02/06/2008

BACK TO THE FUTURE

L'avantage de la passion du vin et de sa dégustation, c'est que l'on peut à sa guise voyager dans le temps. Bon tout le monde n'a pas les moyens de faire remonter la machine très très loin, mais même d'un an ou deux, c'est amusant. Alors, quand on prend le volant pour aller déguster des 2006 et des 2007 dans le Jura, ou dans le Rhône, c'est le plaisir de voyage en troisième dimension ;-).

Lever à 5 heures, le premier rendez-vous est chez Matthieu Barret, début d'après midi. Beaucoup de travaux et quelques orages plus tard, j'arrive dans le petit village de Cornas, j'introduis ma camionnette au forceps et non sans dégât dans son jardin et nous commençons la dégustation. On débute par une nouvelle gamme de négoce WC (pour Wiedman Chatain) assez amusante; comme le nom l'indique, il faut la gratter l'étiquette pour découvrir le cépage de la cuvée dégustée. 'Blind Test 7.2." développe des arômes agréables d'abricot, possède une belle fraîcheur et du gras. Je lance "Roussane", bingo, c'en est, faut dire que je m'imaginais bien que le vin provenait du coin, ce qui limite le rayon d'erreur;-). Le deuxième Blind Test 7.1., pas de doute non plus, c'est une belle syrah avec une certaine profondeur, une finale chocolatée. C'est plus que sympa. Encore un dernier avant d'entrer dans la cuverie, c'est la cuvée VIP 2006 (Véritable Initiateur de Plaisir). Assemblage de gamay et de syrah, la cerise se laisse croquer comme une friandise, c'est un peu rustique, mais il y a du raisin. A suivre!

On passe ensuite aux choses sérieuses, avec la dégustation des Cornas 2006.

Brise Cailloux

2006 se boit admirablement, c'est suave, avec de la vivacité, les tannins ne sont pas boudeurs et le jus est très nature. Très beau vin qui se lisse déjà bien boire actuellement. Les terrasses de Serres ont un équilibre superbe, beaucoup de longueur, poivre minéralité, les tannins encore bien présents garantissent une garde de bien 10 ans, mais on pourra le goûter avant. Ensuite, c'est le plateau ensoleillé de Cornas et les Billes Noires, le nez est très mûr, c'est un vin d'une puissance rare, mais équilibré. Les tannins sont encore bourrus, mais quelle longueur. Un Cornas qui porte bien son nom, de très très grande garde. Nous passons ensuite à la dégustation sur cuve, en commençant par les cuves béton et en forme d'oeuf qui contiennent une partie du No Wine's Land. Cuvée bien nommée car les vignes proviennent en partie d'une zone assez qualitative située entre St Jospeh et Cornas. Bien nommée aussi car en 2006, pour moi, ce sera No Wines tout court. Matthieu s'est manifestement emmêlé les pinceaux dans les allocations et mes 120 bouteilles sont partie en fumée. Mon ire était à la hauteur de la qualité de ce fabuleux Côte du Rhône, mais bon consolation, le 2007 est d'une gourmandise extrême, selon l'assemblage, plus structuré ou plus rond, Matthieu se tâte encore, faisons lui confiance. Je ne prends pas de notes, mon but est d'avoir une impression générale

22:19 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

17/04/2008

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20:51 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

06/04/2008

ODYSSEE PRINTANIERE, les photos!

Rapidement quelques photos de notre Odyssée Printanière, merci pour votre présence et notez déjà les dates de notre été de l'Odyssée en présence de vignerons; ce sera les vendredi 27 et samedi 28 juin 2008!

Un marché de printemps, d'été ou de Noël, c'est avant tout beaucoup de préparatifs, une vrai journée portes ouvertes de la maison; la boutique qui se limite normalement à notre ancien salon, envahit alors cuisine et salle à manger. Il faut aussi réachalander tous les produits, et comme je suis toujours à la bourre, les commandes sont faites en dernière minute et les différents poivres, épices, thés ou huiles arrivent au compte goutte, parfois quelques heures avant l'ouverture des portes. Parfois elles se perdent comme au marché précédent où taxipost avait réussi à "égarer" 6 kilos de poivre rare; cette fois, tout était bien là à temps et à heure, et en bon état, enfin presque, juste un colis d'épices bien explosé ...

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Il faut aussi essayer de trouver des nouveautés, de qualité, et cette fois, la vedette sera tenue par un génial poivre sauvage des gorilles. Récolté dans les montagnes du Congo, issu d'un commerce très équitable, il nous livre des arômes camphrés et d'agrumes très subtils, qui rappellent un peu la maniguette, il explose en bouche avec beaucoup de persistance; très aromatique, bien piquant, nous nous sommes régalés, j'en reparlerai certainement!

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Comme le printemps n'était pas vraiment à l'extérieur, il fallait le voir à l'intérieur, merci à Anne pour son talent de décoratrice!

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Pour que le marché soit une réussite, il faut aussi que les vignerons arrivent. Ouf, cette fois encore ils seront là juste à temps pour vous faire découvrir avec leur passion et leur talent, leurs meilleures cuvées. Premier arrivé, Phllippe Richy du domaine Stella Nova ; cet astronome passionné (nous avons scruté le ciel dans la nuit de vendredi à samedi pour y rechercher la constellation des pléiades) ne pouvait travailler qu'en biodynamie, et si tous ses vins sont excellents, c'est le blanc que je voudrais mettre en exergue; cet assemblage de clairette et de grenache était d'une fraîcheur incroyable, une révélation pour moi.

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Dans un autre style, plus féminin, tout en délicatesse et en fruit, les Saint Chinian sur schistes de Yannick Pelletier se sont arrachés, Oiselet, Coccigrues et Engoulevent vous ont séduits; merci à Fanfan pour cette superbe découverte!

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Et puis il y avait aussi Ludovic Bonnelle du domaine du Pech. J'avais adoré ses vins au salon de la Dive à Deauville, ils étaient encore meilleurs ici. Une démonstration que les cépages bordelais peuvent donner des vins nature de qualité, des vins virils, mais bourrés de fruit, accord parfait dès maintenant avec une bonne bidoche et du poivre des gorilles, ou comme avant hier, sur une cuisse de canard confit, miam miam!

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Enfin, il y avait aussi mon ami Jean-François Ganevat. Fanfan, même fatigué (et là il était vraiment crevé par une succession de salons et un travail ardu dans les vignes), n'a pas son pareil pour mettre tout le monde à l'aise, de l'ambiance, et faire le lien entre tous les participants. Et puis ses vins, ses vins se goûtaient formidablement bien, les dernières caisses de Grands Teppes VV 2005 se sont évaporées, les rouges 2006 se goûtaient encore mieux qu'à la Noël, et ses 2 pet nat de soleil, malgré le temps plus que maussade vous ont beaucoup séduits également. Fanfan reviendra en Juin pour la dixième fois, cela vaudra bien une médaille!

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Après la fermeture, c'est le temps d'un bon repas (un petit salé le vendredi et une poule au pot le samedi, encore merci Claude!), de se marrer un bon coup, de faire les pitres, de goûter quelques cuvées, à l'aveugle ou pas, de se rouler une petite sèche, et puis pourquoi pas, de se boire une petite Moinette bio. Encore merci à tous et à la prochaine!printemps2008_13printemps2008_12printemps2008_19printemps2008_18printemps2008_17printemps2008_16printemps2008_15

21/02/2008

Dive Bouteille à Deauville

Rapidement, avant de poursuivre notre chasse au bret, quelques photos du salon de Dive/Omnivore de Deauville. Un niveau excellent, probablement supérieur, plus tendance nature et plus homogène que celui MIllésime Bio qui n'était pourtant déjà pas mal du tout. Une ambiance décontractée, de copains, manifestement les vignerons se connaissent, s'apprécient et apprécient de trinquer ensemble. Tout comme millésime bio, très loin de l'ambiance décrite par certains ;-). Bref, vivement l'année prochaine, et en attendant, venez déguster (et acheter;-) le vin des meilleurs à la boutique ou encore discuter avec eux lors de nos Marchés Vignerons trimestriels.

Le pont de Normandie (5€ de péage tout de même;-)

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Deauville et Trouville

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Les habitués de la boutique, Madame et Monsieur Gérard Schueller

Schueller

Michèle Aubery et son fils (Domaine Gramenon)

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Les vignerons du Loup-Blanc. J'ai goûté le dernier millésime, encore en progrès par rapport à ce que vous avez pu déguster au Marché de Printemps 2007 . Un vrai Régal ... du loup;-).

Loup_blanc

Un petit nouveau, que vous découvrirez lors de notre prochain week-end vigneron, les 28 et 29 mars prochain. Il s'agit de Ludovic Bonnelle du domaine du Pech à Buzet. Dans cette appellation où 98% des vins sont produits par une coopérative, il souffre également de désagrément, et voit l'AOC Buzet refusée pour une de ses cuvées. Qu'importe, il la rebaptise le Pech abusé. Faire du bon vin et avoir le sens de l'humour, que demander de plus? Ah oui, il est aussi certifié bio;-)

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Et puis quelques découvertes qui vont probablement s'inviter à la boutique cette année, provenant de 3 appellations pas encore à la carte, mais suspense...Aveyron

Fronton_Plaisance

Pouilly_Fuisse

20:56 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

08/02/2008

way

Melotte62

08:12 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

21/09/2007

Le VIN SanS SOUFRE

n'existe pas! Et en plus il est très rare;-).

Vous pensez que je suis encore parti dans un délire dont j'ai le secret, et bien non! Je m'explique. Suite à l'article sulfureux d'Olif, j'ai remarqué qu'il y avait encore confusion dans beaucoup d'esprits sur la signification du vin sans soufre. Cela méritait bien une mise au point. Ne vous inquiétez pas, ce n'est pas compliqué à comprendre.

Tout d'abord, il ne faut pas confondre Soufre et Sulfite, le soufre (S2) ou soufre fleur, est utilisé à la vigne en poudrage pour lutter contre certaines maladies, telles que l'oïdium. Il est autorisé en agriculture biologique. Le sulfite (SO3(--)), c'est le mauvais, enfin tout dépend des quantités. Pour certains il est indispensable, car c'est lui qu'on utilise pour prévenir de l'oxydation, des reprises de fermentation et des infections. Mais c'est lui aussi qu'on utilise excessivement pour pallier à des erreurs ou du laxisme dans les vendanges ou la vinification. On parle aussi de dioxyde de soufre ou d'anhydride sulfureux pour le gaz qui s'en échappe (SO2). La seule présence d'un S dans une molécule ne suffit pas à la rendre nocive, au contraire. Il est même présent dans certaines vitamines (vitamine B1) et dans les protéines. Il est indispensable à notre organisme. Ne pas confondre donc, sinon c'est un peu comme si on mélangeait l'eau (H2O), l'hydrogène (H2) et au hasard, le fructose (C6H12O6), un beau cocktail. Il y a controverse sur ce mauvais soufre, le sulfite. Pour certains c'est lui le responsable de la casquette du lendemain voire du jour même. Ce qui est certain, c'est qu'il est responsable d'allergies pourl environ 5% des asmathiques sont allergiques. C'est pour cette raison que sa présence doit maintenant être mentionnée sur l'étiquette Apparemment, cette allergie ne leur serait peut-être pas réservée. Ceux qui sont allergiques à l'aspirine serait aussi prédisposés à ne pas supporter les sulfites. On ne trouve pas les sulfites que dans le vin, regardez vos abricots secs, bien oranges; allez dans une boutique bio; ils sont bruns! Ils sentent meilleurs et ils sont meilleurs au goût, mais ils sont ... bruns! Pas beau quoi! Vous trouverez aussi ce composé dans la moutarde, les autres fruits secs, les cornichons, la moutarde, les jus, ... Numéros de code:

E 220 : Anhydride sulfureux

E 221 : Sulfite de sodium

E 222 : Sulfite acide de sodium

E 223 : Disulfite de sodium

E 224 : Disulfite de potassium

E 226 : Sulfite de calcium

E 227 : Sulfite acide de calcium

E 228 : Sulfite acide de potassium

J'ai utilisé les sulfites dans la fabrication des vins de fruits, aux doses recommandées, et bien je puis vous assurer que le mal de tête était souvent assuré, j'ai ensuite diminué les doses pour ne presque plus en ajouter maintenant, j'ai peut-être développé une sensibilité extrême à ce composé, mais ce qui est sûr c'est que je le fuis le plus possible. Alors bien sûr la médecine n'ayant pas encore pu prouver ses effets négatifs, pour certains il n'est pas nocif. Et pourtant, l'expérience des vins sans soufre montre et remontre à défaut de démontrer, une meilleure digestibilité de ces vins là. Pour le mal de crâne du lendemain, il semble qu'il pisse l'exacerber. L'alcool cause le mal de crâne par sa quantité excessive, alors qu'un ou deux verres de vin tchenobylé suffit à vous anéantir. On me dit que si c'était le cas, le fait de manger des abricots sulfités ne provoque pas de mal de tpete, peut-être, je ne suis pas maso pour lascience au point d'en manger;-), mais il faut admettre que la matrice est bien différente, il n'est pas impossible que des effets de synergie négative apparaissent. idem pour le sulfite qui serait produit par notre corps, la situatuion n'est pas la m^mee. Je crois qu'il faut prendre le problème à l'envers, plutôt que d'essayer de démontrer que ces effets n'existent pas, la science devrait tenter deprouver que le phénomène existe pour certaines personnes et ensuite enchercher les causes et le modes de fonctionnement. Mais refuser en bloc ce que de nombreuses personnes ressentent car on ne peut l'expliquer avec les connaissances actuelles, c'est suvent par là que la science s'égare. Alors le vin sans soufre, ou sans sulfites, vous avez compris c'est beaucoup plus précis. Alors qpour revenir à mon titre, le vin sans soufre n'existe pas et en plus il est très rare, je m'explique. Il n'existe pas car la levure en produit toujours quelques milligrammes par litre. On devrait donc dire sans sulfites ajoutés. Ensuite, il faut avouer que dans la nébuleuse des vins sans sulfites, il y a beaucoup de monde. Le vins sans sulfites ajouté est très rare, peu de producteurs jouent à ce jeu dangereux, et souvent sur une ou deux cuvées, pas systématiquement. En voici quelques uns : Ganevat (Pinot noir cuvée Z), Casot des Mailloles (toutes), Antenet (cahors), Saint Anne (toutes), Bruno Schueller (Rielsing Cuvée particulière, non filtré; Pinot Noir LN 012, 12 étant le résultat de la mesure effectuée en labo), Jean-Pierre Frick (c'est alors écrit sur l'étiquette avec comme mention "vin biologique" ce qui est interdit, histoire de faire avancer le schmilblick), Overnoy-Houillon (Poulsard), Didier Michaud du Château Planquette, parfois une dizaine de mg à la mise en bouteille, et le quatuor Philippe Jambon, Christian Ducroux, Marcel Lapierre et Michel Guignier en Beaujolais, ...D'autres, et ils sont plus nombreux font du vin "vinifié sans sulfites", ce qui signifie que le vin n'en voit pas de la vendange à la bouteille; c'est déjà très bien, ce devrait peut-être être la règle, mais une règle est-elle nécessaire. Ils en rajoutent alors entre 10 et 25 mg/l à la mise en bouteille, histoire de quand-même limiter les dégâts pendant le transport. C'est le cas généralement d'Hervé Souhaut (Romaneaux Destezet), Gramenon, Ganevat, Tissot, Schueller, Binner, Milan, Angéli, Descombes enfin la plupart de ceux que vous trouverez à ma carte. Les vins sans sulfites ajoutés doivent impérativement être conservés dans les meillures conditions, idéalement la température ne doit pas dépaser les 15°C. Ensuite, cela va dépendre du vin en lui même, sa teneur en sucres résiduels, la présence de micro-organismes, .... Souvent, on constatera juste une petite reprise de fermentation, pas de quoi fouetter le vigneron, juste appliquer un carafage vigoureux.

15:35 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

19/09/2007

Domaine ROMANEAUX DESTEZET (II)

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L’ambroisie étant aussi fauchée que moi, revenons à Arlebosc, chez Hervé Souhaut; pour une visite de la cave. Cuves et fûts sont vides, les 2006 viennent d’être embouteillés et attendent la vendange 2007. Les élevages sont donc plutôt courts, les macérations se font avec peu de pigeage, comme pour n’extraire que la quintessence du raisin.

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Hervé, biologiste de formation, a débuté de presque rien à l'aube des années 90. Il s’est formé au côté de ses voisins et amis René-Jean Dard et François Ribo, qui sont peut-être avec Pierre Overnoy les précurseurs du vin naturel, ou en tout cas les pionniers. Il a aussi cotoyé l’ancien vinificateur de Prieuré-Roch en Bourgogne, Philippe Pacalet auprès duquel il a beaucoup appris. On perçoit d’ailleurs dans son discours un respect immense vis à vis de ces vignerons. Il a cependant su imprimer à ses vins son propre style, fait de concentration, d'élégance, de maturité, et d’équilibre. Les vins sont plus que veloutés, soyeux ; très aromatiques et d’une digestibilité affolante qui n’interfère en rien avec leur belle complexité.

Evidemment, l’agriculture respecte le raisin et l’environnement (pas d’engrais, pas d’herbicides ni de pesticides), même si les vins ne sont pas certifiés (encore ce sujet de discussion, il se laisse au cas où, l'opportunité d'intervenir différemment ;-). Tout est fait pour respecter et interpréter ce terroir qu'Hervé aime à fréquemment palper.

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Les vendanges sont toujours manuelles et la vendange n’est pas égrappée; les extractions sont douces, sans pigeages excessifs. Les vins ne sont pas chaptalisés, ni tartriqués, et ni tchernobylés de rien du tout. L’élevage en fûts est là pour l’élevage et pas pour l’aromatisation, j’allais encore dire évidemment, mais c’est pourtant si rarement le cas. L'utilisation du SO2 est exemplaire, rien aux vendanges, rien en vinification, un chouia à la mise pour s'assurer contre les aléas des conditions de transport.

Nous nous installons à l’extérieur pour la dégustation, un petit vent très agréable nous rafraîchit, la première cuvée va achever le travail, j’ai 12 heures de route dans les lattes !

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Pour démarrer, Hervé veut me faire découvrir une bouteille de son ami René-Jean Dard, qu'il produit via sa société de négoce les Champs Libres. C'est "Lard des Choix", Une dominante de gamay, une robe d'un beau rubis, un nez fruité typé naturel, un peu de banane, quelques fleurs. la bouche est très ronde, gouleyante; un vin très très agréable... Voulant un peu me documenter sur cette cuvée, j'ai été très étonné de ne trouver sur google que des références de sites asiatiques. Certains se plaignent des nouveaux riches chinois qu'ils accusent d'être responsables de la hausse des prix des crus classés de Bordeaux et qu'ils soupçonnent de ne pas pouvoir apprécier ces "nectars" à leur juste valeur. Et bien manifestement, nos amis d'extrême orient ont aussi très bon goût en matière de vin. Ceux qui connaissent le thé ou un peu de leur culture, n'en n'ont bien sûr jamais douté;-)

On attaque ensuite les vins du domaine avec

La Souteronne 2006

Un vin de pays de l’Ardèche, dont les raisins, du gamay, sont originaires de la région d’Arlebosc même. Arlebosc était réputé jusque dans les années 60 pour la qualité de ses gamay, qui se vendaient bien, directement en fût du côté de Lyon. Mais qui dit réputation et qualité dit prix, et les bistrots Lyonnais se tournèrent progressivement vers d’autres cuvées un peu moins onéreuses et plus voisines. Toujours est-il qu’il ne reste à l’heure actuelle plus que quelques vignerons à Arlebosc. Hervé complète le vin issu de ses propres vignes, 1,5 ha de veilles vignes de plus de 45 ans, avec les meilleurs raisins de ses voisins. La robe est rubis sombre, légèrement trouble. Le nez est puissant et complexe, fruits rouges, épices, poivre, fleurs avec peut-être une note de pamplemousse. Le nez (le mien ;-) se replonge avidement dans le verre et tente d’empêcher mes lèvres de s’y tremper. Mais la résistance est de courte durée et je goûte à ce jus fermenté et bien élevé. L’équilibre acidité-matière est idéal pour, à la fois, donner une belle sensation gustative et l’envie d’y revenir. Belle longueur aussi, mais c’est le milieu de bouche gourmand que l’on retiendra. J’adore !! Vous aussi, je l’ai présentée à mon retour et ce fut un beau succès, je présente les dernières caisses ce week-end du 21-22 septembre.

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Syrah 2006, Vin de Table

Des raisins qui proviennent des coteaux du Doux, un affluent du Rhône, assemblés à des achats de raisins qualitatifs. La robe est sombre, son nez est sérieux et développe de la minéralité, des arômes de poivre et de petits fruits rouges ou noirs. La bouche est plus tendue, mais garde une bonne gourmandise. La longueur est belle, savoureuse et reprend les diverses notes aromatiques en les respectant. A nouveau, l’extraction est exemplaire. Un vin de gastronomie mais qui étanche également la soif.

Saint Epine, Syrah, Vin de Table, 2006

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Il n’y a que deux propriétaires sur ce qui est un des plus beaux terroirs de Saint Joseph, L’autre, c’est Delas (sans commentaires). La parcelle d’Hervé a été plantée au début du siècle passé, beaucoup de ceps y sont donc centenaires. La pente (photo) est vertigineuse et difficile à travailler. Alors que le terroir est remarquable et très réputé, il ne propose plus ses vins à l’agrément, avec on le sent, un peu d’amertume. Voici ce qu’il en dit sur son site : « Souvent confronté aux jugements normatifs et arbitraires des dégustateurs des commissions d’agréments et bien que situé sur l’un des coteaux mythiques de l’appellation Saint Joseph, Hervé Souhaut ne demande pas l’agrément pour ce vin qui défie les standards oenologiques classiques. » Ce la se passe de commentaires également.

La robe de cette syrah est sombre, le nez déjà expressif libère des notes de poivre, d’épices, et de fumé légèrement lardacé. En bouche, il étale toute sa classe avec des tannins poudreux agréables mais qui vont se fondre et une grande longueur sans excès de puissance. Vinifié sans soufre, c’est une superbe bouteille à garder un ou deux ans avant de se faire beaucoup plaisir.

Blanc, 2006

On goûte aussi le blanc, issu de viognier et de roussane. La robe est dorée, le nez opulent de violette et d’abricot. La bouche grasse, très aromatique est corpulente mais suffisamment structurée. Entre un condrieu et un petit hermitage, c’est un excellent vin d’apéro ou de poissons en sauce. Il pourra veillir quelques années pour marier encore ses arômes.

Au restaurant, où Bénédicte et Hervé m’invitent, nous prendrons une cuvée du voisin de Saint Epine. C’est un Saint Joseph Saint Epine blanc 2003, issu de Marsanne. Le nez est un peu grossier avec des notes végétales ; la bouche puissante, alcoolisée, grasse avec du fruit, mais pêche par manque d’acidité. Un vin pas trop équilibré, pas franchement dégueu, mais pas franchement bon non plus…

Avec la souris d’agneau, Hervé nous sort une Saint Epine rouge 2003 de sa besace avec l’assentiment du patron. Le nez est déjà ouvert, avec des notes de fruits très mûrs, des épices chaudes et à nouveau la note fumée remarquée dans le 2006. La bouche est puissante mais garde de la fraîcheur, les tannins sont cacaotés, et la longueur est impressionnante. Très bon, la bouteille ne survivra pas longtemps ce qui est toujours un signe qualitatif infaillible ;-)

Un dernier verre chez eux, sur la terrasse, ce n’est pas raisonnable, mais je ne suis pas raisonnable ;-). Hervé ouvre une syrah 2003 hélas très légèrement bouchonnée ; va donc pour une syrah 2004, très agréable, gouleyante, presque gamayante, bue au son de la fouine, décidément aussi omniprésente que l’ambroisie, qui gambadait au dessus de nos têtes.

Les vins d’Hervé Souhaut seront en dégustation à la boutique ce week-end des 21-22/9 à Pécrot (Grez-Doiceau), soyez les bienvenus!

22:52 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

27/08/2007

Domaine ROMANEAUX DESTEZET et AMBROISIE (I)

Lors de mon dernier voyage en Bourgogne il y a quelques semaines, je n’avais fait que jouer au transporteur. Je voulais récupérer mes superbes bourgognes 2005 au domaine Chantal Lescure, mais je ne voulais pas qu’ils traînent plusieurs jours dans un fucking truck surchauffé. Manque de temps pour faire quelques visites sur place et donc, juste un aller jusque Nuits-st Georges, serrer la pince à François Chavériat, prendre une adresse qu’il me recommande chaudement pour mes visites dans le Sud-Ouest (Domaine Camin Larreydia), mettre la palette sur le transpalette, et puis dans la camionnette, serrer à nouveau la pince et retour vers Pécrot. A 20 heures j’étais chez moi, avec l’étrange impression de faire un métier passionnant ;-).

Juste avant mes vacances bien méritées, même topo, je devais prendre livraison de mes cuvées de Romaneaux Destezet chez Hervé Souhaut à Arlebosc, près de Tain l’Hermitage. Et comme ce sont des cuvées peu sulfitées, hors de question d’y envoyer un transporteur en été. Mais cette fois il était hors de question aussi de ne faire qu’un « bête » aller-retour ;-). Je consultai donc mon carnet d’adresses où je recueille, toutes les infos glanées à gauche et à droite sur des domaines et vignerons potentiellement intéressants. Enfin, carnet, j’en ai déjà perdu tellement que j’ai opté pour une feuille pas plus volante qu’eux, et la protection de ma mémoire contre Alzheimer par les nombreuses tisanes ingurgitées quotidiennement. Pour les tisanes au moins, je suis mon meilleur client, si vous en buviez autant que moi je n’aurais plus aucun stress en fin de mois ;-). Tiens vous connaissez son prénom à Monsieur Alzheimer ? Non ? Aïe, déjà les premiers symptômes ;-).

Etonnamment, la liste n’était pas des plus longues, outre Thierry Allemand, qui est déjà à ma carte, il y avait Cluzel Roch en Côte Rotie, découvert il y a quelques années à la table de Jean-François Ganevat, le domaine Combier en Crozes-Hermitage, ou les précurseurs du vin naturel, Dard et Ribo. Mais ces quelques noms me semblaient connus, voire archi-connus. J’avais envie de sang neuf et je me suis donc orienté vers, qui sait, deux nouveaux « futurs grands »: Mathieu Barret du domaine du Coulet et David Reynaud du Domaine Les Bruyères. Je vous raconte ces deux visites plus tard.

Me voilà donc parti le cœur avide de découvertes. Sans trop d’encombres, mais sur une route bien bien monotone, j’arrive à Tain. Le parcours sinueux jusque Arlebosc est, lui, très beau, comme toute la région dès que l’on quitte les grandes voies, on y ferait bien le transporteur buissonnier. Je suis accueilli par Hervé Souhaut, que j’avais rencontré au Havre en Février dernier et dont j’apprécie grandement les vins depuis quelques années. Nous débutons par un petit tour dans les vignes. Il me montre les dégâts de la grêle sur son viognier, 20 à 30 % de pertes, mais s’il fait beau, les grains touchés vont sécher et tomber ou se cicatriser. Le rendement sera plus bas, mais la qualité ne sera pas vraiment moindre. Car pour le reste, la pression des maladies, mildiou et oïdium n’est pas trop forte. Tant mieux.

Vue des alentours d'Arlebosc

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Grappe très touchée par la grêle et le mildiou, heureusement, elles ne sont pas toutes comme cela!

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Le vignoble est conduit selon les principes de l’agrobiologie, mais sans certification. Pour deux raisons ; le choix est personnel, et puis, même si ce n’est pas encore arrivé, Hervé se laisse le choix de recourir à des remèdes plus violents en cas d’ultime nécessité. C’est un choix, tant qu’on l’assume avec transparence, je l’accepte, même si vous connaissez ma préférence pour la certification. Dans les vignes, j’aime regarder la flore qui pousse entre les rangs (et il y en a, car Hervé n’utilise jamais d’herbicides), j’y vois des queues de renard, de l’armoise, mais aussi une plante dont je cherche (pas très assidûment je l’avoue) le nom depuis quelques semaines. Hervé me le donne, c’est l'ambroisie!

L'Ambroisie dans les vignes du domaine

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Petit aparté. Il fut un temps, pas si reculé, où j’avais des poules. Elles avaient même des noms ; Trompette (elle était noire), Mamibarbichette (une brune), Tigresse la bleue (elle était plutôt bleue), Calinmalin (une blanche) . Il y avait aussi un petit coq, aux allures de Louis XIV, qui se nommait …. Pissenlit. Celles là avaient des noms. Après, on a même plus eu le temps de les baptiser... Car Maître Renard (ou était-ce Maîtresse Fouine), par le cri du coq alléché, me sélectionna comme fournisseur particulier. Si tous les restos du coin pouvait faire de même et avec autant d’assiduité, là aussi, mon avenir serait doré ;-). Un bonne douzaine de poules décimées plus loin et les factures du vorace couple toujours impayées, nous décidâmes d’arrêter ce commerce infructueux, et, il faut le dire, trop sanglant pour mon goût pacifique. On a beau aimer la nature… elle peut être cruelle. Plus de poules, notre dernier et vigoureux coq (Victor) ne la fit pas longue pour aller fouiner (tiens, par contre il me semble que la fouine ne coque jamais) à la recherche d’autres blondasses (ou bleuasses) et laissa donc libre parcours à la végétation (pour les citadins, un enclos à poules on appelle ça un parcours ;-). Fin de l’aparté.

Le coq Pissenlit, quelques compagnes, le parcours dénudé et la protection obligatoire contre la grippe aviaire

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Une plante que je ne connaissais, ni d’Eve, ni de Jérôme et ni de William (une bise à mes pitchouns en passant ;-) colonisa rapidement l’enclos faisant fuir mes carottes sauvages, mon achillée mille-feuille et même mes orties adorées. N’ayant jamais observé sa présence avant, je me disais que son apparition soudaine était due aux graines données à nos pondeuses préférées. Bingo! C’est même apparemment assez fréquent. J’ai toujours un à priori favorable sur les plantes ; pour moi les mauvaises herbes n’existent pas, et pourtant… Hervé n’avait pas l’air de tenir cette plante dans son cœur ; « elle prend de plus en plus la place de l’armoise » me disait-il en l’arrachant énergiquement.

L'Ambroisie dans toute sa splendeur, couvrant quelques fleurs d'achillée millefeuille

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A mon retour, petit tour sur google et stupéfaction, l'ambroisie serait bien une mauvaise herbe , mais une vraie alors ! Originaire d’Amérique du Nord, elle colonise actuellement plusieurs régions dont, justement, celle du Rhône. Ce n’est pas la première plante exotique à chasser sur nos plates-bandes, mais le problème supplémentaire avec celle-ci, c’est son pollen, qui serait hyper allergène. Ce qui est dingue c’est que d’une part on recommande son arrachage là ou elle prolifère, et que d’autre part, on l’introduit via des semences pour oiseaux là ou elle n’est pas. On le sait, quand le monde arrêtera de marcher sur la tête, les poules auront des dents (enfin pas les miennes, elles n’ont déjà plus de tête ;-). Enfin, ne faisons pas trop de bruit et comme José, fauchons; car après nos chenilles processionnaires, le jardin d’Eve de Pécrot va finir par avoir mauvaise réputation ;-)

Avant

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Après

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08/08/2007

Le OUFF de la BOUGiE

Ou serait-ce le OFF de l'anniversaire? Mais lequel?

OUF, heureusement, il y a les photos...

les voici, c'est celui de notre boutique bien sûr;-)

Pour nous ce serait le dîner, pour eux le déjeuner, mais en fait c'était leur petit déjeuner ou presque, un brunch quoi. 11 heures du matin, saucisse de morteau et mont d'or, une rincée de trousseau 2000 par dessus, on l'apprécie manifestement jusqu'en Alsace;-)

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Ma générosité est légendaire, mais manifestement, pour mes vignerons préférés, ma célérité n'est pas à la hauteur;-)

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Un moment de panique en début de soirée, les vignerons ont tous disparu, nous cherchons, envoyons des émissaires au café du coin (on commence à les connaître;-), rien, personne, l'angoisse est à son comble. Nous finirons par les retrouver. Plus de peur que de mal. Au final, juste un viol apparemment consentant, celui de ma cave! Et ils ont bien choisi les bougres Ducroux fût 2004 et Poulsard d'Overnoy-Houillon 2002...

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Nous avons aussi tout fait pour participer aux célébrissimes Vendredis du Vin Oxydatifs proposés par le maintenant ex-Président Olif, mais nous étions trop lents pour poster les CR de ces 3 belles bouteilles à temps (celle sans année remonte à plusieurs décennies :-); juste du top slurp miam!

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The rest is History ;-)

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23:18 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

14/07/2007

SALE TEMPS

pour la fanfare, c'est

01:01 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

12/07/2007

PREMIERE BOUGIE!

Oui vous êtes venus et vous l'avez soufflée, cette première bougie. La tornade des vignerons naturels a aussi tout emmené sur son passage, laissant souvent derrière elle des dégustateurs pantois d'admiration devant ce festival de goûts variés, de saveurs originales, de délices plus ou moins inconnus et sains. Une véritable odyssée aromatique? Bon sang, mais c'est bien sûr! Tout était prêt pour vous accueillir, just op tijd, mais pas une minute avant, comme toujours.

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Notre cuisine regorgeait pour l'occasion d'épices, d'huiles essentielles ou cosmétiques, de nos thés et poivres rares. La boutique, elle attendait aussi impatiemment les vignerons perdus dans les embouteillages de la E411. Ouf voilà le premier, Dominique Gruhier, qui déjà me réclame une Moinette, la route a été longue, la suite le sera aussi;-). Une fois tous les vignerons en place, mon cérémonial est de goûter tous les vins en dégustation avant tout le monde, on est pro ou on ne l'est pas;-). Certains avaient fait le voyage, ce qui n'est pas toujours idéal, mais cette fois pas de problèmes. Tous les vins se goûtaient à merveille, et ce sera le cas tout le week-end. Seulement une bouteille bouchonnée sur la centaine de quilles dégorgées, c'est rare.

Voilà, les vignerons sont là, il manque juste Bruno Schueller, mais il ne tardera pas. Les premiers dégustateurs arrivent, chacun reçoit son "kit de dégustation", (un verre et la feuille de route;-); c'est parti et bien parti! Beaucoup de nouvelles têtes, c'est réjouissant, d'autant que les anciennes reviennent aussi;-)

L'évènement était marqué de l'empreinte des vins de Stéphanie et de son mari Jean-Christope Michaux décédé récemment et qui devaient y participer. La cuvée Ecceterra, assemblage original de carignan et de mourvèdre, se goûtait à merveille et est probablement actuellement LE rapport qualité-prix de mon catalogue qui pourtant en cache pas mal d'autres. Ecceterra, qui signifie, comme on me l'a justement souligné, "voici la terre" (comme "ecce homo") et non pas le "etc..." commun des phrases sans fin!, J'ai quant à moi été séduit par la cuvée éponyme du Clos Roca, aux arômes puissant d'olives noires et aux notes de câpres, une expression du Sud assez géniale. Même mon beau-père (salut Papy!), pourtant relativement réfractaire aux vins du Languedoc a été très séduit par la cuvée A Propos, à l'assemblage tout aussi original de cabernet franc et d'alicante. Original, mais bon! Idée reçue enfin est bien nommé, démontrant, car pour beaucoup c'est encore nécessaire, que le Sud pouvait allier profondeur et classe, densité aromatique et élégance. En la dégustant, on se dit que Jean Christophe était bien sur le chemin du grand vin. Voilà, Stéphanie, si tu nous lis, sache que vous étiez très présents parmi nous ce week-end là et puisse tu trouver les ressources nécessaires à surmonter cette épreuve incompréhensible et nous enchanter encore avec les nectars de la terre du Clos Roca.

La boutique était aussi envahie de ces cuvées "nature" sans soufre ou presque, mais aussi sans "déviation" aromatique, juste un surplus de fruit et un vrai reflet de leur terroir (combien encore confondent tension, minéralité et présence de soufre!). Et je ne parle pas de leur digestibilité inouïe, alors que j'en ai rencontré quelques preuves bien vivantes tout au long de ces deux jours et de ces deux nuits;-).

Parmi les sans soufre (ou vraiment vraiment très peu), il y avait le Riesling Bild de table 2004 de Bruno Schueller, tout sur le fruit mûr et avec une note oxydative savoureuse; la minéralité s'exprimant en bouche et non par ces notes pétrolées parfois vulgaires. Et puis la cuvée LN 012 de pinot noir le 12 correspond aux mg de SO2 mesur dans la première cuvée portant ce nom, quelle finesse de fruit, quel éclat, miam miam!

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Sans SO2, il y aussi avait les deux cuvées de Dominique Gruhier, qui s'affirme tout doucement comme un futur grand et qui a révélé, dans un millésime pourtant réputé difficile (2004), tout le potentiel minéral du terroir d'Epineuil. Deux cuvées sans soufre au top, l'âme des Dannots et la cuvée Juliette, exprimant à qui mieux meux de la framboise, de la cerise, des épices, du poivre long, de la minéralité ou de la pivoine. Ce n'est pas sans risque, en 2005, les Dannots ont subit les foudres d'une attaque de Bret à laquelle l'exigeance (ou la vision du vin, vaste débat;-) de Dominique n'a pas résisté. Déclassé, pas de Dannots donc en 2005, on croise les doigts pour la Juliette!

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Revenons vers Bruno, chez lui, presque tout est, disons "atypique", enfin atypique car maintenant tout les gewurztraminer sont sucrés et que le sien est sec, que les riesling pétrôlent ou agrument bêtement alors que le sien fleure bon la citronelle et la verveine ... Et puis il m'a fait la gentillese de sortir de sa cave quelques bouteilles à maturité de son riesling grand cru Pfersigberg, en 1999. J'avais goûté cette cuvée à table, à Husseren, avec le grand cru Eichberg de la même année. Impossible de choisir, j'avoue que moi, qui sélectionne mes cuvées au cordeau et sans concession, en goûtant et regoûtant, là, j'ai tiré au sort...Il m'en reste encore quelques unes; à bon entendeur...Bruno va finir par devenir, à son corps défendant, le spécialiste de l'excellence en vin de table, car après son Bild de table, il nous faisait aussi déguster son PG de table, du pinot gris, dense, très aromatique équilibré comme pas deux, à se damner et à ridiculiser les comités de dégustation d'agrément (ou de désagrément;-).

L'épreuve suivante avait pour nom le "noune". Le noune, c'est le surnom que porte, pas trop mal il faut bien le dire, Georges Descombes depuis sa tendre enfance. Sa signification? Aucune idée, nounours peut-être, mais attention, c'est bien le noune, à ne pas confondre avec la noune ;-). Là, une série d'une cohérence incroyable, les différences de terroir et de millésime s'expriment tout en nuance, mais toujours avec cet explosion de fruit et cette profondeur de saveur, on va du top-miam au mega-slurp et on a pas enve de s'arrêter, il est dangereux, le "noune". Un Brouilly 2006 tout en caresse, le Régnié 2006 pète de fruit, les Morgon et Brouilly VV 2004 lorgnent sans pudeur vers l'élégance bourguignonne et le Chiroubles VV 2005, si besoin en était, met tout le monde d'accord! A nouveau des vins qui ne voient le SO2 que de loin, et cela se goûte, c'est indéniable.

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Pour s'en convaincre, il fallait aussi déguster ,chez notre ami fanfan Ganevat, ses deux pinot noirs 2005, et manifestement, vous l'avez fait! Les deux proviennent de la même parcelle, ont été vinifiés sans soufre, la seule différence, une dose homéopathique de soufre dans la cuvée VV Julien Ganevat et rien, nihil, nada, zero, ... nothing, dans la cuvée Z (Z pour Zero, vous l'aviez compris;-). La cuvée VV Julien est excellente, profonde, mais un peu plus austère que la déliée Z à qui tout semble permis. Alors, oui, on verra dans quelques années ce que donnera leur évolution, mais à l'heure actuelle, bravo Fanfan et vive le sans soufre! Un petit sondage nature prouve que vous êtes de mon avis, deux fois plus de cuvée Z a été vendue sur le week-end (cuvée d'ailleurs épuisée) alors qu'elle était la plus chère...

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Je ne parlerai pas des autres cuvées de fanfan, toutes rivalisant de sincérité, du savagnin privilege 2004 aux minéraux grands teppes VV 2004, et sans oublier le suyquième préféré de celquyème;-). Le week-end fut aussi l'occasion de faire plus ample connaissance avec d'autres blogueurs, tout aussi passionnés que talentueux.

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Merci à Catherine et Hughes d'être passés nous saluer! Le vendredi, plus calme, aura vu quelques dégustateurs très pointus nous rendre visite, on devait fermer à 21 heures, il était 23 heures quand je rangeais mon petit carnet de commande pour aller me régaler du boeuf bourguignon préparé par notre toujours aussi talentueux voisin.

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Bientôt, quelques commentaires et photos du OFF de l'anniversaire de l'odyssée... :-)))

08:39 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

24/06/2007

1er ANNIVERSAIRE de la BOUTIQUE: VENEZ!

INVITATION

Marché d’Eté de l’Odyssée

1er Anniversaire de notre Boutique en présence de vignerons bio-nature

Le Vendredi 29 juin de 16h30 à 21h00

Le Samedi 30 juin de 10h30 à 20h00

à Pécrot, Rue Constant Wauters, 22 (1390, Grez-Doiceau)

(environ 30-35 min de Bruxelles et de Namur,15 minutes de LLN et de Leuven,60 minutes de Liége, Gent et de Mons, plan d’accès sur le site: ici! Nous sommes également ouverts tous les mardis de 14 à 19 heures

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Après beaucoup d’hésitations, le week-end anniversaire de la boutique aura bien lieu, malgré le décès dans un accident de tracteur de Jean-Chistophe Michaux, le vigneron du Clos Roca, qui devait y participer. Pour Stéphanie, son épouse, il était hors de question d’annuler.

Nous rendrons cependant hommage à ces vignerons talentueux et à leur métier, qui, s’il nous fait si souvent rêver, est aussi, comme celui de l’agriculteur, pénible et dangereux. Chacun des vignerons présents vous fera déguster une des belles cuvées de Stéphanie et Jean-Christophe.

De grands vins bios ou naturels en dégustation, présentés par des vignerons sympas mais aussi charismatiques.

Voyez plutôt:

Bruno Schueller, du domaine Gerard Schueller & Fils (ALSACE)

Pour la première fois, bruno fait un déplacement en Belgique, il ne faudra pas le rater, et surtout prier pour qu'il n'y ait pas d'orages, de grêles, de canicule, bref que le ciel ne nous tombe pas sur la tête.

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Une belle brochette de ses vins seront présentés:

-Pinot Blanc 2004

-Riesling Cuvée Particulière 2005

-Pinot Gris; PG de table 2004

-Gewurztraminer 2004

-Gewurztraminer Bildstoecklé 2005

-Riesling Grand Cru Pfersigberg 2005

-Riesling Grand Cru Pfersirgberg 1999

Dominique Gruhier, Abbaye du Petit Quincy (BOURGOGNE)

Le domaine qui monte dans la Bourgogne de l'Yonne. Situé à Epineuil près de Tonnerre, le domaine est dans une démarche plus respectueuse de l’environnement, travaille ses sols, mais la révolution se fait aussi à la cave, avec des vins de plus en plus naturels, voire sans soufre. Des vins qui expriment bien la minéralité du terroir de la côte de Grisey d'Epineuil.

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Bourgogne Epineuil Blanc 2005

Bourgogne Epineuil Rosé 2006

Bourgogne Côte de Grisey 2004

Bourgogne Côte de Grisey Juliette sans soufre 2004

Bourgogne L'âme des Dannots sans soufre 2004

Georges "le Noune" Descombes (BEAUJOLAIS)

Il fait partie de la bande des vignerons naturels de Morgon, avec Foillard et Lapierre. Ses vins sont denses, très fruités, ce sont des péchés en bouteille tellement c'est bon. Quand le Gamay damne le pion au grand Pinot noir, mais sans se dénaturer! Le domaine n'est pas certifié bio, mais il le pourrait (encore un qui n'aime pas trop les paperasses :-(. Il est d'ailleurs conseillé dans le suivi de ses vignes par un organisme spécialisé en traitements bios. Je ne désespère pas de le convaincre ;-)

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Morgon 2005

Brouilly Vieilles Vignes 2004

Morgon Vieilles Vignes 2004

Chiroubles Vieilles Vignes 2005

Jean-François Ganevat (JURA)

Je ne présente plus mon ami fanfan, il nous revient avec ses rouges 2005 dont deux cuvées de pinot noir au sommet de leur genre. En conversion bio, l'année prochaine, il sera certifié!

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Cuvée Florine, Chardonnay, 2004

Les Chalasses, Chardonnay, 2004

Savagnin ouillé Privilège 2004

Poulsard "Enfant terrible" 2005

Trousseau "Plein Sud" 2005

Pinot Noir Cuvée Julien Ganevat 2005

Pinot Noir Sans soufre 2005

Savagnin oxydatif Prestige 2002

Un liquoreux de derrière les fagots!

Stéphanie et Jean-Christophe Michaux, Clos Roca (LANGUEDOC)

C'était l'un de mes coups de coeur récents. Nous étions à Bruxelles, parmi près de 150 vignerons, leurs vins délicieux, avec beaucoup de caractère et de naturel, sortaient du lot. Le "courant" était également très bien passé entre nous. J'avais donc décidé de les inviter pour l'anniversaire de ma boutique. Leur emploi du temps était hyper chargé, mais il ont tout fait pour modifier leurs rendez-vous et être présents parmi nous. Quelques jours plus tard, Jean-Christophe décédait dans un accident de tracteur. Le métier de vigneron est fabuleux; et, à chaque fois que nous ouvrons une bonne bouteille, il nous fait voyager, et parfois aussi rêver à une reconversion. C'est oublier que derrière ce grand plaisir que nous recevons, il y a un métier, qui, comme celui de l'agriculteur, est pénible et dangereux. En hommage à JC et pour avoir une pensée chaleureuse pour Stéphanie et ses 3 enfants, chacun des vignerons présents vous fera déguster une de leur cuvée.

Eccetera (carignan60-mourvèdre40) 2006

A propos (carignan40-alicante40-cabernet franc20) 2004

Clos Roca (syrah40-vieux carignan35-grenache15-mourvèdre10) 2004

Idee Reçue ( syrah50-cabernet sauvignon30-merlot20) 2004

Voilà, de grands vignerons, des cuvées natures, de belles séries truffées de vins de plaisir et de rapport Q/P à ne pas rater. De belles rencontres en perspective aussi. Et aussi plein d'ingrédients bio fabuleux. Nos huiles gastronomiques et essentielles, nos thés et tisanes, nos épices et poivres rares, nos miels savoureux.Venez nombreux, en famille (il y a un grand jardin pour les enfants), avec vos amis et connaissances!

N’hésitez pas à informer votre entourage, amateur de vin ou non, nous comptons sur vous pour faire de cet évènement un succès!

à la semaine prochaine

Anne et Laurent

L’Odyssée des Arômes

Rue Constant Wauters, 22

1390 Grez-Doiceau (Pécrot)

+ 32 (0)478 82 1636

True Great Wines <>

08:09 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

22/06/2007

YOURTE (+5)

Pas de yourte, la date est périmée, et pourtant, Anne a tout fait pour y arriver; un aller retour à Laroche en soirée pour remonter les quelques décimètres carrés de mélèze qui manquaient à son plancher. Les caser de force dans le programme chargé de notre menuisier. Et puis scier, clouer, rescier et reclouer; jeudi soir tout était prêt. bbq0

Nous attendions nos amis basques de pied ferme pour qu'ils nous aident à ériger cette yourte messiaque, mais nous étions aussi tout simplement heureux de les revoir. Mais en Belgique, si on a le droit de vote, on a aussi le droit de grève. Et c'est très bien, enfin ils auraient pu faire un effort ce vendredi là non? Vous avez compris la suite, grève du MET à l'aéroport de Charleroi; on y a pourtant cru jusqu'à la dernière minute, mais la sentence tombe finalement, le vol de Ryan Air est annulé. Pas d'érection possible, il faut éviter maintenant la débandade...

Car nous avions mis les petits plats dans les grands et organisé un atelier géant "Barbax, vin et salade nature" pour fêter l'évènement. Tant pis, le Barbax sera à lui seul l'évènement, et il le fut! Vous connaissez ma devise, think big, start small, et bien ici, je m'étais un peu planté, plutôt du genre think too big en start sous la pluie! Ne le dites pas à Anne, mais je l'avoue, sans sa soudaine liberté d'action, j'aurais (peut-être;-) eu un peu de mal à assurer la préparation de tous les plats que j'avais mis au menu... Je vous laisse juge de la diversité proposée:

- Dégustation des vins de Barbax

la liste:

-Jus de raisin, Gamay, Ch. Ducroux

un régal de fruit, se sucre équilibré par une acidité rafraichissante, se précipiter!

-Cidre, M.Beucher

De la pomme, beaucoup de pomme pour un cidre de terroir, avec de la mâche, une certaine rondeur, un peu de tannins, pas d'excès d'acidité et bien brut, une découverte!

-Boisson rouge pétillant, gamay, 2006, E. Heredia

A ne pas mettre entre toutes les lèvres, c'est un péché...

-Rosé Gamay, 2006, Ch. Ducroux

Une élégance de fruits juteux, un rosé de soif délicat, pas pour les amateurs de rosés classiques.

- Tintamarre, Mas de Cynanque (Saint Chinian-Languedoc)

Du bon vieux cinsault. Robe légère, nez très parfumé de framboise, bouche lisse mais juteuse, le vin parfait de barbax, parfait avec la salade de pissenlits aux lardons, on peut le boire frais.

-Cuvée des Cigales 2006, Borie la Vitarèle (Saint Chinian-Languedoc)

Assdemblage chouette et original de merlot et de grenache, robe rouge rubis, le genre de canon tout en fruit et pulpe, qu'on boit sans se faire mal, mais avec modération bien sûr!

-Fleur de Cynanque 2005, Mas de Cynanque (Saint Chinian-Languedoc)

Déjà plus sérieux, un carignan avec de la minéralité, un fruité épicé retenu, beaucoup de classe

-Reflets 2004, St Nicolas (Fiefs vendeens-Loire)

Il commence à s'amadouer, il se fait moins sévère, et se révèle carrément sur les cotelettes d'agneau, très bon!

-Vin de Pétanque, Mas de Libian (Ardèche-Rhône)

Tout est dit dans le nom, il tire et il pointe!

-Bout d’Zan, Mas de Libian ( Rhône)

Peut on encore parler de vin de BBQ, oui, mais fin de soirée de BBQ, un vin qui offre déjà de la lingueur et de la complexité, une belle expression du grenache

-Copains d’abord, Sablonnettes (Loire)

Fraise, framboise, ce grolleau déménage bien, il faut l'attendre un peu ou le calmer à coup de saucisse.

-Copines aussi, Sablonnettes (Loire)

Du gamay pur jus, très parfumé, presque floral. Très frais en bouche, parfait pour le barbax ou un pique-nique au soleil

-Régnié 2005, Ch. Ducroux (Beaujolais)

Re-classe, Re-élégance, un amour de grand Beaujolais pour 2 x rien.

-J’en veux, Enfariné et bien d’autres, JF Ganevat (Jura)

Dans le style du vin septentrional frais, de soif mais qui en raconte, c'est encore une fois Ganevat qui met tout le monde d'accord. Une cuvée extraordinaire, faites de cépages inconnus, oubliés voire interdits, vinifié sans soufre, seulement 11% d'alcool, mais quel densité, quel fruit, quelle acidité minérale, je ne sais pas ce qu'est un grand vin, mais celui-ci s'en approche dans son expression unique, des frissons garantis...

Ensuite, petit apéro au choix avec des toasts divers sur pain bio maison:

-Tapenade d’olives vertes, anchois, ail, feuilles et fleurs de capucines

-Tapenade d’olives noires, anchois, ail, poivre long, de Sichuan et rose du Brésil

-Fromage blanc frais, lierre terrestre

- Soupe d'orties aux escargots de Pécrot

Avec le barbax et les salades diverses, possibilité de regoûter les vins de son choix

Les salades:

- Pommes de terre vapeur, sel de guérande, huile de pépins de courges grillés

- Epinards, chenopode, onagre vapeur, tagliatelles et crème de curry sambhar

- Salade revigorante de pissenlits, pdt, lardons et vinaigre balsamique, huile de tournesol

- Salade apaisante de tilleul, alliaire, plantain, “normale”, achillée millefeuille, tomates et coquelicots, vinaigrette (colza-olive-tournesol)

- Taboulé d’épiaire des bois, lierre terrestre, oignons, vinaigrette

- Taboulé de mouron, berce spondyle, persil, concombre, menthe, vinaigrette

- Gratin de courgettes au cumin

La bidoche:

- Pilons de poulets bios géants au poivre de tasmanie violet, baies roses, coriandre et jus d’orange

- Pilons au curry sambhar et indien (pilons pas bio, c’est pour ça que je les ai faits au curry bien dosé;-)

- Pilons bios au miel, galanga, gingembre, coriandre

- Saucisse bios de la Biosphere

- Cotes d’agneau (bio, coprosain) au romarin (jardin), thym (odyssée) et ail (champion;-)

Les vins utilisés pour la marinade (20 heures) étaient notamment un grand cru classé de graves Latour Martillac 1997 qui se morfondait au fond de mon frigo ainsi que quelques autres fonds de bouteille de "bons" bordeaux blancs .

Comme dit le Chat, il ne faut pas s'étonner d'avoir du pain sur la planche ... quand on mange ses tartines au WC...

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Mais tout était prêt à temps et à heure, juste besoin d'un coup de main pour le barbax, mais les bonnes âmes étaient là pour m'assister.

Une de mes idées était aussi de donner la possibilité de déguster à prix coûtant, les vins de ma carte, et de fut une bonne idée...;-).

Il n'est pas encore 19h30, quand mon beau-frère qui n'a pas du tout l'intention de déguster des vins de Barbax, même sélectionnés avec mes grands soins, toute la soirée s'écrie: "mes amis, nous sommes chez le meilleur caviste du monde et nous buvons des petits vins de bbq, c'est inadmissible, je veux du Arena, je veux du Gourt de Mautens, du Ganevat et du lescure, ... " et de me commander un superbe Grote di Sole 2005 de notre ami corse. Ce sera le premier d'une longue série, car tout le monde finira par succomber au charme de ma carte diabolique de précision; je vous en dresse la liste du groupe le plus assidu, remarquable d'éclectisme.

-Morgon sans soufre 2005, Marcel Lapierre

"une découverte pour certains, le vin était à la hauteur de sa réputation, une belle bouteille en finesse et en fruit, qui a encore de l'avenir devant elle."

-Saint Romain 2002, Thierry Guyot

"Un des meilleurs vins de la soirée, un commentaire ici!"

-Bandol 2000, Saint Anne

"Beau vin ouvert, suave, à maturité, une révélation pour certains."

-Maghani 2001, Canet Valette

"Dense, mais le boisé semble ressortir un peu. Bon, mais il se referme."

-Jadis 2001, Barral (+ une bouchonnée)

"Du Jadis fidèle à son goût, un peu décadent, très aromatique, gras, et quelle longueur"

-Clos milan 2001, Henri Milan

"Carafé une heure seulement, il était là fidèle au poste, quelle complexité aromatique, quel frisson en bouche à chaque fois, grand vin qui a encore de belles années devant lui"-Pommard Vignots 2002, Chantal Lescure

Un vin qui a beaucoup plu, mais qui s referme aussi amha, avec des tannins encore un peu marqués et du bois qui revient en surface. mais quel fruit en bouche, framboise, cerise, enrobés de chocolat, il est urgent d'attendre.

-Grands Teppes VV 2000, Ganevat

La claque habituelle, mais cette fois dans un millésime plus ancien, c'est en bouche que la minéralité se révèle, Grand et pour longtemps!

-Savagnin privilege 2000, Ganevat

La version en savagnin, un vin entre deux mondes, d'une complexité inhabituelle, je ne m'en lasse pas.

-Sancerre Skeveldra 2005, S. Rifault

"Mon vin du moment, un sauvignon qui ne sent pas comme mon chat et qui a la couleur or à l'ouverture, cognac après 1 heure. Mais quel goût, irrespectueux des canons de l'oenologie, du fruit mûr, des notes oxydatives appétissantes, et en bouche, une minéralité explosive, comme si vous aviez fait mûrir du caillou au soleil, que c'en est pas possible (ben non, ce n'est pas possible;-)."

-Anjou 2001, Richard Leroy

"Un peu plus conventionnel après, il prend sa place, avec de beaux arômes de chenin très mûrs, miellés et une élégance de bon aloi."

-Cuvée S 1999, Domaine de la Pinte

Vive la décadence, maintenant c'est moi qui offre! Et dans la décadencearomatique, la cuvée S y connait un rayon. Cette cuvée ouillée qui se voulait ambitieuse et soignée dans sa jeunesse, sombre maintenant nettement dans l'oxydatif. Mais elle se permet encore de mettre en valeur ses beaux restes de fruits exotiques. Les deux aspects se disputent la finale pendant longtemps...J'adore.

-Casot des Mailloles blanc, 2005

Je ne présente plus les vins d'Alain castex et Gislaine Magnier, c'est trop bon et cela finirait par se savoir!

-Champagne Poligny Demi-Sec 95, J. Beaufort

Etait-ce bien raisonnable, je ne sais pas, mais toujours est-il qu'on l'a quand même goûté ce fameux champagne, et bien goûté, et même regoûté. En effet, une deuxième bouteille fut indispensable quoique encore insuffisante pour nous permettre de nous faire une opinion, sur le talent, le génie de cette bouteille et de son vigneron. Etait-ce de l'art, de l'artisanat, un produit de la terre, du ciel, le débat n'est pas clos...

-Boisson rouge, Gamay, Heredia

Ca c'était juste pour la soif;-)

et pour se déglacer, juste avant quelques heures de sommeil bien méritées; un petit magnum Moinette Bons voeux...

J'ai tout goûté, crachant à gauche et avalant à droite, pas une fausse note, pas de déception, juste une bouteille bouchonnée. De plus en plus, au delà des verticales ou des horizontales monolithiques, je préfère ce genre de dégustation qui part dans tous les sens, et où le vin suivant tente de faire oublier le précédent. Le seul problème étant que l'on ne s'arreterait pas, tant la lassitude n'a pas sa place dans ce genre d'exercice. C'était l'aube quand le dernier Bob si patient reprit avec lui le dernier dégustateur enfin comblé. Bilan, une poule dévorée par notre renard préféré et toujours pas de yourte, mais quelle belle soirée! Une des plus belle résussite de l'odyssée, c'est aussi grâce à vous...

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Les recettes bientôt, c'est promis, stay tuned!

09:20 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

21/06/2007

L'AMI DES BRET

Non, je ne parle pas de ces levures sauvages tant décriées par l’œnologie moderne, mais des deux jeunes vignerons du domaine de la Soufrandière, Jean-Phi et Jean-Gui Bret (oui, c'est leur nom!). Jean-Gui était probablement tombé à l’eau, car c’est Jean Phi, l’aîné, qui m’accueille. Lui, n'est pas tombé, mais a manifestement été poussé dans les orties. Non, en fait, il revient de la vigne où il a pulvérisé ce fameux purin. Il est un peu gêné; mai je connais bien cette odeur pénétrante quoique, avouons le, nauséabonde. je le rassure, l'odeur se garde de m'approcher, on pourra déguster sans passer par la douche;-)

Du purin d'orties, et oui, car ici aussi, on "nage";-) en plein bio et même en biodynamie. Mais les frères Bret n'ont pas la tête dans la lune, leur tête serait plutôt du genre chercheuse pragmatique, avec leurs yeux et oreilles bien ouverts. Tous les nouveaux traitements se font d’ailleurs avec parcelle témoin, comme ce dernier essai composé d’extrait de fenugrec, récemment homologué pour lutter contre l’oïdium.

Jean-Phi m’avait prévenu, on a un peu de temps, mais il doit aller chercher son fils chez la nounou vers 18h30. « On fait un tour dans les vignes ? » me lance-t-il. Bien sûr, si j’étais vigneron, ce serait surtout pour le travail dans la vigne, bien que le travail à la cave me passionne également.

Jean-Phi est manifestement fier de son terroir, les vignes du domaine s'accolent à leur jardin et dominent toute la vallée, il m'y entraîne.

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Nous discutons terroir, traitements, et tassement du sol. Même après le passage du petit chenillard, la terre est encore souple et on peut poigner dedans sans forcer, témoin d’une vie microbiologique intense. Elle sent bon, sa terre fraîche, l’humus, les épices presque. Je me remémore les vignes lunaires du Bordelais, mais aussi celles rencontrées sur la route entre Nuit St Georges et Vinzelles qui ne se présentaient pas beaucoup mieux.

Ici, Jean-Phi me montre aussi ces beaux cailloux bruns calcaire, sur lesquels se nourrissent, pudiquement, de vieilles vignes entretenues à la pince à épiler. La parcelle des Quarts est sur le haut du coteau, elle est belle; un peu plus loin ce sont les Longeays, également magnifiquement exposés au sud-est mais sur des sols plus profonds, ce qui donne des vins plus rapidement ouverts.

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Nous jetons aussi un coup d’œil sur les vignes millerandées. le millerandage est déjà visible comme en témoignent les disparités de taille des petits grains au sein d’une même grappe. Il donnera de petits grains gorgés de sucre, mais aussi d'acidité et d'arômes, et cette cuvée les Quarts Millerandés, unique en son genre, mais aussi uniquement bonne!

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En contre bas, ce sont les jeunes vignes qui donnent le croquant vin de Pouilly Vinzelles. Entre les deux parcelles, une belle allée d’herbe fraîche parsemée de marasmes des oréades; je dois résister pour ne pas les ramasser...

Nous revenons à la cave pour une dégustation exhaustive ou presque des 2005 en bouteille. La cérémonie de la dégustation commence, mais quand m'en lasserai-je;-)

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Macon Uchizy Climat « La Martine », Bret Brothers

Issu de vieilles vignes exposées à l’Est sur sol argilo-calcaire, c’est une de mes cuvées préférées, d’un super rpt Q/P. Le nez est très fruité, ananas, la bouche est ronde, pourvue d’une belle acidité et non dénuée de minéralité. Belle bouteille pour un vin généreux qu’on hésite pas trop à ouvrir. Miam.

Macon-Vinzelles « Le Clos du grand Père », La Soufrandière

Beaucoup de fruit également pour cette cuvée, mais l’acidité est moins marquée. Le vin est gourmand et sympa. Bien.

Mâcon Cruzilles, en culture biologique, Bret Brothers

Une nouveauté, provenant de vignobles reculés, voisins du domaine des vignes du mayne (le vignoble le plus ancien en culture biologique, on en reparlera). La matière se fait plus dense, le fruit plus pécis, la minéralité plus insistante. Nez ouvert, fruité, ananas, mangue, bouche dense, on est peut-être un cran au dessus le l’Uchizy. Un régal dès maintenant.

Pouilly Vinzelles, La Soufrandière

Issu des plus jeunes vignes du domaine (jusqu’à 48 ans quand même), les arômes offrent déjà une certaine complexité (ananas, gingembre). La bouche est élégante, mais non dénuée de gras. Déjà aguicheur maintenant, il gagnera à vieillir 2-3 ans. Slurp.

Vire Clessé « La Verchère », Bret Brothers

C’est depuis quelques années, une de mes cuvées préférées et son prix reste encore tout doux pour sa qualité. Et elle progresse encore. Une des premières du négoce aussi, à avoir la certification bio. Le nez est réservé, pas d’opulence, mais de la profondeur, de la minéralité aussi, que l’on retrouve en bouche avec un toucher extraordinaire. Cette impression de sucer du caillou, mais du bon caillou. Gros potentiel, c’est déjà très beau.

Saint Veran « La Côte Rotie » , Bret Brothers

Une nouvelle nouveauté ;-). Un terroir au pied de la Roche de Vergisson, au caractère très pentu et exposé plein Sud. Très bien, mais à revoir. Nez grillé, qui doit trouvé sa place, mais la bouche est bien minérale, un peu d’amertume en finale m’empêche de l’apprécier totalement à ce stade.

Pouilly Loché « Les Mures » , Bret Brothers

Et une de plus, mais celle-ci m’a impressionnée. Les Mures, c’est le meilleur terroir de Loché, sur des sols argilo-calcaires rouges, cvhargés d’oxyde de fer. C’est un vin austère, minéral, là aussi la sensation de mâcher du caillou est intense. Quelle profondeur. Un des vins les plus originaux de la série et qui témoigne à lui tout seul de l’évolution du style des frères Bret, de plus en plus loin du chardonnay international bien élevé.

Pouilly Fuissé « En Carmentrant », Bret Brothers

Belle Minéralité, arômes mûrs, presque miellés. La bouche est très puissant mais légèrement amère en finale. Il se mettra probablement en place dans les mois qui suivent. Je chipote, tellement le niveau est élevé, mais je luis préfère toujours la cuvée suivante.

Pouilly Fuissé « La Roche » , Bret Brothers

Au pied de la Roche de Vergisson, exposé à l’Est, les vignes ont 50 ans et produisent comme le dit Jean-Phi, la « quintessence du minéral » Un vin de puriste ? Je n’en suis pas sûr, ou alors, vu son succès dans mes dégustations, nous le sommes tous ;-)

Pouilly Vinzelles « Les Longeays », La Soufrandière

Parcelle voisine des Quarts, elle partage la même exposition idéale Sud-Est. Les sols sont plus profonds ce qui lui donne toujours une longueur aromatique d’avance sur le quarts. En d’autres mots, le vin semble plus « ouvert » plus rapidement. Une belle concentration aussi en bouche et une longueur fruitée très agréable. Consensuel, mais très très bon !

Pouilly Vinzelles « Les Quarts », La Soufrandière

Plus costaud que les Longeays, il est plus fermé au nez actuellement. Mais on goûte déjà le potentiel, le vin est à la fois massif et élégant, très minéral et fruité. Impressionnant de retenue, ce vin est excitant à décrypter, et je crois qu’il sera très grand dans 5 ou 6 ans, faites moi confiance ! Waouw !

Pouilly Vinzelles « Les Quarts Millerandés », La Soufrandière

Le millerandage est une maladie, mais les Bret l’ont transformée en opportunité. Ces petits grains sont gorgés de sucres, d’acides et d’arômes. On sent un vin plus puissant, qui développe déjà de beaux arômes de fleur, voire de miel. Ce vin tout jeune en met déjà plein la bouche. Même si je préfère la cuvée Les Quarts en raison de sa minéralité naissante, celui-ci a ses propres atouts que sont la concentration, l’équilibre, la gamme aromatique, la suavité et la longueur, c'est déjà pas mal;-).

Pouilly Vinzelles X mûr 2004, La Soufrandière

Vendanges tardives à la mi Novembre, la première bouteille est un peu éventée. Jean-phi en ouvre une autre, il sait mon intérêt moindre pour cette cuvée, voudrait-il me convaincre. C’est évidemment nettement mieux. Nez de miel, de pourriture noble, d’orange, de fleur de tilleul, la bouche est grasse pas lourde, mais je luis aurais souhaité un plus d’acidité pour qu’elle s’envole. Mais bon c’est du chardonnay, pas du chenin ;-)

Au final, et un peu comme chez Lescure en rouge, on sent bien se confirmer le style, moins démonstratif et encore plus à la recherche du terroir, et comme leurs terroirs sont beaux …certains parlent d'éclosion d'un style, je suis assez d'accord!

On goûtera aussi sur fût, leur nouveau bébé, un jus rouge issu de vignes de beaujolais, voisine de la parcelle que je préfère chez Philippe Jambon, Les Ganivets. Le premier nez est sauvage, avec des notes animales (un peu de Bret ;-) intégrées dans un fruit explosif. La bouche est ferme mais juteuse, je ne devrais pas dire cela sur la toile, mais on a vraiment envie d’en boire. Bon j’en réserve quelques caisses pour vous (et pour moi ;-), c’est vraiment trop bon !

En partant, un dernier regard vers le bidon de purin d’orties …ça va, sa compagnie n’a pas trop perturbé dans nos dégustations…

00:48 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

19/06/2007

Domaine CHANTAL LESCURE, François s’affirme, le style s’affine!

Voyage éclair en Bourgogne et dans le Beaujolais, il y a une bonne semaine, pour ramener quelques cuvées réservées depuis quelque temps déjà et bien sûr, déguster! Au programme, le domaine Chantal Lescure, les frères Bret du domaine de la Soufrandière et l’Abbaye du Petit Quincy en Bourgogne ; Christian Ducroux et Georges « le noune » Descombes dans le Beaujolais. Du beau monde !

J'étais content de retrouver le domaine Lescure que je suis depuis 5 ans maintenant. Je me souviens vous avoir proposé à mes tout débuts et avec succès, le Pommard Vaumuriens 2000 qui est maintenant à son apogée; dégusté tout récemment, il est très aromatique, avec des notes d'évolution, de cuir, d'encens et des tannins très fondus pour un corps svelte (c'est un 2000) mais suffisamment charnu pour notre plaisir.

C'est donc avec une certaine excitation que j’arrive au domaine Lescure à Nuit St Georges vers 14 heures, pas trop crevé et le palais émoustillé à l’idée de goûter ces vins. François Chavériat s’était excusé au préalable. Ce n’est pas grave, je suis moi aussi assez pressé par le temps. Je voulais surtout déguster deux vins que je ne connaissais pas. Le Bourgogne Taupe Maison Dieu 2005, issu d’un terroir argileux de la plaine de Pommard. La robe est concentrée, c’est bien du 2005, le nez offre de beaux arômes de framboise et de cerise. La bouche est dense, un peu tannique mais gourmande. C’est très bon, et ce sera un rapport Q/P exceptionnel. Le suivant, c’est un Côte de Beaune 2005, à peine plus cher, il est aussi plus concentré mais plus dur en finale. Un vin qu’il faudra attendre un peu mais qui fera aussi une belle bouteille d’ici 2-3 ans. Il faut avoir que le domaine situé en cote de Nuits, possède également beaucoup de vignes en côte de beaune et surtout à Pommard. Ceci nous donne donc à chaque fois une belle vue d'ensemble de la qualité d'un millésime, les deux côtes confondues.

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Petite verticale des Pommard 1er cru les Bertins ensuite. Les Bertins, c’est un beau premier cru, aux sols bruns calcaire, exposé plein Est et situé près de Volnay. Le 2004 est d’un bel équilibre assez structuré Pommard sur les tannins et l’acidité, mais avec de la finesse, beau. Le 2005 est plus dense, plus aromatique, plus long, plus de tout quoi, mais surtout bien meilleur encore. Un côté gourmand qui se propose à boire et un côté profond qui incite à la garde. J’ai l’impression aussi d’un boisé déjà fondu, ce que je préfère nettement. Très très bon vin. Et les prix de ces 2005 restent très raisonnables, ce qui est à souligner ! A côté, le 2003 fait un peu ampoulé et rustique, sur des tannins trop durs et un nez un peu confituré, la bouteille ouverte depuis quelque temps est à mon avis passée. Pas le meilleur 2003 de Lescure qui avait pourtant offert de très belles réussites dans ce millésime (les cuvées que j’avais sélectionnées quoi ;-).

Je suis prêt à partir quand arrive François, en tenue de combat, T-shirt taché, short et grosses bottines. « J’ai une demi-heure, on fait un tour en cave pour goûter les 2006? ». Si lui a une demi-heure, moi aussi bien sûr.

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Je ne prends pas de notes, et les malos ne sont pas encore finies, mais ce que je retiens, c’est l’expression qui se dégage de ces 2006. Ce n’est évidemment pas le 2005, mais on est loin ici de la berezina attendue. Après un juillet sec, un août mouillé, septembre a tenté de réparer les pots cassés. Et puis, il a fallu trier et comme de plus en plus, les vignes travaillées en bio ont tendance a équilibrer ces données climatiques. Alors, ce qui ressort de cette dégustation, c’est un sentiment de naturel qui me comble. Un fruit pur, des tannins fins et une concentration plus que raisonnable pour un pinot noir, et surtout pas de surextraction ; la grenouille 2006 n’a pas essayé de se faire plus grosse que le bœuf 2005.

Manifestement, François Chaveriat qui a converti le domaine à la culture biologique est est maintenant en certification, continue la révolution à la cave. Egrappage complet pour un meilleur fruit (on se rappelle l’expérience de Peynaud qui avait fait macérer des rafles pour prouver leur peu d’intérêt, même si ce n’est pas aussi enfantin ;-), diminution des doses de sulfite (mais il ne croit pas au sans soufre ;-), plus de chaptalisation depuis 5 ans, et un boisé également beaucoup moins insistant. Toutes les actions sont inscrites dans recherche primordiale du terroir et surtout pas de l’imposition d’une quelconque « patte» du vigneron. Mais François de continuer d’expérimenter, comme avec cette cuvée de base où il teste l’égrappage. Le fût non égrappé est fruité, dense, avec de la mâche ; celui complètement égrappé « pète » littéralement de fruit très pur, et se fait plus digeste, vraiment coulant. J’ai toujours un faible pour la minéralité du Pommard Vaumuriens, au terroir un peu plus froidn ce qui engendre des maturité plus tardives, mais quelle classe ; ceci-dit, le Pommard les Vignots bien mûrs sont aussi très élégants en 2006. Nous goûtons aussi le Vosne-Romanée les Suchots, et le Clos Vougeot, le Vosne tout en rondeur et densité, le Clos avec, encore, un supplément de classe dans sa texture et de finesse. Beaucoup attendent d’un grand cru un plus de concentration, mais les meilleurs ont plutôt ce plus de touché et de longueur.

Au final, plus d’une heure en cave et une discussion à bâtons rompus sur son approche de plus en plus précise du vin. Merci François et qui sait à bientôt peut-être en Belgique.

11/05/2007

CRU CLASSE et BIO

Et pas le moindre, le Château Pontet Canet, cru classé de Pauillac à décidé de passer en bio. Sous l'impulsion de Jean-Michel Comme, directeur technique, et avec la bénédiction du propriétaire Alfred Tesseron, le château a commencé sa conversion en 2005. L'évolution devait se faire en douceur, un tiers de la surface la première année et puis un deuxième et puis la totalité (80ha). Mais au vu des bons résultats et fort de son expérience dans son propre domaine (Château du Champ des Treilles à Sainte-Foy-Bordeaux), Jean-Michel a tenté l'expérience sur toute la surface, et avec succès malgré la difficulté du millésime 2006.

Vous le savez, ma visite au Château Pontet Canet n'étais pas due au hasard (au destin alors?;-) mais faisait suite à une invitation de Jean-Michel qui, après avoir lu mon post sur Bordeaux , voulait en savoir plus sur ma définition des vins naturels et m'expliquer son approche. Déjà une belle preuve d'ouverture d'esprit.

Je quitte donc les vignes enherbées du Château Planquette pour celles de Pontet Canet. Le château est situé tout près de celui de Mouton Rothschild.

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J'arrive au château, c'est un vrai château;-) le contraste avec la fermette de Planquette est amusant. Une secrétaire m'accueille, Jean-Michel Comme arrive peu après. Il a été engagé en 1989, et c'est manifestement une belle relation de confiance qui unit Alfred Tesseron (propriétaire) à son directeur technique. Ou régisseur, peu importe le titre, ce sont les responsabilités qui sont importantes, et celles de Jean-Michel Comme vont de la vigne à la bouteille. A la fois chef de culture et maître de chai, il a donc peut-être un peu de latitude pour mettre dans Pontet-Canet un peu de Pontet-Comme. Je suis curieux de le découvrir.

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Première étape dans un hangar où Jean-Michel me montre et m’explique les préparations d’orties et de saule, le dynamiseur, les produits utilisés. C’est que Pontet Canet est non seulement en conversion bio mais aussi en biodynamie. Vous savez qu’autant je suis, plutôt militant quand il s’agit de supprimer l’utilisation d’herbicides et de pesticides inutiles, autant les moyens pour arriver à les éviter sont libres, même si j’aime à les comprendre. La biodynamie fait partie de ceux-là. J’avoue même que j’y perds un peu mon latin scientifique dès que l’on m’emmène dans les cycles astraux et que l’on dynamise. Mais pourquoi pas, je n’ai pas non plus la preuve du contraire, de plus ces méthodes sont utilisées par des personnes saines d'esprit, aux bases parfois bien scientifiques, comme Olivier Humbrecht, détenteur du plus haut diplôme en vin, le fameux master of wine. Non, ce qui m’importe c’est la passion que l’on y met, je suis à peu près certain que si on applique bêtement des règles ou un cahier de charges, le résultat sera à la hauteur de la passion investie. Donc si on me parle avec passion de la biodynamie et qu'elle est réfléchie, comme dans le cas de Jean-Michel, je dis bravo !

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Nous montons dans sa voiture (non ça c’est la 2CV de Planquette;-), et j’y découvre un bouquin traitant des plantes indicatrices sur le siège passager. Je lui demande s’il l’a déposé intentionnellement ;-) (Jean-Michel si tu me lis, tu n’oublies pas de m’en envoyer les références).

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Nous visitons les vignes et cette belle croupe graveleuse, logée près de Mouton Rotschild et qui est le cœur de Pontet Canet. Les sols sont relativement peu envahis, mais n’ont apparemment pas été désherbés, juste labouré. Le labour de la totalité de la parcelle est en cours. Les tailles sont terminées, elles commencent très tôt pour finir en février, le dicton cher à Didier Michaud « taille tôt, taille tard, rien ne vaut la taille de Mars » n’est apparemment pas applicable ici; en raison de la superficie, me dit Jean-Michel. Il faut dire aussi que Pontet Canet est un des seuls domaines qui utilise du personnel mensualisé, contrairement au paiement à la tâche, beaucoup plus répandu. Si cela garanti au salaire toute l’année au personnel, il faut aussi « faire avec » et lui donner du travail toute l’année.

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Par contre, on dit souvent que le bio est plus difficile pour les grands domaines. La réponse est claire, c’est faux, en tout cas pour un domaine à la réputation de Pontet Canet. Au contraire, les moyens financiers permettent d’investir dans le bon matériel nécessaire et d’agir parfois beaucoup plus aisément qu’un petit vignoble méconnu. Bien sûr j’aimerais revenir plus tard dans l’année, quand la vigne subit la pression de ses prédateurs fongiques et insectes; mais ce qui transpire surtout de cette discussion, c’est la passion et l‘envie de faire mieux de Jean-Michel Comme. Cela mérite déjà nos félicitations. D'autant que cette approche est encore loin d'être entrée dans les moeurs bordelaises; Jean-Michel regrettant la "solitude" qu' a engendré cette démarche. Pas de questions, pas de discussion, appremment peu de collègues sont intéressés. Patience, ouvrir la voie n'est jamais aisé. Il faut aussi souligner la témérité d'Alfred Tesseron (ce sont ses billes après tout;-) pour avoir engagé son château et sa réputation dans cette voie, qui, à court terme, ne lui amènera pas un eurocent de plus (et le château ne recherche pas vraiment la médiatisation de cette approche). Comme quoi, voici un second exemple (après le Château Planquette) qu'à Bordeaux, l'argent n'est peut-être pas la seule valeur.

Nous revenons au chai et nous visitons les installations, égrappage, table de tri, cuvaison en foudre ou en cuve béton, c’est impressionnant. Pendant la visite du chai, nous croisons un groupe mené par Alfred Tesseron, au sein duquel je crois reconnaître ce visage élégant, coiffé de longues boucles blanches, tout droit sorti d’un livre d'histoire du Moyen-âge. Je m’arrête, je frotte les yeux, les boucles s’évanescent, non ce n’est pas Thomas Barton, mais son arrière petit-fils Anthony, du Château Leoville Barton ;-)

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Même si les effets ne sont pas immédiats, tout semble donc bien en place à la vigne pour faire un raisin naturel, mais Pontet Canet est-il pour autant un vin naturel? Car c'est bien sur base de cette question que je me suis retrouvé à Pauillac ce 12 Avril 2007. Pour rappel, et en très résumé, qui dit vin naturel, dit pour moi, vin bio, sans intrants en cave autres que le raisin, un strict minimum de sulphite et si possible uniquement à la mise en bouteille. Pas de techniques comme, par exemple, la chaptalisation et l'osmose inverse (généralisée dans le bordelais) qui dénaturent le raisin, le terroir et refusent ce que le millésime peut offrir.

J'ai vite senti que sur le sujet vin nature, la discussion était moins confortable. Je n'ai d'ailleurs pas posé toutes les questions que j'avais en tête, car la première pierre d'achoppement fut déjà la perception du boisé. Nous avons goûté un échantillon du 2006, la dominante boisée est pour moi très gênante, surtout sur un millésime dont j'ai goûté la veille un fruit très intéressant. Ici, nous sommes en face d'un Bordeaux jeune très classique, qu'il faudra attendre en raison de ce boisé à mon sens excessif. C'est d'autant plus dommage que le fruit existe; mais il se laisse deviner, désirer parmi cette luxueuse forêt. La bouche est fraîche, avec des tannins un peu bourrus et une acidité qui réveille les sens.

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Le vin est élevé sous 60 % de bois neuf. Est-ce le reflet du goût du propriétaire ou de son maître de chai, peut-être. Je crois que c'est aussi une contrainte dictée par les gourous et par l'image que certains critiques influants se font du grand vin. Quelle serait en effet la cote Parker, si demain, Pontet canet proposait un échantillon sans bois neuf. Et quelles seraient les conséquences sur les ventes dont le réseau se base exclusivement sur ces informations. Et quel serait la réaction du consommateur, qui apprécie encore beaucoup cet aspect du vin (le bois et les notes Parker;-). Oui, si l'influence de Jean-Michel Comme se fait incontestablement sentir à la vigne, je reste sur ma faim sur le résultat en bouteille, même s'il est meilleur que ses pairs. J'en fait part à Jean-Michel Comme qui me propose de participer à l'élaboration d'un fût l'année prochaine, c'est noté, et attention j'ai très bonne mémoire;-). Nous ne nous quittons pas comme cela, je suis invité à partager la table de Jean-Michel et de son épouse qui est en charge du domaine familial "Champ des Treilles", en culture biologique depuis un peu plus longtemps. Une fabuleuse lamproie à la bordelaise est précédée par une dégustation des vins du domaine, ce sont les blancs qui attirent le plus mon attention, un 100% sémillon et un autre à forte proportion de muscadelle. Très intéressant et certainement à regoûter. Voilà, Jean-Michel est appelé au domaine (un grand merci pour son temps et son accueil), je converse encore un peu avec Corinne, très accueillante et qui aime manifestement aussi partager sa passion. Je leur laisse le bouquin de Jérôme van der Putt (vin bio mode d'emploi), une douzaine de Moinette bio et un Poulsard "nature" de Jean-François Ganevat. C'est sûr, on se reverra, et maintenant, vous le savez, Bordeaux-Cru Classé et Bio ce n'est pas incompatible!pcchamppccor

Corrine, épouse de Jean-Michel et vigneronne au Champ des treilles, au milieu des vignes de Pontet Canet. Celles à gauche, à l'aspect lunaire, n'appartiennent pas à Pontet Canet....

13:19 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

26/04/2007

Un OVNI à BORDEAUX: Le Château PLANQUETTE

On me l'aurait dit il y a deux mois, je ne l'aurais pas cru, mais me voilà parti, tôt le matin (1000 bornes!), direction le Bordelais, objectif Château Planquette. Le soleil est radieux, nous sommes en Avril, le dicton "en Avril ne te découvre pas d'un fil" me fait sourire (je n'en qu'un ou deux sur moi;-), les causes et conséquences un peu moins. Enfin, avec ce planning chronométré et millimétré, le voyage d'Anne en train, on a déjà économisé plus de 2000 bornes à la planète. C'est rien, mais rien que d'y penser, c'est déjà un changement et c'est peut-être déjà beaucoup.

J'arrive sans encombres dans ce Médoc si réputé, je sillonne les routes parsemées de noms de châteaux connus. Ces châteaux qui m'ont fait rêver tout débutant, qui ont pris place dans ma cave et qui y sont hélas ... encore. Mais le spectacle dans les vignes n'est pas à la hauteur et je comprends encore mieux ma désaffection pour nombre de ces vins. Ces vins qui me semblent manquer de vie, ils sont en fait souvent le reflet de ces vignes qui pour la plupart sont désherbées chimiquement. Certaines offent un aspect lunaire désolant, c'est proprement scandaleux. Je suis révolté, il n'y a là aucune excuse valable, ce n'est que de l'habitude et de la paresse. vignesherbes4 De ci de là, il y a des entrelignes enherbés; réflexion sur l'utilisation de ces poisons ou simple réflexe économique, car ce poison est cher! On y voit aussi quelques traces de labour, mais quand on entend le discours actuel sur la lutte raisonnée, que tous appliqueraient, je suis abasourdi par tant de pratiques culturales aussi erronées qu'inutiles et je béni la transparence apportée par la certification bio.

J'arrive au Château Planquette sous une averse torentielle, il pleut des paquets de cordes, des chats et des chiens, que sais-je encore, je ne vais pas voir, je reste à l'abri dans ma vivaro. Le château du château Planquette , c'est une petite maison retapée par Didier, déjà un pied de nez sympathique à l'aristocratie bordelaise. Le nom, lui, vient de sa grand-mère maternelle ou de sa mère, je ne sais plus, mais ça sonne bien château Planquette, non? Le chai est un peu plus loin, les cuves sont dans un garage, je vais donc déguster un vrai vin de garage;-)

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Didier a quitté la banlieue parisienne à 17 ans, posé sa pelure (ses valsies ne devaient pas être très épaisses;-) dans le bordelais où il touve rapidement de petits boulots dans la vigne et dans la cave. Il me raconte tout cela, je prends quelques notes, mais je suis fasciné par sa science, il semble connaître tout et encore un peu plus. Il a une approche du vin à la fois instinctive et pragmatique de la culture bio et de la vinification. Début des années 80, il a l'occasion d'acheter 1 bon hectare de vignes, qu'il va progressivement convertir aux pratiques biologiques. Mais il continue parallèlement à travailler au château voisin (Haut Maurac) de façon tout à fait conventionnelle (entendez chimique!). Pendant 15 ans, il accumulera une expérience unique des deux modes de culture et de vinification, de leurs limites, de leurs avantages. Son contact avec les anciens lui fera aussi comprendre les dérives actuelles. Un exemple? Pourquoi ces anciens n'avaient-ils jamais de problèmes avec les araignées rouges, si nombreuses actuellement ? Tout simplement car leur prédateur n'était pas détruit par les insecticides actuels. Didier n'a pas sa langue en poche et bien que nous soyons dans le bordelais, elle n'est pas surboisée;-). Le cahier de charges bio, même s'il apporte une transparence certaine, est pour lui insatisfaisant. L'utilisation de certains composés homologués bio, comme les phéromones pour la confusion sexuelle, ou la roténone comme insecticide, devrait être limitée, évitée. Pas le temps de retranscrire ici tout notre discussion, qui tenait beaucoup de l'élève écoutant le maître, tellement ce gars est un puits de connaissance. C'est simple, on a passé presque tout le travail de la vigne à la cave en revue. Très, très instructif, merci Didier!

Mais pendant 15 ans, il apportera donc ses raisins bichonnés à la cave coopérative (pas par choix, mais c'était un contrat de 15 ans, ç'aurait pu être plus...). Mais en 1998, il décide de libérer ses raisins du massacre annuel, il fear son propre vin, et quel vin! Excatement mon goût pour le cabernet (il en comprend environ 50%). Même le 2002, année très moyenne, ne développe pas ces notes de poivron que je hais;-). Le 2003 est un vin de table, car refusé à l'agrément une première fois pour goût d'évent, et une seconde pour d'obscures raisons administratives. Il a été récolté très tard, après tout le monde, car à la mi septembre, les pépins du raisins étaient encore verts. Il offre un nez mûr, très mûr certes (cerise noire), mais également une belle sève nature et une belle longueur sur de gros tannins mais sans sécheresse et sans lourdeur aucune. Le 2004 a pour l'instant ma préférence, le nez de fruits est frais et propose une complexité naturelle. les petites notes de bois que l'on pourrait détecter proviennent probablement de la maturité des pépins et des rafles. Elles n'ont rien à voir avec des notes de vanille bas de gamme ou de coco de fut neuf, le vin ayant été élevé en barrique de 4 ou 5 vins.michaudfut J'en profite pour dire tout le bien de la barrique comme contenant, car elle permet au vin de respirer, de se décanter, de s'affiner; ne jamais jeter le bébé avec l'eau du bain. C'est la barrique neuve qui m'exaspère! La barrique qui maquille le raisin comme le mascara le fait avec les jolies comme les moches, au nez comme en bouche. Cette bouche est tannique, reflet honnête du millésime, mais la longueur épicée et fruitée est remarquable. Une belle bouteille, estampillée médoc, que l'on peut déguster dès maintenant après carafage sur un bon gigot d'agneau, mais qui pourra affronter quelques années de garde.

Nous dégustons aussi sur cuve le 2006, arômes purs de fruits rouges et bleus (prunelles); c'est, à ce stade, un vin friand, croquant, soutenu par une acidité fraîche, avec des tannins vifs mais juteux. Ce vin ne se veux pas bien élevé, il est au contraire, plein de vie, un peu gouailleur, voire bagarreur. Année à pourriture, Didier n'a bien sûr pas traité à l'anti-botrytis, contrairement à tout ses grands voisins. "En plus, cela ne servait à rien" s'amuse-t-il . Mais il a trié, résultat, 19hl/ha

On déguste ensuite le 2005, et c'est un grand coup de coeur, de foudre. C'est exactement ce que j'aime dans le vin. La robe est bleue noire, mais on s'en fout un peu, non? Le nez et sur la myrtille mûre, de la mûre écrasée et une note de noisette grillée. C'est du velours en bouche, mais beaucoup de velours. Un vin puissant, mais vivant, que l'on boirait à gorge déployée. Superbe, je l'attends en bouteille avec une grande impatience, et un peu d'anxiété. Et pourtant au vu de ce que j'ai dégusté chez Didier, je dois lui faire confiance. Ce vin n'a pas connu de sulfite pendant la vinification, il n'en verra sans doute pas beaucoup à la mise. Et ce n'est pas un discours, chaque affirmation de Didier est étayée par des documents; bulletin d'analyse, déclaration de vendanges, c'est de la transparence de chez transparence. "Tu dois demander les déclarations de récolte", "as tu déjà vu un bulletin d'analyse" me dit-il ! Alors oui, c'est vrai que c'est rarement proposé aussi spontanément... Ce 2005 a pourtant été refusé à l'agrément, pour oxydation. On croit rêver. Car si les vins de Didier sont naturels, ce ne sont pas, comme parfois, des vins à défaut. Ce sont des vins, qui, un peu comme ceux de Jean-François Ganevat, sont soignés avec énormément de rigueur. Il suffit d'entendre les précautions prises pour nettoyer les fûts, à la fois pour éviter les bret et le sulfite du méchage, pour comprendre. Quel boulot!

On revient dans la salle de dégustation (la salle à manger quoi;-). Je ne suis pas venu les mains vides mais le pinot blanc de Bruno Schueller n'est pas à bonne température et le pack de Moinettes non plus. Mais le pouslard de Jean-François Ganevat fera l'affaire. Didier ne connaît pas, mais il est immédiatement séduit par la précision aromatique, la minéralité, les notes poivrées, le naturel en bouche. IL est tout simplement séduit par la clase de ce vin sans soufre. Un morgon de Lapierre, pourtant bien sous tout raport, sera éclipsé par la vie de ce poulsard. Allez hop, au lit, demain on fait un peitit tour dans les vignes et puis on ira chez le prestigieux voisin, Pontet Canet.

Je n'ai pas beaucoup rêvé cette nuit là, pas de cauchemar non plus, le cauchemer, je vous l'ai dit, il est dans les vignes. Désherbées, maltraitées, sols tassés par les machines, pourquoi tant de haine...Et puis on approche d'un écrin tout vert, ce sont les vignes de Didier. les herbe et autres plante diverses sont denses et hautes, elles n'ont pas été arrachées depuis juillet ou aout dernier. Didier me confie "maintenant, il serait temps";-). michaudherbesSes parcelles sont situées près de l'estuaire, pas loin de son village d'Yzans; celle de merlot dominant un des derniers marais non asséchés. michaudmaraisOn y trouve ausis un peu de petit verdot; ce cépage doit avoir les "pieds dans l'eau" pour bien se comporter. On se sent bien dans ces vignes là! Merci Didier et très certainement à très bientôt.

Alors oui, le château Planquette est un OVNI dans le bordelais, comme son vigneron, comme ses pratiques culturales et en cave, et surtout comme le goût vrai de son vin!

09:46 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

19/04/2007

YOURTE AU BORDEAUX!

Il y a parfois de ces coïncidences, ou de ces signes assez étonnants, ou suffisamment étonnants que pour se poser quelques questions. De là à croire, non pas au destin, mais à un certain destin, il y a un pas que je ne franchirai peut-être pas aujourd’hui. Mais ce dont je suis de plus en plus sûr, c’est qu’il n’y a pas que du hasard. Et en tout cas, que ce sont des signes, je l’ai appris en débutant cette aventure (voir Le Choc), qu’il ne faut pas manquer de saisir au vol.

Je m’explique. Il y a quelques semaines, j’avais remis en ligne un article écrit l’année précédente qui tentait d’expliquer ma désaffection pour bordeaux (dés-affection, mot qui reflète bien le sens de mon sentiment). Je l’avais intitulé en clin d’œil, « les 7 péchés capitaux de Bordeaux ». Je me fais rapidement reprendre de « volée » par Olif , avec qui je partage un certain goût de vins plutôt nature, qui me cite un château, le Château Planquette, dont il a dégusté deux millésimes superbes de … naturel. Hasard, coïncidence, c’est le seul nom que j’ai sur ma « to do list » (désolé Claude ;-) des domaines (euh pardon, des châteaux) à visiter à Bordeaux. J’avais en effet été séduit par le franc parlé de Didier Michaud sur Iacchos, pas du tout langue de bois (alors qu’à Bordeaux le bois est partout ;-). Mais bon les priorités étant autres, il restait un nom sur une liste et il aurait pu le rester encore longtemps si mon Olif préféré ne m’avait pas lancé ce signe clair et net ! Je prends donc le téléphone et quelques jours plus tard, une bouteille de Planquette 2004 se trouve dans ma carafe.

Presqu’en même temps, je reçois un mail assez sympa du régisseur de Pontet Canet , château grand cru classé de Pauillac que j’avais cité dans l’article, car à ma connaissance il était en conversion bio, ce qui s’est avéré exact. Jean-Michel Comme me demandait de préciser ma pensée sur le vin naturel ainsi que mes doléances vis à vis de Bordeaux. Nous échangeons quelques mails et il me propose de lui rendre visite à ma meilleure convenance, vraiment sympa !

Voilà deux bonnes raisons d’aller à Bordeaux, mais j’ai du boulot. Et quand je vais en France, c’est pas pour du tourisme ;-). Je ne vois vraiment pas m’absenter pour ce qui n’était pas vraiment une priorité.

Et pourtant, toujours parallèlement, ma tendre prépare son projet de construction de yourte et tout à fait indépendamment, choisit de le faire dans les Pyrénées atlantiques. Tiens c’est pas trop loin de Bordeaux çà. Très vite, le plan se goupille, Anne ira en train dans le Sud-Ouest, les enfants sont en stages la deuxième semaine de Pâques, et moi j’irai rechercher Anne là bas en faisant ma petite étape dans le Bordelais. Pas évident, j’avais plein d’autres choses à faire, mais les signes, je vous le dit, il ne faut pas les louper tous ! Ou loger ? Didier propose immédiatemetn de m’héberger ; génial, je suis parti!

Je vais donc vous conter ces deux visites, apparemment aux antipodes l’une de l’autre, Pontet Canet, un vrai château de Pauillac grand cru classé du Médoc en 1855, 80 ha de vignes et le château Planquette, petit domaine de 1,5 ha tenu par un parisien des banlieues rouges. A ne pas rater !

Château Pontet Canet

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Château Planquette

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21:23 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

03/04/2007

Vins Nature

 

13:51 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

02/04/2007

L'ODYSSEE, PLUS CARYBE que SCYLLA

Quelques mots sur le Marché version off (le soir quoi;-), on imagine pas le plaisir mais aussi la pression qu'engendre ce genre d'organisation. Pression, déjà d'avoir fait venir quelques vignerons talentueux, voire réputés dans un petit village de campagne chez un caviste du même nom. Mais heureusement, vous étiez là! Alors, quand tout s'est bien passé, que les derniers amateurs s'en vont, nous passons chez nos merveilleux voisins, Dominique et Claude Manesse, nous régaler, assis le cul dans le beurrre pour savourer les préparations culinaires de Claude, qui en plus d'être un peintre hyper talentueux, est aussi un homme de maison et de chair plein de ressources et de recettes de vrai terroir. Sans détailler, une poule à la ligérienne (hommage voulu au Seigneur René) et un agneau aux épices (les miennes;-) pour nous transporter un peu dans la garrigue. On s'est vraiment régalé, Claude, mais attention tu dois être prêt dans 3 mois!

La bonne tablée: de gauche à droite:René; Lou, Nicolas, Pascal et Pierre-Yves

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mp10Anne, Dominique, Claude, Ann et Tonton Casa

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Ouverture difficile :-) d'une bouteille de vin jaune 1983 du domaine Ganevat, toute en finesse d'arômes, en fraîcheur et longueur

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Une petite dernière dans la boutique, ce sera de la bière, de la Moinette bio pour être plus précis, introduction à la visite du lendemain.

Pascal

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Nicolas

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Isabelle

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René

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Jérôme et fanfan Ganevat

10:01 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

29/03/2007

INVASION GAULOISE

Notre marché de printemps fut une réussite. Mais à cette occasion, nous fûmes envahis par une cohorte de gaulois, venus de divers horizons de France, parmi lesquels nous avions le seigneur René, chef des Turones ( Domaine Mosse, Anjou, Loire), Fanfan et Casa les ardents Séquanes (Jura) et puis Pascal et Nicolas, représentant les Volques du Languedoc avec beaucoup de classe ! Alors je ne sais pas si, de tout les peuples de la Gaule, ce furent encore les belges les plus braves, mais ce qui est certain, c’est que je ne referais pas la guerre des Gaules chaque semaine ;-).

Notre boutique avant l'invasion

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La salle à manger, justement décorée par Anne embaumait les épices et les huiles essentielles

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Seigneur René, du domaine Mosse avec ses premières victimes

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La paire de Séquanes issus du Domaine Ganevat en Jura

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Les Volques: Pascal Perret du Mas Lumen

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et Nicolas Gaignon, des Vignobles du Loup Blanc , un loup manifestement allêché par la feuille de route des vins proposés

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Pas le temps de prendre des photos pendant les heures d'ouverture, je me permets simplement de reprendre un gentil mail reçu aujourd'hui, il résume bien la qualité des vins présentés et l'ambiance conviviale:

"Merci encore pour ce fabuleux marché de printemps. Quelle ambiance! JF Ganevat et tonton Casa n'y étaient pas pour rien! On s'est amusés comme des petits fous et on a TOUT goûté!! Il n'y avait que du bon (surtout le Pinot Noir de Ganevat, ses crémants de savagnin, ses moelleux "surprise", ses savagnins et chardonnay, etc).

L'un de nos nombreux coup de coeur c'est le MoussaMoussette de Mosse, rosé original, frizant, met en appétit. On a adoré le domaine du Loup Blanc, tous ses vins présentés avaient comme dénomitateur commun de la fraîcheur. Excellents à boire dans le jardin, maintenant que les beaux jours reviennent et aussi sur des plats un peu plus élaborés (car ses vins étaient digestes, pas de lourdeur, pas d'alcool dominant, que de l'équilibre...).

Le Mas Lumen n'était pas en reste, La Sylve était profond, Prélude élégant, le blanc frais et plutôt long, avec des notes de fruits rouges acidulés (assez original, comme 1er nez, d'ailleurs).

On a adoré."

C'est vrai que les vins de fanfan étaient à nouveau superlatifs, on était parti pour ne présenter qu'une seule cuvée, son pinot noir sans soufre 2005; qui est une vraie gourmandise, l'alliance du côté nature et de la profondeur du pinot noir (il est hélas déjà épuisé!) et un liquoreux. Et puis on s'est retrouvé avec une dizaine de vins sur la feuille de route auxquels il a encore rajouté non pas un, mais 3 liquoreux. Son suyquième 2004, vendanges tardives de savagnin, tout en densité et fraîcheur. Les deux suivants c'était juste pour faire mal, car ils n'étaient pas en vente. Le "?", sélection de grains nobles de savagnin, d'une douceur et d'une longueur extravagante, et puis le "sulecul" un liquoreux fruité de poulsard unique, extraordinaire, envoûtant.

Les vins de René Mosse étaient également de très haut niveau. J'ai toujours une préférence pour le Rouchefer, qui balise bien minéralité, fruit et longueur, masi c'est vrai que le moussamoussettes est un vrai péché, tout comme son Rosé Achillée d'aileurs. Mais le plus grand succes fut son anjou rouge (en vin de table) paimparé, une infusion de cassis et de terre fraîche, dense mais gourmand, à réconcilier le club ABC (Anything But Cabernet) avec ce cépage.

J'ai pu le soir, grâce à la générosité de René, comparer de manière extensive les trois cuvées de sélections parcellaires, Le Rouchefer 2004, les Bonnes Blanches 2004 et la Joute 2004, issue de très vieilles vignes en voie de disparition (on les arrache une à une, et la cuvée n'a pas été produite l'année passée). Je crois qu'en longueur de saveurs, Rouchefer et Bonnes blanches s'équivalent, mais la première cuvée offre plus de fruit séducteur maintenant et la seconde plus de minéralité et de tension en bouche. La Joute est simplement divine, très naturelle, elle a un équilibre parfait, alliant dentelle et puissance et au potentiel de garde probablement très long!

Un mot sur les vins du Loup Blanc, qui offraient, il est vrai, des vins tout en fraîcheur, mais ne manquant pas de profondeur. Certains doivent encore se faire un peu en bouteilles, mais on s'en régalera bientôt. A noter le magnifique blanc, très floral, avec beaucoup de corps et une belle longueur complexe; à base de muscat, de terret et de grenache qui eut un franc succès.

Enfin, j'avais trouvé une ressemblance entre les vins de Pascal Perret du Mas Lumen et ceux de Barral, mais ce n'est pas étonnant, car le mas se situe sur des terres à dominantes schisteuse, proche de celles de Faugères, miam miam...

Manifestement, vous avez aussi été nombreux à avoir apprécié nos épices, tisanes et huiles; le poivre long, le poivre rose du Brésil, le fenugrec et évidemment le poivre sauvage furent les plus demandés. Parmi les huiles, celle de courge séduit toujours autant, mais vous êtes quelques uns à avoir succombé à la puissance du cumin noir. Enfin pour les thés et tisanes, c'est celle du "lendemain" qui attira le plus votre attention, allez savoir pourquoi;-)!

Voilà, l'ambiance était de mise en journée, mais le guerrier ne connut pas de repos plus tard; ni le soir ni la nuit;-) Quelques photos (enfin, une sélection;-) bientôt.

Le dimanche, nous visitions avec quelques survivants la brasserie de la Moinette, je vous relate tout cela sur mon blog bière très bientôt...encore merci à tous pour votre présence et @ très bientôt

15:36 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

19/02/2007

JANVIER 2007: Les 7 Péchés Capitaux ... du Bordeaux!

On me demande souvent, « tiens vous n’avez pas de Bordeaux? ». Tout d’abord, c’est faux, j’en ai plein ma cave perso, fruit coûteux d’un parcours assez classique d’amateur passionné ;-).

Mais c’est vrai, à la carte, rien, nihil, nada, Pourquoi ?

Et bien, je vais vous le confesser; voici les 7 péchés capitaux du Bordeaux ;-)

- La première (1) englobe la plupart des suivantes ; je n’en ai encore trouvé aucun répondant aux critères que je me suis fixé. Oui, vous avez bien lu sur la première page du site : « respectant terroir, raisin et amateur de vins ». On détaille!

- Respect du terroir, et de son environnement bien sûr ! (2) Peu de « bons » vignerons en bio, la diversité du choix est faible, ; dans les autres régions il y a des locomotives (les meilleurs sont tous en bio et le disent, Zind-Humbecht en Alsace, Coulée de Serrant en Loire, Leroy-Romanée Conti en Bourgogne, Chapoutier en Rhöne, …). A Bordeaux ce n’est pas le cas, ou en tout cas c’est beaucoup plus discret (Ausone, Pétrus seraient en bio; « va-t’en savoir » comme on dit chez nous !). Mais ça bouge, un gars comme Derenoncourt a incontestablement une sensibilité différente, cela se voit déjà à la vigne ; mais à la cave ce n’est pas encore assez sensible à mon goût.

- Respect du raisin (3) : le bois ; qu’il soit cèdre ou vanille, est trop souvent omniprésent. Quand j’achète du vin, c’est pour mettre en cave, pas pour construire un abri de jardin ! Exemple récent au cours de septembre, je choisis 1 médoc et 1 st emilion, au hasard, mais près de 15 euros quand même. Au nez, point de diférence, des deux verres jaillit un boisé explosif, dominant tout autre arôme. Cela donne un côté luxueux au vin, pour moi c'est surtout du maquillage putassier qui cache l'absence de raisin. Dommage!

- Respect du raisin (4) : le soufre ; probablement parce que c’est une des régions qui exporte le plus ; les vignerons (ou leurs œnologues) ont souvent la main lourde sur le SO2. On ne retrouve donc pas souvent des cuvées « nature » style jus de raisin fermenté comme le font si bien Ganevat, Beau-Thorey, Hérédia, ou Sablonettes; ou des vins respirant le travail du sol et du vigneron comme le Casot des Mailloles; ou des vins gorgés de fruit et d’une classe folle comme Lapierre, Ducroux, Schueller ou Ganevat encore lui; ou encore ceux qui proposent des voyages aromatiques extraordinaires et parfois insolites comme Overnoy ou Barral ! Pas le goût du risque chez les Bordelais, trop d’enjeu, trop de fric en jeu ?

- Respect de l’amateur de vin (5) ; c’est surtout respect de son portefeuille. Il y a des Bordeaux corrects à moins de 15 euros, probablement, mais il faut reconnaître que ceux qui sont reconnus comme les meilleurs (les crus classés) ne sont pas donnés donnés. Des exemples? J'ai dégusté avant hier un Giscours 2002 : en voici les notes : « J'avais acheté quelques bouteilles aux foires cora sur base de commentaires lus sur LPV (comme quoi même les amateurs peuvent se tromper ;-). Hier soir, j'ai eu envie d'en goûter une : robe noire, je sers un verre à ma moitié, le verdict est imparable: poivron! Mais pas que; on y retrouve de la groseille, du boisé (plus cèdre que vanille), et des notes lactées (caramel mou, diacetyle) un peu chiantes mais qui vont progressivement disparaître. Le jus n'est pas dense, mais ne présente pas de creux, plus fruits noirs en bouche, les tannins sont déjà très civilisés et passent bien sur la côte de boeuf, l'extraction me semble juste. Peu de longueur. Alors c'est bon? Pas mal si on aime un peu le poivron, mais beaucoup trop cher! » On devait se trouver au dessus des 25 euros ; à ce prix là, on a largement du Jadis de Barral, un Rangen de Shaetzel ou un superbe Misteri de Pujol, .. vous saisissez le problème? Un autre exemple ; Lagrange 1999, très bon vin, 1999 est un millésime à boire et offre déjà du plaisir. le vin, peu boisé, c'est à souligner, tannins peu extraits, densité honnête, sève de fruit noirs, un peu de terre fraîche. J’aime bien, mais à nouveau, près de 30 euros pour cette quille ? Non, non et non ! Enfin ceci dit, Bordeaux n’a pas l’apanage des vins chers, mais le problème c’est qu’il présente beaucoup moins de super rapport Q/P vers 15 euros que les autres, à moins d’apprécier le bois et les vins corsetés par le soufre !

- J’aime pas le poivron ! (6) Ben oui, en tout cas pas dans le vin ; c’est comme ça, et encore si on tend vers le poivron rouge rôti ou le paprika, ça va, mais la dominante poivron vert, je fais une fixation ! Ce fut mon lot à Rouffach, il y a deux ans je crois (c’est sur le blog), quand j’avais dégusté tous les Bordeaux bio présents ; un seul avait trouvé crédit à mon goût : Chavrignac. On était pas loin de ce que je recherche, je vais le regoûter bientôt très certainement. Les autres ; poivrons, bois (bio ?;-) et dilution, tout ce qu’on reproche au bio d’avant, faire du bio avant de faire du bon vin !

- La cravate ! (7)Vous avez vu les photos de "vignerons" bordelais; toujours la cravate et son costard. Et j’aime pas la cravate, enfin, c’est même pas vrai, mais elle représente un peu trop le côté business du Bordelais. Plus en attente de la cote Parker et du prix qu’elle va permettre de faire payer aux nouveaux riches, que de faire visiter ses vignes à un amateur passionné. Mais c’est vrai, les vignes et la cave, ça pourrait tacher le costard…

- Ben oui comme les trois mousquetaires étaient 4, les 7 péchés capitaux du Bordelais sont 8 ;-). En fait, c’est plus un conseil, mais une des raisons pour lesquelles il n’y a pas de Bordeaux à ma carte, tiens aussi au fait du réseau de distribution de sa production. Il est impossible pour un petit caviste de campagne de concurrencer les prix (élevés mais régulièrement moins chers que les primeurs) des foires aux vins. Les grandes surfaces font très peu de marge, mais du volume, ça moi y en a pas savoir faire... Donc si vous voulez absolument casser votre tirelire pour du Bordeaux, faites comme moi ; faites vos courses à Cora ;-)

Voilà, vous l’aurez compris, j’ai aimé et j'aimerais aimer encore Bordeaux. Mais j’ai peut-être évolué plus rapidement que lui. Mais qui sait, ce serait avec plaisir que je vous ferai découvrir un vrai jus fermenté nature de cabernet ou de merlot pas trop cher ; le jour où j’en trouve un à mon goût ; qui sait, à suivre !

Tiens pour ceux qui sont intéressés, une interview de Stéphane Derenoncourt (Pavie Macquin, Canon la Gaffelière, Clos Fourtet, ...) dans la revue le rouge et le blanc (une des meilleures revues sur le vin, je vais m'y abonner je crois!). Il y parle des vins sans soufre; je ne suis pas d'accord sur tout, mais c'est un point de vue très intéressant pour lancer un beau débat.

18:21 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (14) |  Facebook |

18/02/2007

24 DECEMBRE 2006: L'heure du BILAN?

Noël, la fin d'année, c'est le moment de festoyer, de gâter sa famille, ses amis, d'ouvrir de bonnes bouteilles, de penser à quelques bonnes résolutions; mais c'est également l'heure du Bilan!

Je ne sais pas si vous vous souvenez de ce sketch de Michaël Kael dans "Nulle Part Ailleurs", et cette fameuse phrase, que je ne peux m'empêcher de répéter:"Mais c'est également l'heure du bilan". C'est bête mais rien que d'y penser, cela me fait rire, cet humour de potache. Bon je disais donc l'heure du bilan; oui, après une année au cours de laquelle cette activité qui était secondaire est devenue principale, il est bon de s'arrêter et de regarder le chemin parcouru. Et bien, c'est pas mal, l'ouverture de notre boutique, la diversification des activités (tisanes, huiles, épices, ..), les dégustations hebdomadaires, les ateliers de l'Odyssée, notre Marché de Noël, les cours de la true great wines academy, ... non, on a pas vraiment chômé et votre intérêt pour ces activités parallèles au vin n'a pas flanché.

Ce ne sont pas les idées qui manquent pour la suite, on va simplement tenter de structurer le tout un peu mieux afin que vous puissiez vous organiser au mieux. Le programme bientôt!

Et puis notre carte vins s'est aussi développée, avec l'arrivée de nouveaux vignerons, du Sud (Henri MILAN, Borie la Vitarèle, Mas de Cynanque), mais aussi de l'Est (TROSSET et BERLIOZ en Savoie, GRUHIER en Bourgogne et une palette unique de crus du Beaujolais, DUCROUX, LAPIERRE, LAPALU, GUIGNIER, DESCOMBES, ...), et puis la Loire avec MOSSE et HEREDIA, et puis plein d'autres encore, ce qui ne nous a pas empêché de rester fidèle à nos préférés, CASOT des MAILLOLES, TRAGINER, BARRAL, SCHUELLER, SCHAETZEL, LESCURE, GUYOT, BEAU-THOREY, BEAUFORT, MARMANDIER-BERNIER, et je m'arrête là, sinon je les cite tous;-)

Allez si on devait faire un choix sur les plus belles bouteilles de l'année, elles sont très nombreuses, mais voici une petite sélection intuitive

Le ROSE

bilan3Enfin, pas n’importe lequel, le rosé d’Anjou ! Mais pas le sucraillon qui cogne furieusement la tête, non le rosé d’Anjou 2004 de René Mosse. Une gourmandise à peine sucrée, tout en corbeille de fruit, la fraise apportée par le grolleau, la framboise, la cerise,… Petit hic, ça se boit comme de la grenadine ….souvenir de fin de soirée de mes 45 ans…. ;-)En 2005, par réaction au déclassement systématique des meilleurs de l’appellation (Angéli, …) il sera en vin de table et Achillée le rosé de René ;-)

Les BLANCS

Anjou, Chenin, Rouchefer 2003 de R. MOSSE

Oui, un 2003, une vraie gourmandise aromatique, qui même dans ce millésime a gardé beaucoup de fraîcheur.

Jura, Savagnin, Vignes de mon Père 1998, JF GANEVAT

Ouillé pendant plus de 6 ans, c'est la gifle, très grand vin, acidité jurassienne sur une matière imposante, nez complexe entre les fruits exotiques et le monde oxydatif. Grand !

Roussillon, Blanc du Casot 2004, Casot des Mailloles

Ouvert en fin de soirée, après la dégustation des vins d'Henri Milan, c'était un grand moment, gras, puissant, complexe au nez, du superbe grenache onctueux, miam et ouf, j'ai pu rentrer un peu de 2005.

LES BULLES

bilan4Boisson Rouge, Gamay, E. HEREDIA

Du pet nat, je me demande si pour moi 2006 n'aura pas été l'année du gamay. Celui-ci est super désaltérant, fruité sur la framboise, fraise et la pomme reinette, vivement le printemps prochain!

Grand Cru Réserve, J. BEAUFORT

Doux Polisy 1988, J. BEAUFORT

Deux champagnes superlatifs, le premier allie finesse, longueur et puissance, sur un nez complexe d'agrumes confits, de pollen frais, de gingembre, on s'arrête là! Le second, c'est un grand moment, le nez sur le miel, le litchi, la truffe avec des sucres complètement intégrés, c'est magique, un vin de méditation.

Terre de Vertus 1er cru, LARMANDIER-BERNIER

Non dosé, ce vin, droit comme un I, c'est aussi un vin de garde. Cette bouteille avait 2 ans de cave et présentait une belle puissance avec une mâche minérale, crayeuse, mais aussi des arômes de noisette pralinée et de brioche. Plus qu'élégant, délicieux.

LES ROUGES

Outre un Clos de Tart 2001 d'anthologie mais impayable, du vrai velours, des arômes presques sudistes, mais avec de la fraîcheur mentholée et une longueur, une longueur, ...Les pinot noirs LN012 2004 de SCHUELLER et la cuvée excellence 2003 de BINNER, elle avait dominé nombre Bourgogne de plus grande notoriété.

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Le premier pour sa densité, sa rondeur, ses arômes complexes, fruités et épicés qui se livrent au fur et à mesure que la réduction disparaît, génial. Le second, étonnant de fraîcheur, le sans soufre n'y est sans doute pas pour rien, qui livre ses arômes de cerise et de framboise avec un peu de pomme verte bienvenue, et puis une sève mûre et gourmande; je suis très curieux de goûter les millésimes suivants.

Le Clos MILAN 2001 de Henri MILAN

Le domaine MILAN est certainement ma révélation de l'Année; ce vin traduit bien ce coup de coeur, cette douceur en bouche, ces arômes de cerise, de chocolat, ces tannins encore un peu poudreux, un grand vin pour la table.

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Les Crès 2001 (ou 2002) de Borie la Vitarèle

Tout en puissance, c'est un vin d'hiver, chaleureux, épicé, à la longueur interminable, le genre de vin dont j'ouvrirais volontiers une bouteille au coin du feu. Miam! Le 2002 est plus austère, mais allie densité et fraîcheur, un style adorable!

Le Beaujolais

Oui, cette région tant décriée, regorge d'excellent vignerons et de vins de grand plaisir, à boire, à garder, à partager. Mon coup de coeur du général en 2006!

07:04 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

17/02/2007

19 NOVEMBRE 2006: It's Beaujolais Nouveau Time

beaujolaisEt j'en profite pour découvrir cette région qui ne figure pas encore à ma carte... En raison d'à priori stupides très certainement, le souvenir de beaujopiquette à décorner des boeufs ou de pseudo crus du même cheptel;-). je me suis un peu renseigné et cette gigantesque opération marketing a quand même une origine tout à fait traditionnelle, basée sur la capacité du gamay à faire du super jus fermenté comme on en proposait il y a plus d'un demi siècle dans les petits bouchons de Lyon.

Me voilà donc parti avec mon baluchon de globegutter à la recherche de mon nouveau Graal, un beaujo tout neuf à l'ancienne, du pur jus de gamay, juste fermenté, non collé, non filtré, très peu ou pas sulfité; sans ces arômes de banane dominants (de toute façon c'est démodé), ni ces couleurs et arômes écoeurants de liqueur de cassis issus de la thermovinification et pas du raisin. Non, un vin de soif, désaltérant, sans prise de tête, à déguster entre potes sur du fromage fort de Lyon ou un chèvre sec, juste comme ça ou alors pour refaire le monde.

Deuxième objectif, un peu plus sérieux, les crus. La littérature nous en parle en termes alléchants, les Moulin à Vent, Morgon et autres Chiroubles; certains pourraient, paraît-il concurrencer la Bourgogne (ça je m'en fous un peu, je cherche pas du pinot noir, mais du bon gamay!). J'en ai goûté un ou deux prometteurs, on m'en a conseillé d'autres; j'ai ma sélection en poche, on va goûter ce qu'on va goûter!

2 jours sur place pour visiter pas moins de 7 vignerons, cela tient plus du raid que de la promenade buccolique, quel métier;-)Première étape, à Vauxrenard, dans le Nord du Beaujolais (je n'irai pas dans le Sud, tous les crus sont au Nord), chez Guignier. Peu connu sur la toile, mais c'est un chasseur de grappes récidiviste dans le guide Solar, peut-être une découverte à faire, je ne me limite pas aux grands noms. Première constatation, c'est madame Guignier qui m'accueille; j'ai admirablement choisi mon moment pour les visites, toutes les vigneronnes seront à moi, car les maris sont sur Paris pour y faire goûter le beaujolais nouveau; bien joué Laurent;-)

Très sympa, mais apparemment un peu stressée de me faire déguster les vins, on commence par le Beaujolais Nouveau. Je tombe en arrêt sur le nez, rien à voir avec ce que je connais, et déjà excatement ce que je cherchais, quelle chance! C'est fruité, mais sans démonstration intempestive, tout en finesse, tout en classe.Je le voulais sur le fruit du Gamay, ni banane, ni cassis, il développe un nez fruité friand de ... raisin. Je le voulais non trafiqué, il est pur nature, non collé, non filtré, juste fermenté. Je le voulais digeste et qu'il donne envie de boire (avec modération), il est friand, peu alcoolisé et non chaptalisé. Je le voulais sain, il n'a reçu qu'une pincée de soufre à la mise, enfin je le voulais respectueux de l'environnement, il est certifié bio. A boire comme ça entre copains, pour refaire le monde, ou à table sur un bon saucisson, un fromage (fort), voire des pâtes bolognaises ou même des pizzas! Allez c’est ma tournée, Santé!

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?Tiens je viens de lire qu'il a été choisi comme beaujolais 2006 par le magazine "le monde" avant ceux de Foillard & co, belle pioche...

La suite de dégustation est amusante, le beaujolais villages nouveau est un peu acétique au nez, alors que la bouche est d'un superbe équilibre et montre une belle densité. Dommage; d'autant que le lendemain la même bouteille ne présentera plus ce défaut; les vins nature c'est vivant et manifestement ils ne suivent pas les mêmes règles que les autres (pour moi quand c'est acétique ça ne part pas ...). Mais ce n'est pas fini, les Guignier font aussi du Fleurie et du Moulin à vent. Hélas, confusion dans les bouteilles ou les étiquettes, madame Guignier me propose 2 vins sous étiquette Fleurie, mais dont 1 serait le Moulin à Vent. Ce sont des 2005, je les déguste, c'est très bon jeune, encore un peu tannique mais vraiment super. Bon mais lequel est le Moulin à Vent; je déguste, je regoûte, je reviens en arrière, je me concentre, je suis étonné, je croyais le Moulin à Vent plus puissant, plus poivré, plus tannique... Après 10 minutes, je crois déceler cette différence en tannins et un élevage plus appuyé dans un échantillon, et je délivre mon choix, sous réseve. Le lendemain, j'apprendrai que nous étions en face des deux mêmes bouteilles... bravo Laurent!

Destination suivante, Ducroux; il a fait partie du salon Rondovino avec Christophe Beau de Beau Thorey, sélectionné dans le guide Solar 2006-2007, belle réputation, un des plus anciens en bio et biodynamie, pas le genre biopportuniste, a priori, un incontournable dans la sélection. Je suis accueilli par un grand bonhomme au regard d'une clarté incroyable, un charisme certain. Nous conversons, nous visitons l'atelier, même les pulvérisations de préparats se font au cheval, dingue. Nous partons dans les vignes, il a arraché 2 rangs toutes les 5 vignes pour y semer des fleurs sauvages, même en automne, l'effet est réussi. Honnêtement il m'avoue que si au visiteur lambda il explique que le but est de ramener les prédateurs naturels dans les vignes, pour lui, cela va plus loin, c'est pour y ramener l'astralité, je ne sais pas pourquoi, mais je le comprends.

Les vignes en automne

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Les vignes en été

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Pulvérisation à cheval avec Hévan

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Nous revenons vers le chai accompagné par le chien apache et débutons la dégustation à l'extérieur, au soleil, c'est agréable. J'aime beaucoup le beaujolais villages nouveau, c'est très mûr, mais cela manque un peu d'équilbre acide pour me satisfaire, un peu trop doux, je préfère celui de Guignier, moins dense mais plus équilibré, à mon goût. Nous enchaînons sur le Régnié 2005, mais que c'est bon, aromatique, légèrement tannique, mais des tannins charnus et une belle acidité, et un sentiment de vraie nature, j'aime vraiment beaucoup. La cuvée Régnié vieillie en fût 2004 est issue du jus de presse, l'élevage a assoupli les tannins sans y donner d'aromatisation de bois malvenue. C'est de garde mais déjà très bon, j'en prends. Nous sommes rejoins par deux autres vignerons, ils amènent leur vin, intéressant (un des 2 récolte aussi des fleurs de pissenlit au printemps pour en faire du vin, tiens j'ai fait cela aussi, les photos qu'il nous a montrées sont superbes, je serais curieux de goûter à l'occasion), mais le niveau de leur beaujolais n'est pas le même.

Dégustation avec les Ducroux; Marie-Pierre, Christian et Apache

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Je ne vous raconte pas l'épisode du jus, sur lequel je flashe littéralement, j'exigerai qu'ils m'en vendent alors qu'il n'est pas étiquetté, (et oui, je peux être dur parfois;-). Regardez, le fils Ducroux a déjà le geste du père.

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Il se fait tard, je rentre sur Villié Morgon où je loge, au domaine de l'Eglantine et suis accueilli par Jean Paul Grillet. La bonhommie même, beaucoup de timidité, mais beaucoup de bons vins aussi. Peut-être encore un petit chouïa technique (cuvée un peu chaptalisée par ici, un peu trop boisée par là), mais il m'avoue l'emprise, voire la crainte que génère chez lui son oenologue; la peur de mal faire, de rater sa récolte, je comprends. Mais la démarche est la bonne, supprimer cette chaptalisation d'1/2 degré apportera un supplément de fraîcheur tout en gardant le potentiel de garde. La qualité des arômes est à souligner, ainsi que la texture veloutée des tannins, les prix sont incroyablement bas, je vais charger quelques caisses de son Morgon "Les Grands Cras", aromatique, rond, poivré à souhait, très bon. Ils font chambres d'hôtes, mais je croyais qu'ils faisaient également tables d'hôtes, ce n'est pas grave, ils m'invitent à leur table, avec toute la simplicité paysanne qu'ils revendiquent.

JP Grillet dans son caveau

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Le lendemain, j'ai rendez vous chez Foillard, conseillé par Ganevat qui en avait bu une superbe Côte de Py il y a peu. Je cherche, je tourne, le domaine n'est pas indiqué et il s'agit en fait d'une grande bâtisse en U qui fait est plutôt office d'hôtel. D'après mes infos, ils l'ont retapées eux-même, et bien c'est plutôt réussi, presqu'un peu trop luxueux à mon goût. Ici encore, c'est madame Foillard qui m'accueille, assez froidement; ils m'attendaient apparemment pour la veille. Je me confonds en excuses, mais ce n'est pas suffisant pour briser la glace. Et ce ne sont pas mes questions sur la viticulture, sur le bio qui vont arranger les choses. Malgré tout, on me consacre du temps et la discussion se fait moins tendue, intéressante même. Le domaine travaille sérieusement, mais ne veut pas entendre parler du bio, il se réserve le droit de traiter en cas de besoin; ok mais alors pas de discours sur l'environnement, c'est de la lutte raisonnée tout cela; de la vraie, mais de la lutte chimique quand même. De réputation, j'ai lu une approche en cave très nature, sans soufre, le discours est un peu moins clair, il faudra que je revienne. Le premier vin est un 2005, Morgon cuvée Corcelette, robe noire, nez très frais sur les mûres et note florale. Belle rondeur en bouche, avec du gras, pas extrêmement long, mais très bon. La deuxième et dernière cuvée proposée est la fameuse côte de Py 2005 également. Sont-ce mes attentes superlatives, je suis un peu déçu. Le vin est un peu plus dur en bouche, un petit élevage inutile transparait au nez, un léger creux en milieu de bouche; le vin n'est pas encore en place ou je suis trop exigeant. Attention, on est quand même dans le haut du panier, à revoir cependant (j'en ai d'ailleurs acheté une caisse pour le faire ;-).

Chez Foillard

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Je reste à Morgon, direction le "noune" comme j'ai pu lire son surnom sur la toile, c'est à dire le domaine Georges Descombes. Là encore, c'est sa compagne, Gislaine, qui m'accueille. Autre style, beaucoup plus chaleureux, l'endroit assez bordelique n'est pas fait pour me déplaire non plus. Gislaine me demande ce que je veux goûter, je vois un jadis 2003 sur la table, je lui dis, "du Barral"! Ouf, mon humour dangereux passe bien, et on commence par la cuvée Manon, un Morgon de soif, bien fait mais pas trop dense, j'aime bien mais sans plus. La suite sera une véritable salve de coup de coeur, avec au sommet le chiroubles 2005 et le Brouilly VV 2004. Le style est très pur, dense mais avec de la fraîcheur, c'est délicieux et diversifié. J'adore! Je repars avec moult échantillons, c'est sûr, on se reverra!

Le caveau de Descombes, le Barral est là quelque part à droite;-)

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Gislaine Descombes, Gislaine ou Georges, c'est toujours G.Descombes

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Marquage des bouteilles à la cire

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Un quignon de pain dans la camionnette et je prends la route du Nord, vers Mâcon pour y rencontrer Catherine, la compagne de Philippe Jambon, lui aussi en vadrouille sur Paris. Jambon, je l'ai eu au téléphone et nous avons disserter pendant près de 2 heures; réticent au début, il a suffit que je cite ma collaboration avec le Casot des Mailloles (c'est le mot de passe comme il m'a dit;-) pour que le courant passe admirablement. Tout petit domaine de moins de 5 ha, ils font aussi du Mâcon, goûté sur fût, il se montrait sous un aspect naturel très attachant. Mon premier coup de coeur est pour leur Beaujolais Nouveau, déclassé à l'agrément pour atypicité (c'est vrai qu'il n'a rien à voir avec un beaujo commun), c'est soyeux, aromatique (poivre, encens, floral,... complexe quoi) et, le plus important, cela se boit avec grand plaisir. Il vont l'appeler "La Tranche"; beau clin d'oeil!

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Une autre cuvée me paraît un peu acétique, Philippe prend des risques extrêmes, le SO2 est banni, même sur les blancs dont il laisse parfois la fermentation digérer les sucres pendant plusieurs années, la folie. Une autre cuvée me laisse sur le c..l ce sont les Ganivets 2005, pas encore en bouteille hélas, je prie tous les jours pour qu'elle arrive dans le même état somptueux dans son flacon. Je reviens aux blancs et je goûte deux extra-terrestres, un Mâcon presque sec, puissant, aromatiquement passionnant (épices, fruit, gentiane, ...) et puis un liquoreux dont ils attendent un sec (cela va être dur) et dont ils avaient tirés quelques quilles l'année passée sous le nom d'éphémère. Ephémère, car pour un liquoreux sans sulfite, le redémarrage de fermentation en bouteille est plus que probable. A boire rapidement donc, mais fabuleux.

Le caveau des Jambon (sans s;-)

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Je redescends ensuite sur Belleville, pour joindre madame Lapalu à St Etienne la Varenne, près de Brouilly. L'accueil est très agréable (nous avons des goûts communs, comme Gramenon par exemple), la dégustation passionnante également. Le style des vins est hors norme, avec une recherche quasi maladive des maturités. L'élevage est également très soigné, ce qui donne des vins d'une superbe élégance, à faire goûter à tous les détracteurs du beaujolais. A noter par exemple, une vendange presque tardive de gamay, "le rang des merles", aux arômes chocolatés, de tarte aux prunes, complètement atypique mais très très bon, un pirate de rêve. Je craque pour le Beaujolais Villages VV 2005, qui synthétise dans le verre tout ce que je viens de dire, un vrai délice. Le Brouilly VV 2005 de sélection parcellaire "La croix des rameaux" me semble un peu plus nature que la "cuvée des fous" (dans une bouteille bordelaise, un peu trop boisée pour moi, à revoir). Enfin, je chicane un peu, tout est vraiment très bon.

Mesdames Jambon et Lapalu qui prépare mes caisse, merci!

beaujambon

beaulapalu

Voilà, le temps de remonter chercher quelques caisses chez tous ces bons vignerons, une nuit peu réparatrice, et je suis déjà à Pécrot, à la boutique, pour vous faire part de mes découvertes.

Tiens petit jeu, j'ai essayé de qualifier chaque visite (vigneron et vin) par deux mots, ce n'est qu'un jeu, en voici le résultat.

Guignier: Simplicité- Fraîcheur

Descombes: Nature-Nature

Ducroux: Humanité- Astralité

Foillard: Profondeur - Ambiguité

Lapierre (que je n'ai pas visité, mais bien dégusté et sélectionné): Savoir Faire - Faire Savoir.

Lapalu: Maturité - Classe

Grillet: Gentillesse - Facilité

Jambon: Sincérité - Risque

08:05 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

10/02/2007

21 OCTOBRE 2006: Place aux enfants!

Une initiative des services de la jeunesse et de la culture des provinces wallonnes, et on peut le dire une excellente initiative! Allez, tout n'est pas si moche dans le paysage politique! Et cela fait apparemment 10 ans que cela dure sans qu'on en parle, entre les affaires de Charleroi, de Namur ou d'ailleurs... Le principe, des circuits qui permettent aux enfants de découvrir des lieux de la vie économique, sociale, culturelle, .. souvent inaccessibles en temps normal.

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Il y a plus d'un mois, on nous avait gentiment demandé si nous voulions y participer, pourquoi pas. Nous avions rempli le bulletin d'inscription et mis cela dans un coin de notre tête. Mais voilà, notre proposition (un jeu de pistes d'arômes dans la boutique de l'Odyssée) avait bien été retenue. Nous l'apprenons début de semaine, deux groupes d'enfants y participeront. Superoverbouqueté comme toujours, ce n'est que le jeudi que je réunis le comité de crise (Anne et moi) pour une séance de brainstorming destinée à concrétiser nos petites idées embryonnaires.

J'adore ces séances qui libèrent la créativité, cela part dans tous les sens, l'un rebondit sur l'idée de l'autre et petit à petit une création collective prend forme. Je les adore, mais surtout lorsqu'elles débouchent sur du concret rapidement, car j'en ai fait des dizaines avant qui n'entraînait que la frustration des participants faute de suivi sérieux. Enfin, ce temps est révolu, maintenant, une idée me plaît, je la teste. Je me casse la gueule? Je me relève et je continue. C'est pourtant si simple.

Bon, revenons à nos arômes, le principe en quelques mots. 5 tables avaient été préparées, la table de épices (de racine comme la réglisse, d'écorce comme la cannelle, de bouton floral comme la girofle, de noyau comme la muscade et son macis, de graines comme la cardamome ou l'anis étoilé), celles des tisanes (tilleul, reine des prés, hibiscus, darjeeling, lavande, camomille, verveine citron), des aromates (basilic, thym, laurier, romarin, sauge et puis bien sûr le houblon:-), des fruits (coing et sa gelée, raisin, figue, avocat et fruit de la passion, oui avec ce petit composé qu'on retrouve dans ce fruit, mais aussi dans le bourgeon de cassis, le sauvignon et puis, les enfants l'ont appris à leur dépens, dans le ... pipi de chat;-)) et enfin, des poivres (le vert, le rouge, le noir, le blanc, le sauvage, le faux et puis le long qu'a un long coup;-). Et à chaque fois, l'origine était située sur la petite mappemonde, pas mal hein;-)

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Voilà, tout est prêt, les tables attendent les enfants!

Mais les arômes, ce sont tout d'abord les fleurs! Petite introduction donc sur les fleurs et leurs parfums comme celui de la rose ou du géranium, mais aussi attention à leurs aspects toxiques comme pour le chevrefeuille, répulsifs comme la tagète, ou leur utilisation en culture biologique comme la tanaisie ou encore les comestibles comme la capucine. Leur transformation en parfums ou en huiles essentielles aux propriétés multiples.

Ensuite les arômes de chaque table, leur origine, leurs propriétés étaient découverts par les enfants. Entre chaque présentation, ils s'éclipsaient dans notre cuisine, chez Anne, qui leur faisait sentir ou déguster, en aveugle bien sûr, quelques uns des arômes présentés. Retrouver l'arôme de cannelle au sein d'arômes les plus divers, remettre un nom sur chaque tisane, ...

Ensuite, ils devaient parcourir le jardin bio à la recherche qui d'un brin de romarin, qui d'une feuille de houblon, à l'aide pour seul indice d'une petite photo. Bref, on s'est bien amusé et manifestement eux aussi! Nos enfants nous bassinent depuis pour faire aussi la piste des arômes, ok c'est pour ce soir.

Notre Jérôme, qui s'était inscrit à la piste des arômes était déçu de devoir faire un autre circuit; il est revenu enchanté de sa pêche miraculeuse dans l'étang de Pécrot, et même de la visite de l'usine de produits d'entretien. A cet âge là, ces "encore mais plus pour longtemps" petits bouts peuvent s'intéresser à tout je crois. Il faut en profiter pour leur ouvrir les yeux et les sens tout grand; et c'est ce que les organisateurs de cette journée ont très bien compris. Pour nos enfants, merci à eux!

En tout cas vivement l'année prochaine!

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Rassurez vous les parents, c'est du thé bio Darjeeling, ou des tisanes tout aussi bio, de lavande, de camomille, d'hibiscus, ou de verveine. Certains échangeraient volontiers leur coca light pour un hibiscus et un peu de miel; à vous de voir!

Pas évident de retrouver en tisane l'arôme des plantes séchées. Ce sera un sans faute pourtant, Bravo!

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Dégustation à l'aveugle, et ... les yeux fermés. Se concentrer, c'est lequel l'arôme de romarin?

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On a trouvé, c'est bien lui! Et bien non!, faut le retrouver dans le jardin maintenant!

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Alors, il est là le brin de romarin?

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Non, un peu plus bas!

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Pas trop bas quand même;-).

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Nous on doit trouver du basilic, c'est bien lui, Yes!

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Le deuxième groupe et son sympasse-muraille.

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Vous avez été super, un petit souvenir vous attend au pied du grand chêne.

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Merci et à l'année prochaine :-)

10:29 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

03/02/2007

27 JUILLET 2006 : OUILLEZ, OUILLEZ BONNES GENS!

Facile, mais j’aurais pu faire pire à propos de ma visite chez Emmanuel Houillon, le gardien de l’héritage Overnoy, le précurseur des blancs ouillés sans soufre du Jura. C’est la première fois que ce n’est pas Pierre Overnoy qui officie à la dégustation, mais Emmanuel parle aussi très bien de son travail et de ses vins. Cela fait quand même plus de 10 ans je crois qu’il accompagne Pierre, et quelques bonnes années qu’il tient la barre tout seul.

Emmanuel et ses jambons...

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Je suis venu pour le Poulsard 2002, j’en ai rêvé, des nuits moites à transpirer de peur de louper l’arrivée de cette cuvée (quantités toujours très très limitées). Au vu de la qualité des 2002 des autres bons vignerons en jura, je l’attendais comme un nouveau 1999 et on y est, c’est peut-être même encore mieux, plus dense, mais plus satiné encore, un vrai bonheur maintenant et pour longtemps.

Mais j’ai aussi dégusté quelques nouvelles cuvées de blanc, un assemblage de savagnin chardonnay 1999, superbe de profondeur et de complexité oxydative, suave, mais pourvu d’une belle vivacité, délicieux. Et puis un savagnin ouillé 1998, récemment mis en bouteille (vous voyez un peu la folie du gars, 7 ans d’élevage). Dans un style très différent de celui de Ganevat (Savagnin vignes de mon père, 1998, dégusté à notre ouverture), avec beaucoup plus de gras, moins de minéralité et plus marqué par l’oxydation mais quelle oxydation ! Un grand vin de méditation à encaver au côté des « Vignes de mon Père » de Jean-François Ganevat. Deux grandes expressions très complémentaires du savagnin.

Nous finirons sur le classique « vin de liqueur » avec cette fois un 100% Poulsard, une vraie gâterie ! L'occasion aussi de revoir ces raisins, cueillis chaque année le 2 juillet et qui démontre si besoin en était encore le réchauffement climatique...

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Raisins récoltés le 2 juillet, de gauche à droite, en 1991, 1995, 2003 (les belles olives), 2004, 2005 et 2006 (taille normale en 1995 et 2004)

Tiens Ganevat, justement, j’y passe pour goûter les 2005, mais les blancs 2004 ne sont pas encore en bouteille, avec un couple en visite, il nous fait la totale, près de 3 heures de dégustation, d’explications précises et passionnées. Avec quelques futurs grands en 2004 comme en 2005, dans deux styles complètement différents, 2004 sur la fraîcheur et la minéralité et 2005 sur l’opulence, mais avec un équilibre superbe. A réserver, Chalasses et Grands Teppes certainement et puis le savagnin ouillé privilège. Les rouges 2005 promettent également, le trousseau est tout en velours, tandis que le poulsard explose de fruit, probablement son meilleur poulsard à ce jour. Le pinot noir dépendra de l’assemblage, quelques cuvées superbes en tout cas. Et puis un gamay magnifique (pas reconnu le cépage L et quelques litres d’enfariné, égrappés à la main, sur la framboise très mûre et le vinaigre balsamique, curieux, très curieux.

Après une petite bouffe au resto, retour à Rotalier où l’on fera plus ample connaissance avec la jument Origanne de Jean-François et puis malgré l’heure, séance de photos dans les vignes nouvellement plantées franche de pied, Avec toutes ces initiatives, la passion n’est pas prête de s’éteindre chez fanfan, prochain objectif, faire ses barriques lui-même, le bois est déjà coupé !

Fanfan et Origane

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Fanfan et Florine

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Fanfan dans ses vignes franche de pieds (nus)ganevat-vignes

07:04 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

26 JUILLET 2006 : BERLIOZ

Non, non, pas Hector, mais le cinglé de Savoie, oui, le Gilles, celui qui cultive ses 3 hectares en bio, presque tout seul et à une main !

Bon en allant enfin chercher ma commande de mondeuse chez Louis Trosset, l’occasion était trop belle pour ne pas faire un arrêt chez un de ses voisins dont on avait récemment parlé sur la toile entière (LPV, D.COM et chez Olif ou encore Ici). Je l’avoue, je ne me précipite pas sur le moindre vigneron médiatisé sur les blogouforums du net, mais on y identifie quand même avec le temps quelques similarités de goût avec certains de leurs auteurs. Et là, l’info arrive via ceux qui me sont gustativement les plus proches, Olif justement et P'tit philou. OK, c’est à Chignin, village voisin d’Arbin, le fiefs des Trosset, je prends rendez vous.

Je suis accueilli par le couple Berlioz, ma fois très simple, très souriant et, je vais encore me faire gronder pour galvauder mes termes préférés, mais tant pis, très … nature !

Berlioz

On sent très vite la passion débordante, l’envie de très bien faire, et quand arrive la dégustation, un p’tit doute qui s’infiltre insidieusement. Faut pas les Berlioz, continuez, foncez, posez vous des questions, mais la qualité, c’est la bonne voie ! Un exemple de doute ? Tiens on déguste une cuvée de gamay 2005, Gilles voulait tenter du sans soufre, mais à la première note de pomme verte, ils ont sulfité ! Bon évidemment, c’est pas moi qui finance et s’il faut prendre des risques, il faut aussi les calculer. Mais je ne peux m’empêcher, au vu de la dégustation, de trouver cela un peu dommage. Mais je crois qu’ils recommenceront, et en tout cas, ils décroissent les doses à chaque vinification, j’applaudis cette démarche, même prudente de toutes mes papilles. Outre le gamay, qui ne m’a donc pas spécialement emballé malgré une belle matière, j’ai surtout flashé sur les 3 blancs.

Un chignin fait de jacquère, sur la minéralité pierre à fusil mais aussi les agrumes et les fruits blancs et puis un corps svelte qui donne envie de l’embrasser à pleine bouche, c’est très bon et pas cher, je l’ai rentré !

La roussette de Savoie, dense, très belle, malgré un peu de sulfite au nez, à suivre sur les prochains miullésimes, c’est sûr. Et puis le Nirvana, le chignin bergeron 2004, oui bergeron comme l’abricot et on en sent dedans à plein nez, mais pas que, aussi de la mangue et une belle minéralité, une finale sur de beaux amers aussi. Superbe, je l’encave aussi !. Et comme ce n’est pas tout, ils ont ouvert pour moi un 2002, un vin dans toute sa splendeur, au tout début de son apogée probablement longue, suave mais minéral, complexe sur les fruits jaunes très mûrs et de fines notes épicées (curry). Waouw !!

Les rouges ne sont à mon avis pas encore au niveau, malgré une belle mondeuse 2004 très aromatique, mais qui ne possède pas la trame de celle de Trosset. Ce n’est pas grave, une question de terroir probablement, c’était des vignes en location et c’est fini, Gilles a réduit la taille de son vignoble à 3,5 ha afin de pouvoir faire tout le travail en vigne seul. Il a même arraché ses gamay pour y planter de la mondeuse, et puis du persan, un cépage local oublié, qui peut donner des vins intenses, profonds, tanniques et de garde, à suivre de très très près !

Petite soirée avec un passionné savoyard du vin et d'ailleurs et découverte de deux superbes cuvées, une roussette de Dupasquier et un très bon côte du Rhône 2003 de Charvin, merci Jean-Luc!

06:39 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

01/02/2007

2 JUILLET 2006: Crop Circles à Pécrot

Vous l'avez peut-être entendu ou les avez même vus, un crop circle a été découvert dans le champ de bataille de Waterloo, le 17 juin. Le 24 juin c'est Genval qui fut touché; et bien jamais 2 sans 3, le dimanche 2 juillet, de magnifiques crop circles étaient découverts à Pécrot; voyez plutôt les photos prises de bonne heure ce jour là.

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mcropquat

mcropdeu

Alors que vous pensez probablement à un canular supplémentaire, il n'en est rien! J'en ai été le témoin. Heureusement, car le risque de passer pour un fou est grand, notre caméra de surveillance a pu prendre les images suivantes, en pleine nuit. Elles sont édifiantes, ce n'est pas un canular, ni un hoax; il s'agissait bien d'une visite extra-terrestre, ou plutôt d'une attaque trans-temporelle datée, d'après nos appareils performants, du Jurassique.

Le premier envahisseur jurassique débarque!

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Caramba, ils sont 2!

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Armés jusqu'aux dents!

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Ils vont faire feu ...

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Endorment les témoins gênants

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Tentent d'enlever une otage

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Heureusement, j'ai pu mener les pourparlers, avec succès, la visite s'est finalement avérée très pacifique ... et le matin, ils avaient disparu, retournés vers leur pays lointain, bon vent les jurassiques!

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Le lendemain, journée "sport" avec quelques amis et Henri Milan. Poiriers, trépieds, roues, brouettes et bras de fer au programme avec les enfants. Ouf, quelle ambiance, mais on a plus 20 ans.

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Allez, on va se reposer un peu, à la prochaine et n'oubliez pas, dès maintenant la "Boutique" est OUVEEEEERTEEEEE

16:36 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

30/01/2007

29 JUIN 2006 : L'Aménagement de la "Boutique"!

Petit flash-back; il y a maintenant bientôt 6 mois, je quittais une position enviable dans un port sommes toutes assez confortable pour prendre le grand large, sans destination bien précise, mais en étant sûr d'une chose, on ne m'y reprendrait plus! Cela faisait quelques mois que, vu la tournure des évènements et le peu de résonnace créatrice ou éthique à mes activités, je ruminais des projets d'aventures, ébauchais des plans d'évasion, quand, soudain, une rencontre disputée avec la séléçao brésilienne m'ouvrit grande la porte pour la grande finale, Sem Rancor !.

Un de mes rêves était de concrétiser mon concept de l'Odyssée des Arômes, qui mûrissait depuis bientôt 15 ans, date de mes premiers vins de fruits, en un vrai lieu de rencontres et de dégustation. Un espace ou l'on pourrait voir, mais aussi humer, et goûter toutes les étapes de l'Odyssée.Sans grands moyens, j'ai toujours tenté d'appliquer comme devise le "think big, start small" dans mes activités; on rêve le concept à fond et puis on démarre avec les moyens du bord. Je n'ai pas la folie des grandeurs et j'aime pouvoir me casser la gueule sans trop de mal; mes origines paysannes sans doute.

L'option prise assez rapidement dans ma petite tête fut de transformer notre salon en "boutique-caveau de dégustation". Evidemment, ce salon a pris un fameux cachet ces derniers mois grâce au travail acharné d'Anne. Décapage, peinture à la chaux, décoration, ... Elle qui le trouvait sombre et frois, elle l'avais enfin adopté et voilà que je lui demande déjà de s'en séparer. Il ne lui faudra qu'un bref moment de reflexion, ou de méditation, pour entendre crier ce petit salon "je veux être un magasin, je veux être un magasin..." Merci Anne pour ton soutien et ton sacrifice dans cette entreprise!

C'était il y a environ 2 mois... Bon qui dit ouverture dit évènement, il fallait une présence à la hauteur de cet évènement, non? Mais tout d'abord la date; pas évident, les examens, les départs en vacances, le souper cochon de l'école, Thorout Werchter, le festival de arts de rue de Florival; ce ne sont pas les activités qui manquent.. tant pis, on fonce (ça ce ne sont pas mes origines paysanes, c'est mon côté bélier;-).

On choisit les vignerons et on fixe la date en fonction de leur disponibilité. Mais lesquels, pas si évident, tant pis on commence par ceux qu'on a le plus envie de voir; allons-y. Fanfan est un incontournable, un ami aussi, malgré 2 venues chez TGW déjà, la Belgique n'est pas encore saturée de ses excellents chardonnay ouillés; il accepte immédiatement. Casot des mailloles, j'ai un respect profond pour la démarche d'Alain et Ghislaine et j'adore leurs vins qui ne recherche que la sensualité sans consensualité. Ce n'est pas évident, beaucoup de travail à la vigne; mais Ghislaine fera le déplacement avec sa fille Agathe, génial! Au suivant; évident aussi pour moi, Henri Milan, nous avons découvert ses vins ensemble, lors d'un atelier qui lui était consacré, mais malgré plusieurs contacts téléphoniques, je ne l'ai jamais rencontré. Un risque pour moi, un risque pour lui de venir se perdre dans un bled dont il n'a jamais entendu parlé, et chez un petit caviste débutant. Je ne sais si c'est le CR que je lui ai consacré, mais il accepte! Il prendra l'avion et nous irons le cueillir à Charleroi, ça roule. Ca se sont des valeurs sûres, mais j'ai envie de présenter un domaine moins connu des passionnés, un domaine qui monte et je me souviens de Dominique Gruhier rencontré aux grands jours de Bourgogne en Avril. Coup de fil, lui aussi accepte rapidement, décidément, c'est trop beau, je n'ai pas envie de m'arrêter, l'envie de faire un vrai salon des vins naturels l'année prochaine se fait de plus en plus sentir. Mais bon il va bien falloir arrêter la liste! Non, encore un; ce sera Bruno Schueller!

J'adore l'Alsace, ses vins et ses vignerons et Bruno fut l'un des premiers rencontrés depuis le début de cette aventure. Il hésite, on se reparle à Rouffach, mais malgré le travail intense nécessaire aux vignes accepte. Bon c'est bouclé, et puis non, je demande aussi à Thierry Mouchet de Huiloreine de se joindre à nous, c'est ok pour lui aussi! Nous serons 6!6! Bon euh, tu n'exagères pas Laurent? Ou loger tout ce petit monde, comment les recevoir? On verra bien en temps voulu;-)!

Maintenant il faut transformer ce beau salon en "boutique", faire les affiches, les invitations, commander les épices sélectionnées, les thés, les huiles, ... décider des meubles, placer un airco et tout et tout, le compte à rebours est enclenché. Heureusement, le fruit est bien mûr et tout est déjà bien clair dans mon esprit.

Sans entrer dans les détails, c'est là aussi qu'on voit ce que veut dire solidarité, notre ami Claude nous pondra un meuble par jour (y'en a 10 quand même!); on le savait peintre de grand talent, on le découvre aussi menuisier, ébéniste, bricoleur, homme à tout faire, et sans jamais de stress. "Ca me détend" nous dira-t-il. Christian nous dépannera pour les invitations, Ann et Dominique logerons des vignerons, Anne distribuera les affiches et puis tous les autres ferons ces petites choses apparemment insignifiantes mais sans lesquelles on aurait vraiment beaucoup galéré!

Merci à tous!

Nous sommes prêts les gars, vous pouvez arriver!

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18:15 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

28/01/2007

28-29 AVRIL 2006 : Caves Augé, La Loire se jette à Paris

Vendredi soir, visite de Pierre-Yves de la Ferme des Sources et également partenaire de René Mosse, qui vient me déposer quelques bouteilles et en profite pour en emporter d’autres (oui, oui, pour ce qui est du Jura, nous restons incontournables, pour le reste aussi d’ailleurs ;-). Tout en dégustant un très bon Gammes d’été de Thierry Michon (Domaine St Nicolas), il nous fait part de son escapade proche aux caves d’Augé à Paris. Et le bougre cherche un compagnon d’aventures, mince ! Un regard vers Anne, un « vas- y » sincère et rendez-vous est pris pour le lendemain tôt.

Je connaissais les caves Augé de réputation et j’en avais quelques images en tête grâce au net. Elles se situent Boulevard Haussmann à Paris et les conditions de dégustations sont pour le moins pittoresques. Quelques barriques sont partagées par les vignerons présents (une vingtaine quand même !) et on déguste à même le trottoir, dans le bruit et la pollution des embouteillages. Pas vraiment idéal, mais original et très sympa. Il y règne une ambiance festive et goguenarde qui n’est pas faite pour me déplaire.

Et puis la qualité des vignerons réunis est à souligner. Jugez plutôt : Nicolas Joly, René Mosse, Mark Angéli, Pierre Breton, Philippe Alliet, Eric Nicolas, Emile Hérrédia, Les frères Puzelat, et puis encore quelques autres que je vais me faire un plaisir de découvrir. Pas de notes précises, les conditions ne le permettent pas, juste une flaveur de mes coups de cœur et découvertes.

On commence par un muscadet qui n’a rien d’un muscadet au nez, plutôt beurré et fruité. En bouche par contre, on retrouve la minéralité iodée et beaucoup de fraîcheur ; mais qu’est-ce que c’est massif ! Encore un vin qui va en dérouter quelques-uns, comme il déroute apparemment souvent les dégustateurs agrées de l’AOC. C’est le domaine de la Sénéchalière de Marc Pesnot, un premier nom à retenir !

Un peu en retrait, les vins d’Eric Nicolas (Domaine de Bellivière) ; en fait les vins sont très bons, mais ne justifient, à mon humble avis, pas le niveau de prix comparable voire supérieur à Mosse ou Angéli. Dommage.

Vous voulez un vin d’extra-terrestre? En voici un : Le Touraine Sauvignon 2003 du Bois Lucas. Et puis non, c’est en fait un vin de femmes (au pluriel). Vinifié par Junko Araï et Noëlla Morantin, il explose de senteurs complexes rappelant et le litchi et la fleur de sureau ; le reste est à l’avenant, J’adore ! Le 2004 est un peu en retrait, mais le rouge Otosan est également très bon.

Autre coup de cœur ? Oui, pour un domaine (ou plutôt 2 !), mais aussi pour un cépage : le pineau d’Aunis. Je le connaissais déjà, mais ici ces deux vignerons le transcendent : Il s’agit d’Emile Herredia et de Thierry Puzelat. Le pineau, c’est du fruit, en fonction du terroir, une belle prise de minéralité et puis des notes épicées et poivrées très originales. Inutile d dire que j’adore ! Revenons à Puzelat, Thierry est associé à son frère pour le Clos du Tue Bœuf en Touraine et puis nous livre aussi quelques cuvées issues de raisins de négoce « haute couture » dont par exemple la cuvée « sayonara » pas pour tout le monde, un superbe sauvignon moelleux. Là je me laisserais bien tenter par une petite distribution, A suivre de près.

Un autre coup de cœur pour la cuvée Pierres Noires en 2005 de Jean Maupertuis (Côtes d’Auvergne), très imprégnée de son terroir volcanique !Très bon domaine aussi, à Cheverny : celui du Moulin et surtout la cuvée Bodice en 2004 et celle des Acacias issue de romorantin.

Des vins plus natures que natures et sans prise de tête ; allons chez Olivier Lemasson du Domaine des Vins Contés. Après un blanc vraiment dégueu, on goûtera quelques cuvées très sympathiques, élevées sans soufre et très digestes dont par exemple le José de Nice (un vin de table rosé, évidemment), ou celle du Poivre et Sel 2005, assemblage de pineau d’Aunis et de gamay. Sympa

Encore à signaler, les vins de Christian Chaussard (quel boute-en-train ce gars ;-) et surtout la superbe cuvée les Mortiers 2004 sur laquelle je craquerais volontiers malgré le prix assez élevé (pour un vin de table en plus ;-). Devinez, c’est un pineau d’Aunis !Un dernier pour la route ? Un Saumur Champigny de classe, celui du Château Yvonne.Je terminerai par les confirmations, si besoin en était, du talent de quelques grands vignerons présents ce jour là. Dans les rouges ; ceux de Pierre Breton (très sympa le gars !) qui constituent une gamme vraiment très homogène et de qualité supérieure. C’est sûr, je vais suivre ces vins et vous les proposer régulièrement (j’ai deux cuvées superbes pour l’instant ; Chinon Beaumont et Bourgueuil Galichets) . Pas de photos, mais un lien vers un site très intéressant et qui donne une idée de l'ambiance sur le Boulevard: Wine Terroirs.

Et pour terminer, une trilogie de très grands blancs, Nicolas Joly (Coulée de Serrant), Mark Angéli et René Mosse, presque côte à côte qualitativement (en tout cas René Mosse et Mark Angéli partageaient la même barrique ;-). Leurs vins dominent largement les autres cuvées et leur réputation est entièrement justifiée. Sur le Boulevard Haussmann, leur complexité aromatique et leur puissance de saveurs n’avaient que faire des gaz d’échappements et du brouhaha, on se serait cru dans leurs vignes !

J’en profite pour faire connaissance avec René Mosse (quel humour pince sans rire !) et me réconcilier avec les vins de Mark Angéli. Dégustés en Novembre 2005 dans le cadre de la dégustation « Renaissance des appellations » ; j’avais été gêné par des arômes de vieux fût et de moisi ; foin de tout cela ici, les vins sont étincelants de grandeur et justifient pleinement leur prix. Nicolas Joly, très disponible, nous parle de biodynamie, Mark Angéli, également très sympa, distribue à qui veut ses tracts anti-nucléaires, René Mosse, lui, arbore son sourire malicieux et un pins anti-OGM. Serait-on donc sur la même longueur d’onde également en dehors du vin ? Épithète ! Sur ce, je redéguste ceux de René et ils me semblent encore meilleurs qu’il y a une semaine. Je me régale vraiment.

Enfin, on critique beaucoup, à tort ou à raison les vins de Nicolas Joly. Ce jour là ; ils étaient évidents de qualité, et je ne peux que conseiller le Clos de la Bergerie à tout amateur de grands blancs, plus qu’une introduction à la Coulée.

Une conclusion pour cette dégustation, c’est mon goût pour les vins avec un minimum de soufre, voire sans soufre. Si cette absence chahute parfois un peu les arômes, on lez retrouve admirablement en rétro-nasale et puis la finesse et le naturel en bouche sont si évidents ! Difficile de faire marche arrière quand on a goûté des vins de cette trempe, mais cela, vous le savez déjà non ?

Voilà, il est temps de rentrer, juste le temps d’une petite bière au comptoir avec René et Pierre-Yves. Merci les gars, merci PY et BYE Paris !

09:09 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |