28/08/2009

CRITIQUE de CRITIQUE

La critique est aisée, l'art est difficile, mais depuis quelques temps, et l'arrivée du net et de ses nombreux blogueurs plus ou moins qualitatifs, la position de critique est devenue moins confortable. Des amateurs qui devraient se contenter de boire là ou on leur dit de boire se permettent d'étaler leurs préférences et parfois de dévier du droit chemin en appréciant, par exemple, des vins plus naturels Clin d'oeil.

Pour preuve, les joutes entre ce qui était lors de mes premiers pas dans le vin le meilleur journaliste viticole français, Michel Bettane et ce qui est encore le meilleur blogueur amateur, Olif.

Et voilà que tout récemment, l'ami Olif,remet le couvert et s'en prend cette fois à un autre bastion du journalisme viticole français, la RVF, la Revue Des Vins De France (RVF).

Il n'est pas le seul. A lire aussi, si vous avez le temps, les critiques et débats sur les guides qui sortent actuellement, le vert (celui de la RVF) ou le gris (Bettane). Sans rire cependant, le Gault et Millau et les autres doivent quand même un peu regretter de ne pas être concernés, car chaque pain reçu augmente un peu la visibilité du guide ;-). Et comme ils sortent actuellement, "critique de critique" est un sport de saison, sans risque.

Il est vrai qu'il n'est pas aisé pour une revue comme la RVF de concilier les exigences de l'amateur pointu et celles du lecteur plus désinvolte. Et quand la sauce est liée par la pub et par les annonceurs, beaucoup préfèrent, à tort, se limiter aux forums et blogs gratuits. Il est vrai aussi, nous l'avons vu plus haut, que le "pros" n'ont pas toujours vu d'un bon oeil l'émergence d'une vérité alternative, pourtant semée à l'époque par la RVF et son gaulois forum MagnumVinum (nous sommes tous des enfant de Magnumvinum;-).

Et pourtant, cela n'est-il pas complémentaire pour le vrai passionné, surtout si ces avis sont couplés à une dégustation chez son caviste préféré ;-))). Qui plus est, la RVF s'est bien remise en question et intègre maintenant plusieurs courants (dont le nature bio) pour offrir à ses lecteurs une vue globale et réelle du vin français, là ou d'autres donnent l'impression de n'intégrer que leur intégrisme et cassent du biocon pour éviter de se faire oublier.

A lire aussi le débat sur la soi-disant dictature du bon goût, en évitant si vous y arrivez, les frappes peu chirurgicales et ses dégâts collatéraux sur le bio. On y critique les critiques qui encensent, notamment, les vins du Sud qui seraient issus de raisins verts et renonceraient à leur typicité (la soi-disant verdeur des vins de Gauby dont je n'ai pourtant trouvé que peu de traces sur le net, à défaut d'avoir eu l'occasion de le vérifier dans le verre;-). J'ai eu beau chercher aussi un peu de verdure dans le classement de la RVF des 100 meilleures cuvées du Languedoc, des représentants de cette "école", je ne les ai pas trouvé. J'ai posé la question, j'attends toujours la réponse. Les critiques de critiques aimeraient-ils se faire des films? J'y ai par contre trouvé des vins du Sud qui ont de la fraîcheur et ça c'est plutôt bien non?

Pour info, ce classement, même s'il a, comme tout classement, ses limites, n'est pas mal torché. On y trouve toutes le tendances, même celle qui fait de la pub un peu plus loin dans le même journal, mais le lecteur attentif aura vite fait de trier. Pour ma part, même si je ne cautionne ni ne connaît toutes les cuvées citées, j'y retrouve quand même 10% de vins que j'aime et distribue, c'est plutôt bien non? En voici la liste, et pour coller à cette actualité, ils seront en dégustation à la boutique ce week-end des 28-29 août (voir la liste pus bas).

Voilà, j'ai à mon tour inventé une nouvelle catégorie de ce sport bien confortable, celle de critique de critique de critique ;-))).

