30/04/2008

PRINTEMPS de la MALBOUFFE

Un vent de malbouffe aura soufflé sur l'écran de ce début de printemps. Tout a commencé par la rererererediffusion de l'"Aile ou la Cuisse", un bon duo à succès "De Funes-Coluche" de Claude Zidi. Pas revu ce soir là, mais enregistré sur une vieille K7 VHS (je me demande si les plus jeunes ne sont pas déjà perdus;-) pour regarder avec mes enfants. Il fut suivi, quelques jours plus tard par une émission tardive de David Lallemand "ça se bouffe pas ça se mange", avec une palette d'invités intéressante.

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Jean-Pierre Coffe, en forme moyenne et pourtant il arriva sans problème à décontenancer la langue de bois des représentants de Danone et de la Sodexo. Le premier nous aura fait presque pleurer avec son initiative de lancement d'une usine de yaourt au Bangladesh. L'intention paraît bonne, mais est-ce vraiment ce dont les habitants ont besoin là bas? Et le mini-credit du prix Nobel de la Paix, ne fait-il pas de ces pauvres des endettés de plus; c'est juste une question. Et la présence de Zidane, combien ça coûte, et est-ce indispensable pour le fonctionnement véritable de cette initiative ou surtout pour son écho dans la presse. Alors, mini-credit ou maxi pub , je n'ai pas la réponse... (;-).

Et puis ils ont parlé de poules, de vraies, avec des ailes, un bec et un cul de ...:-). Le représentant de Sodexo, société qui fera pensé certains à Tricatel, euh pardon à Borel, peu à l'aise, nous jura ses grands dieux qu'elles couraient en plein air, et je veux bien le croire. Faudra juste qu'on m'explique où vont les millions d'oeufs de batterie pondus sur moins d'une feuille A4, et pourquoi mes oeufs ont bien plus de goût! Peut-être à cause de la dioxine;-). Et là aussi, faudra m'expliquer pourquoi de tels résultats sont aussi largement diffusés alors qu'ils ne proviennent que de 4 (quatre) particuliers. J'aime bien qu'on m'explique; après la psychose de la grippe aviaire, ce que l'on a contre mes oeufs, dont toute la famille se régale, trop bons? Et contre mes belles poules de chez Poulette, dont les renards se délectent, trop belles? Tiens et mon coq Lagerfeld, beau aussi non?;-)

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Il y avait aussi un Monsieur Quick, vantant la qualité de ses ingrédients "nous c'est le goût" et l'ambiance de fête qui règne dans ses restaurants. Bref, un vrai monde de bisounours, la malbouffe ne serait donc qu'un leurre et les problèmes juste une addition de calories. Nous sommes sauvés, continuez à regarder la telé!

Et puis heureusement est intervenu Philippe Renard, ancien chef étoilé. Il nous a parlé de légumes de saison, d'aliments bio, et d'aliments bio pas trop chers, au juste prix, puisqu'il a converti les cantines Ethias au bio, et ça marche! Je l'ai de suite contacté pour une initiative envers les écoles. Quand je vois (j'avoue, je goûte pas ;-), ce qu'on leur donne à bouffer, avec parfois pourtant pas mal de bonne volonté, je me dis qu'il y a vraiment quelque chose à faire. Agir à la base, c'est peut-être la solution pour une amélioration réelle des consciences. Je vous raconterai la suite bientôt, j'espère.

Tiens le prix du bio, un argument récurent des antibiotiques; j'en parlais encore récemment avec des amis et je leur ai posé quelques questions. Quel est la proportion "alimentation" dans le budget d'un ménage, comment varie-t-il en fonction du revenu de celui-ci, et puis, quel est le prix d'un paquet de chips, et celui d'un kilo de fruit? J'ai eu la réponse à cette dernière, car avec les enfants, nous avons plongé dans la malbouffe (j'ai quand mêmem mis du fromage et des oignons bio sur la pizza;-) le temps d'une soirée télé et de cette fameuse K7 VHS ;-). Et bien les chips, cela va de 0,8 à près de 3 euros, pour 150 grammes même pas bios! Pour info, on trouve des pommes bios en saison sans trop de problèmes à 2 euros, le kilo..., le kilo, pas les 150 grammes;-). Cherchons l'erreur...

Et donc on se dit qu'il y en a qui font bouger les choses, qu'on va se lever également, qu'un réseau positif peut se tisser, et puis, pendant ce temps, d'autres s'acharnent à détruire le reste de notre équilibre en nous imposant, par la bande et ce n'est qu'un exemple, les OGM. Ecoutez ce reportage très instructif au sujet du grenelle de l'environnement en France. Dingue!

Alors avant de quand même ouvrir une rubrique "coup de soleil" à la place de mes "coups de gueule" qui ne servent à rien, je m'écoute ce que finalement nous sommes presque tous, des gens ordinaires. Et puis comme il n'est de bonne compagnie qui ne se quitte, je vous laisse, car nous, les gens ordinaires, avons du boulot à abattre ;-)

Revenez bientôt pour quelques recettes de printemps aux ingrédients fournis gracieusement par "Mother Earth", à suivre!

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24/04/2008

VINS DINGUES II; (HOGUS) BOGUS!

Nous revoilà pour poursuivre cette véritable odyssée aromatique, avec un vin aux arômes étranges, qui va dérouter plus d'un dégustateur. La robe est pourpre, légèrement trouble, et les senteurs qui s'échappent du verre sont peu communes pour un vin rouge. Derrière un petit peu de réduction, il y a bien sûr du fruit, plutôt rouge, mais aussi des notes florales, musquées. Un dégustateur parlera de menthol, je le comprends. Un vin à faire déguster en vrai aveugle (les yeux bandés), je ne serais pas étonné que beaucoup aillent vers un vin blanc. La bouche est vraiment croquante, fraîche avec de jolis tanins au grain fin, la finale est un peu chocolatée. Une véritable originalité aromatique, très appréciée, mais dont personne ne trouvera le cépage. Pas étonnant, il s'agit en fait d'un vin vinifié à partir de raisins normalement destinés à la table, le Muscat de Hambourg. Et c'est la cuvée Bogus, de Christophe Beau (domaine Beau-Thorey), Bogus, comme le nom du chien de Christophe. Par contre, il faudra que je lui demande pourquoi il a appelé son chien Bogus;-). La cuvée est évidemment en vin de table, je diras même en vin de raisin de table;-).

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L''idée d'en faire du vin était saugrenue, mais le résultat donne raison à Christophe. L'origine de ce cépage est inconnue, c'est un cépage de serres qui connut beaucoup de succès en Allemagne au XIX ème (à Hambourg peut-être?;-), mais aussi en Angleterre. C'est peut-être un croisement entre le muscat d'Alexandrie et le Black Hamburgh (ou fraxenthal), mais les confirmations ADN n'ont pas été effectuées (infos tirées du Dictionnaire des Cépages de Pierre Galet). Dans le Gard, il porte le nom sympathique d'oeillade musquée. Il est parfois vinifié, notamment en Macédoine et en Serbie, en vin rouge sec ou même en mousseux. Cette dernière version pourrait être intéressante... Comme la plupart des vins présentés, il est disponible à la boutique de l'odyssée ...

Ne bougez pas, je vous parlerai très bientôt d'hybride et de Bacco noir, à suivre!

17/04/2008

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20:51 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

14/04/2008

Salon de Olne

Nos marchés trimestriels accueillent régulièrement quelques uns des meilleurs vignerons bios et nature dans notre boutique, et vous y venez nombreux. J'avais dans la tête l'organisation d'une ou deux conférences pour illustrer nos propos réguliers. Et bien ceux qui habitent près de Liège (et les autres, la Belgique est petite) vont pouvoir profiter du salon des vins de Olne pour assister à quelques conférences très pointues sur nos sujets préférés.

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Regardez, le programme des conférences est impressionnant et passionnant:

Vendredi 18/4

19h - Séance de dégustation animée par la revue indépendante « Le Rouge et le Blanc » :« Approche sensorielle de la dégustation et rapport de l’homme au vin »

20h - Présentation du vigneron Jean-Pierre Frick :

« Nouvelle compréhension des effets du soufre exogène sur le caractère final et la mobilité du vin »

suivi de - Présentation des vignerons Alain Dejan et David Poutays : « Problématique du choix de la qualité (chimique ou naturelle) du soufre exogène ajouté au vin pendant la vinification »

Débat : Le soufre est-il indispensable à la conservation d’un vin ?

21h - Présentation des vignerons Jean-Luc Chossart, Axel Prüfer et Stéphanie Roussel: « Les vins naturels »

Débat : Comment définir un vin naturel ?

Samedi

14h - Présentation du vigneron Marc Bertrand

:« D’une culture traditionnelle à la culture de l’excellence »

Débat : Qu’est-ce qui est réellement condamnable dans la culture traditionnelle ?

16h - Présentation du vigneron JM Rieux :

« L'agriculture biologique »

Débat: Quels peuvent être les freins à une conversion à l'Agriculture Biologique?

17h - Présentation du vigneron Didier Montchovet :

« La Biodynamie »

Débat : Biodynamie et agriculture biologique : différences et complémentarités

18h - Séance de dégustation à l’aveugle animée par Gildas Royer, demi-finaliste meilleur sommelier du monde en 2000. Gildas vous présente ses dix coups de cœur du salon.

Dimanche

14h - Présentation du vigneron Romain Corbin :

« Cueillir le raisin à maturité : la clé d’un vin de qualité ? »

Débat : Comment définir un vin de qualité ?

15h - Présentation du vigneron Patrice Lescarret :

« La limitation des AOC et la préservation de la diversité »

suivi de - Présentation du vigneron Patrick Baudouin :

« Le concept d'AOC : Ringard ou Moderne ? »

Débats : La notion de terroir inclut-elle un facteur humain ? Que penser de la réforme des AOC qui est en cours ? A ne pas rater, non?

Mais vous pourrez aussi en profiter pour déguster quelques cuvées de nos vignerons préférés; Frick, Planquette, Mas Conscience, Mosse, ... (et d'autres qui seront à notre carte dans un avenir très proche). Le reste du casting n'est pas parfait, mais qui l'est; un peu flou entre bio, nature, peut-être raisonné ou peut-être même pas. Mais une telle opportunité reste rare en Belgique, profitez en donc pour découvrir et puis venez vous réapprovisionner régulièrement à la boutique ;-))!

21:17 Écrit par Laurent dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : salon, olne, vin bio, vin naturels |  Facebook |

11/04/2008

VINS DINGUES! (I)

Hier soir, atelier "Vendanges de Vins Dingues", avec comme objectif : lavage et écartement des papilles! Des divins breuvages enfantés par des vignerons passionnés, mais il faut le reconnaître, un peu déjantés. Le but était donc d'étonner des papilles pourtant aguerries, qui au "grand vin" (tussen haakjes, je n'ai pas oublié tout mon flamand;-), qui au "vin nature", qui "entre les deux". Ce fut, je crois, une réussite et je vais vous la conter ici en plusieurs épisodes.

L'étonnement, la surprise, vient souvent d'un changement d'habitudes, d'un bouleversement de repères. J'avais assisté dans mon autre vie, à un séminaire sur l'innovation; où on y apprenait comment susciter la créativité. Une des seules choses que j'ai retenue, c'est le renversement des dogmes. Vous listez, dans votre secteur d'activité, ces fameux dogmes, et puis vous en prenez le contraire. Exemple, "la bière ne se conserve pas"; et bien vous créez une bière qui peut vieillir. Simple, amusant et il faut bien l'avouer parfois efficace.

Et bien les vignerons présentés hier soir étaient donc les Monsieur Jourdain de l'innovation;-) Un exemple pour le vin? Les vins du Jura! Le vin du Jura est par essence oxydatif, et bien deux vignerons, Fanfan Ganevat et Stéphane Tissot, suivant les pas de Pierre Overnoy, ont un jour décidé de faire du grand vin blanc ouillé, à la bourguignonne, de chardonnay, et même de savagnin. Certains d'entre vous le savent, le résultat est génial, et il y a maintenant une bande de suiveurs, de "me too" qui tente vainement de les rattraper, mais les élèves dépassent difficilement les maîtres;-). Et ce n'est même pas grave, ces 3 larrons (avec Manu Houillon qui succède à Pierre Overnoy), ont plus d'un tour dans leur chai. La créativité, on peut la stimuler, mais il y a une bonne part d'inné...

Il est donc possible de surprendre, simplement en prenant le contre-pied des habitudes, qu'elle soient de vinification, de cépages (intrus, rares, oubliés ou interdits), de sol, ou parfois même de "packaging". Mais tout cela ne serait-il pas vain, si le goût, les arômes restaient dans le commun connu? Et bien si! Le but d'une telle dégustation était aussi d'ouvrir de nouveaux horizons gustatifs, de bousculer nos propres habitudes, tout en se régalant, bien sûr!

ganevat-vignesPour se mettre les papilles sur cale, rien de tel qu'un petit Délire. la bouteille, de ce délire de Jean-François Ganevat, déjà étonne. C'est une bouteille de limonade, à l'ancienne! Le vin? C'est ce que l'on appelle un Pet' Nat' ou pétillant naturel. Contrairement au crémant ou au champagne qui nécessitent manipulations, liqueur de tirage et de dosage, ici, le vin est simplement partiellement fermenté. Quand il ne reste plus qu'un peu de sucres, on met en bouteilles sans filtration; les levures achèvent le travail, ou pas;-). Celui-ci est issu de savagnin, très légèrement pétillant, encore un peu sucré, il ne fait que 8% d'alcool et c'est non seulement un délire mais aussi un délice. Fruité pomme poire, légère douceur en bouche, contrebalancée par une acidité bien citronnée, c'est rafraîchissant en diable! Un vin qui attend impatiemment vos apéros de soleil. Bio, sans sulfites, succès garanti, faut juste se rendre compte que 8% d'alcool, c'est peu pour du vin, mais c'est encore beaucoup. Pour vous situez, pensez à boire l'équivalent en Leffe 8°; bon d'accord la digestibilité n'est pas la même;-). A boire avec modération quand même !

ganevat_delireComme nous en étions à bouleverser les habitudes, et nous souvenant du dicton vigneron "Blanc sur rouges, rien ne bouge" et "Blanc devant, tout fout le camp"; et bien nous avons débuté notre dégustation par les rouges, et pas par les blancs!

Le premier allait déjà bien surprendre. Toujours en Jura, c'est le "J'en veux", du même Jean-François Ganevat. Dans les années 30, quand les premières AOC se répandent, le Jura balaye la plupart de son patrimoine ampélographique pour ne garder que 5 cépages, chardonnay et savagnin en blanc; pinot noir, trousseau et poulsard en rouge. Au revoir le Peurion! Salut l'Enfariné! Va te faire voir Gros Béclan! Bye le Gueuche! Au diable l'Argant! Disparus tous ces cépages? Pas tout à fait, il en reste de ci de là; et Fanfan nous en sort une composition chaque année, il y a eu le "rosé de la Combe", puis le "vin préféré du tonton Casa", il y a maintenant le "J'ai Soif", et l'année passée? l'année passée, il y avait le "J'en veux! ". Si le premier vin était plutôt délire, celui-ci nous mène droit vers l'internement! A base d'enfariné, récolté à haute maturité, sans machine, cela va sans dire, et puis égrappé à la main, grain par grain. Un travail de dingue, pour donner (c'est bien le mot vu le prix, +/- 11 euros) un vin d'une fraîcheur extraordinaire. Robe pourpre, nez de cerise, (certains partent sur le pinot noir, d'autres sur le gamay), de prunelle, de fruits rouges mûrs mais frais. La bouche est gourmande, dotée d'une acidité revitalisante, la finale sur les petits fruits et les épices, que quelques amers structurent avec grâce, est étonnante. Et ceux qui n'apprécient pas ce chouïa d'amertume peuvent toujours aider Fanfan à retirer les pépins à la pince à épiler la prochaine fois;-).

vins_etonnants11Etonnant, aussi, sa teneur en alcool, seulement 11%, alors que la mode est plutôt aux vins riches; et pas que dans le Languedoc, même les bordeaux et bourgognes osmosés font plus de 13%! Ici, le vin est frais, mais loin d'être léger; il a de la mâche et une certaine puissance, mais sur la matière, pas sur l'alcool. Sans sulfite ajouté, il bonifie encore en cave, inutile de dire que j'adore!

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui, mais la suite est pour bientôt; les Bogus, Ultime, ou Bacco Noir arrivent ...

Et si un tel atelier de dégustation vous intéresse, chez vous ou à la boutique de l'Odyssée, laissez moi un petit message à laurent@truegreatwines.com; à bientôt!

08/04/2008

REBONDS SYMPAS

Pour se régaler, quelques effets bons rebonds, non exhaustifs, entre vins et mets, rencontrés le mois passé.

Au menu Pascal, il y avait des asperges aux lardons. Le Viognier "La vie on y est" 2005 de Gramenon présenté en premier lieu était très pur, avec du gras, tout en restant aérien. Il a beaucoup plu, mais l'accord parfait a été trouvé avec le Blanc d' Hervé Souhaut (Vin de Pays, Blanc, Viognier-Roussane, Hervé Souhaut, Romaneaux-Destezet, 2006). Plus puissant, équilibré par une acidité qui fait parfois défaut au viognier seul, il faut le carafer pour éliminer les quelques bulles et dévoiler son nez puissant d'abricot, caché derrière quelques notes grillées et lactées. Il emballe rapidement les asperges, puis il joue au bras de fer avec le gros lard, mais les deux compères se retrouvent vite bras dessus bras dessous. A retenir!

Envie de moules? Pas envie de cuisiner? Faites les simplement s'ouvrir sous le gril du four, et puis précipitez vous sur une bouteille de Muscadet Sur Lie 2006 (Coteaux de La Loire), du Domaine de la Paonnerie (en bio oeuf corse!), vous avez 4 minutes, pas plus, avant l'ouverture des moules;-). C'est un vrai régal, le muscadet est assez rond en bouche, très finement minéral au nez, mais surtout bien fruité. Pas trop acide, il s'enroule avec bonheur autour de ces belles moules. Incontournable! Je le refais bientôt et cette fois, je penserai à prendre des photos! ... Enfin, peut-être ...

Enfin, pas plus tard qu'hier, avec une raclette et des ingrédients en droite ligne du valais, il restait quelques fonds de blancs, mais surtout un pinot noir 2004, cuvée Julien Ganevat (JURA). D'une élégance folle, aromatique, frais, minéral, rien que lui et une tranche de viande des grisons, rien qu'eux deux, ... et moi!

06/04/2008

ODYSSEE PRINTANIERE, les photos!

Rapidement quelques photos de notre Odyssée Printanière, merci pour votre présence et notez déjà les dates de notre été de l'Odyssée en présence de vignerons; ce sera les vendredi 27 et samedi 28 juin 2008!

Un marché de printemps, d'été ou de Noël, c'est avant tout beaucoup de préparatifs, une vrai journée portes ouvertes de la maison; la boutique qui se limite normalement à notre ancien salon, envahit alors cuisine et salle à manger. Il faut aussi réachalander tous les produits, et comme je suis toujours à la bourre, les commandes sont faites en dernière minute et les différents poivres, épices, thés ou huiles arrivent au compte goutte, parfois quelques heures avant l'ouverture des portes. Parfois elles se perdent comme au marché précédent où taxipost avait réussi à "égarer" 6 kilos de poivre rare; cette fois, tout était bien là à temps et à heure, et en bon état, enfin presque, juste un colis d'épices bien explosé ...

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Il faut aussi essayer de trouver des nouveautés, de qualité, et cette fois, la vedette sera tenue par un génial poivre sauvage des gorilles. Récolté dans les montagnes du Congo, issu d'un commerce très équitable, il nous livre des arômes camphrés et d'agrumes très subtils, qui rappellent un peu la maniguette, il explose en bouche avec beaucoup de persistance; très aromatique, bien piquant, nous nous sommes régalés, j'en reparlerai certainement!

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Comme le printemps n'était pas vraiment à l'extérieur, il fallait le voir à l'intérieur, merci à Anne pour son talent de décoratrice!

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Pour que le marché soit une réussite, il faut aussi que les vignerons arrivent. Ouf, cette fois encore ils seront là juste à temps pour vous faire découvrir avec leur passion et leur talent, leurs meilleures cuvées. Premier arrivé, Phllippe Richy du domaine Stella Nova ; cet astronome passionné (nous avons scruté le ciel dans la nuit de vendredi à samedi pour y rechercher la constellation des pléiades) ne pouvait travailler qu'en biodynamie, et si tous ses vins sont excellents, c'est le blanc que je voudrais mettre en exergue; cet assemblage de clairette et de grenache était d'une fraîcheur incroyable, une révélation pour moi.

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Dans un autre style, plus féminin, tout en délicatesse et en fruit, les Saint Chinian sur schistes de Yannick Pelletier se sont arrachés, Oiselet, Coccigrues et Engoulevent vous ont séduits; merci à Fanfan pour cette superbe découverte!

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Et puis il y avait aussi Ludovic Bonnelle du domaine du Pech. J'avais adoré ses vins au salon de la Dive à Deauville, ils étaient encore meilleurs ici. Une démonstration que les cépages bordelais peuvent donner des vins nature de qualité, des vins virils, mais bourrés de fruit, accord parfait dès maintenant avec une bonne bidoche et du poivre des gorilles, ou comme avant hier, sur une cuisse de canard confit, miam miam!

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Enfin, il y avait aussi mon ami Jean-François Ganevat. Fanfan, même fatigué (et là il était vraiment crevé par une succession de salons et un travail ardu dans les vignes), n'a pas son pareil pour mettre tout le monde à l'aise, de l'ambiance, et faire le lien entre tous les participants. Et puis ses vins, ses vins se goûtaient formidablement bien, les dernières caisses de Grands Teppes VV 2005 se sont évaporées, les rouges 2006 se goûtaient encore mieux qu'à la Noël, et ses 2 pet nat de soleil, malgré le temps plus que maussade vous ont beaucoup séduits également. Fanfan reviendra en Juin pour la dixième fois, cela vaudra bien une médaille!

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Après la fermeture, c'est le temps d'un bon repas (un petit salé le vendredi et une poule au pot le samedi, encore merci Claude!), de se marrer un bon coup, de faire les pitres, de goûter quelques cuvées, à l'aveugle ou pas, de se rouler une petite sèche, et puis pourquoi pas, de se boire une petite Moinette bio. Encore merci à tous et à la prochaine!printemps2008_13printemps2008_12printemps2008_19printemps2008_18printemps2008_17printemps2008_16printemps2008_15

03/04/2008

PESTICIDES, Une MODE!

Le "bio" serait à la mode, et est par conséquent (trop;-) souvent soumis aux critiques peu constructives voire agressives. J'entends par exemple nombre de critiques à l'encontre de viticulteurs qui pratiquent cette agriculture plus respectueuse et plus en harmonie avec l'environnement et notre santé. Mode, vague pour bobos et gogos, opportunisme, argument marketing, pour, bien sûr, justifier des prix plus élevés ou fourguer leur infâme piquette. Ou alors, parfois de bonne foi, les arguments classiquement manichéens fusent; la pollution est partout, les vignes sont contaminées par les traitements des voisins et les sols sont de toutes façons imbibés. Ou encore, certains s'interrogent sur la nocivité des produits utilisés par les bios; et la roténone, et le cuivre? Cela fait plus sérieux mais c'est souvent tout aussi manichéen; le bio n'est pas parfait, il est simplement très nettement meilleur! Mais j'y reviendrai, lisez déjà ceci. Et puis parfois, viennent des sous entendus nauséabonds sur l'inefficacité des contrôles et, pire encore, sur les tricheries. Un vigneron bio qui réussit, c'est forcément un tricheur...

Alors, devant tant de volonté de comprendre, d'incompréhension, de mauvaise foi ou de méchanceté; la science a parfois du bon. Cela a fait la une du jt de mercredi passé à la rtbf et des journaux, en pleine semaine sans pesticides , quelques jours avant notre Marché de Printemps . Une étude sérieuse réalisée par PAN-Europe et le MDRGF a étudié la présence des pesticides dans le vin. Un échantillonnage de 40 vins a été testé, 34 conventionnels et 6 issus de l'agriculture. Résultats: 100% des vins conventionnels testés étaient contaminés. Et chaque échantillon conventionnel testé contenait en moyenne plus de 4 résidus de pesticides différents : les plus contaminés d’entre eux contenant jusque 10 pesticides ! Ce n'est pas tout, les niveaux de contamination observés dans le vin étaient considérablement plus élevés que les niveaux tolérés pour les pesticides dans l’eau puisque qu’on a trouvé dans certains vins testés des quantités jusqu’à plus de 5800 fois supérieures aux Concentrations Maximales Admissibles (CMA) autorisées par pesticide dans l’eau du robinet ! Ce n'est pas rien quand on sait que ces composés s'accumulent dans nos tissus. Et parmi ces résidus trouvés, de nombreuses molécules sont des cancérigènes possibles ou probables, des toxiques du développement ou de la reproduction, des perturbateurs endocriniens ou encore des neurotoxiques... Le panel était large, pas que des vins français, mais bien deux grands crus à près de 200 € la boutanche (y en a un peu trop, je vous le mets quand même;-).

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Et les vins "bios"? Les vins "biologiques" analysés ne renfermaient pas de résidus de pesticides à l’exception d’un échantillon de Bourgogne dans lequel il a été trouvé de faibles quantités d’un seul produit. La différence entre les deux types d'agriculture est patente, le fossé est immense! Les contrôles ne sont maifestement pas si mauvais, et il est même possible d'éviter la contamination par ses voisins et quand elle existe (probablement l'échantillon bio légèrement contaminé), les doses sont quand même nettement plus faibles!

Alors voilà, je sais, malgré mes carences en bricolage, que pour qu'un clou s'enfonce il faut frapper dessus avec un marteau; mais combien d'études faudra-t-il encore, combien de reportages devrons nous encore attendre pour voir nos gouvernements réagir. Et bien, beaucoup; beaucoup si nous, consommateurs, ne changeons pas nos comportements. Si nous, volontairement, par nos achats, ne mettons pas un point final à cette mode des pesticides qui aura duré bien trop longtemps. C'est facile, il y a de nombreux vins bios de qualité, et à tous les prix! Attention, tous ne sont pas bons, tous les vignerons n'ont pas du talent ou un terroir suffisamment qualitatif. Mais ça, il vous est facile de faire le tri, il vous suffit de goûter chez un bon caviste;-).

Petite anecdote, le week-end passé, coup de fil, mon correspondant me demande si je vends bien des vins bios, même en vin de table, pourvu qu'il ne soit pas trop cher, vers 3-4 euros... Comme je suis très commerçant, je lui ai d'abord répondu du tac au tac qu'à ce prix là, je pouvais garantir l'absence de pesticides, mais pas la présence de raisin;-). Bon après nous avons quand même bien discuté, mais il faudra un jour que je vous fasse un billet sur le juste prix; du vin, de la nourriture, de la musique, de l'écran plat, d'un vol en avion .... un jour, peut-être...

En attendant, arrêtez de vous fermer les yeux ou de jouer aux naïfs; et faites en sorte que la mode des pesticides (insecticides, herbicides, fongicides) ne soit plus qu'un mauvais souvenir sans espoir de revival. Cela dépend de vous, rien que de vous, et pas que pour le vin; pour les légumes, votre potager , les fruits, votre gazon, ...l'harmonie n'est pas si loin et alors, une fois les pesticides démodés, nous entrerons peut-être vraiment dans la mode du bio;-). Là, nous en sommes hélas encore loin...

01/04/2008

RETOUR du MARCHé

Salut à tous! Nous sortons à peine de notre Marché de Printemps que nous avons décidé de remettre le couvert dès le week-end prochain. En effet, grisés par le succès, nos vignerons bios préférés ont décidé de rester à Pécrot quelques jours de plus pour fêter le mois d'Avril avec nous. Et grâce à mes introductions dans le monde musical, la fête sera agrémentée d'un concert exceptionnel et surprise le samedi soir dans notre yourte. Attention places limitées, laissez moi un message sur ce blog pour réserver!

Et encore merci à tous pour votre participation à notre marché de Printemps de l'Odyssée; les vignerons ont encore été séduits par votre envie de découverte, l'acuité de vos questions et l'ouverture de vos papilles! Merci!!!

01:44 Écrit par Laurent dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |