27/01/2007

AVRIL 2006 : BIO ou pas BIO?

Durant mes pérégrinations aux Grands Jours de Bourgogne (sont finalement modestes les bourguignons, ils auraient pu appeler cela les Jours des Grands Bourgognes ;-), je me suis amusé à questionner les vignerons non-bios sur leurs pratiques culturales et à demander leur avis sur le bio ; pas par vice ou masochisme, mais par véritable intérêt de comprendre l’autre et de maintenir des liens entre les différents bords. La conversion se fait surtout en se parlant et en échangeant les expériences. Pas en restant dans sa tour d'ivoire et de certitudes.

J’ai rencontré en gros 3 types de réaction, la première est celle que je respecte le plus; ceux qui y croient ou presque, mais qui pour des raisons de temps, d’investissement, de morcellement des parcelles, et aussi de prise de risques n’y sont pas encore. Ils se donnent beaucoup d'excuses, mais ils ont en général abandonné les engrais chimiques, ils commencent à remiser leurs herbicides, ont compris l’intérêt du labour, testent quelques techniques prophylactiques, cherchent des alternatives aux pesticides de synthèse, et sont souvent dans leur vigne pour l’observer .

En fait, ils pratiquent une vraie viticulture raisonnée (ce mot "vrai", c'est chiant de devoir le ressortir tout le temps non? La faute à qui?). Pour beaucoup de ces vignerons, le bio est au bout de la route, ils sont conscient du plus pour leur vin et pour l'environnement, pour leur santé et celle de leurs ouvriers aussi? Ils ne sont pas idiots, si les meilleurs vins de France sont issus de la culture biologique parfois non revendiquée, c'est polus qu'un indice... Mais ils y vont progressivement, souvent prudemment, toujours pragmatiquement, et parfois sans être sûr d’y arriver un jour. Dans ce cas, je n'irai pas jusqu'à dire que l'important c'est le voyage, mais je peux respecter cette démarche réfléchie, même si j’aimerais parfois un peu plus d’audace et de prise de conscience. Le jour où ils se convertiront (je n’aime pas trop ce terme non plus), ce ne sera en tout cas pas par "biopportunisme", pas vraiment par conviction non plus, mais simplement car ils auront vu qu'un résultat meilleur était à portée de main en suivant des principes plus respectueux de la vigne et de son terroir.Et puis il y a ceux qui répondent de manière robotique qu’ils sont en « lutte raisonnée » mais ceux là, dès qu’on gratte un peu, la conversation se limite à des « on traite quand y faut », « on utilise un minimum de produit ». J’adore, ce métier là est vraiment passionnant. On passe!

Et puis il y a les résistants, ceux appartenant à un groupe que je croyais en voie d’extinction. Hélas, non, il en reste et ils sont coriaces. Ce sont les grincheux, les moqueurs, les jaloux, les délateurs, les menteurs, les … bon ok je m’arrête là. Pour eux, toute approche différente de la leur donnant de bons résultats ou sans doute des résultats meilleurs que les leurs, est forcément de la tricherie. Quand j’avoue (on a presque l’impression de confesser un péché devant eux ;-) mon souci de l’environnement et l’importance que j’accorde à une viticulture plus respectueuse de l’environnement, ce sont des sarcasmes « enfin, on voit que vous n’êtes pas sur le tracteur quand ils traitent », « oui, comme celui-là qui se dit bio et utilise quand même des pesticides ». Navrant !

Qu’il y ait des tricheurs, c’est probable, voire certain, je ne vois pas pourquoi le bio serait épargner. Ce que je puis par contre certifier, c’est le professionnalisme et la conscience profonde de beaucoup des vignerons qui travaillent selon ces principes! Je les ai rencontré, j’ai discuté parfois longuement avec eux, je les ai testé aussi (un diplôme d’ingénieur agronome, cela sert parfois ;-) et on est souvent loin de l’approche Baba post soixante-huitarde sympathique mais qui offrait finalement peu de bons vins. Par contre, il faut rendre hommage aux pionniers qui depuis parfois 30 ou 40 ans ont résisté aux sirènes des pesticides de synthèse et ont démontré le bénéfice non pas uniquement sur l’environnement, mais aussi sur la qualité du vin, des engrais organiques, du labour en surface, du respect de la vigne quoi ! Chapeau Messieurs Frick, Charbonnier, Javillier, Joly, Overnoy, Guillot et autres !

14:24 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

24 MARS 2006 : La Savoie selon Louis Trosset

Jeudi matin, 24 Mars, après 3 Grands jours de Bourgogne bien remplis, je fais l’impasse sur la Côte de Beaune pour répondre avec joie à une invitation alléchante de Jean-François Ganevat ; visite du domaine Charles Trosset à Arbin en Savoie. Lever tôt, ce n’est pas la porte à côté, Arbin, tout petit village entre Chambery et Albertville. Arrivé le premier vers 11 h, je suis accueilli par Louis, activé à la préparation de la dégustation, manifestement, vu le nombre de bouteilles ouvertes, nous allons découvrir sa production dans le détail. Très prévenant, il trouve une place à l’ombre pour ma voiture qui contient déjà quelques nectars fragiles. Entre-temps, c’est l’arrivée des jurassiens, Fanfan bien sûr, accompagné d’un stagiaire et de Philippe Bouvret de l’Essencia à Poligny (L’adresse incontournable pour le Comté du Jura !)

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Présentations terminées, nous montons dans la voiture de Louis et c’est parti pour un petit tour des vignes. Le temps est superbe, quelques nuages que le soleil efface facilement, 15 °, c’est vraiment le printemps là bas. Il faut dire qu’il semble que cette colline d’Arbin dispoqe d'un bon petit micro-climat. Outre les cigales en été, Louis nous énumère les espèces végétales d’origine méditerranéenne, c’est que Louis n’est pas vigneron à plein temps, mais est aussi un scientifique, actif dans la recherche et l’enseignement, passionné de botanique et de géologie. On ne s’étonnera pas que le contact soit bien passé ;-). Revenons à notre méditerranée, j’ai noté le nom de ces quelques espèces parmi lesquelles de mémoire me reviennent le baguenaudier et une espèce de genévrier. Si vous ajoutez à cela la couleur des sols (voir photos), recouverts de cailloux blancs, on comprend mieux la maturité exceptionnelle que peuvent atteindre les raisins de mondeuse sur ce terroir. L’âge moyen des vignes me convient (45 ans ;-) avec quelques belles dames d’âge plus respectable encore. Le sol est argilo-calcaire, avec des zones parfois contiguës d’argile blanche et rouge, et toujours sous couvert de ces cailloux absorbant avidement la chaleur pour la rayonner sur les raisins.

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Quand je pose la question du bio à Louis, la réponse est claire, « il ne nous faudrait pas beaucoup pour y être » ; les traitements sont rares, pas d’engrais chimiques, et les vignes sont labourées. Le BABA de la bonne viticulture quoi, le domaine progresse dans le sens du bio, mais sans prise de décision qu’il ne pourrait tenir à terme. Une démarche pleine de bon sens, mais on attend la suite. Revenons aux labours, la pente de certaines parcelles implique l’utilisation du treuil que Louis nous détaille ; cela semble impressionnant, je veux voir cela un jour ! La discussion avec Louis est passionnante tant son savoir est grand sous une attitude humble et réservée très classe. Jean-François Ganevat gambade de vigne en vigne, il les regarde, les touche, les enlace, je crois qu’il en pince déjà pour la mondeuse et je ne serais pas étonné de voir quelques essais sous la roche de Rotalier bientôt.

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Il reste quelques beaux arpents en friche, mais la présence d’une station de captage d’eau en contrebas interdit tout développpement du vignoble afin d’éviter les contaminations par pesticides et nitrates. Décision raisonnable, mais pourtant Louis serait prêt à les cultiver en bio, mais la décision est prise et l’administration est inflexible. Un autre problème rencontré par Louis concerne les sangliers, mais grâce à quelques fils électriques, la cohabitation ne se fait finalement pas si mal.

Par contre, le danger annoncé et qui est maintenant arrivé en Savoie (et en Champagne aussi en raison d’un porte-greffe contaminé, lire le blog de Raymond Boulard), c’est la flavescence dorée, une maladie bactérienne transmise par un insecte, qui entraîne la mort rapide de la vigne et impose arrachage et traitement. Ce sera probablement, dans les régions affectées, le plus grand challenge bio, la roténone n’étant pas efficace à 100% et le pyrèthre, apparemment plus actif, n’étant pas encore autorisé pour la vigne en France. Sujet important et passionnant au moins pour moi dont la spécialisation en agronomie est la phytopathologie.

Au caveau et Louis au service de Jean-François.

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Après cette belle balade en vignes, retour au caveau pour la dégustation. On commence par quelques cuvées de 2005 qui devront encore être assemblées:

- Une parcelle de jeunes vignes, robe violette, nez ouvert sur les fruits noirs (mûre, cassis), bouche sphérique, tannins agréables, très bon, le ton est donné et le niveau ne faiblira pas tout au long de la dégustation

- Des vignes un peu plus anciennes, (20-25 ans) robe encore plus foncée, presque encre ; nez plus minéral avec une note légèrement végétale, la bouche est plus solide et les tannins plus présents ;

- L’échantillon suivant est superbe, corbeille de fruits et épices, sans note végétale mais un peu de réduction, bouche très gourmande aux tannins intégrés, belle longueur et fraîcheur, excellent

- Dernier échantillon, très droit, très épicé, bonne trame tannique et longue finale, remarquable également

- On termine par un échantillon d’assemblage qui est très prometteur, en reprenant les qualités des différentes cuvées, le fruit noir mûr mais frais, les épices, un peu de minéralité, une bouche ample avec une belle structure acide et tannique. C’est sûr, ma première rencontre avec la Mondeuse de Louis Trosset est un coup de foudre et 2005 sera grand

On attaque les 2004, mis en bouteille depuis 1 mois seulement

- Harmonie, robe presque violette, nez ouvert sur les fruits noirs et les fleurs (gentiane, œillet), bouche ronde, savoureuse et belle finale épicée et fruitée, déjà délicieux

- Prestige des Arpents, nez légèrement viandé, floral et épicé (poivre), bouche plus dense et plus tannique. De garde, mais déjà très bon, j’aime beaucoup ce style.

- Tradition, nez un peu plus sur le bois de cassis, fruit un peu figué, bouche un peu serrée, à regoûter

Voilà, il va peut-être falloir négocier de petites quantités, mais je veux absolument rentrer ces cuvées!

Ensuite on remonte dans le temps :

2003, Confidentiel, millésime atypique partout, également en Savoie. Robe noire évidemment, nez torréfié, sanguin, encre, bouche très dense mais aux tannins un peu rustiques. Enfin ne faisons pas la fine bouche, c’est quand même très bon.

2002, Confidentiel, les robes des Mondeuse de Louis Trosset sont toujours très intenses, le 2002 n’échappe pas à la règle. Le nez est légèrement volatil et un peu plus évolué, mais déploie de beaux arômes de framboise. La bouche est très fraîche et élégante, tannins agréables et belle longueur.

2000, Prestige des arpents, robe intense, nez fermé à double tour, minéral, bouche puissante, à attendre impérativement.

1997, on retrouve la gentiane et l’œillet, belle évolution de parfums, bouche très élégante avec beaucoup de fraîcheur, presque 10 ans et toujours très bon

1991, nez évolué, raisin et fruits secs divers, épices ; bouche fraîche, encore dense, très bon

1983, robe évoluée, nez sur les mendiants, les épices et encore du fruit plutôt rouge, très pur, bouche profonde, tannins très fins. Si jeune la Mondeuse s’apparentait à la Syrah, ici, on pense à grand pinot noir

Au final, une superbe dégustation qui montre bien le potentiel de vieillissement de la Mondeuse, mais aussi son caractère directement accessible jeune. Superbe et je le répète, quel accueil sympathique, discret mais chaleureux. Merci M'sieur Trosset!

13:59 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

MARS 2006: Les GRANDS JOURS "ETALONS" DE BOURGOGNE

Ou les Grands Jours de Bourgogne et Talon; c'est selon. En effet, trois grands jours de Bourgogne pour moi, j'ai brossé la fin de la semaine pour répondre à une invitation de Jean-François Ganevat (dit "fanfan" pour les copains et "talon" pour les intimes) à rendre visite à Louis Trosset en Savoie, je ne regrette évidemment pas du tout ;-)

Les grands jours c'est une occasion unique d' "étalonner" ses "poulains" auprès de leurs pairs et de faire quelques découvertes, mais quel marathon! Il faut aussi se garder d'avis trop tranchés vu le nombre de vins dégustés et aussi du fait des millésimes présentés (de 2001 à 2005); beaucoup de vins tirés sur fût, en malo ou non, en réduction ou pas; mais c'est passionnant. J'ai eu quelques grosses déceptions avec des domaines très réputés, mais il faut probablement les relativiser et en tout cas les confirmer avant de les étaller grand sur la toile. Par contre parlons des bons vins!

Premier jour: Chablis-Yonne

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Deux producteurs sortant du lot; Grossot et ce n'est pas une surprise, William Fèvre. Tout deux alliant structure, gras, concentration, minéralité et reflet du terroir (en tout cas belles différences entre les cuvées). Une superbe découverte aussi, tant en rouge qu'en blanc: l'Abbaye du petit Quincy de Dominique Gruhier à Epineuil, J'ai craqué si vite que rendez vous fût pris à l'abbaye avec Dominique (photo) et mon coffre rapidement rempli! Des blancs, rouges, et même rosé, en Bourgogne Epineuil et Chablis ; et puis la cuvée Juliette sans soufre, pleine de charme. Et un tout bon rapport Q/P en plus.

J'ai l'impression que les voisins de Chablis se démènent un peu plus que cette appellation plus prestigieuse mais parfois endormie. Une confirmation si besoin en était; Goisot. Le contact est nettement mieux passé que la première fois, il n’est pas impossible que je vous en propose dans un avenir proche, c’est tellement bon ! Des discussions intéressantes aussi, comme le passage de témoin au domine Colinot, où quand la nouvelle génération féminine tente de s'imposer et d’imposer par exemple le retour aux labours; tout cela dans la bonne humeur toutefois. J’ai eu l’occasion de déguster le domaine de la Boissonneuse 2003 et 2004 ; très bon niveau, mais on est peut-être pas au niveau du 2002. Le 2003 plaira au plus grand nombre par ses arômes fruités opulents et sa rondeur. Le 2004, plus tendu est encore en devenir, patience mais il suivra probablement la route du 2002. En attendant, profitez des dernières caisses du 2002 !

Pendant le lunch, je m'éclipse pour un rendez vous au domaine Alice et Olivier De Moor qui font des Chablis minéraux sans concession, un peu dans le style Meyer en Alsace. Là aussi j'aimerais qu'on en reparle bientôt, mais pas pour l'instant, rien à vendre en 2004!

Deuxième jour: Côte de Nuits

Un marathon au propre comme au figuré ; il faut courir d’un endroit à l’autre, de Morey à Nuit, ou de Gevrey au Château de Vougeot (photo). C’est un peu contraignant, mais cela permet de reposer quelque peu les papilles et muqueuses éprouvées.Diffiicle de tout goûter, je me suis concentré sur les noms connus, les découvertes ce sera pour une autre fois.

Tout commence à Morey et ses Grands crus ; je vais saluer Olivier Guyot qui présente ses Clos de la Roche et Clos saint Denis 2004 et 2005 (tirés sur fût). Ils sont superbes, très parfumés, denses mais équilibrés, d’une grande longueur. Cela commence bien! Je ne sais si c’est lui qui a placé la barre très haut, mais ses voisins parfois plus prestigieux se goûtaient nettement moins bien. Au même niveau, mais pas toujours au même prix, les Bonnes Mares de Fougeray de Beauclair et le Clos des Lambrays. Pas besoin d’insister, Olivier va placer ses Marsannay, Chambolle et Gevrey dans mon top 5 à chaque fois. On contine à travailer ensemble, c’est sûr.

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Un autre domaine à étalonner, le domaine Chantal Lescure, présent avec ses Clos Vougeot, Vosne Romanée et aussi avec ses Nuits St Georges. Là aussi, superbe essai transformé. Ils sont au top avec le grand avantage de prix encore tout à fait accessibles. Si je voulais qualifier les vins de ce domaine, je parlerais de vins cubiques ; je m’explique ! Certains vins sont tout en longueur, en droiture mais manque parfois un peu d’épaisseur, ou comment faire dans la finesse sans tomber dans la maigreur. D’autres, les blockbusters de dégustations à l’aveugle sont plus monstrueux, roulent des mécaniques ; il sont tout en puissance et largeur ; mais parfois, ils s’effondrent en finale. Chez Lescure, l’équilibre est celui que je recherche, du volume, en long, en large, et en profondeur, mais sans excès!Parmi les pairs, je reconnais avoir été séduit par la droiture des vins de Gouges, la sensualité du domaine de la Vougeraie, la délicatesse et légereté des cuvées aériennes de Clavelier, la structure de Méo-Camuzet, l’évidence de Liger-Belair, la facilité, pour ne pas dire autre chose, de Charlopin, le naturel rustique de Dufouleur et Damoy. Tout ceux là, ainsi que ceux qui se sont plus ou moins bien goûtés demandent confirmation ; c’est quand vous voulez !

Troisième jour: Mâcon

A Mâcon, ce sont les Bret Brothers du domaine de la Soufrandière qui sont sur ma sellette. J’aime le style sans prise de tête; à la fois évident (beaucoup de fruit, densité et élevage soigné) et minéral de leurs cuvées. Les 2003 étaint très bien, 2004 sera nettement supérieur. L’élevage est beaucoup plus intégré, le fruité plus naturel, la minéralité plus évidente et la structure plus fraîche. Les cuvées reflètent également mieux leur terroir en exprimant des différences beaucoup plus marquées qu’en 2003. Quelques coups de cœur, comme par exemple le simple Mâcon Uchizy, le Pouilly Vinzelles du domaine et le Puilly Fuissé Laroche ; un grand vin !

Peu de vins peuvent les concurrencer dans ce style. A souligner cependant l’éclat des grandes cuvées de Robert-Denogent. Dans un style très différent, plus « vin nature », une belle confirmation avec les Vignes du Mayne (notamment le rouge de gamay, très épicé, herbes aromatiques); c'est sûr, on finira par travailler ensemble. Parmi les domaines à ne pas oublier; un qui progresse régulièrement: Guillot-Broux. Une rencontre très sympathique aussi avec le domaine de la Bongran et leurs vins atypiques (sucres résiduels, cuvée Botrytisée, …). A retenir. Un autre domaine que je vais surveiller, le domaine Combier, à Saint Véran, mais pour le reste beaucoup de vins souvent corrects mais souvent manquant d’étincelle.

Troisième jour suite: L'Autre Bourgogne

Des Crémants, des Hautes Côtes, des Marsannay, mais peut-être la dégustation la plus dure avec beaucoup de vins rouges asséchants. Enfin, il est vrai que la barre avait été placée assez haut la veille.Marsannay survole largement cette dégustation et mériterait quelques 1ers crus (c’est en voie, mais l’administration est longue), mais ce n'est pas un scoop. Outre Olivier Guyot, bonne surprise avec Bart (des vins denses et ronds) et les Fixin de Nadeff (un peu plus rustiques toutefois). Aussi les très bons Hautes Côtes de Nuits (rouges et blancs) de Verdet (vinifiés maintenant par le le fils d’Alain : Aurélien). Et puis une découverte sympa à retenir, avec le Maranges du domaine Rouge Queue

12:56 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

26/01/2007

FEVRIER 2006: L’ENSEIGNE

Cela n’a finalement pas trop tardé, notre belle enseigne, tant rêvée, tant attendue est placée, merci à Claude pour son talent ! Et non content de nous avoir mis en image nos concepts, il les a également fixés lui-même au mur (photo). Claude merci aussi pour ta disponibilité ; je sais tu te dégoûtes ;-) Et puis c’est bien d’être entouré, merci aussi à Jean-Marie, l’autre voisin, de gauche ou de droite, c’est selon, pour le coup de main final (ze final touch !).

claudeblog

Sans trop se prendre la tête, voici donc quelques mots sur ces fameux concepts. Vous aviez peut-être remarqué la citation « A ship in a harbour is safe, but it is not what a ship is made for » qui accompagnait le lancement de Truegreatwines il y a deux ans déjà ; et bien, elle traduit toujours autant notre approche de la vie. Pourquoi ne pas tenter au d’utiliser, valoriser au mieux nos capacités et nos compétences en ligne avec notre sensibilité et nos valeurs. Un bateau qui reste au port n’est qu’un bâtiment sans intérêt, sans vie ; il ne devient bateau que lorsqu’il se réalise, lorsqu’il navigue ! Plus facile à dire qu’à faire et il faut parfois jalonner son chemin d’actes manqués et être soutenu pour pouvoir un jour donner le coup de rein nécessaire. Mais nous devons oser prendre des risques, même des petits, même s’ils sont calculés. Ce risque est symbolisé par la position d’équilibriste de notre bateau, qui rassurez-vous n’est pas une galère ;-) .

Notre goût et respect profond pour la nature et pour notre terre-mère se retrouve évidemment sous la forme de la planète bleue, dont une face vue de l’espace est représentée. Majestueusement suspendue dans le bleu infini de l’espace, elle apparaît aussi un peu comme une grosse bulle de savon ; prête à éclater à toute instant. Cette fragilité ne dépend que de nous, ou plutôt, ne s’agirait-il pas de notre fragilité, la terre nous survivra…

L’odyssée fait référence à Ulysse bien sûr, au voyage ou à l’aventure que signifie une telle entreprise. La diversité des rencontres d’Ulysse symbolise aussi ce que nous recherchons avec un esprit ouvert dans le monde des arômes ; de la diversité, des découvertes, parfois surprenantes, parfois incompréhensibles au début, mais toujours intéressantes pour le développement des sens.

La vigne qui grimpe au mât, c’est cette passion dévorante qui m’a contaminée progressivement depuis 20 ans et qui apparaît maintenant au grand jour. Puisse cette liane vous enrouler tout aussi sensuellement et vous amener d’aussi beaux fruits. Entamez avec nous la danse des ceps (clin d'oeil à Christophe beau du domaine Beau Thorey ;-)

Enfin, avez-vous remarqué le petit drapeau et son symbole ? Non, et bien c’est la note féminine (et donc spirituelle ;-) de notre voyage . Il s’agit d’une lettre hébraïque, mais je laisse Anne, quand elle aura un peu de temps, nous relater le sens de ce « yod ».Voilà, une des premières côtes abordées était celle des vrais grands vins, l’odyssée se poursuit maintenant plus largement autour des arômes et expériences en tous sens (enfin en tout cas celles de nos 5 sens); mais ce n’est pas fini, le vaisseau compte bien explorer d’autres bords. Allez, je relargue les amarres, vous montez ?

20:02 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

DECEMBRE 2005: L’ENVOL

Le deuxième anniversaire de True Great Wines, fêté à nouveau en compagnie de Jean-François Ganevat, fut une grande réussite. Qui disait deuxième anniversaire signifiait deux vignerons invités. Merci aussi à Olivier Guyot de Marsannay d’avoir accepté cette invitation tardive et merci aux deux vignerons pour leur grande générosité.

La présentation à cette occasion dans le cadre de l’Odyssée des Arômes de thé et d’huiles biologiques de gastronomie a été un succès. Vous avez autant apprécié les matés, Pu-ehr ou les huiles d’Argan, de pépins de courge que les chardonnays ouillés du Jura et les Grands Crus bourguignons. Le pari de la diversité des goûts et des arômes vous a plu ; c’est génial !

À peine une semaine plus tard, et un peu comme un parachutiste dans son avion qui voudrait sauter, mais qui hésite et dont le supérieur arrive par derrière en lui lançant une bonne tape dans le dos ; c’est l’envol ! Je quitte !NBEV après 13 années riches en apprentissages et expériences divers, en rencontres aussi. Sentiment ambigu d’excitation et de crainte, mais sentiment de liberté surtout!

Ce nouvel envol, c’est une occasion unique, que nous allons saisir fermement, de développer dans les domaines qui m’intéressent le plus (dans le désordre : vins, science, arômes, nature et brasserie) d’autres activités (recherche, enseignement, vente, écriture, journalisme, création d’évènements, …) tout en changeant un peu les contraintes subies jusqu’à présent. A suivre !

19:58 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

OCTOBRE 2005 : BESOIN D'UN GUIDE ?

C’est la rentrée, les foires aux vins se multiplient (ok, achetez-y vos Bordeaux, mais bipasser le reste ;-), et puis parallèlement, les guides fleurissent dans tous les linéaires. Ne sont-ils d’ailleurs pas de plus en plus nombreux ? Guide des vins à petit prix, des vins bio, des vins de France, pour les nuls, pour les pros… Difficile de s’y retrouver.

On pourrait débattre à foison sur l’utilité des guides, mais je crois que dans la jungle des vins, l’amateur débutant a besoin d’être aiguillé, et parfois d’être rassuré sur ses propres goûts.La comparaison de son avis propre à celui des « experts » peut aussi participer à une forme d’apprentissage et d’étalonnage que le débutant peut trouver nécessaire et c’est très compréhensible. Et puis il faut bien dire que cette jungle n’est pas toujours honnête, outre ses propres goûts qui font que l’on peut aimer ou pas un vin, la majorité des vins sont franchement mauvais ou inintéressants. Si goûter et regoûter est la méthode la plus fiable pour faire ses choix, il est évident impossible de tout goûter et il faut donc trier avant de s’avancer plus loin.

Certains se gaussent aussi sur leur représentativité, leur exhaustivité et parfois mettent en doute leur indépendance. Soyons clairs, aucun guide n’est exhaustif. La plupart travaillent sur base d’échantillons envoyés par les domaines et pas mal de vignerons n’envoient aucun échantillon (Schueller, Casot des Mailloles, Barral, …), ou pas à tous les guides (imaginez le budget). Un guide est une source d’information, il présente une sélection qui peut aider à « guider » les choix. Mais un guide, ce n’est pas la Bible. Le guide est aussi un moyen pour l’amateur averti de faire de nouvelles découvertes, comme le sont les forums ou les revues spécialisées; mais aussi les salons et foires ou les dégustations de cavistes. Il ne faut négliger aucune source. Mais pour s’y retrouver, il faut aussi connaître les principes de sélection et les conditions de dégustation et parfois, le goût du dégustateur. J’ai acheté beaucoup de guides à mes débuts, j’y ai confronté mes propres opinions et ce fut un des éléments qui m’ont permis de progresser, d’affiner et d’élargir (ce n’est pas incompatible) mes propres goûts et mes connaissances.Je les achète encore régulièrement, on y apprend toujours quelque chose et puis, c’est tellement agréable de potasser les meilleurs. J’en connais donc vraiment très bien quelques-uns. Cette rentrée sera l’occasion de les passer en revue (revue non exhaustive).

Parker

A tout seigneur tout honneur, le gourou américain, ancien avocat, a débuté il y environ un quart de siècles en lançant sa revue « the wine advocate ». Il a fait découvrir les bordeaux aux Américains, mais son influence auprès des consommateurs allant en grandissant, il a progressivement étendu son impact à la viticulture et la vinification. Aujourd’hui, Parker fait les nouvelles stars et défait parfois les anciennes étoiles. Pour un vigneron, une cotation supérieure à 90 sur son échelle de qualité lui ouvre toutes les portes et lui promet une vente assurée. Mais la même cote fait également monter les prix ; un effet pervers pour le consommateur que ne peut plus contrôler celui qui se présente encore comme son meilleur avocat.L’influence de Parker est indéniable ; on parle même du goût Parker ! Il aimerait surtout des vins très extraits, issus de raisins très mûrs et largement boisés. C’est un peu une caricature, mais ce qui est vrai, c’est qu’il n’aime pas les vins dilués issus de raisins pas mûrs ;-). Si je compare ma petite expérience par contre, j’ai vraiment aimé des vins pourtant déclassés (<80) tels que Pichon Comtesse 92 ou Chevalier 94, ces vins élégants et parfumés étaient pour moi largement supérieurs à beaucoup de 80-85. Enfin, si vous voulez faire un choix en Bordeaux et n’avez pas l’occasion de goûter, pourquoi ne pas suivre la cote Parker. Mais au dessus de 90, plus de bons rapports Q/P et en dessous, une zone peu discriminante ou le meilleur côtoie souvent le moins bon. Alors visez les cotes 89 ;-) ! L’avantage de suivre Parker, c’est que si le vin ne vous plait finalement pas, mais possède une bonne cote, vous ne perdrez rien à le revendre, au contraire. L’avis de Parker ne se limite pas au Bordeaux, mais au-delà de ces frontières, son influence diminue, en tout cas en Europe. Ses notes sur la Bourgogne sont rédigées par un collaborateur resté longtemps dans l’ombre (Rovani). Celles concernant le Rhône ne sont pas à rejeter bien qu’elle m’aient pousser à acheter du Guigal qui s’est avéré imbuvable. Par contre dans le Languedoc c’est un peu n’importe quoi et l’attention portée aux autres régions de France est très mince.Petit désavantage, le guide reprend en général des notes sur des millésimes qui ne sont plus toujours à la vente. Le guide note les vins sur 100 mais classe également les domaines sur une échelle de 5 étoiles.

Bettane et Desseauve

Après le gourou américain, les 2 gourous français….Participant à la Revue des Vins de France jusqu’il y a peu, ces deux dégustateurs chevronnés offraient depuis environ 10 ans le fameux guide vert, un peu pompeusement nommé « Le Classement des vins de France », bien que ce soit celui qui s'en rapproche probablement le plus.J’ai acheté ce guide vert quasiment dès le début de sa publication, sautant une année parfois, mais depuis 2000 j’ai craqué chaque année.Pour le débutant, c’est une mine d’informations et d’adresses. Honnêtement, si l’on peut regretter l’absence de certains domaines de références qui n’envoient pas d’échantillons, si certains autres n’y sont pas pour des questions de goût (et c’est respectable), il y a peu à redire sur les domaines cités. Je reconnais y avoir puisé mes premières découvertes et en 10 ans, je ne concède qu’une seule vraie déception (je vais quand même pas la citer), c’est tout simplement remarquable.Les domaines sont classés de 1 à 3 étoiles, et les vins dégustés sont cotés sur 10. D’une année à l’autre, le texte descriptif du domaine change peu ou pas du tout. Seuls quelques commentaires et les notes des vins dégustés sont mis à jour. On pourrait donc faire l’impasse une année sans trop souffrir, mais la lecture est diablement agréable.On peut bien sûr discuter de certains choix (Michel Bettane n’apprécie pas les vins de Barral, par exemple) et de l’attitude parfois condescendante de Michel Bettane envers les amateurs (voir quelques interventions sur les forums, LPV par exemple). Mais le tandem formé avec Thierry Desseauve semble fonctionner à merveille et ce sont deux dégustateurs hors pair, c’est indéniable.Depuis son départ de la RVF, le tandem a lancé en 2005 une revue disponible on-line (TAST) qui, quand elle couvre une appellation, le fait de manière plus exhaustive et détaillée qu’auparavant. Le travail est une nouvelle fois remarquable.L’édition 2006 du guide vert a été reprise par 3 membres de la RVF (Burtschy, Gerbelle, et Poussier, le meilleur sommelier du monde en 2000), mais ils n’ont apparemment pas encore eu le temps d’y imprimer leur personnalité. Quoique la rentrée de Jean-François Ganevat dans l’édition 2006 est bon signe pour le qualité future du guide ;-).

On attend en tout cas le prochain guide B&D avec impatience, mais pas avant 2007 probablement. Note du guide vert :« Bernard Burtschy est journaliste et membre du Comité de dégustation de La Revue du Vin de France. Lauréat du Trophée du Meilleur dégustateur du Grand Jury Européen. Antoine Gerbelle est journaliste et membre du Comité de dégustation de La Revue du vin de France. Olivier Poussier est journaliste et membre du Comité de dégustation de La Revue de France, Meilleur sommelier du monde en 2000. Leur expérience du vignoble, leur talent de dégustateur et leur indépendance de jugement les rangent parmi les spécialistes les plus écoutés.

Gault & Millau

Je n’ai acheté que l’édition 2004 de ce guide qui était alors rédigé principalement par Bernard Burtschy, retransféré depuis à la RVF. Présentation par domaines inspirée par le guide vert, il ratisse un peu plus large, faisant la part belle aux coopératives. Cela permet de faire quelques découvertes, mais également augmente les chances de plantage. Les domaines sont étoilés de 1 à 5, et les vins sont notés sur 100, mais sans commentaires. Le classement alphabétique est un peu brouillon, mais un guide qui sort Stéphane Tissot, François Chaveriat (Domaine Lescure) et Thierry Michon (Domaine St Nicolas) en révélation et mentionne Gérard Schueller avec 4* démontre quand même une certaine fiabilité ;-).L’édition 2006 est bien parue, mais je n’ai aucune idée sur l’identité de ses auteurs.

Hachette

Ensuite, il y a les guides qui utilisent des jurys, pour sélectionner leurs vins.Le plus connu est le guide Hachette, différents jurys, composés de professionnels (journalistes, cavistes, vignerons, ..) et 10000 vins dégustés. Problème, 1 vin sur 3 est sélectionné, c’est beaucoup non ? C’est une mine d’information sur les domaines, mais mon expérience montre que même le choix d’un coup de cœur n’est pas une garantie de qualité. Pourquoi ? Le prix entre-t-il en ligne de compte, est-ce dû au nivellement qualitatif résultat du consensus du jury, peu importe, la fiabilité n’est pas toujours suffisante à mon avis.Par contre, il serait intéressant, comme pour les bordeaux, de visualiser l’historique des résultats des cuvées sélectionnées. Une présence régulière dans le guide est quand même un signe de qualité ; alors qu’un coup de cœur esseulé peut–être dû à un coup de chance.

Fleurus

J’ai un faible pour le guide Fleurus, dont la sélection est effectuée par 85 sommeliers de France. On y retrouve des domaines qui n’envoient que rarement des échantillons mais qui sont réputés auprès des professionnels (Casot des Mailloles, Traginer, Overnoy-Houillon, …). Il s’agit cependant d’un guide collectif et il est donc difficile de suivre les choix année après année. Le guide est divisé en deux parties, d’une part les vins sélectionnés et d’autres part, des informations sur les domaines, mais sans classement. Les vins sont décrits avec brio, notés sur 20 (mais les notes sont parfois très généreuses) et un accord gourmet est proposé. Remarquable.

Patrick Dussert-Gerber

Patrick Dussert-Gerber, journaliste, surnommé (par lui-même ?) PDG , propose un guide qui en est déjà à sa 25e édition. Pourtant, pour en avoir acheté et étudié un, je reste très dubitatif. Le classement tient-il trop compte des prix, en tout cas, la hiérarchie est peu compréhensible pour moi. A noter qu’il précise les entrées et sorties du guide, ce qui est intéressant. Par contre la raison n’est pas mentionnée.

Guide Solar des Vins Bios

Tout nouveau, réalisé par un petit comité dont un membre de la revue des vins de France (Georges Lepré), ce guide s’attaque aux vins bios sans complaisance, et les juge pour eux-mêmes, c’est très bien. La sélection de vins (il n’y a pas de sélection par domaine) me semble relativement fiable. Bien sûr, on peur se demander pourquoi tel vin a été sélectionné plutôt que tel autre. Je le répète, tout dépend aussi de ce que le vigneron envoie. En tout cas, j’y ai relevé quelques coup de cœur présents à la carte True Great Wines, tels que le Chablis de la Boissoneuse 2002 ou la cuvée du Château Romanin 2001. Très bien!

Jean-Marc Carité

Les bonnes adresses du vin bio Un guide sympa, qui donne beaucoup d’informations sur les domaines, notamment concernant leur présence aux divers salons (Rouffach, Marjolaine, …). Et sur les vins (teneur en SO2, vendanges manuelles ou non, levures indigènes, …) . Mais ici aussi, le prix semble avoir une influence sur la cotation des vins (0 à 4 *) et peut-être aussi une certaine indulgence envers les bons petits vins bios pas chers. A suivre.

Voilà, cette liste n’est donc pas exhaustive et ne concerne que les vins de France, mais je constate que si je suis toujours aussi boulimique de ce genre de littérature, il vous faut faire un choix. Ma « stratégie » serait donc d’alterner l’achat de ces guides, avec une nette préférence toute personnelle pour le Bettane-Desseauve (ou guide vert) et le guide des sommeliers. Pour les amateurs de vins bio, le Solar est très recommandable.

Bonne lecture, mais n’oublier pas la dégustation pratique reste l'exercice le plus efficace pour choisir ses vins et faire progresser son goût!

13:06 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

25/01/2007

 AVRIL 2005: CLASSIQUE BOURGUIGNONNE!

Cela faisait un bout de temps que j’avais envie de replonger dans les vins de Bourgogne afin de tenter d’effacer les déceptions rencontrées au cours de mes achats personnels lors de diverses foires aux vins. L’invitation de mon voisin (et peintre, et ami, on peut le dire) Claude Manesse à séjourner dans son village natal de Montréal à un jet de pierre de Vézelay, non loin du chablisien, nous a permis de concrétiser plus rapidement que prévu ce désir.

J’étais devenu un abstinent de la Bourgogne, mais je me refusais à croire que la mérite bourguignon se limitait à mes dernières expériences. Outre la qualité dans le verre, j’y ajoutai cependant aussi deux autres contraintes. Le respect de l’environnement, bien sûr et puis le respect de notre portefeuille. En fait, je n’ai jamais douté que la Bourgogne fasse de grands vins, peut-être seulement que les prix soient encore accessibles. Après une semaine de lecture intensive des forums, des guides, des revues multiples, et de renseignements collectés auprès d’amateurs avertis, je suis déjà un peu plus rassuré. Une vraie sélection sera nécessaire. C’est parti, le téléphone surchauffe, les rendez-vous se prennent, l’agenda se comble; le programme sera chargé. Quelques fenêtres pour balades et visites seront ménagées, mais mon programme culturel sera cette fois très léger.

Et puis quelques déconvenues déjà, la plus grande étant celle d'un domaine assez connu sans l'auxerrois; où une dame pas très aimable m’éconduit vertement au téléphone alors que je demande humblement une petite visite. J’ai le malheur d’insister et de lui demander où je pourrais trouver ses vins en Belgique, la réponse est cinglante : « je ne vois pas l’intérêt, nous n’avons pas besoin de nouveaux clients », rideau ! Ce genre de réaction est heureusement très rare et a le mérite de souligner la grande disponibilité de la plupart des viticulteurs. Au contraire, souvent, même au téléphone, des prémisses de contacts plus profonds avec certains vignerons se tissent déjà.

La première après-midi est réservée à la visite de Vezelay et de sa basilique. Je ne peux que la recommander et surtout de se glisser quelques minutes dans la crypte souterraine qui dégage une atmosphère, non pas de recueillement, mais de sérénité extraordinaire. Un peu plus tard, nous entrons dans une petite boutique de la rue principale et surprise, c’est un repère de bouquins et de thés. A nous les lapacho, maté et autres pu-ehr ; et quelle coïncidence, nous qui avons justement décidé d’élargir l’étendue de nos activités. Pas loin, un petit caveau m’interpelle. Ne pouvant résister, et bien qu’ayant promis que les visites ne commenceraient que le lendemain, j’y entre ! J’y rencontre une petite bonne femme un peu timide mais sympathique. C’est une vigneronne Maria Cuny (maman de 6 enfants !) tout récemment installée qui possède quelques hectares dans le vignoble de Vezelay. J’y goûte rapidement et le blanc est franchement pas mal, j’achète quelques bouteilles, je regoûterai tout cela à mon aise le soir. La dégustation du soir confirme, fruit croquant, structure cristalline, et je prends rendez vous pour le vendredi, je remonterai quelques caisses de cet excellent chardonnay.

Le lendemain, rendez vous à St Romain avec Thierry Guyot, recommandé par Patrick Meyer en Alsace. L’homme est souriant, chaleureux et ses vins délicieux. Pas dans le style actuel coloré, boisé et souvent surextrait, mais tout en finesse et en longueur de saveur. Les robes sont parfois désuètes, mais les parfums délicats toujours présents, note de framboises, de pivoine, de rose fanée ou d’épices douces, c’est bon. La conversation est animée et on en vient vite à parler de gastronomie et d’accords parfaits. Thierry est manifestement un bon vivant, l’expression « je résiste à tout sauf à la tentation » qu’il nous lâche en fin de dégustation lui convient à merveille. Mais nous discutons aussi vigne et vinification, Thierry est à la recherche perpétuelle de la meilleure extraction et du meilleur rapport rafle/raisin. Passionnant d’apprendre avec lui l’impact des rafles sur la macération ou les risques de l’égrappage. Nous dégusterons avec lui quelques vins de ses amis Emmanuel Giboulot et Jean-Claude Rateau, que je connaissais déjà de Rouffach. Quelques belles choses aussi, nous y reviendrons peut-être. Nous ne nous quittons pas sans échanger quelques bouteilles, moi de bière et lui de vin, une bouteille d’Anjou blanc de son ami René Mosse, juste pour le plaisir de partager, merci !

Direction domaine de l’Arlot, la propriété est belle et les caves interminables. Accueil beaucoup plus anonyme mais courtois, nous dégustons quelques bouteilles déjà entamées. Le vin est fin, mais je ne peux m’empêcher d’y trouver des notes végétales que je n’apprécie guère. Excepté un Nuit St Georges Blanc fabuleux (mais cher comme la plupart des cuvées) je passe complètement à côté de ces vins, une autre fois peut-être !

Pas loin de là, à Marsannay, nous rencontrons Olivier Guyot ; pas de relation familiale avec le précédent. Lui c’est Monsieur Tornade Tropicale, il emporte tout sur son passage, son débit verbal n’a d’égal que son énergie. Mais l’accueil est très chaleureux. Les présentations faites, nous nous retrouvons rapidement dans la cave, le verre à la main. Le premier vin dégusté est son Bourgogne générique 2003 et c’est déjà très bon, du fruit mûr mais frais, une belle structure et de jolis tannins qui laissent entrevoir un potentiel de garde de quelques années. Ensuite, les Marsannay ; j’adore ce genre de dégustation ou chaque vin est délicieux mais est surpassé par le suivant. Favières, Boivins, Montagne, Gevrey les champs et puis l’apothéose avec le Clos St Denis, ouvert tout spécialement pour nous parce que nous avions l’air d’apprécier… Je suis convaincu. Olivier qui travaille toutes ses parcelles avec son cheval Indigo est aussi infatigable à la vigne qu’à la cave, un vrai bosseur avec paraît-il une belle inclinaison à la fête le moment venu, belle philosophie.

L’étape suivante, ce sera chez Chantal Lescure. Le domaine a été repris en main par Aymerich Machart de Gramont au décès de sa mère. Avec l’aide de François Chavériat, il retrousse ses manches et nous récoltons maintenant le fruit de leur travail rigoureux à la vigne (application des principes de la viticulture biologique) et à la cave (astucieux mélange de naturel et de technique). C’est Catherine qui m’accueille (mon Anne fait un petit somme dans la voiture), elle aussi déborde d’énergie et c’est au trot que nous menons la dégustation parsemée de quelques 2001 et 2002. Si je ne suis pas vraiment convaincu par l’entrée de gamme, la dégustation des pommards 2002 s’avère passionnante. C’est un festival de terroirs, les différences entre les vignots exposés au Sud et les Vaumuriens, terroir plus froid exposé à l’est, sont d’école. Entre la grande maturité du premier et la minéralité du second, mon cœur balance. Il finira par pencher pour le second, mais c’est vraiment une question de goût. Nous nous dirigeons ensuite vers les caves où reposent les fûts contenant les 2003. Si le pommard vignots me rappelle presque un vin du Languedoc avec quelques parfums de garigue et de porto, c’est le coup de foudre avec le Vosne-Romanée d’abord et le Clos Vougeot ensuite. Une belle fraîcheur, des parfums très purs de cerise et des tannins proches du taffetas. Nous ne sommes qu’au début de notre périple, et voici déjà quelques domaines qui s’imposent à la tête de la sélection.

Un peu plus loin le domaine Trapet, spécialiste des Chambertins. J’avais découvert les vins de Jean-Louis à Bruxelles, à cette fameuse dégustation organisée par Nicolas Joly et j’avais adoré. Evidemment, je me réjouissais de les regoûter. Hélas, la dégustation menée par un Monsieur Trapet père aimable mais peu disert se déroule dans une cave trop froide. Les vins perdent un peu en arômes et en densité, même si on perçoit malgré tout leur belle texture. Dommage.

Après midi, direction Meursault pour redéguster les vins d’Alain Javillier (domaine Jean Javillier). Je connaissais déjà un peu les blancs qui avaient marqué ma mémoire il y a deux ans à Rouffach. Alain est un sacré personnage, il semble cacher un manque de confiance en lui derrière un discours ininterrompu d’anecdotes heureusement passionnantes. C’est ainsi qu’il nous raconte l’histoire détaillée du domaine, ses hésitations, ses progrès, ses échecs aussi qui ont jalonnés ces 20 dernières années. Un exemple, le pourquoi de l’abandon de la filtration. Le vin était à l’époque emporté vers une entité de filtration externe au domaine, vu les petits volumes et le manque de réputation du domaine, le vin était généralement filtré en premier et recevait donc toute la dose d’adjuvant de filtration. Ainsi dépouillé, cette manipulation n’était pas sans risque non plus et entraînait parfois une oxydation prématurée. Après quelques échecs, Alain a donc décidé d’abandonner tout simplement cette étape onéreuse et dangereuse, Bravo.

Toujours en recherche également quant il subtilise des raisins à ses prestigieux voisins pour comparer les niveaux de maturité avec les siens. Très honnête quand il avoue avoir été torturé par la question de l’acidification sur les 2003 qu’il effectuera finalement, légèrement, en fermentation. Tellement pris par sa passion qu’il en oublie de nous faire déguster ses cuvées. Ou alors est-ce encore un signe d’un certain manque de confiance; il aurait tort, toute la gamme, du simple chardonnay aux crus plus réputés, est confondante de naturel, et les vins sont gorgés d’arômes. Une belle confirmation et des cuvées au rapport qualité/prix exceptionnel.

Retour à St Romain pour découvrir un vigneron conseillé par notre ami Jean-François Ganevat qui connaît bien la région: Fred Cossard du domaine de Chassorney. Le gars a l’air bougrement sympathique. Il a aussi une réputation sulfureuse de fameux fêtard et n’a pas sa langue en poche. Nous dégustons uniquement au fût, car il n’a plus rien à vendre. Les blancs 2003 sont parfumés et déploient des arômes très mûrs de banane et de fruits exotiques. Hélas, le millésime montre également ses limites car le manque d’acidité me semble flagrant. Ce genre de vin a ses amateurs, mais je n’en suis pas, j’aime une certaine vivacité et la minéralité qui complexifie le fruit. Nous passons aux rouges 2003 et là c’est la gifle! Nous sommes déjà au niveau des vins de Lescure ou d’Olivier Guyot avec le Saint Romain, fabuleux. Et le Chambolle est dans la lignée, vraiment très bon. La dégustation s’achève au bar du caveau où Fred nous fait découvrir une cuvée de Beaujolais très agréable. La conversation s’oriente vers la bière, son rêve serait d’ouvrir une micro-brasserie ; c’est sur il va falloir rester en contact. Fred nous propose de rester dîner (déjeuner) avec lui, mais un autre rendez vous nous attend et nous devons prendre congé; non sans repartir avec quelques bouteilles-échantillons à faire déguster à son ami Jean-François. Merci Monsieur Cossard pour ce très bon moment.

Direction le Sud, Vinzelles qui se situe à la limite du beaujolais. Le domaine dans notre collimateur est celui de la Soufrandière, mené par deux petits jeunes déjà bien expérimentés; les Bret Brothers. Nous sommes accueillis par 2 grands chiens noirs qui sont déchaînés au propre comme au figuré. Je ne suis pas particulièrement à l’aise ; mon contact est manifestement plus facile avec les vignerons qu’avec la race canine…La plupart des cuvées sont épuisées, mais on nous fait tout déguster quand même. Les vins sont tous excellents, parfois dans un style boisé un peu international, mais les cuvées que je sélectionne, Viré-Clessé ou Pouilly-Vinzelles les Quarts par exemple ont ce petit plus de minéralité qui les pousse dans le cercle restreint des grands vins pour hédonistes. Le domaine est mené en biodynamie et pourtant ces deux garçons ont l’air tout à fait sain d’esprit. Les esprits chagrins pourront y voir une démarche commerciale, la simple dégustation de leurs vins balaie sans hésiter ce pauvre argument, les frères Bret n’ont vraiment pas besoin de cela pour asseoir leur réputation. Ils ont également développé une activité de négoce de haut niveau qui applique autant que possible les mêmes principes. Dans ce négoce, les deux frères influencent la viticulture de leurs partenaires et s’occupent à 100 % des raisins dès la vendange. Ils profitent aussi de quelques parcelles de domaines réputés comme les Vignes du Mayne par exemple. Une belle découverte dont il faut absolument profiter avant que l’adresse ne soit trop connue.

J’aime le Chablis, peut-être en raison de mon penchant pour la minéralité dans toutes ses formes. Et s’il est un terroir qui magnifie ou devrait magnifier cette minéralité, c’est bien chablis. Hélas la viticulture laisse souvent à désirer, les vendanges mécaniques sont la règle et les très bonnes cuvées se font rares. Chablis, à quelques exceptions près, me semble se reposer sur ses lauriers depuis des décennies. Mon attention avait été attirée par un de mes clients sur un entrefilet dans la RVF concernant un tout nouveau domaine, celui de la Boissonneuse, travaillé en bio. Renseignements pris, il s’agit du fils de Jean Marc Brocard, vigneron à la tête d’une des plus grandes propriétés de chablis. Je connais cette maison grâce à son Bourgogne Kimméridgien, distribué en grande surface, d’un très bon rapport Q/P, je dois le reconnaître. Allons-y! C’est évidemment une grosse boîte, mais l’accueil est sympathique. On me propose de commencer la dégustation par les vins du domaine Brocard. Je ne refuse pas ! Les vins ne m’épatent pas, il faut arriver aux grands crus pour percevoir un début de frisson, mais ce sont des 2003 et décidément, excepté chez les frères Bret, je n’accroche pas. On vient enfin aux 2002 avec ce fameux domaine de la Boissoneuse, qui est en fait une grande parcelle du domaine Brocard, reprise par le fils et travaillée en bio. Le nez est ouvert et libère des senteurs minérales et fruitées. Enfin ! Superbe ! La bouche est à l’avenant, concentrée mais bien structurée, un chablis pour la table et de garde, je suis comblé ! Je rencontre ensuite Julien Brocard qui m’accorde une visite des installations très modernes. La conversation est technique et instructive ; l’accord entre le père et le fils concernant l’approche bio ne semble pas aussi parfait que ceux que j’entrevois pour ce chablis. Comme c’est souvent le cas, il faudra attendre le passage de témoin entre génération pour espérer voir les beaux grands crus du domaine travaillés dans le respect de l’environnement, patience !

Dernier jour, il faut repasser chez les vignerons sélectionnés pour prendre les cuvées réservées, un vrai casse tête géographique et une course contre la montre. Je suis hélas obligé de décommander ma visite aux « Vignes du Mayne », c’est râlant, mais je n’ai vraiment plus le temps. La dernière étape sera pour le domaine Guillot-Broux, dans le maconnais, apparenté aux Vignes du Mayne et à nouveau recommandé par Fanfan Ganevat. Dégustation très sympathique, mais j’ai du mal à accrocher aux blancs. Ils sont élevés dans un style rassis légèrement oxydatif qui doit avoir ses amateurs mais avec lequel j’ai un peu de mal. Par contre, les rouges sont à mon goût ; le gamay est gorgé de fruit et de sève et il en va de même pour le pinot noir, je ne peux hélas plus emmener de caisses, car l’heure du départ à sonner, mais c’est sûr, on y regoûtera !

Il est temps aussi de saluer Claude et de le remercier pour son accueil et ses talents culinaires qui nous ont fait redécouvrir, soir après soir quelques grands classiques de la cuisine française. Une adresse aussi à recommander, le Pot d’étain, près de Montréal, la cuisine n’est pas des plus originales, mais savoureuse. Et puis le patron est un vrai passionné de vin et sa carte regorge de cuvées superbes, en Bourgogne, mais aussi dans les autres régions. Ce sera l’occasion pour nous de déguster les vins de Goisot, plaisir qui nous avait été refusé par le domaine. Le vin, lui, un sauvignon de St Bris, est vraiment à la hauteur. Allez, je suis presque prêt à pardonner. Mais la semaine n’est pas finie, le Jura n’est pas loin et nous allons faire un petit coucou à GANEVAT, l’occasion de déguster ses blancs 2003 sur fût, un mot seulement (ou deux;-), très prometteur !

19:55 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

NOVEMBRE 2004: LA PROMESSE

C’était un peu un rêve après un an d’activité seulement de penser pouvoir décider un (bon) vigneron, quelque peu réputé, à se déplacer dans le petit village de Pécrot pour un petit caviste débutant. C’était aussi évidemment dans mes plans depuis le début mais j’étais loin de croire pouvoir le concrétiser aussi rapidement.

C’est lors de ma visite dans le Jura que le premier contact avec Jean-François s’est établi. Après une dégustation marathon, au figuré comme au propre (ses caves sont réparties dans tout le village), convaincu de la qualité des ses vins et de son approche du métier de vigneron (on en reparlera), et ayant perçu quelques atomes crochus entre nous, je lui propose de venir présenter ses vins en Belgique en fin d’année. Il est tout de suite ouvert, m’explique qu’on lui a déjà proposé mais qu’il n’a jamais donné suite, mais il semble intéressé. Je le recontacte quelques semaines plus tard pour fixer une date, et puis enfin en septembre pour confirmer le tout. Là, manifestement, il ne comptait pas trop sur la concrétisation de ma proposition, mais bouleverse sans sourciller ses rendez-vous pour tenir son engagement. Une question me fait vaciller en fin de conversation « combien attendez-vous de personnes ? ». Je dois répondre tout de suite ; je ne veux pas le piéger, mais je ne veux pas le faire fuir non plus. Rapidement, les dégustations précédentes défilent dans ma tête, en moyenne au moins 10, parfois 20, rarement plus. Sans réfléchir plus, je lui assure une bonne cinquantaine de visiteurs, ouf, il a l’air satisfait….

Démarre alors la préparation. Sans entrer dans les détails, nous parlons du projet à nos voisins Dominique et Claude (le peintre Manesse). Tout de suite très enthousiastes, ils nous proposent de joindre nos efforts pour une activité commune avec certains de leurs amis actifs dans le commerce équitable. Un marché de Noël en quelque sorte, un marché de rêves en tout cas. Associer vin, plaisir de la table, culture, commerce équitable, et rencontres d’horizons à première vue différents, j’ai vraiment l’impression de me regarder dans un miroir !Tout se prépare dans la bonne humeur (ah cette poule au pot béarnaise mitonnée par Claude et ses topinambours), resserrant des liens déjà présents. Mais le moment fort approche et ce maudit stress augmente…

La promesse sera-t-elle tenue? Haut la main, nous espérions donc secrètement ces 50 amateurs, … vous serez près du triple, merci encore !

19:51 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

OCTOBRE 2004: LA BELLE CHARTE JOLY

Vous le savez probablement, le système des appellations contrôlées en France est actuellement remis en cause. C'est la crise en France pour les petits vignerons, et à Bordeaux par exemple, des océans de "vin" ne trouvent plus d'acheteurs. La raison? Peut-être commençons nous à comprendre que la qualité existe mais qu'elle a un prix. Ce n'est pas encore gagné, car je me suis laissé dire que la moyenne de prix des vins achetés en Belgique était encore inférieure à 4 euros, incroyable! A ce prix là, il ne faut pas trop epsérer avoir du raisin dans la bouteille!

Mais revenons à ce système d'appellation; plusieurs initiatives ont été prises dont celle du président des AOC, René Renou (par ailleurs vigneron dans les coteaux du Layon). Il propose en effet la création d'un nouvel échelon dans un système déjà pas évident à suivre: l'AOCE, l'appellation d'origine contrôlée d'excellence. Cela a le mérite de faire bouger les choses, mais se limite un peu à souligner les vins de meilleure qualité sans secouer ceux qui n'en font pas (de la qualité!). Les critères de sélection ne sont pas non plus très clair. Sur LPV (vous connaissez maintenant ce site super convivial), il a été proposé de créer un autre niveau, le VDM (Vin De M…) , c'est une boutade, mais c'est proche de la réalité, non? D'autres voient en l'étranger (comme souvent) le responsable de leurs maux, les vins chiliens peuvent utiliser les copeaux, les sud-africains des enzymes, et tous peuvent mettre le nom de cépage sur leur bouteille? Ah bon sang mais c'est bien sûr, un assouplissement des contraintes va tout résoudre ...

A mon avis, le constat est dur mais simple, il se produit trop de vin et de trop faible qualité. Cela risque d'être douloureux pour les vignerons les moins bien situés, les moins talentueux ou les plus paresseux, mais je ne vois pas d'autres issues qu'un "soutirage" par le bas pour préserver une assurance de qualité minimale. Cela ne dépend en fait que de nous, et quand Coluche dit « quand je pense qu’il suffirait d’arrêter d’acheter des cochonneries pour éviter d’en bouffer », c’est encore plus vrai pour le vin.En tout cas, pour l'instant, tout ce que peut garantir l'AOC, c'est ..... une origine, mais certainement pas ce minimum de qualité.

Enfin, il y a ceux qui croient au vin vrai, même si ce terme est tellement galvaudé (les yaourts aux vrais morceaux de fruits, à quand les vrais yaourts aux vrais morceaux de vrais fruits). Pour Nicolas Joly de la coulée de Serrant, il le répète, les appellations doivent faire du vrai vin (vous savez que moi je lui préfère le vrai grand vin ;-). Dès lors il a lancé cette bonne initiative : la renaissance des appellations, en rédigeant une charte de qualité à trois niveaux.

Que les plus rationnels d'entre nous se rassurent, la biodynamie n'est pas un critère, même si elle reste un moyen pour certains d'exacerber la vie d'un terroir et donc sa transparence dans le vin. Je n'ai pas d'expérience en biodynamie et je n'y crois pas a priori (je suis scientifique;-), les pratiques semblent parfois farfelues, mais les principes m'interpellent (les ondes, les fréquences, l'énergie, l'actuellement intangible...). Souvenons nous que la science n'explique pas encore tout. Souvent, pour la science, ou plutôt certains scientifiques ce qui ne se mesure pas n'existe pas (mesurer c'est savoir/meten is weten). Le "hic" (pas le "hips";-), c'est que la science mesure de plus en plus de choses et se contredit donc tous les jours!. Ce qui est sûr, c'est que je ne vois aucun inconvénient à l’ application de la biodynamie, cela permet même de faire avancer les connaissances et si c'est du temps perdu, tant pis pour le vigneron. Où cela me gêne un peu, c'est quand on profite de cet "aura" ou "mode" pour vendre plus cher, mais c’est un autre débat.

Revenons à la charte Joly. Pas de biodynamie visible donc, mais par contre, les critères bios y sont bien repris. Ce qui est intéressant, c'est qu'ils vont plus loin, en incluant les pratiques de la cave (levurage, chaptalisation, acidification). Ce n'est pas encore une assurance de bon vin (je n'en ai à la limite pas besoin, j'aime être le seul juge de mon goût), mais une assurance de transparence.Lisez plutôt!

Préambule: Le système de cotation ci-dessous ne parle pas de bio ou de non bio mais donne simplement les actes qui permettent à une appellation de s'exprimer. On peut donc passer de 1 (*) à 3 étoiles (***) "vertes " et à ceci vient s'adjoindre la notation habituelle que font les guides des vins. Ce système incite le viticulteur a mieux agir et informe le client des incidences des gestes agricoles ou de cave sur l'expression des appellations.

* Obtention d'une étoile *

Un vin d'AOC a un goût particulier lié à l'expression du terroir, d'un sol et d'un climat. L'agriculture doit donc renforcer la vie organique du sol et éviter tout produit chimique de synthèse. Aucun désherbant qui détruit la vie des sols. Aucun engrais chimique qui créé une croissance atypique. Ces engrais sont des sels. La plante doit boire plus, donc croître pour compenser la salinité qu'on lui impose. Aucun produit chimique de synthèse qui peut fausser la photosynthèse et donc le goût du vin. Aucun traitement systémique donc absorbé par la sève dans la demi-heure qui, outre un effet négatif sur le métabolisme de la plante, sur la photosynthèse et sur les champignons des racines (mycorhize), peut se retrouver sous forme de résidus dans le raisin. Aucune levure aromatique, puisqu'elle éloigne le vin du profil de goût et de son AOC.

* * Obtention de deux étoiles **

Dans les dernières années, la formidable poussée de la technologie a permis de recréer des goûts qu'une agriculture déficiente avait faussés. Un retour à de bonnes pratiques rend cette technologie inutile et laisse à chaque vin son goût d'origine sans tromper le consommateur.> Pas de vendange mécanique, afin d'obtenir une maturité optimale. Pas d'ajout de levures exogènes donc étrangères au lieu et au profil climatique de l'année. Interdiction d'enzymer les moûts. Une agriculture saine donne une couleur abondante. Pas de concentrateur par osmose inverse. Ce processus peut aboutir à des déséquilibres, notamment sur le vieillissement. Pas de cryoextraction qui fausse l'équilibre du vin. Pas de passage au froid jusqu'au point de solidification.

*** Obtention de trois étoiles ***

Pas de déacidification ni de réacidification qui changent l' équilibre des vins. Pas d'adjonction d'acide ascorbique, ni de sorbate de potassium. Pas de chaptalisation y compris par moûts concentrés.

Une initiative à suivre, qui correspond assez bien à ma démarche. Ce n’est probablement pas suffisant et pas encore une garantie de bons vins, mais c’est déjà la garantie d’une plus grande transparence. Environ 80 domaines ont déjà souscrit à cette charte ( venant aussi d'Allemagne, d'Amérique (Nord-Sud), d' Italie, de Slovénie, ...) dont bien sûr pas mal de ceux dont je distribue les vins: Larmandier-Bernier, Barral, Beau Thorey, Schaetzel, Frick, Tissot, Traginer et Saint Nicolas. Mais on y trouve aussi avec plaisir quelques pointures comme A. de Villaine, Zind-Humbrecht, Chapoutier, Gauby, Leflaive, Angéli ou Bossart, ... et d'autres sur ma liste d'attente comme Tempé, Ostertag, Romanin, Lafarge, Trapet ou Montirius.Après une présentation à New-York au mois de Juin, l'étape suivante se déroule à Bruxelles le 8/11, je compte bien y participer et y initier de nouvelles collaborations! N'hésitez pas à me faire part de vos réactions à ce sujet.

18:21 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

SEPTEMBRE 2004 : LA FÊTE DE BOSSUT

Les jours moroses, cela existe ! Couché à 5 heures du matin après avoir « animé » un repas de médecins autour du foie gras en compagnie de l’excellent Philippe Devos du domaine de Lahérie à Neufchâteau (expérience très réussie, à refaire !) ; levé à 7h30 et direction Bossut pour la fête du village voisin. Une bonne idée au départ, se faire mieux connaître dans la région toute proche. Mais le temps est maussade, l’emplacement est décalé par rapport au centre des activités de la fête, la population est peu nombreuse et visiblement peu intéressée par la dégustation de (vrais ;-) grands vins ! Au final, 9 heures debout pour quelques dégustations et quelques bouteilles vendues, ou comment être au mauvais endroit au mauvais moment et par mauvais temps. Merci aux quelques personnes (Marc, Manu, ..) qui m’ont soutenu ou sont passées me dire bonjour pendant ce calvaire. Un autre caviste, un peu plus loin avait l’air encore plus désolé que moi, ouf, on se sent mieux sur le Titanic que seul dans son canot de sauvetage! Mais quand on tombe de cheval, on remonte (« never say die » disait ma grand-mère!) ; l’année prochaine, je reviendrai et ferai bar à vins … de fruits !

17:30 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

JUIN 04 : LA FOIRE de Rouffach ou LA FOIRE des Bordeaux ?

Deuxième escapade à la foire de Rouffach, celle de l’année passée m’avait permis de me conforter dans l’idée que les vins bios étaient plus que bios mais pouvaient aussi être bons (et oui, certains en doute encore ;-). L’objectif cette année était multiple, renouer les contacts avec Bruno et Gérard Schueller (leur table d’hôte à ne pas rater), redéguster les vins du domaine St-Nicolas en Fiefs Vendéens et concrétiser une collaboration, prendre livraison d’une deuxième (déjà !) commande de Jura (Tissot, Pinte) via Claude Charbonnier du Clos des Grives, sélectionner un bon Languedoc pour compléter ma dégustation de fin juin, et enfin, explorer Bordeaux sans a priori par la face bio de la montagne. Tout ce boulot quand même, non ?

Avec Bruno la fin de journée et Gérard le reste de la nuit, c’est de la passion à l’état brut, on discute et on déguste, les oreilles et les papilles ouvertes, sujets de discussion en vrac, l’approche bio (quelques anecdotes savoureuses sur les études de Bruno), la certification ou non, les agréments, les nouvelles réformes des AOC, passionnant. Tout cela dans une générosité sans calcul et sans mal de tête le lendemain (ah l’avantage du peu de soufre). Questions vins, deux coups de cœur que l’on retrouvera immédiatement à la carte. Un Muscat ; je courais depuis un an après un bon muscat (enfin, un muscat que je trouve bon), le voilà, dense, aromatique et pourtant rafraîchissant. Et un riesling ; j’adore les rieslings, ceux de Frick ou de Schaetzel, mais je recherchais en complément quelque chose de structurellement différent, dense mais plus austère, sec et minéral ; le voilà, ce sera ce merveilleux Bildstocklé 2001 !

Au repas, à la table de Gérard Schueller, il m’offre à déguster des fonds de bouteilles de la grande fête de la veille, parmi lesquels de vieux millésimes. Vraiment, un conseil, garder un peu vos Alsaces ! Le moment est agréable et quand arrivent les premières heures de la nuit, nous sommes prêts à nous déglacer au crémant, un crémant refusé à l’agrément pour cause d’amertume; c'est le fameux Hic Sine Sulfure Spuma. Elle est présente c’est vrai, mais quel amplitude en bouche, quel caractère !

Au retour, j’ai dégusté le pinot noir sans soufre reçu en cadeau, gamme aromatique intéressante (fruits rouges macérés, légèrement compotés, cuir), l’exercice vaut la peine, mais cela reste un exercice, je ne suis pas encore convaincu. Le tout sans soufre dépend vraiment du cépage, du terroir et du vinificateur, pas de règle générale jusqu’à présent.

Par contre le soufre minimum est vraiment l’objectif à atteindre. Les vins du domaine St-Nicolas maintenant, c’est le père de Thierry qui tient le stand, sympa, mais quand même moins marrant que Thierry. Mais je suis aussi là pour les vins. Premier arrêt, le Gammes en May 03 (pur gamay), j’adore, d’habitude je prends 1 bouteille pour redéguster à mon aise chez moi, ici j’en prends 12 ! Et ce n’est pas tout, il y a le choix, la cuvée reflets rouge 2003 est encore meilleure, le pinot noir (80%) Jacques est concentré mais croquant à souhait, le Poiré 2002 (100 négrette) est un jus de mûres épatant, et les blancs sont parmi les meilleurs du coin (clous excellent Q/P et hauts de clous 02 à attendre). Pas un faux pas, peut-être la grande pièce est-elle un peu chère, je regoûterai à mon aise plus tard.

Visite chez Claude Charbonnier qui a manifestement eu du mal à se lever ;-), des caisses de crémant rosé, du macvin, du vin de paille tout cela pour un Q/P super, mais le temps presse, je charge, descends un verre de crémant et dois déjà passer à la suite.

La suite ce sera l’exploration de domaines inconnus, le Carité en main, mes souvenirs en tête, je déambule, déguste et recrache systématiquement tout ce que le Languedoc et le Bordelais présente à Rouffach. Au final, quelques bonnes choses en Languedoc (les nones du Monastère de Solan par exemple), mais surtout un coup de cœur, le domaine Beau-Thorey en Pic St Loup ; non seulement le gars cristallise tout ce que j’aime dans l’approche du vin, mais ceux-ci sont originaux, bons et pas cher. On en reparlera c’est sûr !

Et le bordelais me direz vous ? Quoi ? Et bien je l’ai dis au début : la Foire !Bon j’exagère car je suis un peu excédé, mais entre le bois, le poivron , le caramel et les robes délavées, je commence au mieux à croire que mon goût s’est vraiment modifié à force d’ingurgiter les élixirs du Casot des Mailloles ou de Leon Barral. Puis je me dis que j’adore les vins vifs de la Loire (quand il n’y a pas de poivron vert ;-), et que je ne recherche donc pas que des « bombes aromatiques ». Le problème serait-il ailleurs ? Probablement; mais en tout cas, les vins dégustés sur place étaient peu passionnants et Bordeaux n’est vraiment pas à la pointe de la qualité en bio ! A suivre et au plaisir de voir cette affirmation peut-être hâtive infirmée. Pour me consoler, un beau cahors tout simple, non chaptalisé, non trafiqué, presque tout nu du domaine de l’Antenet. Santé !

13:38 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

AVRIL 2004: LE JURA, en long, en large et en diagonale!

ganevatbarb

Le Jura, quelle idée ! Toujours pas de Bordeaux ou de Bourgogne à la carte alors pourquoi donner la priorité au Jura ?

Tout d’abord, pour les Bordeaux, il y a les foires CORA ;-) et les Bourgognes, c’est vrai que j’y plongerai un jour, mais les prix sont un peu rebutants, non ? Ensuite, il y a un concours de circonstances, si je fais ce nouveau "boulot", c’est pour la découverte et je l’avoue, je ne connaissais presque pas cette région. Juste un château chalon dégusté il y a quelques années mais qui avait déjà gravé dans mes papilles sa sotolone indélébile. Depuis, quelques tentatives ratées avec les vins facilement disponibles en grande surface ; mais le virus était apparemment latent.

Deux détonateurs allaient le libérer, un article ou l’autre de la RVF sur les autres grands blancs et sur la polémique du ouillage ou non ouillage, et surtout le travail de sape d’un Jurassien passionné sur la toile.

Bref, quelques jours de vacances à programmer en Avril, le choix est vite fait,une frustration d’avoir ratée la percée en Février et comme on dit que le printemps y est précoce, ce sera le Jura ! Le détail de ces pérégrinations est évoqué sur le site de ma Boutique, dans la rubrique "Domaines".

C'était du pur plaisir. Simplement ajouter que j’ai probablement maintenant la plus belle carte de vins du Jura de Belgique et sans rougir, que j’en suis assez fier. Avec votre aide, je vais tout faire pour la maintenir voire la développer.Une adresse à retenir, le Moulin de la Ferté, près d’Arbois, mais ils parlaient de remettre leur « gîte » fin d’année (cela nous a même donné des idées quelques minutes puis on s’est rendu compte qu’on était dans le Jura ;-), dommage les confitures de madame Puiseux étaient excellentes (et ses kiwis) et la conversation de son mari au petit déjeuner très agréable.

13:26 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

JANVIER 2004: Le MEILLEUR VIN et le MEILLEUR DOMAINE de l'ANNEE 2003

Chaque année, certains passionnés aiment à se livrer à ce genre d'exercice, futile mais intéressant. Je ne vais pas y échapper. Intéressant de simplement observer le premier vin qui nous vient à l'esprit, et puis de se pencher sur l'année écoulée pour se remémorer ces grands moments de dégustation et de rencontres La vie s'écoule beaucoup trop vite que pour ne pas s'arrêter quelques minutes.

Pour le vin, c'est sans hésiter, le brut réserve grand cru Ambonnay du domaine A. Beaufort qui me vient à l'esprit. Il a été le premier à me réconcilier avec le champagne, l'odyssée aromatique est surprenante et le prix est encore tout à fait abordable. Même après quelques jours et seulement quelques bulles résiduelles, il est toujours étonnant et bon! Il m’a ouvert une porte sur un monde que je croyais éteint ou inabordable.

Mais j'ai donc aussi réfléchi au meilleur domaine ou vigneron de 2003 et là je serai un peu plus long.Mon domaine préféré de 2003 ? Difficile de choisir évidemment, je n'ai sélectionné que des coups de coeur et des domaines avec lesquelles les atomes étaient vraiment bien crochus! Ma première réaction consiste un peu à me demander quel est mon enfant préféré. Mais bon, pas de panique, passionné mais encore un peu raisonnable, je n’en suis quand même pas encore là. Je me suis donc livré à ce petit exercice et après une longue réflexion voici le résultat que je vais tenter de retranscrire ici.

En débutant ma petite activité de caviste, je me doutais que j’allais rencontrer des vignerons sympas et déguster de bons vins, et j’espérais bien sûr que certains d’entre eux seraient en plus en phase avec mes opinions concernant la manière de travailler et la qualité des vins. Mais je ne m’imaginais pas rencontrer autant de personnages vrais, avec souvent, des personnalités bien tranchées. Alors en isoler un, je me répète, très difficile!

Finalement, ce que je recherche en plus de vignerons qui partagent mes idées et qui font des vins que j’aime, ce sont des hommes ou des femmes qui vont au bout de leur réflexion avec un minimum de concession et un maximum de questions. Qui n’ont pas la conviction absolue d’être dans le vrai, qui sans cesse remettent en question leur manière de travailler et d’aborder les vinifications. Je suis un partisan de l’approche bio et nature de la culture de la vigne (et de l’agriculture) et de la vinification (et de la vie). Mais dans ce domaine, j’aime aussi remettre certaines idées reçues en question. J’adore en discuter avec les avocats du diables, les rationnels objectifs et cartésiens qui me rajeunissent à chaque fois (je suis scientifique) mais qui me permettent surtout d’affiner et d’étayer progressivement mes convictions (merci Robert Creus).

En outre, j’aime les gens passionnés mais qui ne se prennent pas trop la tête, ce n’est que du vin finalement, un produit alimentaire de luxe réservé à quelques privilégiés. Des passionnés, donc, mais avec un grain de folie de préférence, rafraîchissant dans notre monde centré principalement sur le fric et le business. Des vignerons qui prennent des risques, qui bousculent les idées reçues (des anarchiques ?), qui vous impressionnent par leur compétence, qui vous étonnent par leurs contradictions…si en plus il se trouve des atomes crochus ou tout au moins un bon contact, alors je suis comblé.

J’ai aussi une faiblesse pour les petits domaines, j’aime à croire que le propriétaire connaît tous ses ceps par cœur et avec cœur et qu’il accompagne ses raisins dans leur métamorphose en vin. Que sa priorité soit le vin, et sa qualité et non pas sa cote Parker et son cours économique. J’aime aussi que le vin que je bois me transporte dans un endroit idyllique, le soleil, les paysages vallonnés, les sols colorés, la transpiration et les chants des vendangeurs, un effet immédiat sur le stress quotidien de nos vies trop trépidantes. Que le vin est issu de cet endroit et qu’il serait différent quelques kilomètres plus loin. Le prix des vins doit aussi être abordable (critère à variation personnelle) et refléter la qualité du vin et du travail effectué.

Et les vins me direz vous ? Bien sûr, que je n’oublie pas les vins ! Comme la plupart j’imagine, j’aime les vins complexes aromatiquement, dont les parfums sont à eux seuls une invitation au voyage ou qui procurent une émotion. Si après avoir humé le vin, je redépose le verre, c’est déjà bon signe. La bouche; le corps, les tannins, l’acidité, … sont pour moi des éléments de la personnalité mais j’ai l’impression que mon appréciation dépend beaucoup de mon état personnel (physique ou d’esprit), des conditions de dégustation ou de la table, voire de la compagnie. Je ne veux pas dire que j’apprécie les vins secs, creux ou acides mais une pointe d’amertume ou des tannins un peu présents sont par exemple souvent une arme supplémentaire pour l’accord parfait des mets et des vins. La présence de sucres résiduels que je ne recherche généralement pas pourra également me convenir si j’ai besoin de douceur à l’apéritif ou en fin de repas, …

C’est une des (nombreuses) raisons pour lesquelles j’ai de plus en plus une sainte horreur des classements et des cotes.J’ai aussi un faible pour les vins moins consensuels (cela va souvent de pair avec la complexité). Rien ne m’énerve plus (je caricature) qu’un vin monolithique ou qu’un dégustateur qui repousse doctoralement un vin en proclamant un défaut d’oxydation. Je ne parle pas évidemment de vins plats complètement madérisés et passés voire trépassés, mais des oxydations ménagées (voulues ?) ou évolutives qui peuvent apporter une gamme aromatique toute différente et tout aussi passionnante (voir certains vins sans soufre, certains très vieux liquoreux, …) et participent ainsi à la complexité du vin et à l’odyssée aromatique. L’oxydation n’est qu’un exemple, je constate que les vins qui me plaisent le plus ont souvent une forte personnalité (comme leur géniteur ?), qu’ils ne font pas toujours l’unanimité et que l’on en débat souvent pendant les repas ou les dégustations où ils sont présentés.

En réfléchissant à ceci, mon choix s’est éclairci petit à petit et finalement il est devenu plus qu'évident. C’est le domaine Casot des Mailloles d’Alain Castex et Ghislaine Magnier à Banyuls et leurs vins (Soula, Clôt de Taillelauque, le blanc et leur vin antique) qui répondent le mieux à tout ces éléments. Voilà, j’espère ne pas avoir été trop long.

13:13 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

DECEMBRE 2003 : LA FOLIE

Deux grandes dégustations qui me tenaient à coeur en Décembre, Alsace le 13, et Champagne/Casot des Mailloles le 20! A une semaine d’intervalle et alors que tout le monde pense plus aux fêtes et à leurs préparatifs qu’à déguster du vin. Anne me dit : c’est de la folie, elle ne sait pas encore qu’elle a ... 1000 fois raison.

Toutes les dégustations me tiennent à cœur bien sûr, je ne fais pas cela en plus de mon boulot principal par contrainte, au contraire c’est toujours un moment de grand plaisir. Alors pourquoi ces deux-là? Et bien j’estime que l’Alsace est finalement peu ou pas assez reconnue comme région de grands vins ; c’est une erreur et je voulais modestement le démontrer. Il y a en effet beaucoup à découvrir derrière l’océan d’insipidité largement distribué chez nous. De plus c’est une région tellement agréable et accueillante que le moindre prétexte entraîne chez moi une petite visite. Au vu du succès de mes « c’est fou ce que je m’approprie les vins que je distribue » vins d’Alsace à cette dégustation; comprenant pourtant de « petits » cépages comme le sylvaner, le pinot blanc ou le chasselas et des pinot gris ou gewurztraminer à moins de 10 euros, je crois déjà en avoir convaincu plus d’un que souvent sans débourser un euros en plus on peut engranger en cave de « vrais grands vins ».

Ensuite, la deuxième dégustation concernait principalement mon domaine préféré du moment : le Casot des Mailloles en Roussillon et une région que j’ai redécouverte récemment grâce aux domaines Larmandier-Bernier et A. Beaufort : La Champagne. Ils ne proposent pas toujours des vins consensuels mais le voyage aromatique (l’odyssée des arômes !) est à chaque fois garanti et l’émotion souvent présente. Vous êtes quelques uns de plus à partager cet avis et quelques uns de moins à dire « le champagne ne m’intéresse pas ! ». Ces domaines apportent également ce grain de folie particulièrement rafraîchissant en comparaison à d’autres principalement centrés sur le business!

Outre le fait que combiner 2 dégustations à une semaine d’intervalle était un peu fou, je devais me déplacer au Canada la semaine précédant la dégustation alsacienne (et pas pour déguster des ice-wine !). Bien sûr je rate mon avion du retour pour cause de tempête de neige et n’arrive finalement à Pécrot que deux heures avant la dégustation avec un jetlack de 6 heures et 2 nuits blanches derrière moi. La folie encore !

Merci à tout ceux qui ont proposé de me seconder et à mon beauf qui a préparé les vins en mon absence.Au final, deux belles dégustations réussies mais nous n’en resteront pas là. Nous continuerons à voyager en Alsace au gré des grands crus et des lieux dits début 2004, et je ne résisterai pas longtemps à faire redéguster rapidement mes domaines fétiches.

13:09 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

16 NOVEMBRE 2003 : LE SOUFFLE

Pourquoi le souffle, tout d’abord pour pousser un grand ouf de soulagement ! Tout s’est bien passé hier, un bon nombre d’amateurs nous ont rejoints pour cette première dégustation. Des amis, des voisins, de la famille, des amis d’amis et des inconnus; nous ne pouvions espérer mieux pour une première. Tous semblent avoir apprécié ce contact avec les vrais grands vins. Un grand merci à tous ainsi qu’à ceux qui nous ont envoyé leurs encouragements. L’ambiance était conviviale, voire apéritive; le jeu des arômes (le True Great Nose ;-) a bien fonctionné, une bonne dizaine d’entre vous se sont pris au jeu, nous avons donc envie de recommencer.?Le souffle, aussi parce que nous avons un week-end plus calme avant la prochaine dégustation (le 29 Novembre) pour nous retrouver en famille et enfin car nous comptons sur ce souffle pour continuer longtemps et nous emporter vers de nouvelles aventures vinicoles, olfactives et relationnelles…

13:07 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

NOVEMBRE 2003 : L’ANGOISSE

La première dégustation est ce samedi 15, tout est prêt, croisons les doigts. Nous vous attendons !

13:06 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

OCTOBRE 2003 : L’ALSACE ALLER-RETOUR

Un vrai raid, trois domaines triés sur le volet. Stoeffler à Barr, un couple d’œnologues avec une gamme extra, à prix très doux dont un fameux grand cru, le Kirchberg de Barr. Martin Schaetzel à Ammerschwihr, une révélation, un vigneron professeur auprès de qui on apprend beaucoup (première expérience ici, la salinité d’un vin, étonnant, et les différences de terroirs granit et argilo-calcaires, passionnant). Et enfin le troisième, une confirmation de la dégustation de Rouffach, le domaine Frick à Pfaffenheim avec quelques heures passées à déguster avec Jean-Pierre Frick. Là aussi, passionnant, il fait déguster tout à l’aveugle et vous explique échantillons en main son combat contre le goût de bouchon, sans concession. Au total, 78 vins dégustés, tous recrachés. 20 vins sélectionnés et quelques fameux coups de cœur à tous les prix. Je vous conseille également de vous préparer à des pinots noirs 2003 d’anthologie, dégustés au fût, rien à voir avec le pinot noir d’alsace décoloré auquel trop de maisons nous habituent.

12:02 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

OCTOBRE 2003 : LE PREMIER PAS

Voilà, le matin d’un excellent souper avec Les Passionnés du Vin et un vigneron (Robert Creus, un cas du Languedoc), je reçois enfin mon numéro d’accises et peut donc enfin lancer ma première commande (voir compte rendu du souper sur le site LPV). Il me faut une palette complète pour limiter les frais de transports. Pas de problèmes, les 4 vignerons choisis réuniront leur vin en un seul endroit. La livraison est faite le 23 octobre, ouf tout s’est bien passé.

12:00 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

MAI 2003 : LA FOIRE

Il faut maintenant prospecter, le concept est déjà clair dans ma tête, je choisi les meilleures denrées alimentaires pour ma famille, sur base du goût, de la provenance, souvent en bio. Je cultive mon potager dans la même optique depuis 10 ans, j’ai fait mon mémoire d’agronomie en culture biologique (le Bacillus thuringiensis vous connaissez ?) pas question de commercialiser du vin uniquement pour commercialiser du vin. Il faut que ces vins et ceux qui les font répondent à ma sensibilité. Et ma sensibilité c’est du très bon vin et du bio !

Mais y a-t-il de bons vins bios ? Bien sûr je sais que les plus grands sont souvent en bio voire en biodynamie ; à commencer par les meilleurs bourgognes (Romanée Conti et Lalou Bize Leroy), la coulée de Serrant (un des 5 meilleurs vins blancs de France selon Curnonsky), ou encore Beaucastel en Châteauneuf du pape, et sans oublier les meilleurs Alsace (Zind-Humbrecht, Marcel Deiss et les sœurs Faller). Hélas ces vins sont aussi souvent hors de prix et pas toujours disponibles ! Il faut donc prospecter!

Et justement un de meilleurs vignerons alsaciens, Jean-Pierre Frick (un des pionniers du bio et de la biodynamie) organise à Rouffach une giga foire bio, le programme est colossal mais alléchant. Via le site LPV, décidément incontournable, on me renseigne chambre d’hôtes (chez G. Schueller) et restaurants (on ira à la Taverne Alsacienne). On y sera (merci Papy et Mamy !). Le temps est magnifique (ce n’est que le début de la canicule et on apprécie encore) et la foire est exceptionnelle par la diversité des ses produits, alimentaires ou non.

Mais on est là pour déguster des vins et le choix est immense. Un premier tri a été fait sur base de la littérature, et c’est bien car tout n’est pas bon. Il y a aussi de l’exceptionnel et le premier est Beaufort en champagne, des champagnes puissants, de longue garde et qui vous réconcilie avec les demi-secs. Le domaine St Nicolas en Fiefs Vendéens, des vins gras et très aromatiques, parfois loin de leur cépage, et Thierry Michon est en plus un fameux personnage. Le Clos des Grives en Jura, très bon et très sympa et bien sûr le domaine Frick en Alsace. J’y ai également dégusté des bourgognes très intéressants (Giboulot, Rateau, Guyot). Je suis rassuré, certains producteurs bios produisent également d’excellents vins et les prix ne sont pas toujours astronomiques; de vrais grands vins quoi!

11:55 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vin bio naturel |  Facebook |

JUILLET 2003 : LES VACANCES

Une chance extraordinaire, des amis nous prêtent leur appartement sur la côte vermeille pour 2 semaines! Pas d’hésitation, le programme des vacances est chamboulé et début juillet nous nous retrouvons au sein de cette entité viticole trop peu connue. Cela tombe bien le Roussillon m’attire, j’adore le banyuls, les anchois, et la montagne (le fameux Canigou !), mais il m'attire aussi car j’ai l’impression que cette région vit un peu dans l’ombre du Languedoc qui a connu un essor impressionnant ces dix dernières années (il suffit de voir le nombre de pages qui lui sont consacrée dans les différents guides et revues). Bien sûr, il y a quelques fameuses très bonnes locomotives de grande taille (Cazes) et de grande réputation (et donc de prix) (Gauby/muntada et Bizeul/petite sibérie). Je me suis aussi laissé dire que cette région était une des plus dynamique en vins natures et bios. On ira donc vérifier tout cela sur place.

Et voici donc le fruit sélectionné de ces 2 semaines de dégustation, de rencontres, de vacances quoi ! Le domaine Joliette, des vins puissants et aromatiques, souvent de garde. Le domaine de la Rourède, en bio bien sûr, des vins gorgés de raisins et un sublime mais très rare Misteri. Le domaine Fontanel, dans le village de l’homme de Tautavel, des vins de fruit et de garrigue à des prix vraiment très doux. Le domaine Ferrer-Ribiere, des vins un peu à part dans le sud, puissants mais élégants, complexes et avec des tannins de velours. Et enfin, le Casot des Mailloles, un des plus originaux mais aussi un des plus grands, tout simplement !

Des vacances comme celles là, tous les ans, je suis partant!

11:09 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

JUIN 2003 : Le PARCOURS DU COMBATTANT

Bon, les démarches officielles ont commencé. Naïvement je pensais être prêt au moins pour notre visite en Roussillon. Que nenni, simplement pour signaler mon admiration aux indépendants et entrepreneurs, tout est lent, on ne peut même pas blâmer les gens de l’administration, ils travaillent et sont même souvent serviables, mais le système est vraiment trop compliqué, ampoulé, enflé d’écritures inutiles. Enfin c’est aussi là que l’on voit la motivation… On ne va pas entrer dans les détails, peu d’intérêt !

11:04 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

JANVIER 2003: LE PARI

Je découvre sur un site de passionnés LaPassionduVIn des commentaires élogieux pour un vin de pays, le Limbardié, un pur merlot. Certains sont tellement dithyrambiques (aurait battu Pétrus en aveugle, un des meilleurs dans une dégustation de grands St-Emilion, …) que j’ai vraiment envie d’y goûter et de couper les ailes à ce petit canard. Je réussi à m’en procurer quelques bouteilles de 2 millésimes et le soir même, je goûte la première (un 1999). Au premier nez, envolées les appréhensions, ce vin a vraiment un plus et s’il ne peut nier son origine solaire, son fruit merlotte avec bonheur. La bouche est à l’avenant et le coup de cœur est bien là, il faut que je le fasse découvrir absolument à d’autres.Une petite dégustation est organisée avec quelques amis et une idée me vient, je glisserai dans la conversation qu’il est possible d’en acheter, si l’effet est positif, c’est que mes goûts ne sont pas si mauvais et je développerai cette activité. Le résultat est concluant, une 100aine de bouteilles sont commandées, je n’ai donc plus le choix, A ship in a harbour is safe but that is not what ships are built for…. Hissons les voiles.

10:43 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

NOVEMBRE 2002 : Le Choc

Comme souvent le midi, une balade dans les rues de Leuven, cela permet d’attaquer l’après midi l’esprit ressourcé et le cerveau oxygéné. Je suis parfois superstitieux, mais il m’arrive aussi de provoquer les mauvaises entités et les chats noirs en passant sous les échelles. Ici, pas du tout, des travaux dans une rue à grand passage, je suis les indications, passe sous un immeuble en rénovation et commence à traverser la route. Deux petits pas et un fracas sourd m’arrête au milieu du passage clouté, tous les gens en face de moi sont figés, je me retourne lentement, un gros bloc de pierre se trouve derrière moi. Là haut, personne ne semble se rendre compte de la chute. Je me remets en route, un peu choqué, bénissant le ciel de m’avoir évité cette mauvaise rencontre. Au retour, quand je raconte cette anecdote en vantant ma chance «tu sais à quoi j’ai échappé ?», deux commentaires me surprennent et ils vont dans le même sens «cela n’arrive pas à tout le monde», «il y a des gens qui changent de vie après de tels évènements». Je hausse les épaules, mais mine de rien cela a fini par trotter dans ma tête.

10:02 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |