11/06/2008

J'ai dit VIN Sans SOUFRE (II)

J’ai dit vins sans soufre, et bien c’est faux !

Tout comme le CO2 est du gaz carbonique et pas du carbone, et que l’H20 est de l’eau et pas de l’hydrogène, ce qui, vous l’admettrez, est quand même une sacrée nuance ; le S02 est du sulfite et non pas du soufre. Le soufre peut se trouver dans une multitude de molécules, certaines étant plutôt nécessaire à notre organisme . Le soufre "fleur", et non le sulfite est aussi utilisé en agriculture biologique pour enrayer les poussées d'oïdium. Pour simplifier, ce n'est que lorsqu'on le calcine à l'air, que le soufre (S2), nous donne du sulfite (SO2) aussi appelé anhydride sulfureux. C’est donc une erreur scientifique et un abus de langage de parler de vins sans soufre. Il faudrait donc dire vins sans sulfites, et non, comme vous lirez encore parfois en ces lignes, « vins sans soufre » ;-).

A suivre!

Commentaires

raccourci facile qu'il fallait clarifier, ms cela n'empêche qu'il est important de préciser aussi que l'anhydride sulfureux est présent aussi dans d'autres produits que le vin, souvent utilisé pour son action blanchissante...celà étant dit, il n'empêche qu'une vinification ss sulfites est périlleuse et tient plus du numéro d'équilibriste que de l'oenologie...se servir de la science pour améliorer la qualité ss en faire un outil premier et qui gomme le raisin, je ne vois pas ce qu'il y a de mal ... il me semble que la découverte du sulfitage a été un des grand progrès de l'oenologie moderne, non? comme ds bcp de choses le tout est de savoir mesure et raison garder

Écrit par : sandrine | 11/06/2008

Facile mais pas trop... ... puisque même un vin sans sulfite contient des sulfites, non? Naturels, certes, produits par les levures lors de la fermentation, mais des sulfites quand même. Par contre, en quantité homéopathique et pas à la louche comme dans les vins fleurons de l'œnologie moderne!
J'avoue, j'aime beaucoup les vins d'équilibristes! :-)

Écrit par : olif | 11/06/2008

d'accord je préfère également des vins lme moins " trafiqué " possible , et là je crois qu'on est d'accord, je ne défends pas les pratiques hyper interventionniste de nombre de vignerons faiseurs de vins formatés mais il me semble que rejeter totalement un quelconque apport de sulfites même minime est à la limite du cassage de figure pour être polie...et je ne suis pas la seule à le penser...qu'on me fasse goûter unvin non sulfité bon et qui tienne et je changerai peut être d'avis...

Écrit par : sandrine | 11/06/2008

Equilibriste oui équilibriste, c'est vraiment une bonne image. Au cours, je l'emploie en expliquant la différence d'approche entre un funambule qui marche sur une corde et le conducteur d'un bolide qui doit franchir un pont à 4 bandes pourvu de solides garde fous... Qui prend des "risques" en sachant qu'il pourra corriger plus tard... Mais bon ne dévoilons pas tout de suite..;-)

Écrit par : LaurentVinature | 11/06/2008

toute est dans la dose... que la règlementation en France nous oblige, de mettre l'avertissement "contient des sulfites" sur nos étiquettes depuis le millésime 2005, pour avertir les allergiques, me semble pas un grand problème. Nous avons tous nos feuilles d'analyse, qui nous indiquent le taux de soufre total dans nos vins finis et la règlementation oblige à mettre l'avertissement à partir de 10mg/l . Donc à 9,9 mg/l: pas besoin de l'inscrire, par contre vers le haut, les limites laissent la marge: En France, même un vin certifié "bio" (et même "bio-dynamie" peut contenir pour un rouge jusqu'à 70 mg/l et jusqu'à 200mg/l pour un liquoreux. Pour les "non-certifié-bio", la limite se situe à 160mg/l pour un rouge et 400mg/l pour les liquoreux.

Nos vins se situent normalement entre 12 et 20 mg/l de total (donc encore bien moins en libre...) - l'information pour le consommateur reste donc assez vague, tant qu'il n'est pas obligatoire, de mettre le chiffre exacte à la mise en bouteille - et même pour les allergiques: ne rien trouver sur la bouteille, leur garanti au plus, qu'il n'auront pas à ingurgiter plus que 7,5 mg/l, s'ils descendent la bouteille tout seul...

Pour les vinifications sans sulfitage et les vins en résultants, c'est comme partout: il y a des bons et des moins bons. Pierre Overnoy soulignait lors de notre visite chez lui il y a quelques années, que cette méthode de travail demande une très grande maitrise et une très haute technicité - surtout au niveau des températures - et bien sûr avant tout une excellente matière première: donc du raison mûr et sein à la base, qui n'était pas déjà matraqué au tout chimique à la vigne...

Écrit par : Iris | 12/06/2008

Précision Bonjour,
toujours le même sujet qui fait causer... Il est vrai que pour être précis, il faudrait parler de vins "sans sulfites ajoutés". Max Léglise avait déjà constaté que des vins n'ayant reçu aucun sulfitage pendant leur vinification pouvaient en contenir jusqu'à plusieurs dizaines de mg/l !
Produire de tels vins nécessite en tout cas une véritable maîtrise technique, à la cave et à la vigne, car cela ne peut se faire qu'à partir de raisins de grande qualité. Mais ces vins existent. Et je suis d'accord avec Laurent, je trouve finalement proportionnellement moins de vins ratés/imbuvables dans cette catégorie que chez les "chimistes". Question de goût personnel sans doute aussi. Un peu de gaz, de volatile, d'oxydation voire de bretts, je dis bien un peu et c'est une question d'équilibre général du vin, peut ne pas poser de problème. Dans cette mesure, cela me dérange moins que les vins sursulfités.
A ce sujet il y a de nombreux "bios" qui ont la main plutôt lourde : la Coulée à 130 mg/l ou Huet à 160 mg/l, sur des vins secs ! Pour moi, c'est trop. Et ça me gêne à la dégustation.
Cela dit, je préfère un vin réussi à 20 mg/l qu'un raté à 0. Mais je préfère un vin réussi à 0 qu'à 20 mg/l, et à plus forte raison qu'un vin blindé à 130 mg/l, genre Dagueneau et cie. Le malheureux n'a pas réussi à cultiver en bio ni à vinifier sans sulfite. Sa conclusion est donc que ce n'est pas possible. C'est une façon de voir les choses. Un peu prétentieuse je trouve.
Concernant la garde des vins peu ou pas sulfités, je n'ai rencontré que très peu de problèmes. Il suffit de traiter et conserver le vin comme il doit l'être, avec précaution et respect, tradition qui se perd.
Quant aux arguments sur la civilisation, le progrès, la science etc. opposés aux obscurantistes du "vin naturel", laissons ça à Bettane, qui ne trouve plus guère que ça pour essayer de faire parler de lui.
Sandrine n'a visiblement pas eu de chance dans ses rencontres avec les vins non sulfités, et Olif et Laurent doivent être spécialement vernis car ils ont plutôt l'air d'en goûter des bons en quantité.
S'il suffit pour changer d'avis de goûter "un vin non sulfité bon et qui tienne", je crois que ça ne va pas être trop difficile...
Santé ! Arno.

Écrit par : Arno | 13/06/2008

Sulfatage Ramené au niveau de l'humain, ça s'appelle du DOPAGE!!!

Écrit par : Louis-Camille | 18/02/2009

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