26/06/2008

BON ANNIVERSAIRE, MA BOUTIQUE!

Et oui, déjà deux ans que nous avons transformé notre petit salon en boutique. A deux ans, on marche, non? Et bien je dois dire que grâce à votre bouche à oreilles, notre petite boutique ne marche pas trop mal. Bon courir et être prêt pour les jeux olympiques de Pékin ce sera un peu juste, mais quand on a la chance de faire ce que l'on aime, pourquoi se plaindre;-). A l'occasion de ce deuxième anniversaire et de la dixième venue de fanfan Ganevat à nos marchés, nous allons donc le, vous et nous fêter les vendredi 4 et samedi 5 juillet 2008. En présence d'autres vignerons, bien sûr!

Pour la circonstance, une équipe de choc (et de poids;-) a été composée: Jean-François GANEVAT (Jura), René MOSSE (Loire), et Georges “noune” DESCOMBES (Beaujolais), viendront nous proposer leurs nouvelles cuvées. Ils seront accompagnés d’une petite nouvelle, Julie Balagny, du domaine TERRE des CHARDONS (Costières de Nîmes).

Cela se passera à Pécrot, Rue Constant Wauters, 22 (1390, Grez-Doiceau). Le vendredi de 17 à 21h et le samedi de 11h à 20h Ce n'est loin de rien; à environ 30-35 min de Bruxelles et de Namur, 15 minutes de LLN et de Leuven, 60 minutes de Liége, Gent et de Mons, plan d’accès sur le site

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A tout seigneur tout bonheur, nous accueillerons donc pour la dixième fois (rappelez vous, c’était en décembre 2004, notre premier marché de noël:-), Jean François Ganevat, de Rotalier en Jura. Il n’était alors connu que d’une poignée d’initiés, je l’avais rajouté en dernière minute à ma liste de domaines à visiter dans le Jura, sur le conseil d’un autre Laurent.

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Ce fut le coup de coeur, et quelques mois plus tard, au bluff, je l’invitais à ce premier marché de Noël. Au pif, je lui avait promis une centaine de visiteurs et ouf, vous étiez bien au rendez vous. 4 ans plus tard, grâce à vous, la boutique s’est ouverte et nous sommes toujours là pour vous faire découvrir les meilleurs cuvées de vrais grands vins de France, le plus souvent en bio certifié. Quant à Fanfan, il a maintenant la reconnaissance des guides les plus prisés, le Bettane-Desseauve, le guide vert de la RVF, et petit scoop, il sera vigneron de l’année dans le prochain Gault & Millau. Mais c’est sans ces conseils un peu tardifs que vous, vous appréciez depuis ces quelques années ses chardonnay ouillés qui transpirent le terroir, son savagnin ouillé enfanté sur les marnes, ses liquoreux d’anthologie, ses oxydatifs réclamant à corps et à cris le comté de Poligny, ses rouges sans concession et puis ses “Oh que c’est bon”, “J’en veux”, “Délire”, “J’ai soif” ou “Tonton Casa”.

Cette fois, il nous présentera notamment ses blancs ouillés 2006, et sans doute quelques nouvelles cuvées, dont la cuvée Orégane, superbe assemblage de Savagnin et de Chardonnay ouillés. Si vous ne pouvez être présents, il sera bon de réserver, car la célébrité à ses moins bons côtés.

Devant le charisme de fanfan mais surtout la qualité de ses vins, il fallait chaque fois trouver des vignerons du plus haut niveau, et je crois que vous ne fûtes pas souvent déçus. Cette fois, j’ai invité des “poids lourds”, des vignerons qui sont simplement parmi les meilleurs (à mon goût en tout cas;-) de leur région. L’énigmatique mais génial René Mosse, l’angevin, nous présentera également ses 2006; Rouchefer et Bonnes Blanches. Goûtés à deux reprises déjà, ils sont encore supérieurs aux 2004 et plus secs que les 2005, grands! L’Anjou rouge 2006 quant à lui, est vraiment l’archétype du vin de Loire minéral, frais, dense, aux tannins charnus, superbe réussite. Enfin il y aura le rosé achillée et quelques moussamoussettes bien sûr! Je me réjouis d’avance!

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Une des régions, avec le Jura, que je tente de vous faire découvrir depuis ces quelques années, avec un succès plus que d’estime, c’est le Beaujolais (merci à ceux qui sans se laisser influencer par l’étiquette ont acheté du beaujolais primeur en avril, avec pour seule paramètre de choix, le goût!) . Le gamay est un cépage festif, mais il est aussi capable de damner le pion à maints Bourgognes plus réputés. Mais pour cela, il faut travailler en bio à la vigne et ne pas chipoter en cave.

