13/11/2008

PINOT NOIR, La REVANCHE

Il y a quelques années, j'avais organisé une belle dégustation de pinot noir, consacrée au millésime 2003! Alors qu'il y a avait plusieurs crus réputés de Bourgogne, c'était un pinot noir d'Alsace, de chez Christian Binner, qui avait récolté tous les suffrages. Nous nous étions dit que c'était l'effet millésime, 2003 et sa canicule, et que la Bourgogne regagnerait sans doute le haut de la hiérarchie l'année suivante. Et bien c'est ce que nous avons aussi testé hier soir! Hier, c'était, la Revanche!

Une bonne quinzaine de vins en dégustation, devant un panel plutôt aguerri, on allait voir ce qu'on allait voir. Le vins étaient présentés par paire, juste ouverts une bonne heure à l'avance, et certains carafés juste avant service.

Effet Cépage: Pinot Noir vs Gamay

Bourgogne Pinot Noir 2006, Renaud Boyer

Renaud Boyer a repris les vignes de Thierry Guyot, vignes cultivées en biodynamie depuis une vingtaine d'années, un petit bijou! La robe est légèrement trouble, et semble un peu évoluée en comparaison du suivant. Le nez est très ouvert sur le fruit rouge mûr, les fleurs (rose) et l'encens; des notes d'épices aussi. Le plaisir est au rendez vous en bouche, avec une harmonie, une douceur des plus agréables. Les tannins sont polis, l'équilibre suave, la buvabilité excitante. Dieu que c'est bon!

Morgon Les Grands Cras 2006, Gamay, Domaine Grillet

Déjà un pirate, c'est un gamay! Robe plus brillante, plus colorée, moins évoluée. Par contre, le nez est dominé par les notes lactées, de caramel, qui cachent un peu le fruit. On le retrouve en bouche, plutôt porté vers la groseille, un peu de banane, et puis une finale assez poivrée aussi. L'acidité est un peu plus marquée, c'est plutôt sympa, mais la préférence va indubitablement au Bourgogne de Boyer.

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Effet Région: Bourgogne vs Alsace

Gevrey-Chambertin, Les Champs 2004, Olivier Guyot.

J'aime beaucoup les vins d'Olivier Guyot, ils sont toujours très proches du terroir, sans concession; et le millésime 2003 avait démontré que l'on pouvait faire des vins sur la fraîcheur et sans sécheresse en pleine canicule. Le travail des vignes sans doute! Le millésime 2004, c'est évidemment une autre paire de manche. C'est un millésime à la maturité un peu juste et qui donnait des vins un peu plus dilués. Mais c'est aussi le type de millésime où le terroir se révèle!

Derrière un nez un peu trop marqué par la barrique par ses notes de torréfaction, se dévoile un très beau fruit, sur la griotte mûre, sans aucune trace végétale. La bouche est encore ferme, pas hyper concentrée, mais avec de la matière. L'acidité est marquée mais pas dérangeante. Un vin qu'il faut attendre, un peu trop muet à ce stade.

Alsace Pinot Noir LN 012, Bruno et Gerard Schueller.

Ah voilà le représentant de l'Alsace! Et un vin sans sulfites en plus (12 est la cc en mg mesurée sur la première cuvée sortie en 1997). Les vignes proviennent du grand cru Eichberg, au terroir argilo-calcaire propice au pinot noir.

La robe est un peu plus dense, un peu trouble également. Dans le verre, les arômes sont dominés par la réduction. Ce n'est pas nouveau sur ce millésime, il faut juste un peu de patience. Assez rapidement, les plus habitués y découvrent des arômes de fraise mûre, de rose mature, d'encens, d'épices. C'est très complexe pour qui prise un peu les vins naturels! La bouche est rafraîchissante, sur une acidité salivante; la matière semble plus dense que celle du Gevrey, elle est en tout cas plus suave et la longueur meilleure. Cela reste toujours pour moi un beau moment très compatible, de gourmandise et d'émotion...

Effet appellation et hiérarchie

Marsannay Les Favières 2004; Olivier Guyot

Les Favières, c'est un bon terroir de Marsannay, situé dans le Nord de l'appellation et en bas de coteaux. Un bon, mais pas le meilleur; la Montagne par exemple, du même vigneron lui est nettement supérieur. Robe plutôt claire, nez délicat de fruit rouge groseille, mais assez timide. La bouche est ferme, fruitée, mais avec quelques notes végétales; les tannins sont un peu durs.

