27/02/2010

BEAUFORT, LA TOTALE!

On annonce plusieurs Beaufort, pour dimanche, moi, c'était jeudi passé!

J'ai eu droit à la totale, avec Amaury Beaufort, l'un des 8 enfants Beaufort; dégustation du coffre à bouteilles, visite de la cave, dégustation sur fût (y compris le vin de messe ;-), et puis dégorgement à la volée. Quelques photos de l'affaire avant la suite du CR de cette belle dégustation!

 

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L'église d'Ambonnay

 

 

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Le coffre à bouteilles!

 

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Dégorgement, on mire pour vérifier que le dépôt se situe bien au fond du goulot.

 

 

 

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On décapsule, la pression et la bulle d'air vont éjecter le dépôt, tout manuel, pas de congélation du dépôt, faut un peu de technique pour y arriver sans trop de pertes, mais toutes les bouteilles sont dégorgées "à la volée" chez les Beaufort!

 

 

 

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Et voilà, dépôt éjecté!

 

 

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On remet à niveau avec cette petite machine.

 

 

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Dégustation sur fût

 

 

 

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Le pupitre, là aussi, tout est manuel, chaque bouteille est tournée régulièrement pour faire descendre le dépôt vers le goulot.

La suite bientôt...

 

09:14 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : beaufort |  Facebook |

18/02/2010

RAID EN CHAMPAGNE!

Vous êtes plutôt nombreux à avoir apprécié les Champagne de Francis Boulard en décembre dernier, les Rachais 2004 n'ont fait qu'une apparition fugace, et j'ai dû vous rationner; j'ai moi craqué pour les cuvées nature, mais aussi et surtout pour sa "solera" Petraea, à se damner.

Mais j'ai profité de l'absence de mes pitchounets pour aller visiter les deux vignerons historiques de l'odyssée, le domaine André Beaufort grâce qui je suis revenu au champagne en y trouvant à sa première dégustation, pour une fois avec un Champagne, une parenté avec du vin, et même du raisin ;-). Grâce à Pierre Larmandier, et sa cuvée "Terre de Vertus", j'ai compris que le dosage (l'ajout de sucre quoi) était le plus souvent inutile et que en plus d'être un vin de raisin, le Champagne pouvait aussi exprimer le sol, la terre!

Las, un peu distrait sur l'autoroute, je loupe 2 sorties et me retrouve avec près de 100 bornes en plus dans les lattes. J'arrive à midi pile, les Larmandier doivent filer sur Paris, mais Sophie propose pourtant de me faire déguster. Je choisis évidemment de me plonger dans cette Terre de Vertus; celle dégustée en décembre dernier avait 2 ans de bouteille et m'a laissé un souvenir inoubliable d'arômes pralinés, d'onctuosité et de minéralité. Celle-ci me semble meilleure au même âge, à nouveau très minérale, mais avec une belle puissance, et pourtant toujours non dosée. Gros potentiel, j'en ai ramené quelques caisses ;-). L'étiquette a changé, pour plus de lisibilité, ce ne fut pas un choix facile, j'avais beaucoup de sympathie pour la précédente (des que j'ai le temps, je mets une photo des 2). 

Le Grand cru Cramant 2006 est plus dense, dosé à 2 grammes seulement, il offre une mâche crayeuse d'école, à garder aussi, de grâce!  On papote, on papote, mais il est temps de charger les caisses et de filer vers Ambonnay.

Au domaine je croise Madame Beaufort et Jacques, son jeune pensionné de mari; et puis je fais connaissance avec Amaury, l'un des 8 Beaufort ;-). 5 des 8 ont fondé une société qui regroupe maintenant les vignobles de Jacques, ce qui permettra de garder la même unité que précédemment, sous le nom du grand-père, André Beaufort. Amusant, le vignoble le plus "récoltant" de champagne, passe maintenant en négoce (les 5 enfants revendent donc leurs raisins à cette (leur) société). Je vais devoir adapter mes cours sur la qualité des vins de négoce en Champagne, enfin une exception qui confirme la règle ;-). 

La dégustation débute par le Champagne brut sans année, c'est bien dans le style Beaufort, vineux, mais avec une belle vivacité, les arômes de fruits blancs se mêlent à la "Beaufort touch", la mâche est là, c'est très bon, mais on peut le garder sans sourciller, j'en ai pris un bon paquet ;-).

Le brut Polisy réserve est en fait composé à majorité de 2006. Comme une autre cuvée que nous avions adorée il y a quelques années, la prise de bulles a été faible, pas de chipotage, c'est délicieux comme ça, surtout pour moi qui carafe souvent mes Champagne. Plus de complexité, quelques arômes d'agrumes typiques, belle longueur. J'aime beaucoup!

Le Brut Polisy 2002, je l'avais déjà à la carte, on le regoûte quand même. Plus dense, et beaucoup plus ouvert, avec de très nets arômes de miel, on rentre dans les champagnes de méditation, on ne va plus les quitter, mais il est tard, la suite demain, peut-être ....

 

 

 

 

 

10/02/2010

AU REVOIR ANNE (XI)

Avant tout, je voudrais vous remercier pour vos nombreuses marques de sympathie à l’occasion du décès de Anne, ma femme. Nombreuses, d'amis, de connaissances connues, moins connues et mêmes inconnues. Cela m'a touché, ému, encouragé à continuer.

Je reprends maintenant petit à petit les activités de l’odyssée; je me suis dit qu'il faudra bien un jour recommencer à vendre du vin. Oh je l'avoue, l'envie est plus d'en boire, il est si bon et réchauffe tellement le coeur, mais les factures et les investissements consentis n'attendent pas. Le système qu' Anne tentait d'exorciser me rattrape, lui, à grand pas.

Je l'avoue encore, j'aurais préféré emmener ma petite tribu là où le soleil serait peut-être moins pénible que le reste (et encore au vu des catastrophes récentes...). Mais bon, on ne me demande pas non plus de travailler dans la soute à charbon, juste de vendre les très bons vins de mes très bons potes, de rédiger quelques chroniques sur de la musique de sauvage que j'adore, et de faire travailler un peu mes neurones dans le domaine brassicole que j'affectionne. Alors? Et bien voilà, ce week-end, c'est la réouverture de la boutique, nature sans chichis, peu importe l'emballage, juste nous et du vin nature! 

 

 

Avant de faire semblant de reprendre le cours des choses, je voudrais partager avec vous cette anecdote. 

Certains connaissent mon lien proche avec Gérard de Nerval, mais peu importe. Vendredi passé, je me suis plongé dans son intégrale. A la manière d'Anne, je me suis mis en méditation, et j'ai ouvert "au hasard" ce bouquin. "Au hasard", j'ai commencé par la page de gauche dont je vous épargne le texte, si proche de mon vécu de ces dernières semaines.

Je vous livre simplement le très beau "Si mon oeil étincelle encore, c'est qu'une larme va couler..."

J'eut la bonne idée de poursuivre sur la page de droite où je découvrit avec bonheur le poème "Gaïté", véritable ode au vin naturel...

Je vous le retranscris, Gérard ne m'en voudra pas ...

“Ta liqueur rose, ô joli vin !

Semble faite du sang divin

De quelque nymphe bocagère ;

Tu perles au bord désiré

D'un verre à côtes, coloré

Par les teintes de la fougère.

 

Tu me guéris pendant l'été

De la soif qu'un vin plus vanté

M'avait laissé depuis la veille ;

Ton goût suret, mais doux aussi,

Happant mon palais épaissi,

Me rafraîchit quand je m'éveille.”

 

 

Mon interprétation est simple, et même si j'aurais voulu attendre que mon chagrin s'estompe, Anne m'encourage; là, à le faire cohabiter, avec mes passions de vie, aussi futiles soient-elles ...

Encore merci pour votre soutien, indispensable, pour poursuivre cette odyssée de vin, de vie, de vinature ...

 

21:51 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : anne, nerval |  Facebook |