Comme je viens d'acheter les deux guides en question (RVF et Bettane), je vais jouer dans toutes les catégories et je n'hésiterai pas non plus à vous dire ce que j'en pense, stay tuned ;-))

 

Les vins sélectionnés par la RVf et en dégustation ce week end à la boutique de l'odyssée  

 

74. Ultreïa 2005, syrah, grenache, mourvèdre, Mas de Martin 
Une dominante de syrah, complétée de grenache et de mourvèdre qui ne renie pas son élevage; mais la matière est dense, suave, harmonieuse. Fruits noirs, moka, épices, tannins qui se fondent, sans lourdeur, cela se laisse déjà bien boire, mais elle sera au top d’ici 5 à 6 ans.

66. Acutum, Mas de Cynanque
C’est la cuvée acutum qui est sélectionnée dans le palmarès, il m’en reste quelques bouteilles de 2004 et de 2005, superbes. Mais nous allons aller à la découverte d’une autre cuvée, peut-être encore plus proche de son sol que l’acutum, c’est la cuvée Plein Grès 2006 à base de syrah (30%), grenache (10), carignan (30) et mourvèdre (30) . Tout en retenue, assez ferme, minérale, sans élevage en bois, elle commence à se livrer, pour vous et offre un rapport Q/P exceptionnel.

44. Terre Inconnue
C’est la cuvée Sylvie qui est sélectionnée, mais toutes devraient s’y trouver. Hélas, elles ne sont pas encore arrivées à Pécrot, mais vous pouvez les réserver (surtout lcette superbe syrah qu’est Sylvie)

30. L’As 2005, syrah – grenache, Mas conscience 
Encore une dominante de Syrah tout en fraîcheur. L’élevage se fond bien, et les arômes sauvages de fruits rouges, de viande et d’épices nous charment. Les tannins assurent encore une bonne garde mais n’empêche pas de se régaler, que du contraire.

24. Les Schistes 2007, grenache–syrah,  Borie la vitarèle 
Borie la Vitarele est un des seuls domaines avec Barral à classer deux cuvées dans ce top 100, bravo! Celle-ci est un classique qui donne toujours un vin élégant mais profond et bien fruité. 2007 est très réussi, même si je conseillerais de boire maintenant 2004, voire 2006 (il m’en reste un peu) et d’encaver celui-ci quelques années.

23. Le Vin Maghani 2005, mourvèdre-syrah, Canet Valette 
Un des grands classiques du Languedoc dont je vous avait proposé le 2001 à mes débuts. J’ai reflashé sur ce 2005, au nez enjôleur, d’épices, de lard fumé et de fruits macérés, déjà d’une grande complexité et de grande longueur. Son corps composé de mourvèdre et de syrah est ferme et taillé pour la garde, mais on pourra déjà le placer à table cet hiver.

17. Jadis 2006, syrah- carignan, Léon Barral 
Barral, il fait couler autant d’encre que ses vins coulent facilement dans nos gosiers. Je vais découvrir avec vous ce nouveau millésime 2006. Pour ceux qui aiment, j’ai encore des magnum de 2005 ;-)

6. Les Crès 2004, Borie la Vitarèle
Une cuvée que je suis régulièrement depuis 2001 et qui ne m’a jamais déçu. Le 2001 est encensé dans la RVF, il m’en reste quelques bouteilles. Nous allons déguster le 2004 qui allie élégance et fond. C’est d’ailleurs un coureur de fond que vous pouvez entraîner pendant de longues années. Note fruitée (un peu framboise), lardée, épicée et truffée, déjà d’une belle complexité. Carafer le pour dompter un peu ses tannins, encore un vin qui fera merveille à table sur un magret de canard ou un beau chevreuil.

5. Valinière 2005, mourvèdre, Leon Barral 
J’ouvre ou j’ouvre pas, allez j’ouvre!

Voici ce qu’en dit la RVF “ A dominante de mourvèdre, la cuvée Valinière définit la justesse et l’originalité de l’approche de Didier Barral. La profondeur et la nervosité de sève du 2005 révèlent un potentiel impressionnant. L’acidité volatile peut déranger, mais elle sert une palette aromatique (poivre, cacao, rose, thgym) et se trouve transfigurée à table. 17/20”

2. Syrah Leone 2002, Peyre Rose 
Je ne le distribue hélas que ponctuellement, quand l'occasion se présente. Là il ne m’en reste plus que deux bouteilles, que je réserve à ceux qui auront apprécié les autres cuvées ;-)))

 

 

 

 

 

Commentaires

débats en cours Le palmarès de la RVF sur le Languedoc correspond peu ou prou au mien.
Je me sens très en phase avec l'analyse récente d'Hervé Lalau sur l'appréciation des vins naturels. Le diktat n'est au passage pas toujours dans le camp que l'on pense.

Pas fana des derniers vins de Gauby, acariâtres et dont il faudra suivre l'évolution.

Écrit par : laurentg | 28/08/2009

Des hauts et débats, qui a tort, qui a raison? Je n'ai pas vu le palmarès de la RVF, LaurentG, mais je ne suis pas sûr qu'il corresponde peu ou prou au mien. D'ailleurs, je n'établis jamais de palmarès. Ne serait-ce pas ça, le diktat, finalement? Vouloir classer à tout prix, pour avoir un référentiel objectif? Moi, j'aime la subjectivité, en matière de vin.
Pour les vins de Gauby, les millésimes 98 et 2000, regoûtés cette année, ne correspondent vraiment plus à ce que je recherche dans un vin. J'avais bien aimé les 2003 goûtés à Paris en 2004. Le millésime du changement, il me semble. Il faudrait peut-être que je m'intéresse de nouveau au domaine!

Merci pour le compliment, LaurentM! J'ai également lu sur LPV que je faisais partie des "Wine heroes"! Je suis flatté!

Écrit par : olif | 28/08/2009

vins nature Olif,

J'espère que l'on aura l'occasion de se renconter, avec notre hôte (ici aussi), pour boire un bon coup ensemble.
Pris par ailleurs quelques repères chez l'ami Rémy Pédréno, du Roc d'Anglade, sur la fraîcheur (du carignan ?).

D'accord pour objectiver la subjectivité et si tu passes sur Toulouse et que le coeur t'en dit, fais-moi signe bien entendu.

Les Aleaux 2000 (chardo) et la Jasse 2000 (muscat) sont très fatigués aujourd'hui.
La Muntada 2006 bien partie.

Écrit par : laurentg | 28/08/2009

Olif,

Je te rejoins pour trouver la RVF bien subjective quand elle note l'argentin Mendel Unus 2006 18,5/20 ...

Écrit par : laurentg | 28/08/2009

diktat Laurentg, regarde les vins que je propose et on reparle de diktat, le diktat, il est là où on impose le bon goût et où on tente de museler des avis différents (suivez mon regard;-). Ce serait intéressant de déguster ensemble, c'est un peu ce que je regrette dans le dossier de IVV (belgique) sur les vins naturel (on en reparlera).

Écrit par : LaurentVinature | 28/08/2009

Olif Meilleur blogueur, mais je le pense sincèrement Olif, en tout cas celui que je lis le plus régulièrement, même si je t"ai trouvé moins opportun avec le papier sur la RVF ...
Entièrement d'accord avec toi, les palmarès, les cotes (encore plus) on s'en "vin de bagnole", mais ça permet de trouver de thèmes pour les dégustations hebdomadaires ;-))) . Mais il s'avère que je retrouve plus facilement les vins que j'aime dans la RVF que dans le Bettane, et j'aime à le souligner. Quant à l'ordre, au temps T jour J d'aujourd'hui, voici mon petit palmarès.

1. Mas Conscience : As 2006, fruit, à peine de bois, élégant, frais, mais du soleil, sensation calcaire en bouche, à boire et à garder, j'adore!
2. Barral: Valinière 2005; pas tout à fait en place au nez, mentholé, notes florales, mais petite touche de chou, puissant et élégant, car la volatile lui donne du peps (ça va encore ruer dans les chaumières). Les tannins sont très fins, un carafage lui aurait fait le plus grand bien. Un de plus beaux Valinière.
3. Les Schistes 2007, Borie la vItarèle: aromatique,équilibre parfait, on rêve juste d'une version sans soufre.
4. Jadis 2005, Barral, nez un peu réduit lourd, tannins un peu présents, mais le milieur de bouche devrait rassurer les fans de Barral. Je l'ai déjà goûtée mieux, mais c'est de gros potentiel.
5. Maghani 2005, Canet Valette, nez sur le fruit (framboise) macéré et les épices (cannelle), bouche dense, ferme (mourvèdre) de tannins présents mais pas secs du tout. Un très bon retour de Canet Valette!
6. Les Crès 2004, Borie la Vitarele, le petit frère du précédent, plus aimable maintenant!
7. Plein Grès 2006, Mas de Cynanque, le nez est un peu toasté, moka, puis les épices et la syrah viennent,la bouche est ferme et oserais-je minérale, il s'ouvre gentiment. Un rpt Q/P exceptionnel, qi ne trahit son pedigree que par un petit déficit de longueur par rapport aux autres;
8. Ultréia 2005, Mas de Martin. Fuit mûr, bois présent, c'est suave, c'est très bon, mais c'est le seul vin ou certains dégustateurs ont perçu un peu d'alcool. A attendre sans doute, mais ce n'est pas un vin pour les xylophobes ;-)..

Autant je dégusterais bien avec l'ami laurentg, autant avec toi je renverserais bien un quille ;-)))


Écrit par : LaurentVinature | 28/08/2009

boire ou conduire ? Je pense aussi que ce serait bien de déguster ensemble.

Demain chez IVV, nous fêterons la victoire au championnat de France de dégustation du duo Citerne/Sanchez : il y aura de quoi boire, croyez-moi.
Puis championnat d'Europe le 10 oct à Paris (vins du monde).

Votre avis sur les vins naturels hors France ?

Écrit par : laurentg | 28/08/2009

Pas trop aimés récemment les blancs 2005 et 2006 de Barral, peu nets, oxydatifs, au dessin brouillon, expérimentaux ?
Pour la volatile des rouges, tout est question de mesure (je l'aime bien dans l'Unico de Vega Sicilia ou sur Musar ou sur les bouteilles satisfaisantes de Barral ou encore chez Marlène Soria, qui fait pour moi les meilleurs vins - vitaux et sauvages - de la région).
Barral Jadis 2003 défectueux et Barral Jadis 2004 de belle facture.
Une verticale du domaine est en cours de préparation.

Bien aimé l'As 2003 mais même si c'est bon et typé "vin naturel" (fruit direct pour les arômes et gouleyance accentuée pour la structure), ce n'est selon moi pas un grand vin.
Je vois ici un terrain de discorde potentiel.

Je vous rappelle que je vous ai déjà signalé qu'il serait bien (en termes de crédibilité) que vous commentiez parfois des vins naturels défaillants (eu ce genre de discussion avec la vendeuse de la cave du sommelier de Dinard, ouverte au débat, alors que celle de la cave du sommelier de Cancale est définitivement restée bloquée sur ses a-priori.
J'espère ne pas paraître ici trop condescendant.

Écrit par : laurentg | 28/08/2009

hors france quelques expériences en Italie,
un "Occhipinti" tourné mais au nez et au corps enivrant, dont un des dégustateurs pourtant pas trop versé vers les vins naturels a avoué qu'il en boirait de ce vinaigre. Je rêve de regoûter une bouteille correcte.
il n'est pas impossible que la fraîcheur due à la combinaison de la bio et du sans soufre soit un atout majeur pour apporter la fraîcheur nécessaire à la présence de soleil.
As tu goûté les vins de Gian marco, (Le Coste Di Gian Marco ANTONUZI), le seul italien à ma carte, la cuvée de base est miraculeuse, fruit, mine de crayon acidité, et sans soufre.

Il y en a d'autres, Castello Luigi je crois, et tu me donnes envie d'investiguer plus loin ;-))

Écrit par : LaurentVinature | 28/08/2009

le grand vin contrairement à toi, je ne suis pas à la recherche d grand vin, mais du grand plaisir ...

je ne commente pas les vins naturels défectueux (il y en a que je n'aime pas, mais j'évite ce terme de défectueux) car je ne les sélectionne pas ...

Le blanc 2006 en a ému plus d'un à la boutique, à nouveau d'un point de vue oenologique c'est sans doute incorrect ..

malgré mon grand âge tu peux me tutoyer ;-))

Écrit par : LaurentVinature | 28/08/2009

Je pense que LaurentG s'adresse à nous deux, LaurentM. D'où le "vous". Il trouve aussi que je ne suis pas assez négatif vis à vis des vins "nature". :-) Je tiens néanmoins à signaler que je ne commente pas non plus les bouteilles "non natures" que j'ai eu du mal à apprécier. Ma motivation à écrire quelque chose sur un vin vient plutôt du côté positif de celui-ci, je n'y peux rien!
La recherche du Grand vin sur l'échelle Parker ou sur l'escabeau Bettane, c'est vrai que ce n'est plus trop mon truc. Le plus parfait des vins, évalué sur des critères objectifs, si le boire ne me procure aucun plaisir, je n'en cerne plus du tout l'intérêt. Est-ce pour cela que certains ajoutent désormais une note "plaisir" à leur évaluation qualitative soit-disant objective?

Écrit par : olif | 29/08/2009

Merci pour vos retours (à tous les 2) ...

Les 2002 de Reynaud goûtés récemment sont pour moi des grands vins, de plaisir, au caractère unique (une vertu).
Je ne connais pas les pistes italiennes que tu cites.
Je crois que les américains remplacent le soufre par un autre produit (mais c'est une autre histoire).

J'ai vu cette année avec le GJE l'intérêt du drapeau "vin plaisir". En plus vieux, Le somptueux Latour 90 soufré et élevé en fût de chêne en est aussi un (certes très dispendieux).

Tu réponds un peu à côté Laurent : je parlais des lots défectueux parmi les vins que tu es amené à sélectionner.
Quant au blanc 2006 de Barral, je parle bien d'ennui Et au niveau oenologique (mais je ne suis pas oenologue) Et surtout au niveau du goût, ce qui et fâcheux pour le consommateur !

Écrit par : laurentg | 29/08/2009

Rayas 2002 Rayas 2002 est un petit bonheur de vin comme on en goûte rarement. De la dentelle qui mérite bien un 100 sur une échelle de vin-plaisir. Rarement François Mauss n'a été aussi pertinent dans l'évaluation d'un vin! :-)
Je crois bien qu'il m'en reste encore un exemplaire!

Écrit par : olif | 29/08/2009

FAUX DEBAT bonjour
j'arrive en retard sur votre debat dsl
pour moi il n'y a pas de probleme entre vin "classic" et les vins naturel
pour moi je crois avoir un gout normal pour le vin alors du moment qu'il y a un vin qui donne du plaisir !
je suis heureux
naturel ou pas
a bientot

Écrit par : LAURENT | 30/08/2009

Prieuré-Roch Un beau (mais pas grand) vin reconnu à l'aveugle samedi dernier :
Nuits-Saint-Georges 1er cru : Domaine Prieuré Roch « Nuits 1 » 2006

Fruit expressif, direct, trame glissante.

Écrit par : laurentg | 31/08/2009

lots défectueux laurentg, je vais tenter de répondre à tes questions;-)
Des vins défectueux, qui suis-je pour déterminer si un vin a des défauts ou pas, allez oui, je le fais, il y a pour moi deux défauts majeurs, l'absence de raisin et l'excès de sulfite. Pour le reste je préfère parler de vins extrêmes. Il y a pas mal de vins dits "naturels" que je n'aime pas, par exemple je n'aime pas ce goût de cacahuète parfois rance en fin de bouche, je suis aussi tombé sur des vins qui sentaient le dégueuli, et bien ça je n'aime pas du tout ;-). Par contre, un note de volatile, même virile, un peu de bret, quelques bulles, une belle réduction ne me gêne pas si le vin a d'autres choses à proposer. Je déguste d'abord un le vin comme un tout, et j'essaie de sentir l'effet qu'il me fait; je ne l'analyse qu'après, pour comprendre mon goût, pas poue le modifier ;-).

Ai-je été en présence de lots défectueux parmi ceux que je sélectionne. NON. Ai-je trouvé des vins moins à la hauteur, OUI. Ai-je rencontré les notes sus-mentionnées dans certains flacons, OUI aussi. Barral Jadis 2003 ne m'a pas spécialement séduit, je le qualifiais de trop rock'n roll, je n'en ai donc pas rentré des palettes. Certains clients m'en ont rapporté et je les ai repris, d'autres sont venus en rechercher et je n'ai finalement gardé qu'une seule bouteille. Barral 2004 est mon préféré depuis le 2001, mais il est parti trop vite. La différence entre nous est que je décris là ou j'ai l'impression que tu juges. Je préfère quand tu parles de vins expérimentaux que défectueux.

Quand tu dis que le Barral blanc 2006 est fâcheux pour le consommateur, qui es tu pour se mettre à sa place. Quand j'achète un vin pour le revendre, je le prends car je l'aime et la quantité dépend de ma connaissance des goûts de mes clients. Je me mets à la place de clients que je connais un peu, tu te place à celle du consommateur générique ce qui ne veut rien dire. Décrit le au mieux, dis simplement que tu n'aimes pas et que ce n'est sans doute pas un vin consensuel, le reste de tes projections n'est pas très utile même s'il flatte l'égo;-). Ah oui, le Barral blanc 2006 est un de mes vins blanc du sud préféré du millésime et je ne suis pas le seul à le penser ... ;-).

Je vois que tu apprécies la volatile dans certains vins, admets que d'autres puissent l'apprécier dans d'autres vins...

Bon j'espère avoir répondu à quelques de tes questions avec un peu de clarté, sinon pas grave, on continue...

Écrit par : LaurentVinature | 31/08/2009

FAUX Débat Laurent, je suis un peu d'accord, il ne devrait pas y avoir de débat, je le disais plus bas, il suffit de regarder ma carte pour voir que si la plupart sont en bio, les naturels côtoient les plus classiques. Le diktat vient de ceux qui tentent de discréditer e vin naturel et d'imposer le bon goût.

Ceci dit je constate que mon goût tolère de moins en moins la détection du sulfite et recherche de plus en plus les vins naturels qui se partagent mieux à table et entre potes. Mais je ne l'impose à personne....

Écrit par : LaurentVinature | 31/08/2009

Tout cela reste bien complexe ...

Il me semble que je DECRIS ce Barral blanc que je n'apprécie pas, en cohérence (en l'occurrence)avec les gens en présence desquels je le déguste.
Je conçois que d'autres aiment.
Il y a des cas similaires de forte divergence pour les vins plus classiques (ex Noëls de Montbenault de Richard Leroy).

Je n'aime pas, je le redis, les vins brouillons, trop oxydés (je sais, c'est difficile à définir précisément), gazeux, sans ligne directrice (les robes turbides peuvent encore passer).

Il est en effet encore plus délicat de juger les hommes que les vins.
Sachons donc raison garder (je me félicite pour ma part d'être un simmple amateur, sans contraintes commerciales, et avec des contraintes éditoriales limitées).

Écrit par : laurentg | 01/09/2009

consommateur Il est vrai que tu décris le vin, parfois de manière très (trop précise), parfois pas assez (c'est objectif une ligne directrice), aucun problème la dessus, ma remarque valait pour la transposition de ton avis vers le consommateur, ce à quoi tu ne réponds pas. Je ne doute pas que tu sois sincère dans tes goûts, je le suis aussi et rassure toi, je n'ai pas de contraintes commerciales qui les entravent, il y a assez de vins que j'aiment pour avoir envie de les faire goûter. Je sais par contre que tous ne sont pas consensuels. Bonne continuation et merci pour tes visites sur mon blog

Écrit par : LaurentVinature | 01/09/2009

visite sur ton blog Je t'en prie ...

Ta description de mes descriptions est pour le moins imprécise :-)

Je n'impose rien au consommateur et m'intéresse au contraire (connaissant assez bien les amateurs et professionnels toulousains) à la sociologie des vins naturels (au moins 4 cavistes spécialisés), à ses enjeux de santé publique (ce n'est pas rien).

Je te lirai peut-être un jour décrivant un vin naturel qui ne t'a pas plus (y compris s'il s'agit d'une bouteille méticuleusement produite mais ayant subi la dure loi de la nature).

Amitiés (et je retiens l'idée de se rencontrer, avec Olif).

Écrit par : laurentg | 01/09/2009

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