11/06/2007

YOURTE (3)

Comme promis, quelques photos de l'avancement de la yourte. Après avoir fait les pilotis et la structure de chevrons. Il faut placer le plancher. Pas de matériel chez les Mélottes, mais on a de bons voisins;-). Quelques frayeurs pourtant, du retard pour le rabotage et le rainurage (ça ce dit çà?;-), averses diverses, mais cela avance. Anne y travaille d'arrache-pied tous les jours. Elle a choisi du mélèze, qui est un bois très résistant et réputé imputrescible. Les chevrons ont été traités doucement au préalable avec un mélange de borax et d'huile de lin.

Nous sommes à jour J moins 5 de l'érection et on va tomber à court de planches. Il y a plus de chutes de bois que prévu et pourtant Anne avait vu large...5 jours pour en retrouver, ce sera juste, suspense...

Nous serons probablement une trentaine au BBQ d'inauguration, génial, mais va falloir assumer maintenant...des salades "nature" pour tous? j'espère avoir assez d'orties dans le jardin...

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18:40 Écrit par Laurent dans Nature | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

09/06/2007

PECROT, C'est la CHENILLE PROCESSIONNAIRE

qui redémarre;-)

En voyage pour quelques jours en Bourgogne et dans le Beaujolais, Anne m'informe que Pécrot est en ébullition, la cause, quelques foyers (des nids quoi!) de la fameuse chenille processionnaire ont été détectés, et notamment dans notre jardin... Et les équipes de télévision de se succéder, RTBF, RTL Telecom... mais hélas, pas un regard, sur un sujet bien plus intéressant pourtant, la construction de notre yourte;-).

Dans la voiture, sur la route du retour, les "flashes infos" se multiplient, 2 nouveaux foyers trouvés, d'autres détruits, j'ai comme l'impression que je vais retrouver mes chênes chéris, soit complètement recouverts de toiles, soit complètement cramés. Ni l'un ni l'autre, et oui les médias, avides d'infos accrochantes, n'ont-ils pas à nouveau monté en épingle cet épiphénomène. Car force est de constater que si la chenille est bien présente, il me faut quand même quelques minutes pour repérer le premier nid. Mais dans le village, on est pas loin chez certains de la psychose... comme cet individu dans une boutique qui explique en long et surtout en très large les risques liés à cette bébête et de repartir les bras chargés de multiples insecticides... On est pas très loin du syndrôme de la grippe aviaire...

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Et hier soir, alors que nous sommes tranquillement occupés avec des amis à siroter quelques échantillons de Georges "le noune" Descombes (qui sont, entre nous, de véritables friandises, et qui sera présent au premier anniversaire de notre boutique les 29-30 juin miam, miam;-), quand on nous prévient, les pompiers sont là, il faut détruire les nids de chenilles. De fait, un peu plus haut, on entend le bruit du lance-flamme... Nous y allons, une équipe de pompiers est occupée un peu plus haut, les camions sont là, les "riverains" sont sur le pas de la porte, palabres, discussions, que faire, ben manifestement, ce n'est pas clair...

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Si on les brûle, on risque quand même d'avoir des poils urticants un peu partout sur le sol, et ceux qui sont au plus haut, on ne sait pas les atteindre. Après discussion, nous empruntons la voie de la raison...on laisse tout en place; on dit aux enfants de ne pas les déranger avec leurs bâtons, et on promet de ne pas faire la sieste en dessous. Ce sont les élections ce week-end, ce qui explique peut-être un peu ce balet de combat improvisé. Enfin pas très grave, et merci aux pompiers (très sympas au demeurant) d'avoir fait le déplacement. Et puis tant pis, ce n'est pas aujourd'hui que je vous proposerai ma recette de "crême de chenille brûlée aux glands", et heureusement, car j'ai lu par ailleurs que son coût pouvait aller jusqu'à 250 euros par arbre nettoyé, à notre charge bien sûr. Finalement, on l'a échappé belle;-).

Ceci dit, ce serait peut-être bien de prévoir un plan plus organisé pour l'année prochaine, de comprendre un peu mieux le pourquoi de cette "apparition" et d'en expliquer calmement, sans médiatisation excessive les causes et les moyens de lutte, si lutte nécessaire il y a. Il paraît que le fameux Bacillus Thuringiensis (oui la bibiche sur laquelle j'ai fait mon mémoire d'ingénieur agro il y a plus de 20 ans, souvenir, souvenir) permet de lutter efficacement et en bio. Mais quid aussi de son prédateur naturel, ou se cache-t-il et pourquoi. Et surtout qu'on ne vienne pas nous empester avec des phéromones, j'aime pas trop. Bon je vous laisse, c'est fou ce que d'écrire sur ce sujet va finir par m'irriter, je me gratte déjà ;-)

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31/05/2007

YOURTE (2)

Comme promis, quelques photos de l'avancement de la yourte.

On en est encore au support sur pilotis, c'est là que l'on remarque le beau dénivelé du terrain; c'est tant mieux, le cachet sera d'autant plus impresionnant. Ce futur endroit de rencontre s'imprègne actuellement de la sueur du coeur d'Anne, et de l'entraide du voisinage, ce sera beau!

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18:01 Écrit par Laurent dans Nature | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

29/05/2007

MA TERRE! (2)

Il y a peu, je vous avais confié les frissons qui me parcoururent en dégustant cette magnifique bouteille d'Henri Milan. Cette fois, c'est toujours de Ma Terre qu'il s'agit, et ce sont toujours des frissons, mais je ne sais pas, le plaisir n'y est plus.

Jugez plutôt sur cette vidéo

Claude Bourguignon n'est pas n'importe qui, il conseille ou a travaillé avec quelques domaines réputés dont, et ce n'est pas un hasard, le domaine Milan.

Mais il ne nous suffit plus de détruire la terre en l'exploitant à outrance tout en oubliant de nourrir 1 milliard de personnes, non, il nous faut aussi saboter ceux qui tentent de retrouver une agriculture de qualité. Oui, si nous ne faisons rien, nous sommes responsables. Mais là nous pouvons agir, une pétition de plus de 60000 signature a déja fait réfléchir les parlementaires, mais il faut aussi participer à la manifestation qui vise à empêcher l'"Europe" de dénaturer le bio en dénaturant ses règles de production.

Lisez ceci:

Manifestation ce lundi 11 juin 2007

à 12h au Rond Point Schuman, face au Conseil de l’Union européenne 

Depuis de nombreux mois, Nature & Progrès Belgique tire la sonnette d’alarme, la sirène même, sur les dangers pour la bio du projet de règlement européen pour l’Agriculture Biologique, les plus criants étant la tolérance à l’égard des OGM, et de l’usage des pesticides.

Pour rappel, vous êtes près de 65 000 personnes à avoir signé notre pétition « Sauvons la Bio ! », en quelques semaines seulement. Ce poids citoyen a pesé dans la balance au moment où les eurodéputés ont rendu leur avis. Ils se sont clairement positionné à deux reprises, le 29 mars et le 22 mai 2007, pour un règlement garantissant qu’aucun OGM ne soit jamais présent dans les produits bio et interdisant clairement l’usage des pesticides de synthèse. C’était une première victoire. Mais cet avis du Parlement Européen est consultatif. La décision finale relève des compétences du Conseil européen des Ministres de l’Agriculture.

Le moment fatidique est arrivé : ce Conseil se réunira à Bruxelles les 11 et 12 juin prochain. Malgré la mobilisation de nombre d’associations, il n’est à ce jour pas question encore de crier victoire. Les parlementaires européens se sont exprimés. Il est impératif de faire entendre notre voix de citoyen, que nous soyons consommateurs ou agriculteurs, bio invétéré ou simplement soucieux de la qualité de notre alimentation et de notre environnement.

Si ce règlement est voté ce mois, il entrerait en application après 2009.  Il ne sera alors plus possible de faire marche arrière.

Nature et Progrès (Belgique, France, Espagne & Portugal) avec le soutiende Friends of Earth International,et de l’UNAB appelle à une manifestation européenne

Voilà, ce serait sympa de s'y voir!

Pour ceux qui veulent aller un peu plus loin que ces 4 minutes sur Claude Bourguignon, voici aussi quelques liens: son profil Wikipedia , video d'une conférence , interview écrite

Sinon, la vie continue et elle est belle, raison de plus pour que cela dourre!

Et oui, notre petite chatte "Tigrise" a accouché de deux petits chatons...

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enfin si je compte bien ils sont trois...

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voire 4?

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J'ai bien dit 4!;-)

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22:54 Écrit par Laurent dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

27/05/2007

YOURTE (1)

La construction de la Yourte, c'est parti! Nos amis basques débarqueront le week-end du 15-16 juin pour l'ériger, il faut que tout soit prêt. Les pilotis, le plancher, il ne reste pas beaucoup de temps, alors aujourd'hui, on s'y est mis! Quelques photos...

Anne et Jean Paul (voisin, ami et bûcheron à ses heures;-), je crois qu'ils sont prêts!

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A suivre au jour le jour...

Même les enfants ont été réquisitionnés, moi je fais Tintin reporter;-)yourtej

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Les 4 premiers pilotis et le rond central sont placés, c'est dingue ce que ça va vite...-)

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Si vous voulez participer à son "érection" (ben oui c'est comme cela qu'on dit;-), on organise un BBQ géant le samedi 16 juin à partir de 17h00, avec atelier de dégustation de vins (une bonne dizaine de bons vins "bio" et "nature" au rpt Q/P imbattable (Briseau, Clos Roca, Vitarèle, Ganevat, Mas de Cynanque, Beau-thorey, St Nicolas, ...) accompagnée de bonne bidoche bio, de salades sauvages (herbes récoltées dans la nature, épiaire, herbe aux goutteux, berce, alliaire, ortie, ...) et de préparation originales à base des ingrédients de L'Odyssée des Arômes. Tout cela pour la modique somme de 35,00 €. A ne pas rater, il y aura de l'ambiance. inscrivez vous par mail (laurent@truegreatwines.com) ou gsm (0478 82 16 36). Le programme complet bientôt sur le site de la boutique...

12:44 Écrit par Laurent dans Nature | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

25/05/2007

MA TERRE!

Ma terre? Non, je ne vais pas vous parler de son triste état, de pesticides, de pollution, ou de réchauffement climatique; non, pas cette fois. Je voudrais simplement vous faire part d'un coup de coeur pour un vin, le "Ma Terre blanc triple A MMIV" du domaine Milan, dans les Baux de Provence. Henri Milan, c'est plus qu'un vigneron passionné et talentueux, c'est ami!

J'ai ouvert hier cette bouteille que j'avais reçue le jour même, quelle impatience;-). L'occasion, et ce soleil omniprésent, faisaient, il est vrai, le lard rond! Enfin plutôt les crevettes rondes, et bien grosses. Je les avaient faites mariner dans une préparation de ma spécialité. De l'huile du domaine Vaudoret, situé, comme le domaine Milan, en Baux de Provence (j'espère pouvoir bientôt vous en proposer), du poivre (noir du Vietnam) et du curry. Vous le savez avec mes 15 sortes de curry, il y a le choix, mais pas d'embarras. Non, j'ai rapidement opté pour le curry Cajun (oignon, ail, curcuma, piment fort, moutarde, origan et thym), que j'ai coupé à part égale avec de la poudre de Sambhar (coriandre, pois chiche, pois cassé, cumin, fenugrec, moutarde, curcuma et piment), pour préserver un peu les papilles de mes enfants;-). Un peu de paprika aussi et puis plus on fait mariner les crevettes, mieux c'est! Ici ce sera pendant tout une après-midi. On cuit le tout à la poêle, avec un verre de (Ma;-) Terre, mais on pourrait ausi le faire au barbax tel quel, avec quelques oignons et puis c'est tout. Enfantin, juste des ingrédients de qualité!

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L'accord avec le MaTerre fut parfait. Dévoilant une robe bien dorée, le vin embaûme les fruits biens mûrs et principalement la poire. Des notes d'agrumes confits, un peu de gingembre peut-être, c'est un nez passionnant qui rappelle un peu le Barral blanc, mais il est sans doute plus facile d'accès. La bouche est grasse, opulente très légèrement tannique (mais moins que le 2003) et finit sur de beaux amers qui lui donnent sa structure. Dieu que c'est bon! Avec les crevettes, c'est un festival aromatique en bouche, car tout se marie à merveille, avec beaucoup de sensualité. Ah oui, c'est un encépagement original fait de chardonnay et de muscat petit grains. Et le prix? Moins de 10 € à la boutique, une broutille pour une telle qualité!

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23/05/2007

La MOINDRE des CHOSES

Nicolas Hulot a bien compris que l'enjeu du réchauffement climatique, devait concerner tout le monde, et qu'il devait dépasser les clivages politiques. Nous devons donc poussez tout le monde mais aussi tout le monde ... politique, même les moins sensibles à l'écologie, dans cette bonne direction. Si, à notre échelle, notre action est indispensable, les politiques ont des leviers qui pourraient faciliter nos actes et démultiplier leurs résultats. Il y a un moyen très simple, c'est celui d'adhérer au pacte écologique de Nicolas Hulot. Comme en France il y a peu, nous sommes en période électorale, et c'est le bon moment. J'ai lu son bouquin qui fourmille de bonnes idées (il a été rédigé en collaboration avec quelques pointures scientifiques). Renseignez vous un peu, mais ne trainez pas et puis signez, c'est la moindre des choses que nous pouvons faire pour tenter d'infléchir les courbes de tendance, c'est notre responsabilité!

C'est ici; lisez:

La problématique des changements climatiques et de la crise écologique vous interpelle ?

Alors, comme moi, faites entendre votre voix auprès de vos (futurs) élus : signez le Pacte écologique belge soutenu par Nicolas Hulot.

Je demande aux partis et aux candidats des élections législatives du 10 juin de :

- Considérer les enjeux écologiques comme une priorité commune qui dépasse les clivages entre partis politiques et faire de la Belgique un pays exemplaire en matière de développement durable ;

- Faire de la lutte contre le changement climatique et la préservation de la biodiversité les déterminants majeurs de l'action publique ;

- Mettre en place les outils économiques, juridiques, technologiques et éducatifs pour adapter ou réduire notre consommation en fonctions des exigences écologiques et sociales actuelles et futures ;

- Engager immédiatement une revision fondamentale des politiques de l'énergie, du transport et de l'agriculture ;

- Se prononcer sur les 36 propositions concrètes pour un changement de cap et de les compléter par d'autres mesures encore, afin de donner corps à une feuille de route collective, un programme complet porté de manière collégiale par l'ensemble des hommes et femmes politiques de notre pays : un réel Pacte Ecologique.

Je signe!

Votez pour la planète !

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14:24 Écrit par Laurent dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

17/05/2007

BROCCIU Oeuf CORSE!

Ce mercredi, cours de dégustation consacré aux vins de Corse, à nu les niellecciu, sciaccarellu, vermentinu, mais aussi le brocciu ;-), cette fameuse petite brousse corse faite de lactosérum de lait de chèvre ou de brebis. Dans la fabrication du fromage, le lait coagule, et il y a deux phases, une solide (le caillé) et une liquide (le petit lait). Le petit lait ou lactoserum, et bien les corses, ils font du fromage avec! Les italiens aussi d'ailleurs, même que c'est de la ricotta. Le petit lait, est une boisson merveilleuse (pour ceux qui ne sont pas intolérants au lactose), régénérante, qui contient encore des protéine (10-15%), beaucoup de calcium et minéraux, peu de matières grasses et bien sûr du lactose. Pour le brocciu, on prend ce petit lait et on le chauffe (80-90 °) avec un peu de lait entier afin de coaguler les protéines restantes. Ensuite, direction les faisselles. On le mange tiède, frais, en préparations salée ou sucrées. Moi je suis plutôt salé.

Pour le cours, j'aime toujours préparer une petite recette locale et la tester avec quelques vins. Petit surf sur le net en quête d'inspiration et je trouve l'idée de l'associer avec des sardines (j'adore les sardines au BBQ) me tente très fort. Il faut aussi des bettes, mais ce n'est pas vraiment la saison. Ce n'est pas grave, il y a de la verdure plein la nature, on va aller en ramasser un peu. Pour accompagner les sardines, il faut du vert goûteux, qui puisse dompter les saveurs de sardines. D'autant qu'il n'y a pas de sardines chez le poissonnier et que l'on devra se rabattre sur des sardines en boîte... Vu le prix modique des boîtes, ne chipotez pas, prenez une qualité certaine. Evidemment, farcir des sardines en boîte c'est un peu compliqué;-). Pas grave, on va faire simple et je m'oriente sur des toasts de bon pain bio maison grillé. Ah oui, les herbes. en ce moment, poussent deux herbes très aromatiques qui vont se marier admirablement avec les sardines. L' épiaire des bois, aussi appelée ortie puante, et c'est vrai que l'arôme musqué puissant est assez étrange. Il rappelle même un peu les champignons, et Marc Veyrat en fait d'ailleurs un très bon potage aux girolles. Quant au lierre terrestre, c'est un de mes préférés, on peut aussi simplement le mélanger à de la maquée ou une salde de thon, c'est délicieux. A ces deux plantes, j'ajoute un peu d'orties et de consoude pour faire masse.

La préparation est d'une facilité enfantine. On fait suer quelques oignons dans un peu d'huile, on hâche grossièrement (mais sans jurer;-) les herbes. Et on les cuit gentiment pendant une dizaine de minutes. Quand elles sont fondantes, on rajoute 2 gousses d'ail, un demi verre de lait et le brocciu. Enfin, on rajoute les sardines préalablement écrasées. la combinaison se fait au goût, rien ne doit dominer et surtout pas les sardines. Dans mon cas, 3 boîtes de sardines auront suffit pour atteindre le goût voulu, un bon 600 grammes de Brocciu et quelques poignées d'herbes (voir photo). On fait griller du bon pain et on étale la préparation chaude dessus.

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De l'avis unanime, c'est original et délicieux. L'accord avec les vins corses était également épatant. Bon accord avec le Chardonnay du domaine Vecchio, très bien avec l'Ajaccio vermentinu 2006 du Comte Peraldi, et si le puissant Patrimonio Grotte di Sole 2006 d'Antoine Arena domine lui un peu trop la préparation, la palme de l'accord parfait revient Château Simone 2001 fait de clairette. Un vin aux arômes déjà un peu tertiaires, sous bois, mousseron, dont la préparation de brocciu réveille le fruit et développe la consistance. Magnifique! brocciu7

13/05/2007

DRAGONS are REAL

Voilà le morceau qui tourne boucle actuellement chez moi, à première écoute, le morceau parait simple, mais il s'incruste ensuite progressivement dans les cellules. Ecoutez le 2-3 fois, vous confirmerez. Idéal le matin dans sa BM (ou sa 2CV;-) pour se donner du tonus positif ou le soir, en sirotant un superbe Pinot Gris Grand Cru Kirchberg de Barr 2002 de Vincent Stoeffler dans son sofa, écouteurs à fond. Ce vin développe des arômes floraux suaves suggérant la violette, la guimauve et le pain d'épices; la bouche est puissante, douce, mais sans lourdeur, les nuances de miel en finale sont superbes. Laisser vous emporter au pays des dragons et faites avec moi ce petit voyage presque chamanique;-) Ecoutez, c'est là!

C'est un morceau issu du dernier album du groupe anglais Magnum, des vétérans, encore bien créatifs après 30 ans de route, dont toute la discographie est remarquable de qualité. En priorité: Kingdom of Madness (78), Chase the Dragon (82), On a Storyteller's night (le must!) (85) , Vigilante (86), Wings of Heaven (88), SleepWalking (92).

Yeah, I see them fly!

09:14 Écrit par Laurent dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

11/05/2007

MANGEZ VOS SOUCIS

J'adore ce titre tiré d'un livre de François Couplan paru il y a quelques années. Et bien ce ne sont pas des soucis que nou allons savourer aujourd'hui, même si ce genre d'activité, comprenant promenade, cueillette et cuisine est idéal pour chasser nos petits tracas.

Evidemment, pour la cueillette, il y a plutôt intérêt à ne pas avoir un jardin trop bien entretenu et surtout il faut qu'il soit exempt de tout pesticides. De même, dans la campagne, choisissez les endroits reculés, pas le bord des routes. Et puis comme la grenouille qui ne boit pas toute l'eau de sa mare, ne ceuillez pas n'importe comment et laissez toujours suffisamment de plantes sur place!Mais les deux fleurs que je vous conseille aujourd'hui sont encore présentes en suffisance. Le pissenlit, tout d'abord, vous l'utilsirez ses jeunes feuilles en salade de printemps, hachées finement avce d'autres plantes de printemps (tilleul, plantain, alliaire, pied de poule, ail des ours, pâquerettes...). De quoi faire des salades jolies et hyper-revigorantes, on y reviendra. Mais ce sont les fleurs qui nous intéressent aujourd'hui. C'est tout simple, nous allons faire un sirop de pissenlit.