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C’est ce que fait à merveille le talentueux Georges Descombes depuis quelques années. Ses vins, vinifiés sans sulfites, sont d’une gourmandise extraordinaire à leur sortie, mais je serais curieux de regoûter ses vieilles vignes d’ici quelques années. En attendant, le “noune” nous présentera aussi une nouvelle cuvée que j’attends avec impatience, un pet(illant) nat(urel) de gamay, qui sera sans doute une belle alternative au super Boisson rouge (déjà presque épuisé d’ailleurs...;-). Egalement au programme, ses Brouilly et Morgon Vieilles Vignes 2005 (un des meilleurs millésimes récents, à ne pas louper!), son Chiroubles vieilles vignes 2006 et puis ses cuvées de soif exigeante (Régnié, Brouilly2007 ).

Pour apporter une petite note féminine au sein de cet amas de virilité, j’ai choisi Julie Balagny du domaine Terre des Chardons en Costières de Nîmes. J’ai découvert ce domaine au salon des vins bios à Perpignan, au cours une dégustation d’une cinquantaine de bouteilles alignées sur une table. Il y avait du beurk, du bof, du bon, et puis une cuvée d’une fraîcheur extraordinaire, au nez de syrah explosif, très soyeuse en bouche, c’était la cuvée “Marginale” de ce domaine. Je l’ai regoûtée ensuite, sur plusieurs jours, et elle bonifiait encore. Les prix restent angéliques, ce qui n’est pas à négliger! Julie nous présentera 4 cuvées. Deux de grande soif, le Chardon masqué et Bien luné; la Marginale bien sûr, et puis un blanc de Clairette de Bellegarde. On va se régaler!

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Vous pourrez bien sûr en profiter pour découvrir à votre aise, nos thés, tisanes, nos deux poivres sauvages (ils sont là en quantité cette fois!), nos épices, nos huiles essentielles, nos miels, et puis quelques préparations maisons dont nous avons le secret (ma moutarde maison est paraît-il, une grande réussite!;-) Notez donc déjà ce marché d’été, des 4 et 5 juillet, dans votre agenda, c’est déjà la semaine prochaine, et n’hésitez pas à y inviter vos amis et connaissances; ils ne seront pas déçus, et nous vous en serons très reconnaissants! L'ambiance y est conviviale, sans prise de tête, un peu "délire" parfois, c'est vrai!.

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A ceux qui ne pourront être présents, je souhaite déjà de très bonnes vacances. La boutique sera ouverte pendant cette période, excepté du 15 au 31 août. Un peu pris par ces préparatifs, le feuilleton des vins sans sulfites se poursuivra pendant les vacances.

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13/06/2008

VIN sans SOUFRE (III), VIN sans SULFITES!

Que l'on dise vin sans sulfites au lieu de vin sans soufre, c'est bien, mais ... on se trompe quand même!

Et oui, non seulement c’est une erreur de dire vins sans soufre, mais même le vin sans sulfite n’existe pas !

Pourquoi ? Simplement car la levure en produit toujours un chouïa en fermentation, en général moins de 10 ppm ou mg/litre. Il n’y a donc pas de vins sans sulfites ! Evidemment, si cette valeur est comparée avec les doses ajoutées autorisées, jusqu’à 210 mg/l pour un vin blanc, 400 pour un liquoreux, il est bien compréhensible de dire « vins sans sulfites », mais l’annonce correcte serait plutôt « vins sans sulfites ajoutés ».

Et si le vin sans soufre/sans sulfite n’existe pas, en plus, il est aussi très rare;-).

En effet, il n’ y a que quelques vignerons qui n’ajoutent pas de SO2 dans leur vin ; et encore, pas sur toutes les cuvées. D’autres n’en mettent qu’à la mise en bouteille pour assurer le transport et le stockage, on parle alors de vinification sans SO2. D’autres encore n’en utilisent qu’à dose homéopathique tout au long de la vinification. Les valeurs totales ajoutées se limitent alors généralement à 15 ou maximum 30 mg/l, ce qui est peu. Mais ce qui, nous le verrons, a pourtant un impact gustatif. Cependant, en comparaison aux vins « normaux », ces doses sont angéliques…

Mais finalement, qui vinifie sans sulfite?

