18/11/2009

BOJO NOVO & CO


Le Beaujolais nouveau est de retour, le troisième jeudi de Novembre, comme chaque année ! Et pour la première fois nous ouvrons la boutique ce jeudi là également. On dégustera donc ces nouveaux sur trois jours ! Je voudrais entendre des exclamations de joie, des « hourrah » et des « youppie », mais apparemment rien. Et oui, le Beaujolais a une réputation exécrable et le coût de grâce a été donné par le reportage d’envoyé spécial sur le vin naturel. Il faut dire qu’il l’a bien cherché, en transformant une idée de génie et un terroir fabuleux en un produit artificiel où le raisin ne trouve plus sa place.
 

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Car faire du jus de raisin tout juste fermenté, sans élevage, sans artifice, pour être aussitôt soutiré et aussitôt bu, quoi de plus naturel, je le répète, c’était une riche idée. Ensuite, certains ont cru que son succès venait de ce petit goût de banane et de cuberdon propre à la macération carbonique et ont cherché à l’exacerber, dénaturant ce vin jusqu’au point de rupture où le raisin n’était presque plus nécessaire, la souche de levure sélectionnée 71 B suffisant largement.

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On connaît la suite, après un succès mondial, le consommateur s’est rendu compte de l’arnaque et ce fut le retour de manivelle. Les œnologues, jamais en manque d’idée proposent maintenant des vins aux arômes de cassis et aux robes foncées, non pas le fruit du raisin (j’aime bien cette image ;-), mais à nouveau par le biais de technique de vinification le dénaturant. C’est pas beaucoup plus reluisant comme approche du vin, et pas bien meilleur en tout cas !

 

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Pas de salut sans ces pratiques ? Et non, il y a une bande d’irréductibles qui grossit un peu chaque année, et qui nous propose de vrai Beaujolais nouveau, fait de raisin mûr, juste macéré et fermenté. Arôme de cerise sur le gâteau de marc, pour la France, la Belgique et les pays avoisinants, il n’y a même pas d’ajout de sulfite dans les cuvées que nous proposons. Evidemment, il faut les chercher et ne pas traîner, car ceux là sont vite dévalisés par les amateurs un peu curieux.
 
Et puis cette année, c’est 2009, avec un été qui a permis de produire des jus fantastiques, d’une gourmandise incroyable et d’un fruité éclatant. Si vous devez regoûter un jour un Beaujolais nouveau, c’est le moment, c’est l’instant rêvé ! Tout n’a pourtant pas été rose chez tout le monde. Ainsi le sort s’acharne sur Michel Guignier, à Vauxrenard, qui à dû essuyer 5 attaques de grêle, réduisant son rendement à moins de 12 hl/ha. Pas de nouveau donc pour Michel, mais j’ai pris son Mélodie d’automne, tout en finesse aromatique, ceux qui ont connu le 2007 doivent se précipiter ; c’est une pure merveille ! Le prix a un peu augmenté, car l’équilibre de l’exploitation est en jeu, mais ça vaut la peine de soutenir ce vigneron passionné !
 
Pas la joie dans les rendements non plus chez Christian Ducroux (photo d'un cep plus bas), à cause d’une attaque de mildiou qui a dévoré une bonne partie de ses raisins. Christian ne parle pas de malchance ou d’inefficacité de ses traitements bio ; non, il aurait simplement dû traiter ses vignes en ce satané dimanche de juin. Il a préféré attendre et passer un peu de temps de repos avec ses enfants. Le lundi, c’était trop tard, la pluie était de retour (il a plu la quantité de 2 mois en 15 jours). Quand on déguste paisiblement ces nectars, il est parfois bon de se rendre compte des conditions dans lesquelles il a été produit. Très peu de vin donc, mais les prix bougent peu, et la qualité est incroyable, un beaujolais nouveau qui serait presque de garde, à déguster maintenant sur un filet de marcassin cuit à basse température comme le fait si bien Pol Grégoire ( <http://www.polgregoire.org/LAlimentation_Vive/Accueil.html>). Gardez en pour les beaux jours de printemps, ce sera le régal assuré, et c’est vrai pour toutes les cuvées de Beaujo nouveau que je vous propose cette année.
 

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Jean-Claude Lapalu et Georges Descombes ont été plus verni. Pas de mildiou, pas de grêle, un état sanitaire parfait, « on a pas dû jeter un grain » m’a confié Jean-Claude. J’en ai profité pour goûter quelques autres cuvées chez le noune, c’est du pur bonheur, notamment un Beaujolais Villages qui sera soutiré au printemps dont je réserverais bien les quelques hectolitres disponibles ! Attention tous les nouveaux proposés ici sont des « Villages » issus de terroirs du Nord de Belleville, les terroirs des crus du beaujolais (Morgon, Moulin à Vent, Brouilly, Régnié, …), nettement plus qualitatifs que ceux issus des terres productives des plaines du Sud.
 
Au programme donc (les nouveaux seront aussi disponibles (et dégustables ;-) chez BIOSPHERE le vendredi et samedi en dehors des heures d’ouverture de la boutique)

Beaujolais Villages Nouveau 2009, Gamay, sans sulfite ajouté, JC. Lapalu (Bio conversion) 
Robe pourpre foncé, nez éclatant, avec une petite note de banane et beaucoup de cerise et son noyau. En bouche c’est gourmand et croquant, dense mais non dénué d’élégance, rafraîchissant et nourrissant.
 
Beaujolais Villages Nouveau 2009, Gamay, sans sulfite ajouté, Ch. Ducroux (Bio et biodynamie certifiée)
Robe également très pourpre, nez épicé (girofle), fruité (myrtille), floral, un peu poivré, note légèrement animale. Bouche avec de la mâche, quelques tannins, assez puissante mais dotée d’une bonne acidité ; c’est presque un petit vin de garde. (photo ci-dessous, presque tout est travaillé au cheval, même les pulvérisations)

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Beaujolais Villages Nouveau 2009, Gamay, sans sulfite ajouté, G. Descombes (Non certifié) 
Robe encore plus colorée il me semble. Nez de cerise, de noyau, de myrtille, qui vous fait saliver tout de suite ; vraiment rien à voir avec le primeur classique ! En bouche c’est pulpeux à souhait, d’une maturité exemplaire, équilibré. Encore meilleur que son 2007, on en boirait des louches ! Noune travaille bien sûr en bio, mais il n’a pas la certification, car il a une petite parcelle très en pente sur laquelle il passe un défoliant une fois par an. Mais elle ne rentre pas dans son nouveau.
 
Mélodie d’Automne, Vdt, 2009, Gamay, sans sulfite ajouté, M. Guignier (bio certifié) )
Superbe nez complexe, entre fruit et fleur, notes de banane, de cerise et de fleur, ça pinote presque. La bouche est élégante, non dénuée de longueur, on peut le garder sans problème, même s’il est déjà tellement ravissant !
 
Chiroubles Vieilles Vignes 2008, Gamay vinifié sans sulfite, D. Coquelet 
Dans la famille Descombes, il y a Damien (photo ci-dessous), un jeune gars éminemment sympathique dont nous avions déjà dégusté une cuvée il y a quelques temps. Le voici de retour avec une cuvée plus sérieuse, son Chiroubles Vieilles Vignes, qui prouve qu’il a assimilé les talents familiaux très rapidement. Le style est similaire, fait de densité et de gourmandise. C’est le meilleur 2008 dégusté à ce jour, c’est tout dire. Et l’année prochaine il y aura un Morgon Côte de Py, goûté sur fût, que du bonheur ! Damien débute et travaille déjà en bio, la certification devrait suivre.

 

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ET puis grosse surprise pour ceux qui viennent le samedi, il n’y aura peut-être plus de Beaujo nouveau;-) mais il y aura notre petit ours brun, Mathieu BARRET du domaine du COULET à Cornas, une visite surprise à ne pas rater !!! Il nous fera déguster ses 2007 ! <http://domaineducoulet.site.voila.fr/page1.html>
 
Et puis semaine évènement, décidément, ça y est, je n’ai pas encore les clés, les travaux n’ont pas encore commencé, mais je ne résiste pas à la tentation d’ouvrir dès ce jeudi, notre nouvelle boutique, l’ancien café « Guet à Pintes ». Sauf souci (ce sera indiqué sur la porte), vous pourrez découvrir ce lieu « brut » avant que nous ne le rafraîchissions (il en a bien besoin ;-). C’est dans la même rue, au bas et au coin de celle-ci, au numero 2. Donc vous retenez, ce week-end, c’est soit au 2, soit au 22 !

Commentaires

du mouron... Bonjour Laurent,
joli sélection.
Une petite question : sur la photo de la vigne de Christian, est-ce bien du mouron blanc qui tapisse le sol autour de la bourrache ?
Si oui, c'est apparemment un signe de sol en forme, équilibré et vivant. Pas une surprise ici...
Sinon j'ai regoûté récemment le Régnié "fûts" 2005 qui semblait difficile lors d'une de tes dégustations il y a quelques mois : ça commence à bien se goûter, même si jeune et à attendre encore. Tout comme un Montcailleux 2005 de Guignier bu en octobre. Il y a vraiment du potentiel.
A goûter ces primeurs en tout cas, ça laisse espérer de sacrées cuvées dans quelques mois, ou plutôt années.
Bonne inauguration !
Arnaud.

Écrit par : Arnaud | 18/11/2009

Oui bien vu, c'est du mouron (il s'en est fait beaucoup sans doute ;-)
Merci, voilà, on a investit les nouveaux locaux, juste pour voir, c'était très sympa. On continue ce week-end. Des la semaine prochaine va falloir se mettre au boulot pour rafraîchir les lieux. La véritable inauguration aura lieu en présence de quelques vignerons les 11-12 décembre :-)))
Je vais regoûter ce Régné fût pour voir si ce goût (autolyse) s'est atténué; la bouche était superbe.
les nouveaux 2009 sont vraiment extra, celui de Ducroux le plus complexe avec ses notes de poivre et quelques tannins, le plus gourmand, c'est le Descombes, génial. Le Lapalu paraît presque'un peu féminin. Oui, ça promet un millésime 2009 extra.

Écrit par : Laurent | 20/11/2009

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