10/02/2010

AU REVOIR ANNE (XI)

Avant tout, je voudrais vous remercier pour vos nombreuses marques de sympathie à l’occasion du décès de Anne, ma femme. Nombreuses, d'amis, de connaissances connues, moins connues et mêmes inconnues. Cela m'a touché, ému, encouragé à continuer.

Je reprends maintenant petit à petit les activités de l’odyssée; je me suis dit qu'il faudra bien un jour recommencer à vendre du vin. Oh je l'avoue, l'envie est plus d'en boire, il est si bon et réchauffe tellement le coeur, mais les factures et les investissements consentis n'attendent pas. Le système qu' Anne tentait d'exorciser me rattrape, lui, à grand pas.

Je l'avoue encore, j'aurais préféré emmener ma petite tribu là où le soleil serait peut-être moins pénible que le reste (et encore au vu des catastrophes récentes...). Mais bon, on ne me demande pas non plus de travailler dans la soute à charbon, juste de vendre les très bons vins de mes très bons potes, de rédiger quelques chroniques sur de la musique de sauvage que j'adore, et de faire travailler un peu mes neurones dans le domaine brassicole que j'affectionne. Alors? Et bien voilà, ce week-end, c'est la réouverture de la boutique, nature sans chichis, peu importe l'emballage, juste nous et du vin nature! 

 

 

Avant de faire semblant de reprendre le cours des choses, je voudrais partager avec vous cette anecdote. 

Certains connaissent mon lien proche avec Gérard de Nerval, mais peu importe. Vendredi passé, je me suis plongé dans son intégrale. A la manière d'Anne, je me suis mis en méditation, et j'ai ouvert "au hasard" ce bouquin. "Au hasard", j'ai commencé par la page de gauche dont je vous épargne le texte, si proche de mon vécu de ces dernières semaines.

Je vous livre simplement le très beau "Si mon oeil étincelle encore, c'est qu'une larme va couler..."

J'eut la bonne idée de poursuivre sur la page de droite où je découvrit avec bonheur le poème "Gaïté", véritable ode au vin naturel...

Je vous le retranscris, Gérard ne m'en voudra pas ...

“Ta liqueur rose, ô joli vin !

Semble faite du sang divin

De quelque nymphe bocagère ;

Tu perles au bord désiré

D'un verre à côtes, coloré

Par les teintes de la fougère.

 

Tu me guéris pendant l'été

De la soif qu'un vin plus vanté

M'avait laissé depuis la veille ;

Ton goût suret, mais doux aussi,

Happant mon palais épaissi,

Me rafraîchit quand je m'éveille.”

 

 

Mon interprétation est simple, et même si j'aurais voulu attendre que mon chagrin s'estompe, Anne m'encourage; là, à le faire cohabiter, avec mes passions de vie, aussi futiles soient-elles ...

Encore merci pour votre soutien, indispensable, pour poursuivre cette odyssée de vin, de vie, de vinature ...

 

21:51 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : anne, nerval |  Facebook |

Commentaires

très joli poème Simple et vécu ! Et pour Anne, toute ma compassion et condoléances.

Écrit par : phil | 20/02/2010

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