Ils sont encore très peu nombreux, et ceux qui font presque toujours toutes leurs cuvées sans sulfite exogène sont rarissimes. Mais il y en a, et à tout seigneur tout bonheur, le précurseur du vins sans sulfite: Pierre Overnoy de Pupillin dans le Jura, et son brillant successeur le bien nommé Emmanuel Houillon. Il y a aussi Alain Castex du Casot des Mailloles (Roussillon), Philippe Jambon et sa tranche (Beaujolais), ou encore, mais sans dogme, Didier Michaud du Château Planquette (Bordeaux). D’autres ne font que certaines cuvées totalement sans soufre, ce sont les Lapierre (Beaujolais), Allemand (Rhône), Ganevat (Jura), Schueller (Alsace), Ducroux (Beaujolais), Vignes du Mayne (Bourgogne), Gruhier (Bourgogne), domaine du Pech (Buzet) et bien sûr Jean-Pierre Frick , également pionnier dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres. Parfois, ils nous font la même cuvée avec et sans SO2 à la mise, et c'est là qu'on commence à s'amuser.

Ensuite, il y a les vignerons qui vinifient presque toujours sans sulfite: dans ce cas, juste un peu (1-2g/hl soit 10-20 mg/l) est ajouté à la mise pour éviter les ennuis au transport ou supporter des conditions de stockage peu adéquates. Là, ils commencent à être plus nombreux; ce sont les vins de Ganevat (Jura), Schueller (Alsace), Binner (Alsace), Meyer (Alsace), Gramenon (Rhône), Clapas (Rhône), Mazel (Rhône), Lapierre (Beaujolais), Descombes (Beaujolais), St-Nicolas (Loire), Villemade (Loire), Ducroux (Beaujolais), Hervé Souhaut de Romaneaux-Destezet(Rhône), Lapalu (Beaujolais), Guignier (Beaujolais), Beau-thorey (Languedoc), Barral (Languedoc), Milan (Provence), Heredia (Loire et Languedoc), … j'en oublie, impossible de les citer tous, mais jetez un coup d'oeil à ma carte;-).

Vous le voyez, de plus en plus nombreux sont les vignerons qui diminuent les doses, jusqu'à tenter l'impossible, ne plus en mettre...Nombreux, oui, mais encore bien seuls dans l'océan d'insipiditude qui les entoure... Ces "extrémistes" tant décriés ont quand même réussi à se faire poser des questions aux autres mieux installés; et si les doses de SO2 diminuent gentiment (on ne peut pas encore parler de révolution pour tous, mais peut-être de prise de conscience), c'est certainement grâce à eux... Après la lutte raisonnée avec "le moins de traitements possibles" engendrée par les "extrémistes bio", voilà t-y pas que tous les vignerons sont maintenant pour une utilisation raisonnée du sulfite et nous font tous les vins les plus "naturels possibles". Bon, du discours au verre il y a encore une marge ou une marche à franchir, mais ne soyons pas moqueurs;-)!

Tiens, mais pourquoi, pourquoi cette aversion du sulfite? Et bien un peu de patience que diable, je me sers d'abord un grand verre de Poulsard, un Arbois Pupillin 2002 du couple Houillon-Overnoy et je reviens vers vous...vin_sans_soufre_overnoy

11/06/2008

J'ai dit VIN Sans SOUFRE (II)

J’ai dit vins sans soufre, et bien c’est faux !

Tout comme le CO2 est du gaz carbonique et pas du carbone, et que l’H20 est de l’eau et pas de l’hydrogène, ce qui, vous l’admettrez, est quand même une sacrée nuance ; le S02 est du sulfite et non pas du soufre. Le soufre peut se trouver dans une multitude de molécules, certaines étant plutôt nécessaire à notre organisme . Le soufre "fleur", et non le sulfite est aussi utilisé en agriculture biologique pour enrayer les poussées d'oïdium. Pour simplifier, ce n'est que lorsqu'on le calcine à l'air, que le soufre (S2), nous donne du sulfite (SO2) aussi appelé anhydride sulfureux. C’est donc une erreur scientifique et un abus de langage de parler de vins sans soufre. Il faudrait donc dire vins sans sulfites, et non, comme vous lirez encore parfois en ces lignes, « vins sans soufre » ;-).

A suivre!

10/06/2008

Le VIN sans SOUFRE (I) n’existe pas!

et en plus il est très rare !

Non, je n’ai pas pété mon dernier plomb, et d’ailleurs je vais m’en expliquer! Cela fait quelques années maintenant que je déguste et fais déguster ce type de vin. Je vous en propose ici, en quelques épisodes, une synthèse, à la fois théorique mais aussi pratique.

Au-delà du bio, et sans doute pour prolonger cette approche, respectueuse de l'environnement, du raisin et du consommateur, à la cave; des vignerons réalisent du vin sans additifs, le plus proche possible du raisin, le « plus naturel possible », à la recherche d'un idéal technique et gustatif. Vendanges manuelles, absence d’enzymage, pas de chaptalisation, refus de l'osmose inverse, rejet des pratiques d’acidification ou de désacidification, pas de tannins de pharmacie ou de levures aromatiques sélectionnées. Bref, rien que du raisin, pas de ces poudres de perlimpinpin choisies parmi 2 à 300 produits autorisés par l’œnologie moderne ou de techniques traumatisantes pour un raisin qui a finalement beaucoup de mal à comprendre pourquoi tant de haine. Avec du travail, un peu de rigueur, de compétence, de passion, d’idéal et peut-être d’éthique, il y a une autre voie possible. Ces vignerons encore très minoritaires l’ont choisie et ils font ce que l’on appelle maintenant des vins "nature" ou « naturels ».

Ces hurluberlus diminuent aussi drastiquement leurs doses de SO2 (sulfite), et, alors que la plupart des œnologues vous diront que c’est impossible, vinifient parfois d'excellents vins sans y ajouter le moindre milligrame, de vrais « vins sans soufre ! ». Nous le verrons, ils ouvrent ainsi une porte vers un grand plus de diversité de goût et remettent en question les pratiques sécuritaires de châteaux et domaines réputés, confortablement installés sur leur poudrière de soufre. Ils gênent également beaucoup les criti-cons et autres gourous qu'ils empêchent de ronronner, et bien sûr les œnologues mercantiles qui vivent aux dépens de ces pratiques, certes autorisées, mais si loin de ma conception de la vigne et du vin !

A suivre !!sans_soufre00

02/06/2008

BACK TO THE FUTURE

L'avantage de la passion du vin et de sa dégustation, c'est que l'on peut à sa guise voyager dans le temps. Bon tout le monde n'a pas les moyens de faire remonter la machine très très loin, mais même d'un an ou deux, c'est amusant. Alors, quand on prend le volant pour aller déguster des 2006 et des 2007 dans le Jura, ou dans le Rhône, c'est le plaisir de voyage en troisième dimension ;-).

Lever à 5 heures, le premier rendez-vous est chez Matthieu Barret, début d'après midi. Beaucoup de travaux et quelques orages plus tard, j'arrive dans le petit village de Cornas, j'introduis ma camionnette au forceps et non sans dégât dans son jardin et nous commençons la dégustation. On débute par une nouvelle gamme de négoce WC (pour Wiedman Chatain) assez amusante; comme le nom l'indique, il faut la gratter l'étiquette pour découvrir le cépage de la cuvée dégustée. 'Blind Test 7.2." développe des arômes agréables d'abricot, possède une belle fraîcheur et du gras. Je lance "Roussane", bingo, c'en est, faut dire que je m'imaginais bien que le vin provenait du coin, ce qui limite le rayon d'erreur;-). Le deuxième Blind Test 7.1., pas de doute non plus, c'est une belle syrah avec une certaine profondeur, une finale chocolatée. C'est plus que sympa. Encore un dernier avant d'entrer dans la cuverie, c'est la cuvée VIP 2006 (Véritable Initiateur de Plaisir). Assemblage de gamay et de syrah, la cerise se laisse croquer comme une friandise, c'est un peu rustique, mais il y a du raisin. A suivre!

On passe ensuite aux choses sérieuses, avec la dégustation des Cornas 2006.

Brise Cailloux

2006 se boit admirablement, c'est suave, avec de la vivacité, les tannins ne sont pas boudeurs et le jus est très nature. Très beau vin qui se lisse déjà bien boire actuellement. Les terrasses de Serres ont un équilibre superbe, beaucoup de longueur, poivre minéralité, les tannins encore bien présents garantissent une garde de bien 10 ans, mais on pourra le goûter avant. Ensuite, c'est le plateau ensoleillé de Cornas et les Billes Noires, le nez est très mûr, c'est un vin d'une puissance rare, mais équilibré. Les tannins sont encore bourrus, mais quelle longueur. Un Cornas qui porte bien son nom, de très très grande garde. Nous passons ensuite à la dégustation sur cuve, en commençant par les cuves béton et en forme d'oeuf qui contiennent une partie du No Wine's Land. Cuvée bien nommée car les vignes proviennent en partie d'une zone assez qualitative située entre St Jospeh et Cornas. Bien nommée aussi car en 2006, pour moi, ce sera No Wines tout court. Matthieu s'est manifestement emmêlé les pinceaux dans les allocations et mes 120 bouteilles sont partie en fumée. Mon ire était à la hauteur de la qualité de ce fabuleux Côte du Rhône, mais bon consolation, le 2007 est d'une gourmandise extrême, selon l'assemblage, plus structuré ou plus rond, Matthieu se tâte encore, faisons lui confiance. Je ne prends pas de notes, mon but est d'avoir une impression générale

22:19 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |