28/08/2009

CRITIQUE de CRITIQUE

La critique est aisée, l'art est difficile, mais depuis quelques temps, et l'arrivée du net et de ses nombreux blogueurs plus ou moins qualitatifs, la position de critique est devenue moins confortable. Des amateurs qui devraient se contenter de boire là ou on leur dit de boire se permettent d'étaler leurs préférences et parfois de dévier du droit chemin en appréciant, par exemple, des vins plus naturels Clin d'oeil.

Pour preuve, les joutes entre ce qui était lors de mes premiers pas dans le vin le meilleur journaliste viticole français, Michel Bettane et ce qui est encore le meilleur blogueur amateur, Olif.

Et voilà que tout récemment, l'ami Olif,remet le couvert et s'en prend cette fois à un autre bastion du journalisme viticole français, la RVF, la Revue Des Vins De France (RVF).

Il n'est pas le seul. A lire aussi, si vous avez le temps, les critiques et débats sur les guides qui sortent actuellement, le vert (celui de la RVF) ou le gris (Bettane). Sans rire cependant, le Gault et Millau et les autres doivent quand même un peu regretter de ne pas être concernés, car chaque pain reçu augmente un peu la visibilité du guide ;-). Et comme ils sortent actuellement, "critique de critique" est un sport de saison, sans risque.

Il est vrai qu'il n'est pas aisé pour une revue comme la RVF de concilier les exigences de l'amateur pointu et celles du lecteur plus désinvolte. Et quand la sauce est liée par la pub et par les annonceurs, beaucoup préfèrent, à tort, se limiter aux forums et blogs gratuits. Il est vrai aussi, nous l'avons vu plus haut, que le "pros" n'ont pas toujours vu d'un bon oeil l'émergence d'une vérité alternative, pourtant semée à l'époque par la RVF et son gaulois forum MagnumVinum (nous sommes tous des enfant de Magnumvinum;-).

Et pourtant, cela n'est-il pas complémentaire pour le vrai passionné, surtout si ces avis sont couplés à une dégustation chez son caviste préféré ;-))). Qui plus est, la RVF s'est bien remise en question et intègre maintenant plusieurs courants (dont le nature bio) pour offrir à ses lecteurs une vue globale et réelle du vin français, là ou d'autres donnent l'impression de n'intégrer que leur intégrisme et cassent du biocon pour éviter de se faire oublier.

A lire aussi le débat sur la soi-disant dictature du bon goût, en évitant si vous y arrivez, les frappes peu chirurgicales et ses dégâts collatéraux sur le bio. On y critique les critiques qui encensent, notamment, les vins du Sud qui seraient issus de raisins verts et renonceraient à leur typicité (la soi-disant verdeur des vins de Gauby dont je n'ai pourtant trouvé que peu de traces sur le net, à défaut d'avoir eu l'occasion de le vérifier dans le verre;-). J'ai eu beau chercher aussi un peu de verdure dans le classement de la RVF des 100 meilleures cuvées du Languedoc, des représentants de cette "école", je ne les ai pas trouvé. J'ai posé la question, j'attends toujours la réponse. Les critiques de critiques aimeraient-ils se faire des films? J'y ai par contre trouvé des vins du Sud qui ont de la fraîcheur et ça c'est plutôt bien non?

Pour info, ce classement, même s'il a, comme tout classement, ses limites, n'est pas mal torché. On y trouve toutes le tendances, même celle qui fait de la pub un peu plus loin dans le même journal, mais le lecteur attentif aura vite fait de trier. Pour ma part, même si je ne cautionne ni ne connaît toutes les cuvées citées, j'y retrouve quand même 10% de vins que j'aime et distribue, c'est plutôt bien non? En voici la liste, et pour coller à cette actualité, ils seront en dégustation à la boutique ce week-end des 28-29 août (voir la liste pus bas).

Voilà, j'ai à mon tour inventé une nouvelle catégorie de ce sport bien confortable, celle de critique de critique de critique ;-))).

Comme je viens d'acheter les deux guides en question (RVF et Bettane), je vais jouer dans toutes les catégories et je n'hésiterai pas non plus à vous dire ce que j'en pense, stay tuned ;-))

 

Les vins sélectionnés par la RVf et en dégustation ce week end à la boutique de l'odyssée  

 

74. Ultreïa 2005, syrah, grenache, mourvèdre, Mas de Martin 
Une dominante de syrah, complétée de grenache et de mourvèdre qui ne renie pas son élevage; mais la matière est dense, suave, harmonieuse. Fruits noirs, moka, épices, tannins qui se fondent, sans lourdeur, cela se laisse déjà bien boire, mais elle sera au top d’ici 5 à 6 ans.

66. Acutum, Mas de Cynanque
C’est la cuvée acutum qui est sélectionnée dans le palmarès, il m’en reste quelques bouteilles de 2004 et de 2005, superbes. Mais nous allons aller à la découverte d’une autre cuvée, peut-être encore plus proche de son sol que l’acutum, c’est la cuvée Plein Grès 2006 à base de syrah (30%), grenache (10), carignan (30) et mourvèdre (30) . Tout en retenue, assez ferme, minérale, sans élevage en bois, elle commence à se livrer, pour vous et offre un rapport Q/P exceptionnel.

44. Terre Inconnue
C’est la cuvée Sylvie qui est sélectionnée, mais toutes devraient s’y trouver. Hélas, elles ne sont pas encore arrivées à Pécrot, mais vous pouvez les réserver (surtout lcette superbe syrah qu’est Sylvie)

30. L’As 2005, syrah – grenache, Mas conscience 
Encore une dominante de Syrah tout en fraîcheur. L’élevage se fond bien, et les arômes sauvages de fruits rouges, de viande et d’épices nous charment. Les tannins assurent encore une bonne garde mais n’empêche pas de se régaler, que du contraire.

24. Les Schistes 2007, grenache–syrah,  Borie la vitarèle 
Borie la Vitarele est un des seuls domaines avec Barral à classer deux cuvées dans ce top 100, bravo! Celle-ci est un classique qui donne toujours un vin élégant mais profond et bien fruité. 2007 est très réussi, même si je conseillerais de boire maintenant 2004, voire 2006 (il m’en reste un peu) et d’encaver celui-ci quelques années.

23. Le Vin Maghani 2005, mourvèdre-syrah, Canet Valette 
Un des grands classiques du Languedoc dont je vous avait proposé le 2001 à mes débuts. J’ai reflashé sur ce 2005, au nez enjôleur, d’épices, de lard fumé et de fruits macérés, déjà d’une grande complexité et de grande longueur. Son corps composé de mourvèdre et de syrah est ferme et taillé pour la garde, mais on pourra déjà le placer à table cet hiver.

17. Jadis 2006, syrah- carignan, Léon Barral 
Barral, il fait couler autant d’encre que ses vins coulent facilement dans nos gosiers. Je vais découvrir avec vous ce nouveau millésime 2006. Pour ceux qui aiment, j’ai encore des magnum de 2005 ;-)

6. Les Crès 2004, Borie la Vitarèle
Une cuvée que je suis régulièrement depuis 2001 et qui ne m’a jamais déçu. Le 2001 est encensé dans la RVF, il m’en reste quelques bouteilles. Nous allons déguster le 2004 qui allie élégance et fond. C’est d’ailleurs un coureur de fond que vous pouvez entraîner pendant de longues années. Note fruitée (un peu framboise), lardée, épicée et truffée, déjà d’une belle complexité. Carafer le pour dompter un peu ses tannins, encore un vin qui fera merveille à table sur un magret de canard ou un beau chevreuil.

5. Valinière 2005, mourvèdre, Leon Barral 
J’ouvre ou j’ouvre pas, allez j’ouvre!

Voici ce qu’en dit la RVF “ A dominante de mourvèdre, la cuvée Valinière définit la justesse et l’originalité de l’approche de Didier Barral. La profondeur et la nervosité de sève du 2005 révèlent un potentiel impressionnant. L’acidité volatile peut déranger, mais elle sert une palette aromatique (poivre, cacao, rose, thgym) et se trouve transfigurée à table. 17/20”

2. Syrah Leone 2002, Peyre Rose 
Je ne le distribue hélas que ponctuellement, quand l'occasion se présente. Là il ne m’en reste plus que deux bouteilles, que je réserve à ceux qui auront apprécié les autres cuvées ;-)))

 

 

 

 

 

30/05/2009

HISTOIRE DE ROSE, COUPEZ!

Ah, le rosé, "Bruxelles" veut nous saccager notre rosé en permettant le coupage de vin blanc avec du vin rouge, quel scandale!

Ce que l'on sait moins, c'est que le "coupage" est déjà autorisé, en champagne par exemple, ou la majorité des rosés, en général plus chers que les blancs, sont des mélanges de vin rouge et blanc. Même dans les appellations, il est parfois autorisé d'utiliser des cépages blancs dans l'assemblage de certains rosés; par exemple Bandol, comme je le lis sur ce site. Ces vins sont-ils moins bons, pas sûr; différents, sans doute.

Si je suis pour la transparence et si je crois donc que le coupage devraient être indiqué sur la contre-étiquette, je suis pourtant persuadé que le scandale est ailleurs!

Et comme j'aime joindre l'inutile à l'agréable, cette semaine, lors d'une dégustation initiatique à la Provence, j'en ai profité pour tester des rosés et d'y gliser un petit pirate de mon cru.

Château (j'évite de citer le nom, laissant le bénéfice du doute au producteur), Côte de Provence Sainte Victoire, 2007

La robe est claire, très claire. Le nez respire le fruit de la passion pas très mûr, notes chimiques de banane synthétique. La bouche manque d'acidité, on goûte l'alcool, c'est creux, court, flagrant délit de manque de raisin. Un bel exemple de vacuité gustative. Ce vin a vite été surnommé château "mal de crâne". 

Coupage de blancs et de rouge

Pour celui-ci, j'ai rapidement pris quelques fonds de bouteilles de vin blanc qui traînaient dans mon frigo et j'y ai rajouté quelques gouttes de mon super Montepulciano d'Abbruzzo. Comme dans la pub, c'est incroyable, quelques gouttes suffisent pour donner au tout une belle couleur rosée. Son nez est plus fruité, fraise, framboise, nettement moins chimique que le précédent; très agréable. La bouche est aussi plus dense, avec de la matière, de la longueur, du raisin quoi! Un peu trop acide cependant, mais cela montre bien qu'on peut sans problème, réalisé un bon rosé par coupage; le tout c'est surtout d'avoir du bon raisin et du bon vin au départ. CQFD.   

Le scandale, il est surtout dans l'agrément de ce vin en AOC, qui plus est en AOC "supérieure" Sainte Victoire, qui devrait être un gage de qualité et de reflet de ce superbe terroir. Cerise sur le gâteau, ce vin a reçu la médaille d'or au concours de, médaille d'or de plus grand foutage de gueule, oui!

Heureusement, la Provence peut aussi nous offrir de superbes rosés, comme en témoigne la suite de la dégustation. 

Coteaux d'Aix en Provence, Château Saint Anne, 2007

A dominante de cinsault, avec un peu de mourvèdre et grenache, la robe est aussi claire, saumonnée. Le nez est aussi sur des arômes fermentaires (banane, ..) mais avce des notes florales, fruitées primaires, bref, plus de complexité. Quelques bulles agrémentent l'attaque, souple, bien plus dense que le rosé STe Victoire, croquante à souhait. Un rosé typé rosé, mais un très bon rosé. Et oui, faire du bon rosé, c'est possible! 

Bandol, Mourvèdre 40, Grenache30, Cinsault30, Château Saint Anne, 2003

Je ne m'attarde que trop rarement sur le plaisir de la robe. mais celle-ci est superbe, tendance pelure d'oignon, avec des reflets or, superbe. Le nez est aussi intéressant, sur les épices, la fraise, la rose fanée. En bouche c'est un peu moins bien, en raison d'un petit manque d'acidité, millésime oblige. Une petite note liégeuse également, mais il y a de la matière et de la longueur. Un rosé de gastronomie, à revoir aussi dans un autre millésime!

Vin de Table, Ma Terre, Grenache, Merlot, Syrah, Domaine Milan, 2008

Robe très dense pour un rosé, au nez puissant, fruité, rappelant étrangement le grand blanc, mais avec des notes de fraises mûres, un nez de Milan, quoi! La bouche est charnue, croquante, gourmande, puissante mais équilibrée, de grande soif et de gastronomie, un accord parfait avec une bonne "gueule d'amour"!  Coup de coeur général, à ne pas rater!!

Amusant toujours de voir que le vin le mieux apprécié est un vin de table, et le plus détesté un vin d'appellation "villages". Beau pied de nez qui relativise bien cette "bataille" contre le rosé de coupage. Commençons par faire de bons rosés, et le consommateur trouvera bien son chemin. Je suis toutefois pour la transparence et une indication du procédé de fabrication serait bien utile (rosé de coupage, de saignée, de pressurage direct, ..). Après, au consommateur de choisir!


30/04/2008

PRINTEMPS de la MALBOUFFE

Un vent de malbouffe aura soufflé sur l'écran de ce début de printemps. Tout a commencé par la rererererediffusion de l'"Aile ou la Cuisse", un bon duo à succès "De Funes-Coluche" de Claude Zidi. Pas revu ce soir là, mais enregistré sur une vieille K7 VHS (je me demande si les plus jeunes ne sont pas déjà perdus;-) pour regarder avec mes enfants. Il fut suivi, quelques jours plus tard par une émission tardive de David Lallemand "ça se bouffe pas ça se mange", avec une palette d'invités intéressante.

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Jean-Pierre Coffe, en forme moyenne et pourtant il arriva sans problème à décontenancer la langue de bois des représentants de Danone et de la Sodexo. Le premier nous aura fait presque pleurer avec son initiative de lancement d'une usine de yaourt au Bangladesh. L'intention paraît bonne, mais est-ce vraiment ce dont les habitants ont besoin là bas? Et le mini-credit du prix Nobel de la Paix, ne fait-il pas de ces pauvres des endettés de plus; c'est juste une question. Et la présence de Zidane, combien ça coûte, et est-ce indispensable pour le fonctionnement véritable de cette initiative ou surtout pour son écho dans la presse. Alors, mini-credit ou maxi pub , je n'ai pas la réponse... (;-).

Et puis ils ont parlé de poules, de vraies, avec des ailes, un bec et un cul de ...:-). Le représentant de Sodexo, société qui fera pensé certains à Tricatel, euh pardon à Borel, peu à l'aise, nous jura ses grands dieux qu'elles couraient en plein air, et je veux bien le croire. Faudra juste qu'on m'explique où vont les millions d'oeufs de batterie pondus sur moins d'une feuille A4, et pourquoi mes oeufs ont bien plus de goût! Peut-être à cause de la dioxine;-). Et là aussi, faudra m'expliquer pourquoi de tels résultats sont aussi largement diffusés alors qu'ils ne proviennent que de 4 (quatre) particuliers. J'aime bien qu'on m'explique; après la psychose de la grippe aviaire, ce que l'on a contre mes oeufs, dont toute la famille se régale, trop bons? Et contre mes belles poules de chez Poulette, dont les renards se délectent, trop belles? Tiens et mon coq Lagerfeld, beau aussi non?;-)

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Il y avait aussi un Monsieur Quick, vantant la qualité de ses ingrédients "nous c'est le goût" et l'ambiance de fête qui règne dans ses restaurants. Bref, un vrai monde de bisounours, la malbouffe ne serait donc qu'un leurre et les problèmes juste une addition de calories. Nous sommes sauvés, continuez à regarder la telé!

Et puis heureusement est intervenu Philippe Renard, ancien chef étoilé. Il nous a parlé de légumes de saison, d'aliments bio, et d'aliments bio pas trop chers, au juste prix, puisqu'il a converti les cantines Ethias au bio, et ça marche! Je l'ai de suite contacté pour une initiative envers les écoles. Quand je vois (j'avoue, je goûte pas ;-), ce qu'on leur donne à bouffer, avec parfois pourtant pas mal de bonne volonté, je me dis qu'il y a vraiment quelque chose à faire. Agir à la base, c'est peut-être la solution pour une amélioration réelle des consciences. Je vous raconterai la suite bientôt, j'espère.

Tiens le prix du bio, un argument récurent des antibiotiques; j'en parlais encore récemment avec des amis et je leur ai posé quelques questions. Quel est la proportion "alimentation" dans le budget d'un ménage, comment varie-t-il en fonction du revenu de celui-ci, et puis, quel est le prix d'un paquet de chips, et celui d'un kilo de fruit? J'ai eu la réponse à cette dernière, car avec les enfants, nous avons plongé dans la malbouffe (j'ai quand mêmem mis du fromage et des oignons bio sur la pizza;-) le temps d'une soirée télé et de cette fameuse K7 VHS ;-). Et bien les chips, cela va de 0,8 à près de 3 euros, pour 150 grammes même pas bios! Pour info, on trouve des pommes bios en saison sans trop de problèmes à 2 euros, le kilo..., le kilo, pas les 150 grammes;-). Cherchons l'erreur...

Et donc on se dit qu'il y en a qui font bouger les choses, qu'on va se lever également, qu'un réseau positif peut se tisser, et puis, pendant ce temps, d'autres s'acharnent à détruire le reste de notre équilibre en nous imposant, par la bande et ce n'est qu'un exemple, les OGM. Ecoutez ce reportage très instructif au sujet du grenelle de l'environnement en France. Dingue!

Alors avant de quand même ouvrir une rubrique "coup de soleil" à la place de mes "coups de gueule" qui ne servent à rien, je m'écoute ce que finalement nous sommes presque tous, des gens ordinaires. Et puis comme il n'est de bonne compagnie qui ne se quitte, je vous laisse, car nous, les gens ordinaires, avons du boulot à abattre ;-)

Revenez bientôt pour quelques recettes de printemps aux ingrédients fournis gracieusement par "Mother Earth", à suivre!

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03/04/2008

PESTICIDES, Une MODE!

Le "bio" serait à la mode, et est par conséquent (trop;-) souvent soumis aux critiques peu constructives voire agressives. J'entends par exemple nombre de critiques à l'encontre de viticulteurs qui pratiquent cette agriculture plus respectueuse et plus en harmonie avec l'environnement et notre santé. Mode, vague pour bobos et gogos, opportunisme, argument marketing, pour, bien sûr, justifier des prix plus élevés ou fourguer leur infâme piquette. Ou alors, parfois de bonne foi, les arguments classiquement manichéens fusent; la pollution est partout, les vignes sont contaminées par les traitements des voisins et les sols sont de toutes façons imbibés. Ou encore, certains s'interrogent sur la nocivité des produits utilisés par les bios; et la roténone, et le cuivre? Cela fait plus sérieux mais c'est souvent tout aussi manichéen; le bio n'est pas parfait, il est simplement très nettement meilleur! Mais j'y reviendrai, lisez déjà ceci. Et puis parfois, viennent des sous entendus nauséabonds sur l'inefficacité des contrôles et, pire encore, sur les tricheries. Un vigneron bio qui réussit, c'est forcément un tricheur...

Alors, devant tant de volonté de comprendre, d'incompréhension, de mauvaise foi ou de méchanceté; la science a parfois du bon. Cela a fait la une du jt de mercredi passé à la rtbf et des journaux, en pleine semaine sans pesticides , quelques jours avant notre Marché de Printemps . Une étude sérieuse réalisée par PAN-Europe et le MDRGF a étudié la présence des pesticides dans le vin. Un échantillonnage de 40 vins a été testé, 34 conventionnels et 6 issus de l'agriculture. Résultats: 100% des vins conventionnels testés étaient contaminés. Et chaque échantillon conventionnel testé contenait en moyenne plus de 4 résidus de pesticides différents : les plus contaminés d’entre eux contenant jusque 10 pesticides ! Ce n'est pas tout, les niveaux de contamination observés dans le vin étaient considérablement plus élevés que les niveaux tolérés pour les pesticides dans l’eau puisque qu’on a trouvé dans certains vins testés des quantités jusqu’à plus de 5800 fois supérieures aux Concentrations Maximales Admissibles (CMA) autorisées par pesticide dans l’eau du robinet ! Ce n'est pas rien quand on sait que ces composés s'accumulent dans nos tissus. Et parmi ces résidus trouvés, de nombreuses molécules sont des cancérigènes possibles ou probables, des toxiques du développement ou de la reproduction, des perturbateurs endocriniens ou encore des neurotoxiques... Le panel était large, pas que des vins français, mais bien deux grands crus à près de 200 € la boutanche (y en a un peu trop, je vous le mets quand même;-).

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Et les vins "bios"? Les vins "biologiques" analysés ne renfermaient pas de résidus de pesticides à l’exception d’un échantillon de Bourgogne dans lequel il a été trouvé de faibles quantités d’un seul produit. La différence entre les deux types d'agriculture est patente, le fossé est immense! Les contrôles ne sont maifestement pas si mauvais, et il est même possible d'éviter la contamination par ses voisins et quand elle existe (probablement l'échantillon bio légèrement contaminé), les doses sont quand même nettement plus faibles!

Alors voilà, je sais, malgré mes carences en bricolage, que pour qu'un clou s'enfonce il faut frapper dessus avec un marteau; mais combien d'études faudra-t-il encore, combien de reportages devrons nous encore attendre pour voir nos gouvernements réagir. Et bien, beaucoup; beaucoup si nous, consommateurs, ne changeons pas nos comportements. Si nous, volontairement, par nos achats, ne mettons pas un point final à cette mode des pesticides qui aura duré bien trop longtemps. C'est facile, il y a de nombreux vins bios de qualité, et à tous les prix! Attention, tous ne sont pas bons, tous les vignerons n'ont pas du talent ou un terroir suffisamment qualitatif. Mais ça, il vous est facile de faire le tri, il vous suffit de goûter chez un bon caviste;-).

Petite anecdote, le week-end passé, coup de fil, mon correspondant me demande si je vends bien des vins bios, même en vin de table, pourvu qu'il ne soit pas trop cher, vers 3-4 euros... Comme je suis très commerçant, je lui ai d'abord répondu du tac au tac qu'à ce prix là, je pouvais garantir l'absence de pesticides, mais pas la présence de raisin;-). Bon après nous avons quand même bien discuté, mais il faudra un jour que je vous fasse un billet sur le juste prix; du vin, de la nourriture, de la musique, de l'écran plat, d'un vol en avion .... un jour, peut-être...

En attendant, arrêtez de vous fermer les yeux ou de jouer aux naïfs; et faites en sorte que la mode des pesticides (insecticides, herbicides, fongicides) ne soit plus qu'un mauvais souvenir sans espoir de revival. Cela dépend de vous, rien que de vous, et pas que pour le vin; pour les légumes, votre potager , les fruits, votre gazon, ...l'harmonie n'est pas si loin et alors, une fois les pesticides démodés, nous entrerons peut-être vraiment dans la mode du bio;-). Là, nous en sommes hélas encore loin...

27/02/2007

BUVEUR de CONTRE-ETIQUETTE

C’est une réflexion que j’ai eue suite à la lecture du super bouquin de Jérôme van der Putt « le vin bio mode d’emploi » Un livre que tout le monde devrait avoir lu, pas seulement ceux sensibles à la culture bio ou aux vins naturels, mais tous les passionnés de vin. Ecriture et structure claire, précise, sans littérature inutile (les mauvaises langues diront que je sais de quoi je parle ;-) et sans polémique. Il reprend aussi quelques beaux CR de vins naturels illustrant très leurs caractéristiques ; une belle source d’infos.

Il y prêche (le mot un peu fort) pour que le vigneron indique, sur la contre-étiquette, plus d’informations sur ses méthodes, à la vigne comme à la cave.

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Le Vin Bio Mode d'emploi reposant sur des bouteilles de Schueller (bio non certifié); Jérôme appréciera, je crois, mon clin d'oeil!

Il y a aussi depuis peu, la législation qui impose le sigle de la femme enceinte, mais aussi le fameux « contains sulfites » ; que le vin soit vinifié sans ou qu’il en soit chargé à balles de guerres.

Je sais que les adeptes de « la vérité est dans le verre » me diront que … cela n’a pas d’importance à leurs yeux puisque … la vérité est dans le verre. Mais enfin, ils aiment quand même bien connaître, j’imagine, le millésime, l’encépagement … Enfin peu importe, leur opinion est tout à fait respectable, mais on connaît donc déjà leur avis, pas la peine d’en rajouter ;-). Et puis flûte, je le reconnais sans fard, je suis un buveur de contre-étiquette ; comme je le disais par ailleurs, j’aime voir sous le capot, j’aime m’enthousiasmer en connaissances de cause.

Beaucoup de bouteilles en possèdent déjà, mais souvent, elles sont très vagues, et souvent bêtement publicitaires. Donc pour ceux qui restent sur leur faim quand aux précisions d’une étiquette, plus d’infos est nécessaire.

Quelques mots sur le domaine, sur la viticulture, la vinification et le vin lui-même. Mais trop d’informations ce n’est plus de l’information ; alors à votre avis ; s’il en faut, ce seraient lesquelles ?

Pour moi : en ce qui concerne la viticulture, il y a les certifications, ecocert, demeter, terra vitis pour la lutte raisonnée ; ça vaut ce que ça vaut, mais ceux qui n'en veulent pas, devraient peut-être s’abstenir de faire référence à l’environnement. Par contre, la démarche peut être précisée, sans pour autant, comme il est très bien mentionné dans le bouquin de Jérôme van der Putt, nous mettre des coccinelles partout !

L’encépagement, ça c’est simple et utile, ça m’aurait déjà épargné des heures de recherche sur google !

La teneur en alcool est obligatoire (mais pas toujours correcte), celle en sucre est parfois très utile, même si les puristes me diront que ce qui compte c’est la sensation sucrée et non la valeur mesurée. C’est vrai, mais bon cela limite quand même le risque d’erreur ; et puis on peut préciser, s’il est gustativement sec ou autre…

L’absence de chaptalisation (j’imagine mal, le vigneron mentionner qu’il chaptalise;-) bien que certains ne s’en cache pas) . Les affirmations mensongères pourraient être décelées (la RMN dans le cas de la chaptalisation), rappelons nous la polémique sur cette même toile à propose de Climens.

L’absence de tout intrant, enzymes, gommes, autres poudres de perlimpimpim…S'il est non filtré, non collé…

Sa vision du sulfitage (pas d'ajout, vinification sans, uniquement à la mise, dosage, ..), car pour les vins sans soufre ; on entend tout et son contraire.

Les conditions de stockage (moins de 15°C pour les vins naturels). C’est vrai que pour certains vins bio, et principalement ceux dits naturels ; un mode d’emploi serait parfois bien nécessaire.

Car mettre des infos sur la contre-etiquette, c'est aussi s'engager un peu, un peu plus que le discours classique; car si les paroles s'envolent, les écrits restent.

Bref, si les bons vignerons "nature" pouvaient déjà, être certifiés bio, ils pourraient ensuite indiquer, sur la contre-étiquette, que leurs vins sont vraiment produits, à la cave, sans autre additifs autre que le sulphite. Cela augmenterait sensiblement la transparence et j'en serais très satisfait...

19:28 Écrit par Laurent dans Coups de Gueule | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |

24/02/2007

19 JANVIER 2007: Une Cascade de Désagréments

Pour avoir droit à une AOC, les vins doivent répondre à un cahier de charges. Celui-ci comprend des contraintes se voulant de typicité, comme les délimitations géographiques qui contrôlent donc l’origine. Ou comme l’encépagement. On ne peut pas assembler les vins comme on veut, certains cépages ne peuvent entrer dans l’appellation. Un exemple réputé, la cuvée Z de Zind-Humbrecht à base de chardonnay est déclassée en vin de table, le célèbre Trévallon en Baux de Provence est déclassé en vin de pays en raison de la présence de plus de 20% de Cabernet Sauvignon. Il y a aussi des paramètres qui se veulent plus qualitatifs, comme les données analytiques, le rendement et la densité de plantation. Certaines appellations veulent aller plus loin, comme les Baux de Provence qui pourrait inscrire la culture biologique dans la charte AOC.

Mais ce n’est pas tout ! Si la pertinence des paramètres précédents peut être discutée ; ils sont relativement objectifs. Bien sûr, on peut les contourner. Qui va pouvoir vérifier les assemblages dans la bouteille ? Plus grave, des rendements trop élevés reçoivent souvent des dérogations et puis il suffit pour les respecter de faire la déclaration de récolte en fonction, et d’écouler les raisins superflus autrement, voire de les laisser sur pied. Dans ce cas, le raisin qui va dans la bouteille est pourtant bien issu d’un rendement trop élevé !

Mais ce n’est donc pas tout ; il y a aussi la dégustation d’agrément. Et là, je pousse mon coup de gueule. J’ai rendu visite la semaine passée à la plupart de mes vignerons alsaciens préférés, il se fait que trois d’entre eux ont connu ce problème pour leur dernier millésime.

Je commence par Vincent Stoeffler, à Barr. Pour la première fois de sa carrière (environ 20 ans) un de ses vins est déclassé, pire, c’est son grand cru Kirchberg, qui fait sa juste fierté, qui reçoit les foudres des comités d’agrément. Je l’ai dégusté ! C'est un vin un peu austère, comme l’est souvent le Kirchberg de Barr dans sa jeunesse. Mais pas plus que le 2004, il est par contre très sec, avec une belle matière, comme j'aime, un peu fermé, mais un très bon de potentiel.

?Et bien, le verdict, déclassé... manque de matière ...Inoui !

Ensuite, je vais chez Jean-Pierre Frick; chez lui c'est génial!?En général, les vignerons m'évitent les commentaires un peu trop vendeurs sur leurs vins ; mais lui, c'est carrément à l'aveugle (enfin il demande si je préfère et je suis joueur;-)Nous dégustons, ce qui est peut-être mon 50eme vin de la journée. Je suis fatigué, mais pour moi, l’origine du vin qu'il me présente est évidente, donc j'ose; je lui dit, « on change de cépage, c'est du muscat! ». Il me répond, « je suis heureux ». Il m’explique alors qu’il s'agit de son grand cru Steinert 2004, refusé pour … manque de typicité...J’ai reconnu le cépage ; je n’en tire aucune gloriole. Car si ce n'est pas un muscat variétal, ce n'est pas autre chose qu’un muscat.

Et puis, c'est un grand cru, le Steinert !!! Et le seul producteur de Steinert, c'est Frick! Il n'y en a pas d'autres! Donc le seul qui pourrait juger de la typicité de ce grand cru, c'est sans doute Jean-Pierre lui-même. Mais non, déclassé! Re-Inoui !

Je ne sais pas si vous suivez car il est tard (en tout cas pour moi), mais c'est apparemment n'importe quoi ces dégustations d'agrément. Et je ne parle pas de supers vins atypiqes pour cause de sans soufre ou des notes d’oxydation ménagée de certains vins dont le fruit et le terroir explose en bouche qui sont refusés par des dégustateurs aux références œnologiques très obtuses. Ca c’est souvent le cas des vins de Bruno Schueller, dont le fameux (et délicieux) grand cru Pfersirgberg ne reçoit pas souvent l’agrément (vous le connaissez sous le nom de « le verre est dans le fruit »). Non, je parle de vins aromatiquement corrects, comme ce jour là encore, le super riesling « cuvée particulière » de Bruno Schueller. Il est aussi passé à la trappe, verdict : manque de matière. Dingue, les vins de Bruno sont justement réputés pour leur matière et leur maturité. Mais attention ; aussi pour leur absence de sucres résiduels. Et voilà peut-être une piste pour expliquer cette cascade de … désagréments…

A moins de ne jamais boire de vins d’Alsace , ou de vivre sur une île déserte uniquement approvisionné par les vins de Gérard et Bruno Schueller, vous l’avez constaté, les vins d’Alsace sont de plus en plus sucrés, et le riesling n’échappe pas à la règle ! On retrouve donc probablement, dans une même série d’agrément une grande majorité de vins aux sucres résiduels et puis perdus au milieu, un ou deux valeureux vins secs. Et c’est peut-être là que le bât blesse. On sait que le sucre apporte de la rondeur, rend le vin plus consensuel, mais apparemment, un peu de sucre résiduel ferait aussi office, pour beaucoup de dégustateurs officiant là bas; de preuve de matière, de richesse, de maturité, que sais-je encore. C’est évidemment très réducteur et souvent très faux. Mais cela montre que les vins secsrefusés, ne manquerait donc, non pas de matière ou de richesse, mais bien de sucre résiduel… un comble !

Alors, entre la jalousie des uns, l’incompétence des autres ; les rôles ambigus des œnologues et vignerons qui sont juges et parties ; et surtout au vu du nombre de vins refusés à l’agrément et dont je me suis délecté (il y en a à notre carte ;-), je me demande simplement, si l’appellation ne devrait pas se limiter, à ce qu’elle garantit uniquement dans les faits, l’ORIGINE.

Ensuite, le « marché » fera le reste…Dernier mot, j'ai cru lire que cela ne posait pas de problème au vigneron, une belle étiquette, un nom original et on peut le vendre plus cher. Il y a des exemples connus, la Valinière de Barral a, justement, fait parler de lui, la quintessence de mes roujetons de Dagueneau se vendait plus cher que le vin an appellation. D’autres, choisissent sciemment de quitter l’appellation, pour éviter ces désagréments et pour surtout, fuir au maximum la bureaucratie.

Mais ce ne sont que des exceptions. Pour le reste, ce n’est pas vraiment vrai;-). Beaucoup de vignerons sont attachés à LEUR appellation et vivent très mal ce déchirement. Et puis je peux vous l’assurer, beaucoup d’acheteurs, sont encore rassurés par une appellation classique et hésite, hélas, à investir 20 euros dans un … vin de table.

Alors, tiens pour le plaisir, une liste des vins de table à la carte :

Casot des Mailloles : en appellation Collioure jusque fin des années 90, suite à un refus d’agrément et par horreur de la bureaucratie, les castex proposent maintenant toutes leurs cuvées en vin de table … et de plage

Rene Mosse: Son rosé, son rosé d'Anjou, par solidarité avec Mark Angeli, récidiviste du désagrément, il est sorti de l'appellation; il nous propose son Achillée mon Rosé! , une corbeille de fruits bien mûrs!

Terre Inconnue : Robert Creus n’a jamais revendiqué d’appellation, aussi en raison des pertes de temps causées par les paperasses. Toutes ses cuvées sont en vin de table, la Sylvie un bijou pur syrah est donc le vin de table le plus cher de ma carte (mais il les vaut largement)

Leon Barral : Ici, c’est différent. Les autres cuvées de Barral sont en appellation Faugères ; et c’est en raison d’une teneur trop élevée en acidité volatile que sa superbe cuvée Valinière 2001 a été refusée à l’agrément. Elle était superbe, cela a fait un peu de pub méritée pour le domaine, mais ce n’est pas le but de Didier Barral . le 2002 est en Faugères et il est un peu moins grand … A noter, une nouvelle stupidité, le millésime ne peut être mentionné sur l’étiquette. Mais cela nous vaut de beaux contournements de loi, comme le « classique » N° de lot, ou plus élégant, cette petite couvée de canards de la valinière.

Gérard Schueller & Fils : Ici aussi, des cuvées sont régulièrement recalées par des jaloux ou des in compétents. Le Verre est dans le fruit, grand cru Pfersirgberg en est un exemple frappant ! Il y avait aussi son très bon crémant sans soufre 2000, recalé pour amertume, mais je n’en ai plus ; vous l’avez trop aimé ;-)

Jean-François Ganevat : Pas de refus d’agrément, mais un caractère explorateur trop peu contrôlé. Son superbe « j’en veux », croquant à souhait est en vin de table en raison de l’encépagement. De vieux ceps d’enfariné, égrappés à la main, vinifiés sans soufre ; avec du béclan, du greush, du noah et bien d’autres. On dit même que le copain de Monica serait passé par là …

André et Mireille Tissot : Un retour aux sources pour la cuvée Spirale de Stéphane Tissot, qui n’a pas droit à l’appellation « vin de paille » car le taux d’alcool est trop faible. Il aurait falu pousser la levure pour y arriver. A la dégustation, l’équilibre était parfait, Stéphane n’a pas voulu forcer, il a bien eut raison.

Domaine Viret : Pas de désagrément ici, juste un choix d’encépagement original (et bon).Beau-Thorey : Ici aussi, on en fait qu’à sa tête ! La cuvée Ultime, le joyau du domaine, assemble des vielles vignes d’aramon et d’autres, n’ayant pas droit à l’appellation.

Christophe Beau nous a conté l’épopée du rachat de ces très vieilles vignes dans un superbe roman : la danse des ceps. Une lecture indispensable pour tout amateur de vin. A ne pas rater !

Et donc bientôt à la carte, nos Alsace préférés:

Le XXC ex Kirchberg de Vincent Stoeffler

Le Muscat Steinert de Jean-Pierre Frick (on distingue sur l'étiquette les mentions grand cru; mais elles sont barrées ;-)

07:12 Écrit par Laurent dans Coups de Gueule | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

25/01/2007

MARS 2004: DE LA TERRE AU VERRE en passant par le laboratoire de chimie...

Voici un petit article (désolé en anglais, mais nous sommes "truegreatwines" quand même ;-) sur les pratiques de plus en plus répandues dans le petit monde du vin. Sans Commentaires!

Pour lire cet article vous pouvez aussi aller sur Le Guardian

"Blanc check for wine purity"

Suspicions that characteristic hint of gooseberry and green peppers in sauvignon might be aided by chemicals Felicity Lawrence, consumer affairs correspondent Friday January 23 2004 The Guardian.It is the hints of gooseberry and green pepper that wine critics look for in a good bottle of sauvignon blanc. But the taste may no longer tell the whole story. British retailers are quietly testing wines amid suspicions that the characteristic flavours owe as much to chemical flavouring as to the natural taste of the grapes, the Guardian has learned.?A laboratory used by the drinks trade to test wine for authenticity has revealed that it has found suspicious results in several wines from South Africa on sale in this country.Corkwise, a company of analytical chemists based in Surrey, confirmed that it had been asked by many of the major retailers to test sauvignon blancs from South Africa and New Zealand to establish whether synthesised pyrazine flavourings had been used.Pyrazines are a group of chemicals which are found naturally in sauvignon blanc; the levels can vary according to climate and geography. Since synthesised flavourings may be "nature-identical", it is very hard to detect whether they have been used illegally to improve the taste of wine.But Geoff Taylor, director of Corkwise, said his laboratory's results showed unusually high levels in wines across the price range from South Africa.

Tests on wines from New Zealand did not show anything unusual. However, proving that unusually high levels of the flavouring compounds resulted from their being added by winemakers was difficult. "The problem is that these chemicals occur naturally," he said. "You are looking for higher levels than normal, but who can prove that something unusual didn't happen that year in that vineyard? Maybe there are some very unusual sites that produce these very high levels of pyrazines." Allegations that the use of industrial flavourings was widespread first surfaced in South Africa last November. Michael Fridjhon, a wine critic, wrote in the magazine Business Day that ranges of fake flavourings were being used to give the characteristic green pepper nose to cheap sauvignons, that blackcurrant flavouring was used in cabernet sauvignon, and butterscotch in chardonnay. The South African Wine and Spirit Board has admitted that it "had been aware of the global practice of adding flavourants to wine" and that it had been conducting research with Stellenbosch University to establish typical profiles of pyrazines in sauvignon blanc so that cheats could be detected. The profiles are due to be published next week, although the results will not pinpoint individual producers.

Meanwhile, the vintage from some wineries in South Africa will be tested randomly, with results being collected from the grape juice straight after harvest and again after the wine has been made. "We are not really sure what is happening," said Andre Morgenthal, spokesman for Wines of South Africa. "The research has been conducted with institutes from seven other countries because people in the trade have been suspicious about wines. It is a harmless food flavouring being used, so it is not a safety issue, it is more an ethical issue." He added that he thought only a few producers were involved. But Robert Joseph, editor of the Good Wine Guide, said that the practice was probably more widespread. "People in the trade talk about international flavouring companies offering plum for merlot as well as gooseberry for sauvignon at wine trade fairs." These may legitimately be used to make low-alcohol flavoured drinks but are not permitted in wine. Winemaking has been revolutionised in the past few decades. As well as making great advances in hygiene, producers have developed sophisticated laboratory techniques to blend wines and achieve consistent products.

Mr Morgenthal pointed out that sometimes the boundaries were blurred. "There is the assumption that wine is a natural product, that it is fermented juice with nothing added. But people add powdered tannin to fix colour. In the northern hemisphere they add sugar. Is that adulteration? I don't know." Linley Schultz, the Australian head of the South African wine group Distell, condemned the use of flavourings, but told Decanter magazine that sometimes the distinctions were fine. He described experimenting while working for the Australian wine giant Southcorp with removing pyrazines from a batch of unripe sauvignon blanc grapes and blending them with a batch of top wine that had been harvested fully ripe but had lost some of its trademark asparagus notes. "I regard that as natural," he said. Corkwise said it was unable to identify which retailers had asked for tests or which wines were involved on the grounds of commercial confidentiality" Copyright Guardian Newspapers Limited"

Quand on connaît mes difficultés avec la chaptalisation, l'acidification et les divers pesticides ou engrais, on déduira vite mes conclusions sur ces pratiques; "I do not regard that as natural!", et vous?

13:17 Écrit par Laurent dans Coups de Gueule | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |