18/06/2009

SCHISTES OU CALCAIRE (I): ALSACE

Et vous, plutôt schiste ou calcaire? Dans la littérature de vulgarisation, on présente souvent les vins issus de terroirs "calcaire" comme étant plus puissants (surtout si le calcaire s'accompagne d'argile), tanniques, dotés d'une acidité minérale et de bonne garde, tandis que les vins de schistes seraient plus élégants, fins, longilignes, aux tannins soyeux et plus rapidement à leur apogée. Dans ma petite tête, j'associais aussi le schiste du Sud avec le côté juteux et "buvable" d'un Jadis de Leon Barral, j'avais d'ailleurs cru reconnaître à raison cette parenté avec la cuvée la Sylve du Mas Lumen, dont le terroir est également à base de schiste. D'autres y trouvent des arômes minéraux, fumés, de caillou, de goudron, que sais-je encore?  Ben nous, pour en avoir le coeur net, nous nous sommes plongés, au propre comme au figuré dans une bonne quinzaine de cuvées survolant les différents terroirs ou l'on rencontre du schiste ou du calcaire, d'Anjou à Vovray, de Faugères à St Chinian, du Kastelberg au Moenchberg en passant par Nuits St Georges, appétissant n'est-il pas,

PAIRE 1 (Groupe 1: le 2006, Groupe 2: le 2005)

ALSACE, Riesling Grand Cru, Moenchberg, 2006-2005, Rémy Gresser

Le Moenchberg, est un grand cru de 11,83 ha, dont le sol est assez varié, plutôt argilo-limoneux, mais avce pas mal de calcaire; la parcelle de Rémy Gresser est à dominante de calcaire fossilisé. Ce 2006 est assez fruité, sur l'ananas, en demi-corps, avec quelques sucres résiduels, une bonne acidité mais pas très long. Vin correct. Le 2005 est dans la même veine, mais en plus de tout, déjà ouvert, il vieillira très bien, très bon vin, un peu dans le style des Schaetzel.

ALSACE, Riesling Grand Cru, Kastelberg, 2006-2005, Rémy Gresser

Petit Grand Cru de 5,82 ha, le vignoble du Kastelberg est exposé Sud-Est et est composé de schistes de Steige, des schistes noirs, riches en minéraux et pratiquement sans argile. Ce 2006 est déjà très ouvert au nez, sur des notes minérales plus complexes que le simple "pétrôle", un peu musquées. La bouche est élégante, assez concentrée, de bonne longueur, mais avec une acidité en retrait. Beau Vin, original et bon! Le 2005 est hélas bouchonné, mais semblait prometteur, avec ses arômes musqués, de lavande, de résine. Dommage!

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Ce qui frappe entre ces deux terroirs, c'est le nez, fruité sur le Moenchberg et minéral sur le Kastelberg. Ensuite, la grosse différence vient de l'acidité, assez marquée dans le Moenchberg et nettement moins dans l'autre. Par contre, il glisse tout seul, et joue sur l'élégance, alors que le Moenchberg est plus sur la puissance (le 2005 en tout cas). Super intéressant, la suite bientôt ...

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20/05/2009

La SYRAH, AH ça IRA (I)

Deux ateliers consécutifs consacrés à la syrah, et une pléthore de belles cuvées d'origine très diverses, pour un cépage originaire d'Ardèche, et non de Shiraz en Iran, ni même de Syracuse! Pour la théorie, il faut assister à l'atelier, pour la pratique virtuelle, c'est ici;-). C'est parti!

ARDECHE: Châton de Garde 2007, Syrah, sans soufre ajouté, Andrea Calek (Atelier 1- Atelier 2)

Une de mes cuvées préférées, proposée par Andrea, qui travaille également au Mas de Mazel. C'est du sans soufre soigné! Nez un peu lacté, fruits noirs très mûrs, un peu solaire. La bouche est ronde, soyeuse, fruitée, la finale sur le chocolat noir. C'est un peu fermé, ou plutôt la cuvée se referme; car il y a quelques mois elle resplendissait. Nettement plus expressif le lendemain, il faut maintenant l'oublier ou la carafer longuement.

ARDECHE: Syrah 2007, Hervé Souhaut, Romaneaux Destezet (1-2)

Robe plus claire, nez plus expressif, nettement poivré, balsamique, avec quelques notes végétales pas dérangeantes. L'attaque est un peu dure, mais le milieu de bouche est tout en dentelle, on salive allègrement. Le vin prend du volume à l'aération. 

C'est dingue la différence entre ces deux cuvées, alors les vignobles ne sont situés qu'à quelques dizaines de km. Deux belles expressions de syrah.

SAVOIE: Harmonie, Cru Arbin 2005, Mondeuse, Charles Trosset & Fils (1-2)

Robe sombre, nez fruité lacté (yaourt aux myrtilles), notes florales, de gentiane à l'aération. Je l'ai cependant connu plus ouvert. La bouche est un peu dure, avec de l'acidité mais un peu austère. Le vin prend aussi de l'ampleur à l'aération. Un beau vin, mais un peu strict. Egalement en phase de fermeture, sans doute.

ARDECHE: Cuvée ST Philippe 2005, Syrah, Sans Soufre ajouté, Mas de Mazel (1 - 2)

Robe bien sombre également, mais c'est le nez qui attire l'attention. Animal (bret), vernis (volatile), pomme verte (ethanal), il semble cumuler les défauts de l'oenologie modene. Il rebute d'ailleurs certains que je convainc pourtant d'y porter les lèvres. Et là, tout le monde se met d'accord, la mondeuse est explosée par l'éclat du fruit du Mas; par sa gourmandise, par son jus, par sa fraîcheur. Etonnamment, elle fera presque l'unanimité. L'aération lui est aussi favorable au niveau aromatique, tout comme un carafage vigoureux aurait été souhaité. Un exemple d'école de l'effet "vin naturel" sur la perception du vin! 

 

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LANGUEDOC, Coteaux du Languedoc, Pleine Lune 2002, Syrah, Beau-Thorey

Qui a dit que 2002 était un millémime pourri. Pas chez Christophe Beau en tout cas. La robe est noire, le nez sur la réduction, mais nettement moins qu'il y a quelques années. C'est sauvage, c'est floral, mentholé, avec des notes fumées, c'est bien de la syrah! Une bouche fraîche, avec de l'acidité, en demi corps, mais non dénuée de longueur, ni de mâche. Les avis sont partagés, certains se régalent et d'autres recherchent plus de matière.

ROUSSILLON, Côtes du Roussillon Villages, Romain Mercier 2002, Syrah grenache, Domaine Joliette (1 -2)

Au premier nez, certains prennent l'avion pour le nouveau monde, et oui, le boisé est encore un peu marqué. Heureusement, des la première gorgée, ils font demi-tour et reviennent en France, mais dans le Sud. Derrière le bois vanillé, il y a du fruit, très mûr, et dans le fruit, savez vous ce qu'il y a? Encore un peu de tannins, mais assez soyeux; un petti creux en milieu de bouche mlarque le millésime. Une bouteille sympa pour qui n'a pas peur de se promener dans les bois;-).

AFRIQUE du SUD, Syrah Elim 2007, Standveld Vineyards (1)

Nez très vanillé, un peu brûlé, arômes de garrigue et de fruit hyper mûr, c'est assez caricatural, malgré une belle matière. Ce 'est pourtant pas trop chaud, ce sont vraiment les arômes qui sont écoeurants. Car là, on prend l'avion et on va loin, très loin. Un peu indigeste dira-t-on...

RHÔNE, Saint-Joseph Saint Epine, Syrah, Hervé Souhaut, Romaneaux Destezet (1)

Robe sombre mais pas noire. Le nez est délicat, et le contraste avec l'autre vin est sidérant. Ici, c'est floral, avec mêmes quelques notes d'agrumes. C'est tout en dentelle, pas en puissance ni en matière. C'est aérien, il y a de la longueur de saveur, mais pas d'alcool; mais ce pas assez expressif pour certains, et pourtant ...

 

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La suite très bientôt, les meilleures bouteilles arrivent!!!!

 

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18/04/2009

EFFET MILLESIME (Les Rouges)

On passe aux rouges et nous abordons une de mes régions préférées, le Beaujolais. Dans cet océan de médiocrité, il y a quelques perles et nous allons nous lancer sans crainte dans l'appréciation d'une trilogie de Moulin à Vent, ceux de Michel Guignier. Découvert il y a quelques années, Michel travaille en bio(dynamie) et vinifie avec peu ou pas de sulfites. Conjugué à de petits rendements et un bon terroir, cela donne d'excellents vins, il me semble en progrès constant. Nous allons le vérifier. En terme de millésimes, ils sont proches en qualité de la Bourgogne. 2004 difficile, 2005 parfait, 2006 un peu généreux mais déjà très agréable.

BEAUJOLAIS, Moulin à Vent 2004-2005-2006, Michel Guignier (Groupe 1-2)

Les robes sont bien différentes, le 2004 étant sans surprise plus clair. Des arômes de poivre long, de terre et de sous bois s'en dégagent aisément. La bouche est assez acide, le fruit sur la groseille, les tannins encore présents mais souples. L'évolution est à la limite du végétal, agréable, mais végétal quand même, témoignant d'un léger ma,que de maturité. Un vin pour la table. Le 2005 est tout son contraire, fruit noirs, violette, graphite, légères notes animales, épicé. Bouche encore un peu fermée, avec un beau jus en milieu de bouche mais des tannins encore un peu bourrus. A attendre encore. Ah le plaisir de beaucoup de 2006, il est actuel. Son nez est plus subtil, avec des notes sanguines, de fer, de fleur. Une bouche élégante, fruitée, aux tannins plus veloutés. C'est moins puissant mais très bien équilibré, dans un style très nature. Beau vin. Mêmes appréciations dans le deuxième groupe excepté le 2006, légèrement bouchonné, mais nous 'lavons remplacé.

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BOURGOGNE, Marsannay Les Favières, 2003-2004, Olivier Guyot (Groupe 1-2)

Un terroir en bas de coteaux, le 2004 avait, à sa sortie, été sélectionné dans la revue des vins de France. La différence de robe est évidente, un peu plus colorée dans le 2003. So nez est aussi plus fin, avce des notes florales qui se mêlent à d'autres plus giboyeuses. la bouche est suave, il reste encore quelques tannins, mais il ne sont pas secs contrairement à beaucoup de vins de ce millésime. Une bouteille plaisir pour le moment. Le 2004 est plus poivré au nez, épicé, minéral, avec une petite note de fût. Il possède plus de mâche, plus d'acidité et un peu de dureté, mais l'équilibre est là. A attendre encore un peu et à réserver pour la table, mais le petit déficit de maturité ne sera jamais comblé.

Avec les fromages divers, nous goûtons deux pinot noir, un d'Alsace et un de Bourgogne, et de millésime différents, pour voir.

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ALSACE, Pinot Noir 2006, Bruno Schueller (Groupe 1-2)

Robe à peine évoluée, le vin est en pleine forme. Nez puissant de rose, d'encens, d'épices, très nature nature. la bouche est un peu perlante, mais cela ne fait qu'ajouter à la gourmandise. On aime ou pas ce style, moi j'adore, et au vu du degré d'évaporation du vin dans les verres, je ne suis pas le seul. Superbe.

BOURGOGNE, Pinot Noir 2004, Abbaye du Petit Quincy (Groupe 1-2)

Robe groseille et en trouvera aussi en bouche, Très tytpique du millésime 2004 dans un recoin encore plus septentrional, Dominique Gruhier limité bien les dégâts. Le vin est à la hauteur, même s'il n'évite pas les notes de rafles et une acidité tranchante. Sur les fromages, c'est toutefois parfait, car le fruit ressort et l'acidité nettoie la bouche.

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PROVENCE, Baux de Provence, Clos Milan 2001-2002-2004, Henri Milan (Groupe 1-2)

Un cuvée mythique pour moi, et dans 3 millésimes, le rêve!

Les 3 cuvées sont au top dans des registres très différents. En demi corps, mais très parfumé, le 2002 est sûr des notes tertiaires, de tabac, de sous bois, d'encens et d'épices. La bouche suave présente encore deux ou trois petits tannins, mais c'est envoutant et très agréable. Le 2003 est à l'opposé, une bombe et ce n'est pas moi qui le dit. Robe sombre nez typé Milan, mais avec des notes de liqueurs de fruit. C'est suave, long, équilibré, sans chaleur, mais encore marqué par des tannins. Rien à voir cependant à ce qu'il pouvait présenter à sa sortie. Encore 2-3 ans et ce sera parfait, mais on peut l'attendre plus. Enfin le 2001, carafé comme les autres quelques heures, il faudrait prendre son temps pour en analyser la complexité, mais là, nous l'avons simplement bu!

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Quelques conclusions rapides et sans prétention, suite à cet exercice passionnant:  

- l'effet millésime est une réalité, les différences entre les années sont vraiment marquées. Il faut donc goûter d'une année à l'autre.

- les années sont hétérogènes, on le savait, il ne fait pas le même temps partout en France qu'à Bordeaux. Les 2004 d'Alsace étaient largement au dessus des rouges de Bourgogne et du Beaujolais. Les blancs au dessus des rouges.

- ceux qui ont complètement brûlé 2003 ont eu tort. Bien sûr il faut choisir, mais les rouges présentés (Provence et Bourgogne) étaient très réussis au contraire du blanc, un peu fatigué.

 

Voilà, à refaire, très certainement.

 

 

 

 

 

 

 

17/04/2009

EFFET MILLESIME (Les Blancs)

2 soirées consacrées à des miniverticales, afin d'approcher un peu l'influence du "temps qu'il fait" sur nos breuvages préférés. Nous avons donc parcouru, sur quelques millésimes, diverses cuvées plus ou moins huppées. Tous les vins sont issus de vignerons "nature", c'est à dire qu'il recherche à donner le meilleur de l'année (principalement par le tri et des extractions justes) sans essayer de lisser l'effet millésime.

Même atelier à une semaine d'intervalle, quelques séries ont été dégustée deux fois.

ALSACE, Pinot Blanc 2004-2005-2006, Gerard Schueller (Groupe 1).

J'adore cette cuvée de Bruno Schueller, et je la prends sans hésiter chaque année. Mais je ne les avais jamais mises côte à côte. On commence par un 2004, le nez s'est un peu refermé avec des notes fumées qui fatiguent un peu le fruit. La bouche est par contre très belle, beaucoup de fruit (litchi, pêche, abricot), riche, gras, mais avec une finale sèche, saline et un bel équilibre. C'est un beau pinot blanc mais qu'il faut boire. Le 2005 a une robe plus claire, un nez floral (ylang ylang); il est moins concentré que le précédent, avec quelques petits amers en finale. Cela claque en bouche et c'est bon! La robe du 2006 est la plus dorée, le nez est sur la cire, avec des notes de miel et de pourriture noble. La bouche est dans le style du 2004, avec quelques sucres résiduels contrebalancés par une bonne acidité. Impossible de lui résister. Ces 3 vins sont le reflet parfait du millésime, le 2004 avec un bel été indien a produit une très belle maturité. Le 2005, difficile, a souffert un peu des pluies, tandis que le 2006; millésime pourri un peu partout en Alsace a vu chez Bruno un peu de pourriture noble, le tri faisant le reste. Fameux résultat dans les 3 cas, mais je ne m'attendais pas à de telles différences entre ces 3 années, comme quoi!

millesime1BOURGOGNE, Marsannay La Montagne 2003-2004-2005, Olivier Guyot (Groupe 1 et 2)

3 millésimes successifs, mais de qualité très différente. 2003 c'était l'exceptionnelle canicule; 2004, millésime très difficile, eut du mal à atteindre la maturité (surtout les rouges), et 2005 fut sans encombre, un millésime "facile"!

Le 2003 a la robe dorée, un nez puissant de -poire compotée, un peu de beurre, de pâtisserie, de poire william, mais aussi à l'aération, quelques notes de madère. La bouche st puissante, mais sèche, saline, pas très acide, mais sans carence. Un peu trop d'alcool en finale, et ces notes de madère qui font dire que ce vin devrait être bu. Pas de miracle. la deuxième bouteille sera conforme, à peine moins avancée.

Le 2004 est moins coloré, avec des reflets verts, un registre floral au nez, épicé, anisé, fruité entre les agrumes et l'ananas. Une bouche vive, salivante, moins concentrée que le précédent. les deux bouteilles sont conformes, c'est bon pour qui aime la vivacité.

La première bouteille du 2005 est très fermée (même après ouverture;-), la deuxième s'exprime mieux, c'est puissant, charnu, musclé, avec plus de tout, de corps, d'acidité et de longueur. Il faut par contre l'attendre pour avoir une future belle bouteille.

Là aussi, le vigneron a bien négocié les millésimes tout en les respectant; seul le 2003 aurait sans doute déjà du être bu, pas de miracle!

millesime2LOIRE, Anjou Rouchefer 2004-2005-2006, Rene Mosse (Groupe 2).

Encore une des mes cuvées fétiches; j'avais d'ailleurs présenté le 2003 lors de l'atelier oxydé-oxydatif ; et dans un millésime difficile (canicule), le vin semble encore s'améliorer à chaque dégustation, soutenu par une minéralité de bouche exemplaire. Ce sont les 3 millésimes suivants que nous avons cette fois dégustés avec grand plaisir.

2004 n'était pas évident, il y a eu "un peu d'eau" selon René et un mois d'août faible. 2005 et 2006 sont pour René des milléismes sans problèmes, un peu plus chaud en 2005. Les rendements ont été faibles, mais en 2005, carrément lilliputiens.

Le 2004 est épanoui, le nez ouvert, sur la poire, le coing et le tilleul, très fruit! Je lui avait déjà trouvé une finale un peu alcooleuse, ce n'est vraiment pas le cas cette fois; au contraire, on lui retrouve ce côté juteux très agréable, une petite salinité et une belle longueur. On peut le boire, je ne crois pas qu'il puisse s'améliorer, même s'il peut encore "tenir" quelques longues années. Le 2005, c'est le 2004 en plus de tout, mais également plus fermé au nez, mais plus complexe. Plus de mâche, de concentration, de matière sèche, de raisin quoi. On ne se lasse pas de ce vin sec mais dense, à la minéralité exacerbée, pour moi grande bouteille et grande garde; ça tombe bien il m'en reste! Le 2006 est plus lascif, très ouvert au nez avec des notes de miel, il paraît un peu moins dense, et plus à boire, ce que l'on fait sans difficulté.

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Exercice génial, car si comparaison n'est pas raison, elle permet de lire ces vins sous un éclairage différent, et sans doute plus objectif! Passionnant!

La suite et les rouges bientôt!

 

18/03/2009

MINERALITE, nous l'avons rencontrée pour vous!

La Minéralité , vous la lisez partout, pas un compte rendu d’amateur qui n’y fasse allusion, pas une description de professionnel qui n’y fasse référence ; et vous l’entendez partout, pas un vigneron qui ne place ce mot magique sur un salon ou dans sa cave, pas un caviste qui ne vante la Minéralité de sa dernière cuvée en promo. Elle est à la mode, et puis elle fait débat, , ou encore , ou encore encore , ou encore et encore et encore et encore . Elle est donc partout, mais l’avez vous rencontrée.

Et bien, nous avons mis nos papilles en bandoulières et sommes partis à sa rencontre. Mais attention, elle est fourbe, la minéralité, elle peut vous jouer des tours, vous piéger, vous faire prendre des vessies pour des lanternes.

Comme nous sommes courageux, mais pas téméraires, nous nous sommes limités aux blancs, pour cette fois.

Nous avons commençé par des eaux, car qui dit minéralité, dit minéraux, et qui dit minéraux, dit eau minérale. J’avais choisi quelques eaux minérales connues, de salinité différente. Le contratse entre Evian et Spa est frappant. Spa est une eau qui semble dure au goût, elle serre les muqueuses, laors que l’Evian glisse sans se faire remarquer. La différence : 300 mg de sels dans l’Evian, 30 dans le Spa. Si vous prenez la Vittel et que vous la comparre avec la Contrexeville, c’est à nouveau le grand écart. Vittel semble proche d’Evian, mais la Contrexéville est plus ronde, elle enrobe la bouche, paraît plus consistante. La différence, 300 mg dans l’Evian, près de 3000 dans la Contrexéville. Gpûter la Badoit et la Vichy St Yorre permet de faire la différence entre les minéraux et le sel NaCl (ou sel de cuisine) contenu dans la Vichy. Enfin (quoi, certains ont trouvé le temps long en dégustant les eaux, mais non !;-), nous avons aussi goûté l’Hépar, qui contient un peu plus de Magnésium ce qui lui donne un goût particulier, et un peu d’amertume. Nous avons aussi goûté une eau dans laquelle j’avais ajouté une bonne clouche de craie. Dure en bouche, et un nez très caractéristique « calcaire » qui restera ancré dans nos mémoires, je crois !

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Nous avons fait un dernier essai, avec ajout de sucre (5 grammes) dans du Spa et dans la Contrex (+1 gramme de sel) ; la différence était notable. La deuxième paraissait moins sucrée que la première. Le même test l’année passée avec l’alcool avait été encore plus édifiant édifiant.

Comme ces variations minérales naturelles sont comparables à celles mesurées dans le vin, il n’est pas impensable que la perception du vin soit grandement influencée par les minéraux, ceux-ci jouant sur l’équilibre et l’harmonie des constituants.

Revenons au vin, j’avais choisi une bonne douzaine de cuvées exprimant, à mon sens, différents types de minéralté, voire son absence !

Alsace Riesling or, Vincent Stoeffler, 2006

Robe jaune, reflets verts. Au nez, on peut distinguer une note un peu fumée (allumette) et silex entrechoqués, qui est sans doute due à la perception du sulfite. Heureusement, il y a aussi pas mal de fruit jaunes (pêche, poire, citron confit..) et un peu de minéralité typiquement alsacienne (pétrôle). Le vin est légèrement sucré, avec une certaine puissance et longueur. A attendre.

On peut distinguer dans ce vin 2 types d’arômes minéraux. D’une part de la minéralité typiquement alsacienne due à la présence de TDN et puis une impression de silex sans doute due à la présence de sulfite.

Alsace Riesling Bild de Table, Schueller, 2004

Le nez est sur l’oxydo-réduction, notes de pain grillé, de pomme, quelques arômes lactés, mais aussi une sensation calcaire intense. Un nez évolutif mais qui ne déploie pas les arômes classiques du riesling (le binôme pétrôle/agrumes). La bouche est dense, mais tout à fait sèche. Elle est tenue par une belle acidité juteuse qui prolonge le vin et par ce que l’on pourrait nommer la minéralité de bouche, cette délicieuse impression de sucer le caillou bien mûr. La finale est longue, sur le pamplemousse bien mûr et la pomme au four.

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Ici, la sensation minérale se fait au nez comme en bouche. Après avoir respirer une eau très calcaire, la parenté est évidente. On retrouve le même type de sensation en bouche, avec ce calcaire qui tient une matière bien mûre. L’image qui me vient est une paroi calcaire autour de fruits bien mûrs que transperce l’acidité qui fait couler le jus !

Il faut être bien conscient à ce stade que si le raisin vient bien d’un terroir calcaire, que des notes de calaciare sont reconnaissables, au nez comme en bouche, le lien entre les deux n’est pas prouvé.

Fiefs Vendéens, Hauts de Clous, Chenin, Domaine Saint Nicolas, 2005

Le nez est un peu discret et nécessite un peu d’aération pour libérer des notes assez classiques de coing et de tilleul. C’est l’attaque de ce vin qui surprend souvent, elle est typiquement salée. Le vin est juteux, mais encore un peu tenu, fermé, il doit vieillir un peu.

Ici la minéralité est vraiment due à des minéraux, c’est de la salinité sans doute due à la proximité des vignes et des marais salants. J’adore !

Le verre est dans le fruit 2003, Riesling Pfersigberg déclassé, G. Schueller & fils

Une belle robe dorée, un nez puissant, envoûtant, de résine, de lavande et quelques notes d’amandes. Une sève puissante, grasse, mais tout à fait sèche. Le vin est peu acide, millésime de la canicule oblige, mais tient par une structure de bouche intense, encore cette impression de sucer le caillou. Quelques amers en finale sont là pour garder la finale vive.

Pas vraiment de minéralité petrôlée, mais une minéralité de bouche, qui tient le vin en faisant oublier son manque d’acidité. On peut donc être minéral et peu acide !

Pouilly Fumé, Sauvignon, Domaine Dutarte, 2005

Le nez oscille entre le fruit de la passion et un côté fumé typique de l’appellation. Intéressant, c’est le même type d’arôme que dans le riesling. Sulfite ou silex, ce n’est pas franchement agréable. La bouche est un peu fruitée, mais courte et sans jus. Très bof !

La minéralité d’un « bon » Pouilly Fumé devrait se percevoir autant en bouche qu’au nez, trop de Pouilly Fumé ne sont fumés que par la présence de SO2. Encore un beau contre-exemple tout récemment avec le Pouilly Fumé Mademoiselle M 2007 d’Alexandre Bain. Nez d’ortie et de fleur de sureau, sensation calcaire en bouche, qui entoure un fruit très mûr, que dis-je un verger !

Pouilly Fuissé, La Roche, Chardonnay, Bret Brothers, 2004

Il est issu du terroir de Vergisson, sur une roche très calcaire, exposée Est-Sud-est. Sa robe est bien jaune, son nez causant, sur les notes iodées, le fruit mûr. La bouche est puissante, mais dotée d’une acidité marquée qui contrebalance le gras et la mâche. Le fruit se livre plus en bouche, très belle longeuuuuur. Très beau vin !

On confond souvent fumé et fuissé, d’où cette association. D’autre part, nous sommes ici en face de deux sensations minérales perçues au nez, mais bien différente. L’iode rappelle la mer qui rappelle le sel qui est un minéral !

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Mâcon-Uchizy La Martine, Chardonnay, Bret Brothers, 2006

Le sol de cette parcelle est argilo-calcaire, assez profond, et contient de nombreux petits cailloux calcaires. La bouche est d‘une belle puissance, gorgée de fruit (ananas). Une bouche à peine boisée, et une finale correcte, équilibrée par une bonne acidité.

Pouilly-Vinzelles Les Quarts, Chardonnay, Domaine de la Soufrandière, 2006

Nez totalement différent, un peu sur la réserve qui lui livre des arômes d’herbes aromatiuques, de fruits délicats et de caillou, désiolé, pas de’autree nom pour le qualifier. Et le vin a les mêmes caractéristiques, ce petit plus de minéralité qui entoure le fruit, qui apporte du claquant, de la complexité et qui n’est ni de l’acidité ni du tannin.Et si ce n’est pas de la minéralité due aux minéraux, la différence vient bien du sol.

Intéressant, ces eux vins sont issus de vieilles vignes, cultivés et vinifiés selon des méthodes identiques ; seul le terroir change. Ce n’est pas un soop, mais quand même, la minéralité ou son absence peut donc bien venir du terroir. De plus le terroir des Quarts est moins profond, caillouteux, et contient de’l’oxyde de fer….

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Anjou Chenin, René Mosse, 2004

Nez fruité, typique du chenin, mais un peu sur la retenue par rapport à l’année passée, où il était plus explosif et un peu lacté. La bouche est dense, fruitée, avec un peu de sensation minérale . Ce n’est pas très long, mais c’est bon !

Anjou Les Bonnes Blanches, Chenin, René Mosse, 2004

Le nez n’est pas très différent du précédent, peut-être un peu plus précis. Par contre, l’impression en bouche est édifiante. Tant par la perception minérale que par la longueur, une mâche intense, sur du fruit présent mais tenu, et tout cela se maintient longtemps. Un vin qui n’est pas au bout de son parcours.

Différence principale, l’âge des vignes. Dans le sencond cas, elles révèlent le terroir ; dans le premier, on est sur un vin de fruit, mais qui évolue bien. Le contraste aromatique est moins patent que l’année passée. Par contre au niveau de l’intensité de corps et de la longueur, pas photo ! C'est aussi là que l'on se dit que si les arômes fruités pourraient être reproduits ailleurs, la minéralité gustative de cette cuvée ou de celle des Quarts du domaine de la Soufrandière, est vraiment unique. Et c'est peut-être cela, le Graal à chercher!

Vouvray, Chenin, Vincent Raimbault, 2005

Nez peu expressif, légèrement fruité, notes de poires, un peu de miel, de champignon. La bouche est agréable, avec un chouia de sucre, mais peu expressive, un peu de fruit, ce n’est pas long, ce n’est ni mauvais ni bon. Un peu passe partout. Pas de minéralité, mais pas d’explosion de fruit non plus. Electrocardiogramme plat.

Cour-Cheverny Les Acacias, Romorantin, Hervé Villemade, Domaine du Moulin, 2005

La robe n’est pas d’une densité exceptionnelle, le nez n’est pas explosif mais il est entêtant, un mélange d’épices, de fruit jaunes, d’herbes aromatiques et de minéral. La bouche est à l’avenant, dense, très dense, une mâche incroyable qui donne le entiment d’avoir matière sérieuse en bouche. Tout cela est tendu, droit et juteux à la fois, la finale est longue, un peu salline. Un de mes coups de cœur 2008 et il continue à boniifer. Pas un vin facile, mais un vin de jouisseur intellectuel !

Pas de sensation minérale dans le Vouvray, alors que son sol calcaire le permettait, mais pas de sulfte rédhibitoire non plus ; par contre, je ne sais pas si c’est le terroir des acacias (sable à silex) qui confère à ce vin cette minéralité, mais c’est un exemple d’école de minéralité de nez et de bouche.

En conclusion, nous avons bien rencontré la minéralité, sous diverses formes, au nez, comme en bouche. De là à dire que c'est chaque fois le terroir qui en est responsable, qu'un sol calcaire donne des arômes calcaire, que le silex donne un nez de silex, il y a un pas qu'il ne faut évidemment pas franchir. Ce qu'il faut surtout retenir, c'est que la minéralité peux caractériser un vin, ou simplement participer à sa complexité, qu'il ne faut pas prendre des vessies pour des lanternes et qu'un nez fumé de silex peut aussi être dû à l'excès de sulfites. Et puis, nous l'avons vu avec les eaux, la minéralité peut aussi jouer derrière la scène, en harmonisant les constituants. Que ce soit pour cette raison, ou pour obtenir une expression plus complexe ou plus unique, la recherche de la minéralité passe manifestement par une viticulture exigeante, respectueuse de son environnement et vivante. On imagine mal une vigne sous perfusion d'engrais chimiques avoir la capacité de retirer les éléments minéraux de son sol pour les retranscrire dans la palette aromatique du raisin. D'autant, que les micro-organismes semblent bien indispensables pour ces échanges. Pas étonnant que de plus en plus de bons vignerons réfléchissent au bio ou même, osent franchir le pas!

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Et avant de partir, un anniversaire, et une dernière bouteille offerte pour cette occasion. Je propose un de mes tout derniers coup de coeur, un chenin de Xavier Caillard, du vignoble de l'Esmeraldine, du côté de Brézé. Ce vin, un 1999, est élevé en grand contenant et ouillé pendant des années. Le vin pétille allègrement, il ne m'en voudra pas de l'avoir secoué car il est magnifique, sec mais ample, sur les herbes aromatiques, thym, mêlées à des notes de miel et de poire. C'est de toute beauté, mais à cette heure tardive, mes notes se font rares, à bientôt...

17/03/2009

VINS SUISSES, Les Rouges

Et on passe aux rouges ; là aussi les attentes étaient grandes. Des cépages à découvrir comme le cornalin ou l’humagne rouge, et puis une réputation flatteuse des syrah suisses qui avaient écrasé les syrah du monde il y a un an ou deux.

AOC Valais, Gamaret 2006, R. Papilloud, Cave du Vieux Moulin à Vetroz, (16,09 €).

Le Gamaret est un cépage récent (1970), issu du croisement entre le Gamay et le Reichensteiner qui résiste bien à la pourriture grise. La robe est rubis foncée, le nez très expressif, puissamment fruité, avec des arômes de banane et de bonbon anglais (acetate d’isoamyle), quelques notes de caramel, et un peu de terre également. La bouche possède de la mâche, le fruit s’exprime, les tannins sont un peu durs et le vin court, mais c’est assez agréable.

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AOC Valais, Humagne de Chamoson, 2007, J-D Favre, Cave La Tornale (15,00 €)

Robe un peu plus claire, et les arômes sont moins expressifs, un peu de fruit framboise cerise, un peu d’amande et quelques notes végétales. L’attaque est soyeuse, mais la finale est un peu dure, c’est souple en milieu de bouche et loin d’être désagréable. Intéressant, mais dans le style, et pour un prix similaire, un Chiroubles de Descombes possède plus de corps, de gourmandise et de longueur…

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Syrah de Fully en Valais 2007, Henri Valloton (20,55 €)

Issue d’un sol de granit (comme St Joseph), cette syrah est élevée pendant 8 à 12 mois dans des barriques de 400 litres, neuves pour la moitié. La robe est sombre, de puissants effluves se dégagent du verre, des notes épicées, de poivre noir, conjuguées à des arômes animaux de lard fumé. Une sensation salée en bouche, une belle finale sur le chocolat noir et pas mal de fruit et de densité en milieu de bouche. Ce n’est pas grand, mais c’est très bon. Nous tenons là notre révélation suisse, ouf, l’honneur est déjà sauf !

AOC Valais, Cornalin 2006, J-L. Mathieu (23,30 €)

Un cépage indigène, qui avait presque complètement disparu, mais que l’on replante. Assez sensible à la pourriture, il nécessite une viticulture exigeante. IL offre ici une robe très sombre aux reflets violets. Le nez est assez complexe, mais un peu dominé par le bois : on y décèle cependant des notes d’eucalyptus et de violette. La bouche est fraîche, mai assez dure, les tannins sont un peu secs. La longueur est correcte. Un vin à attendre un peu. A nouveau intéressant, mais pas au maximum de son potentiel.

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DOC Ticino, Riflessi d’Epoca, Merlot 2003, Guido Brivio(28,30 €)

Dernier rouge, un merlot du Tessin vinifié en rouge cette fois, mais hélas trop de bois au nez. Il est mêlé à des arômes de cacao et d’ovomaltine. Certains trouveront cela très flatteur, d'autres trop sans doute, car le raisin joue à cache cache avec la barrique. Je consulte sa fiche, il a été élevé pendant 16 à 18 mois en barrique neuve, nous ne rêvons pas. La première gorgée laisse une impression de puissance et une légère sucrosité. C’est assez peu digeste et beaucoup passent à côté, c’est mon cas.

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Mais il est tard, et nous terminons sur un liquoreux.

Grain Noble 2004, Marsanne blanche, MT Chappaz

Et ce dernier vin à déguster, il est en bio ! Et de plus produit par un des meilleurs vignerons de Suisse, qui est une vigneronne, c’est Marie-Thèrèse Chappaz.

Nous dégustons une marsanne blanche grain noble de 2004. Très classique, belle robe, beau botrytis, sur la cire, l’abricot et une petite note d’encaustique et de truffe. La bouche allie puissance et légèreté ; c’est loin d’être écoeurant et l’équilibre est parfait. C’est très très bon, même si ce n’est pas donné donné…

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Je pourrais conclure comme pour les blancs, une session très intéressante, mais qui laisse un goût mitigé en bouche, toutes les papilles n'ont pas été comblées, mais le potentiel est là? Partons dès maintenant à la chasse aux vignerons "nature" du Valais et d'ailleurs...

A suivre, je l'espère sincèrement !

16/03/2009

VINS SUISSES, Les Blancs!

Il y quelques années déjà, un ami me bassinait régulièrement pour que je découvre les vins de son pays d’origine. Une première dégustation, organisée par ses soins, avait laissé entrevoir un potentiel indiscutable, et je m’étais promis d’y revenir au plus vite, c’était, il y a bien 4 ans …

Mais comme j’ai de la mémoire, et de la patience, j’avais inscrit ce thème au programme des ateliers 2008-2009. Je confiai la sélection au spécialiste des vins suisses en Belgique (que je remercie pour la célérité de sa réaction à ma demande), en lui donnant quelques indications pour un échantillonnage représentatif, de préférence en bio, avec un minimum de bois et de sulfites. Hélas, peu de vignerons bio à sa carte, mais des vignerons appliquant paraît-il la lutte intégrée ...

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Rèze 2005, Josef Marie Chanton, Valais alémanique (16,50 €)

Pour débuter cette dégustation, à l’aveugle, une rareté. Il existe seulement 1,5 ha de ce cépage, Rèze, qui est le plus ancien cité en Valais avec l’humagne. On en faisait auparavant (il a compté jusqu’à 400 ha) le vin des glaciers. La robe est claire, aux reflets jaune-verts. On reconnaît au nez des arômes floraux, de rhubarbe et de citron. Il rappelle un peu le sauvignon à certains, et hélas, dégage également une pointe de sulfite. La bouche est grasse, sèche, saline, mais un peu creuse et courte, avec une rawette d’amertume en finale. Sympa tout de même.

La Contrada 2007, Merlot, Guido Brivio, Tessin (15,30 €)

Le merlot est commun dans le Tessin, et celui-ci est vinifié en blanc. Sa robe est très claire, peu concentrée, des notes beurrées interpellent rapidement, elles sont un peu rances. Heureusement, il y a un peu de fruit (pêche), et un peu plus de chair en bouche que le précédent. L’alcool se fait par contre plus sentir, la bouche est courte, et encor cette impression de présence de sulfites. Bof.

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AOC Valais Chamoson, Fendant Rémazières 2007, Chasselas, Simon Maye (14,20 €)

Ah le fendant, j’avoue lui porter une certaine affection, même si le pire est plus fréquent que le meilleur. Celui-ci vient d’une maison réputée, du Valais, bien sûr. La robe est toujours claire, à peine plus intense que les deux précédents. Au premier nez, encore ces notes d’allumettes que je mets sur le compte du SO2. Derrière, se cachent un peu de fruit, du litchi et une note de miel. Mais ce n’est pas net, ce côté serpillière que l’on retrouve dans beaucoup de fendant est présent. La bouche s’annonce bien mieux. C’est perlant, agréablement fruité, salin et très gouleyant. Bien sûr la finale est courte, mais le but d’un tel vin n’est pas de parader dans les salons. Non, c’est un vin de fondue savoyarde, point. Bon à ce prix là, on pouvait espérer encore un peu mieux et les avis sont finalement partagés. Moi, j’ai bien aimé, même si je crois qu’il est possible de faire bien mieux encore.

AOC Valais, Humagne Blanche 2006, F. Varone (20,10 €)

Autre cépage typiquement valaisan, l'humagne blanche. Robe un peu plus dense, nez minéral, fruité. A l’aération, la complexité apparaît ; fruit, fleur (ylang-ylang), tilleul. La bouche est grasse, avec une petite sucrosité et à nouveau une sensation salée. La finale décline les arômes, mais est un peu courte pour un bonheur complet. Bon, et un potentiel indéniable.

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AOC Valais, Petite Arvine de Sierre, 2004, JL Mathieu (19,30 €)

Robe légèrement dorée, nez porté sur les fruits jaunes (ananas), très mûr. La bouche est grasse, saline, très fruitée, avec des notes d’herbes et d’agrumes en finale, ainsi qu’un peu d’amertume. Pas mal, mais pas de frissons ; à nouveau, le potentiel est là, mais le vin semble un peu sur la retenue en bouche.

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Saint Romain 2007 Chardonnay, Sarnin – Berrux (24,90 €)

Robe très légèrement opalescente, mais dense. Nez explosif de fruit derrière un peu de réduction, de l’ananas, de la mangue. La bouche est dense, grasse, gourmande, minérale aussi, avec du raisin, en veux tu en voilà. La réaction ne se fait pas attendre « on dirait un de tes vins ». Ben oui, il sera bientôt à ma carte. Il provient d’une petite activité de négoce de deux passionnés, qui sélectionnent d’excellents raisins en Bourgogne, et dans la mesure du possible, comme dans le cas de ce Saint Romain, avec une certification bio. Belle découverte.

Savagnin, Cave des Bernunes ( N. Zufferey) (16,00 €)

Pas découragé, je sers un dernier blanc. Rapidement, avant de disparaître en cuisine, je le hume. Nez fermé, mais intéressant, épicé, fruits exotiques. A mon retour, le vin s’est manifestement ouvert, et j’exulte, je tiens enfin mon graal, un vin suisse à mettre immédiatement à ma carte. Dans mon enthousiasme, je décline tous les arômes exotiques de ma connaissance, la minéralité, l’acidité typique du Savagnin, je me régale ! Et puis j’aperçois le regard coquin de certains élèves. Et bien oui, on ne peut plus faire confiance à personne. En mon absence, deux voyous qui assistent à mes cours depuis 4 ans avaient remplacé mon savagnin par un fond de Saint Romain… Enfin, au moins je suis constant dans mes appréciations et descriptions ;-)))).

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Quant au savagnin, il a en effet un peu d’arômes d’épices, de fruits exotiques, un bon équilibre en bouche, une certaine puissance, et longueur, mais il semble en comparaison avec son prédécesseur, sur la retenue. A nouveau, un sentiment d’existence de potentiel, mais non exploité.

Déception donc, pour cette première série de blancs suisses. Déception accentuée par la révélation de la soirée, le Bourgogne Saint Romain 2007 de Sarnin-Berrux. La différence entre ce vin et les autres est criante, et se résume facilement : maturité optimale, max de raisin et min de sulfite. Et pourtant, la variété de cépages et de terroirs offre à la Suisse un potentiel certain, mais hélas mal exploité. Ou bien je n’ai pas eu la bonne sélection, et devrais-je, comme en France, prendre mon bâton de pèlerin, pour dénicher les meilleurs vignerons bio et nature … Nous avons également tous noté une grande salinité dans les vins, parfois même excessive. Au point que certains ont demandé ou allait le sel utilisé pour dégager les routes gelées et enneigées du valais ;-)).

A bientôt pour les rouges!

20/02/2009

CADAVRES EXQUIS; Les Rouges

Le jeune amateur rêve souvent de se faire une cave, le jeune papa encave le millésime de naissance de son enfant, mais il n’a pas toujours le choix dans la date et budget oblige, dans la qualité.

A contrario, la plupart des dégustations que je lis, que j’organise, ou auxquelles je participe, font la part belle aux vins jeunes. Et quand par miracle une de ces vénérables bouteilles choisi de croiser notre route, nous nous sentons désarçonné, déformaté que l’on est devant ces arômes en décomposition peu courants ; et parfois plus impressionné par l’âge de la bestiole que par le vin lui-même.

Alors pour exorciser ce sentiment, et qui sait, se réconcilier avec les autres générations, j’ai décidé de consacrer, non pas un, mais deux ateliers, à ces vieilles reliques. Ayant commencé ma cave un peu tard, vieux signifie pour moi au minimum 10 ans. Tous les vins présentés seront donc au minimum du millésime 1998, le plus vieux, de 1927, un cadeau très apprécié. La plupart ont été sélectionnés à l’époque sur base des guides (RVF, Hachette, Parker), non point sur mes goûts.

Le compte rendu présenté ici est une synthèse de deux ateliers sur ce sujet à une semaine d’intervalle (entre parenthèses, le groupe qui a dégusté le vin est mentionné).

Côte du Jura, Poulsard, Pinot noir, Trousseau, Jean Bourdy, 1998 (1-2)

La robe est superbe, claire, brillante avec des reflets dorés. Le nez est présent, sur les petits fruits rouges (groseille) et un peu de prune. La bouche est sympathique, fraîche, bien fondue, courte, mais agréable. Le vin aura plus de succès avec le premier groupe que le second.

Morgon Les Charmes,, Gamay, Domaine du Colonat, 1998 (1-2)

Robe un peu plus sombre, peu évoluée. Le nez n’est pas très net, on y distingue un peu de fruit (cerise). L’aération n’y fait rien et la bouteille dégustée la semaine suivante était pire. La bouche est dure, il y a de la matière, mais aucun plaisir. Et puis ce goût de vieux fût ne passe pas. Aucun charme, Raté !

Madiran, Tannat, Montus, 1996 (1)

Robe sombre, disque à peine évolué. Nez expressif, sur le tabac, les épices et quelques fruits noirs. En bouche, les tannins sont bien fondus, il y a une certaine gourmandise, c’est suave, de belle longueur ; certains lui reprocheront une acidité excessive. Un vin qui serait parfait à table.

Cahors Carte Noire, Malbec, Merlot, Le Cellier du Sud Ouest, 1995 (1-2)

Robe plus claire que le précédent . Nez sur le raisin sec, un chouia de violette. La bouche est dure, diluée, courte, c’est franchement mauvais. Mais il y a pire, le 1997 présenté lors de la dégustation suivante, par exemple…

Bourgogne grand ordinaire, Le Chansonnier, Chanson et Fils, 1993 ? (en magnum) (1-2)

Robe claire, peu de traces d’évolution. Nez sur les fruits secs, un peu de cerise, légèrement viandeux. En bouche c’est encore ferme, mais avec pas mal d’acidité et du fruit. La finale est courte, mais beaucoup l’appréciée et le verrait bien sur un BBQ ou un fromage. A 2 euros la bouteille, c’était une affaire ;-) Le deuxième magnum rencontrera un succès similaire, étonnant.

Grand cru Clos de Bèze, Pinot noir, Domaine Duroché, 1993 (1)

Nez fruité, groseille avec une note florale. Robe claire, bouche fluide, agréable, fine. C’est bête à dire, mais l’écart avec le précédent ne semble pas évident pour l’assemblée. Plus de finesse, plus délicat, mais pas bien plus concentré… Agréable, mais je ne veux pas connaître le prix ;-).

Grand Cru Mazy-Chambertin, Pinot Noir, Henri Rebourseau, 1993 (1)

La robe est claire, et le nez semble partir sur des notes d’acidité volatile, un peu de madère aussi. La bouche est friande, plus dense que le précédent, mais le vin est manifestement en train de mourir sous nos yeux.

Pour la session suivante, je décide de sortir la grosse artillerie :

Grand cru Clos de Tart, Pinot noir, 1993 (2)

1993, ce n’est pas encore la période Pitiot du renouveau de ce cru monopole de la famille Momessin, mais j’avais eu l’occasion de le déguster déjà et c’était vraiment bon. La robe de celui-ci est nettement plus foncée que celle de mon chansonnier. Le nez est un peu réduit, mais libère à l’aération des notes animales, de rose fanée, de feuille mortes et un peu de fruit (cassis), c’est nettement tertiaire, presque d’école. La bouche est plus ferme, nettement plus dense et plus longue que les vins précédents. C’est franchement bon à défaut d’être grand, mais tous les regards ne me semblent pas convaincus, certains restant sur la fraîcheur et la facilité du précédent.

Bourgogne, Pinot noir, ???, 1927 (2)

Le deuxième groupe aura droit à la plus vieille bouteille, une bouteille de Bourgogne, c’est la seule chose dont on soit certain, de 1927 apparemment, mais pas de trace d’appellation. L’extraction du bouchon est déjà une aventure. Il se fond littéralement autour de la vis, pour enfin se laisser, partiellement, évacuer. Je verse le premier verre, et surprise, ce vin n’a plus aucune couleur rappelant le rouge, c’est clair, c’est brun, même pas tuilé, brun clair.

Une bouteille identique bue quelques semaines auparavant était, elle, très rouge et dense. Le nez de celle-ci est sans concession, c’est du madère. Mais du bon, pas celui que j’avais proposé à la dégustation sur les vins oxydatifs, non, il y a comme une fraîcheur ici. Fraîcheur que l’on va retrouver en bouche. Il faut évidemment apprécier le goût de madère, mais c’est franchement buvable, alors que l’on pouvait croire le liquide plat et mort. Bon tout le monde n’apprécie pas, mais c’est un peu comme les oxydatifs du Jura, non ?

Bourgogne, Gevrey Chambertin, Pinot Noir, Faiveley, 1966 (2)

On retrouve dans le vin les arômes de madère, avec plus de matière en bouche, mais moins d’acidité. Des tannins un peu secs en finale. Pas désagréable mais sur le déclin.

Graves, Cabernet Sauvignon, Merlot, La Gravière Bellefont, 1990 (1)

Robe assez évoluée, un peu trouble. Nez fumé, avec des notes végétales pas désagréables, un peu de tabac, des feuilles mortes. La bouche est fluide, mais fine et suave ; ce n’est pas long, mais ce n’est pas mort non plus. Un vin bien apprécié ; j’en avais bu des hectolitres à l’époque, sur ses arômes de goudrons. Il a bien tenu, c’était la dernière…

Saint-Estèphe, Château Troupian-Mouleyre, 1988 (1-2)

Disque évolué, nez assez simple mais agréable, sur le raisin sec et la prune. Il y a encore de la mâche en bouche et un peu de tannins autour de la chair. C’est simple mais pas désagréable, à nouveau, il se porterait mieux à table. La deuxième bouteille n’avait pas les mêmes qualités et paraissait plus fatiguée.

Grand Cru classé de Saint Julien, Cabernet Sauvignon (66 %), Merlot (26 %), Château Talbot, 1988 (1)

Robe sombre, peu évoluée, un peu trouble. Nez très présent, animal, cassis, très expressif, dans un registre évolué mais avec encore du fruit. Les tannins sont bien fondus, la bouche est vraiment gourmande, pulpeuse, même si la finale est un peu courte. La bouteille est vidée rapidement, c’est toujours bon signe ! ET pourtant ce que j’en ai lu n’étais pas élogieux, d’autres repères sans doute.

Saumur Champigny, Les Fosses de Chaintré, Cabernet Franc, R-N Legrand, 1995 (2)

Robe noire, nez violent, avec des notes animales, beaucoup de cassis et de violette. la bouche est pulpeuse, gourmande, les tannisn biens fondus. Ce n'est pas long, mais ça croque sous la dent, un style presque naturel, délicieux et excellente surprise pour cette cuvée peu onéreuse, qui paraît tout juste adolescente. C'est normal, elle n'a que 13 as ;-)

Grand Cru classé de Pauillac, Cabernet Sauvignon (70%), Merlot (25%), Cabernet franc (5 %), Château Grand Puy Lacoste, 1989 (2)

La robe est encore sombre, très sombre. Le nez décline des notes tertiaires se rapprochant des feuilles mortes, avec un peu de bois, de tabac et du cassis, plutôt sur la branche et la feuille que le sirop. C’est assez austère. La bouche est du même tonneau. Stricte, avec de la densité, mais des tannins encore présents. Si tout le monde reconnaît la plus grande densité et longueur par rapport au St Estèphe par exemple, peu semblent y prendre plaisir et il restera une demi-bouteille pour le lendemain… Décidément, les goûts changent …

On reste dans les Bordeaux avec le deuxième groupe et un

Pomerol, Merlot, Château Vray Croix de Gay, 1959 ? (2)

Robe tuilée, mais encore dense ; nez discret, bouche veloutée manquant un peu de tonus. Il me rappelle un peu le 1995, le seul que je connaisse de ce château d’ailleurs. Pas désagréable.

Moulin des Costes, Mourvèdre 60 %, Domaine Bunan, 1998 (1-2)

Je me souviens encore de mon émotion quand, après avoir vu les 5 étoiles reçues par cette cuvée dans la RVF, dans ce millésime, je la croise au Cora. Sans goûter, je me précipite et remplit mon caddie (enfin j’en prends 5 quoi). Une première goûtée sur le champ et déjà une déception, c’est dense, aromatique, mais trop alcoolisé à mon goût, cela manque vraiment de fraîcheur. Dix ans plus tard, la première bouteille ouverte se présente mal, le fruit est très présent, les épices aussi, mais il y a comme un manque de netteté. Un goût de bouchon apparemment comme le confirmera la bouteille ouverte la semaine suivante. Sur cette dernière, le nez est impeccable, très fruit, cassis, mûre, poivre, et épices chaudes ; mais déjà, une odeur d’eau de vie un peu prenante. L’attaque est ronde, suave, dense, mais manque de fraîcheur, en finale, l’alcool ressort nettement. À boire un peu plus frais et à table sur du gibier. Déception.

Gigondas, Mourvèdre, Grenache, Domaine de la Daysse, 1998 (1)

Robe un peu évoluée, nez complexe de cerise mûre, de fruits à l’eau de vie, de cannelle. La bouche est à la fois ferme et suave, d’une belle densité. La finale est assez longue, un peu rustique dans les tannins, mais contrairement au précédent, on y retrouve fraîcheur et envie d’en reprendre un verre. Une très bonne surprise.

Gigondas, Grenache, Mourvèdre, Domaine St Gayan, 1998 (2)

Moins de chance dans le second groupe, le vin est peu expressif, fermé et plus de rusticité encore. Il manque aussi de netteté, mais le bouchon a l’air correct. À revoir.

Roc des Mates, Syrah, Domaine de Cazeneuve, 1998 (1-2)

Je l’attendais, celui-là. Il avait fait partie du casting d’un de mes premiers ateliers entre amis, organisé en 2000 ou 2001, et consacré au millésime 1998 dans le Languedoc. C’était incontestablement un des vins de la soirée où il ferraillait pourtant avec d’autres partenaires au beau pedigree (Bébian, Aiguelière, …).

Il sera à la hauteur lors de ses deux sorties. Robe de soirée, nez puissant, presque violent, déclinant tous les parfums de la garrigue du Sud ; arômes animaux, de sang, de lard fumé, très complexe. Et tout cela se retrouve sur chaque papille, et plus loin encore, dans la finale. C’est vraiment suave, goûteux, pulpeux, charnu mais non dénué de finesse. Très très beau vin et d’une régularité exemplaire. On me glisse dans l’oreille qu’il serait en conversion bio, je le note !

Mon classement plaisir:

1. Roc des Mates, Domaine de Cazeneuve 1998

2. Bourgogne Grand Cru Clos de Tart 1993

3. Saumur Champigny Les Fosses de Chaintré 1995

4. Château Talbot 1988

5. Madiran Montus 1996

et une mention spéciale à cet ovni de 1927...

Ne manquez pas la suite et les blancs !

14/01/2009

ET VOUS, PLUTÔT OXYDE OU OXYDATIF?

Commençons par la définition de ces termes. Oxydé, tout le monde comprend, c'est un vin qui a subit les affres de l'oxygène. C'est un défaut? Pour beaucoup, oui. Et pourtant, tout processus de vieillissement est le fruit de phénomènes d'oxydation, mais passons. Oxydatif, un vin oxydatif, cela n'existe évidemment pas, un vin n'oxyde rien du tout. C'est un abus de langage (comme vin sans soufre ou vin bio ;-), venant de la contraction de vin à l'élevage oxydatif, comme celui des vins jaunes et du Jerez sous voile, ou celui de certains portos et vins doux naturels. Oxydatif, a donc un caractère désiré, voulu par le vinificateur et le terme est donc pris comme un descriptif positif. Beaucoup parleront donc de notes oxydatives quand elles s'intègrent et sont appréciables, et de notes oxydées lorsqu'elles altèrent le vin.

L'oxydation est régulièrement sujette à débat entre les passionnés. Il y a l'affaire des bourgogne 1996 , mais cette réaction anti-oxydation est aussi de plus en plus souvent la conséquence d'un autre formatage de l'oenologie moderne. Attention, les vins oxydés existent, des morts nés, ou des morts après une longue vie en cave. Mais il ne faudrait pas réduire l'oxydation (c'est joli ça, non?;-) uniquement à un défaut du vin. Et pourtant, de plus en plus dégustateurs, professionnels ou amateurs font bêtement la chasse (la chasse c'est toujours bête non?;-) à ces notes, de pomme blette, de noix, de morille, de curry. Rien de bien repoussant à cette énumération, et pourtant, bon nombre de bouteilles finissent à l'évier pour ces raisons, dommage!

Je me souviens de ce dégustateur au salon de la Dive , profitant de l'absence de Mark Angéli pour se servir un verre, il le hume et rapidement le redépose en disant tout haut: "Oxydé". Je le goûte discrètement après lui, et ce vin déploie des arômes de coing bien mûr, mais pas de trace d'oxydation. Et oui, les arômes de coing du chenin sont parfois proches de ceux de pomme de l'oxydation. J'ai d'ailleurs débuté cet atelier par un vin de coing de ma production;-).

Et bien les masos de l'odyssée, vont s'attaquer à ce monde parallèle qu'est celui des vins oxydés, volontairement ou pas. Je garde la théorie pour les participants aux ateliers, mais voici les descriptions des vins dégustés.

Glou Glou 2007, Sauvignon, VdP (Roussillon) (ouvert 4 jours à l’avance, carafé et agité régulièrement et ouvert 1 heure avant)

Petite évolution de couleur dans le vin ouvert à l’avance, mais le nez est très différent, avec des notes de fruit compoté, un peu de curry et des notes brûlées désagréables. Le deuxième a un nez plus neutre, légèrement fruité. En bouche, c’est aussi très différent, le premier vin est plutôt plat alors que le deuxième est doté d’une acidité rafraîchissante. Pas photo, l’oxydation affecte le nez, mais aussi la bouche.

Le même essai mais avec seulement 3 jours d’ouverture montre des résultats moins nets au niveau olfactif. Le vin a cependant perdu de la fraîcheur en bouche.

Bourgogne Epineuil, Chardonnay, 2005, Abbaye de Petit Quincy (ouvert 4 jours à l’avance, carafé et agité régulièrement et ouvert 1 heure avant)

Peu d’évolution de couleur. Le nez du vin ouvert juste avant la dégustation paraît déjà un peu oxydé, avec des notes de madère, mais aussi de serpillière, pas net. En bouche, c’est un peu mieux, pas mal équilibré, mais le vin semble sur la pente descendante. La bouteille ouverte 4 jours auparavant et goûtée à ce moment était bien plus fringante. Le vin ouvert 4 jours avant est sur des notes fruitées confites, très mûres, avec aussi ces notes brûlées. C’est en bouche que la différence est la plus flagrante, l’oxydation se traduit par un flagrant manque de vivacité.

Pour l’atelier suivant, 3 jours ont modifié le nez vers des fruits très mûrs, pas désagréables, sans notes brûlées.

Empreinte du temps 2001, VdP (Roussillon), Grenache blanc, 2001

Robe dorée, nez complexe tendant vers l’oxydation, quelques notes de sherry, mêlées aux herbes aromatiques et le fenouil. En bouche, c’est gras sans être lourd, avec juste ce qu’il faut d’acidité, longue finale réglissée, j’adore ! Ce vin n’est pas au départ vinifié pour être oxydatif, il ne l’était d’ailleurs pas lors de sa sortie (c’est un des premiers vins que j’ai vendu, à mes débuts en 2003) . Le grenache est un cépage qui a tendance à s’oxyder assez facilement (c’est pourquoi il est utilisé dans les vins doux naturels). Le vin a simplement suivi son évolution. À l’aveugle on le prend pour un bel oxydatif, et à étiquette décovrete un vin à défauts. Allez comprendre.

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Pinot Blanc Sans Soufre 2005, Alsace, Pierre Frick.

Jean-Pierre Frick fait régulièrement quelques cuvées sans SO2. Le sans sulfite ajouté sur les blancs, c’est différent que pour les rouges ; les vins empruntent une autre voie aromatique et gustative, qui les éloignent des canons habituels. C’est écrit en grand sur la bouteille, ceux qui sont surpris n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes ;-). Celui-ci à la robe dorée, légèrement trouble. Des arômes puissants de fruits mûrs (abricot), de calvados, d’agrumes confits, d’épices douces sont perçus tour à tour. Il perle un peu en bouche, et cela rajoute à sa fraîcheur intrinsèque. C’est gourmand, cela se boirait d’un trait à l’apéro, mais ce vin s’est également très bien comporté sur le poulet, risotto aux épices.

Pour le deuxième atelier, nous avons aussi goûté le vin suivant ;

Fiefs Vendéens, Maria 2002, Chardonnay ; Domaine St Nicolas

C’est presque une couleur ambrée qui nous accueille. Le nez est nettement oxydatif, mais sur la pmme cuite et le calvados. La bouche est encore vivante, équilibré et de belle longueur, mais un peu monomithique sur les notes d’oxydation. C’est avec le plat (également poulet, légumes et épices) que le vin va se révéler, avec un véritable effet rebond, le vin semble renaître de ses cendres, retrouvant du fruit dans ses entrailles. Superbe sursaut.

Anjou Rouchefer 2003, Chenin, René Mosse

Ce vin qui fut bouteille de la semaine en 2006 sur LPV est issu du millésime 2003, pas particulièrement réputé pour sa fraîcheur. Lors de ma dernière rencontre avec ce vin, j’avais cru y détecter des notes oxydatives de pommes blettes, de noix. Rien de tout cela ici, la robe est d’un bel or, mais le nez plutôt sur le coing, l’orange, ainsi que quelques notes miellées. La bouche est dense, mais massive, tendue, sans gras inutile, et dotée d’une belle sensation de minéralité. La finale est longue, saline, c’est un très beau vin qui va s’accommoder à merveille avec les épices du poulet.

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Le Jambon Blanc 2006, VdT, Chardonnay, Beaujolais, Philippe Jambon

Si le jambon peut contenir des sulfites et même encore plein d’autres petites saloperies, le Jambon blanc de Philippe Jambon, n’en contient jamais, tout comme ses autres cuvées d’ailleurs, dont son fabuleux Roches Noires 2006, un de mes coups de cœur 2008. Le nez est très fruité, mais possède aussi clairement des notes d’oxydation rappelnat la frangipanne, quleques arômes de sherry également. Tout cela s’oublie en bouche pour laisser place à une matière d’exception, dotée d’une acidité nette, succulente. La longueur est remarquable, tout comme le vin , atypique, à défauts pour l’œnologie et les palais formatés. Ceux qui dégustent avec leurs tripes se régalent.

Chablis 1er cru 1996, Les Vaillons, Billaud Simon

Et bien en voilà, un exemple de 1996, ce millésime autant prometteur à l'époque que décrié maintenant en raison de nombreuses oxydations prématurées. La robe est encore très claire, le nez peu expressif malgré un carafage de quelques heures. Quelques notes minérales, d'autres de mousseron ou de champignon de Paris, d'iode aussi. la bouche est ferme, stricte, avec une acidité tranchante, juste enrobée d'un peu de gras pour ne pas se blesser. La longueur est là, mais le vin manque un peu d'expression, peut-être encore un peu meurtri par le sulfite... En tout cas, aucune trace d'oxydation sur ce 1996.

Arbois, Savagnin 2004, Jura, A&M Tissot.

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Nous passons aux vins au véritable oxydatif ; celui-ci est élevé sous voile plus de deux ans. La robe est jaune, avec peut-être quelques reflets verts. Le nez est explosif, sur le lichen, la noix verte, un peu de fruits jaunes. Il possède une belle matière transpercée par une acidité jurassienne qu’il faut calmer un peu avec le comté ou le Gruyère. L’accord est toujours aussi top ! Un vin à attendre ou à boire sur des plats (poulet au morilles)

La Fine Gueule du Loup 2003, Grenache Gris 50%, Terret 25%, muscat 25 %, Languedoc, Vignobles Du Loup Blanc

Il n’y a pas que dans le Jura que l’élevage sous voile peut se faire, mais c’est plutôt rare ailleurs. Celui-ci vient du Minervois et après près de 4 ans sous voile, est plutôt réussi. Robe bien dorée, nez très prenant, de morille, de curry, mais aussi nettement fruité, ananas, abricot. En bouche c’est très doux, pas sucré mais suave, et de belle longueur. Un vin qui pourrait plaire à ceux qui sont encore réfractaires au savagnin. Un tremplin vers les grands jaunes !

Vin jaune, Côte du Jura 1999, savagnin, Jean François Ganevat.

C’est un vin jaune tout en retenue que nous rencontrons à ce stade de la dégustation, un peu de fruit, un peu de curry, une impression de minéralité aussi. C’est vraiment très bon en bouche, avec un bel équilibre, beaucoup de douceur, mais avec une acidité qui se poursuit doucement dans la longue finale. Le 1998 dégusté lors de l’atelier suivant paraît plus vif, mais également de belle longueur.

Madère Marvilha, Medium Dry

On passera sous silence le nom du propriétaire, car ce n’était pas une grande réussite. Le nez est fruité, mais sur les fruits cuits, il est nettement madérisé (jusque là tout va bien). C’est en bouche que cela se dégrade, c’et sucré, mais sans vie, peu d’acidité peu de longueur, pas très bon en fait. Un second Madère sera testé lors du second atelier, sans plus de succès.

Rivesaltes Ambré 1996, grenache blanc, grenache gris, Domaine Fontanel.

Ce rivesaltes est dans la même gamme de prix que le Madère, mais quel nez, du tabac blond, de la tarte tatin, des abricots secs, un peu de girofle, on passerait des heures à le décrire, mais derrière, c’est une fraîcheur étonnante qui nous attend, comme quoi oxydation et fraîcheur sont loin d’être incompatibles. Ce vin est évidemment en accord parfait avec la belle Fourme d’Ambert de la Casière. Pout l’autre atelier, j’ai choisi le , dans le même registre, mais avec un peu plus de tout et notamment de longueur. Un beau vin de méditation et des rapports Q/P exceptionnels.

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Voilà, une véritable odyssée aromatique, dont ma conclusion personnelle est la suivante. Peu me chaud que le vin ait été elevé dans un but d'oxydation ou non, ce qui compte, c'est le résultat dans le verre;-). Parmi les vins présentés, plusieurs n'auraient pas dû dévier vers cette gamme aromatique et pourtant, si l'on prend le vin comme une rencontre ou chacun fait un pas vers l'autre, quel bonheur. Car la différence entre un vin oxydé, ou oxydatif, c'est surtout sur la qualité de la bouche. Les vins vraiment oxydés sont simplement plats en bouche, sans vivacité, éventés, sans vie, tout simplement morts. Avec les autres, et notamment beaucoup de vins blancs tout à fait sans soufre, il faut simplement accepter de se laisser emener dans un monde parallèle. Et alors, vive l'oxydation.

28/11/2008

LES GOUROUS NE SE GOURENT PAS TOUJOURS!

J'aime encore bien chambrer les dégustateurs pro ou amateurs qui croient détenir la "vérité" du vin et de la dégustation; surtout quand elle est plutôt éloignée de la mienne;-).

Mais soyons honnêtes, il arrive plus souvent qu'à mon tour d'être d'accord avec certains "gourous", alors il faut le signaler;-).

Un exemple tout récent, dégustation Pinot Noir , malgré la haute tenue des cuvées extérieures à la Bourgogne, de Ganevat, Schueller ou de Thierry Michon du Domaine St Nicolas, je place au sommet de mon top, le Nuits St Georges 1er cru les Vallerots 2006 de Chantal Lescure. Un nez très mûr, distingué, une densité mêlée de finesse, une belle qualité de tannins, une acidité comme j'adore, qui prolonge la finale infiniment. Jeune certes (c'est un 2006), mais d'un superbe équilibre. Pour moi, un grand vin, en devenir.

En préparant la dégustation sur la "Clé des Sols" (très belle conférence au demeurant), je compulse mes guides et tombe sur le commentaire de Michel Bettane à son sujet. Oh surprise, nous sommes d'accord: « Un des meilleurs nuits de notre dégustation à l’aveugle, splendide arôme de raisin mûr, corps généreux, tannin beaucoup plus harmonieux que la moyenne, grande longueur, vin de classe et de complexité, d’un niveau d’un grand cru . Et bien, qui l'eut cru? On avait déjà flashé l'année passée sur la même découverte dans le Jurançon et les très beaux vins de Gil Schefchen; et puis Fanfan Ganevat comme découverte de l'année 2009 (là je souris un peu quand même;-), avec cette dernière similitude d'appréciation, je dirais presque, que, à un ou deux biocons près, on peut difficilement être plus sur la même longueur d'onde, comme quoi!

Et pourtant, ce n'est pas si simple. Vous avez été plusieurs, hier soir, à préférer le Nuit St Georges Villages du même domaine. Très bon, plus immédiat peut-être, mais d'un potentiel inférieur. Comme quoi, les analyses peuvent se rejoindre et quand même être éloignées du rapport qualité-plaisir immédiat du consommateur... Bon c'est pas tout ça, si vous avez apprécié, il m'en reste un peu à la boutique ;-).

09:33 Écrit par Laurent dans Ateliers Dégustation | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : bettane, sol, terroir, lescure |  Facebook |

13/11/2008

PINOT NOIR, La REVANCHE

Il y a quelques années, j'avais organisé une belle dégustation de pinot noir, consacrée au millésime 2003! Alors qu'il y a avait plusieurs crus réputés de Bourgogne, c'était un pinot noir d'Alsace, de chez Christian Binner, qui avait récolté tous les suffrages. Nous nous étions dit que c'était l'effet millésime, 2003 et sa canicule, et que la Bourgogne regagnerait sans doute le haut de la hiérarchie l'année suivante. Et bien c'est ce que nous avons aussi testé hier soir! Hier, c'était, la Revanche!

Une bonne quinzaine de vins en dégustation, devant un panel plutôt aguerri, on allait voir ce qu'on allait voir. Le vins étaient présentés par paire, juste ouverts une bonne heure à l'avance, et certains carafés juste avant service.

Effet Cépage: Pinot Noir vs Gamay

Bourgogne Pinot Noir 2006, Renaud Boyer

Renaud Boyer a repris les vignes de Thierry Guyot, vignes cultivées en biodynamie depuis une vingtaine d'années, un petit bijou! La robe est légèrement trouble, et semble un peu évoluée en comparaison du suivant. Le nez est très ouvert sur le fruit rouge mûr, les fleurs (rose) et l'encens; des notes d'épices aussi. Le plaisir est au rendez vous en bouche, avec une harmonie, une douceur des plus agréables. Les tannins sont polis, l'équilibre suave, la buvabilité excitante. Dieu que c'est bon!

Morgon Les Grands Cras 2006, Gamay, Domaine Grillet

Déjà un pirate, c'est un gamay! Robe plus brillante, plus colorée, moins évoluée. Par contre, le nez est dominé par les notes lactées, de caramel, qui cachent un peu le fruit. On le retrouve en bouche, plutôt porté vers la groseille, un peu de banane, et puis une finale assez poivrée aussi. L'acidité est un peu plus marquée, c'est plutôt sympa, mais la préférence va indubitablement au Bourgogne de Boyer.

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Effet Région: Bourgogne vs Alsace

Gevrey-Chambertin, Les Champs 2004, Olivier Guyot.

J'aime beaucoup les vins d'Olivier Guyot, ils sont toujours très proches du terroir, sans concession; et le millésime 2003 avait démontré que l'on pouvait faire des vins sur la fraîcheur et sans sécheresse en pleine canicule. Le travail des vignes sans doute! Le millésime 2004, c'est évidemment une autre paire de manche. C'est un millésime à la maturité un peu juste et qui donnait des vins un peu plus dilués. Mais c'est aussi le type de millésime où le terroir se révèle!

Derrière un nez un peu trop marqué par la barrique par ses notes de torréfaction, se dévoile un très beau fruit, sur la griotte mûre, sans aucune trace végétale. La bouche est encore ferme, pas hyper concentrée, mais avec de la matière. L'acidité est marquée mais pas dérangeante. Un vin qu'il faut attendre, un peu trop muet à ce stade.

Alsace Pinot Noir LN 012, Bruno et Gerard Schueller.

Ah voilà le représentant de l'Alsace! Et un vin sans sulfites en plus (12 est la cc en mg mesurée sur la première cuvée sortie en 1997). Les vignes proviennent du grand cru Eichberg, au terroir argilo-calcaire propice au pinot noir.

La robe est un peu plus dense, un peu trouble également. Dans le verre, les arômes sont dominés par la réduction. Ce n'est pas nouveau sur ce millésime, il faut juste un peu de patience. Assez rapidement, les plus habitués y découvrent des arômes de fraise mûre, de rose mature, d'encens, d'épices. C'est très complexe pour qui prise un peu les vins naturels! La bouche est rafraîchissante, sur une acidité salivante; la matière semble plus dense que celle du Gevrey, elle est en tout cas plus suave et la longueur meilleure. Cela reste toujours pour moi un beau moment très compatible, de gourmandise et d'émotion...

Effet appellation et hiérarchie

Marsannay Les Favières 2004; Olivier Guyot

Les Favières, c'est un bon terroir de Marsannay, situé dans le Nord de l'appellation et en bas de coteaux. Un bon, mais pas le meilleur; la Montagne par exemple, du même vigneron lui est nettement supérieur. Robe plutôt claire, nez délicat de fruit rouge groseille, mais assez timide. La bouche est ferme, fruitée, mais avec quelques notes végétales; les tannins sont un peu durs.

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Chambolle-Musigny 1er cru les Charmes 2004, Olivier Guyot

La robe est identique, le nez également timide. Plusieurs dégustateurs demandent si c'est le même vin! Et bien non, il y a même un facteur 2 dans le prix...;-). Il faut juste prêter un peu d'attention à la bouche. Je demande de redéguster. Et là, c'est évident. Le Chambolle est tout en dentelle, il y a une pureté de fruit à se damner, quelques notes florales à faire chavirer. Les tannins sont juste là pour apporter leur contribution à la matière légère mais suave, qui tapisse gentiment les parois de la bouche et structurent la longueur. Car c'est aussi en longueur que se marque la différence. Le Marsannay est ferme, et la finale se fait un peu dure, le Chambolle est tout le contraire, il emmène qui veut le suivre, loin, dans un voyage presque aérien. Typiquement le vin qui risque de passer inaperçu, calé entre deux Bourgogne "modernes"... Ce serait pourtant dommage de rester insensible à son ... charme... Les Charmes sont réputés pour leur délicatesse, apportée sans doute par un sol calcaire pauvre, caillouteux et très bien drainé. Le millésime 2004 exacerbe encore cet effet terroir; amateurs de finesse et pas de maigreur, vous allez vous régalez!!!

Effet Région: Jura vs Bourgogne

Côte de Jura, Cuvée Julien Ganevat 2005, Pinot Noir, Jean-François Ganevat

La robe est plus sombre que celles des séries précédente, elle est brillante. De très beaux arômes de cerise mûre percolent du verre, accompagnés de notes de café, de pierre chaude, de fleurs (violette). C'est très beau, distingué, complexe et évolutif. Le nez reste accroché, curieux de découvrir encore et encore, de nouvelles senteurs. Tout cela se retrouve en rétro-olfaction, la sève est présente, mais sans agressivité. L'acidité oriente certains vers les Fiefs Vendéens, d'autres restent en Bourgogne, personne ne pense au Jura, ni a Fanfan Ganevat, qui nous joue encore un tour de sorcier! Un pinot noir cependant très loin des dérives "putassières" que lui font subir de plus en plus d'oenologues. Un vin qui ira encore très loin!

Gevrey Chambertin, Billard 2005, Jérôme Galeyrand .

Un néo-vigneron, et déjà une des révélations pour beaucoup. J'avais eu un coup de coeur pour ses vins aux Grands Jours de Bourgogne et non sans difficulté, j'avais pu le mettre à ma carte. Jérôme possède 4 hectares en côtes de nuits (Gevrey, mais aussi Fixin, ...), qu'il travaille en lutte très raisonnée; en espérant qu'il évolue vers plus de naturel encore dans les années qui viennent, laissons lui un peu de temps. La robe est très sombre, très 2005! Le nez est très expressif, presque explosif. Des notes de cassis, de myrtille, avec des épices, du balsamique, presque de la garrigue jaillissent du verre. La bouche est suave, sans aspérités et d'un équilibre remarquable. Sans doute moins "terroir" que le Ganevat, il est certainement plus accessible; mais avec de la fraîcheur, et loin de sombrer dans les caricatures précitées. Gros miam pour beaucoup!

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Effet Exposition: Sud vs Nord-Est

Le pinot noir se plaît pas trop mal sur les terroirs froids; il ne nécessite en effet pas une période de maturation trop longue et il bénéficie parfois d'une certaine lenteur dans celle-ci (pour autant qu'elle soit complète bien sûr.). On le trouve d'ailleurs en Loire, mais aussi en Allemagne, ou en Autriche. Son exposition de prédilection est sans doute l'Est, mais nous avons choisi ici de comparer deux vins issu d'un terroir très similaire (marnes blanches) mais aux expositions radicalement opposées, sur un millésime plus difficile que le 2005, mais à mon avis très sous-estimé, le 2006!

Pommard Les Vignots 2006, Chantal Lescure

Exposé au Sud, nous avons en face de nous un pommard assez corpulent, à la robe noire, au nez fruité (myrtille, fraise), à peine boisé, à la bouche charnue, mais tannique, ferme, très puissante (certains y trouve un petit déséquilibre d'alcool). C'est très bon, mais il faut un peu le garder pour qu'il s'équilibre et s'affine; il y a une matière que seul le temps pourra dompter.

Pommard Les Vaumuriens 2006, Chantal Lescure

Sur un terroir plus froid, exposé Nord-Est; François Chavériat (le maître de Chai qui sera présent à notre marché de Noël le samedi 14 décembre;-), nous propose une superbe cuvée. Bien sûr, les tannins sont encore un peu présent, mais quel jus en milieu de bouche, quelle fraîcheur, et déjà quelle complexité. C'est nettement moins massif que les Vignots, et pour beaucoup, un cran au dessus au niveau plaisir actuellement. Je suis d'accord, en bon millésime, les Vaumuriens à souvent ma préférence. Rendez vous toutefois dans 10 ans ;-).

Effet Hiérarchie et Sol: 1er cru vs Villages; Calcaire vs "pas"calcaire;-).

La Bourgogne, c'est avant tout une diversité de sols. Il était intéressant d'y plonger, modestement, afin de mettre en évidence son effet potentiel. Et comme le pinot noir, c'est le calcaire, c'est donc sur sa présence qu'il fallait jouer, et comme nous aimons jouer, nous avons joué, et gagné!

Nuits Saint Georges 2006, Chantal Lescure

Robe encore plus sombre, c'est la côte de nuit, nez expressif, très myrtille bien mûre, au boisé sympathique car non dominant. La pulpe est bien présente, la bouche est ronde, aux tannins plus civilisés que les Pommard. C'est une vraie petite bombe de fruit, que l'on apprécie sans aucune difficulté. Très charmeur.

Nuits Saint Georges, 1er cru les Vallerots 2006, Chantal Lescure

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Les Vallerots est un terroir très calcaire, assez ancien et en coteaux. C'est un des tout bons 1er crus de Nuits St Georges. Sa robe tout aussi sombre que le villages, mais le nez se fait déjà plus précis, plus de finesse sans doute. Si le Villages faisait grosse impression, c'est pourtant presque sans combattre, que le premier cru va l'écraser. Par sa finesse, par la qualité de ses tannins, par son acidité, par sa longueur; c'est un KO debout et une belle leçon à ceux qui ne croient pas au terroir. Un cas d'école. D'école, car il est facile de présenter un mauvais villages contre un bon premier cru, non, le challenge était ici d'impressionner par le villages et puis de renverser la situation avec le 1er cru, pari gagné! Et à nouveau Bravo à François Ca-Chavériat et son équipe. Ils nous font déjà oublier le millésime 2005...

Il est temps de se restaurer, et grâce aux fromages de la Casière, à Wavre. Evidemment, sur un bel Epoisses, de l'ami de Chambertin, ou les St Félicien et Marcellin, il faut choisir un vin qui sera mis en valeur et non pas une grande cuvée qui risque d'être dénaturée. Il ne faut donc pas hésiter à descendre un peu dans la hiérarchie et rechercher la fraîcheur et la vivacité. C'est ce que nous avons fait en visitant l'Yonne.

Effet Millésime et effet Fromage

Bourgogne Epineuil, Côte de Grisey 2003, Abbaye du Petit Quincy

Robe brillante, assez dense, le nez est tout sur le fruit rouge (groseille, fraise), assez simple sans doute, mais bien net. La bouche est gourmande et le fruit se révèle encore avec le fromage; accord classique mais bon!

Bourgogne Epineuil, Côte de Grisey 2004, Abbaye du Petit Quincy

Dominique Gruhier a vraiment fait progresser les vins du coin. Il en récolte maintenant les fruits puisqu'il rentre dans le guide de la RVF 2009, bravo! J'étais curieux de regoûter ce difficile millésime 2004, et ma foi, sans prétention, il se comporte bien sur le fromage, lui apportant toute la fraîcheur nécessaire. Bien sûr, la robe est plus claire, bien sûr la matière est moins dense; le fruit se fait aussi plus frais (groseille), agrémenté de notes de poivre vert, un peu végétales sans doute, mais cela reste friand et très sympathique. Pour le plaisir, et parce que vous avez cru la découvrir à presque chaque paire, j'ai ouvert une bouteille de

Fiefs Vendéens, La Grande Pièce 2002, Pinot noir, Domaine St Nicolas (Loire)

Carafée pour éliminer quelques bulles de CO2, le nez se fait immédiatement très ouvert. Mûre, cerise du nord, épices, fumée, graphite, minérale; c'est très beau. La bouche est juteuse comme un vin de Barral (le schiste?, le peu de SO2), tout en finesse mais aussi en belle maturité. La gourmandise fait que le vin s'évapore trop rapidement; je ne l'avais plus goûtée récemment, coup de coeur pour moi et je ne suis probablement pas le seul ;-)!

Il fallait terminer par un Bourgogne à maturité, je me suis donc plongé dans mes réserves, constituées, à l'époque où j'écumais les foires au vins. Je me suis arrêté sur:

Gevrey-Chambertin 1er cru Lavaux St Jacques 1995, JP. Marchand.

Honnêtement, à l'époque, il était plutôt dense, charnu, j'avais l'impression d'avoir fait une bonne pioche. Le 1er cru Lavaux St Jacques, est bien situé, pas loin de du réputé Clos St Jacques, voyons voir. Il ne faut pas être grand dégustateur pour constater l'évolution de la robe qui garde cependant une belle profondeur. Le nez combine les arômes de fruit et ceux plus évolués de viande, d'épices douces, de cèdre et de tabac. La bouche est fine, mais finit un peu court. Sans être désagréable, il manque un petit je ne sais quoi de profondeur pour vraiment plaire et tenir son rang. Peut-être l'apogée est-elle un peu dépassée, peut-être sommes nous trop formatés aux vins jeunes, peut-être ce vin manque-t-il aussi un peu de naturel...

Alors voilà, un atelier qui a tenu ses promesses, et où les pinot noirs hors Bourgogne se sont très bien comportés. Difficile de donner des préférences, tant les vins sont différents, mais voici pourtant ceux qui, pour moi, sortent du lot:

8. Gevrey-Chambertin En Billard 2005, Jérôme Galeyrand: quelle accessibilité!

7. Bourgogne 2006, Renaud Boyer: quelle buvabilité!

6. Chambolle Musigny 1er cru 2004, O. Guyot: quelle dentelle!

5. Pommard Vaumuriens 2006, Chantal Lescure: quelle potentiel!

4. Alsace LN 012 2004, Schueller: quelle suavité et quel naturel!

3. Côte de Jura, Cuvée Julien Ganevat 2005, JF Ganevat: quel terroir!

2. Loire, Fiefs vendéens, Grande Pièce 2002, Domaine St Nicolas: quel jus!

1. Nuits St Georges, 1er cru les Vallerots, Chantal Lescure: grand!

L'honneur est sauf, la Bourgogne remporte ma palme de justesse, mais les pinot noirs "hors bourgogne" trustent les accessits, alors que le niveau était très, très relevé! Bon on remet cela quand vous voulez!pinot_noir1

04/11/2008

Alsace en long et en diagonale

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22:59 Écrit par Laurent dans Ateliers Dégustation | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

04/10/2008

LE VIN SANS SOUFRE (IV): La dégustation complète

Dégustation comme chaque week-end à la boutique de l'odyssée, et, cette fois, elle était consacrée aux vins sans sulfites! Comme on déguste sur deux jours, vendredi et samedi, j'ai trouvé intéressant de noter mes impressions à différents moments. A l'ouverture (14h00), sans carafage, ni épaulage, juste ouvertes au débotté, pour les découvrir telles quelles, sans mode d'emploi;-). Ensuite en fin de soirée le vendredi (20h00), et enfin le lendemain soir (20h00). Les bouteilles sont simplement placées au réfrigérateur pendant la nuit. Tout ça pour voir comment ces vins, réputés si fragiles, se comportent au cours du temps.

En voici donc maintenant les commentaires complets, ainsi que quelques mots d'explication. La première dégustation a été effectuée en présence de Pol Grégoire, venu à la rencontre de ces vins uniques, je me permettrai de retranscrire quelques unes de ses impressions à chaud.

Vins Sans Sulfites: la dégustation complète:

Intro: Certains la réclame à corps et à cris, mais elle effraie bon nombre de palais formatés et de “connaisseurs”. Elle fait perdre leur sang froid aux gourous qui s’gourent, mais elle réjouit ceux pour qui le vin est avant tout une boisson saine à base raisin. Là voici là voilà, c’est la dégustation des vins sans SO2, sans sulfites et sans soufre. Je ne vais pas vous faire, ici, un cours sur ce qu’est le vin sans SO2 (ajouté;-), mais je peux le faire à la demande, car c’est passionnant! Par contre, je peux déjà vous donner quelques pistes: , ou là>, ou encore là>.

Vous pouvez aussi visionner deux vidéos. La première est une interview de Pierre Overnoy, le précurseur du sans soufre, et la deuxième, une dégustation d’amateurs face à ces vins littéralement extraordinaires, dont la fabuleuse cuvée “En avant doute” du domaine des Clapas, ainsi que le "tradition" de Leon Barral, deux cuvées que vous avez pu déguster ce Week-end.

Nous allons donc faire un petit tour de France de ces vins hors normes, en deux étapes, en deux semaines. Tous les vins présentés ici, sont vinifiés sans SO2, et, sauf si mentionné, sans ajout à la mise en bouteille. Attention, je ne suis pas le taliban de la chose. J’estime simplement que la grande majorité des vignerons en mettent bien trop, par reflexe sécuritaire, par peur, par paresse, et ce même parmi les domaines très réputés. Si quelques mg ne me font pas peur, et sont parfois utiles, pour augmenter la résistance du vin au transport et au stockage; quelques dizaines le paralysent voire le tuent et sont loin d’être inoffensifs pour notre organisme. Le tout sans soufre est un exercice difficile, mais qui ouvre une porte vers la diversité des arômes et des textures, il donne des sensations en bouche uniques, avec cette vivacité, qui fait que beaucoup d’entre vous finissent par en redemander... La conservation de ces breuvages doit se faire à basse température, 14°C, moins de 16 en tout cas; c’est pourquoi vous avez toujours froid dans ma boutique;-). Ces vins sont vivants et parfois variables; c’est vrai que les vins morts ne bougent pas, d’ailleurs, nos morts bougent peu également. Les arômes sont parfois surprenants pour nos papilles formatées. Comparez un lait UHT à un lait cru, c’est le même type de différence; et depuis que je suis revenu au lait cru, tout comme mes enfants, nous ne savons plus boire le premier, même bio ... Trêve de bavardage, c’est parti

vins_sans_sulfites

Bulles

Mandi Bulles, Gamay, Georges Descombes

Un pétillant naturel pour commencer, un pet nat sans sulfite, au contraire, il faut que les levures vivent pour continuer la fermentation en bouteille.

14h00. Fraise, cerise, très légèrement perlant sur la langue. La bouche est fruitée, mais sèche, très légèrement sucrée. Pol y voit un peu d'alcool, mais aussi de la consistance, et sans doute le peu de sucre qui s'y trouve encore. Vin étonnant, mais il aime!

Pas de grande différence après 6 heures, le nez est plus précis, plus fruité. La bouche parait plus sèche, mais on pinaille ans doute. Le lendemain, à part quelques bulles de moins, le fruit est plus nettement fraise et grenadine. En tout cas, la stabilité est exemplaire.

Un régal sur les tapenades, le canard fumé, le saucisson. Et ça remplace agréablement un rayon de soleil;-).

Blancs

Alsace, Pinot Blanc 2005, Sans sulfite, Jean Pierre Frick

Ce pinot blanc 2005 de Jean-Pierre Frick. C'est pour la curiosité car il ne m’en reste que quelques bouteilles à vendre. Mais cela en vaut la peine, d’abord l’étiquette, en grand , ce qui n’est pas autorisé, et Vins sans Soufre, simplement, car il n’en a pas rajouté. Provocateur, oui sans doute, il attend simplement qu’on lui prouve que ce n’est pas un vin biologique. Ce qui est impossible puisqu'il ne contient que du raisin bio. Et etonnamment, on le laisse bien tranquille ;-).

14h00, ce vin est une vraie odyssée aromatique, fruits très mûrs, épices (gingembre) un peu de miel, cidre, une bouche dense mais gouleyante. Un peu de sucre résiduel, mais terriblement intégré. A peine de perlant. Le vin est séduisant, pas ou vraiment très peu d'oxydation, trace d'acetaldehyde non combiné au sulfite (cidre), mais bouche très nette et une buvabilité hors norme.

20h00, la robe s'est assombrie, le nez a perdu de la complexité, et se focalise sur le calvados et le cidre. La bouche reste incroyable, pas mal de gras, belle longueur, avec un équilibre superlatif et une impression de minéralité.

Le lendemain soir, c'est encore plus sombre, c'est le fond de la bouteille et c'est donc aussi très trouble. Le nez est franchement sur le calvados et a perdu beaucoup de sa complexité. Il faut indéniablement le boire dans les quelques heures qui suivent l'ouverture. Car alors, il est génial! Et ce sera simplement un vrai délice, sur les plats épicés (volaille, ...), cela fera même merveille! Evidemment, les papilles formatées y verront des défauts, tant mieux, tout est vendu! Je rentre les nouveaux millésimes bientôt. Et il me reste aussi quelques bouteilles de Riesling sans SO2, qu’on se le dise.

Bourgogne, Mâcon-Cruzilles, Aragonite 2006, Chardonnay, Vignes du Maynes

Le plus ancien domaine en bio, spécialiste des vinifications sans SO2. Les rouges sont non collés, non filtrés, et sans SO2 ajoutés. Mais c’est un blanc que je vous propose. Il est légèrement filtré, et 20mg/l de SO2 sont ajoutés pour éviter l’oxydation. C’est minime en comparaison des 210 mg autorisés pour le blanc. Pas de risque de mal de tête avec celui-ci.

14h00. C’est un beau chardonnay, au fruité complexe, sans bois intempestif, avec une fine minéralité au nez. Des notes grillées aussi. La bouche est d’une belle densité, le fruit s'y révèle, légèrement saline, la finale est fraîche, très sèche et longue. Très beau vin de terroir, ce qui se comprend quand on sait qu’il provient d’une parcelle à la géologie particulière qui concentre des cristaux de calcaire nommé CALCITE-ARAGONITE, et qui confère aux vins une minéralité et une ampleur en bouche rare sur un Mâcon blanc. Trouvé sur le site d’ invinoveritastoulouse, les commentaires suivants auxquels je souscrit sans peine: Alain et Julien Guillot - Domaine du clos des vignes du Maynes - Mâcon Cruzilles Clos des vignes du Maynes Aragonite 2006 : 16/20 - 4/7/08 “Un vin découvert dans le très bon restaurant arlésien "l'atelier de Jean-Luc Rabanel". Un superbe chardonnay serré, minéral, pur. Senteurs de fruits blancs, de miel, de chartreuse, de citron, de menthe, de résine. Trame parfaitement assemblée, cohérente, ronde avec une superbe tenue et un retour minéral et acide final de classe. Esprit un peu chablisien.”

20h00. 6 heures plus tard, le nez a évolué, plus ouvert, mais toujours ces notes grillées et minérales, évoluées que l'on trouve sur certains riesling (Muenchberg 2001 de Patrick Meyer par exemple). C'est étonnamment très bon!. Si peu accrochent, c'est manifestement une cuvée hors norme pour d'autres! Bonne pioche, je crois. Le lendemain, c'est toujours aussi net, plus de réduction grillée, mais une minéralité et une fermeté de corps épatante. Un chardonnay sans concession, que l'on peut attendre encore. Mais tout est vendu!

Rouges

Rhône, En avant doute 2007, vdp Ardèche, grenache 100%, sans sulfite, Domaine des Clapas

Neo-vigneron, c’est son second millésime, Jérôme Jouret avance en doutant, pas à pas, mais à grand pas! Les vignes viennent d’un terroir argilo-calcaire en coteaux. Si vous aimez les vins de Gramenon, il faut se précipiter sur celui-ci. Le vin n’est ni filtré et ne voit pas le sulfite.

14h00. Nez très expressif, de cerise et de fleurs, je penche pour l'oeillet, Pol pour la rose; d'autres mentionneront également cette fleur. C’est d’une fraîcheur insolente, d’un fruit superlatif, d’une buvabilité presque exagérée. Mais il y a aussi du fond, de la matière extraite avec justesse, en douceur; à la Souhaut. Coup de coeur!

Le soir, à 20h00, le nez a évolué, moins de fleur, plus de fruits, et les épices sont au rendez vous. La bouche a manifestement gagné en volume. C'est plus profond mais toujours tellement délicieux. Coup de coeur général. Le lendemain soir, c'est toujours aussi bon et frais. Stabilité impeccable. Génial!

Alsace, Pinot Noir, Cuvée LN 012 2006, sans sulfite, Bruno Schueller

Bruno et Fanfan se sont rencontrés pour la première fois chez moi, lors d’un de nos marchés vignerons. Depuis, ils ne se quittent plus. Et que croyez vous qu’ils se racontent, des histoires sulfureuses sans aucun doute;-). Bruno, n’est pas, non plus, le taliban du sans soufre. Il l’utilise avec grande parcimonie, et sur quelques cuvées qui le permettent, il l’évite tout simplement, sans dogmatisme aucun. C’est le cas avec ce pinot noir issu d’une parcelle située en grand cru Eichberg. Sur ce sol à tendance calcaire, le pinot noir est très aromatique et allie, densité et finesse.

A peine un peu de réduction à l'ouverture, mais un fruit qui pinote sas complexe. La bouche est délicate comme la couleur, savoureuse. La finale sèche un peu, mais l'évolution est favorable. Ce 2006 commence pourtant à fondre ses tannins et s’ouvre gentiment. Mais bon, à boire sur un canard, un poulet bien charnu, pas trop en one to one ;-). Ou encore, sur un filet de biche avec quelques trompettes pour sonner encore plus juste! Ah oui, le LN 012 n’est pas un numéro de lot, ni une allusion au prénom de la femme de Bruno, c’est simplement le résultat de l’analyse en SO2 lors du premier millésime de cette cuvée. Pol semble bien apprécier les arômes délicats et bien agréables du pinot noir.

20h00. Il a pris de la profondeur, les épices sont bien plus présentes, des notes d'encens, de rose fanée typiques des bons pinot noir d'Alsace. Les tannins ont évolués plutôt favorablement et le vin dans son ensemble a bien bonifié. Le lendemain soir, à 20 heures, soit après 26 heures d'ouverture, des notes confites, d'oxydation sont présentes, le vin a perdu de sa fraîcheur. Il faut donc le boire le jour même, mais après un bon carafage. Mais gardez le encore quelques années.

Beaujolais, Régnié 2006, Gamay, sans sulfite, Christian Ducroux

Christian est, un peu comme Pierre Overnoy, d’une modestie rare. Ses vins sont à son image, chaque rencontre est profonde mais rafraîchissante. Il partage toujours sa production en deux, une mise sans sulfite et une autre avec environ 20mg/l. C’est évidemment la première que je vous propose.

Le premier nez est surprenant. Une vague lactée pour Pol, de fromage pour moi. Le fruit est là, mais un peu dominé par ces arômes là. A la première gorgée, on se rassure, tout est en place pour faire un beau Beaujolais de terroir. Un beau Beaujolais? Un vin pour joli bobo quoi;-)!. Trame tannique gentille, explosion de fruit, miam!

beauducrouxvignes

Après 6 heures (20h00) C'est superbe. En fait j'ai suivi l'affaire, et le côté lacté (pas insupportable) est parti en 4-5 heures. Après, il laisse place à des notes de poivre blanc intensives; La bouche reste juteuse au milieu, mais un peu dure en finale. Définitivement un vin de repas. C’est une corbeille de fruits et d’épices délicates digne de l’odyssée des arômes. Groseille, poivre blanc, la bouche est friande et nerveuse, un vin qui réveille et qui élève. Coup de coeur pour plusieurs clients, mais pas tous;-). Le lendemain soir, le nez est toujours aussi impeccable, la bouche aussi, avec un peu plus de profondeur. La finale développe de petites notes grillées, pas désagréables, mais qui, plus marquées, pourraient altérer la fraîcheur. A boire sans presser en tout cas; et à boire, si possible avec modération, sur de bonnes charcuterie, tapenade, houmous épicés, fromages frais, ...

Languedoc, Faugères, Cuvée Tradition 2005, Carignan, grenache, cinsault, ,sans sulfite, Leon Barral

C’est, à nouveau sans dogmatisme, que Didier utilise, ou pas, le SO2. Tout dépend du millésime, du vin, de sa capacité à résister. J’attends confirmation du sans sulfite mentionné ci-dessus incessamment sous peu; mais de toutes façons, s’il est présent, c’est à dose homéopathique, alors, allons-y! Si 2002 et 2003 étaient un peu rock ’n roll; si 2004 était superbe de complexité et de fraîcheur, 2005 nous revient avec la même densité que le 2001. C’est un tout beau millésime chez Barral, presque consensuel!

A 14h00, ouverture! Le nez est ouvert, fruité cerise-fraise, épice cannelle-poivre, notes sauvages un peu cuir. La bouche est suave, les tannins présents sont un peu cacaotés, l’équilibre impeccable, la digestibilité sans faille. A boire à grande goulée, maintenant et sur 3-4 ans. Mais pourquoi j’ai pas rentré des magnums!!!! Un coup de coeur pour Pol Grégoire qui se ressert ;-)

A 20h00, le nez se fait plus épicé, la bouche encore plus équilibrée et nette, proche de la perfection. Le lendemain soir, le nez est encore plus épicé, nettement vers la garrigue. Je le préférais la veille, mais c'est personnel. Aucun développement de "défauts" n'a été observé, pas d'acidité volatile comme parfois chez Barral.

Bordeaux, Château Planquette, Médoc 2004, Merlot 50%, Cabernet Sauvignon 50%, sans sulfite, Didier Michaud

Il est un des seuls à cultiver sa vigne en bio dans la région, il vendange tard, mais sans mettre d’anti-pourriture nocif (la plaie des pesticides à Bordeaux depuis Parker!), il vinifie en vieilles barriques car il préfère le goût de son raisin à celui du chêne, il ne met pas de SO2 car ce n’est pas nécessaire (document analytique à l’appui), et il ne porte pas de cravate quand il parcourt ses vignes;-). Ce personnage, assez unique là bas, c’est Didier Michaud!

Son vin, en 2004 (dernières caisses!), a pris de l’étoffe depuis la dernière fois. Le fruit est toujours très pur, un peu de groseille très mûre; quelques notes de poivron rôti. Les tannins encore vigoureux cèdent tout doucement la place à la pulpe du raisin. C’est sans goût de poivron vert, on serait plutôt sur la groseille rouge, et c’est très bon, vivement ma bonne bidoche hebdomadaire (au poivre sauvage, inutile de le préciser;-)!

Le soir à 20 h00, le nez a bien évolué. Bien plus complexe, fruit bien sûr, graphite, cuir, poivre blanc. Difficile à décrire, mais belle classe. 24 heures plus tard, le vin n'a plus, pour ainsi dire, bougé; juste une petite note confite peut-être. Belle évolution en un an aussi!

Voilà, rendez-vous la semaine prochaine, avec encore du vrai sans sulfite, dont notamment:la cuvée Pas à Pas des Clapas, la cuvée Z (pinot noir) de Fanfan Ganevat, le Pech abusé du domaine du Pech, les cuvée Trouillas du Casot des Mailloles, le vin d’une oreille de Sébastien David, un autre Régnié 05 de Ducroux, et sans doute le Mas de Mazel... Ne loupez surtout aucun des épisodes!

Cette seconde étape, ce sont les 10 et 11 octobre 2008 , venez vérifier par vous même!

01:24 Écrit par Laurent dans Ateliers Dégustation | Lien permanent | Commentaires (11) |  Facebook |

18/08/2008

COURS d'INITIATION

Outre les ateliers, nous vous proposons aussi des cours d’initiation à la dégustation du vin. Les détails:

Quoi : Cours de dégustation de VIN : 10 séances d’environ 2h30 à 3h00 chacune

Qui : Toutes personnes curieuses de découverte dans le monde des arômes et du vinPrérequis : Aucun, juste une envie de découvrir le monde passionnant du vin, papilles grandes ouvertes

Où : A Pécrot (Grez-Doiceau - Brabant Wallon), rue Constant Wauters, 22 : 15 min de LLN, 35 min de Bruxelles, 35 min de Namur, 35 min de Waterloo.

Quand : 1 fois par mois, en soirée, date et jour à convenir avec le groupe. Le cours débute lorsque le groupe est complet, minimum 10.

Combien : 35 € par séance, soit 350 € pour une année (inscription à l’année); min 10 - max 13 personnes

Par qui: Laurent Mélotte, Caviste, Passionné de vins et de gastronomie depuis 20 ans, Ingénieur agronome et brasseur, Scientifique, Responsable de recherche (2000-2005) et d'analyse sensorielle (1996-1998) chez Inbev (ex-Interbrew), Maître de Conférences à l'UCL (Cours de Biochimie des Industries Alimentaires, 2006-2009)

Le Contenu des Cours:

Nouveauté, il devrait y avoir un projecteur pour mieux illustrer le cours. L’approche du cours aura comme fil rouge les différentes régions viticoles de France (Alsace, Loire, Bourgogne, Champagne, Sud-Ouest, Rhône, Provence, Languedoc, Roussillon, Jura) dans un équilibre de grand plaisir entre notions théoriques, techniques et pratiques, le tout dans l’ambiance conviviale caractéristique de True Great Wines.

- Nous apprendrons progressivement les techniques de bases de dégustation : la vue, le goût (sucré, salé, acide, amer, umami), les textures (tannins, …), les arômes de nez et de bouche (rétro-olfaction), … par la présentation d’exemples concrets (composés purs dans matrices différentes).

- Nous apprendrons à reconnaître ces différents arômes (fruités, floraux, balsamiques, empyreumatiques, …) et goûts ainsi que les défauts du vin (acescence, oxydation, brettanomyces, soufre, …) en multipliant les références extérieures (composés purs, confitures, fruits, plantes, vins de fruits, …) et bien sûr en dégustant de nombreux échantillons de vin.

- Nous découvrirons la diversité des cépages et leurs principales caractéristiques ; du merlot au savagnin et de la syrah à la mondeuse, en dégustant des échantillons choisis parmi les meilleurs producteurs.

- Au gré des vins dégustés, nous comprendrons mieux les différentes techniques de vinification, blanc, rouge, mais aussi rosé de saignée, vin jaune, vin doux naturel, champagne, le ouillage, la macération carbonique, la malolactique, … et de culture de la vigne (bio, biodynamie, lutte raisonnée et ... déraisonnée!)

- Grâce au vocabulaire adéquat, nous apprendrons à exprimer dans un langage descriptif précis nos sensations de plaisir ou de dégoût. Nous apprendrons également à comprendre nos préférences, à les interpréter, et parfois aussi, à les remettre en question.

- Enfin, pour chaque région, le contexte culinaire sera présenté et un accord mets/vins précis sera dégusté. Un syllabus sera disponible pour les participants, de même, un rapport de dégustation sera rédigé. Enfin, une réduction de 5% sera accordée sur les vins mis en dégustation et disponibles à la carte.

Au final et à chaque fois une superbe soirée d’éveil des sens et d’hédonisme

Intéressés? Réservez par mail à laurent@truegreatwines.com ou par tel au 0478 82 16 36. Et n'hésitez pas à en parler autour de vous, merci d'avance!

09:00 Écrit par Laurent dans Ateliers Dégustation | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cours, ateliers |  Facebook |

13/08/2008

ATELIERS VINS SAISON 2008-2009

Nous revoici pour la quatrième année consécutive avec nos ateliers. Je vous ai concocté un programme 2008-2009 de derrière les fagots, en voici les thèmes et les dates. Attention, il y a deux cycles (de 1.1 à 1.9 et de 2.1 à 2.9), ceux qui choisissent un de ces cycles complets sont prioritaires, mais sinon, il est possible de panacher.

N'hésitez pas à vous inscrire! Le principe est simple, dégustation de 10 à 12 vins, mais aussi d'arômes, naturels ou de composés purs. Reconnaissance d'arômes dans des matrices différentes, plantes de notre jardin bio, confitures, jus, vins de fruits, bières, ... Il y a un petit syllabus pour chaque session, de même qu'un rapport de dégustation. Pour la première fois, nous aurons sans doute un projecteur, pour encore mieux illustrer la dégustation. Un petit accord mets-vin viendra agrémenter la dégustation. Que du plaisir en perspective.

C'est le mercredi, on commence à 20 heures et on essaie de terminer pour 22h30 ou 23h00, mais ça, ça dépend un peu de vous;-). Le coût, c'est simple, 45 € par atelier, 160 € pour 4 ateliers au choix, et puis 315 € pour un cycle complet de 9 ateliers, au choix. Une séance est complète quand il y a maximum 13 inscrits, ne tardez pas!

Les réservations se font par mail, à "laurent@truegreatwines.com" et sont validées une fois le virement réceptionné au 068-2369199-01 (communication ateliers 2008-2009). Des doutes, sonnez moi au 0478-821636...

La seule condition d'inscription est d'avoir les papilles bien ouvertes et une envie de découverte. Pour le reste, outre mes interventions, les moins expérimentés apprennent auprès des plus férus de dégustation mais aussi parfois vice versa.

J'oublie la localisation; les ateliers auront lieu à la boutique de l'odyssée, au 22 rue Constant Wauters, à Grez-Doiceau (Pécrot) et c'est toujours le mercredi soir

LE PROGRAMME 2008-2009

1.1. Drill (mercredi 8/10/2008)

Tour de France à l’aveugle !

Pour situer votre niveau de dégustateur, mais surtout car comme moi, vous êtes joueurs, nous vous proposons un Tour de France des cépages et des régions, à l’aveugle et bien sûr sans aucun dopage autorisé. Le défi : 10 vins, 10 cépages, 10 régions, 5 blancs, 5 rouges, et 1 bouteille à gagner ! Mais vous aurez quelques indices. Les 10 vins proviennent de 10 régions de France; et les 10 régions représentées sont connues (Languedoc/Roussillon-Rhône-Bordeaux-Beaujolais-Savoie-Jura-Alsace-Loire-Bourgogne-Provence/Corse). Par contre la liste des cépages ne sera pas donnée. Mais vous n’aurez donc pas à la fois un pinot noir et un chardonnay de Bourgogne. Simple, non ? Bon ceux qui ratent peuvent quand même continuer le cycle...

Aveugle, Cépages, France, Bourgogne, Bordeaux, Jura, Provence, …

2.1. Drill le retour (mercredi 15/10/2008)

Facile et Difficile !

Plus compliqué que l’autre session, je vous propose un drill original. Deux séries de vin de France, pas d’indice, sauf la couleur ;-). Dans la première série, les vins sont caractéristiques de leur cépage, mais dans la deuxième, vous entrez dans le monde des vins naturels, monde où le cépage est souvent transcendé.

Aveugle, Cépage, France, Vin naturel, Vin classique…

1.2. Gamay, Gamay! (5/11/2008)

C’est Benoît Poelvoorde je crois qui criais après ce cépage dans « C’est arrivé près de chez vous » ! Je le comprends, moin non plu, je n’en ai jamais assez ;-)

Et pourtant, le gamay est un cépage largement sous estimé qui souffre peut-être de la mauvaise réputation engendrée par les dérives du Beaujolais nouveau. Et pourtant, il se prête à de nombreux plaisirs ; des vins de soif bien sûr, de fête, mais il peut aussi refléter ses terroirs et développer de la complexité. Il peut aussi posséder l’élégance et la profondeur du pinot noir ; et on l’oublie trop souvent, il a un potentiel de garde indéniable. La preuve par 12 cuvées. L’occasion aussi d’une mini horizontale des 2005, avec les meilleurs vignerons sur un des meilleurs millésimes récents du coin. Le tout avec un aperçu délicieux de la gastronomie régionale.

Foillard, Descombes, Ducroux, Jambon, Lapierre, Jadot, Duboeuf, Lapalu, ...

2.2. Terroir et Pinot Noir (12/11/2008)

Cépage mythique des grands crus de Bourgogne, nous allons étudier d’un peu plus près ce cépage parfois fantasque, mais qui, quand il est réussit, approche probablement la quintessence de la pureté, de la finesse et de la fraîcheur. C’est aussi un cépage terriblement perméable au terroir et au climat. Et assez curieusement, malgré son apparente fragilité, vieillit parfois merveilleusement bien. Nous allons voir cela par le détail, en disséquant quelques terroirs de Bourgogne et de France.

Bourgogne, Schistes, Calcaire, Alsace, Nuit, Beaune, Lescure, Galleyrand, …

1.3. L’Ami des Brett (3/12/2008)

Ces Brett là ne sont pas mes amis du mâconnais, mais de petites levures assez sauvages qui colonisent parfois le chai alors qu’elles n’y sont pas invitées. Depuis leur identification, le goût animal qu’elles peuvent apporter est décrié par les meilleurs critiques et roundupisé à force sulfites par les œnologues. Avant, nombreux pourtant étaient ceux qui vantaient ce goût de « terroir ». Pour les vrais amateurs et les bons vignerons, c’est manifestement moins clair. Certains vignerons exècrent aussi ces microorganismes, d'autres les admettent partiellement en refusant l'excès de technicité que pourrait engendrer leur chasse, d'autres encore les acceptent comme apportant une note de complexité voire les respectent comme un reflet de la faune de leur terroir. Pour les amateurs qui ne reconnaissent pas toujours ces caractéristiques et qui les confondent souvent avec la réduction ou évolution, c’est pareil. Il y a ceux que cela fait fuir, ceux qui aiment et ceux qui, comme moi, apprécient à petite dose et y voient une source de diversité. Nous ferons tout d’abord un tour du laboratoire en humant les composés responsables de ces arômes, puis nous les détecterons dans plusieurs autres matrices (bière, gueuze, …). Et puis bien sûr, dans le vin, dans de bons vins, voire de très bons vins. Alors si vous n’avez pas peur du pet de cheval, de la tripe avariée ou de l’encrier renversé, venez découvrir et mieux comprendre ces arômes.

Bret, Animal, H2S, Ethylphenol, Vinylguaïacol, Gueuze, Leffe, Syrah, Languedoc, Pu-ehr, Phénols en tout genre, Horse-defect, Ecurie, Encre, Réduction, ...

2.3. Oxydé ou oxydatif (10/12/2008)

Le débat fait rage chez certains amateurs qui oublient que tout vin qui vieillit subit forcément des réactions oxydatives. Mais au delà de ce débat, il est vrai que certains vins passent à trépas plus rapidement que d’autres qui intègrent admirablement des notes que l’on croyait réservées au vin jaune du Jura. Alors, nous passerons en revue une série de vins qui, volontairement ou non, présentent ces caractéristiques. Nous allons nous amuser à débusquer ces arômes et qui sait, à les apprécier. Comme toujours avec ces vins oxydatifs, l’accord avec les mets épicés sera épatant.

Vin jaune, Vin passé, Oxydé, Oxydatif, Acétaldéhyde, Sotolone, Elevage, Pomme blette, Noix, …

1.4. Terroirs d’Alsace (7/1/2009)

Mosaïque de sols, de toute beauté. Le meilleur cépage du monde sur les meilleurs terroirs du monde?

L’Alsace est probablement la région qui offre la plus grande diversité de terroir au monde. Une vraie mosaïque mise en valeur par des monocépages, ce qui exacerbe encore l’évidence des caractéristiques des sols. Des expositions différentes, des sols variés, du sable tout léger au lourd argilo-calcaire, de l’impressionnant volcanique à la dentelle de granit, en passant par le très rare schisteux, tout y est. Et si le terroir est la partition, le riesling en est souvent le meilleur instrument; il faut juste un bon vigneron qui l’interprète. Ce sont ceux là que nous avons choisis.

Riesling, Rangen, Muenchberg, Kastelberg, Vendanges Tardives, Pinot Gris, …

2.4. Cadavres Exquis (14/1/2009)

La majorité des vins est bue endéans les deux ou trois ans, et il faut bien avouer que tous les vins qui vieillissent en cave y meurent aussi très souvent. Et quand ils sont finalement dégustés, ce qui est aussi assez rare, beaucoup sont désemparés devant de tels arômes et le divin breuvage prend, au mieux, le chemin du vinaigrier. Mais quel est donc l’intérêt de laisser vieillir son vin, comment faut-il l’ouvrir, dois-je le carafer, et le cas échéant, est-il possible de le ressusciter. Et bien, exemples à l’appui, nous allons retourner le sol à la recherche de ces arômes tertiaires qui font tant rêver l’amateur…

Vieux Millésimes, Méthode « Audouze », Feuille mortes, Arômes tertiaires, Cuir, Animal, Moka, Miel, Truffe, Venaison, Fourrure, …

1.5. La Savoie (4/2/2009)

Non, ce n’est pas seulement la région des amateurs de ski. Il y a quelques viticulteurs de Savoie qui travaillent, alors qu’attendre le touriste leur suffirait largement. Mais faut dire qu’il y a un patrimoine de unique de cépages locaux (mondeuse, roussette, …) et de terroirs uniques (Arbin, …). Une région inconnue de beaucoup d’amateurs, et pourtant, les meilleurs tutoient les sommets (alpins ;-). Ce sont ceux là qui vont nous intéresser.

Chignin-Bergeron, Mondeuse, Jacquère, Berlioz, Dupasquier, Trosset, …

2.5. La Suisse (11/2/2009)

Cela fait un bout de temps que je veux me rapprocher de ce pays viticole, souvent catalogué comme producteur de fendant et de vins à fondue toujours trop cher. Et pourtant, j’ai eu l’occasion de goûter à plusieurs reprises, de vraies petites merveilles. Et le potentiel est incroyable, la diversité de cépages est unique pour un si petit territoire. Lisez plutôt ; connaissez vous le cornalin, l’humagne rouge, ou le gamaret, ce sont des cépages rouges. Mais les blancs ne sont pas en reste, que du contraire ; la grande et la petite arvine, le fendant (ou Chasselas), l’amigne, l’humagne blanche, ou encore la malvoisie (ou pinot gris) et le johannisberg (ou sylvaner). Tous ces cépages côtoient bien sûr les syrah, merlot et autres chardonnay, mais n’ont parfois (quand on sait choisir ;-) rien à leur envier. Et puis, il faut aussi noter que lors d’un concours l’année passée, les syrah suisses avait écrasé les françaises. Enfin, nous on ne croit que ce que l’on boit, alors venez découvrir la Suisse avec nous !

Valais, Chappaz, Arvine, Humagne, Dole, Syrah, …

1.6. La Minéralité (4/3/2009)

Du vent pour suceurs de cailloux ou le vrai reflet du terroir ?

Cette caractéristique aromatique est de plus en plus utilisée par les amateurs comme par les professionnels, et elle déchaîne les passionnés du vin sur les forums. Et pourtant on n’en trouve pas trace dans le bouquin de référence de beaucoup ; le goût du vin d’Emile Peynaud. Alors… Pour tirer tout cela au clair, rien de tel que l’exercice pratique. Nous vous proposerons un choix de cuvées réputées pour leur minéralité et tenteront de définir et mieux comprendre cette notion aromatique et gustative, afin de, qui sait, la rayer de notre vocabulaire…

Minéralité, Acidité, Terpènes, Sels , Minéraux, Eaux, Alcool, Tannins, Sucre, Equilibre, Caillou, Carbone, Terroir, ….

2.6. Effet Millésime (11/3/2009)

On nous bassine chaque année avec le millésime du siècle, voire du millénaire. Rien qu’à Bordeaux, on nous en a déjà fourni 3 sur les 7 dernières années. 2000, le millésime des deux millénaires, 2003 millésime extraordinaire, et bien, il paraît que 2005 les surpasse tous ! Comment cerner tout cela, les autres millésimes sont ils aussi mauvais qu’on le dit, les bons aussi bons qu’on le clame. Et puis il n’ya pas que Bordeaux, qu’en est-il des autres régions. Quel est l’impact du vigneron. Et bien lors de cette session, nous allons tenter de donner un embryon de réponse à ce problème complexe, par de mini-verticales, et tout en se faisant plaisir, bien sûr.

Millésime, Bordeaux, Bourgogne, Loire, Sud, Verticale, Stress Hydrique, Canicule, Maturité, Vendanges, …

1.7. Vendanges de Vins Dingues (8/4/2009)

Connaissez vous les cépages hybrides ; avez vous déjà bu un vin ouillé pendant plus de 6 ans, ou fait avec du raisin de table ? Et ces cépages oubliés, on a raison de les reléguer au fond d’une balque d’ADN ou faut il les faire vivre ? Tiens, connaissez vous d’autres vendanges tardives que celles d’Alsace, avez-vous déjà goûté pinot noir sur schiste ou un viognier sur volcan ? Non, attention, il y en a encore, ça vous dirait un vin issu de vignes franches de pied ou d’une autre centenaire. Oui, alors n’hésitez pas, foncez, cette dégusttaion est toujours un émerveillement des papilles et un de salut public pour lutter contre l’uniformisation du goût et sauver notre biodiversité. Je n’y suis pour rien, ce sont, ces vignerons talentueux mais un peu dingues qu’il faut féliciter et encourager.

Pomerol, St Emilion, Languedoc, Rhône, Europe du Sud, Nouveau Monde, ...

2.7. Syrah ou Shiraz (15/4/2009)

Un cépage qui ne laisse pas indifférent, et qui donne quelques unes des plus belles expressions du Rhône Nord, mais aussi du Languedoc. On en plante de plus en plus, c’est le vin du nouveau monde par excellence et certains en font même des confitures. D’autres se battent encore pour déterminer son origine, alors que la science a coupé les ailes à bien des légendes. Quoiqu’il en soit, c’est un cépage sauvage, qui s’exprime aussi en fonction de son terroir et qui possède toujours ce petit plus de fraîcheur que son frère grenache. Laissez-vous emporter par ses senteurs de poivre rare et de violette ; parcourez la garrigue ou les terres brûlées de Cornas à sa recherche, mais sous aucun prétexte, ne laissez passer l’occasion d’assister à cette explosion d’arômes digne de la cérémonie d’ouverture des JO de pékin. Et attention, ici, tout en direct et pas de play-back !

1.8. Naturel ou Conventionnel, quelle alternative? (6/5/2009)

Vin Nature ou Parkérisé, Mondovino ou Rollandino, Uniformisation du goût ou Diversité. Et dans le verre comment ça se passe ?

Contre l’uniformisation des goûts à la Parker ou pire dictés par l’œnologie moderne, quelques vignerons résistent et ce ne sont pas toujours ceux cités dans Mondovino. Peut-on encore faire un vin élégant sans être taxer de maigreur, voire de médiocrité ; peut on encore élever son vin en vieux fût et le proposer à l’amateur sans notes de cèdre ou de vanille? Peut on encore faire du vin blanc sans macération pelliculaire, peux-t-on faire du vin peu soufré qui n’a pas de défaut et qui est meilleur qu’un sulfitage prudent…Loin des dogmes et des a priori, la vérité est souvent dans le verre et nous allons aller la chercher, au moins partiellement.

Belair, Soutard, Planquette, Bel Air Marquis d’Aligre, Magrez, La Tour Carnet,Thunevin Beau Thorey, Overnoy, Labet. …

2.8. Schiste ou Calcaire (13/5/2009)

Pour certains, le terroir est tout, pour d’autres, il n’est rien. Big question, oui et non. Il faut simplement savoir que pour le vigneron, le terroir est tout ; mais que sans lui, le terroir n‘est rien. Et cela se voit quand on déguste des vins d’un même vigneron mais provenant de terroirs différents, on y reconnaît parfois, et la patte du vigneron et l’empreinte du terroir. Lors de cette séance sur la compréhension du terrori, nous allons nous attarder sur la composante sol. Le calcaire et le schistes sont sans doute parmi les plus communs des sols qualitatifs pour les vins rouges. Oui, mais nous petits amateurs, arrive-t-on à les distinguer, et si oui, quelles en sont les caractéristiques. C’est à cette question là que nous allons tenter dé répondre par la comparaison d’une petite douzaine de cuvées bien ciblées.

Schistes, Calcaire, terroir, Vigneron, Sol, Minéralité, Puissance, Jus, …

1.9. Vins Sans Soufre, No Headache Guaranteed ! (8/6/2009)

Le Vin sans Soufre n’existe pas, et en plus il est très rareOn associe souvent les vins bios aux vins sans soufre et vice et versa, c’est une erreur. Mais pourquoi certains vignerons choisissent-ils la difficulté en se passant du produit œnologique le plus utilisé avec le sucre. Pourquoi prennent –ils le risque de se faire traiter de bio-cons par des critiques trop bornés, pourquoi ? Comment et pourquoi faire un vin sans soufre, quels en sont les risque, quelles en sont les qualités. Peut-on les reconnaître, allez vous les apprécier. A contrario, et sans dogme, pourquoi d’autres ne peuvent-ils s’en passer et quelles sont les conséquences dur le goût et la santé. Quoiqu’il en soit, bienvenue à bord de cette véritable odyssée aromatique, vous ne dégusterez plus jamais le vin comme avant …

Soufre, Sulfites, Oxydation, Casquette, Mal de Crâne, Allergie, Frick, Schueller, Ganevat, Jambon, Ducroux, Overnoy, Casot des Mailloles, Conservation, …

2.9. Deux Vins, Un Fromage ! (15/6/2009)

Là, c’est non seulement un Tour de France des vins que nous vous proposons, mais aussi un tour des fromages de France. Douze vins, 6 fromages, et du pain bio à votre rencontre. Mais pour corser le tout, on va jouer. Un accord classique, mais aussi un accord aventureux! Un accord de complément ou un accord d’opposition, et vous plutôt vin rouge ou vin blanc avec le fromages. A nouveau cette dégustation va renverser les dogmes, mais attention, les anciens comme les nouveaux. Non le vin rouge ne va pas avec tous les fromages, et non, le vin blanc non plus. A chacun son entourage, qu’il faut parfois apprivoiser, mais ce qui est certain, c’est qu’on va se régaler !

Fromages, Bourgogne, Comté, Livarot, Bleu, Banyuls, Vin Jaune, Vin Blanc, Vin rouge, Vin jeune, Vin vieux, …

Alléchants, passionnants, amusants, intriguants, .... et toujours dans l'ambiance conviviale de notre boutique des arômes... Ce sont les Ateliers de l’Odyssée, Venez!

18:45 Écrit par Laurent dans Ateliers Dégustation | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : ateliers |  Facebook |

13/06/2008

VIN sans SOUFRE (III), VIN sans SULFITES!

Que l'on dise vin sans sulfites au lieu de vin sans soufre, c'est bien, mais ... on se trompe quand même!

Et oui, non seulement c’est une erreur de dire vins sans soufre, mais même le vin sans sulfite n’existe pas !

Pourquoi ? Simplement car la levure en produit toujours un chouïa en fermentation, en général moins de 10 ppm ou mg/litre. Il n’y a donc pas de vins sans sulfites ! Evidemment, si cette valeur est comparée avec les doses ajoutées autorisées, jusqu’à 210 mg/l pour un vin blanc, 400 pour un liquoreux, il est bien compréhensible de dire « vins sans sulfites », mais l’annonce correcte serait plutôt « vins sans sulfites ajoutés ».

Et si le vin sans soufre/sans sulfite n’existe pas, en plus, il est aussi très rare;-).

En effet, il n’ y a que quelques vignerons qui n’ajoutent pas de SO2 dans leur vin ; et encore, pas sur toutes les cuvées. D’autres n’en mettent qu’à la mise en bouteille pour assurer le transport et le stockage, on parle alors de vinification sans SO2. D’autres encore n’en utilisent qu’à dose homéopathique tout au long de la vinification. Les valeurs totales ajoutées se limitent alors généralement à 15 ou maximum 30 mg/l, ce qui est peu. Mais ce qui, nous le verrons, a pourtant un impact gustatif. Cependant, en comparaison aux vins « normaux », ces doses sont angéliques…

Mais finalement, qui vinifie sans sulfite?

Ils sont encore très peu nombreux, et ceux qui font presque toujours toutes leurs cuvées sans sulfite exogène sont rarissimes. Mais il y en a, et à tout seigneur tout bonheur, le précurseur du vins sans sulfite: Pierre Overnoy de Pupillin dans le Jura, et son brillant successeur le bien nommé Emmanuel Houillon. Il y a aussi Alain Castex du Casot des Mailloles (Roussillon), Philippe Jambon et sa tranche (Beaujolais), ou encore, mais sans dogme, Didier Michaud du Château Planquette (Bordeaux). D’autres ne font que certaines cuvées totalement sans soufre, ce sont les Lapierre (Beaujolais), Allemand (Rhône), Ganevat (Jura), Schueller (Alsace), Ducroux (Beaujolais), Vignes du Mayne (Bourgogne), Gruhier (Bourgogne), domaine du Pech (Buzet) et bien sûr Jean-Pierre Frick , également pionnier dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres. Parfois, ils nous font la même cuvée avec et sans SO2 à la mise, et c'est là qu'on commence à s'amuser.

Ensuite, il y a les vignerons qui vinifient presque toujours sans sulfite: dans ce cas, juste un peu (1-2g/hl soit 10-20 mg/l) est ajouté à la mise pour éviter les ennuis au transport ou supporter des conditions de stockage peu adéquates. Là, ils commencent à être plus nombreux; ce sont les vins de Ganevat (Jura), Schueller (Alsace), Binner (Alsace), Meyer (Alsace), Gramenon (Rhône), Clapas (Rhône), Mazel (Rhône), Lapierre (Beaujolais), Descombes (Beaujolais), St-Nicolas (Loire), Villemade (Loire), Ducroux (Beaujolais), Hervé Souhaut de Romaneaux-Destezet(Rhône), Lapalu (Beaujolais), Guignier (Beaujolais), Beau-thorey (Languedoc), Barral (Languedoc), Milan (Provence), Heredia (Loire et Languedoc), … j'en oublie, impossible de les citer tous, mais jetez un coup d'oeil à ma carte;-).

Vous le voyez, de plus en plus nombreux sont les vignerons qui diminuent les doses, jusqu'à tenter l'impossible, ne plus en mettre...Nombreux, oui, mais encore bien seuls dans l'océan d'insipiditude qui les entoure... Ces "extrémistes" tant décriés ont quand même réussi à se faire poser des questions aux autres mieux installés; et si les doses de SO2 diminuent gentiment (on ne peut pas encore parler de révolution pour tous, mais peut-être de prise de conscience), c'est certainement grâce à eux... Après la lutte raisonnée avec "le moins de traitements possibles" engendrée par les "extrémistes bio", voilà t-y pas que tous les vignerons sont maintenant pour une utilisation raisonnée du sulfite et nous font tous les vins les plus "naturels possibles". Bon, du discours au verre il y a encore une marge ou une marche à franchir, mais ne soyons pas moqueurs;-)!

Tiens, mais pourquoi, pourquoi cette aversion du sulfite? Et bien un peu de patience que diable, je me sers d'abord un grand verre de Poulsard, un Arbois Pupillin 2002 du couple Houillon-Overnoy et je reviens vers vous...vin_sans_soufre_overnoy

11/06/2008

J'ai dit VIN Sans SOUFRE (II)

J’ai dit vins sans soufre, et bien c’est faux !

Tout comme le CO2 est du gaz carbonique et pas du carbone, et que l’H20 est de l’eau et pas de l’hydrogène, ce qui, vous l’admettrez, est quand même une sacrée nuance ; le S02 est du sulfite et non pas du soufre. Le soufre peut se trouver dans une multitude de molécules, certaines étant plutôt nécessaire à notre organisme . Le soufre "fleur", et non le sulfite est aussi utilisé en agriculture biologique pour enrayer les poussées d'oïdium. Pour simplifier, ce n'est que lorsqu'on le calcine à l'air, que le soufre (S2), nous donne du sulfite (SO2) aussi appelé anhydride sulfureux. C’est donc une erreur scientifique et un abus de langage de parler de vins sans soufre. Il faudrait donc dire vins sans sulfites, et non, comme vous lirez encore parfois en ces lignes, « vins sans soufre » ;-).

A suivre!

10/06/2008

Le VIN sans SOUFRE (I) n’existe pas!

et en plus il est très rare !

Non, je n’ai pas pété mon dernier plomb, et d’ailleurs je vais m’en expliquer! Cela fait quelques années maintenant que je déguste et fais déguster ce type de vin. Je vous en propose ici, en quelques épisodes, une synthèse, à la fois théorique mais aussi pratique.

Au-delà du bio, et sans doute pour prolonger cette approche, respectueuse de l'environnement, du raisin et du consommateur, à la cave; des vignerons réalisent du vin sans additifs, le plus proche possible du raisin, le « plus naturel possible », à la recherche d'un idéal technique et gustatif. Vendanges manuelles, absence d’enzymage, pas de chaptalisation, refus de l'osmose inverse, rejet des pratiques d’acidification ou de désacidification, pas de tannins de pharmacie ou de levures aromatiques sélectionnées. Bref, rien que du raisin, pas de ces poudres de perlimpinpin choisies parmi 2 à 300 produits autorisés par l’œnologie moderne ou de techniques traumatisantes pour un raisin qui a finalement beaucoup de mal à comprendre pourquoi tant de haine. Avec du travail, un peu de rigueur, de compétence, de passion, d’idéal et peut-être d’éthique, il y a une autre voie possible. Ces vignerons encore très minoritaires l’ont choisie et ils font ce que l’on appelle maintenant des vins "nature" ou « naturels ».

Ces hurluberlus diminuent aussi drastiquement leurs doses de SO2 (sulfite), et, alors que la plupart des œnologues vous diront que c’est impossible, vinifient parfois d'excellents vins sans y ajouter le moindre milligrame, de vrais « vins sans soufre ! ». Nous le verrons, ils ouvrent ainsi une porte vers un grand plus de diversité de goût et remettent en question les pratiques sécuritaires de châteaux et domaines réputés, confortablement installés sur leur poudrière de soufre. Ils gênent également beaucoup les criti-cons et autres gourous qu'ils empêchent de ronronner, et bien sûr les œnologues mercantiles qui vivent aux dépens de ces pratiques, certes autorisées, mais si loin de ma conception de la vigne et du vin !

A suivre !!sans_soufre00

21/05/2008

OSCAR versus JAZZ MAX!

On l'aimait bien Oscar, mais "Oscar"est mort, vive "Jazz max" !

