07/09/2009

VIN NATURE NATUREL (III)

Continuons à décortiquer cet interview, et attention, voici un passage important car là, notre agrégé en lettres préféré appuie sur la pédale. 

Les vins bio sont tout de même différents ?

Ceux qui tiennent à cette dénomination s'acharnent à accuser les autres types de vins de trahir leur terroir et même d'être dangereux pour la santé. Mais ils n'apportent aucun argument solide pour le prouver, sinon ceux issus de leurs fantasmes ou de leur mauvaise foi. La dégustation comparative démontre, en revanche, que des vins reconnus par tous comme exprimant remarquablement leur origine sont régulièrement produits à partir de raisins non bio. Par ailleurs, toutes les analyses chimiques réalisées par les experts ne montrent pas de différence fondamentale dans les résidus de pesticides ou de métaux lourds. Des taux encore trop importants, il est vrai, même s'ils sont largement inférieurs aux seuils jugés dangereux par les organismes de santé publique.

Et donc il n'y aurait pas de différence fondamentale dans les résidus de pesticides ou de métaux lourds. D'un revers de la main, on balaie le travail de vignerons sincéres, précurseurs, mais aussi ces fameuses preuves scientifiques. Car oui, il y a des différences en résidus de pesticides, comme l'a prouvé l'étude  

21:11 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

05/09/2009

VIN NATURE (II) Place au saigneur!

A tout saigneur/seigneur tout honneur, place à Michel Bettane et son nouveau papier dans l'Express. Si on avait pu mal comprendre son intervention sur les biocons, peut-être celle-ci aura-t-elle le mérite de clarifier la donne et de réconcilier michoubidou (ce n'est pas de moi, je ne me serais pas permis;-) avec les amateurs de vins naturels dont certains sont aussi de ses anciens lecteurs. J'en suis, et je ne nie pas avoir dévoré les interventions de MB dans la RVF, il y a de plus en plus d'années... J'y ai beaucoup appris, parfois à mes dépends quand je vois les vins encavés que je ne boirai pas, mais j'ose pouvoir tenter de discuter ici d'idées, pas de personnes. 

Bon ça commence mal, car sous le titre "Le Vin bio n'existe pas", on lit : Le dégustateur et coauteur, avec Thierry Desseauve, du Grand Guide des vins de France 2010 * n'est pas convaincu par la mode nature. Il explique pourquoi.

Mais le but n'est pas de convaincre MB, le vin naturel s'est développé sans lui, se développe encore, et n'a aucunement besoin de sa bénédiction. C'est sans doute là le noeud du problème (enfin, surtout celui de MB;-), nous y reviendrons.

Poursuivons la lecture de cet article:

Pourquoi cet engouement pour les vins bio vous agace-t-il ?

Mais tout simplement parce que le vin bio n'existe pas ! Le mot «bio» ne peut en effet, dans l'état actuel de notre législation, s'appliquer qu'au raisin, ce qui oblige à trouver une autre dénomination pour désigner un vin issu de raisins cultivés selon les chartes de l'agriculture biologique ou biodynamique.

 

C'est vrai, et alors? Des chartes sont en cours de rédaction et devraient voir le jour d'ici peu, ça va pas changer grand chose. C'est ce qu'on appelle un abus de langage, pas de quoi fouetter un chat, ni de s'agacer. Essai manqué.

D'où les vins « nature » ?

Certains vignerons et leurs marchands, appuyés par une petite bande de prescripteurs sincères, mais illuminés, proposent donc des vins «nature» ou «authentiques». Mais, jusqu'à preuve du contraire, tout vin répondant aux normes légales de la législation européenne est forcément authentique ou nature, puisque issu de la fermentation naturelle d'un fruit qui l'est tout autant. Nous ne connaissons pas encore de culture de la vigne hors sol, d'ersatz de raisin ou de levure artificielle.

 

Avec ce genre de position, on ne risque pas de faire évoluer la moindre législation, imaginez MB au temps plus reculés de notre histoire... Plus sérieusement, la culture hors sol. Il faut avoir vu des vignes cultivées en chimie et toucher leurs racines flirtant avec la surface du sol. C'est pas du hors sol, mais c'est de la perfusion quand même. Sans leur dose de chimie, pas de sursis, la moindre carence en eau, et on les entendrait presque pleurer. 

Erzatz de raisin: entre un raisin gorgé d'eau, ou pas mûr, ou pourri, ou imbibé de pesticides et un raisin sain, mûr, bio, aucune différence? Moi j'y vois quand même un qui nous fait passer des vessies pour des lanternes, mais soit!

Levure artificielle. Même si les enzymes OGM sont déjà utilisés à grande échelle, les levures OGM sont prêtes, mais elles ne sont pas encore utilisées. Donc c'est vrai, pas encore de levure artificielle, mais pour MB, la levure 74 B ou la 56, sélectionnées pour typer un vin, comme celui du Beaujolais primeur par exemple, c'est quoi? Et bien pour nous, ce n'est pas très naturel. Même en brasserie, on sait différencier les levures industrielles des fermentations spontanées.  Tout faux, sauf si l'on joue sur l'ambiguïté et la méconnaissance des gens.

Petite conclusion, au pied de la lettre, rien de foncièrement faux dans ce qu'il dit, mais un bel exercice de désinformation. Avec de tels arguments, tous les vins sont bons et les pratiques respectueuses...

la suite bientôt ...

 

VIN "NATURE", VIN "NATUREL" (I)

VINATURE, mon blog, même si j'aime le prononcer "vie nature", c'est sans conteste une affirmation de mon goût pour ce type de vin. Oh pas par choix philosophique ou effet de mode bobo comme certains aiment à le croire, non, simplement par goût, par goût du plaisir.

Je ne vais pas refaire ici mon parcours gustatif (quoique;-), qui est tout d'abord passé par une étude systématique des petits vins à portée de ma bourse, puis, bien sûr, celle-ci se remplissant un peu, vu se faire vider par une attirance envers les grands crus classés du bordelais. Mais il y eut un jour, un premier déclic pour une autre évolution gustative, quand, affrontant la canicule de 2003, je dégustai, à Banyuls, les vins du Casot des Mailloles.  Des vins aux arômes et aux textures encore inconnus, évidents de sincérité, bouillonnants de terroir et de personnalité. C'est là que j'apprit qu'il était possible de faire des vins sans soufre et que je me mit dans la tête d'explorer pas à pas, verre après verre, cette terre encore inconnue, celle des vins dits "naturels".

J'y rencontrai de tout, des arômes d'écurie, voire de dégueuli, de l'excellent vinaigre, comme des finales au goût de souris crevée, mais j'y vécu aussi mais plus belles émotions, à répétition! J'y appris à mieux comprendre l'apport du raisin dans le vin, et aussi celui du sol, je chamboulai mes repères, bouleversai mes critères, revenant à une approche plus animale du vin. Je me souviens encore de cette première salade de fruits et de cailloux offerte par Bruno Schueller. Je me réconciliai aussi, par exemple, avec le champagne grâce à Jacques Beaufort; fut foudroyé par la personnalité et la qualité des vins naturels et des hommes du Jura, comme Stéphane Tissot, Fanfan Ganevat, et Pierre Overnoy; me noyai enfin, avec délectation, dans la mare grandissante du Beaujolais des Descombes, Lapierre ou Ducroux.

Je dût aussi me rendre à l'évidence, moi qui écumait salons sur salons, bios ou non, que la qualité des salons de vins naturels, comme celui de la Dive bouteille, était du plus haut niveau et correspondait en tout cas beaucoup plus à mes goûts évolutifs. Tant et si bien, qu'en avril 2006, j'avais complètement viré ma cuti et, après une belle dégustation des vins de René Mosse et de Mark Angeli aux caves Augé à Paris, j'écrivais sur ce blog, "Une conclusion pour cette dégustation, c’est mon goût pour les vins avec un minimum de soufre, voire sans soufre. Si cette absence chahute parfois un peu les arômes, on les retrouve admirablement en rétro-nasale et puis la finesse et le naturel en bouche sont si évidents ! Difficile de faire marche arrière quand on a goûté des vins de cette trempe, mais cela, vous le savez déjà non ?   

Et oui, entre déclics et claques, j'ai depuis décidé, avec un pincement au coeur je le reconnais, de revendre ma cave de "grands Bordeaux", et quand j'y descend, c'est de plus en plus souvent une quille de ces "bio-nature" que je remonte (pour la descendre aussitôt;-). Ma santé y gagne sans doute, mon portefeuille certainement ;-)!

Mais pourquoi remettre encore une louche de vin bio sur ce blog par un énième papier sur les vins naturels et sans soufre? Et bien, pour répondre posément, et en détail, aux articles parus récemment dans la presse, comme ce dossier du bon magazine belge In Vino Veritas, ou encore l'intervention récente de Bettane dans le journal l'Express, pour y relever les erreurs d'appréciation d'un monde qu'ils ne connaissent pas, et aider ceux qui le veulent à mieux comprendre cet univers.

Une première constatation déjà, si les vins naturels ne connaissent pas trop la crise, la prose qui les entoure en profite également et permet aux critiques pros, généralement contre, de faire parler d'eux. Ils auraient tort de se gêner, nous aussi;-). A bientôt

28/08/2009

CRITIQUE de CRITIQUE

La critique est aisée, l'art est difficile, mais depuis quelques temps, et l'arrivée du net et de ses nombreux blogueurs plus ou moins qualitatifs, la position de critique est devenue moins confortable. Des amateurs qui devraient se contenter de boire là ou on leur dit de boire se permettent d'étaler leurs préférences et parfois de dévier du droit chemin en appréciant, par exemple, des vins plus naturels Clin d'oeil.

Pour preuve, les joutes entre ce qui était lors de mes premiers pas dans le vin le meilleur journaliste viticole français, Michel Bettane et ce qui est encore le meilleur blogueur amateur, Olif.

Et voilà que tout récemment, l'ami Olif,remet le couvert et s'en prend cette fois à un autre bastion du journalisme viticole français, la RVF, la Revue Des Vins De France (RVF).

Il n'est pas le seul. A lire aussi, si vous avez le temps, les critiques et débats sur les guides qui sortent actuellement, le vert (celui de la RVF) ou le gris (Bettane). Sans rire cependant, le Gault et Millau et les autres doivent quand même un peu regretter de ne pas être concernés, car chaque pain reçu augmente un peu la visibilité du guide ;-). Et comme ils sortent actuellement, "critique de critique" est un sport de saison, sans risque.

Il est vrai qu'il n'est pas aisé pour une revue comme la RVF de concilier les exigences de l'amateur pointu et celles du lecteur plus désinvolte. Et quand la sauce est liée par la pub et par les annonceurs, beaucoup préfèrent, à tort, se limiter aux forums et blogs gratuits. Il est vrai aussi, nous l'avons vu plus haut, que le "pros" n'ont pas toujours vu d'un bon oeil l'émergence d'une vérité alternative, pourtant semée à l'époque par la RVF et son gaulois forum MagnumVinum (nous sommes tous des enfant de Magnumvinum;-).

Et pourtant, cela n'est-il pas complémentaire pour le vrai passionné, surtout si ces avis sont couplés à une dégustation chez son caviste préféré ;-))). Qui plus est, la RVF s'est bien remise en question et intègre maintenant plusieurs courants (dont le nature bio) pour offrir à ses lecteurs une vue globale et réelle du vin français, là ou d'autres donnent l'impression de n'intégrer que leur intégrisme et cassent du biocon pour éviter de se faire oublier.

A lire aussi le débat sur la soi-disant dictature du bon goût, en évitant si vous y arrivez, les frappes peu chirurgicales et ses dégâts collatéraux sur le bio. On y critique les critiques qui encensent, notamment, les vins du Sud qui seraient issus de raisins verts et renonceraient à leur typicité (la soi-disant verdeur des vins de Gauby dont je n'ai pourtant trouvé que peu de traces sur le net, à défaut d'avoir eu l'occasion de le vérifier dans le verre;-). J'ai eu beau chercher aussi un peu de verdure dans le classement de la RVF des 100 meilleures cuvées du Languedoc, des représentants de cette "école", je ne les ai pas trouvé. J'ai posé la question, j'attends toujours la réponse. Les critiques de critiques aimeraient-ils se faire des films? J'y ai par contre trouvé des vins du Sud qui ont de la fraîcheur et ça c'est plutôt bien non?

Pour info, ce classement, même s'il a, comme tout classement, ses limites, n'est pas mal torché. On y trouve toutes le tendances, même celle qui fait de la pub un peu plus loin dans le même journal, mais le lecteur attentif aura vite fait de trier. Pour ma part, même si je ne cautionne ni ne connaît toutes les cuvées citées, j'y retrouve quand même 10% de vins que j'aime et distribue, c'est plutôt bien non? En voici la liste, et pour coller à cette actualité, ils seront en dégustation à la boutique ce week-end des 28-29 août (voir la liste pus bas).

Voilà, j'ai à mon tour inventé une nouvelle catégorie de ce sport bien confortable, celle de critique de critique de critique ;-))).

Comme je viens d'acheter les deux guides en question (RVF et Bettane), je vais jouer dans toutes les catégories et je n'hésiterai pas non plus à vous dire ce que j'en pense, stay tuned ;-))

 

Les vins sélectionnés par la RVf et en dégustation ce week end à la boutique de l'odyssée  

 

74. Ultreïa 2005, syrah, grenache, mourvèdre, Mas de Martin 
Une dominante de syrah, complétée de grenache et de mourvèdre qui ne renie pas son élevage; mais la matière est dense, suave, harmonieuse. Fruits noirs, moka, épices, tannins qui se fondent, sans lourdeur, cela se laisse déjà bien boire, mais elle sera au top d’ici 5 à 6 ans.

66. Acutum, Mas de Cynanque
C’est la cuvée acutum qui est sélectionnée dans le palmarès, il m’en reste quelques bouteilles de 2004 et de 2005, superbes. Mais nous allons aller à la découverte d’une autre cuvée, peut-être encore plus proche de son sol que l’acutum, c’est la cuvée Plein Grès 2006 à base de syrah (30%), grenache (10), carignan (30) et mourvèdre (30) . Tout en retenue, assez ferme, minérale, sans élevage en bois, elle commence à se livrer, pour vous et offre un rapport Q/P exceptionnel.

44. Terre Inconnue
C’est la cuvée Sylvie qui est sélectionnée, mais toutes devraient s’y trouver. Hélas, elles ne sont pas encore arrivées à Pécrot, mais vous pouvez les réserver (surtout lcette superbe syrah qu’est Sylvie)

30. L’As 2005, syrah – grenache, Mas conscience 
Encore une dominante de Syrah tout en fraîcheur. L’élevage se fond bien, et les arômes sauvages de fruits rouges, de viande et d’épices nous charment. Les tannins assurent encore une bonne garde mais n’empêche pas de se régaler, que du contraire.

24. Les Schistes 2007, grenache–syrah,  Borie la vitarèle 
Borie la Vitarele est un des seuls domaines avec Barral à classer deux cuvées dans ce top 100, bravo! Celle-ci est un classique qui donne toujours un vin élégant mais profond et bien fruité. 2007 est très réussi, même si je conseillerais de boire maintenant 2004, voire 2006 (il m’en reste un peu) et d’encaver celui-ci quelques années.

23. Le Vin Maghani 2005, mourvèdre-syrah, Canet Valette 
Un des grands classiques du Languedoc dont je vous avait proposé le 2001 à mes débuts. J’ai reflashé sur ce 2005, au nez enjôleur, d’épices, de lard fumé et de fruits macérés, déjà d’une grande complexité et de grande longueur. Son corps composé de mourvèdre et de syrah est ferme et taillé pour la garde, mais on pourra déjà le placer à table cet hiver.

17. Jadis 2006, syrah- carignan, Léon Barral 
Barral, il fait couler autant d’encre que ses vins coulent facilement dans nos gosiers. Je vais découvrir avec vous ce nouveau millésime 2006. Pour ceux qui aiment, j’ai encore des magnum de 2005 ;-)

6. Les Crès 2004, Borie la Vitarèle
Une cuvée que je suis régulièrement depuis 2001 et qui ne m’a jamais déçu. Le 2001 est encensé dans la RVF, il m’en reste quelques bouteilles. Nous allons déguster le 2004 qui allie élégance et fond. C’est d’ailleurs un coureur de fond que vous pouvez entraîner pendant de longues années. Note fruitée (un peu framboise), lardée, épicée et truffée, déjà d’une belle complexité. Carafer le pour dompter un peu ses tannins, encore un vin qui fera merveille à table sur un magret de canard ou un beau chevreuil.

5. Valinière 2005, mourvèdre, Leon Barral 
J’ouvre ou j’ouvre pas, allez j’ouvre!

Voici ce qu’en dit la RVF “ A dominante de mourvèdre, la cuvée Valinière définit la justesse et l’originalité de l’approche de Didier Barral. La profondeur et la nervosité de sève du 2005 révèlent un potentiel impressionnant. L’acidité volatile peut déranger, mais elle sert une palette aromatique (poivre, cacao, rose, thgym) et se trouve transfigurée à table. 17/20”

2. Syrah Leone 2002, Peyre Rose 
Je ne le distribue hélas que ponctuellement, quand l'occasion se présente. Là il ne m’en reste plus que deux bouteilles, que je réserve à ceux qui auront apprécié les autres cuvées ;-)))

 

 

 

 

 

21/07/2009

La GRÊLE


Ces quelques photos sont éloquentes, une pensée pour les agriculteurs et les vignerons qui souffrent le plus de ces aléas climatiques ...

 

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22:47 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

01/07/2009

WEEK-END VIGNERONS: Quelques photos

Un soleil radieux nécessitant de jongler en permanence avec les températures de vins, des amis habitués, des nouveaux sympas, quelques curieux, notre troisième anniversaire en présence de quatre vignerons exceptionnels a, je crois, séduit tous les participants.

Au four et au moulin, ou plutôt au épices et au vin, ce sont mes enfants qui se sont chargés des photos. Ils se sont plutôt bien débrouillés, en voici quelques unes.

Fanfan Ganevat était en belle forme, mais ses vins l'était encore plus. Des blancs 2006 au top, des rouges 2007 qui s'affinent (du fruit plaisir en bouteille), et des échantillons blancs 2007 qui laissent augurer d'un millésime plus droit, salin et minéral. Alors que la qualité est là depuis le début, on a l'impression que, faisant fi de la celle du millésime, ses vins progressent d'années en années. 

Jérôme des Clapas faisait le déplacement pour la première fois en Belgique, et c'est bien sûr la boutique de l'Odyssée qu'il a choisi comme point de chute. La aussi, malgré les températures, les vins déployaient toute leur fraîcheur et fruit. Un "Java" comme un coulis de fraise légèrement acidulé, l'"En avant doute" comme une caresse, le "Pas à pas" appelant déjà le méchoui, et le blanc "Ivraie" d'ugni aux arômes de viognier, une petite friandise. Bravo Jérôme, qui nous a en plus séduit par ses talents de chanteur. Il connaît Brassens par coeur, accompagné de Claude Manesse à la guitare, nous avons eu droit à un "Gare au (poivre des) Gorilles" d'anthologie. 

 

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Que dire du "noune", Georges Descombes, si ce n'est que les compliments pleuvaient sur la qualité de ses Beaujolais. Certains croient encore que le Beaujolais se limite au Beaujolais nouveau de synthèse, mais notre travail de fond commence à porter ses fruits. Ouf! Au sommet ses deux Morgon, le 2007 et le Vieilles Vignes 2006, sans oublier, le petnat bien frappé Mandibulles. 

Petit mot sur le geste ci-dessous, qui a été répété 5833 fois si j'ai bien compté, mais j'étais parfois débordé il est vrai. Bon je dois encore faire les comptes mais quand je vois le nombre de cadavres, j'ai des craintes Clin d'oeil.

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Enfin, il y avait René Mosse, le vigneron au regard revolver, dont les vins sont de petites tueries! Une gamme impeccable avec de mon côté un grand faible pour le "moussamoussettes", le super "gros" à base de Grolleau 2007, l'Anjou rouge 2007, sans doute le meilleur de la région et puis les Bonnes Blanches 2007, une petit diamant qu'il faudra caché quelques années avant de le sertir de vos lèvres.

 

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Et puis il y avait aussi de la bière, de la Saison Dupont bio, de la Moinette bio, mais aussi, offerte par Andrea Calek, vigneron tchèque ardéchois (géniteur de Babiole notamment), un petit fût de Pilsener Urquell, qui nous a bien étanché la soif le vendredi soir, merci à lui d'avoir voulu être présent par ce biais à cet anniversaire.

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La dégustation des vins s'est déroulée pour la première fois en extérieur, dans le jardin, sous une tonnelle amicalement prêtée par le café du village le "Val Fleuri". Encore merci à Patrick et sa bande! Et puis tant qu'on est dans les remerciements, les tables venaient de l'autre café, le "Guet à Pintes" et les chaises de "Biosphère", merci à eux, voilà, vous savez tout Clin d'oeil

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Pour sustenter tout ce petit monde et quelques amis, nous avons fait le méchoui traditionnel (c'est la deuxième annéeClin d'oeil), arrosé de multiples cuvées apportées par les invités. Rassurez vous on a aussi beaucoup craché Innocent.

Impossible de tout citer, mais il y avait tellment de bonnes quilles, et pas mal m'ont bien marquées.

Tout d'abord, le sommet de la soirée, le Vin Jaune 1990 de Pierre Overnoy, un vin magique, d'une densité et d'une longueur extraordinaire, c'est lui qui m'avait fait dire il y a quelques années "J'ai bu le meilleur vin blanc de ma vie et c'est un vin Jaune". Et bien, à l'aveugle, il était largement à la hauteur de sa réputation, doté d'une minéralité exacerbée, moins curry que des vins jaunes classiques, superbe. Merci à PY et Philippe de l'avoir choisi dans ma caveClin d'oeil

Pas loin, il y avait un autre Overnoy, un savagnin ouillé 1996, entre oxydation et fruit, avec ces arômes de pierre humide, de gentiane, c'était du tout tout bon. Côte à côte, il y avait la cuvée "Marguerite" de melon à queue rouge de Fanfan Ganevat, riche mais qui a gagné en tension depuis un an, superbe; et puis Marie Besnard 2005 de Mosse, pas trop typée chenin (je ne l'ai pas reconnuClin d'oeil), plus complexe, avec des arômes d'ananas, de caillou, et une très belle longueur. Au moins à ce niveau, La Lune 2004 de Mark Angéli, à la fois tendue et digeste, et cette finale un peu saline, miam! Dans un style très mûr et épanoui, le superbe Riesling Muenchberg 2001 de Patric Meyer, a eu ses aficionados, dont je suis! Très beau Barral Blanc 2006 également, plus consensuel qu'avant peut-être, mais très très bon!

Il y avait aussi quelques rouges, mais bien moins que des blancs, étonnant. Mention plus que spéciale pour la superbe Mémé 99 de Gramenon, qui ne faisaient pas son âge, entre arômes tertiaires et épices diverses, suavité, équilibre, grand! Dans un style proche, je n'ai eu aucun problème à reconnaître le beau pinot noir Bildstocklé 2006 de Bruno Schueller, on peut encore garder, mais allier profondeur, naturel, complexité et buvabilité à ce niveau relève de l'exploit.

Pour terminer, après un excellent rosé "Ma terre" de notre ami Henri Milan, un Poulsard 2008 d'Overnoy a séduit les derniers survivants, qui se sont ensuite calmés pour déguster gentiment un superbe Champagne Beaufort, miam et remiam!

 

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Voilà, vivement l'année prochaine, même si d'ici là il y aura encore de nombreuses activités et dégustations. En tout cas, votre serviteur vous remercie pour vos encouragements à garder cette belle aventure vivante!

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23/06/2009

26-27 JUIN, WEEK-END VIGNERON!

 

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Le week-end prochain, les vendredi 26 et samedi 27 juin, à Pécrot (Grez-Doiceau), la boutique de l'Odyssée des arômes, fêtera, en présence de vignerons, son troisième millésime. Venez nombreux, parlez-en autour de vous, on vous attend! Des questions, un mail (laurent@truegreatwines.com) ou mon gsm, 0478 82 16 36. Il y aura aussi nos épices, nos poivres sauvages, nos huiles essentielles et de gastronomie, nos thés de Chine ou du japon, nos multiples curry, et quelques superbes nouveautés, comme cette fabuleuse poudre de feuilles de poivrier de Tasmanie. Venez!

Et oui, déjà trois ans écoulés depuis que nous avons transformé "temporairement" notre salon en boutique; et près de 6 ans que nous tentons de vous faire découvrir de petits producteurs, bios, talentueux et passionnés. Le temps s'écoulerait-il aussi vite qu'un vin sans soufre dans notre gosier? La aussi, ne devrait-on pas imposer la mention "avec modération"! Clin d'oeil

Quoi-qu'il en soit, nous y sommes, et j'en suis très heureux; très heureux aussi de vous faire découvrir Jérôme Jouret, du domaine des Clapas, en Ardèche, dans la vallée de l'Ibie, à Villeneuve de Berg. Il en est, lui aussi, à son troisième millésime, le 2008, que vous allez pouvoir déguster. En conversion bio, il travaille ses vins, issus pour la plupart de coteaux argilo-calcaire, dans un registre sans soufre, très pur! Des cuvées de rouge, aux arômes fruités, floraux, gouleyantes (Java), suaves (En Avant Doute, grenache) ou plus structurées (Pas à Pas, carignan-alicante). Il nous propose aussi un blanc très chouette, l'ivraie, qu'il a réussit à séparer du bon grain ;-). C'est un 100 % ugni blanc qu'il a mis en bouteilles sans SO2, attention, je n'en ai que 6 caisses. Les prix sont angéliques, tout en dessous de 10 €. J'étais le premier à l'avoir en Belgique (merci Gaëtan;-), et sa première visite est pour nous, ne la loupez pas!

 

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Pour faire le poids face à ce jeune talent, j'ai fait appel à une équipe de choc. Dans les buts, je n'ai mis personne, car vu le profil de ces vignerons, c'est pas à du foot qu'il faut s'attendre, mais à du Rugby Langue tirée.  Comme piliers, il y aura à droite, René "cabernet" Mosse, de St Lambert du Lattay en Anjou. En bio depuis belle lurette, il nous proposera ses 2007 à la dégustation, je les ai goûté à Angers cet Hiver, c'était déjà bon! Si les blancs doivent encore se faire un peu (quoique les Bonnes Blanches sont déjà magiques...), les rouges sont d'un croquant extraordinaire. René "cabernet" assume encore une fois son surnom avec talent, pour proposer un vin, encore une fois en phase avec le meilleur du millésime. Après un 2005 baroque, très mûr, avec 2 sucres résiduels (je les ai comptés ;-) mais doté d'une superbe acidité, un 2006 qui entrera dans la légende dans quelques années, voici un 2007 bienvenu, dense, aux tannins déjà abordables, et au fruité adorable. A boire en attendant les 2006 et 2004, c'est un vrai coup de coeur. Et puis il y aura aussi le bien nommé "Gros", à base de grolleau, une friandise pour adulte! Un autre beau reportage sur le blog de la pipette!

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A gauche, vous trouvereGeorges "noune" Descombes, fer de lance du Beaujolais naturel. Troisième visite également pour le "noune", qui nous fera une petite verticale du Beaujolais, avec du Brouilly Vieilles Vignes 2005, du Morgon Vieiilles Vignes 2006 et du Chiroubles Vieilles Vignes 2007. Plus du petnat, du rosé et une ou deux cuvées de soif. Des Beaujolais de haute volée, on va se régaler!

 

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Enfin, aux autres postes, à l'avant, ou comme talonneur, au four comme au moulin, il y auraJean-François "talon" Ganevat, dit aussi Fanfan, en importation direct du profond Jura. Lui, c'est déjà sa onzième visite dans ce petit bled de Pécrot. Au programme, les 2007, en blanc comme en rouge, et sans doute encore des nouveautés dont il a le secret. Malgré sa renommée croissante, le pèlerinage de Pécrot lui est indispensable. Ses 2007 sont superbes, en rouge, tout en fruit (ah ce pinot noir à se damner!), les blancs sont rectilignes, cristallins, de toute beauté. Révélation 2009 chez Bettane et Gault et Millau, il truste encore les premières places dans le dernier N° de la RVf consacré au millésime 2008, où il est coup de coeur! Mais attendons patiemment ces 2008, et profitons des derniers 2006 et réservons d'abord les 2007, n'accélérons pas le temps inutilement Clin d'oeil

Allez, à la semaine prochaine!

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07:51 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : ganevat, mosse, descombes, clapas |  Facebook |

20/06/2009

26-27 JUIN, WEEK-END VIGNERON!

 

afficheete2009

 

Le week-end prochain, les vendredi 26 et samedi 27 juin, à Pécrot (Grez-Doiceau), la boutique de l'Odyssée des arômes, fêtera, en présence de vignerons, son troisième millésime. Venez nombreux, parlez-en autour de vous, on vous attend! Des questions, un mail (laurent@truegreatwines.com) ou mon gsm, 0478 82 16 36. Il y aura aussi nos épices, nos poivres sauvages, nos huiles essentielles et de gastronomie, nos thés de Chine ou du japon, nos multiples curry, et quelques superbes nouveautés, comme cette fabuleuse poudre de feuilles de poivrier de Tasmanie. Venez!

Et oui, déjà trois ans écoulés depuis que nous avons transformé "temporairement" notre salon en boutique; et près de 6 ans que nous tentons de vous faire découvrir de petits producteurs, bios, talentueux et passionnés. Le temps s'écoulerait-il aussi vite qu'un vin sans soufre dans notre gosier? La aussi, ne devrait-on pas imposer la mention "avec modération"! Clin d'oeil

Quoi-qu'il en soit, nous y sommes, et j'en suis très heureux; très heureux aussi de vous faire découvrir Jérôme Jouret, du domaine des Clapas, en Ardèche, dans la vallée de l'Ibie, à Villeneuve de Berg. Il en est, lui aussi, à son troisième millésime, le 2008, que vous allez pouvoir déguster. En conversion bio, il travaille ses vins, issus pour la plupart de coteaux argilo-calcaire, dans un registre sans soufre, très pur! Des cuvées de rouge, aux arômes fruités, floraux, gouleyantes (Java), suaves (En Avant Doute, grenache) ou plus structurées (Pas à Pas, carignan-alicante). Il nous propose aussi un blanc très chouette, l'ivraie, qu'il a réussit à séparer du bon grain ;-). C'est un 100 % ugni blanc qu'il a mis en bouteilles sans SO2, attention, je n'en ai que 6 caisses. Les prix sont angéliques, tout en dessous de 10 €. J'étais le premier à l'avoir en Belgique (merci Gaëtan;-), et sa première visite est pour nous, ne la loupez pas!

 

clapas

 

Pour faire le poids face à ce jeune talent, j'ai fait appel à une équipe de choc. Dans les buts, je n'ai mis personne, car vu le profil de ces vignerons, c'est pas à du foot qu'il faut s'attendre, mais à du Rugby Langue tirée.  Comme piliers, il y aura à droite, René "cabernet" Mosse, de St Lambert du Lattay en Anjou. En bio depuis belle lurette, il nous proposera ses 2007 à la dégustation, je les ai goûté à Angers cet Hiver, c'était déjà bon! Si les blancs doivent encore se faire un peu (quoique les Bonnes Blanches sont déjà magiques...), les rouges sont d'un croquant extraordinaire. René "cabernet" assume encore une fois son surnom avec talent, pour proposer un vin, encore une fois en phase avec le meilleur du millésime. Après un 2005 baroque, très mûr, avec 2 sucres résiduels (je les ai comptés ;-) mais doté d'une superbe acidité, un 2006 qui entrera dans la légende dans quelques années, voici un 2007 bienvenu, dense, aux tannins déjà abordables, et au fruité adorable. A boire en attendant les 2006 et 2004, c'est un vrai coup de coeur. Et puis il y aura aussi le bien nommé "Gros", à base de grolleau, une friandise pour adulte! Un autre beau reportage sur le blog de la pipette!

divecigare

A gauche, vous trouverez Georges "noune" Descombes, fer de lance du Beaujolais naturel. Troisième visite également pour le "noune", qui nous fera une petite verticale du Beaujolais, avec du Brouilly Vieilles Vignes 2005, du Morgon Vieiilles Vignes 2006 et du Chiroubles Vieilles Vignes 2007. Plus du petnat, du rosé et une ou deux cuvées de soif. Des Beaujolais de haute volée, on va se régaler!

 

noune_fanfan

 

Enfin, aux autres postes, à l'avant, ou comme talonneur, au four comme au moulin, il y aura Jean-François "talon" Ganevat, dit aussi Fanfan, en importation direct du profond Jura. Lui, c'est déjà sa onzième visite dans ce petit bled de Pécrot. Au programme, les 2007, en blanc comme en rouge, et sans doute encore des nouveautés dont il a le secret. Malgré sa renommée croissante, le pèlerinage de Pécrot lui est indispensable. Ses 2007 sont superbes, en rouge, tout en fruit (ah ce pinot noir à se damner!), les blancs sont rectilignes, cristallins, de toute beauté. Révélation 2009 chez Bettane et Gault et Millau, il truste encore les premières places dans le dernier N° de la RVf consacré au millésime 2008, où il est coup de coeur! Mais attendons patiemment ces 2008, et profitons des derniers 2006 et réservons d'abord les 2007, n'accélérons pas le temps inutilement Clin d'oeil

Allez, à la semaine prochaine!

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21:07 Écrit par Laurent dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ganevat, mosse, descombes, clapas |  Facebook |

18/06/2009

SCHISTES OU CALCAIRE (I): ALSACE

Et vous, plutôt schiste ou calcaire? Dans la littérature de vulgarisation, on présente souvent les vins issus de terroirs "calcaire" comme étant plus puissants (surtout si le calcaire s'accompagne d'argile), tanniques, dotés d'une acidité minérale et de bonne garde, tandis que les vins de schistes seraient plus élégants, fins, longilignes, aux tannins soyeux et plus rapidement à leur apogée. Dans ma petite tête, j'associais aussi le schiste du Sud avec le côté juteux et "buvable" d'un Jadis de Leon Barral, j'avais d'ailleurs cru reconnaître à raison cette parenté avec la cuvée la Sylve du Mas Lumen, dont le terroir est également à base de schiste. D'autres y trouvent des arômes minéraux, fumés, de caillou, de goudron, que sais-je encore?  Ben nous, pour en avoir le coeur net, nous nous sommes plongés, au propre comme au figuré dans une bonne quinzaine de cuvées survolant les différents terroirs ou l'on rencontre du schiste ou du calcaire, d'Anjou à Vovray, de Faugères à St Chinian, du Kastelberg au Moenchberg en passant par Nuits St Georges, appétissant n'est-il pas,

PAIRE 1 (Groupe 1: le 2006, Groupe 2: le 2005)

ALSACE, Riesling Grand Cru, Moenchberg, 2006-2005, Rémy Gresser

Le Moenchberg, est un grand cru de 11,83 ha, dont le sol est assez varié, plutôt argilo-limoneux, mais avce pas mal de calcaire; la parcelle de Rémy Gresser est à dominante de calcaire fossilisé. Ce 2006 est assez fruité, sur l'ananas, en demi-corps, avec quelques sucres résiduels, une bonne acidité mais pas très long. Vin correct. Le 2005 est dans la même veine, mais en plus de tout, déjà ouvert, il vieillira très bien, très bon vin, un peu dans le style des Schaetzel.

ALSACE, Riesling Grand Cru, Kastelberg, 2006-2005, Rémy Gresser

Petit Grand Cru de 5,82 ha, le vignoble du Kastelberg est exposé Sud-Est et est composé de schistes de Steige, des schistes noirs, riches en minéraux et pratiquement sans argile. Ce 2006 est déjà très ouvert au nez, sur des notes minérales plus complexes que le simple "pétrôle", un peu musquées. La bouche est élégante, assez concentrée, de bonne longueur, mais avec une acidité en retrait. Beau Vin, original et bon! Le 2005 est hélas bouchonné, mais semblait prometteur, avec ses arômes musqués, de lavande, de résine. Dommage!

schistekastelberg

 

 

Ce qui frappe entre ces deux terroirs, c'est le nez, fruité sur le Moenchberg et minéral sur le Kastelberg. Ensuite, la grosse différence vient de l'acidité, assez marquée dans le Moenchberg et nettement moins dans l'autre. Par contre, il glisse tout seul, et joue sur l'élégance, alors que le Moenchberg est plus sur la puissance (le 2005 en tout cas). Super intéressant, la suite bientôt ...

schiste

 

 

07/06/2009

SANS SOUFRE, LA CONFIRMATION

Petit voyage express en Ardèche et dans le Rhône, de Cornas à Châteauneuf du Pape pour visiter mes vignerons préférés et remonter en Belgique leurs meilleurs cuvées. Un périple qui me mène du domaine des Clapas, à celui d'Andrea Calek; du domaine du Coulet de Matthieu Barret en Cornas (une révélation enfin mentionnée dans la RVF, les autres guides cherchent encore ;-), à celui d'Hervé Souhaut à Arlebosc ou au  domaine des Amphores à Saint Joseph, sans oublier Berthet Rayne à Châteauneuf du Pape. Je ne vais pas vous conter ce périple, mais simplement vous rapporter un petit test de dégustation effectué à l'aveugle en présence de Jérôme Jouret du domaine des Clapas et d'Andréa Calek. En fin de repas, Jérôme propose que nous comparions deux vins, même cuvée, une sans sulfite ajouté, et l'autre avec seulement 35 mg/l à la mise en bouteille. 

Jérôme et moi sommes confiants, ma petite expérience m'a déjà permis de comparer quelques cuvées avec et sans soufre, et la différence a toujours été nette; je suis même prêt à arrêter mon activité si je me trompe, Jérôme n'est pas loin de dire la même chose ;-).

Il s'agit de la cuvée En avant doute 2007; le premier verre offre un nez explosif, sur le fruit, des notes de fleur, très pur. Le deuxième est plus fermé, sans ces notes florales, plus sur le fruit. La bouche est également très différente, le premeir est délié, juteux, avec du volume; le deuxième parait un peu plus acide, tendu avec un peu de sécheresse. Ce sont deux bons vins, mais sans hésiter, nous désignons, de concert, le premier comme étant celui sans soufre, car meilleur! Bingo!, Une fois encore la démonstration de la qualité supéreure du vin sans sulfite "réussi" sur le même légèrement sulfité est faite. A bon entendeur ;-)!

 

09:35 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : clapas, sulfite |  Facebook |

30/05/2009

HISTOIRE DE ROSE, COUPEZ!

Ah, le rosé, "Bruxelles" veut nous saccager notre rosé en permettant le coupage de vin blanc avec du vin rouge, quel scandale!

Ce que l'on sait moins, c'est que le "coupage" est déjà autorisé, en champagne par exemple, ou la majorité des rosés, en général plus chers que les blancs, sont des mélanges de vin rouge et blanc. Même dans les appellations, il est parfois autorisé d'utiliser des cépages blancs dans l'assemblage de certains rosés; par exemple Bandol, comme je le lis sur ce site. Ces vins sont-ils moins bons, pas sûr; différents, sans doute.

Si je suis pour la transparence et si je crois donc que le coupage devraient être indiqué sur la contre-étiquette, je suis pourtant persuadé que le scandale est ailleurs!

Et comme j'aime joindre l'inutile à l'agréable, cette semaine, lors d'une dégustation initiatique à la Provence, j'en ai profité pour tester des rosés et d'y gliser un petit pirate de mon cru.

Château (j'évite de citer le nom, laissant le bénéfice du doute au producteur), Côte de Provence Sainte Victoire, 2007

La robe est claire, très claire. Le nez respire le fruit de la passion pas très mûr, notes chimiques de banane synthétique. La bouche manque d'acidité, on goûte l'alcool, c'est creux, court, flagrant délit de manque de raisin. Un bel exemple de vacuité gustative. Ce vin a vite été surnommé château "mal de crâne". 

Coupage de blancs et de rouge

Pour celui-ci, j'ai rapidement pris quelques fonds de bouteilles de vin blanc qui traînaient dans mon frigo et j'y ai rajouté quelques gouttes de mon super Montepulciano d'Abbruzzo. Comme dans la pub, c'est incroyable, quelques gouttes suffisent pour donner au tout une belle couleur rosée. Son nez est plus fruité, fraise, framboise, nettement moins chimique que le précédent; très agréable. La bouche est aussi plus dense, avec de la matière, de la longueur, du raisin quoi! Un peu trop acide cependant, mais cela montre bien qu'on peut sans problème, réalisé un bon rosé par coupage; le tout c'est surtout d'avoir du bon raisin et du bon vin au départ. CQFD.   

Le scandale, il est surtout dans l'agrément de ce vin en AOC, qui plus est en AOC "supérieure" Sainte Victoire, qui devrait être un gage de qualité et de reflet de ce superbe terroir. Cerise sur le gâteau, ce vin a reçu la médaille d'or au concours de, médaille d'or de plus grand foutage de gueule, oui!

Heureusement, la Provence peut aussi nous offrir de superbes rosés, comme en témoigne la suite de la dégustation. 

Coteaux d'Aix en Provence, Château Saint Anne, 2007

A dominante de cinsault, avec un peu de mourvèdre et grenache, la robe est aussi claire, saumonnée. Le nez est aussi sur des arômes fermentaires (banane, ..) mais avce des notes florales, fruitées primaires, bref, plus de complexité. Quelques bulles agrémentent l'attaque, souple, bien plus dense que le rosé STe Victoire, croquante à souhait. Un rosé typé rosé, mais un très bon rosé. Et oui, faire du bon rosé, c'est possible! 

Bandol, Mourvèdre 40, Grenache30, Cinsault30, Château Saint Anne, 2003

Je ne m'attarde que trop rarement sur le plaisir de la robe. mais celle-ci est superbe, tendance pelure d'oignon, avec des reflets or, superbe. Le nez est aussi intéressant, sur les épices, la fraise, la rose fanée. En bouche c'est un peu moins bien, en raison d'un petit manque d'acidité, millésime oblige. Une petite note liégeuse également, mais il y a de la matière et de la longueur. Un rosé de gastronomie, à revoir aussi dans un autre millésime!

Vin de Table, Ma Terre, Grenache, Merlot, Syrah, Domaine Milan, 2008

Robe très dense pour un rosé, au nez puissant, fruité, rappelant étrangement le grand blanc, mais avec des notes de fraises mûres, un nez de Milan, quoi! La bouche est charnue, croquante, gourmande, puissante mais équilibrée, de grande soif et de gastronomie, un accord parfait avec une bonne "gueule d'amour"!  Coup de coeur général, à ne pas rater!!

Amusant toujours de voir que le vin le mieux apprécié est un vin de table, et le plus détesté un vin d'appellation "villages". Beau pied de nez qui relativise bien cette "bataille" contre le rosé de coupage. Commençons par faire de bons rosés, et le consommateur trouvera bien son chemin. Je suis toutefois pour la transparence et une indication du procédé de fabrication serait bien utile (rosé de coupage, de saignée, de pressurage direct, ..). Après, au consommateur de choisir!


20/05/2009

La SYRAH, AH ça IRA (I)

Deux ateliers consécutifs consacrés à la syrah, et une pléthore de belles cuvées d'origine très diverses, pour un cépage originaire d'Ardèche, et non de Shiraz en Iran, ni même de Syracuse! Pour la théorie, il faut assister à l'atelier, pour la pratique virtuelle, c'est ici;-). C'est parti!

ARDECHE: Châton de Garde 2007, Syrah, sans soufre ajouté, Andrea Calek (Atelier 1- Atelier 2)

Une de mes cuvées préférées, proposée par Andrea, qui travaille également au Mas de Mazel. C'est du sans soufre soigné! Nez un peu lacté, fruits noirs très mûrs, un peu solaire. La bouche est ronde, soyeuse, fruitée, la finale sur le chocolat noir. C'est un peu fermé, ou plutôt la cuvée se referme; car il y a quelques mois elle resplendissait. Nettement plus expressif le lendemain, il faut maintenant l'oublier ou la carafer longuement.

ARDECHE: Syrah 2007, Hervé Souhaut, Romaneaux Destezet (1-2)

Robe plus claire, nez plus expressif, nettement poivré, balsamique, avec quelques notes végétales pas dérangeantes. L'attaque est un peu dure, mais le milieu de bouche est tout en dentelle, on salive allègrement. Le vin prend du volume à l'aération. 

C'est dingue la différence entre ces deux cuvées, alors les vignobles ne sont situés qu'à quelques dizaines de km. Deux belles expressions de syrah.

SAVOIE: Harmonie, Cru Arbin 2005, Mondeuse, Charles Trosset & Fils (1-2)

Robe sombre, nez fruité lacté (yaourt aux myrtilles), notes florales, de gentiane à l'aération. Je l'ai cependant connu plus ouvert. La bouche est un peu dure, avec de l'acidité mais un peu austère. Le vin prend aussi de l'ampleur à l'aération. Un beau vin, mais un peu strict. Egalement en phase de fermeture, sans doute.

ARDECHE: Cuvée ST Philippe 2005, Syrah, Sans Soufre ajouté, Mas de Mazel (1 - 2)

Robe bien sombre également, mais c'est le nez qui attire l'attention. Animal (bret), vernis (volatile), pomme verte (ethanal), il semble cumuler les défauts de l'oenologie modene. Il rebute d'ailleurs certains que je convainc pourtant d'y porter les lèvres. Et là, tout le monde se met d'accord, la mondeuse est explosée par l'éclat du fruit du Mas; par sa gourmandise, par son jus, par sa fraîcheur. Etonnamment, elle fera presque l'unanimité. L'aération lui est aussi favorable au niveau aromatique, tout comme un carafage vigoureux aurait été souhaité. Un exemple d'école de l'effet "vin naturel" sur la perception du vin! 

 

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LANGUEDOC, Coteaux du Languedoc, Pleine Lune 2002, Syrah, Beau-Thorey

Qui a dit que 2002 était un millémime pourri. Pas chez Christophe Beau en tout cas. La robe est noire, le nez sur la réduction, mais nettement moins qu'il y a quelques années. C'est sauvage, c'est floral, mentholé, avec des notes fumées, c'est bien de la syrah! Une bouche fraîche, avec de l'acidité, en demi corps, mais non dénuée de longueur, ni de mâche. Les avis sont partagés, certains se régalent et d'autres recherchent plus de matière.

ROUSSILLON, Côtes du Roussillon Villages, Romain Mercier 2002, Syrah grenache, Domaine Joliette (1 -2)

Au premier nez, certains prennent l'avion pour le nouveau monde, et oui, le boisé est encore un peu marqué. Heureusement, des la première gorgée, ils font demi-tour et reviennent en France, mais dans le Sud. Derrière le bois vanillé, il y a du fruit, très mûr, et dans le fruit, savez vous ce qu'il y a? Encore un peu de tannins, mais assez soyeux; un petti creux en milieu de bouche mlarque le millésime. Une bouteille sympa pour qui n'a pas peur de se promener dans les bois;-).

AFRIQUE du SUD, Syrah Elim 2007, Standveld Vineyards (1)

Nez très vanillé, un peu brûlé, arômes de garrigue et de fruit hyper mûr, c'est assez caricatural, malgré une belle matière. Ce 'est pourtant pas trop chaud, ce sont vraiment les arômes qui sont écoeurants. Car là, on prend l'avion et on va loin, très loin. Un peu indigeste dira-t-on...

RHÔNE, Saint-Joseph Saint Epine, Syrah, Hervé Souhaut, Romaneaux Destezet (1)

Robe sombre mais pas noire. Le nez est délicat, et le contraste avec l'autre vin est sidérant. Ici, c'est floral, avec mêmes quelques notes d'agrumes. C'est tout en dentelle, pas en puissance ni en matière. C'est aérien, il y a de la longueur de saveur, mais pas d'alcool; mais ce pas assez expressif pour certains, et pourtant ...

 

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La suite très bientôt, les meilleures bouteilles arrivent!!!!

 

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18/04/2009

EFFET MILLESIME (Les Rouges)

On passe aux rouges et nous abordons une de mes régions préférées, le Beaujolais. Dans cet océan de médiocrité, il y a quelques perles et nous allons nous lancer sans crainte dans l'appréciation d'une trilogie de Moulin à Vent, ceux de Michel Guignier. Découvert il y a quelques années, Michel travaille en bio(dynamie) et vinifie avec peu ou pas de sulfites. Conjugué à de petits rendements et un bon terroir, cela donne d'excellents vins, il me semble en progrès constant. Nous allons le vérifier. En terme de millésimes, ils sont proches en qualité de la Bourgogne. 2004 difficile, 2005 parfait, 2006 un peu généreux mais déjà très agréable.

BEAUJOLAIS, Moulin à Vent 2004-2005-2006, Michel Guignier (Groupe 1-2)

Les robes sont bien différentes, le 2004 étant sans surprise plus clair. Des arômes de poivre long, de terre et de sous bois s'en dégagent aisément. La bouche est assez acide, le fruit sur la groseille, les tannins encore présents mais souples. L'évolution est à la limite du végétal, agréable, mais végétal quand même, témoignant d'un léger ma,que de maturité. Un vin pour la table. Le 2005 est tout son contraire, fruit noirs, violette, graphite, légères notes animales, épicé. Bouche encore un peu fermée, avec un beau jus en milieu de bouche mais des tannins encore un peu bourrus. A attendre encore. Ah le plaisir de beaucoup de 2006, il est actuel. Son nez est plus subtil, avec des notes sanguines, de fer, de fleur. Une bouche élégante, fruitée, aux tannins plus veloutés. C'est moins puissant mais très bien équilibré, dans un style très nature. Beau vin. Mêmes appréciations dans le deuxième groupe excepté le 2006, légèrement bouchonné, mais nous 'lavons remplacé.

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BOURGOGNE, Marsannay Les Favières, 2003-2004, Olivier Guyot (Groupe 1-2)

Un terroir en bas de coteaux, le 2004 avait, à sa sortie, été sélectionné dans la revue des vins de France. La différence de robe est évidente, un peu plus colorée dans le 2003. So nez est aussi plus fin, avce des notes florales qui se mêlent à d'autres plus giboyeuses. la bouche est suave, il reste encore quelques tannins, mais il ne sont pas secs contrairement à beaucoup de vins de ce millésime. Une bouteille plaisir pour le moment. Le 2004 est plus poivré au nez, épicé, minéral, avec une petite note de fût. Il possède plus de mâche, plus d'acidité et un peu de dureté, mais l'équilibre est là. A attendre encore un peu et à réserver pour la table, mais le petit déficit de maturité ne sera jamais comblé.

Avec les fromages divers, nous goûtons deux pinot noir, un d'Alsace et un de Bourgogne, et de millésime différents, pour voir.

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ALSACE, Pinot Noir 2006, Bruno Schueller (Groupe 1-2)

Robe à peine évoluée, le vin est en pleine forme. Nez puissant de rose, d'encens, d'épices, très nature nature. la bouche est un peu perlante, mais cela ne fait qu'ajouter à la gourmandise. On aime ou pas ce style, moi j'adore, et au vu du degré d'évaporation du vin dans les verres, je ne suis pas le seul. Superbe.

BOURGOGNE, Pinot Noir 2004, Abbaye du Petit Quincy (Groupe 1-2)

Robe groseille et en trouvera aussi en bouche, Très tytpique du millésime 2004 dans un recoin encore plus septentrional, Dominique Gruhier limité bien les dégâts. Le vin est à la hauteur, même s'il n'évite pas les notes de rafles et une acidité tranchante. Sur les fromages, c'est toutefois parfait, car le fruit ressort et l'acidité nettoie la bouche.

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PROVENCE, Baux de Provence, Clos Milan 2001-2002-2004, Henri Milan (Groupe 1-2)

Un cuvée mythique pour moi, et dans 3 millésimes, le rêve!

Les 3 cuvées sont au top dans des registres très différents. En demi corps, mais très parfumé, le 2002 est sûr des notes tertiaires, de tabac, de sous bois, d'encens et d'épices. La bouche suave présente encore deux ou trois petits tannins, mais c'est envoutant et très agréable. Le 2003 est à l'opposé, une bombe et ce n'est pas moi qui le dit. Robe sombre nez typé Milan, mais avec des notes de liqueurs de fruit. C'est suave, long, équilibré, sans chaleur, mais encore marqué par des tannins. Rien à voir cependant à ce qu'il pouvait présenter à sa sortie. Encore 2-3 ans et ce sera parfait, mais on peut l'attendre plus. Enfin le 2001, carafé comme les autres quelques heures, il faudrait prendre son temps pour en analyser la complexité, mais là, nous l'avons simplement bu!

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Quelques conclusions rapides et sans prétention, suite à cet exercice passionnant:  

- l'effet millésime est une réalité, les différences entre les années sont vraiment marquées. Il faut donc goûter d'une année à l'autre.

- les années sont hétérogènes, on le savait, il ne fait pas le même temps partout en France qu'à Bordeaux. Les 2004 d'Alsace étaient largement au dessus des rouges de Bourgogne et du Beaujolais. Les blancs au dessus des rouges.

- ceux qui ont complètement brûlé 2003 ont eu tort. Bien sûr il faut choisir, mais les rouges présentés (Provence et Bourgogne) étaient très réussis au contraire du blanc, un peu fatigué.

 

Voilà, à refaire, très certainement.

 

 

 

 

 

 

 

17/04/2009

EFFET MILLESIME (Les Blancs)

2 soirées consacrées à des miniverticales, afin d'approcher un peu l'influence du "temps qu'il fait" sur nos breuvages préférés. Nous avons donc parcouru, sur quelques millésimes, diverses cuvées plus ou moins huppées. Tous les vins sont issus de vignerons "nature", c'est à dire qu'il recherche à donner le meilleur de l'année (principalement par le tri et des extractions justes) sans essayer de lisser l'effet millésime.

Même atelier à une semaine d'intervalle, quelques séries ont été dégustée deux fois.

ALSACE, Pinot Blanc 2004-2005-2006, Gerard Schueller (Groupe 1).

J'adore cette cuvée de Bruno Schueller, et je la prends sans hésiter chaque année. Mais je ne les avais jamais mises côte à côte. On commence par un 2004, le nez s'est un peu refermé avec des notes fumées qui fatiguent un peu le fruit. La bouche est par contre très belle, beaucoup de fruit (litchi, pêche, abricot), riche, gras, mais avec une finale sèche, saline et un bel équilibre. C'est un beau pinot blanc mais qu'il faut boire. Le 2005 a une robe plus claire, un nez floral (ylang ylang); il est moins concentré que le précédent, avec quelques petits amers en finale. Cela claque en bouche et c'est bon! La robe du 2006 est la plus dorée, le nez est sur la cire, avec des notes de miel et de pourriture noble. La bouche est dans le style du 2004, avec quelques sucres résiduels contrebalancés par une bonne acidité. Impossible de lui résister. Ces 3 vins sont le reflet parfait du millésime, le 2004 avec un bel été indien a produit une très belle maturité. Le 2005, difficile, a souffert un peu des pluies, tandis que le 2006; millésime pourri un peu partout en Alsace a vu chez Bruno un peu de pourriture noble, le tri faisant le reste. Fameux résultat dans les 3 cas, mais je ne m'attendais pas à de telles différences entre ces 3 années, comme quoi!

millesime1BOURGOGNE, Marsannay La Montagne 2003-2004-2005, Olivier Guyot (Groupe 1 et 2)

3 millésimes successifs, mais de qualité très différente. 2003 c'était l'exceptionnelle canicule; 2004, millésime très difficile, eut du mal à atteindre la maturité (surtout les rouges), et 2005 fut sans encombre, un millésime "facile"!

Le 2003 a la robe dorée, un nez puissant de -poire compotée, un peu de beurre, de pâtisserie, de poire william, mais aussi à l'aération, quelques notes de madère. La bouche st puissante, mais sèche, saline, pas très acide, mais sans carence. Un peu trop d'alcool en finale, et ces notes de madère qui font dire que ce vin devrait être bu. Pas de miracle. la deuxième bouteille sera conforme, à peine moins avancée.

Le 2004 est moins coloré, avec des reflets verts, un registre floral au nez, épicé, anisé, fruité entre les agrumes et l'ananas. Une bouche vive, salivante, moins concentrée que le précédent. les deux bouteilles sont conformes, c'est bon pour qui aime la vivacité.

La première bouteille du 2005 est très fermée (même après ouverture;-), la deuxième s'exprime mieux, c'est puissant, charnu, musclé, avec plus de tout, de corps, d'acidité et de longueur. Il faut par contre l'attendre pour avoir une future belle bouteille.

Là aussi, le vigneron a bien négocié les millésimes tout en les respectant; seul le 2003 aurait sans doute déjà du être bu, pas de miracle!

millesime2LOIRE, Anjou Rouchefer 2004-2005-2006, Rene Mosse (Groupe 2).

Encore une des mes cuvées fétiches; j'avais d'ailleurs présenté le 2003 lors de l'atelier oxydé-oxydatif ; et dans un millésime difficile (canicule), le vin semble encore s'améliorer à chaque dégustation, soutenu par une minéralité de bouche exemplaire. Ce sont les 3 millésimes suivants que nous avons cette fois dégustés avec grand plaisir.

2004 n'était pas évident, il y a eu "un peu d'eau" selon René et un mois d'août faible. 2005 et 2006 sont pour René des milléismes sans problèmes, un peu plus chaud en 2005. Les rendements ont été faibles, mais en 2005, carrément lilliputiens.

Le 2004 est épanoui, le nez ouvert, sur la poire, le coing et le tilleul, très fruit! Je lui avait déjà trouvé une finale un peu alcooleuse, ce n'est vraiment pas le cas cette fois; au contraire, on lui retrouve ce côté juteux très agréable, une petite salinité et une belle longueur. On peut le boire, je ne crois pas qu'il puisse s'améliorer, même s'il peut encore "tenir" quelques longues années. Le 2005, c'est le 2004 en plus de tout, mais également plus fermé au nez, mais plus complexe. Plus de mâche, de concentration, de matière sèche, de raisin quoi. On ne se lasse pas de ce vin sec mais dense, à la minéralité exacerbée, pour moi grande bouteille et grande garde; ça tombe bien il m'en reste! Le 2006 est plus lascif, très ouvert au nez avec des notes de miel, il paraît un peu moins dense, et plus à boire, ce que l'on fait sans difficulté.

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Exercice génial, car si comparaison n'est pas raison, elle permet de lire ces vins sous un éclairage différent, et sans doute plus objectif! Passionnant!

La suite et les rouges bientôt!

 

02/04/2009

CULTURE INTEGREE

Il y a la lutte (ir)raisonnée, il y a aussi la lutte intégrée vantée par certains pragmatiques paresseux comme une alternative au bio. En balade dans le bordelais, en sillonnant les vignes massivement désherbées, même chez les grands, je tombe sur ce panneau. Et bien, regardez la photo, et le bel effet des herbicides de cette lutte (dés)intégrée. Je ne suis pas certain que les beaux petits papillons, que l'on voit sur la plaque, apprécient ;-). Encore du bla bla!!!

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21:58 Écrit par Laurent dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : lutte integree, herbicides, bordeaux |  Facebook |

18/03/2009

MINERALITE, nous l'avons rencontrée pour vous!

La Minéralité , vous la lisez partout, pas un compte rendu d’amateur qui n’y fasse allusion, pas une description de professionnel qui n’y fasse référence ; et vous l’entendez partout, pas un vigneron qui ne place ce mot magique sur un salon ou dans sa cave, pas un caviste qui ne vante la Minéralité de sa dernière cuvée en promo. Elle est à la mode, et puis elle fait débat, , ou encore , ou encore encore , ou encore et encore et encore et encore . Elle est donc partout, mais l’avez vous rencontrée.

Et bien, nous avons mis nos papilles en bandoulières et sommes partis à sa rencontre. Mais attention, elle est fourbe, la minéralité, elle peut vous jouer des tours, vous piéger, vous faire prendre des vessies pour des lanternes.

Comme nous sommes courageux, mais pas téméraires, nous nous sommes limités aux blancs, pour cette fois.

Nous avons commençé par des eaux, car qui dit minéralité, dit minéraux, et qui dit minéraux, dit eau minérale. J’avais choisi quelques eaux minérales connues, de salinité différente. Le contratse entre Evian et Spa est frappant. Spa est une eau qui semble dure au goût, elle serre les muqueuses, laors que l’Evian glisse sans se faire remarquer. La différence : 300 mg de sels dans l’Evian, 30 dans le Spa. Si vous prenez la Vittel et que vous la comparre avec la Contrexeville, c’est à nouveau le grand écart. Vittel semble proche d’Evian, mais la Contrexéville est plus ronde, elle enrobe la bouche, paraît plus consistante. La différence, 300 mg dans l’Evian, près de 3000 dans la Contrexéville. Gpûter la Badoit et la Vichy St Yorre permet de faire la différence entre les minéraux et le sel NaCl (ou sel de cuisine) contenu dans la Vichy. Enfin (quoi, certains ont trouvé le temps long en dégustant les eaux, mais non !;-), nous avons aussi goûté l’Hépar, qui contient un peu plus de Magnésium ce qui lui donne un goût particulier, et un peu d’amertume. Nous avons aussi goûté une eau dans laquelle j’avais ajouté une bonne clouche de craie. Dure en bouche, et un nez très caractéristique « calcaire » qui restera ancré dans nos mémoires, je crois !

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Nous avons fait un dernier essai, avec ajout de sucre (5 grammes) dans du Spa et dans la Contrex (+1 gramme de sel) ; la différence était notable. La deuxième paraissait moins sucrée que la première. Le même test l’année passée avec l’alcool avait été encore plus édifiant édifiant.

Comme ces variations minérales naturelles sont comparables à celles mesurées dans le vin, il n’est pas impensable que la perception du vin soit grandement influencée par les minéraux, ceux-ci jouant sur l’équilibre et l’harmonie des constituants.

Revenons au vin, j’avais choisi une bonne douzaine de cuvées exprimant, à mon sens, différents types de minéralté, voire son absence !

Alsace Riesling or, Vincent Stoeffler, 2006

Robe jaune, reflets verts. Au nez, on peut distinguer une note un peu fumée (allumette) et silex entrechoqués, qui est sans doute due à la perception du sulfite. Heureusement, il y a aussi pas mal de fruit jaunes (pêche, poire, citron confit..) et un peu de minéralité typiquement alsacienne (pétrôle). Le vin est légèrement sucré, avec une certaine puissance et longueur. A attendre.

On peut distinguer dans ce vin 2 types d’arômes minéraux. D’une part de la minéralité typiquement alsacienne due à la présence de TDN et puis une impression de silex sans doute due à la présence de sulfite.

Alsace Riesling Bild de Table, Schueller, 2004

Le nez est sur l’oxydo-réduction, notes de pain grillé, de pomme, quelques arômes lactés, mais aussi une sensation calcaire intense. Un nez évolutif mais qui ne déploie pas les arômes classiques du riesling (le binôme pétrôle/agrumes). La bouche est dense, mais tout à fait sèche. Elle est tenue par une belle acidité juteuse qui prolonge le vin et par ce que l’on pourrait nommer la minéralité de bouche, cette délicieuse impression de sucer le caillou bien mûr. La finale est longue, sur le pamplemousse bien mûr et la pomme au four.

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Ici, la sensation minérale se fait au nez comme en bouche. Après avoir respirer une eau très calcaire, la parenté est évidente. On retrouve le même type de sensation en bouche, avec ce calcaire qui tient une matière bien mûre. L’image qui me vient est une paroi calcaire autour de fruits bien mûrs que transperce l’acidité qui fait couler le jus !

Il faut être bien conscient à ce stade que si le raisin vient bien d’un terroir calcaire, que des notes de calaciare sont reconnaissables, au nez comme en bouche, le lien entre les deux n’est pas prouvé.

Fiefs Vendéens, Hauts de Clous, Chenin, Domaine Saint Nicolas, 2005

Le nez est un peu discret et nécessite un peu d’aération pour libérer des notes assez classiques de coing et de tilleul. C’est l’attaque de ce vin qui surprend souvent, elle est typiquement salée. Le vin est juteux, mais encore un peu tenu, fermé, il doit vieillir un peu.

Ici la minéralité est vraiment due à des minéraux, c’est de la salinité sans doute due à la proximité des vignes et des marais salants. J’adore !

Le verre est dans le fruit 2003, Riesling Pfersigberg déclassé, G. Schueller & fils

Une belle robe dorée, un nez puissant, envoûtant, de résine, de lavande et quelques notes d’amandes. Une sève puissante, grasse, mais tout à fait sèche. Le vin est peu acide, millésime de la canicule oblige, mais tient par une structure de bouche intense, encore cette impression de sucer le caillou. Quelques amers en finale sont là pour garder la finale vive.

Pas vraiment de minéralité petrôlée, mais une minéralité de bouche, qui tient le vin en faisant oublier son manque d’acidité. On peut donc être minéral et peu acide !

Pouilly Fumé, Sauvignon, Domaine Dutarte, 2005

Le nez oscille entre le fruit de la passion et un côté fumé typique de l’appellation. Intéressant, c’est le même type d’arôme que dans le riesling. Sulfite ou silex, ce n’est pas franchement agréable. La bouche est un peu fruitée, mais courte et sans jus. Très bof !

La minéralité d’un « bon » Pouilly Fumé devrait se percevoir autant en bouche qu’au nez, trop de Pouilly Fumé ne sont fumés que par la présence de SO2. Encore un beau contre-exemple tout récemment avec le Pouilly Fumé Mademoiselle M 2007 d’Alexandre Bain. Nez d’ortie et de fleur de sureau, sensation calcaire en bouche, qui entoure un fruit très mûr, que dis-je un verger !

Pouilly Fuissé, La Roche, Chardonnay, Bret Brothers, 2004

Il est issu du terroir de Vergisson, sur une roche très calcaire, exposée Est-Sud-est. Sa robe est bien jaune, son nez causant, sur les notes iodées, le fruit mûr. La bouche est puissante, mais dotée d’une acidité marquée qui contrebalance le gras et la mâche. Le fruit se livre plus en bouche, très belle longeuuuuur. Très beau vin !

On confond souvent fumé et fuissé, d’où cette association. D’autre part, nous sommes ici en face de deux sensations minérales perçues au nez, mais bien différente. L’iode rappelle la mer qui rappelle le sel qui est un minéral !

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Mâcon-Uchizy La Martine, Chardonnay, Bret Brothers, 2006

Le sol de cette parcelle est argilo-calcaire, assez profond, et contient de nombreux petits cailloux calcaires. La bouche est d‘une belle puissance, gorgée de fruit (ananas). Une bouche à peine boisée, et une finale correcte, équilibrée par une bonne acidité.

Pouilly-Vinzelles Les Quarts, Chardonnay, Domaine de la Soufrandière, 2006

Nez totalement différent, un peu sur la réserve qui lui livre des arômes d’herbes aromatiuques, de fruits délicats et de caillou, désiolé, pas de’autree nom pour le qualifier. Et le vin a les mêmes caractéristiques, ce petit plus de minéralité qui entoure le fruit, qui apporte du claquant, de la complexité et qui n’est ni de l’acidité ni du tannin.Et si ce n’est pas de la minéralité due aux minéraux, la différence vient bien du sol.

Intéressant, ces eux vins sont issus de vieilles vignes, cultivés et vinifiés selon des méthodes identiques ; seul le terroir change. Ce n’est pas un soop, mais quand même, la minéralité ou son absence peut donc bien venir du terroir. De plus le terroir des Quarts est moins profond, caillouteux, et contient de’l’oxyde de fer….

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Anjou Chenin, René Mosse, 2004

Nez fruité, typique du chenin, mais un peu sur la retenue par rapport à l’année passée, où il était plus explosif et un peu lacté. La bouche est dense, fruitée, avec un peu de sensation minérale . Ce n’est pas très long, mais c’est bon !

Anjou Les Bonnes Blanches, Chenin, René Mosse, 2004

Le nez n’est pas très différent du précédent, peut-être un peu plus précis. Par contre, l’impression en bouche est édifiante. Tant par la perception minérale que par la longueur, une mâche intense, sur du fruit présent mais tenu, et tout cela se maintient longtemps. Un vin qui n’est pas au bout de son parcours.

Différence principale, l’âge des vignes. Dans le sencond cas, elles révèlent le terroir ; dans le premier, on est sur un vin de fruit, mais qui évolue bien. Le contraste aromatique est moins patent que l’année passée. Par contre au niveau de l’intensité de corps et de la longueur, pas photo ! C'est aussi là que l'on se dit que si les arômes fruités pourraient être reproduits ailleurs, la minéralité gustative de cette cuvée ou de celle des Quarts du domaine de la Soufrandière, est vraiment unique. Et c'est peut-être cela, le Graal à chercher!

Vouvray, Chenin, Vincent Raimbault, 2005

Nez peu expressif, légèrement fruité, notes de poires, un peu de miel, de champignon. La bouche est agréable, avec un chouia de sucre, mais peu expressive, un peu de fruit, ce n’est pas long, ce n’est ni mauvais ni bon. Un peu passe partout. Pas de minéralité, mais pas d’explosion de fruit non plus. Electrocardiogramme plat.

Cour-Cheverny Les Acacias, Romorantin, Hervé Villemade, Domaine du Moulin, 2005

La robe n’est pas d’une densité exceptionnelle, le nez n’est pas explosif mais il est entêtant, un mélange d’épices, de fruit jaunes, d’herbes aromatiques et de minéral. La bouche est à l’avenant, dense, très dense, une mâche incroyable qui donne le entiment d’avoir matière sérieuse en bouche. Tout cela est tendu, droit et juteux à la fois, la finale est longue, un peu salline. Un de mes coups de cœur 2008 et il continue à boniifer. Pas un vin facile, mais un vin de jouisseur intellectuel !

Pas de sensation minérale dans le Vouvray, alors que son sol calcaire le permettait, mais pas de sulfte rédhibitoire non plus ; par contre, je ne sais pas si c’est le terroir des acacias (sable à silex) qui confère à ce vin cette minéralité, mais c’est un exemple d’école de minéralité de nez et de bouche.

En conclusion, nous avons bien rencontré la minéralité, sous diverses formes, au nez, comme en bouche. De là à dire que c'est chaque fois le terroir qui en est responsable, qu'un sol calcaire donne des arômes calcaire, que le silex donne un nez de silex, il y a un pas qu'il ne faut évidemment pas franchir. Ce qu'il faut surtout retenir, c'est que la minéralité peux caractériser un vin, ou simplement participer à sa complexité, qu'il ne faut pas prendre des vessies pour des lanternes et qu'un nez fumé de silex peut aussi être dû à l'excès de sulfites. Et puis, nous l'avons vu avec les eaux, la minéralité peut aussi jouer derrière la scène, en harmonisant les constituants. Que ce soit pour cette raison, ou pour obtenir une expression plus complexe ou plus unique, la recherche de la minéralité passe manifestement par une viticulture exigeante, respectueuse de son environnement et vivante. On imagine mal une vigne sous perfusion d'engrais chimiques avoir la capacité de retirer les éléments minéraux de son sol pour les retranscrire dans la palette aromatique du raisin. D'autant, que les micro-organismes semblent bien indispensables pour ces échanges. Pas étonnant que de plus en plus de bons vignerons réfléchissent au bio ou même, osent franchir le pas!

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Et avant de partir, un anniversaire, et une dernière bouteille offerte pour cette occasion. Je propose un de mes tout derniers coup de coeur, un chenin de Xavier Caillard, du vignoble de l'Esmeraldine, du côté de Brézé. Ce vin, un 1999, est élevé en grand contenant et ouillé pendant des années. Le vin pétille allègrement, il ne m'en voudra pas de l'avoir secoué car il est magnifique, sec mais ample, sur les herbes aromatiques, thym, mêlées à des notes de miel et de poire. C'est de toute beauté, mais à cette heure tardive, mes notes se font rares, à bientôt...

17/03/2009

VINS SUISSES, Les Rouges

Et on passe aux rouges ; là aussi les attentes étaient grandes. Des cépages à découvrir comme le cornalin ou l’humagne rouge, et puis une réputation flatteuse des syrah suisses qui avaient écrasé les syrah du monde il y a un an ou deux.

AOC Valais, Gamaret 2006, R. Papilloud, Cave du Vieux Moulin à Vetroz, (16,09 €).

Le Gamaret est un cépage récent (1970), issu du croisement entre le Gamay et le Reichensteiner qui résiste bien à la pourriture grise. La robe est rubis foncée, le nez très expressif, puissamment fruité, avec des arômes de banane et de bonbon anglais (acetate d’isoamyle), quelques notes de caramel, et un peu de terre également. La bouche possède de la mâche, le fruit s’exprime, les tannins sont un peu durs et le vin court, mais c’est assez agréable.

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AOC Valais, Humagne de Chamoson, 2007, J-D Favre, Cave La Tornale (15,00 €)

Robe un peu plus claire, et les arômes sont moins expressifs, un peu de fruit framboise cerise, un peu d’amande et quelques notes végétales. L’attaque est soyeuse, mais la finale est un peu dure, c’est souple en milieu de bouche et loin d’être désagréable. Intéressant, mais dans le style, et pour un prix similaire, un Chiroubles de Descombes possède plus de corps, de gourmandise et de longueur…

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Syrah de Fully en Valais 2007, Henri Valloton (20,55 €)

Issue d’un sol de granit (comme St Joseph), cette syrah est élevée pendant 8 à 12 mois dans des barriques de 400 litres, neuves pour la moitié. La robe est sombre, de puissants effluves se dégagent du verre, des notes épicées, de poivre noir, conjuguées à des arômes animaux de lard fumé. Une sensation salée en bouche, une belle finale sur le chocolat noir et pas mal de fruit et de densité en milieu de bouche. Ce n’est pas grand, mais c’est très bon. Nous tenons là notre révélation suisse, ouf, l’honneur est déjà sauf !

AOC Valais, Cornalin 2006, J-L. Mathieu (23,30 €)

Un cépage indigène, qui avait presque complètement disparu, mais que l’on replante. Assez sensible à la pourriture, il nécessite une viticulture exigeante. IL offre ici une robe très sombre aux reflets violets. Le nez est assez complexe, mais un peu dominé par le bois : on y décèle cependant des notes d’eucalyptus et de violette. La bouche est fraîche, mai assez dure, les tannins sont un peu secs. La longueur est correcte. Un vin à attendre un peu. A nouveau intéressant, mais pas au maximum de son potentiel.

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DOC Ticino, Riflessi d’Epoca, Merlot 2003, Guido Brivio(28,30 €)

Dernier rouge, un merlot du Tessin vinifié en rouge cette fois, mais hélas trop de bois au nez. Il est mêlé à des arômes de cacao et d’ovomaltine. Certains trouveront cela très flatteur, d'autres trop sans doute, car le raisin joue à cache cache avec la barrique. Je consulte sa fiche, il a été élevé pendant 16 à 18 mois en barrique neuve, nous ne rêvons pas. La première gorgée laisse une impression de puissance et une légère sucrosité. C’est assez peu digeste et beaucoup passent à côté, c’est mon cas.

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Mais il est tard, et nous terminons sur un liquoreux.

Grain Noble 2004, Marsanne blanche, MT Chappaz

Et ce dernier vin à déguster, il est en bio ! Et de plus produit par un des meilleurs vignerons de Suisse, qui est une vigneronne, c’est Marie-Thèrèse Chappaz.

Nous dégustons une marsanne blanche grain noble de 2004. Très classique, belle robe, beau botrytis, sur la cire, l’abricot et une petite note d’encaustique et de truffe. La bouche allie puissance et légèreté ; c’est loin d’être écoeurant et l’équilibre est parfait. C’est très très bon, même si ce n’est pas donné donné…

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Je pourrais conclure comme pour les blancs, une session très intéressante, mais qui laisse un goût mitigé en bouche, toutes les papilles n'ont pas été comblées, mais le potentiel est là? Partons dès maintenant à la chasse aux vignerons "nature" du Valais et d'ailleurs...

A suivre, je l'espère sincèrement !

16/03/2009

VINS SUISSES, Les Blancs!

Il y quelques années déjà, un ami me bassinait régulièrement pour que je découvre les vins de son pays d’origine. Une première dégustation, organisée par ses soins, avait laissé entrevoir un potentiel indiscutable, et je m’étais promis d’y revenir au plus vite, c’était, il y a bien 4 ans …

Mais comme j’ai de la mémoire, et de la patience, j’avais inscrit ce thème au programme des ateliers 2008-2009. Je confiai la sélection au spécialiste des vins suisses en Belgique (que je remercie pour la célérité de sa réaction à ma demande), en lui donnant quelques indications pour un échantillonnage représentatif, de préférence en bio, avec un minimum de bois et de sulfites. Hélas, peu de vignerons bio à sa carte, mais des vignerons appliquant paraît-il la lutte intégrée ...

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Rèze 2005, Josef Marie Chanton, Valais alémanique (16,50 €)

Pour débuter cette dégustation, à l’aveugle, une rareté. Il existe seulement 1,5 ha de ce cépage, Rèze, qui est le plus ancien cité en Valais avec l’humagne. On en faisait auparavant (il a compté jusqu’à 400 ha) le vin des glaciers. La robe est claire, aux reflets jaune-verts. On reconnaît au nez des arômes floraux, de rhubarbe et de citron. Il rappelle un peu le sauvignon à certains, et hélas, dégage également une pointe de sulfite. La bouche est grasse, sèche, saline, mais un peu creuse et courte, avec une rawette d’amertume en finale. Sympa tout de même.

La Contrada 2007, Merlot, Guido Brivio, Tessin (15,30 €)

Le merlot est commun dans le Tessin, et celui-ci est vinifié en blanc. Sa robe est très claire, peu concentrée, des notes beurrées interpellent rapidement, elles sont un peu rances. Heureusement, il y a un peu de fruit (pêche), et un peu plus de chair en bouche que le précédent. L’alcool se fait par contre plus sentir, la bouche est courte, et encor cette impression de présence de sulfites. Bof.

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AOC Valais Chamoson, Fendant Rémazières 2007, Chasselas, Simon Maye (14,20 €)

Ah le fendant, j’avoue lui porter une certaine affection, même si le pire est plus fréquent que le meilleur. Celui-ci vient d’une maison réputée, du Valais, bien sûr. La robe est toujours claire, à peine plus intense que les deux précédents. Au premier nez, encore ces notes d’allumettes que je mets sur le compte du SO2. Derrière, se cachent un peu de fruit, du litchi et une note de miel. Mais ce n’est pas net, ce côté serpillière que l’on retrouve dans beaucoup de fendant est présent. La bouche s’annonce bien mieux. C’est perlant, agréablement fruité, salin et très gouleyant. Bien sûr la finale est courte, mais le but d’un tel vin n’est pas de parader dans les salons. Non, c’est un vin de fondue savoyarde, point. Bon à ce prix là, on pouvait espérer encore un peu mieux et les avis sont finalement partagés. Moi, j’ai bien aimé, même si je crois qu’il est possible de faire bien mieux encore.

AOC Valais, Humagne Blanche 2006, F. Varone (20,10 €)

Autre cépage typiquement valaisan, l'humagne blanche. Robe un peu plus dense, nez minéral, fruité. A l’aération, la complexité apparaît ; fruit, fleur (ylang-ylang), tilleul. La bouche est grasse, avec une petite sucrosité et à nouveau une sensation salée. La finale décline les arômes, mais est un peu courte pour un bonheur complet. Bon, et un potentiel indéniable.

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AOC Valais, Petite Arvine de Sierre, 2004, JL Mathieu (19,30 €)

Robe légèrement dorée, nez porté sur les fruits jaunes (ananas), très mûr. La bouche est grasse, saline, très fruitée, avec des notes d’herbes et d’agrumes en finale, ainsi qu’un peu d’amertume. Pas mal, mais pas de frissons ; à nouveau, le potentiel est là, mais le vin semble un peu sur la retenue en bouche.

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Saint Romain 2007 Chardonnay, Sarnin – Berrux (24,90 €)

Robe très légèrement opalescente, mais dense. Nez explosif de fruit derrière un peu de réduction, de l’ananas, de la mangue. La bouche est dense, grasse, gourmande, minérale aussi, avec du raisin, en veux tu en voilà. La réaction ne se fait pas attendre « on dirait un de tes vins ». Ben oui, il sera bientôt à ma carte. Il provient d’une petite activité de négoce de deux passionnés, qui sélectionnent d’excellents raisins en Bourgogne, et dans la mesure du possible, comme dans le cas de ce Saint Romain, avec une certification bio. Belle découverte.

Savagnin, Cave des Bernunes ( N. Zufferey) (16,00 €)

Pas découragé, je sers un dernier blanc. Rapidement, avant de disparaître en cuisine, je le hume. Nez fermé, mais intéressant, épicé, fruits exotiques. A mon retour, le vin s’est manifestement ouvert, et j’exulte, je tiens enfin mon graal, un vin suisse à mettre immédiatement à ma carte. Dans mon enthousiasme, je décline tous les arômes exotiques de ma connaissance, la minéralité, l’acidité typique du Savagnin, je me régale ! Et puis j’aperçois le regard coquin de certains élèves. Et bien oui, on ne peut plus faire confiance à personne. En mon absence, deux voyous qui assistent à mes cours depuis 4 ans avaient remplacé mon savagnin par un fond de Saint Romain… Enfin, au moins je suis constant dans mes appréciations et descriptions ;-)))).

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Quant au savagnin, il a en effet un peu d’arômes d’épices, de fruits exotiques, un bon équilibre en bouche, une certaine puissance, et longueur, mais il semble en comparaison avec son prédécesseur, sur la retenue. A nouveau, un sentiment d’existence de potentiel, mais non exploité.

Déception donc, pour cette première série de blancs suisses. Déception accentuée par la révélation de la soirée, le Bourgogne Saint Romain 2007 de Sarnin-Berrux. La différence entre ce vin et les autres est criante, et se résume facilement : maturité optimale, max de raisin et min de sulfite. Et pourtant, la variété de cépages et de terroirs offre à la Suisse un potentiel certain, mais hélas mal exploité. Ou bien je n’ai pas eu la bonne sélection, et devrais-je, comme en France, prendre mon bâton de pèlerin, pour dénicher les meilleurs vignerons bio et nature … Nous avons également tous noté une grande salinité dans les vins, parfois même excessive. Au point que certains ont demandé ou allait le sel utilisé pour dégager les routes gelées et enneigées du valais ;-)).

A bientôt pour les rouges!

20/02/2009

CADAVRES EXQUIS; Les Rouges

Le jeune amateur rêve souvent de se faire une cave, le jeune papa encave le millésime de naissance de son enfant, mais il n’a pas toujours le choix dans la date et budget oblige, dans la qualité.

A contrario, la plupart des dégustations que je lis, que j’organise, ou auxquelles je participe, font la part belle aux vins jeunes. Et quand par miracle une de ces vénérables bouteilles choisi de croiser notre route, nous nous sentons désarçonné, déformaté que l’on est devant ces arômes en décomposition peu courants ; et parfois plus impressionné par l’âge de la bestiole que par le vin lui-même.

Alors pour exorciser ce sentiment, et qui sait, se réconcilier avec les autres générations, j’ai décidé de consacrer, non pas un, mais deux ateliers, à ces vieilles reliques. Ayant commencé ma cave un peu tard, vieux signifie pour moi au minimum 10 ans. Tous les vins présentés seront donc au minimum du millésime 1998, le plus vieux, de 1927, un cadeau très apprécié. La plupart ont été sélectionnés à l’époque sur base des guides (RVF, Hachette, Parker), non point sur mes goûts.

Le compte rendu présenté ici est une synthèse de deux ateliers sur ce sujet à une semaine d’intervalle (entre parenthèses, le groupe qui a dégusté le vin est mentionné).

Côte du Jura, Poulsard, Pinot noir, Trousseau, Jean Bourdy, 1998 (1-2)

La robe est superbe, claire, brillante avec des reflets dorés. Le nez est présent, sur les petits fruits rouges (groseille) et un peu de prune. La bouche est sympathique, fraîche, bien fondue, courte, mais agréable. Le vin aura plus de succès avec le premier groupe que le second.

Morgon Les Charmes,, Gamay, Domaine du Colonat, 1998 (1-2)

Robe un peu plus sombre, peu évoluée. Le nez n’est pas très net, on y distingue un peu de fruit (cerise). L’aération n’y fait rien et la bouteille dégustée la semaine suivante était pire. La bouche est dure, il y a de la matière, mais aucun plaisir. Et puis ce goût de vieux fût ne passe pas. Aucun charme, Raté !

Madiran, Tannat, Montus, 1996 (1)

Robe sombre, disque à peine évolué. Nez expressif, sur le tabac, les épices et quelques fruits noirs. En bouche, les tannins sont bien fondus, il y a une certaine gourmandise, c’est suave, de belle longueur ; certains lui reprocheront une acidité excessive. Un vin qui serait parfait à table.

Cahors Carte Noire, Malbec, Merlot, Le Cellier du Sud Ouest, 1995 (1-2)

Robe plus claire que le précédent . Nez sur le raisin sec, un chouia de violette. La bouche est dure, diluée, courte, c’est franchement mauvais. Mais il y a pire, le 1997 présenté lors de la dégustation suivante, par exemple…

Bourgogne grand ordinaire, Le Chansonnier, Chanson et Fils, 1993 ? (en magnum) (1-2)

Robe claire, peu de traces d’évolution. Nez sur les fruits secs, un peu de cerise, légèrement viandeux. En bouche c’est encore ferme, mais avec pas mal d’acidité et du fruit. La finale est courte, mais beaucoup l’appréciée et le verrait bien sur un BBQ ou un fromage. A 2 euros la bouteille, c’était une affaire ;-) Le deuxième magnum rencontrera un succès similaire, étonnant.

Grand cru Clos de Bèze, Pinot noir, Domaine Duroché, 1993 (1)

Nez fruité, groseille avec une note florale. Robe claire, bouche fluide, agréable, fine. C’est bête à dire, mais l’écart avec le précédent ne semble pas évident pour l’assemblée. Plus de finesse, plus délicat, mais pas bien plus concentré… Agréable, mais je ne veux pas connaître le prix ;-).

Grand Cru Mazy-Chambertin, Pinot Noir, Henri Rebourseau, 1993 (1)

La robe est claire, et le nez semble partir sur des notes d’acidité volatile, un peu de madère aussi. La bouche est friande, plus dense que le précédent, mais le vin est manifestement en train de mourir sous nos yeux.

Pour la session suivante, je décide de sortir la grosse artillerie :

Grand cru Clos de Tart, Pinot noir, 1993 (2)

1993, ce n’est pas encore la période Pitiot du renouveau de ce cru monopole de la famille Momessin, mais j’avais eu l’occasion de le déguster déjà et c’était vraiment bon. La robe de celui-ci est nettement plus foncée que celle de mon chansonnier. Le nez est un peu réduit, mais libère à l’aération des notes animales, de rose fanée, de feuille mortes et un peu de fruit (cassis), c’est nettement tertiaire, presque d’école. La bouche est plus ferme, nettement plus dense et plus longue que les vins précédents. C’est franchement bon à défaut d’être grand, mais tous les regards ne me semblent pas convaincus, certains restant sur la fraîcheur et la facilité du précédent.

Bourgogne, Pinot noir, ???, 1927 (2)

Le deuxième groupe aura droit à la plus vieille bouteille, une bouteille de Bourgogne, c’est la seule chose dont on soit certain, de 1927 apparemment, mais pas de trace d’appellation. L’extraction du bouchon est déjà une aventure. Il se fond littéralement autour de la vis, pour enfin se laisser, partiellement, évacuer. Je verse le premier verre, et surprise, ce vin n’a plus aucune couleur rappelant le rouge, c’est clair, c’est brun, même pas tuilé, brun clair.

Une bouteille identique bue quelques semaines auparavant était, elle, très rouge et dense. Le nez de celle-ci est sans concession, c’est du madère. Mais du bon, pas celui que j’avais proposé à la dégustation sur les vins oxydatifs, non, il y a comme une fraîcheur ici. Fraîcheur que l’on va retrouver en bouche. Il faut évidemment apprécier le goût de madère, mais c’est franchement buvable, alors que l’on pouvait croire le liquide plat et mort. Bon tout le monde n’apprécie pas, mais c’est un peu comme les oxydatifs du Jura, non ?

Bourgogne, Gevrey Chambertin, Pinot Noir, Faiveley, 1966 (2)

On retrouve dans le vin les arômes de madère, avec plus de matière en bouche, mais moins d’acidité. Des tannins un peu secs en finale. Pas désagréable mais sur le déclin.

Graves, Cabernet Sauvignon, Merlot, La Gravière Bellefont, 1990 (1)

Robe assez évoluée, un peu trouble. Nez fumé, avec des notes végétales pas désagréables, un peu de tabac, des feuilles mortes. La bouche est fluide, mais fine et suave ; ce n’est pas long, mais ce n’est pas mort non plus. Un vin bien apprécié ; j’en avais bu des hectolitres à l’époque, sur ses arômes de goudrons. Il a bien tenu, c’était la dernière…

Saint-Estèphe, Château Troupian-Mouleyre, 1988 (1-2)

Disque évolué, nez assez simple mais agréable, sur le raisin sec et la prune. Il y a encore de la mâche en bouche et un peu de tannins autour de la chair. C’est simple mais pas désagréable, à nouveau, il se porterait mieux à table. La deuxième bouteille n’avait pas les mêmes qualités et paraissait plus fatiguée.

Grand Cru classé de Saint Julien, Cabernet Sauvignon (66 %), Merlot (26 %), Château Talbot, 1988 (1)

Robe sombre, peu évoluée, un peu trouble. Nez très présent, animal, cassis, très expressif, dans un registre évolué mais avec encore du fruit. Les tannins sont bien fondus, la bouche est vraiment gourmande, pulpeuse, même si la finale est un peu courte. La bouteille est vidée rapidement, c’est toujours bon signe ! ET pourtant ce que j’en ai lu n’étais pas élogieux, d’autres repères sans doute.

Saumur Champigny, Les Fosses de Chaintré, Cabernet Franc, R-N Legrand, 1995 (2)

Robe noire, nez violent, avec des notes animales, beaucoup de cassis et de violette. la bouche est pulpeuse, gourmande, les tannisn biens fondus. Ce n'est pas long, mais ça croque sous la dent, un style presque naturel, délicieux et excellente surprise pour cette cuvée peu onéreuse, qui paraît tout juste adolescente. C'est normal, elle n'a que 13 as ;-)

Grand Cru classé de Pauillac, Cabernet Sauvignon (70%), Merlot (25%), Cabernet franc (5 %), Château Grand Puy Lacoste, 1989 (2)

La robe est encore sombre, très sombre. Le nez décline des notes tertiaires se rapprochant des feuilles mortes, avec un peu de bois, de tabac et du cassis, plutôt sur la branche et la feuille que le sirop. C’est assez austère. La bouche est du même tonneau. Stricte, avec de la densité, mais des tannins encore présents. Si tout le monde reconnaît la plus grande densité et longueur par rapport au St Estèphe par exemple, peu semblent y prendre plaisir et il restera une demi-bouteille pour le lendemain… Décidément, les goûts changent …

On reste dans les Bordeaux avec le deuxième groupe et un

Pomerol, Merlot, Château Vray Croix de Gay, 1959 ? (2)

Robe tuilée, mais encore dense ; nez discret, bouche veloutée manquant un peu de tonus. Il me rappelle un peu le 1995, le seul que je connaisse de ce château d’ailleurs. Pas désagréable.

Moulin des Costes, Mourvèdre 60 %, Domaine Bunan, 1998 (1-2)

Je me souviens encore de mon émotion quand, après avoir vu les 5 étoiles reçues par cette cuvée dans la RVF, dans ce millésime, je la croise au Cora. Sans goûter, je me précipite et remplit mon caddie (enfin j’en prends 5 quoi). Une première goûtée sur le champ et déjà une déception, c’est dense, aromatique, mais trop alcoolisé à mon goût, cela manque vraiment de fraîcheur. Dix ans plus tard, la première bouteille ouverte se présente mal, le fruit est très présent, les épices aussi, mais il y a comme un manque de netteté. Un goût de bouchon apparemment comme le confirmera la bouteille ouverte la semaine suivante. Sur cette dernière, le nez est impeccable, très fruit, cassis, mûre, poivre, et épices chaudes ; mais déjà, une odeur d’eau de vie un peu prenante. L’attaque est ronde, suave, dense, mais manque de fraîcheur, en finale, l’alcool ressort nettement. À boire un peu plus frais et à table sur du gibier. Déception.

Gigondas, Mourvèdre, Grenache, Domaine de la Daysse, 1998 (1)

Robe un peu évoluée, nez complexe de cerise mûre, de fruits à l’eau de vie, de cannelle. La bouche est à la fois ferme et suave, d’une belle densité. La finale est assez longue, un peu rustique dans les tannins, mais contrairement au précédent, on y retrouve fraîcheur et envie d’en reprendre un verre. Une très bonne surprise.

Gigondas, Grenache, Mourvèdre, Domaine St Gayan, 1998 (2)

Moins de chance dans le second groupe, le vin est peu expressif, fermé et plus de rusticité encore. Il manque aussi de netteté, mais le bouchon a l’air correct. À revoir.

Roc des Mates, Syrah, Domaine de Cazeneuve, 1998 (1-2)

Je l’attendais, celui-là. Il avait fait partie du casting d’un de mes premiers ateliers entre amis, organisé en 2000 ou 2001, et consacré au millésime 1998 dans le Languedoc. C’était incontestablement un des vins de la soirée où il ferraillait pourtant avec d’autres partenaires au beau pedigree (Bébian, Aiguelière, …).

Il sera à la hauteur lors de ses deux sorties. Robe de soirée, nez puissant, presque violent, déclinant tous les parfums de la garrigue du Sud ; arômes animaux, de sang, de lard fumé, très complexe. Et tout cela se retrouve sur chaque papille, et plus loin encore, dans la finale. C’est vraiment suave, goûteux, pulpeux, charnu mais non dénué de finesse. Très très beau vin et d’une régularité exemplaire. On me glisse dans l’oreille qu’il serait en conversion bio, je le note !

Mon classement plaisir:

1. Roc des Mates, Domaine de Cazeneuve 1998

2. Bourgogne Grand Cru Clos de Tart 1993

3. Saumur Champigny Les Fosses de Chaintré 1995

4. Château Talbot 1988

5. Madiran Montus 1996

et une mention spéciale à cet ovni de 1927...

Ne manquez pas la suite et les blancs !

30/01/2009

ANGELI-CHAFFARDON

Confirmation et quelques précisions. Nous aurons bien l'honneur et le plaisir d'accueillir un des tout meilleurs vignerons de Loire et de France, Mark Angeli. Il sera accompagné d'un des talents les plus prometteurs, Didier Chaffardon. Deux vignerons en biodynamie qui produisent quelques uns des meilleurs vins d'Anjou.

Cette rencontre se fera sous forme d'une conférence-débat-dégustation. Elle aura lieu le 7 février 2009, à la Fac d'Agro de Louvain-la-Neuve, place croix du Sud, au SUD 05, à 15h00. Il reste quelques places, inscrivez vous!

Il y aura donc Mark Angeli, et il nous fera déguster ses cuvées “La Lune”, “Les Fouchardes”, son Anjou rouge, et son rosé d’un jour. Quant à Didier Chaffardon, un vigneron exceptionnel, qui a travaillé avec Mark et vole maintenant de ses propres ailes. Je dois encore choisir les cuvées à déguster, mais il y aura sa fabuleuse cuvée Isidore, ça c’est sûr. Et puis, surprise, il y aura d’autres cuvées représentatives de cette nouvelle approche de la viticulture, on va se régaler. Vu quelques frais imprévus, il y aura une petite PAF de 10€, mais elle sera ristournée sous forme d’un verre Spiegelau Expert et un bon d’achat de 5€. Il sera possible de commander les vins présentés, mais attention quantités limitées.

Mais nous serons là aussi pour discuter, débattre, passionnément, et je l’espère de manière constructive. Mark et Didier ne vont pas faire un exposé, ils attendent vos questions, ils veulent répondre à vos interrogations, dans le domaine de la viticulture, mais pourquoi pas plus loin, l’agriculture, la décroissance, la mondialisation; ce sont des passionnés et ils ont des opinions à partager et n’hésitez pas à les bousculer;-). Pour ceux qui n’ont pas encore vu, jetez déjà un oeil sur les vidéos en lien ci-dessous.

Il reste quelques places, ne loupez pas cet évènement et j’apprécierais infiniment que vous diffusiez l’information autour de vous. Attention, il vaut mieux s’inscrire. Une question, un doute, n’hésitez pas à me contacter!

angeli_conference

Comme introduction au personnage, vous pouvez visionner ces deux petites vidéo 1 vidéo 2

Comme introduction à ses vins (pour ceux qui ne les ont jamais dégusté à la boutique ;)): quelques notes extraites du guide vert de la RVF:

Viticulteur biodynamiste zélé, idéaliste et sensible, Mark Angéli élabore essentiellement des vins secs artisanaux, de chenin. Qu’il s’agisse de la lune, dans un style mûr et riche, associé à une grande fraîcheur minérale, des Fouchardes, plus subtil, ou du Vignes Françaises (franc de pieds arrachés en 2007, ravagés par le phylloxera), dense et vivace, tous atteignant le niveau d’originalité des grands crus. En vinification, les doses de soufre sont faibles ou inexistantes (Vignes françaises).... Les Vins. Tous les chenins secs se déclinent en vin de table, Mark Angéli ayant renoncé à participer à la “mascarade” des dégustations d’agréments des AOC. Ils se présentent magnifiquement avec une précision aromatique que nous ne leur connaissions pas. ...

Angeli

17:20 Écrit par Laurent dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

27/01/2009

brouillon

Voilà le jour J est arrivé, petite catastrophe en Alsace ou après quelques orages, le vignoble de Bruno Schueller est partiellement grêlé. Malgré une dernière tentative d'Henri Milan pour le convaincre, c'est sérieux, il doit se désister, mais ce n'est que partie remise, c'est sûr!

Mais les autres sont bien là; Ghislaine, comme une vraie reine, est la première. Fanfan Ganevat, Tonton Casa et son vin préféré la suivent, Dominique Gruhier n'est pas loin, et Anne va cueillir Henri Milan à l'aéroport. Il fait beau, déjà très chaud, il est 15h45, et tout le monde crève de soif. Henri me demande une bière, une bonne me précise-t-il (il est marrant ;-) ; les autres approuvent avec enthousiasme. Tant mieux, j'ai prévu quelques hectos de Moinette, bio bien sûr. Elle nous rafraîchira tout au long de ce beau week end.

L'ambiance est excellente, mais il manque un petit quelque chose, mais quoi? Difificile à définir, mais il y a un manque c'est sûr et puis à 16h20 une figure inconnue arrive, et tilt, mais oui bon sang mais c'est bien sûr, c'est vous qu'on attend!! ;-). Allez, hop, on quitte la terrasse, tout le monde sur le pont, on largue les amarres. Voilà, la "boutique" ne désemplira pas du week-end, un très grand succès grâce à vous et je vous remercie sincèrement de votre présence et de vos encouragements. Egalement merci aux habitants de Pécrot qui ont osé venir jeter un oeil dans cette nouvelle "boutique". Pécrot et Grez-Doiceau méritent un peu plus d'animation et d'attraction, on espère bien y participer.

Le reste, en photos, prises lors des rares moments de répit que vous m'avez laissé;-).

Jean-François Ganevat, Jura

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Dominique Gruhier (Abbaye du Petit Quincy), Bourgogne

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Ghislaine Magnier (Casot des Mailloles), Roussillon

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Henri Milan, Provence

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Tonton Casa et Fanfan Ganevat

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Petit déjeuner entre vignerons

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Petit BBQ après l'ouverture entre amis

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Anne

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Laurent

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Vos Serviteurs!

07:35 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

14/01/2009

ET VOUS, PLUTÔT OXYDE OU OXYDATIF?

Commençons par la définition de ces termes. Oxydé, tout le monde comprend, c'est un vin qui a subit les affres de l'oxygène. C'est un défaut? Pour beaucoup, oui. Et pourtant, tout processus de vieillissement est le fruit de phénomènes d'oxydation, mais passons. Oxydatif, un vin oxydatif, cela n'existe évidemment pas, un vin n'oxyde rien du tout. C'est un abus de langage (comme vin sans soufre ou vin bio ;-), venant de la contraction de vin à l'élevage oxydatif, comme celui des vins jaunes et du Jerez sous voile, ou celui de certains portos et vins doux naturels. Oxydatif, a donc un caractère désiré, voulu par le vinificateur et le terme est donc pris comme un descriptif positif. Beaucoup parleront donc de notes oxydatives quand elles s'intègrent et sont appréciables, et de notes oxydées lorsqu'elles altèrent le vin.

L'oxydation est régulièrement sujette à débat entre les passionnés. Il y a l'affaire des bourgogne 1996 , mais cette réaction anti-oxydation est aussi de plus en plus souvent la conséquence d'un autre formatage de l'oenologie moderne. Attention, les vins oxydés existent, des morts nés, ou des morts après une longue vie en cave. Mais il ne faudrait pas réduire l'oxydation (c'est joli ça, non?;-) uniquement à un défaut du vin. Et pourtant, de plus en plus dégustateurs, professionnels ou amateurs font bêtement la chasse (la chasse c'est toujours bête non?;-) à ces notes, de pomme blette, de noix, de morille, de curry. Rien de bien repoussant à cette énumération, et pourtant, bon nombre de bouteilles finissent à l'évier pour ces raisons, dommage!

Je me souviens de ce dégustateur au salon de la Dive , profitant de l'absence de Mark Angéli pour se servir un verre, il le hume et rapidement le redépose en disant tout haut: "Oxydé". Je le goûte discrètement après lui, et ce vin déploie des arômes de coing bien mûr, mais pas de trace d'oxydation. Et oui, les arômes de coing du chenin sont parfois proches de ceux de pomme de l'oxydation. J'ai d'ailleurs débuté cet atelier par un vin de coing de ma production;-).

Et bien les masos de l'odyssée, vont s'attaquer à ce monde parallèle qu'est celui des vins oxydés, volontairement ou pas. Je garde la théorie pour les participants aux ateliers, mais voici les descriptions des vins dégustés.

Glou Glou 2007, Sauvignon, VdP (Roussillon) (ouvert 4 jours à l’avance, carafé et agité régulièrement et ouvert 1 heure avant)

Petite évolution de couleur dans le vin ouvert à l’avance, mais le nez est très différent, avec des notes de fruit compoté, un peu de curry et des notes brûlées désagréables. Le deuxième a un nez plus neutre, légèrement fruité. En bouche, c’est aussi très différent, le premier vin est plutôt plat alors que le deuxième est doté d’une acidité rafraîchissante. Pas photo, l’oxydation affecte le nez, mais aussi la bouche.

Le même essai mais avec seulement 3 jours d’ouverture montre des résultats moins nets au niveau olfactif. Le vin a cependant perdu de la fraîcheur en bouche.

Bourgogne Epineuil, Chardonnay, 2005, Abbaye de Petit Quincy (ouvert 4 jours à l’avance, carafé et agité régulièrement et ouvert 1 heure avant)

Peu d’évolution de couleur. Le nez du vin ouvert juste avant la dégustation paraît déjà un peu oxydé, avec des notes de madère, mais aussi de serpillière, pas net. En bouche, c’est un peu mieux, pas mal équilibré, mais le vin semble sur la pente descendante. La bouteille ouverte 4 jours auparavant et goûtée à ce moment était bien plus fringante. Le vin ouvert 4 jours avant est sur des notes fruitées confites, très mûres, avec aussi ces notes brûlées. C’est en bouche que la différence est la plus flagrante, l’oxydation se traduit par un flagrant manque de vivacité.

Pour l’atelier suivant, 3 jours ont modifié le nez vers des fruits très mûrs, pas désagréables, sans notes brûlées.

Empreinte du temps 2001, VdP (Roussillon), Grenache blanc, 2001

Robe dorée, nez complexe tendant vers l’oxydation, quelques notes de sherry, mêlées aux herbes aromatiques et le fenouil. En bouche, c’est gras sans être lourd, avec juste ce qu’il faut d’acidité, longue finale réglissée, j’adore ! Ce vin n’est pas au départ vinifié pour être oxydatif, il ne l’était d’ailleurs pas lors de sa sortie (c’est un des premiers vins que j’ai vendu, à mes débuts en 2003) . Le grenache est un cépage qui a tendance à s’oxyder assez facilement (c’est pourquoi il est utilisé dans les vins doux naturels). Le vin a simplement suivi son évolution. À l’aveugle on le prend pour un bel oxydatif, et à étiquette décovrete un vin à défauts. Allez comprendre.

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Pinot Blanc Sans Soufre 2005, Alsace, Pierre Frick.

Jean-Pierre Frick fait régulièrement quelques cuvées sans SO2. Le sans sulfite ajouté sur les blancs, c’est différent que pour les rouges ; les vins empruntent une autre voie aromatique et gustative, qui les éloignent des canons habituels. C’est écrit en grand sur la bouteille, ceux qui sont surpris n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes ;-). Celui-ci à la robe dorée, légèrement trouble. Des arômes puissants de fruits mûrs (abricot), de calvados, d’agrumes confits, d’épices douces sont perçus tour à tour. Il perle un peu en bouche, et cela rajoute à sa fraîcheur intrinsèque. C’est gourmand, cela se boirait d’un trait à l’apéro, mais ce vin s’est également très bien comporté sur le poulet, risotto aux épices.

Pour le deuxième atelier, nous avons aussi goûté le vin suivant ;

Fiefs Vendéens, Maria 2002, Chardonnay ; Domaine St Nicolas

C’est presque une couleur ambrée qui nous accueille. Le nez est nettement oxydatif, mais sur la pmme cuite et le calvados. La bouche est encore vivante, équilibré et de belle longueur, mais un peu monomithique sur les notes d’oxydation. C’est avec le plat (également poulet, légumes et épices) que le vin va se révéler, avec un véritable effet rebond, le vin semble renaître de ses cendres, retrouvant du fruit dans ses entrailles. Superbe sursaut.

Anjou Rouchefer 2003, Chenin, René Mosse

Ce vin qui fut bouteille de la semaine en 2006 sur LPV est issu du millésime 2003, pas particulièrement réputé pour sa fraîcheur. Lors de ma dernière rencontre avec ce vin, j’avais cru y détecter des notes oxydatives de pommes blettes, de noix. Rien de tout cela ici, la robe est d’un bel or, mais le nez plutôt sur le coing, l’orange, ainsi que quelques notes miellées. La bouche est dense, mais massive, tendue, sans gras inutile, et dotée d’une belle sensation de minéralité. La finale est longue, saline, c’est un très beau vin qui va s’accommoder à merveille avec les épices du poulet.

oxydatif2

Le Jambon Blanc 2006, VdT, Chardonnay, Beaujolais, Philippe Jambon

Si le jambon peut contenir des sulfites et même encore plein d’autres petites saloperies, le Jambon blanc de Philippe Jambon, n’en contient jamais, tout comme ses autres cuvées d’ailleurs, dont son fabuleux Roches Noires 2006, un de mes coups de cœur 2008. Le nez est très fruité, mais possède aussi clairement des notes d’oxydation rappelnat la frangipanne, quleques arômes de sherry également. Tout cela s’oublie en bouche pour laisser place à une matière d’exception, dotée d’une acidité nette, succulente. La longueur est remarquable, tout comme le vin , atypique, à défauts pour l’œnologie et les palais formatés. Ceux qui dégustent avec leurs tripes se régalent.

Chablis 1er cru 1996, Les Vaillons, Billaud Simon

Et bien en voilà, un exemple de 1996, ce millésime autant prometteur à l'époque que décrié maintenant en raison de nombreuses oxydations prématurées. La robe est encore très claire, le nez peu expressif malgré un carafage de quelques heures. Quelques notes minérales, d'autres de mousseron ou de champignon de Paris, d'iode aussi. la bouche est ferme, stricte, avec une acidité tranchante, juste enrobée d'un peu de gras pour ne pas se blesser. La longueur est là, mais le vin manque un peu d'expression, peut-être encore un peu meurtri par le sulfite... En tout cas, aucune trace d'oxydation sur ce 1996.

Arbois, Savagnin 2004, Jura, A&M Tissot.

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Nous passons aux vins au véritable oxydatif ; celui-ci est élevé sous voile plus de deux ans. La robe est jaune, avec peut-être quelques reflets verts. Le nez est explosif, sur le lichen, la noix verte, un peu de fruits jaunes. Il possède une belle matière transpercée par une acidité jurassienne qu’il faut calmer un peu avec le comté ou le Gruyère. L’accord est toujours aussi top ! Un vin à attendre ou à boire sur des plats (poulet au morilles)

La Fine Gueule du Loup 2003, Grenache Gris 50%, Terret 25%, muscat 25 %, Languedoc, Vignobles Du Loup Blanc

Il n’y a pas que dans le Jura que l’élevage sous voile peut se faire, mais c’est plutôt rare ailleurs. Celui-ci vient du Minervois et après près de 4 ans sous voile, est plutôt réussi. Robe bien dorée, nez très prenant, de morille, de curry, mais aussi nettement fruité, ananas, abricot. En bouche c’est très doux, pas sucré mais suave, et de belle longueur. Un vin qui pourrait plaire à ceux qui sont encore réfractaires au savagnin. Un tremplin vers les grands jaunes !

Vin jaune, Côte du Jura 1999, savagnin, Jean François Ganevat.

C’est un vin jaune tout en retenue que nous rencontrons à ce stade de la dégustation, un peu de fruit, un peu de curry, une impression de minéralité aussi. C’est vraiment très bon en bouche, avec un bel équilibre, beaucoup de douceur, mais avec une acidité qui se poursuit doucement dans la longue finale. Le 1998 dégusté lors de l’atelier suivant paraît plus vif, mais également de belle longueur.

Madère Marvilha, Medium Dry

On passera sous silence le nom du propriétaire, car ce n’était pas une grande réussite. Le nez est fruité, mais sur les fruits cuits, il est nettement madérisé (jusque là tout va bien). C’est en bouche que cela se dégrade, c’et sucré, mais sans vie, peu d’acidité peu de longueur, pas très bon en fait. Un second Madère sera testé lors du second atelier, sans plus de succès.

Rivesaltes Ambré 1996, grenache blanc, grenache gris, Domaine Fontanel.

Ce rivesaltes est dans la même gamme de prix que le Madère, mais quel nez, du tabac blond, de la tarte tatin, des abricots secs, un peu de girofle, on passerait des heures à le décrire, mais derrière, c’est une fraîcheur étonnante qui nous attend, comme quoi oxydation et fraîcheur sont loin d’être incompatibles. Ce vin est évidemment en accord parfait avec la belle Fourme d’Ambert de la Casière. Pout l’autre atelier, j’ai choisi le , dans le même registre, mais avec un peu plus de tout et notamment de longueur. Un beau vin de méditation et des rapports Q/P exceptionnels.

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Voilà, une véritable odyssée aromatique, dont ma conclusion personnelle est la suivante. Peu me chaud que le vin ait été elevé dans un but d'oxydation ou non, ce qui compte, c'est le résultat dans le verre;-). Parmi les vins présentés, plusieurs n'auraient pas dû dévier vers cette gamme aromatique et pourtant, si l'on prend le vin comme une rencontre ou chacun fait un pas vers l'autre, quel bonheur. Car la différence entre un vin oxydé, ou oxydatif, c'est surtout sur la qualité de la bouche. Les vins vraiment oxydés sont simplement plats en bouche, sans vivacité, éventés, sans vie, tout simplement morts. Avec les autres, et notamment beaucoup de vins blancs tout à fait sans soufre, il faut simplement accepter de se laisser emener dans un monde parallèle. Et alors, vive l'oxydation.

06/01/2009

MARK ANGELI: Conférence-Débat-Dégustation

Samedi 7 Février 2009 à 14h30

MARK ANGELI, Conférence-Débat-Dégustation!

Viticulteur, les enjeux du bio et de la biodynamie et les mensonges de l'agriculture moderne!

Bonjour à tous, et pour ceux que j'aurais oublié, mes meilleurs voeux pour l’an 9, l’an 2009! Que cette année vous soit douce et riche, de partage et de rencontres; qu’elle vous apporte, non pas plus de tout, mais mieux de tout.

C’est aussi dans cette optique que nous allons débuter l’année à la boutique de l'Odyssée, avec la venue de Mark Angéli, le paysan polisson de la ferme de la Sansonnière.

Angeli

Mark a débuté dans la vigne il y a une petite 20aine d’années, après des études de chimie et une première expérience manuelle en temps que maçon. Ses vins ont depuis acquit la reconnaissance des meilleurs guides, mais surtout des amateurs de vins naturels, voire de grand vin tout court. Mark aurait pu profiter de cette notoriété pour augmenter sa surface de production, et s’enrichir un peu; que nenni! Mark est un adepte de la décroissance dans le bon sens du terme, faire moins pour faire mieux et différent. Il prend donc dorénavant de son temps pour aller expliquer son métier, sa démarche (bio et biodynamie) ainsi que les enjeux importants qui y sont liés.

Son parcours 2009 l’entraînera début février jusqu’à la boutique de l’Odyssée pour y proposer une conférence-dégustation. Ce sera le samedi 7 février à 14h30. Il sera probablement accompagné par Richard Leroy ou Didier Chaffardon, ceci en fonction du nombre de participants. Le lieu sera également choisi en fonction de ce critère (en Brabant Wallon).

Si vous êtes intéressés à participer à cette conférence, pour pouvoir décider de la salle, je dois vous demander de vous y inscrire. Cette inscription est gratuite, mais je compte sur vous pour l’honorer. Plusieurs cuvées seront proposées à la dégustation, et il sera sans doute possible d’en encaver un peu, mais sans obligation.

L’inscription se fait par e-mail à laurent@truegreatwines.com, en mentionnant simplement "Angeli" et le nombre de personnes vous accompagnant. J’attends de vos nouvelles rapidement, je ferai un premier point ce week-end.

Comme introduction au personnage, vous pouvez visionner ces deux petites vidéo 1 vidéo 2

Comme introduction à ses vins (pour ceux qui ne les ont jamais dégustés à la boutique ;)): quelques notes extraites du guide vert de la RVF: Viticulteur biodynamiste zélé, idéaliste et sensible, Mark Angéli élabore essentiellement des vins secs artisanaux, de chenin. Qu’il s’agisse de la lune, dans un style mûr et riche, associé à une grande fraîcheur minérale, des Fouchardes, plus subtil, ou du Vignes Françaises (franc de pieds arrachés en 2007, ravagés par le phylloxera), dense et vivace, tous atteignant le niveau d’originalité des grands crus. En vinification, les doses de soufre sont faibles ou inexistantes (Vignes françaises).... Les Vins. Tous les chenins secs se déclinent en vin de table, Mark Angéli ayant renoncé à participer à la “mascarade” des dégustations d’agréments des AOC. Les 2006 se présentent magnifiquement avec une précision aromatique que nous ne leur connaissions pas. ...

Voilà, parlez en autour de vous, venez en groupe, je vous y attends nombreux, et d'ici là, prenez soin de vous!

04/01/2009

TOP 5 2008 (II): La ZIK!

On dit parfois des vins naturels qu'ils ont des arômes "rock 'n roll", pas étonnant que j'affectionne autant cette musique;-). Oh je ne crache pas sur du classique et supporte même un peu d'opéra. Mais désolé, j'ai pris un bain de métal dès mon plus jeune âge et je n'en suis pas sorti indemne. J'ai eu la chance en 2007 de joindre une équipe de chroniqueurs frappadingues des plus compétentes, celle de MusicWaves (anciennement ProgressiveWaves). Ce fut l'occasion d'étancher encore ma soif inextinguible de rock en tout genre, de l'extrême au prog en passant et repassant par le métal, et je ne me suis pas gêné!

Alors comme chaque fin d'année, nous avons jeté un oeil dans le rétroviseur et choisi un top 5 des meilleurs galettes sorties en 2008. Beaucoup d'excellents albums, prenez aussi le temps de parcourir le top 5 des autres chroniqueurs, vous ferez sans doute des découvertes.

1.Uriah Heep - Wake The Sleeper

Dans le metal prog/melo, j’aurais pu mettre Andromeda ou Seventh Wonder, mais il y a dans le choix d’Uriah Heep une part d’affectif que j'assume. Retrouver après près de 30 ans de semi-hibernation, un de ses groupes préférés dans une telle forme, cela donne envie de croire en l’immortalité !

2. Brother Firetribe - Heart Full Of Fire

J’y ai glissé une phalange et j’y ai laissé le bras, cet album renvoie Journey à ses études; des compositions accrocheuses à la Russ Ballard, un son parfait, de l’energie à revendre, du Hard mélo/AOR comme cela, on s'en gave. Je me suis du coup précipité sur leur CD précédent, un délice également.

3. Moongarden - Songs From The Lighthouse

Il y avait bien le retour agréable de VDGG, mais j'ai déjà été sentimental plus haut. Et puis, j'ai fait pas mal de découvertes en prog cette année. Simon Says a longtemps tenu la corde, mais il se fait coiffer sur le fil par Moongarden. Plus simple peut-être, mais plus chaud certainement. Une découverte, un son, une voix, du prog à la fois planant et émotionnel, il fallait faire un choix.

4. Septic Flesh - Communion

Dès les premières notes, un frisson me parcourt l’échine ; c’est beau mais ça fait mal. C'est d'une richesse extrême, mélodique, instrumentale et d'ambiance rare. Un album que j'écouterai encore en 2009, 2010, 2011, ...

5. StoneDrive - A Moment Of Weakness

Il y a eu quelques bons albums de hard rock en 2008, avce notamment les retours des Guns et de AC/DC. Mais c'est sans chauvinisme aucun (je suis belge ;-) que j'ai eu un moment de faiblesse pour ce combo parisien (peu devant les General Store). Quelque part entre les Spiritual Beggars et Nickelback, c'est moderne et chaud, il y du groove, du feeling, de la mélodie, du gras et du cambouis. J'aime!

Voilà, pas de panique, on revient au vin et à la cuisine pour le prochain Top 5;-).

18:23 Écrit par Laurent dans Musique | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

03/01/2009

Les TOP 5 de 2008 (I) LES RECETTES

Quelques Top 5 en vrac, et c'est là je constate avec amertume le peu de temps que, moi qui adore écrire, j'ai consacré à la lecture de romans. Allez dans le top 5 des résolutions, lire au moins 5 romans en 2009;-).

TOP 5 Recettes

Frites de Poires Pochées au Sumac.

Cette épice que j'ai rentrée pour la boutique cette année est incroyable. Elle s'adapte aussi bien aux plats salés que sucrés. Elle s'incorpore dans les tajines, adore l'agneau et les merguez, le riz et même le poisson. Ses arômes de tomates séchées et son acidité ouvrent des combinaisons insoupçonnées que seul notre manque d'imagination limite. Lors du week-end Yourte Ouverte, je vous avais proposé cette ces poires au sumac. Je ne sais pas vous, mais moi j'avais adoré;-). Je m'étais librement inspiré ce cette recette là.

sumac_poires

L' Hypocras de l' Odyssée

Encore toujours pour le week-end yourte ouverte (voyez la décoration de la yourte pour l'occasion, c'était magique!), j'avais préparé un Hypocras. Oui, ce vin du moyen âge, que l'on attribue aussi à Hippocrate, le précurseur de la médecine. J'avais décidé de le revisiter et de remettre au goût du jour, au gré des épices de la boutique! Et vous avez été nombreux à l'adorer. Patrick Ridremont, égaré à Pécrot (et que l'on peut voir à l'affiche de l'hurluberlu jusqu'au 9 janvier 2009; mais attention, pas celui de Sébastien David), en a même pris quelques bouteilles pour faire l'apéro maison de son resto, l'Un des Sens. Faudra que j'y aille pour le goûter et qui sait, y laisser quelques vins bien naturels;-).

Bon la recette devrait rester secrète, mais comme tout est dans les proportions, je peux vous en donner les ingrédients;-). Tout est aussi dans le choix du vin, mais là je vais vous aider. Si vous prenez un vin tchenobylé, n'espérez pas convaincre vos amis d'en boire, ou alors une fois, mais pas deux. Ne choisissez pas non plus un grand vin, ni même un très bon, ce serait du gâchis. Non, moi j'ai choisi le vin blanc le moins cher de ma carte, un vin assez neutre, mais frais, bio et avec très peu de sulfites. C'est la bien nommée cuvée de sauvignon Glou Glou du domaine de la Rourède dans le Roussillon. Elle convenait à merveille.

Voici ma combinaison préférée: gingembre (en poudre), cardamome, maniguette, coriandre, poivre de la Jamaïque, poivre de sichuan, un peu de tisane Plume ou de Zen, ou encore de la tisane oranger-bergamote. Le tout est de mettre suffisamment d'épices et de les faire macérer quelques heures pour extraire les arômes, mais pas les matières amères. Goûtez après 2 heures et puis décidez de prolonger ou non, l'extraction. Les épices sont broyées et s'ajoutent telles quelles, ou si vous êtes maniques, dans un petit linge à infusion. Ajoutez ensuite un peu de miel d'acacia, de sirop d'érable, ou de sirop d'agave, à votre goût, mais pas trop, cela doit rester apéritif. Pour la qualité des arômes, il vaut mieux augmenter les quantités d'épices et diminuer le temps de macération. De grâce variez les plaisir, par temps froid, vous pouvez rajouter quelques clous de girofle et un bâton de cannelle. Comme digestif, de la verveine et de la badiane. A vous de jouer!

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Canard Laqué

Là, c'est autant l'accord parfait avec le Rouchefer de René Mosse que la recette que j'ai adoré.

Moutarde boutique

Ben oui, c'est un peu comme une recette maison, mais faite avec les ingrédients de la boutique ;-). Deux essais et une grande réussite. Plus de graines de moutarde en stock, je vais en recommander. Passez à la boutique vous en procurer également, ça coûte deux fois rien!

Le Jazz Max

C'est vraiment une petite merveille ce Jazz Max acheté suite à une démo de Catherine de Trop Bon à la boutique. Pour les jus multiples (en ce moment, betterave rouge, carotte, celeri rave et radis noir;-). Mais aussi pour les hoummous, les tapenades, ... ayez le réflexe jazz max!

J'oublie aussi les graines de coriandre germées , découvertes chez Pol Grégoire , elles allient les notes florales de la graine et celles très particulières de la feuille, mais en plus fin. C'est tout bonnement divin.

Voilà, et vous c'était quoi vos révélations culinaires 2008?

A très bientôt pour un nouveau Top 5 2008, sur les vins, les vignerons, la musique, les résolutions, ...et puis surtout, je vous souhaite à tous, le meilleur pour cet an 9! ;-))).

Ah oui et si vous y pensez, et si vous voulez flatter un peu mon égo, c'est le blog award 2008, votez pour moi, c'est jusque mardi prochain le 6 au soir je crois.

29/12/2008

C'EST LE BOUQUET!

Le bouquet final, le feu d'artifice de fin d'année, l'expression de mon indignation, ou encore un vrai bouquet de senteurs? Les trois mon général!Je ne m'étendrai pas sur les pratiques lamentables de plagiat, je connais ça, c'est simplement désolant! Non, je reviendrai par contre sur cet article découvert sur le blog d'Hervé Lalau et écrit par. Lisez je crois que cela se passe de commentaires. Comment est-il encore possible d'avoir des avis d'arrière garde, et pourtant je les rencontre encore également. Le monde du vin en agriculture chimique n'est pas un monde de bisounours etil y a un reel plus à chercher les "bons" vins bios (il y en a de mauvais, la certification ne donne ni le talent, ni le terroir au vigneron;-). Et de préférence, ceux qui continuent à la cave la même philosophie qu'à la vigne.

13:27 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

28/11/2008

LES GOUROUS NE SE GOURENT PAS TOUJOURS!

J'aime encore bien chambrer les dégustateurs pro ou amateurs qui croient détenir la "vérité" du vin et de la dégustation; surtout quand elle est plutôt éloignée de la mienne;-).

Mais soyons honnêtes, il arrive plus souvent qu'à mon tour d'être d'accord avec certains "gourous", alors il faut le signaler;-).

Un exemple tout récent, dégustation Pinot Noir , malgré la haute tenue des cuvées extérieures à la Bourgogne, de Ganevat, Schueller ou de Thierry Michon du Domaine St Nicolas, je place au sommet de mon top, le Nuits St Georges 1er cru les Vallerots 2006 de Chantal Lescure. Un nez très mûr, distingué, une densité mêlée de finesse, une belle qualité de tannins, une acidité comme j'adore, qui prolonge la finale infiniment. Jeune certes (c'est un 2006), mais d'un superbe équilibre. Pour moi, un grand vin, en devenir.

En préparant la dégustation sur la "Clé des Sols" (très belle conférence au demeurant), je compulse mes guides et tombe sur le commentaire de Michel Bettane à son sujet. Oh surprise, nous sommes d'accord: « Un des meilleurs nuits de notre dégustation à l’aveugle, splendide arôme de raisin mûr, corps généreux, tannin beaucoup plus harmonieux que la moyenne, grande longueur, vin de classe et de complexité, d’un niveau d’un grand cru . Et bien, qui l'eut cru? On avait déjà flashé l'année passée sur la même découverte dans le Jurançon et les très beaux vins de Gil Schefchen; et puis Fanfan Ganevat comme découverte de l'année 2009 (là je souris un peu quand même;-), avec cette dernière similitude d'appréciation, je dirais presque, que, à un ou deux biocons près, on peut difficilement être plus sur la même longueur d'onde, comme quoi!

Et pourtant, ce n'est pas si simple. Vous avez été plusieurs, hier soir, à préférer le Nuit St Georges Villages du même domaine. Très bon, plus immédiat peut-être, mais d'un potentiel inférieur. Comme quoi, les analyses peuvent se rejoindre et quand même être éloignées du rapport qualité-plaisir immédiat du consommateur... Bon c'est pas tout ça, si vous avez apprécié, il m'en reste un peu à la boutique ;-).

09:33 Écrit par Laurent dans Ateliers Dégustation | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : bettane, sol, terroir, lescure |  Facebook |

24/11/2008

LA CLE DES SOLS

Une belle conférence à signaler, organisée par l'OENOKOT de Louvain-la-Neuve. Le Professeur Bruno Delvaux, doyen de la faculté d'agronomie de l'UCL, spécialiste des sols et passionné d'oenologie, nous présentera le comment et le pourquoi de l'influence du sol sur la qualité du vin. Ce sera passionnant! D'autant que la conférence sera suivie d'une dégustation animée par votre serviteur. Alors, en primeur (c'est la saison ;-),voici la liste des vins à déguster à prix coûtant, la conférence est gratuite:

Sur un terroir à dominante granitique, Jean Schaetzel (2* guide RVF) isole une partie sur argilo-calcaire. En plus d'être au sommet de la qualité alsacienne, les différences gustatives sont édifiantes.

Martin Schaetzel Riesling "Grand Cru" Kaefferkopf Granit 2006

Martin Schaetzel Riesling "Grand Cru" Kaefferkopf Nicolas 2006 (sur argilo-calcaire)

Georges Descombes, de la bande à Lapierre dépasse souvent son maître. Son Morgon VV 2005 a dominé la dégustation de cru Beaujolais de la semaine passée, faisant même beaucoup d'ombre au très bon, mais moins juteux, Côte de Py de Foillard

Georges Descombes Brouilly Vieilles Vignes 2005 (granit, sable)

Georges Descombes Morgon Vieilles Vignes 2005 (schistes)

Mon chouchou du moment, Michel Guignier, dans le Nord du Beaujolais, à Vauxrenard. Outre sa "mélodie d'automne" que je me repasse régulièrement, il propose des crus bien typés, vinifiés adroitement sans SO2.

Michel Guignier, Moulin à vent 2005 (granit, argile, manganese)

Michel Guignier Beaujolais Villages 2005 (granit, sable)

On ne présente plus Olivier Guyot (3 *B&D), proche de regretté Denis Mortet. Ses vins sont toujours très fidèles au terroir, sans maquillage.

Olivier Guyot Gevrey Chambertin Vieilles Vignes Les Champs 2004 (coteaux calcaire)

Olivier Guyot Bourgogne Pinot Noir 2004 (plaine)

Et pour terminer, mon préféré de la dégustation récente de pinot noir, qui était de très haute volée. Je ne suis pas le seul à l'avoir apprécié, Bettane en personne considère ce 1er cru Vallerots au niveau d'un grand cru. Comme quoi les gourous ne se gourent pas toujours;-). Le village est super aussi, tout sur la gourmandise!

Chantal Lescure Nuit St Georges 2006 (bas de coteaux, argile, limon)

Chantal Lescure Nuit St Georges 1er cru les Vallerots 2006 (coteaux, calcaire dur de Comblanchien)

Voilà, ce sera le jeudi 27 novembre, à 20h30 place croix du sud, auditoire sud 03 à Louvain-la-Neuve, qu'on se le dise!

Et je me réjouis déjà de rencontrer ces jeunes passionnés du vin de l'oenokot.

20/11/2008

IL EST ARRIVE!

Qui? Ben le nouveau, le primeur, du Beaujolais bien sûr! Enfin, pas toujours. Comme m'a dit Philippe Jambon, " on a décidé de pas faire de vin cette année". La faute au 7 août, et une grêle de chez grêle; l'année pourrie a fait le reste!

Pas de Guignier, pas de Tranche de Jambon, mais par contre ceux qui en ont sorti on fait très bon. Enfin les bons vignerons ont fait très bon , les autres ...

Alors venez, ce vendredi 21 et samedi 22, à la boutique, déguster les meilleurs, Lapalu, Descombes, Ducroux, et puis l'une ou l'autre quille encore.

Et pour ceux qui veulent comprendre mieux encore le Beaujolais et ses vins, comme chaque année , nous avons un atelier le vendredi soir à 20 ehrues, avec charcuterie locale (pâté, rillettes, terrines), fromages (Chèvres, St Félicien en St Marcellin) et bien sûr les fameux sabodet et jambonneaux. IL reste encore quelques places, Réservez sans tarder, c'est demain (45€, réservation par mail ou tel : 0478 82 16 36)

Voilà, qu'on se le dise!

Les vins du vendredi soir:

Lapalu: Beaujolais Villages 2006

Croix des Rameaux 2005

Ducroux; Régnié 2005 (sans SO2)

Foillard: Morgon Côte de Py 2005

Morgon Les corcelettes 2005

Descombes: Morgon VV 2005

Chiroubles VV 2006

Bourgine: Moulin à Vent 2005

Chenas 2005

Lapierre: Morgon sasn soufre 2005

Guignier: Moncailleux 2005 (Sans SO2)

Fleurie 2005

Grillet; Morgon Les Cras 2006

On va se régaler!!!

13/11/2008

PINOT NOIR, La REVANCHE

Il y a quelques années, j'avais organisé une belle dégustation de pinot noir, consacrée au millésime 2003! Alors qu'il y a avait plusieurs crus réputés de Bourgogne, c'était un pinot noir d'Alsace, de chez Christian Binner, qui avait récolté tous les suffrages. Nous nous étions dit que c'était l'effet millésime, 2003 et sa canicule, et que la Bourgogne regagnerait sans doute le haut de la hiérarchie l'année suivante. Et bien c'est ce que nous avons aussi testé hier soir! Hier, c'était, la Revanche!

Une bonne quinzaine de vins en dégustation, devant un panel plutôt aguerri, on allait voir ce qu'on allait voir. Le vins étaient présentés par paire, juste ouverts une bonne heure à l'avance, et certains carafés juste avant service.

Effet Cépage: Pinot Noir vs Gamay

Bourgogne Pinot Noir 2006, Renaud Boyer

Renaud Boyer a repris les vignes de Thierry Guyot, vignes cultivées en biodynamie depuis une vingtaine d'années, un petit bijou! La robe est légèrement trouble, et semble un peu évoluée en comparaison du suivant. Le nez est très ouvert sur le fruit rouge mûr, les fleurs (rose) et l'encens; des notes d'épices aussi. Le plaisir est au rendez vous en bouche, avec une harmonie, une douceur des plus agréables. Les tannins sont polis, l'équilibre suave, la buvabilité excitante. Dieu que c'est bon!

Morgon Les Grands Cras 2006, Gamay, Domaine Grillet

Déjà un pirate, c'est un gamay! Robe plus brillante, plus colorée, moins évoluée. Par contre, le nez est dominé par les notes lactées, de caramel, qui cachent un peu le fruit. On le retrouve en bouche, plutôt porté vers la groseille, un peu de banane, et puis une finale assez poivrée aussi. L'acidité est un peu plus marquée, c'est plutôt sympa, mais la préférence va indubitablement au Bourgogne de Boyer.

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Effet Région: Bourgogne vs Alsace

Gevrey-Chambertin, Les Champs 2004, Olivier Guyot.

J'aime beaucoup les vins d'Olivier Guyot, ils sont toujours très proches du terroir, sans concession; et le millésime 2003 avait démontré que l'on pouvait faire des vins sur la fraîcheur et sans sécheresse en pleine canicule. Le travail des vignes sans doute! Le millésime 2004, c'est évidemment une autre paire de manche. C'est un millésime à la maturité un peu juste et qui donnait des vins un peu plus dilués. Mais c'est aussi le type de millésime où le terroir se révèle!

Derrière un nez un peu trop marqué par la barrique par ses notes de torréfaction, se dévoile un très beau fruit, sur la griotte mûre, sans aucune trace végétale. La bouche est encore ferme, pas hyper concentrée, mais avec de la matière. L'acidité est marquée mais pas dérangeante. Un vin qu'il faut attendre, un peu trop muet à ce stade.

Alsace Pinot Noir LN 012, Bruno et Gerard Schueller.

Ah voilà le représentant de l'Alsace! Et un vin sans sulfites en plus (12 est la cc en mg mesurée sur la première cuvée sortie en 1997). Les vignes proviennent du grand cru Eichberg, au terroir argilo-calcaire propice au pinot noir.

La robe est un peu plus dense, un peu trouble également. Dans le verre, les arômes sont dominés par la réduction. Ce n'est pas nouveau sur ce millésime, il faut juste un peu de patience. Assez rapidement, les plus habitués y découvrent des arômes de fraise mûre, de rose mature, d'encens, d'épices. C'est très complexe pour qui prise un peu les vins naturels! La bouche est rafraîchissante, sur une acidité salivante; la matière semble plus dense que celle du Gevrey, elle est en tout cas plus suave et la longueur meilleure. Cela reste toujours pour moi un beau moment très compatible, de gourmandise et d'émotion...

Effet appellation et hiérarchie

Marsannay Les Favières 2004; Olivier Guyot

Les Favières, c'est un bon terroir de Marsannay, situé dans le Nord de l'appellation et en bas de coteaux. Un bon, mais pas le meilleur; la Montagne par exemple, du même vigneron lui est nettement supérieur. Robe plutôt claire, nez délicat de fruit rouge groseille, mais assez timide. La bouche est ferme, fruitée, mais avec quelques notes végétales; les tannins sont un peu durs.

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Chambolle-Musigny 1er cru les Charmes 2004, Olivier Guyot

La robe est identique, le nez également timide. Plusieurs dégustateurs demandent si c'est le même vin! Et bien non, il y a même un facteur 2 dans le prix...;-). Il faut juste prêter un peu d'attention à la bouche. Je demande de redéguster. Et là, c'est évident. Le Chambolle est tout en dentelle, il y a une pureté de fruit à se damner, quelques notes florales à faire chavirer. Les tannins sont juste là pour apporter leur contribution à la matière légère mais suave, qui tapisse gentiment les parois de la bouche et structurent la longueur. Car c'est aussi en longueur que se marque la différence. Le Marsannay est ferme, et la finale se fait un peu dure, le Chambolle est tout le contraire, il emmène qui veut le suivre, loin, dans un voyage presque aérien. Typiquement le vin qui risque de passer inaperçu, calé entre deux Bourgogne "modernes"... Ce serait pourtant dommage de rester insensible à son ... charme... Les Charmes sont réputés pour leur délicatesse, apportée sans doute par un sol calcaire pauvre, caillouteux et très bien drainé. Le millésime 2004 exacerbe encore cet effet terroir; amateurs de finesse et pas de maigreur, vous allez vous régalez!!!

Effet Région: Jura vs Bourgogne

Côte de Jura, Cuvée Julien Ganevat 2005, Pinot Noir, Jean-François Ganevat

La robe est plus sombre que celles des séries précédente, elle est brillante. De très beaux arômes de cerise mûre percolent du verre, accompagnés de notes de café, de pierre chaude, de fleurs (violette). C'est très beau, distingué, complexe et évolutif. Le nez reste accroché, curieux de découvrir encore et encore, de nouvelles senteurs. Tout cela se retrouve en rétro-olfaction, la sève est présente, mais sans agressivité. L'acidité oriente certains vers les Fiefs Vendéens, d'autres restent en Bourgogne, personne ne pense au Jura, ni a Fanfan Ganevat, qui nous joue encore un tour de sorcier! Un pinot noir cependant très loin des dérives "putassières" que lui font subir de plus en plus d'oenologues. Un vin qui ira encore très loin!

Gevrey Chambertin, Billard 2005, Jérôme Galeyrand .

Un néo-vigneron, et déjà une des révélations pour beaucoup. J'avais eu un coup de coeur pour ses vins aux Grands Jours de Bourgogne et non sans difficulté, j'avais pu le mettre à ma carte. Jérôme possède 4 hectares en côtes de nuits (Gevrey, mais aussi Fixin, ...), qu'il travaille en lutte très raisonnée; en espérant qu'il évolue vers plus de naturel encore dans les années qui viennent, laissons lui un peu de temps. La robe est très sombre, très 2005! Le nez est très expressif, presque explosif. Des notes de cassis, de myrtille, avec des épices, du balsamique, presque de la garrigue jaillissent du verre. La bouche est suave, sans aspérités et d'un équilibre remarquable. Sans doute moins "terroir" que le Ganevat, il est certainement plus accessible; mais avec de la fraîcheur, et loin de sombrer dans les caricatures précitées. Gros miam pour beaucoup!

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Effet Exposition: Sud vs Nord-Est

Le pinot noir se plaît pas trop mal sur les terroirs froids; il ne nécessite en effet pas une période de maturation trop longue et il bénéficie parfois d'une certaine lenteur dans celle-ci (pour autant qu'elle soit complète bien sûr.). On le trouve d'ailleurs en Loire, mais aussi en Allemagne, ou en Autriche. Son exposition de prédilection est sans doute l'Est, mais nous avons choisi ici de comparer deux vins issu d'un terroir très similaire (marnes blanches) mais aux expositions radicalement opposées, sur un millésime plus difficile que le 2005, mais à mon avis très sous-estimé, le 2006!

Pommard Les Vignots 2006, Chantal Lescure

Exposé au Sud, nous avons en face de nous un pommard assez corpulent, à la robe noire, au nez fruité (myrtille, fraise), à peine boisé, à la bouche charnue, mais tannique, ferme, très puissante (certains y trouve un petit déséquilibre d'alcool). C'est très bon, mais il faut un peu le garder pour qu'il s'équilibre et s'affine; il y a une matière que seul le temps pourra dompter.

Pommard Les Vaumuriens 2006, Chantal Lescure

Sur un terroir plus froid, exposé Nord-Est; François Chavériat (le maître de Chai qui sera présent à notre marché de Noël le samedi 14 décembre;-), nous propose une superbe cuvée. Bien sûr, les tannins sont encore un peu présent, mais quel jus en milieu de bouche, quelle fraîcheur, et déjà quelle complexité. C'est nettement moins massif que les Vignots, et pour beaucoup, un cran au dessus au niveau plaisir actuellement. Je suis d'accord, en bon millésime, les Vaumuriens à souvent ma préférence. Rendez vous toutefois dans 10 ans ;-).

Effet Hiérarchie et Sol: 1er cru vs Villages; Calcaire vs "pas"calcaire;-).

La Bourgogne, c'est avant tout une diversité de sols. Il était intéressant d'y plonger, modestement, afin de mettre en évidence son effet potentiel. Et comme le pinot noir, c'est le calcaire, c'est donc sur sa présence qu'il fallait jouer, et comme nous aimons jouer, nous avons joué, et gagné!

Nuits Saint Georges 2006, Chantal Lescure

Robe encore plus sombre, c'est la côte de nuit, nez expressif, très myrtille bien mûre, au boisé sympathique car non dominant. La pulpe est bien présente, la bouche est ronde, aux tannins plus civilisés que les Pommard. C'est une vraie petite bombe de fruit, que l'on apprécie sans aucune difficulté. Très charmeur.

Nuits Saint Georges, 1er cru les Vallerots 2006, Chantal Lescure

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Les Vallerots est un terroir très calcaire, assez ancien et en coteaux. C'est un des tout bons 1er crus de Nuits St Georges. Sa robe tout aussi sombre que le villages, mais le nez se fait déjà plus précis, plus de finesse sans doute. Si le Villages faisait grosse impression, c'est pourtant presque sans combattre, que le premier cru va l'écraser. Par sa finesse, par la qualité de ses tannins, par son acidité, par sa longueur; c'est un KO debout et une belle leçon à ceux qui ne croient pas au terroir. Un cas d'école. D'école, car il est facile de présenter un mauvais villages contre un bon premier cru, non, le challenge était ici d'impressionner par le villages et puis de renverser la situation avec le 1er cru, pari gagné! Et à nouveau Bravo à François Ca-Chavériat et son équipe. Ils nous font déjà oublier le millésime 2005...

Il est temps de se restaurer, et grâce aux fromages de la Casière, à Wavre. Evidemment, sur un bel Epoisses, de l'ami de Chambertin, ou les St Félicien et Marcellin, il faut choisir un vin qui sera mis en valeur et non pas une grande cuvée qui risque d'être dénaturée. Il ne faut donc pas hésiter à descendre un peu dans la hiérarchie et rechercher la fraîcheur et la vivacité. C'est ce que nous avons fait en visitant l'Yonne.

Effet Millésime et effet Fromage

Bourgogne Epineuil, Côte de Grisey 2003, Abbaye du Petit Quincy

Robe brillante, assez dense, le nez est tout sur le fruit rouge (groseille, fraise), assez simple sans doute, mais bien net. La bouche est gourmande et le fruit se révèle encore avec le fromage; accord classique mais bon!

Bourgogne Epineuil, Côte de Grisey 2004, Abbaye du Petit Quincy

Dominique Gruhier a vraiment fait progresser les vins du coin. Il en récolte maintenant les fruits puisqu'il rentre dans le guide de la RVF 2009, bravo! J'étais curieux de regoûter ce difficile millésime 2004, et ma foi, sans prétention, il se comporte bien sur le fromage, lui apportant toute la fraîcheur nécessaire. Bien sûr, la robe est plus claire, bien sûr la matière est moins dense; le fruit se fait aussi plus frais (groseille), agrémenté de notes de poivre vert, un peu végétales sans doute, mais cela reste friand et très sympathique. Pour le plaisir, et parce que vous avez cru la découvrir à presque chaque paire, j'ai ouvert une bouteille de

Fiefs Vendéens, La Grande Pièce 2002, Pinot noir, Domaine St Nicolas (Loire)

Carafée pour éliminer quelques bulles de CO2, le nez se fait immédiatement très ouvert. Mûre, cerise du nord, épices, fumée, graphite, minérale; c'est très beau. La bouche est juteuse comme un vin de Barral (le schiste?, le peu de SO2), tout en finesse mais aussi en belle maturité. La gourmandise fait que le vin s'évapore trop rapidement; je ne l'avais plus goûtée récemment, coup de coeur pour moi et je ne suis probablement pas le seul ;-)!

Il fallait terminer par un Bourgogne à maturité, je me suis donc plongé dans mes réserves, constituées, à l'époque où j'écumais les foires au vins. Je me suis arrêté sur:

Gevrey-Chambertin 1er cru Lavaux St Jacques 1995, JP. Marchand.

Honnêtement, à l'époque, il était plutôt dense, charnu, j'avais l'impression d'avoir fait une bonne pioche. Le 1er cru Lavaux St Jacques, est bien situé, pas loin de du réputé Clos St Jacques, voyons voir. Il ne faut pas être grand dégustateur pour constater l'évolution de la robe qui garde cependant une belle profondeur. Le nez combine les arômes de fruit et ceux plus évolués de viande, d'épices douces, de cèdre et de tabac. La bouche est fine, mais finit un peu court. Sans être désagréable, il manque un petit je ne sais quoi de profondeur pour vraiment plaire et tenir son rang. Peut-être l'apogée est-elle un peu dépassée, peut-être sommes nous trop formatés aux vins jeunes, peut-être ce vin manque-t-il aussi un peu de naturel...

Alors voilà, un atelier qui a tenu ses promesses, et où les pinot noirs hors Bourgogne se sont très bien comportés. Difficile de donner des préférences, tant les vins sont différents, mais voici pourtant ceux qui, pour moi, sortent du lot:

8. Gevrey-Chambertin En Billard 2005, Jérôme Galeyrand: quelle accessibilité!

7. Bourgogne 2006, Renaud Boyer: quelle buvabilité!

6. Chambolle Musigny 1er cru 2004, O. Guyot: quelle dentelle!

5. Pommard Vaumuriens 2006, Chantal Lescure: quelle potentiel!

4. Alsace LN 012 2004, Schueller: quelle suavité et quel naturel!

3. Côte de Jura, Cuvée Julien Ganevat 2005, JF Ganevat: quel terroir!

2. Loire, Fiefs vendéens, Grande Pièce 2002, Domaine St Nicolas: quel jus!

1. Nuits St Georges, 1er cru les Vallerots, Chantal Lescure: grand!

L'honneur est sauf, la Bourgogne remporte ma palme de justesse, mais les pinot noirs "hors bourgogne" trustent les accessits, alors que le niveau était très, très relevé! Bon on remet cela quand vous voulez!pinot_noir1