30/05/2009

HISTOIRE DE ROSE, COUPEZ!

Ah, le rosé, "Bruxelles" veut nous saccager notre rosé en permettant le coupage de vin blanc avec du vin rouge, quel scandale!

Ce que l'on sait moins, c'est que le "coupage" est déjà autorisé, en champagne par exemple, ou la majorité des rosés, en général plus chers que les blancs, sont des mélanges de vin rouge et blanc. Même dans les appellations, il est parfois autorisé d'utiliser des cépages blancs dans l'assemblage de certains rosés; par exemple Bandol, comme je le lis sur ce site. Ces vins sont-ils moins bons, pas sûr; différents, sans doute.

Si je suis pour la transparence et si je crois donc que le coupage devraient être indiqué sur la contre-étiquette, je suis pourtant persuadé que le scandale est ailleurs!

Et comme j'aime joindre l'inutile à l'agréable, cette semaine, lors d'une dégustation initiatique à la Provence, j'en ai profité pour tester des rosés et d'y gliser un petit pirate de mon cru.

Château (j'évite de citer le nom, laissant le bénéfice du doute au producteur), Côte de Provence Sainte Victoire, 2007

La robe est claire, très claire. Le nez respire le fruit de la passion pas très mûr, notes chimiques de banane synthétique. La bouche manque d'acidité, on goûte l'alcool, c'est creux, court, flagrant délit de manque de raisin. Un bel exemple de vacuité gustative. Ce vin a vite été surnommé château "mal de crâne". 

Coupage de blancs et de rouge

Pour celui-ci, j'ai rapidement pris quelques fonds de bouteilles de vin blanc qui traînaient dans mon frigo et j'y ai rajouté quelques gouttes de mon super Montepulciano d'Abbruzzo. Comme dans la pub, c'est incroyable, quelques gouttes suffisent pour donner au tout une belle couleur rosée. Son nez est plus fruité, fraise, framboise, nettement moins chimique que le précédent; très agréable. La bouche est aussi plus dense, avec de la matière, de la longueur, du raisin quoi! Un peu trop acide cependant, mais cela montre bien qu'on peut sans problème, réalisé un bon rosé par coupage; le tout c'est surtout d'avoir du bon raisin et du bon vin au départ. CQFD.   

Le scandale, il est surtout dans l'agrément de ce vin en AOC, qui plus est en AOC "supérieure" Sainte Victoire, qui devrait être un gage de qualité et de reflet de ce superbe terroir. Cerise sur le gâteau, ce vin a reçu la médaille d'or au concours de, médaille d'or de plus grand foutage de gueule, oui!

Heureusement, la Provence peut aussi nous offrir de superbes rosés, comme en témoigne la suite de la dégustation. 

Coteaux d'Aix en Provence, Château Saint Anne, 2007

A dominante de cinsault, avec un peu de mourvèdre et grenache, la robe est aussi claire, saumonnée. Le nez est aussi sur des arômes fermentaires (banane, ..) mais avce des notes florales, fruitées primaires, bref, plus de complexité. Quelques bulles agrémentent l'attaque, souple, bien plus dense que le rosé STe Victoire, croquante à souhait. Un rosé typé rosé, mais un très bon rosé. Et oui, faire du bon rosé, c'est possible! 

Bandol, Mourvèdre 40, Grenache30, Cinsault30, Château Saint Anne, 2003

Je ne m'attarde que trop rarement sur le plaisir de la robe. mais celle-ci est superbe, tendance pelure d'oignon, avec des reflets or, superbe. Le nez est aussi intéressant, sur les épices, la fraise, la rose fanée. En bouche c'est un peu moins bien, en raison d'un petit manque d'acidité, millésime oblige. Une petite note liégeuse également, mais il y a de la matière et de la longueur. Un rosé de gastronomie, à revoir aussi dans un autre millésime!

Vin de Table, Ma Terre, Grenache, Merlot, Syrah, Domaine Milan, 2008

Robe très dense pour un rosé, au nez puissant, fruité, rappelant étrangement le grand blanc, mais avec des notes de fraises mûres, un nez de Milan, quoi! La bouche est charnue, croquante, gourmande, puissante mais équilibrée, de grande soif et de gastronomie, un accord parfait avec une bonne "gueule d'amour"!  Coup de coeur général, à ne pas rater!!

Amusant toujours de voir que le vin le mieux apprécié est un vin de table, et le plus détesté un vin d'appellation "villages". Beau pied de nez qui relativise bien cette "bataille" contre le rosé de coupage. Commençons par faire de bons rosés, et le consommateur trouvera bien son chemin. Je suis toutefois pour la transparence et une indication du procédé de fabrication serait bien utile (rosé de coupage, de saignée, de pressurage direct, ..). Après, au consommateur de choisir!


20/05/2009

La SYRAH, AH ça IRA (I)

Deux ateliers consécutifs consacrés à la syrah, et une pléthore de belles cuvées d'origine très diverses, pour un cépage originaire d'Ardèche, et non de Shiraz en Iran, ni même de Syracuse! Pour la théorie, il faut assister à l'atelier, pour la pratique virtuelle, c'est ici;-). C'est parti!

ARDECHE: Châton de Garde 2007, Syrah, sans soufre ajouté, Andrea Calek (Atelier 1- Atelier 2)

Une de mes cuvées préférées, proposée par Andrea, qui travaille également au Mas de Mazel. C'est du sans soufre soigné! Nez un peu lacté, fruits noirs très mûrs, un peu solaire. La bouche est ronde, soyeuse, fruitée, la finale sur le chocolat noir. C'est un peu fermé, ou plutôt la cuvée se referme; car il y a quelques mois elle resplendissait. Nettement plus expressif le lendemain, il faut maintenant l'oublier ou la carafer longuement.

ARDECHE: Syrah 2007, Hervé Souhaut, Romaneaux Destezet (1-2)

Robe plus claire, nez plus expressif, nettement poivré, balsamique, avec quelques notes végétales pas dérangeantes. L'attaque est un peu dure, mais le milieu de bouche est tout en dentelle, on salive allègrement. Le vin prend du volume à l'aération. 

C'est dingue la différence entre ces deux cuvées, alors les vignobles ne sont situés qu'à quelques dizaines de km. Deux belles expressions de syrah.

SAVOIE: Harmonie, Cru Arbin 2005, Mondeuse, Charles Trosset & Fils (1-2)

Robe sombre, nez fruité lacté (yaourt aux myrtilles), notes florales, de gentiane à l'aération. Je l'ai cependant connu plus ouvert. La bouche est un peu dure, avec de l'acidité mais un peu austère. Le vin prend aussi de l'ampleur à l'aération. Un beau vin, mais un peu strict. Egalement en phase de fermeture, sans doute.

ARDECHE: Cuvée ST Philippe 2005, Syrah, Sans Soufre ajouté, Mas de Mazel (1 - 2)

Robe bien sombre également, mais c'est le nez qui attire l'attention. Animal (bret), vernis (volatile), pomme verte (ethanal), il semble cumuler les défauts de l'oenologie modene. Il rebute d'ailleurs certains que je convainc pourtant d'y porter les lèvres. Et là, tout le monde se met d'accord, la mondeuse est explosée par l'éclat du fruit du Mas; par sa gourmandise, par son jus, par sa fraîcheur. Etonnamment, elle fera presque l'unanimité. L'aération lui est aussi favorable au niveau aromatique, tout comme un carafage vigoureux aurait été souhaité. Un exemple d'école de l'effet "vin naturel" sur la perception du vin! 

 

syrah1

LANGUEDOC, Coteaux du Languedoc, Pleine Lune 2002, Syrah, Beau-Thorey

Qui a dit que 2002 était un millémime pourri. Pas chez Christophe Beau en tout cas. La robe est noire, le nez sur la réduction, mais nettement moins qu'il y a quelques années. C'est sauvage, c'est floral, mentholé, avec des notes fumées, c'est bien de la syrah! Une bouche fraîche, avec de l'acidité, en demi corps, mais non dénuée de longueur, ni de mâche. Les avis sont partagés, certains se régalent et d'autres recherchent plus de matière.

ROUSSILLON, Côtes du Roussillon Villages, Romain Mercier 2002, Syrah grenache, Domaine Joliette (1 -2)

Au premier nez, certains prennent l'avion pour le nouveau monde, et oui, le boisé est encore un peu marqué. Heureusement, des la première gorgée, ils font demi-tour et reviennent en France, mais dans le Sud. Derrière le bois vanillé, il y a du fruit, très mûr, et dans le fruit, savez vous ce qu'il y a? Encore un peu de tannins, mais assez soyeux; un petti creux en milieu de bouche mlarque le millésime. Une bouteille sympa pour qui n'a pas peur de se promener dans les bois;-).

AFRIQUE du SUD, Syrah Elim 2007, Standveld Vineyards (1)

Nez très vanillé, un peu brûlé, arômes de garrigue et de fruit hyper mûr, c'est assez caricatural, malgré une belle matière. Ce 'est pourtant pas trop chaud, ce sont vraiment les arômes qui sont écoeurants. Car là, on prend l'avion et on va loin, très loin. Un peu indigeste dira-t-on...

RHÔNE, Saint-Joseph Saint Epine, Syrah, Hervé Souhaut, Romaneaux Destezet (1)

Robe sombre mais pas noire. Le nez est délicat, et le contraste avec l'autre vin est sidérant. Ici, c'est floral, avec mêmes quelques notes d'agrumes. C'est tout en dentelle, pas en puissance ni en matière. C'est aérien, il y a de la longueur de saveur, mais pas d'alcool; mais ce pas assez expressif pour certains, et pourtant ...

 

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La suite très bientôt, les meilleures bouteilles arrivent!!!!

 

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