Ce samedi 24, c'est notre BBQ nature annuel, où vous pourrez savourer notre gratin d'égopodes, nos petits gris de Pécrot sur velouté d'épiaire, notre pesto d'ail des ours, notre salade douce aux multiples mucilages, notre taboulé de berce et de fleurs d'acacias, nos cornes de gattes à la fleur de sel et à l'huile pépin de courges (je me damnerais pour cette huile, d'ailleurs, ne le suis-je déjà pas ...), notre risotto de plantain, j'en passe et de toutes aussi bonnes; avec de la viande bio bien sûr, et le tout abondamment arrosé (mais avec modération, il y a aura même des crachoirs;-) d'une dizaine de cuvées de vin tout aussi bio mais aussi très nature. Ensuite "open bar" toute la soirée et vous pourrez en profiter pour goûter nos meilleures cuvées à prix coûtant (vous pouvez passer jusque minuit;-).

bbq5

Mais ce petit billet ne concerne pas ce BBQ dont les inscriptions sont déjà clôturées. J'en parle, car à cette occasion, ma blogueuse préférée, Catherine Piette, viendra nous faire une démonstration de ce fameux extracteur! Le Jazz Max ex-Oscar!

Avec lui, vous pourrez vous préparer des jus de tout ce que vous voulez, même de persil, de délicieux houmous, des veloutés, glaces et sorbets, mousses, caviars de légumes, que sais-je encore. La démonstration sera agrémentée d'une dégustation, évidemment! Dubitatif ou intéressé, faites le saut jusque chez nous; je le rappelle, c'est à la boutique de l'Odyssée (22 rue Constant Wauters à Pécrot/Grez-Doiceau), et c'est ce samedi 24 Mai à 18h30! Si vous venez, un petit mail à laurent@truegreatwines.com, histoire que nous ne soyons pas à court de quantités. Le soleil sera de la partie, en principe;-)!

Comme je l'ai dit, pour le BBQ nature, les inscriptions sont clôturées, mais on remet cela fin septembre avec notre balade champignon nature annuelle, réservez déjà votre place. Et puis n'hésitez pas à passer quand même, boire un petit verre en curieux et en soirée ce samedi même si vous n'êtes pas inscrits, où à venir déguster notre dizaine de cuvées "bio et nature" spéciales BBQ le vendredi 23 Mai de 16 à 20h ou ce même samedi 24 de 14 à 18h30. La liste des cuvées sera bientôt en ligne sur le site. Allez, @+!

24/04/2008

VINS DINGUES II; (HOGUS) BOGUS!

Nous revoilà pour poursuivre cette véritable odyssée aromatique, avec un vin aux arômes étranges, qui va dérouter plus d'un dégustateur. La robe est pourpre, légèrement trouble, et les senteurs qui s'échappent du verre sont peu communes pour un vin rouge. Derrière un petit peu de réduction, il y a bien sûr du fruit, plutôt rouge, mais aussi des notes florales, musquées. Un dégustateur parlera de menthol, je le comprends. Un vin à faire déguster en vrai aveugle (les yeux bandés), je ne serais pas étonné que beaucoup aillent vers un vin blanc. La bouche est vraiment croquante, fraîche avec de jolis tanins au grain fin, la finale est un peu chocolatée. Une véritable originalité aromatique, très appréciée, mais dont personne ne trouvera le cépage. Pas étonnant, il s'agit en fait d'un vin vinifié à partir de raisins normalement destinés à la table, le Muscat de Hambourg. Et c'est la cuvée Bogus, de Christophe Beau (domaine Beau-Thorey), Bogus, comme le nom du chien de Christophe. Par contre, il faudra que je lui demande pourquoi il a appelé son chien Bogus;-). La cuvée est évidemment en vin de table, je diras même en vin de raisin de table;-).

vins_etonnants6

L''idée d'en faire du vin était saugrenue, mais le résultat donne raison à Christophe. L'origine de ce cépage est inconnue, c'est un cépage de serres qui connut beaucoup de succès en Allemagne au XIX ème (à Hambourg peut-être?;-), mais aussi en Angleterre. C'est peut-être un croisement entre le muscat d'Alexandrie et le Black Hamburgh (ou fraxenthal), mais les confirmations ADN n'ont pas été effectuées (infos tirées du Dictionnaire des Cépages de Pierre Galet). Dans le Gard, il porte le nom sympathique d'oeillade musquée. Il est parfois vinifié, notamment en Macédoine et en Serbie, en vin rouge sec ou même en mousseux. Cette dernière version pourrait être intéressante... Comme la plupart des vins présentés, il est disponible à la boutique de l'odyssée ...

Ne bougez pas, je vous parlerai très bientôt d'hybride et de Bacco noir, à suivre!

11/04/2008

VINS DINGUES! (I)

Hier soir, atelier "Vendanges de Vins Dingues", avec comme objectif : lavage et écartement des papilles! Des divins breuvages enfantés par des vignerons passionnés, mais il faut le reconnaître, un peu déjantés. Le but était donc d'étonner des papilles pourtant aguerries, qui au "grand vin" (tussen haakjes, je n'ai pas oublié tout mon flamand;-), qui au "vin nature", qui "entre les deux". Ce fut, je crois, une réussite et je vais vous la conter ici en plusieurs épisodes.

L'étonnement, la surprise, vient souvent d'un changement d'habitudes, d'un bouleversement de repères. J'avais assisté dans mon autre vie, à un séminaire sur l'innovation; où on y apprenait comment susciter la créativité. Une des seules choses que j'ai retenue, c'est le renversement des dogmes. Vous listez, dans votre secteur d'activité, ces fameux dogmes, et puis vous en prenez le contraire. Exemple, "la bière ne se conserve pas"; et bien vous créez une bière qui peut vieillir. Simple, amusant et il faut bien l'avouer parfois efficace.

Et bien les vignerons présentés hier soir étaient donc les Monsieur Jourdain de l'innovation;-) Un exemple pour le vin? Les vins du Jura! Le vin du Jura est par essence oxydatif, et bien deux vignerons, Fanfan Ganevat et Stéphane Tissot, suivant les pas de Pierre Overnoy, ont un jour décidé de faire du grand vin blanc ouillé, à la bourguignonne, de chardonnay, et même de savagnin. Certains d'entre vous le savent, le résultat est génial, et il y a maintenant une bande de suiveurs, de "me too" qui tente vainement de les rattraper, mais les élèves dépassent difficilement les maîtres;-). Et ce n'est même pas grave, ces 3 larrons (avec Manu Houillon qui succède à Pierre Overnoy), ont plus d'un tour dans leur chai. La créativité, on peut la stimuler, mais il y a une bonne part d'inné...

Il est donc possible de surprendre, simplement en prenant le contre-pied des habitudes, qu'elle soient de vinification, de cépages (intrus, rares, oubliés ou interdits), de sol, ou parfois même de "packaging". Mais tout cela ne serait-il pas vain, si le goût, les arômes restaient dans le commun connu? Et bien si! Le but d'une telle dégustation était aussi d'ouvrir de nouveaux horizons gustatifs, de bousculer nos propres habitudes, tout en se régalant, bien sûr!

ganevat-vignesPour se mettre les papilles sur cale, rien de tel qu'un petit Délire. la bouteille, de ce délire de Jean-François Ganevat, déjà étonne. C'est une bouteille de limonade, à l'ancienne! Le vin? C'est ce que l'on appelle un Pet' Nat' ou pétillant naturel. Contrairement au crémant ou au champagne qui nécessitent manipulations, liqueur de tirage et de dosage, ici, le vin est simplement partiellement fermenté. Quand il ne reste plus qu'un peu de sucres, on met en bouteilles sans filtration; les levures achèvent le travail, ou pas;-). Celui-ci est issu de savagnin, très légèrement pétillant, encore un peu sucré, il ne fait que 8% d'alcool et c'est non seulement un délire mais aussi un délice. Fruité pomme poire, légère douceur en bouche, contrebalancée par une acidité bien citronnée, c'est rafraîchissant en diable! Un vin qui attend impatiemment vos apéros de soleil. Bio, sans sulfites, succès garanti, faut juste se rendre compte que 8% d'alcool, c'est peu pour du vin, mais c'est encore beaucoup. Pour vous situez, pensez à boire l'équivalent en Leffe 8°; bon d'accord la digestibilité n'est pas la même;-). A boire avec modération quand même !

ganevat_delireComme nous en étions à bouleverser les habitudes, et nous souvenant du dicton vigneron "Blanc sur rouges, rien ne bouge" et "Blanc devant, tout fout le camp"; et bien nous avons débuté notre dégustation par les rouges, et pas par les blancs!

Le premier allait déjà bien surprendre. Toujours en Jura, c'est le "J'en veux", du même Jean-François Ganevat. Dans les années 30, quand les premières AOC se répandent, le Jura balaye la plupart de son patrimoine ampélographique pour ne garder que 5 cépages, chardonnay et savagnin en blanc; pinot noir, trousseau et poulsard en rouge. Au revoir le Peurion! Salut l'Enfariné! Va te faire voir Gros Béclan! Bye le Gueuche! Au diable l'Argant! Disparus tous ces cépages? Pas tout à fait, il en reste de ci de là; et Fanfan nous en sort une composition chaque année, il y a eu le "rosé de la Combe", puis le "vin préféré du tonton Casa", il y a maintenant le "J'ai Soif", et l'année passée? l'année passée, il y avait le "J'en veux! ". Si le premier vin était plutôt délire, celui-ci nous mène droit vers l'internement! A base d'enfariné, récolté à haute maturité, sans machine, cela va sans dire, et puis égrappé à la main, grain par grain. Un travail de dingue, pour donner (c'est bien le mot vu le prix, +/- 11 euros) un vin d'une fraîcheur extraordinaire. Robe pourpre, nez de cerise, (certains partent sur le pinot noir, d'autres sur le gamay), de prunelle, de fruits rouges mûrs mais frais. La bouche est gourmande, dotée d'une acidité revitalisante, la finale sur les petits fruits et les épices, que quelques amers structurent avec grâce, est étonnante. Et ceux qui n'apprécient pas ce chouïa d'amertume peuvent toujours aider Fanfan à retirer les pépins à la pince à épiler la prochaine fois;-).

vins_etonnants11Etonnant, aussi, sa teneur en alcool, seulement 11%, alors que la mode est plutôt aux vins riches; et pas que dans le Languedoc, même les bordeaux et bourgognes osmosés font plus de 13%! Ici, le vin est frais, mais loin d'être léger; il a de la mâche et une certaine puissance, mais sur la matière, pas sur l'alcool. Sans sulfite ajouté, il bonifie encore en cave, inutile de dire que j'adore!

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui, mais la suite est pour bientôt; les Bogus, Ultime, ou Bacco Noir arrivent ...

Et si un tel atelier de dégustation vous intéresse, chez vous ou à la boutique de l'Odyssée, laissez moi un petit message à laurent@truegreatwines.com; à bientôt!

18/03/2008

L'AMI des BRET, la conclusion!

Alors, ces Bret ? Vous en pensez quoi? Moi, je dois dire que les cuvées présentées portaient plutôt bien leur tare. Elles étaient marquées "Bret" mais plutôt avec un côté épicé relevé et quelques notes d'encre en finale qui structurent un peu le vin et semblent même lui apporter complexité et fraîcheur. A ces niveaux, c'est donc franchement une question de goût! Ce peut même être une opportunité pour la cuisine. Ces notes permettent de surmonter des plats roboratifs comme la daube. Accord parfait, dommage de s'en priver... Mais tout est une question de dosage, trop présentes, ce "goût de gouache" peut rendre le vin imbuvable, nous l'avons vu dans les ajouts.

Et l'écurie, la fiente de poule, le nombril de fantassin? Seul un vin présentait des notes discrètes de fromage, un peu dérangeantes pour certains, mais pas pour la majorité, et imperceptibles en bouche. Ici aussi, tout est dans le niveau détecté. Personnellement, et contraiement aux bret,je ne trouve pas leur présence bénéfique à la complexité, mais pourquoi pas. les bières brassées avec du houblon suranné portent d'ailleurs très bien ce genre de notes. Tout est donc bien une question de dose, de matrice, de moment et de sensibilité! Par exemple, je ne supporte pas le rappel de la cacahuète en fin de bouche, que l'on trouve parfois dans les vins brettés, d'autres passent à côté ou plutôt à travers, et alors?

Je vais enfin terminer sur une petite conclusion très personnelle: Vive les Bret (et la réduction ;-)!

N'allez pas croire que je ne bois que des vins brettés, loin de là. Ni trop ni trop peu, ni tout le temps, mais de grâce, halte à la chasse à tout prix (et à quel prix ;-). Leur présence ou absence devrait être un choix de vigneron et de consommateur, pas d'oenologue ou de critique. Rappelons nous la perte de bi(er)odiversité (Orval, gueuze, leffe, ..) si le consommateur et le brasseur avaient suivi à la lettre les consignes "scientifiques"...

Que doit donc faire le vigneron? S'il se trouve face à ces arômes, il décide en fonction de son goût, de ses contraintes et de sa "philosophie" s'il peut les tolérer ou non, et à quel niveau. Quand on voit les moyens mis en oeuvre pour les éradiquer, on se demande souvent, quel traitement modifie le plus le vin finalement!

Et nous, les consommateurs? Nous devons simplement suivre notre propre goût, plutôt que de nous laisser le dicter et le formater (ce qui n'empêche pas de le développer...). Nous aimons, nous achetons; nous n'aimons pas, nous passons notre chemin, ou nous essayons de comprendre (comme moi avec l'Orval il y a 30 ans;-), et pourquoi pas d'apprivoiser ces notes. Et oui, ces défauts de Bret faisaient très terroir il y a quelques décennies et maintenant, maintenant, la moindre trace est fait office de défaut rédhibitoire... Il n'y a donc pas de vérité définitive.

Mais alors, que fait l’œnologue? Lui, si le vigneron l'appelle, il est là pour analyser le vin, lister les alternatives, les conséquences; faire un tableau complet au vigneron et lui donner les moyens d’atteindre ses objectifs. Point!

Et le critique? Je crois qu'il devrait se limiter à décrire au mieux le vin pour permettre au consommateur de s’orienter. Il peut bien sûr donner ses préférences auxquelles le lecteur pourra se raccrocher ou non et en connaissance de cause; mais il n’est certainement pas là pour lui dicter ses goûts ! Non à la dictature du bon goût chère à beaucoup! Je laisserai d'ailleurs la parole à Robert Parker, souvent accusé de ce mal: "I am clearly in the camp that actually likes some brett....if I didn't, then I would have to throw out all those bottles of 1947 Cheval Blanc and Petrus....and 1961 Latour as well." Comme quoi! ;-)

Voilà, nous en avons (momentanément fini avec les Bret, nous allons maintenant aborder un sujet tout aussi polémique, la minéralité ! Restez avec nous, vous ne serez pas déçu! Et si vous voulez organiser un tel atelier chez vous, n'hésitez pas à me contacter, j'adore ça!

22:46 Écrit par Laurent dans Ateliers Dégustation | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : brettamomyces |  Facebook |

10/03/2008

L'AMI des BRET (III): La Dégustation Bière-Vin

Le but de la dégustation était double. Tout d'abord, d'apprendre à reconnaître ces fameux arômes généralement phénoliques produits par les Bret. De pouvoir les détecter dans différentes matrices; dans la bière ou des composés similaires sont fréquents, via des ajouts de composés purs dans le vin et puis, in vivo dans des cuvées, qui, sans honte, figurent à ma carte;-)! Le deuxième objectif était de mettre son propre goût face à ces composés présents dans des cuvées, de bière ou de vin, de haute qualité. Simplement pour connaître sa réaction "animale", (c'est le cas de le dire;-), une réaction de j'aime ou j'aime pas, et non pas simplement une appréciation mécanique dictée par les gourous de l'oenologie moderne. Et ne craignez rien, pas de masochisme ici, nous nous sommes vraiment régalés!

Les BIERES

Palm versus Vieux-Temps

La Palm, présente des arômes de céréales, de paille, de biscuit et de confiture aux fraises un peu passée. Le nez de la Vieux Temps est plus frais, camphré, épicé et libère des arômes qui rappellent la gouache. En bouche la Palm est assez plate, peu amère, la Vieux-temps est plus structurée, avec une finale nette sur l’encre. La Palm est fermentée avec une levure PhenolOffFlavour (-) alors que la Vieux–Temps l’est avec une levure POF (+), qui produit pas mal de vinylguaïacol (arôme de girofle, dentiste, un peu de vanille) mais aussi du vinylphenol (phenol, encre, hôpital, ….).

Alors, premier exemple édifiant! Dans la bière aussi, certains "brassicologues" ont décidé que ces arômes étaient des défauts; le gène a même été clairement nommé dans ce sens (Off Flavour = Défaut). Et pourtant, pour moi c'est clair, je préfère la Vieux Temps à la Palm, et de loin! C'est simplement une question de goût et peut-être de culture (j'ai baigné toutes mes études dans la Vieux-Temps, Mont Saint Guibert était très proche de Louvain-la-Neuve;-), mais loin de moi l'idée d'y placer une hiérarchie simplement sur la présence de ces composés.

brettanomyces_palm

Leffe Blonde

La Leffe offre un nez très maqué par les épices dont la girofle. La bouche est (trop) sucrée, douce, les épices se mêlent au caramel et au fruit (banane). L’impression d’encre en finale est nettement moins marquée que dans la Vieux Temps. La Leffe est également fermentée avec une levure POF(+), mais elle produit plus de vinylguaiacol que de vinylphénol.

Voici donc encore une bière nettement phénolique, plus sur la vanille et la girofle, mais très phénolique quand même. On peut reprocher beaucoup à la Leffe (la Heineken de la bière d'abbaye comme j'entends souvent dire...) et notamment son caractère trop sucraillon, mais il faut quand même s'incliner sur le fait que cette bière est la bière "spéciale" la plus vendue au monde alors qu'elle affiche cette fameuse "Off Flavour" phénolique....

L’Orval

L’Orval est une bière dont une fermentation secondaire inclut des Brettanomyces. Les arômes phénoliques ne se trouvent cependant pas aisément au nez. Celui-ci est plutôt marqué par le litchi, la résine, les agrumes et la lavande, probablement en raison du houblonnage à cru traditionnel (ajout de houblon dans la bière finie, alors que l’ajout classique se fait dans la chaudière à ébullition avant fermentation). La bouche est dotée d’une amertume nette, et l’aspect phénolique se détecte en finale.

Des Brettanomyces dans l'Orval, mais ils sont fous ces belges non? Et pourtant, ces bibiches participent certainement au profil organoleptique de l'Orval et donc à son succès jamais démenti. Evidemment ce n'est pas une bière à mettre entre toutes les papilles, il faut même l'apprivoiser au début, y revenir malgré son accueil difficile. C'est ce que j'ai fait il y a maintenant 30 ans, et depuis, quel bonheur!

La Kriek Cantillon

Pas de "chance" avec les gueuzes, la Cantillon est bouchonnée de chez bouchonnée (et oui, c'est encore plus fréquent dans la bière que dans le vin), et la Timmermans indigne de son appellation; oxydée, paille, fruité artificiel ingrat, et pas de trace apparente de bret d'ailleurs. On se rabat donc sur une Kriek Cantillon. Nez explosif, d’acides volatils et de fruit, ceux qui apprécient salivent déjà. Le nez est complexe, avec ses arômes de bois et d ‘épices. La bouche est fraîche, dotée d’une acidité survitaminée. L’aspect phénolique est présent en bouche, mais intégré dans le fruité très pur de la cerise. Les « vraies » gueuzes sont partiellement fermentées avec des Brettanomyces bruxellensis présents (en principe) dans l’air de la Senne.

A nouveau, ne serait-il pas dommage de se priver d'un tel joyau, même s'il ne fait pas dans le consensuel, sous prétexte qu'on y trouve les fameux ethylphenol et guaïacol?

brettanomyces_gueuze

LES VINS DOPES

Beaujolais primeur 2006

Nez amylique typé de primeur, bouche friande, fruitée, très beaujolais nouveau plutôt classique.

Ajout d’éthylguaiacol à 1000 ppb : le vin gagne en complexité (arômes de girofle, de vanille, ..) et en structure.

Ajout d’éthylphenol à 1000 ppb : le vin sent le cuir neuf, la gouache, la finale sur l’encre est insupportable. La dilution avec du primeur non dopé permet de comprendre la finale sur l’encre, typique des vins brettés.

Ajout d’acide isovalérique à 1000ppb: le nez sent la vieille sandale, la fiente de poule.

La combinaison des trois permet d’approcher l’arôme "cour de ferme" ou d'"écurie", mais il est clair que d’autres composés ou combinaisons doivent se présenter dans la réalité.

LES VINS

Cahors 2002, 100% Malbec, Domaine de l‘Antenet

Nez ouvert sur les épices, la violette et une note un peu levurienne de cube bouillon. Cette note s’atténue à l’aération. La bouche est fraîche, encore un peu tannique, la matière n’est pas tridimensionnelle mais suffisante, la finale est assez nettement marquée par l’encre, mais ce n’est (amha) franchement pas désagréable, que du contraire. Un vin dont je me suis, avec mes voisins, plusieurs fois régalé sur du cassoulet d'anthologie.

Bandol 2001, 95% Mourvèdre, Domaine St Anne

Nez intense, de fleurs (violette), d’épices, de fruit noirs, marqué par une note « isovalérique » de fromage. La bouche est costaude, avec des tannins présents mais intégrés. Bel équilibre, belle fraîcheur, la longueur est là, marquée par ces petites notes d’encre typiques de la présence de Bret. J'adore ce vin, un peu rustique il est vrai, mais franc du collier, sincère et simplement bon!

Bandol 2003, 95% Mourvèdre, Domaine St Anne

Le nez est plus discret et dans un tout autre registre, fruité mûr, prune, chocolat. La bouche est suave, mais marquée par des tannins un peu plus secs et l’équilibre est moins frais que le 2001. La finale chocolatée n’est pas marquée par les notes de Bret. Beau vin, sans doute plus consensuel, mais le préférer au précédent est vraiment une question de goût!

On aurait pu croire que le 2003 plus chaud aurait apporté des conditions plus favorables aux Bret (précurseurs, pH,, ..) mais il n’en est rien. Ceci dit au niveau de la maturité des baies, le 2001 était probablement plus « mûr » même si moins chaud. En effet , le mourvèdre a besoin d’une longue période de maturité, ce qu’il a pu vivre en 2001 et peut-être moins en 2003 ou la maturité alcoolique a été rapidement atteinte, alors que le stress hydrique ne permettait peut-être pas d’obtenir des peaux bien mûres. La maturité des tannins à la dégustation (un peu secs en 2003) va dans ce sens. Il n’est pas impossible non plus, que sous la pression des « critiques » et des oenologues, le domaine ait décidé de changer de style, à suivre…

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Réduction ET Bret !

Je lis à longueur de net des confusions entre les Bret et la réduction, c'est pourtant très différent; seule la réaction négative de certains palais sensibles est similaire;-). Parmi les cuvées qui suivent, j'ai donc choisi certains vins présentant ces arômes indésirables (la réduction est principalement décrite comme "oeuf pourri";-). Languedoc Pic St Loup, Pleine Lune 2002, Syrah, Domaine Beau Thorey

Nez explosif très sauvage, assez typé syrah. Le tout enrobé d’une belle réduction presque florale (qui disparaît après addition de quelques cristaux de sulfate de cuivre). La bouche est suave, d’une grande fraîcheur, épicée, florale, les tannins sont bien fondus, la finale est légèrement marquée par les Bret (encre), mais sans excès (amha). Un régal tel quel et sur la daube qui suivra. Un vin fort apprécié qui cumule pourtant pas mal de défauts œnologiques rédhibitoires;-).

Réduction OU Bret ?

Afin d'entraîner les dégustateurs à différencier les arômes de Bret et de réduction, j'avais choisi de présenter un vin qui est au panthéon de mes vins préférés bus en 2007:Alsace Pinot Noir, Bild, 2004, Gérard Schueller Schueller

Le nez est marqué par une nette réduction qui laisse gentiment percer des arômes floraux (pivoine, rose) et de fruits (cerise, fraise). La réduction n’est absolument pas perceptible en bouche ; cette bouche est par contre d’une suavité et d’une élégance folle (ce vin me donne des frissons à chaque fois ;-). Longue finale épicée, fruitée, mais sans aucune note de Bret. La bouteille est sifflée en un temps record ! Proche de la cuvée LN012 dégustée avec un autre groupe, mais avec plus de longueur encore. La LN012 me faisant peut-être pourtant encore plus "vibrer", mais je chipote;-).

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AVEC LA DAUBE !

Pour terminer, j'ai été pêcher dans ma cave une bouteille de ce château tant décrié par certains pour ses arômes animaux. Las, la bouteille dégustée ne présentait pas ces "défauts".

Châteauneuf du Pape, Beaucastel 1996

Robe évoluée, nez relativement discret mais complexe, notes étonnantes d’agrumes, de fruit évolué, un peu d’épices, mais pas de girofle ni de phénol. En bouche, c’est agréable, bien fondu, la matière n’est pas extraordinaire, l’acidité un peu trop en avant, mais c’est bien agréable.

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L'autre groupe dégustera le Bandol Cuvée collection 2001 du Château St Anne, une bouteille exceptionnelle, sensuelle, fruitée, florale, marquée par les bret au nez comme en finale, mais sans excès, juste pour accroître la complexité et participer au festin. Un délice, là aussi, avec la daube, la bouteille ne traînera pas. J'en ai caché deux pour faire déguster à ma fille née en 2001. Je suis sûr qu'elle appréciera ces arômes de bret sauvages, d'écurie et de cour de ferme, et oui, elle veut devenir ... fermière

28/02/2008

L'AMI des BRET (II): "Un bret, ça sent quoi?"

Revenons à nos Bret, ils nous font quoi dans le vin, ces fameux bret ? Et bien, il nous secrètent toute une série de composés plus ou moins volatils et odorants à partir de précurseurs présents dans le raisin (mais aussi dans le malt d’orge ou de froment, nous reviendrons à la bière plus tard…). Ces composés donnent ce que l’on appelle l’arôme animal ou « horse defect »; ils évoquent l’écurie, le chien mouillé, la sueur de cheval, le cul de poule, la vieille sandale, j’en passe et des plus odorantes. Deux composés majeurs ont été identifiés, les 4-éthylguaïacol et 4-ethylphenol...

L’odeur du premier, le 4-ethylguaïacol ou 4-EG pour les intimes, n’est vraiment pas si désagréable. Elle rappelle vivement le clou de girofle, voire le dentiste (enfin son cabinet, mais non, l'autre, là où il travaille, enfin bref vous me comprenez ;-), avec des notes de fumée, voire de vanille. On a déjà senti pire !

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Le second est toutefois moins avenant, c’est le 4-éthylphenol ou 4-EP. Lui, nous emmène d'urgence à l’hôpital le plus proche ; odeur médicale, de pharmacie, de sparadrap (band-aids), quoique de nos jours les sparadraps soient bien inodores. Cette odeur phénolique nous la fait aussi potache ; les plus anciens se rappelleront la cartouche d’encre éclatée en bouche, le doigt dans le pot de gouache. Les plus poétiques y découvriront l’arôme de lait de chèvre ou de cuir ; les plus grincheux la cour de ferme ou l’écurie.

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Le seuil de perception du 4EP dans le vin serait de 140 ppb tandis que celui du 4EG serait plus élevé (+/- 600 ppb). Attention, les valeurs mentionnées dans la littérature sont parfois très différentes, des valeurs inverses étant également mentionnées... Leur concentration dans le vin varie sérieusement et peut atteindre 3000 ppb pour le 4-EP et 800 ppb pour le 4EG, le ratio entre les deux étant souvent favorable au 4EP. Ces deux larrons phénoliques sont aussi la marque de « fabrication » de quelques bières parmi les meilleures, comme les gueuze et kriek Cantillon et la fameuse Orval ! Comme quoi il y en a qui savent utiliser judicieusement ces microorganismes tant décriés ;-).

Attention, ces deux composés ne sont pas seuls. On peut trouver aussi leurs intermédiaires, les 4-vinylguaïacol (4-VG) et 4-vinylphenol (4-VP). Deux composés bien connus des brasseurs également, puisqu’on les retrouve dans des bières aussi réputées internationalement que la Leffe blonde et la Blanche d’Hoegaarden. Dans ce cas, ce sont des levures de type Saccharomyces qui les produisent. On parle de levure POF(+) si la levure possède le gène lui permettant de produire ces composés; POF signifiant "Phenol Off Flavour" ou "défaut phénolique". Il est amusant de constater que ces deux bières ont bâti leur réputation et leur succès sur un profil aromatique qualifié de déviant par certains scientifiques;-). Ces arômes phénoliques sont d'ailleurs également recherchés dans les bières blanches allemandes, dont le profil de brassage et les levures sont adaptés à en produire des quantités importantes. Si on trouve peu les ethyl dans les vins blancs, il n’est pas rare d'y trouver les vinyl; surtout si la vendange été triturée aux enzymes pectolytiques pour augmenter le rendement d’extraction du jus…

Il me semble à ce stade que le profil de ces deux composés est encore loin de la palette aromatique tant rebutante décrite par certains. Il doit donc y avoir d’autres molécules impliquées dans ce florilège odorant. C’est exact ! Les bret peuvent également produire des acides organiques, comme l’acide acétique (vinaigre) et l’acide isovalérique. Ce dernier est particulièrement rebutant! Au mieux, son odeur se rapproche du fromage et du houblon suranné (c’est un produit de dégradation des matières amères du houblon). Mais souvent, le fromage est très avarié, et dégage des senteurs de sueur et de vieille sandale...

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Il n’est pas improbable que cet arôme de bret soit donc la conjugaison de plusieurs composés aromatiques. D’autant qu’il y en a encore d’autres ; citons pour s’amuser les ethyl catechol, 2-phenylethanol, guaiacol, ethylhexa-, ethylocta-, ethyldecanoate, trans-2-nonenal, isoamylalcohol, ethyl-2-methylbutyrate, … Intéressant de constater qu’il y a parmi ces molécules des arômes de pommes et de fleurs… Enfin, apparemment, certaines souches produiraient aussi des pyridines, comme l' ATHP ou 2-acetyl-tetrahydropyridine. A concentration élevée, ce barbare a pour odeur celle de la souris (attrapez en une et humez;-). Il laisserait un arrière goût de pain, de popcorn, de grillé aux concentrations plus faibles. Je l'ai déjà détecté quelques fois, je crois, il enlève pas mal de fraîcheur à la finale du vin.

On le voit, les bret produisent d’une part des composés qui sont loin d’être vraiment désagréables, et puis d‘autres, qui selon leur concentration peuvent faire fuir le nez le plus résistant. Pour la suite, nous allons vous narrer la dégustation complète de l’atelier. Au programme, composés purs, vins dopés aux 4-EG, 4-EP et acide isovalérique, bières caractéristiques POF (+) et (-), et bien sûrs vins divers dont le fameux château Beaucastel, au centre d’une belle polémique. A suivre…

14/02/2008

L'ami des Bret (Intro)

Non, je ne parle pas des talentueux vignerons bourguignons du domaine de la Soufrandière, les frères Bret, mais bien de ces petites bibiches tant décriées, les Brettanomyces bruxellensis. Autrefois les arômes animaux qu'elles produisent faisaient parler exagérément le vigneron de goût de terroir, aujourd'hui, la chasse est ouverte et tous les moyens sont bons pour les exterminer. Pour beaucoup d'oenologues, un bon Bret est un Bret mort! Mais à force de vouloir éviter à tout prix et à tout les prix ces arômes "animaux", à force de sulfitages exagérés, de levures exogènes, de filtrations accrues, de pasteurisation, de stérilisation à la vapeur, de désinfectants (DMDC), de bois neuf; ne dévie-t-on pas tout autant de l'objectif en proposant des vins techniques sans aspérités, et aussi sans vie. J'ai bien mon avis sur la question, mais c'est à vous de voir et surtout de goûter! J'ai organisé deux ateliers successifs qui se sont penchés sur le "problème". Le but étant de s'entraîner à reconnaître ces arômes, dans des matrices bien différentes (composés purs, bières diverses, vin dopés, vins naturels), mais aussi peut-être de les apprivoiser. Je vais vous relater tout cela ici en plusieurs épisodes! Restez branchés!

20/01/2008

PIED D'ENFER: ATELIER RIESLING GRAND CRU

Voilà un atelier que j'aimerais proposer régulièrement, le premier avait eu lieu en 2006, voici le second! Je n'attendrai pas 2 ans pour vous réunir à nouveau un superbe panel de cuvées illustrant au mieux les meilleurs terroirs alsaciens. C'est trop bon, trop de plaisir partagé! Les vins étaient présentés par paire, mettant en évidence chaque fois qui le terroir, mais aussi qui le vigneron ou le millésime.

1ére paire: Caractérisation du riesling.

Sylvaner 2005, Gérard & Bruno Schueller

Robe dorée, nez puissant de fruits jaunes mûrs, bouche corpulente mais sèche, acidité intégrée, non dominante. Loin du sylvaner habituel, ici la maturité du raisin est patente. Longueur correcte, un vin de soif qui conviendra aussi bien à l’apéro qu’à la table.

Riesling Or 2005, Vincent Stoeffler

Robe plus claire, aux reflets verts. Nez sur les agrumes, citron vert, la minéralité (pétrôle), et quelques fruits jaunes. La bouche est svelte, mais avec de la matière, sèche mais avec une certaine rondeur (un chouia de sucres résiduels bien intégrés). Longueur très correcte. Un beau riesling de cépage.

2ème paire: Riesling de base et Riesling Grand Cru

Riesling XXC 2005, Kirchberg de Barr (déclassé), Vincent Stoeffler

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La comparaison reprend le Riesling de la paire précédente, et un Riesling grand cru. Enfin, pas tout à fait, la cuvée de Kirchberg de Barr choisie, a été refusée à l'agrément pour cause de "manque de matière". Quand on sait que le Riesling de base n'est déjà pas fluet fluet, il était curieux, voire malicieux d'y opposer ce "raté" de Vincent Stoeffler. La robe du "grand cru" est claire, aux reflets verts. Le nez est plus fermé que le précédent, mais déjà plus complexe ; épicé (poivre), herbes aromatiques peut-être, un tout petit peu de fruit. La bouche est ferme, sèche mais mûre, d’une belle densité, nettement supérieure au précédent. L’acidité est bien intégrée et la longueur également. il n'y pas photo (enfin si en voilà une ;-); le riesling de base est savoureux, mais le XXC fera, j'allais dire comme toujours chez Vincent Stoeffler, une très belle bouteille d'ici 5 ans et plus. Il faut toujours un peu de temps à ce marathonien issu d’un terroir argilo-calcaire du Bas-Rhin pour s'exprimer complètement. Revenons sur ce déclassement, symptomatique de la dérive de beaucoup de grands crus alsaciens. Il a été déclassé à l’agrément pour manque de matière, car probablement calé dans une série de riesling grassouillets aux sucres résiduels traînant et trompant le vin comme leurs juges. Désolant! !

3ème paire Granite versus Argilo-Calcaire

Jean Schaetzel possède dans le Kaefferkopf, tout récemment promu grand cru, 2 types de sols. Il isole les deux origines pour nous proposer deux cuvées non seulement délicieuses, mais aussi passionnantes à comparer.

Riesling Granit Kaefferkopf 2005, Martin Schaetzel

Nez très pur, d’agrumes, de fleurs et légèrement minéral. Bouche très élégante, sapide, légèrement saline, qui donne une sensation un peu crayeuse en bouche, presque totalement sec, belle longueur savoureuse, l’acidité est assez présente. Vin très très agréable qui ne sature pas les papilles. Il est issu du terroir dominant dans le Kaefferkopf, le granite, qui donne des vins élégants mais qui ne manquent pas de densité. Amusant, Jean Schaetzel qui a repris le domaine de son oncle Martin, a été le professeur de Bruno Schueller et de Vincent Stoeffler.

Riesling Nicolas Kaefferkopf 2002, Martin Schaetzel

Petite erreur de casting, j’avais prévu un 2005, un 2002 s’est glissé à sa place. Petits veinards! La cuvée Nicolas est issue d’une parcelle argilo-calcaire, la différence avec le précédent est nette au nez, mais surtout en bouche. Moins d’agrumes, pas de note florale, mais du fruit mûr, et une minéralité sous-jacente qui apparaît à l’aération. (Le 2005 ne présentait que très peu de minéralité mais plus de fruit). La bouche est corpulente, dotée d’un peu de sucres résiduels bien intégrés, d’une acidité puissante, qui perdure nettement dans la longueur en faisant saliver. Un vin qui évolue bien mais qui doit encore s’affiner un peu. Beau potentiel.

4ème paire: Effet Vigneron!

Le Schoenenbourg est un terroir tout à fait à part, de par la présence dans ce terroir marneux de gypse et de dolomite. Il donne des vins relativement puissants, aux parfums parfois étonnants, et souvent de belle garde. Les deux vins proviennent de deux bons vignerons bios, et pourtant, vous allez voir, leur style est très éloigné l'un de l'autre.

Riesling Schoenenbourg 2004, Vincent Stoeffler

Robe légèrement dorée, nez plutôt discret sur les embruns, un peu iodé, sans doute la signature du Schoenenbourg. Bouche massive, grasse mais plutôt sèche. Belle longueur, un vin de très beau potentiel encore sur la retenue.

Riesling Schoenenbourg 2004, Bott-Geyl

Nez très expressif, sur le litchi, la guimauve et le bonbon, peu complexe et un peu écœurant pour certains. Bouche puissante, plus massive que le précédent mais dotée de beaucoup de sucres résiduels, pas encore intégré. L’acidité est moins savoureuse aussi. Un vin pas encore en place, auquel il faudra laisser une seconde chance dans 5 ans.

5ème paire: Plein Sud!: Schlossberg versus Muenchberg

Ces deux terroirs sont exposés plein sud, mais la composition du sol est très différente, de même que leur localisation. Le Schlossberg est dans le Haut-Rhin, sur un sol principalement granitique alors que le Muenchberg est dans le Nord (le Bas -Rhin) et sur un terroir pauvre mais complexe, gréseux, sablonneux, avec présence de cendres volcaniques et de tufs. Sa forme est aprticulière, en forme de croissant sous la colline des moines.

Riesling Schlossberg 2004, Martin Schaetzel.

Nez opulent, de fruits jaunes, d’agrumes et qui délivre aussi quelques notes de miel. La bouche est presque sur un équilibre de vendanges tardives, mais avec juste ce qu’il faut d’acidité pour équilibrer. Aujourd’hui un vin d’apéro de choix, à garder pour l’affiner et le complexifier mais l’acidité est peut-être un peu juste, et puis c’est tellement bon dès maintenant… D'autres commentaires intéressants sur les vins de Martin Schaetzel

Riesling Muenchberg 2004, Julien Meyer

Nez complexe, grillé, fumé, un peu lacté. La bouche est plus puissante que le précédent, mais moins ronde. De ce fait, il paraîtra plus mince que le précédent à certains, ce qui n’est pas le cas. L’acidité est plus marquée que le précédent, et la bouche est dotée d’une grande minéralité. Pas la minéralité typée « pétrôle », mais une minéralité venant du sol qui donne cette impression étonnante de sucer du caillou. Il n’est pas impossible que les notes lactées soient dues à un début de malolactique. A noter que le nez s’est épuré tout au long de la soirée, vraiment étonnant et passionant. Patrick Meyer travaille un peu dans le même style que Bruno Schueller, avec un minimum d’intervention, et cela se goûte pour notre plus grand bonheur.

6ème paire: Le Pfersigberg

Le verre est dans le fruit (Riesling Pfersigberg) et Riesling Pfersigberg H 2004 Gerard & Bruno Schueller

Tout deux issus de la colline des pêchers, le H présente un peu plus de calcaire dans son sol que le générique qui est plus gréseux et sablonneux. Les deux offrent un nez un peu grillé et fumé, en bouche il n’y a pas photo. le premier est excellent, très sec, musclé, avec un fruité peu exubérant, quelques notes d’hydrocarbures mais de la minéralité en bouche. A nouveau difficile de comprendre le déclassement, peut-être basé sur le nez à l’ouverture, mais certainement pas sur la matière ou la typicité. Le verre est donc toujours bien dans le fruit des comités d’agréments ;-). Re-désolant! Le H est dans le même registre, mais avec un peu plus de tout, un fruité plus marqué (pomme reinette), une note un peu oxydative qui va s’atténuer à l’aération, et surtout une acidité plus longue, typée calcaire qui fait beaucoup saliver. Miam Miam!

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7ème Paire: Le Rangen de Thann.

Une demi-paire en fait; le Riesling Rangen de Thann 2005, de Martin Schaetzel

On ne peut terminer une dégustation consacrée aux riesling sans goûter à son fleuron, le Rangen de Thann. Je ne sais si les raisins de cette cuvée ont été vendangés encordés (la pente du Rangen est impressionnante), mais, à sa sortie, il avait été élu parmi les 5 meilleurs vins d’Alsace par la RVF. Le nez est magnifique, avec du fruit, des épices (safran), une note un peu fumée et juste ce qu’il faut de minéralité (hydrocarbures) pour rassurer sur son cépage. La bouche est déjà remarquable d’équilibre, plus puissante que toutes celles dégustées jusque là. Les quelques sucres résiduels ne perturbent pas la bouche. La longueur est remarquable avec ce concert de saveurs qui joue jusqu’à la dernière caudalie.

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Pour terminer:

Riesling Pfersigberg 1999, Gérard et Bruno Schueller

Dégusté après le repas (Poulet bio au Riesling) et le Rangen, il tient remarquablement la route, dans un registre tout à fait sec, droit, mais musclé. La minéralité s’est développée au nez (hydrocarbures) comme en bouche (caillou), le fruité n’est pas exubérant mais laisse place au terroir. Le vin a encore de très belles années devant lui.

Les vins goûtés avec le poulet au riesling préparé par Anne, se mariaient admirablement. Muencherg, Rangen, Pfersigberg H et Granit jouent différement mais rebondissent à souhait. Même le Schlossberg tire son épingle du jeu, même si l’accord est un peu lourd en raison de la présence des sucres résiduels. C'est confirmé, je le garderai pour l’apéritif!

Les vins proposés étaient parfaitement en phase avec leur terroir, excepté peut-être le Bott-Geyl qui sans être mauvais était dans une phase un peu trop « Pompadour » (pour reprendre une expression de Patrick Meyer) pour séduire les amateurs d’acidité, de minéralité et d’avalanche de cailloux. On remet ça quand vous voulez!!

22/12/2007

PARCOURS ODYSSEE OFF OVNI OUF!

Attention, c'est long mais c'était bon;-)

Les Marchés de l’ Odyssée , qu’ils soient de Printemps, d’Eté ou de Noël, sont souvent des occasions, j’ai pas dit des prétextes, ;-) à se rencontrer autour d’une bonne table (celle de nos voisins, merci Claude et Dominique, merci !) et de bonnes bouteilles entre amis, amateurs (qui font vite partie du groupe précédent ;-) et vignerons (qui font vite partie du premier groupe aussi). Cette fois, outre Fanfan Ganevat , j'avais la chance d'accuellir Henri Milan , Jean-Phi Bret et Christophe Beau , encore merci à eux pour leur présence et leur talent!

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Ces « Off » , les participants en profitent pour présenter leurs coups de cœur, leurs découvertes, leurs petits pièges ou simplement leurs "grandes" ou vieilles bouteilles. Il y a parfois des LPViens , parfois pas (mais presque tous le lisent;-), et il y a même souvent un DCéien, et oui, j’ai toujours été contre le mur de Berlin. Les bouteilles sont dégustées à l’aveugle par qui aime jouer, crachées par qui veut, bues par qui peut. Le premier soir est plutôt sage, le second presque sans limites.

Et si lundi c'est ravioli, vendredi c'est saucisse de Morteau, pas de panique, il y en aura pour tout le monde, ne vous l'arrachez pas ce plat!!!

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Ce premier soir (qui était déjà le lendemain de notre diagonale giganevatesque et le surlendemain d’un cours sur les champagnes ;-), nous a valu une belle opposition de style, avec une bouteille de Ducru Beaucaillou 1999, plutôt en finesse, fruit assez net, boisé intégré, pas de surextaction, à peine un peu de poivron, très propre sur elle et un pinot noir Bildstocklé 2004 de chez Schueller, sur un nez très réduit, mais qui offrait une densité, une suavité en bouche, et, pour qui sait attendre, une complexité au nez assez inouïe (rose, cerise, confiture vieux garçon, épices, …)…et puis quelle buvabilité… Un vin « conventionnel » face à un vin « nature »; clairement deux « camps » se sont dessinnés autour de la table…. ;-) ! Mais je vous laisse deviner laquelle a été complètement vidée ;-). Outre un chardonnay 1964 encore bien vivant, à peine oxydatif, mais malheureusement aussi à peine légieux (il y a avait une deuxième bouteille pour le lendemain, mais mon William a décidé de jouer aux quilles avec ), Fanfan nous avait aussi apporté un vin jaune 1925, embouteillé dans un clavelin de Château Chalon. Un vin octagénaire bien fringant, pas débordant de sotolon ou d’ethanal, mais tout en finesse. Lors des vendanges de ces raisins, mon papa avait 3 ans, ma maman 2 …. beau moment d’émotion, merci Fanfan !

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Samedi soir, 20 heures trente, les derniers amateurs s’en vont, mais j’en vois un qui trépigne d’impatience, il ne résiste plus, une bouteille cachée sous une chaussette tricotée, c’est parti, le premier vin à l’aveugle est servi ! C’est un effervescent, j’ai soif, je bois la première gorgée plus que je ne la déguste, le nez un peu baroque ne me fait pas penser à un champagne, la bouche un peu rustique non plus, je pars sur la Loire, et je prends le bon chenin ;-). Henri Milan le hume, et nous dit « c’est un Vouvray, j’adore le Vouvray », Respect ! C’est un Vouvray Brut Reserve 1995 de Foreau, je ne suis pas un amateur des vins de ce vigneron (trop réservés? peu expressifs? austères et peu de buvabilité? peut-être étriqués par le SO2 ?), mais celui-ci me plait bien. Pas l’extase, mais un mousseux qui a bien vieilli. Pas mal ! Pour la suite, pas de notes, je ne parlerai donc que des bouteilles qui m’ont marqué (et il y en a pas mal ;-) ; vous me pardonnerez les imprécisions, on était surtout là pour s’amuser ! Je ne mets en gras que les bouteilles de vignerons que je ne distribue pas pour éviter toute confusion.

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Nous passons à table et la bouteille suivante décline clairement son élevage oxydatif, de notes de frangipane, d'amande, de fenugrec, mais aussi beaucoup de fruit très mûr (pomme reinette). La bouche est fraîche, pas du tout éteinte par cet élevage contesté. C'est un sylvaner VV 2001 de Patrick Meyer, je l'ai connue plus flamboyante, mais elle se révèle excellente sur le curry d'agneau de Claude.

Une bouteille qui a fait coulé pas mal de salive, le Clos du Breuil 2002 de François Chidaine. Pour moi, le nez est terne, sur les fruits jaunes mûrs, un peu fumé, je pense à un pinot gris jeune, peu évolué. La bouche est austère, serrée, un peu marquée par l’amertume, l’acidité peu juteuse, un vin fermé à triple tour, pas envie d’en boire ! D’autres y voient un grand potentiel, un vin d’une grande minéralité, le ton monte, Fanfan me menace de m’enlever la distribution de ses vins . J’adore les divergences, il n’y a rien de plus ennuyant que d’être tout le temps d’accord avec son voisin de droite . Les avis sont tranchés, mais tout le monde s’accorde finalement à dire qu’il faut le revoir dans quelques années pour vraiment ... trancher.

Le suivant a une histoire, c’est un échange avec un LPVien qui avait été très déçu par sa dernière dégustation en raison de notes d’oxydation rédhibitoires. Comme j’aime comprendre le goût des gens, j’avais sauté sur l’occasion pour en échanger une. Sa robe est plus dorée et le nez plus explosif que le précédent. Très fruité, sur la mangue, la pâte de coing, l’ananas, juste un peu de pomme blette, mais je suis le seul à la remarquer, c’est peut-être de l’autosuggestion. J’entends « savagnin » à ma droite, mais c’est plus en raison de l’acidité que pour cause d’oxydation je crois. Et c’est vrai que cette acidité est un peu trop mordante, et déséquilibre le vin. C'est L'Insolite 2002 de Thierry Germain. Dommage, cela en fait quand même une belle bouteille pour la table et un vin en ce moment supérieur au précédent, ce que reconnaîtra finalement mon ami Fanfan, ouf, je peux continuer à vendre ses vins ;-).

On passe ensuite à un vin présenté comme un Ovni, et c’est bien un OVNI(objet viticole non identifié). Personne ne reconnaît la région d’origine, et encore moins le cépage. Nez chahuté de notes lactées, mais qui dévoile un beau fruit, une belle complexité. La bouche est ronde, juteuse, un chouia trop chaude et manque un peu d’élégance et de fond par rapport au précédent. Mais c’est un vrai vin de soif, pour l’été, un régal. Et puis surtout, un sauvignon mûr qui évite de marquer son territoire entre vos lèvres ! Ce Suavignon de Michel Augé aurait dû être présenté avant les précédents, erreur de casting de ma part.

Nous discutons bouchon, ce fléau qui affecte bien plus de bouteilles que nous le croyons, nombre de vins pas en forme sont en fait altérés par ce type de problème, le TCA tueur silencieux! C'est donc un Grand cru Muenchberg 2005 de Patrick Meyer qui suit. Le vin est encore jeune, très fruité, dans sa période Pompadour dirait Patrick, il faut l'attendre absolument pour lui laisser révéler sa minéralité, mais déjà, quel équilibre et quelle matière!! Le rapport avec le bouchon? Comme Jean-Pierre Frick qui a opté pour la capsule, Patrick a recherché une alternative au liège et a choisi le bouchon en verre. J'aime beaucoup, en plus du plus qualitatif pour le vin, c'est élégant et pratique (il se replace à souhait). Bon pas sûr d'avoir convaincu Fanfan, Phiphi et Riri;-), mais j'apprécie ces vignerons qui avancent, cherchent, innovent, même s'ils, parfois, peuvent se tromper.

Il est temps de passer aux rouges, et très vite, une bouteille choc ! Nez un peu réduit qui s’ouvre vite sur des fruits rouges macérés, fraise, cerise, rose, je pars sur un vin de Bruno Schueller, mais les notes de poivre marquées me rabattent vers le Sud. La bouche est moins trompeuse, c’est fin et dense à la fois, d’une suavité exemplaire, d’un équilibre parfait et d’une longueur infinie. Un coup de cœur ! Le millésime, en les éliminant à partir de 2005, j’y arrive par déduction, c’est un 1998 ! Le vigneron ? Je pense à Cluzel Roch que j’ai déjà confondu par le passé avec un pinot noir ; on me dit non, alors ce ne peut-être que Jamet, c’est bien lui "Côte Rotie 1998 de Jamet". Fanfan, qui l'a reconnu au premier nez, adore, tout le monde est « Sul Q », seul Henri Milan lui trouve une petite note de vanille, Jamet boisé ? Jamais

Le vin suivant est offert par mon beauf. Le sot en dévoile cependant très vite l’origine. Pour brouiller un peu les pistes, il sera dégusté en parallèle avec un autre. Je file donc dans ma cave sombre avec ma carafe, je vois une malheureuse caisse de Los Abuleos 2003, j’y pique une quille et je la carafe illico. J’annonce donc un vin de grenache et un vin de syrah. Pas photo, presque tout le monde reconnaît la syrah. C’est la Syrare de Gallety, en 2001, une bouteille que j’ai adoré à sa sortie, avec de belles notes de lard fumé, de chocolat, mais qui est actuellement un peu trop marquée par le bois en bouche. Le tout étant un peu too much face à la puissance réservée de l’autre bouteille qui fait l’unanimité. Je ne retrouve pas le côté soyeux-caresse du Los Abuelos, ses arômes de yaourt à la framboise, mais un vin très gourmand, équilibré, avec des tannins le rendent plus jeune que le LA 2003. C’est normal, je me suis planté, j’ai pris une bouteille de Leonie 2003 égarée dans cette caisse. Léonie, c’est du carignan, et bien au vu des réactions, vive le carignan, vive la Terre Inconnue et bravo Robert !

La suivante est également un grand moment, une robe un peu plus pâle que les précédentes, des notes de fruits écrasés à peine cuits, la rose, les épices, une bouche fruitée, soyeuse, longue, juste un peu marquée par l’alcool. Mon dieu que c’est bon, c’est Rayas, c’est 2003, et je regrette de ne pas en avoir en cave ! Merci Marcus pour ce beau cadeau que je voulais absolument boire en bonne compagnie.

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Un peu perdu au milieu de ces monstres, un vin du Trentin nous rafraîchira, mais ne laissera pas de souvenirs impérissables. Un nouvel arrivant arrive (c’est le propre des arrivants non ?) avec un magnum. C’est un blanc, nos papilles sont habituées aux épingles à cheveux, la preuve ? Je le hume, nez de fruits blancs, notes à peine miellée, fumée, bouche gourmande, acidité en retrait, mais sec ! Je glisse à l’oreille de mon voisin : « PG, Schueller », C’est exact ! Applaudissements ;-) ! Un beau vin que ce Oncle Leon 2002, qui manque encore de complexité à ce stade, et qu'il donc faut impérativement attendre.

Les amateurs furieux ne sont pas rassasiés, un vin jaune de Fanfan tout en équilibre devrait les calmer, mon dieu que c’est bon de siroter gentiment ce genre de vin, sans se poser de questions, avec un petit bout de fromage, juste pour le plaisir… C’est la fin, tout le monde se lève, direction la sortie, mais c’est sans compter le rappel qui se déroulera dans la boutique. Un champagne BSA Jacques Beaufort pour vraiment se désaltérer, sur la pomme mûre, arômes de calva, bouche dense, grand miam, suivi d’un Grand cru du même vigneron, plus en finesse, avec une toute petite note de gueuze, des agrumes confits, de l’écorce d’orange, re miam ! La discussion revient sur le chenin et on me demande si j’ai de la Coulée de Serrant. Je nie, je nie avec force, mais après maintes tortures, j’avoue ! Ce sera un 2002, bu non carafé, à la volée. Il est très ouvert, sur des arômes de coing, de gingembre ; une bouche dense, un peu trop tendue à mon goût, mais grasse, équilibrée, longue, presque trop parfaite ! Décidément, la Coulée ne s’offrirait-elle qu’à ceux qui la respectent;-) Un sans faute chez moi jusqu’à présent .

Voilà, il est temps d’y aller, juste une dernière pour la route, ce sera le très beau « Noël de Montbenault 2001 de Richard Leroy », moins minéral, plus fruité, moins de classe peut-être, mais plus de jus, je l’ai préféré à la Coulée, c’est dire ! Voilà, c’est tout (je ne vais quand même pas vous raconter le OFF du OFF ;-) ; un week-end réussi à tout point de vue, merci à tous, et laissez moi maintenant pousser un grand OUF !

Quelques photos de quilles que nous avons particulièrement appréciées au cours du week-end, en mode ON ou OFF ;-)noel14

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et puis le programme de la semaine suivante;

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et de l'été prochain, soyez prêts!!!

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10:09 Écrit par Laurent dans Ateliers Dégustation | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

25/11/2007

Marché de l'ODYSSEE

Les 7, 8 et 9 décembre prochains, ce sera déjà la quatrième édition de notre marché de Noël. En présence de vignerons, et des vignerons "bios et natures", bien sûr! ceux qui respectent le terroir, le raisin et l'amateur de vin. Il aura lieu dans la boutique de l' Odyssée des Arômes, à Pécrot. Un casting d'enfer puisqu'il réunit quelques uns de mes vignerons préférés.

affichenoel2007

Quatre régions bien représentées, la Bourgogne, le Jura, la Provence et le Languedoc. La Bourgogne le sera par Jean-Phi et Jean Gui, les Bret Brothers du domaine de la Soufrandière. Deux jeunes qui ont maintenant suffisamment d'expérience pour nous proposer quelques unes des plus belles cuvées de la Bourgogne, pour des prix encore abordables. Deux passionnés qui passent leur temps à bichonner leurs vignes de Pouilly Vinzelles et à dénicher des parcelles qu'ils supervisent de très très près ensuite. Leur passion transpire de ces vidéos de vendanges, mais aussi leur plaisir! Ils nous feront déguster leurs 2006 et probablement quelques 2005

Pas loin de la Bourgogne, se trouve le Jura, un vignoble en ébullition qui nous présente des concurrents directs aux meilleurs Bourgognes blancs, mais aussi des vins aux vinifications et cépages incroyables. Ouillé ou non ouillé, poulsard ou savagnin, marnes ou calcaires, vin sans soufre ou oxydatif, vins de paille ou vin jaune sous voile; tout grain de raisin est prétexte à une envolée aromatique inoubliable. C'est mon ami Jean-François Ganevat qui sera là, avec Tonton Casa bien sûr, pour vous expliquer son pays et vous le faire déguster. Nous avons découvert les vins de Fanfan Ganevat alors qu'il n'était encore connu que de quelques initiés. Depuis, Fanfan a obtenu la reconnaissance des guides, de Bettane à la RVF, c'est mérité.

Henri Milan a rencontré fanfan lors de l'ouverture de notre boutique, ils sont maintenant potes. Henri Milan nous fait aussi des vins d'artiste, à la presonnalité affirmée. Ses vins sont certfiés bio depuis plus de 15 ans, mais c'est aussi un adepte des vinifications avec un minimum de sulfite, qu'il gère avec doigté. Et que ce soit avec un Ma Terre blanc macéré ou un Clos Milan à dominante grenache sur safre jaune, il nous régale. Son domaine est situé dans la magnifique AOC des Baux de Provence; l'appellation qui comprend la plus grande proportion de domaines certifiés bio en son sein, au point d'envisager de l'inscrire dans le cahier de charges de l'AOC.

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Plus discret, mais tout aussi passionnant, Christophe Beau sera également présent. Il a débuté sa vie de vigneron assez tard, après avoir bourlingué sa bosse aux 4 coins du monde. Il a posé son premier cep à Corconne et lancé une aventure humaine autant que viticole. Il raconte ses "vignes en partage" avec humour et talent dans son bouquin La Danse des Ceps, une priorité de lecture pour tout amateur qui voit plus loin que le pied de son verre. Ses vins ont aussi leur personnalité propre, entre densité et élégance. Il remet également en valeur des cépages oubliés, comme l'aramon qui donne son originalité mais aussi sa qualité à la cuvée Ultime.

Au total, une petite trentaine de cuvées à déguster, à tous les prix. Et puis ce n'est pas tout, ce sera aussi l'occasion de venir respirer nos tisanes, de faire le plein d'huiles biologiques, d'épicer votre quotidien avec nos poivres rares, et de composer vos cadeaux, sous forme par exemple de paniers de l'odyssée, pour les fêtes qui sont à notre porte. Voilà, l'ambiance sera comme toujours de la partie, si vous ne connaissez pas encore, n'hésitez pas, venez franchir les portes de l'odyssée, en toute simplicité. Parlez en aussi autour de vous, car nous espérons vous y voir nombreux!

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Voilà, fin de la p'tite pub;-); prochaine émission: Des Nèfles!, restez branchez ;-)

20:33 Écrit par Laurent dans Ateliers Dégustation | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

12/11/2007

Le BEAUJOLAIS Nouveau

est, non pas arrivé, mais revenu;-); revenu des années 50 où il connu son essor. Non pas sous sa forme actuelle, technique, chimique, filtrée, ardemment bousillée; à l'opposé de toute mon idée du vin et du raisin; mais sous sa forme plus originelle, aujourd'hui presqu'originale, de vin normalement fruité, de jus tout juste fermenté que l'on amenait dans les bouchons lyonnais pour y être consommé à la volée. Revenu, revenu comme un vin qui se reprend, gorgée après gorgée (mais toujours avec modération), sans crainte d'un lendemain qui résonne comme une grosse tête dans un tocsin. Un vin pour refaire le monde, en meilleur, entre copains, au coin d'un bar ou d'une bonne table de charcuterie.

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Le nouveau beaujolais nouveau à l'ancienne (je l'aime bien celle-là, alors je vous la ressort cette année;-), il est issu de rendements corrects et d'une viticulture propre, le plus souvent bio et biodynamie. Il est produit avec ou sans macération carbonique ou un peu des 2, mais sans la levure Amstrong qui pourrait vous fait gagner le Tour de Lune aller-retour. Il fait parfois 11, parfois 12% d'alcool, rarement plus car il n'aime pas la betterave. Ok, faut pas stocker les caisses au coin du feu, car il est souvent non sulfité comme ceux de Lapalu, de Ducroux ou de Guignier, ou alors juste un petit chouia pour qu'il tienne jusqu'au Japon. Ce vin, c'est un vin de saussiflard, de pizza 4 saisons mais de préférence maison; un vin qui se voue aux saints qu'il soit Félicien ou Marcellin. Ce beaujolpif ne laisse pas paf; c'est un vin honnête fait par des gens honnêtes et pas par des grippe-sous qui placent leur portefeuille dans l'urinoir, en espérant vous y voir pisser un max d'hectolitres.

Le vrai beaujolais nouveau, c'est une corbeille de fruit, un peu de fleurs, une belle mâche agréable, mais pas du jus de cassis confituré ou de la banane transgénique. Il est même souvent meilleur quand il a fait ses Pâques et pourra encore vous accompagner dès les premiers beaux jours de 2008 dans vos barbecues. Mais pour cela, il faut pouvoir assurer son goût et résister aux pseudo-connaisseurs, buveurs d'étiquettes qui dédaigneront le verre dès la bouteille affichée. Le vrai beaujo nouveau, il faut pas l'espérer à 2 euros, ni 3, ni 4, ni même 5; c'est un vin de raisin et en dessous de ce prix, faut juste prier pour ne pas s'intoxiquer. A ces tarifs honteux, vous avez plus de chance de gagner au loto que d'y trouver du raisin.

Alors, certains amateurs diront que je décris là, et parfaitement je les en remercie, le beaujo des bobos. Peut-être. Mais on s'en fout, ce sont de mauvaises langues et je les soupçonnent même d'avoir mauvais goût ou pire, de pisser du vinaigre;-). Je les laisse à leurs certitudes et à leurs grands crus classés trop boisés. Et comme je ne suis pas rancunier, je lève mon verre de beaujolpif qui accompagnera à merveille ces parfaites andouillettes;-).

Vous n'êtes évidemment pas obligés de me croire; et comme un bon verre vaut mieux qu'un long discours, je vous propose de venir confirmer tout cela ce week-end des 16 et 17 Novembre à la boutique de l'odyssée , à Pécrot.

6 (Six!) beaujolais primeur, triés sur le volet seront en dégustation. Une occasion unique d'imploser ses à priori et surtout de se faire un plaisir sain à petit prix.

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Et pour ceux qui veulent prolonger le plaisir, un atelier de dégustation le vendredi 16 à 20 heures où vous pourrez confronter le beaujolais à la cuisine du coin. Vous savourerez les coquetteries locales; des grattons lyonnais au fabuleux sabodet en passant par maintes charcuteries, terrines et galantines. Sans oublier les bons fromages, le fort de Lyon, les deux Saints, Marcellin et Félicien, les Séchons de vache, les chèvres croquants. Bref du tout bon pour mettre en valeur le vin, ou vice versa. Intéressé, un coup de fil au 0478 82 16 36 ou un mail à laurent@truegreatwines.com. Le détail bientôt sur TGW

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Et alors les vins? J'ai sélectionné 5 domaines. Tous pratiquent des viticultures propres voire assainissantes. Probablement le plus pur, Christian Ducroux, son domaine est certifié bio, biodynamie, regardez ses vignes, parsemées de fleurs et d'arbres. Certains rangs de vignes sont même supprimés pour y laisser la vie sauvage. Pas de recherche de rendement, notre monde quotidien de l'économie outrancière est très loin. Ici, aucune pensée pour le pognon, il y pense vin et nature, et il s'y cherche modestement une place dans l'astralité. Le travail du sol et des vignes est fait sans aucune mécanisation, uniquement au cheval, y compris les pulvérisations, souvent à base de tisanes. Oh, j'en parle, mais ce choix n'est pas axé vers les touristes ou les médias; si Christian a choisi ce mode de "production", c'est probablement pour lui même, simplement pour correspondre à sa propre sensibilité. Cette viticulture, j'aurais tendance à dire que son empreinte écologique est presque négative, tellement il règne dans sa vigne, beauté, vie et énergie positive.

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Oui, mais et le vin me direz vous? Bien sûr, trêve de blabla, la vérité est dans le verre (c'est Pierre Dac qui a dit: "Qu'elle y reste";-). Son Beaujolais villages est un vin tout en délicatesse, élégant, soyeux, parfumé telle une belle corbeille de fruit. Non chaptalisé, il ne fait que 11% d'alcool. Il ne roule donc pas des épaules et ne joue pas la terreur des bacs à sable. Sans sulfite, il est par contre tout fait pour les lendemains qui chantent. Une petite gourmandise.

Nous parlons sans sulfites, cheval, bio, biodynamie? Voici un autre paysan, Michel Guignier, planqué 15 heures par jour dans ses coteaux ou dans sa cave, loin des sirènes médiatiques. J'avais adoré (et certains d'entre vous aussi) son primeur 2006; il nous revient en plus grande forme encore avec deux cuvées. Un "villages" tout en fruit profond et une "Mélodie d'automne" issue de raisins sélectionnés, fermentés à basse température et qui donne un vin dense et bien structuré. Le genre de primeur que je dégusterai encore avec grand plaisir et une certaine malice l'année prochaine. Il est d'ailleurs en vin de table, pour se détacher de l'image du primeur à consommer du mercredi 14 minuit au vendredi 16 aube;-)

Toujours sans sulfite, car "il n'y a vraiment pas besoin sur ces cuvées là", le nouveau de Jean-Claude Lapalu!. Pas certifié bio mais sans aucun traitement chimique de synthèse et sans chaptalisation, il nous livre un beaujolais très mûr, suave, qui se marierait presqu'avec une cuisine élaborée. Avec des magrets de canards aux dés de légumes caramélisés? Et bien chiche, je vais l'y accorder.

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Un petit nouveau à la carte, celui de Bourgine-Kugler, vinifié par le très sympa Fabrice Rude. Invité via le net et les forums, j'y allais par curiosité. Le domaine est en lutte vraiment raisonnée et Fabrice est très transparent sur ses pratiques. L'usage du sulfite s'il y est plus classique est toutefois très mesuré. Et si j'ai zappé le "jarlot", quel joli nom pourtant, trop technique à mon goût; le fruit retenu et la fausse austérité du Villages m'ont vraiment séduits. Le domaine propose aussi un très bon chenas et quelques cuvées plus ambitieuses hélas trop boisée à mon goût. S'il reste du chemin à faire, le potentiel est indéniable et le plaisir déjà au rendez vous des primeurs 2007. Une belle dévouverte!

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Je termine par celui qui aura peut-être mes faveurs finales; celui de Georges "noune" Descombes. Un beaujolais friand, juste structuré par 2 ou 3 tannins qui n'attendent que le gras du saussiflard. Là aussi la viticulture est bio et le raisin respecté jusque dans la bouteille. Vous pourrez aussi le déguster à partir de jeudi prochain au Bayle Bar

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(BAYLE BAR; Bière, vins, cafés du monde - Jus de fruits, sirops artisanaux - Epicerie fine à déguster, à emporter. Tél.: 010/81 37 87 Centre - Esplanade Niv. 0 Place de l'Accueil 10, bte 65 à 1348 Louvain-la-Neuve, Lundi au vendredi de 9h à 20h. Le vendredi de 9h à 22h.)<:p>

, servi par la belle Pascaline!

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23:31 Écrit par Laurent dans Ateliers Dégustation | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

04/09/2007

ATELIERS de l'ODYSSEE: Le Programme 2007/2008

Un peu d'auto pub, mais je crois que cela peut vous intéresser. Vous trouverez ci-dessous le programme des ateliers "Aroma Odyssey Workshops" que j'organise. Ils sont destinés aux amateurs débutants comme aux passionnés. La seule condition est d'avoir les papilles bien ouvertes et une envie de découverte. Pour le reste, les moins expérimentés apprennent auprès des plus férus de dégustation mais aussi parfois vice versa.

Le cycle complet comprend 9 ateliers pour la somme de 315 €, soit 35 €/atelier d'environ 3 heures.

Il est possible de réserver à l’unité : 45 €

A chaque fois, de belles bouteilles (en moyenne 12 pour environ 12 personnes). Pas de lézard, tous les vins présentés seront choisis parmi les tout bons représentants de leur région. Sauf exception instructive indispensable bien sûr ;-). Du bon pain bio maison et toujours au moins un petit accord mets-vins découverte pour se sustenter.

Un petit fascicule contenant toutes les infos du thème abordé sera remis en début de séance et un CR (compte rendu) sera réalisé après chaque dégustation. Les ateliers ont lieu le mercredi de 20 à 23 heures (dates ci-dessous)

Intéressant, il y aura une réduction de 10 % sur les vins et ingrédients présentés disponibles à la carte.

Intéressés, envoyez un mai à ou laissez un message au 0478 82 16 36. J'oublie la localisation; les ateliers auront lieu à la boutique de l'odyssée, au 22 rue Constant Wauters, à Grez-Doiceau (Pécrot)

LE PROGRAMME

1. Drill (17/10/2007)

Tour de France à l’aveugle !

Pour situer votre niveau de dégustateur, mais surtout car comme moi, vous êtes joueurs, nous vous proposons un Tour de France des cépages et des régions, à l’aveugle et bien sûr sans aucun dopage autorisé. Le défi : 12 vins, 12 cépages, 12 régions, 6 blancs, 6 rouges, et 1 bouteille à gagner ! Mais vous aurez quelques indices. Les 12 vins proviennent de 12 régions de France; et les 12 régions représentées sont connues (Languedoc-Rhône-Bordeaux-Beaujolais-Savoie-Jura-Alsace-Loire-Roussillon-Bourgogne-Provence-Corse). Par contre la liste des cépages ne sera pas donnée. Mais vous n’aurez donc pas à la fois un pinot noir et un chardonnay de Bourgogne. Simple, non ? Bon ceux qui ratent peuvent quand même continuer le cycle...

Mots clés: Aveugle, France, Bourgogne, Bordeaux, Jura, Provence, …

2. Gamay, Gamay! (21/11/2007)

C’est arrivé près de chez vous !

Le gamay est un cépage largement sous estimé qui souffre peut-être de la mauvaise réputation engendrée par les dérives du Beaujolais nouveau. Et pourtant, il se prête à de nombreux plaisirs ; des vins de soif bien sûr, de fête, mais il peut aussi refléter ses terroirs et développer de la complexité. Il peut aussi posséder l’élégance et la profondeur du pinot noir ; et on l’oublie trop souvent, il a un potentiel de garde indéniable. La preuve par 12 cuvées. L’occasion aussi d’une mini horizontale des 2005, avec les meilleurs vignerons sur un des meilleurs millésimes récents du coin. Le tout avec un aperçu délicieux de la gastronomie régionale.

Foillard, Descombes, Ducroux, Jambon, Lapierre, Jadot, Duboeuf, Lapalu, ...

3. Domaine Ganevat, en présence du Vigneron (attention, jeudi 6/12/2007)

Une diagonale Giganevatesque !

ganevat-origane

Dois-je encore présenter Jean-François Ganevat ; Fanfan pour les amis, Talon pour les intimes ;-) ? Pas sûr mais je le fais avec plaisir. Après avoir fait ses classes comme maître de chai à Chassagne Montrachet, il revient au domaine familial fin des années 90. A force de travail, de rigueur, mais aussi de talent et d’imagination, il va progressivement monter les marches vers le sommet qualitatif. C’est à mon humble avis un des meilleurs vignerons du Jura et même souvent le meilleur (avec Stéphane Tissot). Tout cela est dailleurs maintenant reconnu par les gourous français Bettane et Desseauve après avoir été sélectionné dès l'année passée dans le guide vert de la RVF (déjà une étoile). Nous saisirons l’occasion de sa présence à notre marché de Noël annuel pour faire un petit flash back sur sa « carrière ». Une giga diagonale, qui va nous emmener des rouges de trousseau et de poulsard, aux pinots noirs de garde, en passant par ses blancs ouillés minéraux et ses vendanges tardives de savagnin. Fanfan nous commentera ses vins et leur genèse avec son charisme et son humour habituel.

Vin jaune, Suyquième, Verticale Grands Teppes Vieilles Vignes, Savagnin, Sans soufre, Vin de paille, …

4. L’Ami des Brett (23/1/2008)

Phénols en tout genre, horse-defect, écurie, encre, réduction, ...

Ces Brett là ne sont pas mes amis du mâconnais, mais de petites levures assez sauvages qui colonisent parfois le chai alors qu’elles n’y sont pas invitées. Depuis leur identification, le goût animal qu’elles peuvent apporter est décrié par les meilleurs critiques et roundupisé à force sulfites par les œnologues. Avant, nombreux pourtant étaient ceux qui vantaient ce goût de « terroir ». Pour les vrais amateurs et les bons vignerons, c’est manifestement moins clair. Certains vignerons exècrent aussi ces microorganismes, d'autres les admettent partiellement en refusant l'excès de technicité que pourrait engendrer leur chasse, d'autres encore les acceptent comme apportant une note de complexité voire les respectent comme un reflet de la faune de leur terroir. Pour les amateurs qui ne reconnaissent pas toujours ces caractéristiques et qui les confondent souvent avec la réduction ou évolution, c’est pareil. Il y a ceux que cela fait fuir, ceux qui aiment et ceux qui, comme moi, apprécient à petite dose et y voient une source de diversité. Nous ferons tout d’abord un tour du laboratoire en humant les composés responsables de ces arômes, puis nous les détecterons dans plusieurs autres matrices (bière, gueuze, …). Et puis bien sûr, dans le vin, dans de bons vins, voire de très bons vins. Alors si vous n’avez pas peur du pet de cheval, de la tripe avariée ou de l’encrier renversé, venez découvrir et mieux comprendre ces arômes.

Bret, Réduction, Animal, H2S, Ethylphenol, Vinylguaïacol, Gueuze, Leffe, Syrah, Languedoc, Pu-ehr, Comment distinguer réduction et brett, ...…

5. Terroirs d’Alsace (20/2/2008)

Mosaïque de sols, de toute beauté. Le meilleur cépage du monde sur les meilleurs terroirs?

L’Alsace est probablement la région qui offre la plus grande diversité de terroir au monde. Une vraie mosaïque mise en valeur par des monocépages, ce qui exacerbe encore l’évidence des caractéristiques des sols. Des expositions différentes, des sols variés, du sable tout léger au lourd argilo-calcaire, de l’impressionnant volcanique à la dentelle de granit, en passant par le très rare schisteux, tout y est. Et si le terroir est la partition, le riesling en est souvent le meilleur instrument; il faut juste un bon vigneron qui l’interprète. Ce sont ceux là que nous avons choisis.

Riesling, Rangen, Muenchberg, Kastelberg, Vendanges Tardives, Pinot Gris, …

6. La Minéralité (19/3/2008)

Du vent pour suceurs de cailloux ou le vrai reflet du terroir ?

Cette caractéristique aromatique est de plus en plus utilisée par les amateurs comme par les professionnels, et elle déchaîne les passionnés du vin sur les forums. Et pourtant on n’en trouve pas trace dans le bouquin de référence de beaucoup ; le goût du vin d’Emile Peynaud. Alors… Pour tirer tout cela au clair, rien de tel que l’exercice pratique. Nous vous proposerons un choix de cuvées réputées pour leur minéralité et tenteront de définir et mieux comprendre cette notion aromatique et gustative, afin de, qui sait, la rayer de notre vocabulaire…

7. Merlot du monde et d’ailleurs (16/4/2008)

Pomerol attitude ou Grand vin ; Cépage consensuel ou Interprête du terroir.

Après les grenaches et chenins du monde l’année passée, nous découvrirons, par un tour de France et du monde (et même un voyage dans le temps), les différentes facettes de ce cépage. Le Pomerol vaut-il sa réputation, le merlot peut-il, en dehors de Bordeaux, offrir autre chose que de la gourmandise ; est-il un vecteur de son terroir ou simplement une bombe fruitée pour amateur débutant ou pour snobinards. Y a-t-il une concurrence en marche pour nos bordeaux préférés. Une première approche de très bonnes cuvées pour tenter de répondre à toutes ces questions.

Pomerol, St Emilion, Languedoc, Rhône, Europe du Sud, Nouveau Monde, ...

8. Naturel ou Conventionnel, quelle alternative? (21/5/2008)

Vin Nature ou Parkérisé, Mondovino ou Rollandino, Uniformisation du goût ou Diversité. Et dans le verre comment ça se passe ?

Contre l’uniformisation des goûts à la Parker ou pire dictés par l’œnologie moderne, quelques vignerons résistent et ce ne sont pas toujours ceux cités dans Mondovino. Peut-on encore faire un vin élégant sans être taxer de maigreur, voire de médiocrité ; peut on encore élever son vin en vieux fût et le proposer à l’amateur sans notes de cèdre ou de vanille? Peut on encore faire du vin blanc sans macération pelliculaire, peux-t-on faire du vin peu soufré qui n’a pas de défaut et qui est meilleur qu’un sulfitage prudent…Loin des dogmes et des a priori, la vérité est souvent dans le verre et nous allons aller la chercher, au moins partiellement.

Belair, Soutard, Planquette, Bel Air Marquis d’Aligre, Magrez, La Tour Carnet,Thunevin Beau Thorey, Overnoy, Labet. …

9. Osez le Rosé! (18/6/2008)

Une odyssée monochrome, mais quelle odyssée aromatique !

A ce moment là, ce sera l’été, et cette fois on boira du rosé. Mais il y a rosé et rosé ; du rosé tchernobylé par le SO2 à celui qui n’en n’a ni la couleur ni le goût, y a-t-il moyen de se sauver de ces cuvées tout en prenant son pied. Et bien oui et comme José (prononcez à l’espagnole et on est en plein dans le sujet ;-) Bové, Osez ! Oui, osez le rosé. Du rosé sans soufre à un bel exemple de casquette assurée ; du classique rosé de Provence au sérieux bandol ; du pervers rosé d’Anjou au sauvage rosé de Poulsard vinifié en rouge. Le rosé offre une palette aromatique et gustative que l’on aurait tort de sous estimer, on va vous le prouver…

Milan, Bandol, Fiefs Vendéens, Mosse, Poulsard, Cinsault.

Alléchant, Passionnant, Amusant, Intriguant, .... et toujours dans l'ambiance conviviale de l'odyssée... Venez!

Quelques exemples d'ateliers précédents dans la rubrique Ateliers de dégustation...

23:54 Écrit par Laurent dans Ateliers Dégustation | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |