carte de l'odyssée vous sera grand ouverte. Venez vivre cette odyssée aromatique, culbutez vos papilles, exploser vos narines, vous n'en sortirez probablement pas complètement indemne;-).

Voyons en détail les vignerons à découvrir. A tout seigneur, tout honneur, Jean-François Ganevat du Jura ! Malgré une reconnaissance maintenant internationale, il nous rendra visite pour la neuvième fois et il ne viendra pas les mains vides. Non, au moins deux nouvelles cuvées, deux "petnat" qui devraient faire fureur à vos apéros de printemps et d'été. "Délire" , un jus de savagnin à peine fermenté (il fait +/- 8% d'alcool), légèrement sucré mais d'une fraîcheur insolente, et puis après son "J'en Veux", son "J'ai Soif", un poulsard (entre autres) pétillant naturel, aux arômes de Kriek, génial! Et puis ses trousseau et poulsard aux arômes de fruits rouges et de poivre blanc, et bien sûr quelques cuvées ouillées ou non dont il a le secret. Lisez le dernier article de la RVF consacré aux blancs du Jura, c'est simple, les meilleurs ( Ganevat et Tissot) sont à notre carte!

ganevat-origane

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Fanfan Ganevat ne viendra pas les mains vides (le fabuleux Comté de l'Essencia à Poligny sera bien là aussi), et il ne viendra pas seul! Le toujours fringant Tonton Casa sera évidemment de la partie, mais Fanfan sera aussi accompagné par Yannick Pelletier , avec qui il a sympathisé à Vinisud. Pas seulement sympathisé, Fanfan a aussi adoré ses vins, issus des schistes de Saint Chinian, dans un style proche de Barral. Ils en ont en tout cas le terroir, le naturel et la profondeur. Yannick était sur ma "to do list", j'ai donc saisi l'opportunité pour l'inviter à Pécrot. Il a répondu présent immédiatement. Coccigrues, oiselet et engoulevent, des noms qui invitent au voyage, et une découverte à ne pas rater!

Une autre découverte, faite à Deauville , c'est le domaine du Pech, à Buzet. J'ai adoré le style profond et viril de ces vins dont les meilleurs seront de grande garde, et tout ça sans abuser du bois; un exemple pour pas mal de bordelais! Et pourtant, il n'a pas été reconnu par ses pairs, refus d'agrément, pas d'AOC, le Pech abusé est né. Une viticulture bio, des vins excellents, un gars sympa qui a le sens de l'humour, l'odyssée des arômes ne pouvait rester indifférente! A noter une cuvée déclinée en deux versions, avec et sans SO2, il sera passionnant des les comparer! Et puis encore un sauvignon qui ne joue pas au matou incontinent, au contraire, sans sulfites, il se vautre dans la maturité et la suavité, un autre suavignon;-).

domaine_du_pech

Enfin, je termine par une des plus belles découvertes de l'année passée, le domaine Stella Nova . Philippe Richy, à 45 ans, a décidé de quitter la finance pour réaliser son rêve, devenir vigneron. Après plusieurs écolages, il s'installe à Caux du côté de Pezenas, et nous livre des cuvées tout en harmonie avec leur terre, mais aussi avec le ciel! En effet, Philippe est un passionné d'astronomie et le nom de ses cuvées trahissent bien cette passion. Vous avez adoré Sirius en 2004, venez découvrir le millésime 2005, tout en fruit et en finesse. Et puis dans le millésime 2004, c'est la cuvée les Pléiades qui vient d' être embouteillée que vous découvrirez. Un vin à encaver sans hésiter! Et puis un superbe blanc de grenache et de clairette et bien sûr, un rosé de soif, si le printemps est à nos portes, l'été le suit à grand pas!

Voilà, croisons les doigts, nous vous attendons nombreux, les enfants sont les bienvenus, le jardin bio est grand;-)!

18/03/2008

L'AMI des BRET, la conclusion!

Alors, ces Bret ? Vous en pensez quoi? Moi, je dois dire que les cuvées présentées portaient plutôt bien leur tare. Elles étaient marquées "Bret" mais plutôt avec un côté épicé relevé et quelques notes d'encre en finale qui structurent un peu le vin et semblent même lui apporter complexité et fraîcheur. A ces niveaux, c'est donc franchement une question de goût! Ce peut même être une opportunité pour la cuisine. Ces notes permettent de surmonter des plats roboratifs comme la daube. Accord parfait, dommage de s'en priver... Mais tout est une question de dosage, trop présentes, ce "goût de gouache" peut rendre le vin imbuvable, nous l'avons vu dans les ajouts.

Et l'écurie, la fiente de poule, le nombril de fantassin? Seul un vin présentait des notes discrètes de fromage, un peu dérangeantes pour certains, mais pas pour la majorité, et imperceptibles en bouche. Ici aussi, tout est dans le niveau détecté. Personnellement, et contraiement aux bret,je ne trouve pas leur présence bénéfique à la complexité, mais pourquoi pas. les bières brassées avec du houblon suranné portent d'ailleurs très bien ce genre de notes. Tout est donc bien une question de dose, de matrice, de moment et de sensibilité! Par exemple, je ne supporte pas le rappel de la cacahuète en fin de bouche, que l'on trouve parfois dans les vins brettés, d'autres passent à côté ou plutôt à travers, et alors?

Je vais enfin terminer sur une petite conclusion très personnelle: Vive les Bret (et la réduction ;-)!

N'allez pas croire que je ne bois que des vins brettés, loin de là. Ni trop ni trop peu, ni tout le temps, mais de grâce, halte à la chasse à tout prix (et à quel prix ;-). Leur présence ou absence devrait être un choix de vigneron et de consommateur, pas d'oenologue ou de critique. Rappelons nous la perte de bi(er)odiversité (Orval, gueuze, leffe, ..) si le consommateur et le brasseur avaient suivi à la lettre les consignes "scientifiques"...

Que doit donc faire le vigneron? S'il se trouve face à ces arômes, il décide en fonction de son goût, de ses contraintes et de sa "philosophie" s'il peut les tolérer ou non, et à quel niveau. Quand on voit les moyens mis en oeuvre pour les éradiquer, on se demande souvent, quel traitement modifie le plus le vin finalement!

Et nous, les consommateurs? Nous devons simplement suivre notre propre goût, plutôt que de nous laisser le dicter et le formater (ce qui n'empêche pas de le développer...). Nous aimons, nous achetons; nous n'aimons pas, nous passons notre chemin, ou nous essayons de comprendre (comme moi avec l'Orval il y a 30 ans;-), et pourquoi pas d'apprivoiser ces notes. Et oui, ces défauts de Bret faisaient très terroir il y a quelques décennies et maintenant, maintenant, la moindre trace est fait office de défaut rédhibitoire... Il n'y a donc pas de vérité définitive.

Mais alors, que fait l’œnologue? Lui, si le vigneron l'appelle, il est là pour analyser le vin, lister les alternatives, les conséquences; faire un tableau complet au vigneron et lui donner les moyens d’atteindre ses objectifs. Point!

Et le critique? Je crois qu'il devrait se limiter à décrire au mieux le vin pour permettre au consommateur de s’orienter. Il peut bien sûr donner ses préférences auxquelles le lecteur pourra se raccrocher ou non et en connaissance de cause; mais il n’est certainement pas là pour lui dicter ses goûts ! Non à la dictature du bon goût chère à beaucoup! Je laisserai d'ailleurs la parole à Robert Parker, souvent accusé de ce mal: "I am clearly in the camp that actually likes some brett....if I didn't, then I would have to throw out all those bottles of 1947 Cheval Blanc and Petrus....and 1961 Latour as well." Comme quoi! ;-)

Voilà, nous en avons (momentanément fini avec les Bret, nous allons maintenant aborder un sujet tout aussi polémique, la minéralité ! Restez avec nous, vous ne serez pas déçu! Et si vous voulez organiser un tel atelier chez vous, n'hésitez pas à me contacter, j'adore ça!

22:46 Écrit par Laurent dans Ateliers Dégustation | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : brettamomyces |  Facebook |

10/03/2008

L'AMI des BRET (III): La Dégustation Bière-Vin

Le but de la dégustation était double. Tout d'abord, d'apprendre à reconnaître ces fameux arômes généralement phénoliques produits par les Bret. De pouvoir les détecter dans différentes matrices; dans la bière ou des composés similaires sont fréquents, via des ajouts de composés purs dans le vin et puis, in vivo dans des cuvées, qui, sans honte, figurent à ma carte;-)! Le deuxième objectif était de mettre son propre goût face à ces composés présents dans des cuvées, de bière ou de vin, de haute qualité. Simplement pour connaître sa réaction "animale", (c'est le cas de le dire;-), une réaction de j'aime ou j'aime pas, et non pas simplement une appréciation mécanique dictée par les gourous de l'oenologie moderne. Et ne craignez rien, pas de masochisme ici, nous nous sommes vraiment régalés!

Les BIERES

Palm versus Vieux-Temps

La Palm, présente des arômes de céréales, de paille, de biscuit et de confiture aux fraises un peu passée. Le nez de la Vieux Temps est plus frais, camphré, épicé et libère des arômes qui rappellent la gouache. En bouche la Palm est assez plate, peu amère, la Vieux-temps est plus structurée, avec une finale nette sur l’encre. La Palm est fermentée avec une levure PhenolOffFlavour (-) alors que la Vieux–Temps l’est avec une levure POF (+), qui produit pas mal de vinylguaïacol (arôme de girofle, dentiste, un peu de vanille) mais aussi du vinylphenol (phenol, encre, hôpital, ….).

Alors, premier exemple édifiant! Dans la bière aussi, certains "brassicologues" ont décidé que ces arômes étaient des défauts; le gène a même été clairement nommé dans ce sens (Off Flavour = Défaut). Et pourtant, pour moi c'est clair, je préfère la Vieux Temps à la Palm, et de loin! C'est simplement une question de goût et peut-être de culture (j'ai baigné toutes mes études dans la Vieux-Temps, Mont Saint Guibert était très proche de Louvain-la-Neuve;-), mais loin de moi l'idée d'y placer une hiérarchie simplement sur la présence de ces composés.

brettanomyces_palm

Leffe Blonde

La Leffe offre un nez très maqué par les épices dont la girofle. La bouche est (trop) sucrée, douce, les épices se mêlent au caramel et au fruit (banane). L’impression d’encre en finale est nettement moins marquée que dans la Vieux Temps. La Leffe est également fermentée avec une levure POF(+), mais elle produit plus de vinylguaiacol que de vinylphénol.

Voici donc encore une bière nettement phénolique, plus sur la vanille et la girofle, mais très phénolique quand même. On peut reprocher beaucoup à la Leffe (la Heineken de la bière d'abbaye comme j'entends souvent dire...) et notamment son caractère trop sucraillon, mais il faut quand même s'incliner sur le fait que cette bière est la bière "spéciale" la plus vendue au monde alors qu'elle affiche cette fameuse "Off Flavour" phénolique....

L’Orval

L’Orval est une bière dont une fermentation secondaire inclut des Brettanomyces. Les arômes phénoliques ne se trouvent cependant pas aisément au nez. Celui-ci est plutôt marqué par le litchi, la résine, les agrumes et la lavande, probablement en raison du houblonnage à cru traditionnel (ajout de houblon dans la bière finie, alors que l’ajout classique se fait dans la chaudière à ébullition avant fermentation). La bouche est dotée d’une amertume nette, et l’aspect phénolique se détecte en finale.

Des Brettanomyces dans l'Orval, mais ils sont fous ces belges non? Et pourtant, ces bibiches participent certainement au profil organoleptique de l'Orval et donc à son succès jamais démenti. Evidemment ce n'est pas une bière à mettre entre toutes les papilles, il faut même l'apprivoiser au début, y revenir malgré son accueil difficile. C'est ce que j'ai fait il y a maintenant 30 ans, et depuis, quel bonheur!

La Kriek Cantillon

Pas de "chance" avec les gueuzes, la Cantillon est bouchonnée de chez bouchonnée (et oui, c'est encore plus fréquent dans la bière que dans le vin), et la Timmermans indigne de son appellation; oxydée, paille, fruité artificiel ingrat, et pas de trace apparente de bret d'ailleurs. On se rabat donc sur une Kriek Cantillon. Nez explosif, d’acides volatils et de fruit, ceux qui apprécient salivent déjà. Le nez est complexe, avec ses arômes de bois et d ‘épices. La bouche est fraîche, dotée d’une acidité survitaminée. L’aspect phénolique est présent en bouche, mais intégré dans le fruité très pur de la cerise. Les « vraies » gueuzes sont partiellement fermentées avec des Brettanomyces bruxellensis présents (en principe) dans l’air de la Senne.

A nouveau, ne serait-il pas dommage de se priver d'un tel joyau, même s'il ne fait pas dans le consensuel, sous prétexte qu'on y trouve les fameux ethylphenol et guaïacol?

brettanomyces_gueuze

LES VINS DOPES

Beaujolais primeur 2006

Nez amylique typé de primeur, bouche friande, fruitée, très beaujolais nouveau plutôt classique.

Ajout d’éthylguaiacol à 1000 ppb : le vin gagne en complexité (arômes de girofle, de vanille, ..) et en structure.

Ajout d’éthylphenol à 1000 ppb : le vin sent le cuir neuf, la gouache, la finale sur l’encre est insupportable. La dilution avec du primeur non dopé permet de comprendre la finale sur l’encre, typique des vins brettés.

Ajout d’acide isovalérique à 1000ppb: le nez sent la vieille sandale, la fiente de poule.

La combinaison des trois permet d’approcher l’arôme "cour de ferme" ou d'"écurie", mais il est clair que d’autres composés ou combinaisons doivent se présenter dans la réalité.

LES VINS

Cahors 2002, 100% Malbec, Domaine de l‘Antenet

Nez ouvert sur les épices, la violette et une note un peu levurienne de cube bouillon. Cette note s’atténue à l’aération. La bouche est fraîche, encore un peu tannique, la matière n’est pas tridimensionnelle mais suffisante, la finale est assez nettement marquée par l’encre, mais ce n’est (amha) franchement pas désagréable, que du contraire. Un vin dont je me suis, avec mes voisins, plusieurs fois régalé sur du cassoulet d'anthologie.

Bandol 2001, 95% Mourvèdre, Domaine St Anne

Nez intense, de fleurs (violette), d’épices, de fruit noirs, marqué par une note « isovalérique » de fromage. La bouche est costaude, avec des tannins présents mais intégrés. Bel équilibre, belle fraîcheur, la longueur est là, marquée par ces petites notes d’encre typiques de la présence de Bret. J'adore ce vin, un peu rustique il est vrai, mais franc du collier, sincère et simplement bon!

Bandol 2003, 95% Mourvèdre, Domaine St Anne

Le nez est plus discret et dans un tout autre registre, fruité mûr, prune, chocolat. La bouche est suave, mais marquée par des tannins un peu plus secs et l’équilibre est moins frais que le 2001. La finale chocolatée n’est pas marquée par les notes de Bret. Beau vin, sans doute plus consensuel, mais le préférer au précédent est vraiment une question de goût!

On aurait pu croire que le 2003 plus chaud aurait apporté des conditions plus favorables aux Bret (précurseurs, pH,, ..) mais il n’en est rien. Ceci dit au niveau de la maturité des baies, le 2001 était probablement plus « mûr » même si moins chaud. En effet , le mourvèdre a besoin d’une longue période de maturité, ce qu’il a pu vivre en 2001 et peut-être moins en 2003 ou la maturité alcoolique a été rapidement atteinte, alors que le stress hydrique ne permettait peut-être pas d’obtenir des peaux bien mûres. La maturité des tannins à la dégustation (un peu secs en 2003) va dans ce sens. Il n’est pas impossible non plus, que sous la pression des « critiques » et des oenologues, le domaine ait décidé de changer de style, à suivre…

brettanomyces_bandol

Réduction ET Bret !

Je lis à longueur de net des confusions entre les Bret et la réduction, c'est pourtant très différent; seule la réaction négative de certains palais sensibles est similaire;-). Parmi les cuvées qui suivent, j'ai donc choisi certains vins présentant ces arômes indésirables (la réduction est principalement décrite comme "oeuf pourri";-). Languedoc Pic St Loup, Pleine Lune 2002, Syrah, Domaine Beau Thorey

Nez explosif très sauvage, assez typé syrah. Le tout enrobé d’une belle réduction presque florale (qui disparaît après addition de quelques cristaux de sulfate de cuivre). La bouche est suave, d’une grande fraîcheur, épicée, florale, les tannins sont bien fondus, la finale est légèrement marquée par les Bret (encre), mais sans excès (amha). Un régal tel quel et sur la daube qui suivra. Un vin fort apprécié qui cumule pourtant pas mal de défauts œnologiques rédhibitoires;-).

Réduction OU Bret ?

Afin d'entraîner les dégustateurs à différencier les arômes de Bret et de réduction, j'avais choisi de présenter un vin qui est au panthéon de mes vins préférés bus en 2007:Alsace Pinot Noir, Bild, 2004, Gérard Schueller Schueller

Le nez est marqué par une nette réduction qui laisse gentiment percer des arômes floraux (pivoine, rose) et de fruits (cerise, fraise). La réduction n’est absolument pas perceptible en bouche ; cette bouche est par contre d’une suavité et d’une élégance folle (ce vin me donne des frissons à chaque fois ;-). Longue finale épicée, fruitée, mais sans aucune note de Bret. La bouteille est sifflée en un temps record ! Proche de la cuvée LN012 dégustée avec un autre groupe, mais avec plus de longueur encore. La LN012 me faisant peut-être pourtant encore plus "vibrer", mais je chipote;-).

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AVEC LA DAUBE !

Pour terminer, j'ai été pêcher dans ma cave une bouteille de ce château tant décrié par certains pour ses arômes animaux. Las, la bouteille dégustée ne présentait pas ces "défauts".

Châteauneuf du Pape, Beaucastel 1996

Robe évoluée, nez relativement discret mais complexe, notes étonnantes d’agrumes, de fruit évolué, un peu d’épices, mais pas de girofle ni de phénol. En bouche, c’est agréable, bien fondu, la matière n’est pas extraordinaire, l’acidité un peu trop en avant, mais c’est bien agréable.

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L'autre groupe dégustera le Bandol Cuvée collection 2001 du Château St Anne, une bouteille exceptionnelle, sensuelle, fruitée, florale, marquée par les bret au nez comme en finale, mais sans excès, juste pour accroître la complexité et participer au festin. Un délice, là aussi, avec la daube, la bouteille ne traînera pas. J'en ai caché deux pour faire déguster à ma fille née en 2001. Je suis sûr qu'elle appréciera ces arômes de bret sauvages, d'écurie et de cour de ferme, et oui, elle veut devenir ... fermière