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Chambolle-Musigny 1er cru les Charmes 2004, Olivier Guyot

La robe est identique, le nez également timide. Plusieurs dégustateurs demandent si c'est le même vin! Et bien non, il y a même un facteur 2 dans le prix...;-). Il faut juste prêter un peu d'attention à la bouche. Je demande de redéguster. Et là, c'est évident. Le Chambolle est tout en dentelle, il y a une pureté de fruit à se damner, quelques notes florales à faire chavirer. Les tannins sont juste là pour apporter leur contribution à la matière légère mais suave, qui tapisse gentiment les parois de la bouche et structurent la longueur. Car c'est aussi en longueur que se marque la différence. Le Marsannay est ferme, et la finale se fait un peu dure, le Chambolle est tout le contraire, il emmène qui veut le suivre, loin, dans un voyage presque aérien. Typiquement le vin qui risque de passer inaperçu, calé entre deux Bourgogne "modernes"... Ce serait pourtant dommage de rester insensible à son ... charme... Les Charmes sont réputés pour leur délicatesse, apportée sans doute par un sol calcaire pauvre, caillouteux et très bien drainé. Le millésime 2004 exacerbe encore cet effet terroir; amateurs de finesse et pas de maigreur, vous allez vous régalez!!!

Effet Région: Jura vs Bourgogne

Côte de Jura, Cuvée Julien Ganevat 2005, Pinot Noir, Jean-François Ganevat

La robe est plus sombre que celles des séries précédente, elle est brillante. De très beaux arômes de cerise mûre percolent du verre, accompagnés de notes de café, de pierre chaude, de fleurs (violette). C'est très beau, distingué, complexe et évolutif. Le nez reste accroché, curieux de découvrir encore et encore, de nouvelles senteurs. Tout cela se retrouve en rétro-olfaction, la sève est présente, mais sans agressivité. L'acidité oriente certains vers les Fiefs Vendéens, d'autres restent en Bourgogne, personne ne pense au Jura, ni a Fanfan Ganevat, qui nous joue encore un tour de sorcier! Un pinot noir cependant très loin des dérives "putassières" que lui font subir de plus en plus d'oenologues. Un vin qui ira encore très loin!

Gevrey Chambertin, Billard 2005, Jérôme Galeyrand .

Un néo-vigneron, et déjà une des révélations pour beaucoup. J'avais eu un coup de coeur pour ses vins aux Grands Jours de Bourgogne et non sans difficulté, j'avais pu le mettre à ma carte. Jérôme possède 4 hectares en côtes de nuits (Gevrey, mais aussi Fixin, ...), qu'il travaille en lutte très raisonnée; en espérant qu'il évolue vers plus de naturel encore dans les années qui viennent, laissons lui un peu de temps. La robe est très sombre, très 2005! Le nez est très expressif, presque explosif. Des notes de cassis, de myrtille, avec des épices, du balsamique, presque de la garrigue jaillissent du verre. La bouche est suave, sans aspérités et d'un équilibre remarquable. Sans doute moins "terroir" que le Ganevat, il est certainement plus accessible; mais avec de la fraîcheur, et loin de sombrer dans les caricatures précitées. Gros miam pour beaucoup!

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Effet Exposition: Sud vs Nord-Est

Le pinot noir se plaît pas trop mal sur les terroirs froids; il ne nécessite en effet pas une période de maturation trop longue et il bénéficie parfois d'une certaine lenteur dans celle-ci (pour autant qu'elle soit complète bien sûr.). On le trouve d'ailleurs en Loire, mais aussi en Allemagne, ou en Autriche. Son exposition de prédilection est sans doute l'Est, mais nous avons choisi ici de comparer deux vins issu d'un terroir très similaire (marnes blanches) mais aux expositions radicalement opposées, sur un millésime plus difficile que le 2005, mais à mon avis très sous-estimé, le 2006!

Pommard Les Vignots 2006, Chantal Lescure

Exposé au Sud, nous avons en face de nous un pommard assez corpulent, à la robe noire, au nez fruité (myrtille, fraise), à peine boisé, à la bouche charnue, mais tannique, ferme, très puissante (certains y trouve un petit déséquilibre d'alcool). C'est très bon, mais il faut un peu le garder pour qu'il s'équilibre et s'affine; il y a une matière que seul le temps pourra dompter.

Pommard Les Vaumuriens 2006, Chantal Lescure

Sur un terroir plus froid, exposé Nord-Est; François Chavériat (le maître de Chai qui sera présent à notre marché de Noël le samedi 14 décembre;-), nous propose une superbe cuvée. Bien sûr, les tannins sont encore un peu présent, mais quel jus en milieu de bouche, quelle fraîcheur, et déjà quelle complexité. C'est nettement moins massif que les Vignots, et pour beaucoup, un cran au dessus au niveau plaisir actuellement. Je suis d'accord, en bon millésime, les Vaumuriens à souvent ma préférence. Rendez vous toutefois dans 10 ans ;-).

Effet Hiérarchie et Sol: 1er cru vs Villages; Calcaire vs "pas"calcaire;-).

La Bourgogne, c'est avant tout une diversité de sols. Il était intéressant d'y plonger, modestement, afin de mettre en évidence son effet potentiel. Et comme le pinot noir, c'est le calcaire, c'est donc sur sa présence qu'il fallait jouer, et comme nous aimons jouer, nous avons joué, et gagné!

Nuits Saint Georges 2006, Chantal Lescure

Robe encore plus sombre, c'est la côte de nuit, nez expressif, très myrtille bien mûre, au boisé sympathique car non dominant. La pulpe est bien présente, la bouche est ronde, aux tannins plus civilisés que les Pommard. C'est une vraie petite bombe de fruit, que l'on apprécie sans aucune difficulté. Très charmeur.

Nuits Saint Georges, 1er cru les Vallerots 2006, Chantal Lescure

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Les Vallerots est un terroir très calcaire, assez ancien et en coteaux. C'est un des tout bons 1er crus de Nuits St Georges. Sa robe tout aussi sombre que le villages, mais le nez se fait déjà plus précis, plus de finesse sans doute. Si le Villages faisait grosse impression, c'est pourtant presque sans combattre, que le premier cru va l'écraser. Par sa finesse, par la qualité de ses tannins, par son acidité, par sa longueur; c'est un KO debout et une belle leçon à ceux qui ne croient pas au terroir. Un cas d'école. D'école, car il est facile de présenter un mauvais villages contre un bon premier cru, non, le challenge était ici d'impressionner par le villages et puis de renverser la situation avec le 1er cru, pari gagné! Et à nouveau Bravo à François Ca-Chavériat et son équipe. Ils nous font déjà oublier le millésime 2005...

Il est temps de se restaurer, et grâce aux fromages de la Casière, à Wavre. Evidemment, sur un bel Epoisses, de l'ami de Chambertin, ou les St Félicien et Marcellin, il faut choisir un vin qui sera mis en valeur et non pas une grande cuvée qui risque d'être dénaturée. Il ne faut donc pas hésiter à descendre un peu dans la hiérarchie et rechercher la fraîcheur et la vivacité. C'est ce que nous avons fait en visitant l'Yonne.

Effet Millésime et effet Fromage

Bourgogne Epineuil, Côte de Grisey 2003, Abbaye du Petit Quincy

Robe brillante, assez dense, le nez est tout sur le fruit rouge (groseille, fraise), assez simple sans doute, mais bien net. La bouche est gourmande et le fruit se révèle encore avec le fromage; accord classique mais bon!

Bourgogne Epineuil, Côte de Grisey 2004, Abbaye du Petit Quincy

Dominique Gruhier a vraiment fait progresser les vins du coin. Il en récolte maintenant les fruits puisqu'il rentre dans le guide de la RVF 2009, bravo! J'étais curieux de regoûter ce difficile millésime 2004, et ma foi, sans prétention, il se comporte bien sur le fromage, lui apportant toute la fraîcheur nécessaire. Bien sûr, la robe est plus claire, bien sûr la matière est moins dense; le fruit se fait aussi plus frais (groseille), agrémenté de notes de poivre vert, un peu végétales sans doute, mais cela reste friand et très sympathique. Pour le plaisir, et parce que vous avez cru la découvrir à presque chaque paire, j'ai ouvert une bouteille de

Fiefs Vendéens, La Grande Pièce 2002, Pinot noir, Domaine St Nicolas (Loire)

Carafée pour éliminer quelques bulles de CO2, le nez se fait immédiatement très ouvert. Mûre, cerise du nord, épices, fumée, graphite, minérale; c'est très beau. La bouche est juteuse comme un vin de Barral (le schiste?, le peu de SO2), tout en finesse mais aussi en belle maturité. La gourmandise fait que le vin s'évapore trop rapidement; je ne l'avais plus goûtée récemment, coup de coeur pour moi et je ne suis probablement pas le seul ;-)!

Il fallait terminer par un Bourgogne à maturité, je me suis donc plongé dans mes réserves, constituées, à l'époque où j'écumais les foires au vins. Je me suis arrêté sur:

Gevrey-Chambertin 1er cru Lavaux St Jacques 1995, JP. Marchand.

Honnêtement, à l'époque, il était plutôt dense, charnu, j'avais l'impression d'avoir fait une bonne pioche. Le 1er cru Lavaux St Jacques, est bien situé, pas loin de du réputé Clos St Jacques, voyons voir. Il ne faut pas être grand dégustateur pour constater l'évolution de la robe qui garde cependant une belle profondeur. Le nez combine les arômes de fruit et ceux plus évolués de viande, d'épices douces, de cèdre et de tabac. La bouche est fine, mais finit un peu court. Sans être désagréable, il manque un petit je ne sais quoi de profondeur pour vraiment plaire et tenir son rang. Peut-être l'apogée est-elle un peu dépassée, peut-être sommes nous trop formatés aux vins jeunes, peut-être ce vin manque-t-il aussi un peu de naturel...

Alors voilà, un atelier qui a tenu ses promesses, et où les pinot noirs hors Bourgogne se sont très bien comportés. Difficile de donner des préférences, tant les vins sont différents, mais voici pourtant ceux qui, pour moi, sortent du lot:

8. Gevrey-Chambertin En Billard 2005, Jérôme Galeyrand: quelle accessibilité!

7. Bourgogne 2006, Renaud Boyer: quelle buvabilité!

6. Chambolle Musigny 1er cru 2004, O. Guyot: quelle dentelle!

5. Pommard Vaumuriens 2006, Chantal Lescure: quelle potentiel!

4. Alsace LN 012 2004, Schueller: quelle suavité et quel naturel!

3. Côte de Jura, Cuvée Julien Ganevat 2005, JF Ganevat: quel terroir!

2. Loire, Fiefs vendéens, Grande Pièce 2002, Domaine St Nicolas: quel jus!

1. Nuits St Georges, 1er cru les Vallerots, Chantal Lescure: grand!

L'honneur est sauf, la Bourgogne remporte ma palme de justesse, mais les pinot noirs "hors bourgogne" trustent les accessits, alors que le niveau était très, très relevé! Bon on remet cela quand vous voulez!pinot_noir1

Commentaires

j'ai le 2-3-4 chez moi! super!!
J'ai vraiment un bon caviste ;-)

Écrit par : alfonso | 14/11/2008

Par contre, quand tu remets ça fait signe, je suis partant ;-)

Écrit par : alfonso | 14/11/2008

Top 8 Belle expérience et atelier très instructif.
Merci Laurent pour ce compte rendu qui retranscrit fidèlement le contexte de la dégustation.

Mon top 8:

8. Bourgogne Epineuil, Côte de Grisey 2004, Abbaye du Petit Quincy
7. Bourgogne Pinot Noir 2006, Renaud Boyer – robe évoluée mais le fruit est bien là, les épices aussi avec la cannelle et le poivre. Notes légèrement animales
6. Nuits Saint Georges 2006 1er cru les Vallerots, Chantal Lescure – nez fruité (cerise et framboise), notes de moka, bouche longue et belle acidité.
5. Côte de Jura, Cuvée Julien Ganevat 2005, Pinot Noir, Jean-François Ganevat – belle minéralité, nez complexe, moka, fruits rouges (cerise), notes florales (rose)…
4. Gevrey Chambertin, Billard 2005, Jérôme Galeyrand – notes de chocolat, fruit noir, style plus riche, plus gourmand.
3. Alsace Pinot Noir LN 012, Bruno et Gerard Schueller – nez complexe. Derrière la réduction il y a la rose fanée, des notes balsamiques, des notes épicées, poivrées.
2. Pommard Les Vaumuriens 2006, Chantal Lescure – fruit velouté, sur la finesse et l'élégance.
1. Fiefs Vendéens, La Grande Pièce 2002, Pinot noir, Domaine St Nicolas – mur, complexe et très, très long.

A très bientôt

Diana

Écrit par : Diana | 14/11/2008

le 1;-) Merci Alfonso,
et le 1 est tout juste disponible à la vente;-)

Diana,
merci pour ton top 8, on se retrouve un peu sur les mêmes, c'est vrai que le GC en billard de Galeyrand était très bon aussi et que l'épineuil était bien mis en valeur par l'époisses. Je suis curieux de voir d'autres top ...

Écrit par : Laurent | 15/11/2008

Bonjour Laurent,

Allez, je me lance. Voici mon top 5 et quelques commentaires:
5.Pommard Les Vignots 2006, Chantal Lescure
Nez de cerise. Bouche un peu plus riche que "les vaumuriens", mais un léger déséquilibre avec une note d'alcool un peu trop présente à mon goût (mais il paraît que j'y suis sensible ;-)
C'est très beau quand même et les milieux autorisés s'autorisent à penser que ça doit encore se mettre en place.
4.Alsace Pinot Noir LN 012, Bruno et Gerard Schueller
Le nez est réduit et demande un peu de temps pour que les arômes de rose et d'encens s'expriment.
On est clairement dans du "nature". En bouche, c'est assez vif. On retrouve un beau côté floral et de la framboise. Bel équilibre.
J'ai noté "Assez caractéristique de l'Alsace", mais je pense qu'il s'agit d'un commentaire a posteriori, une fois l'étiquette découverte. J'aime beaucoup.
3.Fiefs Vendéens, La Grande Pièce 2002, Pinot noir, Domaine St Nicolas (Loire)
Nez sur la groseille, très fruité et très mûr.
En bouche, du fruit, pas compoté, j'ai noté "Mon Chéri" en référence à ce goût de cerise avec une pointe de cacao.
Découverte de la soirée. C'est la première fois que j'y trempe mes lèvres, et je suis bluffé.
Je ne crois pas que j'aurais essayé de moi-même, et j'aurais eu tort.
2.Côte de Jura, Cuvée Julien Ganevat 2005, Pinot Noir, Jean-François Ganevat
nez sur la cerise, un côté floral et une pointe de violette.
En bouche Belle acidité, de la mâche, et ce bel équilibre entre fruit et minéralité.
1.Pommard Les Vaumuriens 2006, Chantal Lescure
Superbe, plus puissant que son "frère" le Pommard Les Vignots mais plus fin et plus équilibré,
plus fruité également avec des tanins plus polis.
Coup de coeur de la soirée pour moi sans aucun doute

Très belle dégustation et très intéressante aussi.

A bientôt

Julien

Écrit par : Julien | 15/11/2008


Salut à tous,

A mon tour ! Je vous livre mes cinq préférés. Je vous les donne dans l'ordre de la dégustation.

1. Alsace N012 2004 Schueller - Après la réduction du début se révèle un nez sur la rose comme je n'en avais jamais ressenti. Beaucoup de complexité aromatique pour ce vin : fruit, épices, rose, encens (ça je l'ai pas trouvé tout seul ;-) En bouche, c'est vraiment très équilibré et ça se boit tout seul !

2. Jura Cuvée Julien 2005 Ganevat - Au nez, encore la rose et aussi un peu violette et café. La bouche est un peu plus acide mais très agréable.

3. Bourgogne Pommard Vaumuriens 2006 Lescure - Mon coup de coeur ! Tout semble en place et c'est vraiment magnifique. Tout est harmonieux dans ce vin qui est déjà vraiment un plaisir à déguster.

4. Bourgogne Nuits-Saint-Georges 1er cru Vallerots 2006 Lescure - Plus concentré que le pommard, plus sur le chocolat et la cerise, il est pour moi un peu moins agréable à l'heure actuelle mais le potentiel est présent !

5. Loire Fiefs vendéens La grande pièce 2002 St Nicolas - Une découverte pour moi qui n'aurais probablement jamais testé ce vin par moi-même. Etonnant pour un pinot de la Loire. Concentré, charnu, du volume en bouche ... vraiment un vin d'un très bon niveau.

Très content de cette dégustation ... vivement la prochaine...

Mathieu

Écrit par : Mathieu | 18/11/2008

Une bien belle soirée en effet...même si le souvenirs des tous derniers vins est moins précis pour moi( j'ai pourtant pas mal utilisé le crachoir :-) )! La soirée ne pouvait pas mieux se terminer avec les fromages bien mariés avec les Epineuil...un régal !
Brièvement mon top 5 :
1/ Pommard Vaumurien Lescure 06, pour moi très " classe", d'une gde finesse...curieux de le voir évoluer...
2/ LN012 de Schueller 2004 : je ne l'avais pas immédiatement reconnu mais quand j'ai entendu prononcer son nom , il n'y avait plus aucun doute ! nature nature , un vin tres mûr, un vin qque peu envoutant (!), quand je pense que LN012 fut un de mes premiers coups de coeur chez Laurent.
3/ Ganevat cuvée Julien 2005 miam , j'etais un peu passé "à côté" des pinots de Ganevat, celui ci m'a vraiment séduit...des fruits rouges et noirs, du café frais ( et pas torréfaction !!), fraicheur et beaux tannins....
4/ Bourgogne 2006 de Boyer : vin super gourmand, des épices, une touche animale, des fleurs...c'est vraiment très très bon !! encore !!
5/Fiefs vendéens La gde Pièce 2002.

Très ardu que de rédiger ce top 5...des vins de personalités bien différentes pour un cépage passionant que je connais encore mal. Merci pour ces beaux moments.

Philippe Bertrand.

Écrit par : Philippe | 20/11/2008

et hors france c'est possible aussi Bonjour, c'est sympa ce genre de "confrontation". Il doit bien y avoir un peu de place pour un ou deux pinot noir de Suisse pour la prochaine fois non ? Avec 2000 ha vous devriez trouver au moins un flacon à proposer.

En Alsace je vous proposerai bien les pinots noirs de Lucas Rieffel. Il est passé à la maison samedi dernier présenter ses vins à des amis. Leur grande surprise venait du pinot noir. Peut-être aussi parce qu'ils n'en attendaient pas grand chose ?


cordialement,
Laurent

Écrit par : Laurent | 20/11/2008

zut, je voulais écrire 3000 ha de pinot noir en Suisse.
Lucas fait un pinot noir sans soufre également.

Laurent

Écrit par : Laurent | 20/11/2008

Suisse Oui, Laurent, j'aurais pu du mettre un pinot noir suisse, mais on s'est volontairement limité à la France.
Par contre, nous aurons un atelier entièrement consacré à la Suisse, début 2009. Si tu as des adresses bio nature, je suis preneur!!

Philippe, Mathieu,
merci pour vos tops et commentaires.
C'est vrai qu'il y a pas mal de personnalité qui se dégage de ces cuvées, et c'est tant mieux, car c'est un peu le but de mon approche;-)

En tout cas, l'Alsace, le Jura et la Loire ont tenu tête à la Bourgogne, en offrant d'autres styles. On voit aussi que 2004 en Bourgogne est quand même un cran en dessous de 2005 (on le savait), mais aussi de 2006.

encore merci pour votre participation et vivement la prochaine!


Écrit par : Laurent | 21/11/2008

vins natures en Suisse Quelques pistes en Suisse :

Le domaine Mythopia à Arbaz dans le Valais central, près de Grimisuat. Hans Peter Schmitt produit des vins natures, c'est clairement écrit sur son site. Le domaine en biodiversité. A voir et à lire :
http://www.mythopia.ch/

Le site Delinat propose une liste de vignerons bio :
http://www.delinat.com/de/schweizer-winzer.html

Pour ma part j'avais pensé au domaine de Beudon sur les hauts de Fully, ou à Bex à la cave des Cimes (mais ils sont listés chez Delinat).

Une autre idée qui me vient à l'instant : prendre conseil auprès de Jérôme Estèbe, journaliste genevois (je viens de le glisser dans mes liens/blogs).

voili voilou,
bonnes recherches,
Laurent

Écrit par : Laurent | 22/11/2008

Les jeunes ont le droit de d'amuser, et puis, comme l'écrivait le poète persan il y a presque mille ans : " Un bon verre de vin et ce qui me chagrine est mort. Je serai riche avec deux gobelets. je répudie et la raison et la doctrine et je veux épouser la fille de la vigne".

Écrit par : Nathan - Hôtels à Barcelone | 16/03/2009

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