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et le robinier ou "faux-acacia"

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CRU CLASSE et BIO

Et pas le moindre, le Château Pontet Canet, cru classé de Pauillac à décidé de passer en bio. Sous l'impulsion de Jean-Michel Comme, directeur technique, et avec la bénédiction du propriétaire Alfred Tesseron, le château a commencé sa conversion en 2005. L'évolution devait se faire en douceur, un tiers de la surface la première année et puis un deuxième et puis la totalité (80ha). Mais au vu des bons résultats et fort de son expérience dans son propre domaine (Château du Champ des Treilles à Sainte-Foy-Bordeaux), Jean-Michel a tenté l'expérience sur toute la surface, et avec succès malgré la difficulté du millésime 2006.

Vous le savez, ma visite au Château Pontet Canet n'étais pas due au hasard (au destin alors?;-) mais faisait suite à une invitation de Jean-Michel qui, après avoir lu mon post sur Bordeaux , voulait en savoir plus sur ma définition des vins naturels et m'expliquer son approche. Déjà une belle preuve d'ouverture d'esprit.

Je quitte donc les vignes enherbées du Château Planquette pour celles de Pontet Canet. Le château est situé tout près de celui de Mouton Rothschild.

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J'arrive au château, c'est un vrai château;-) le contraste avec la fermette de Planquette est amusant. Une secrétaire m'accueille, Jean-Michel Comme arrive peu après. Il a été engagé en 1989, et c'est manifestement une belle relation de confiance qui unit Alfred Tesseron (propriétaire) à son directeur technique. Ou régisseur, peu importe le titre, ce sont les responsabilités qui sont importantes, et celles de Jean-Michel Comme vont de la vigne à la bouteille. A la fois chef de culture et maître de chai, il a donc peut-être un peu de latitude pour mettre dans Pontet-Canet un peu de Pontet-Comme. Je suis curieux de le découvrir.

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Première étape dans un hangar où Jean-Michel me montre et m’explique les préparations d’orties et de saule, le dynamiseur, les produits utilisés. C’est que Pontet Canet est non seulement en conversion bio mais aussi en biodynamie. Vous savez qu’autant je suis, plutôt militant quand il s’agit de supprimer l’utilisation d’herbicides et de pesticides inutiles, autant les moyens pour arriver à les éviter sont libres, même si j’aime à les comprendre. La biodynamie fait partie de ceux-là. J’avoue même que j’y perds un peu mon latin scientifique dès que l’on m’emmène dans les cycles astraux et que l’on dynamise. Mais pourquoi pas, je n’ai pas non plus la preuve du contraire, de plus ces méthodes sont utilisées par des personnes saines d'esprit, aux bases parfois bien scientifiques, comme Olivier Humbrecht, détenteur du plus haut diplôme en vin, le fameux master of wine. Non, ce qui m’importe c’est la passion que l’on y met, je suis à peu près certain que si on applique bêtement des règles ou un cahier de charges, le résultat sera à la hauteur de la passion investie. Donc si on me parle avec passion de la biodynamie et qu'elle est réfléchie, comme dans le cas de Jean-Michel, je dis bravo !

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Nous montons dans sa voiture (non ça c’est la 2CV de Planquette;-), et j’y découvre un bouquin traitant des plantes indicatrices sur le siège passager. Je lui demande s’il l’a déposé intentionnellement ;-) (Jean-Michel si tu me lis, tu n’oublies pas de m’en envoyer les références).

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Nous visitons les vignes et cette belle croupe graveleuse, logée près de Mouton Rotschild et qui est le cœur de Pontet Canet. Les sols sont relativement peu envahis, mais n’ont apparemment pas été désherbés, juste labouré. Le labour de la totalité de la parcelle est en cours. Les tailles sont terminées, elles commencent très tôt pour finir en février, le dicton cher à Didier Michaud « taille tôt, taille tard, rien ne vaut la taille de Mars » n’est apparemment pas applicable ici; en raison de la superficie, me dit Jean-Michel. Il faut dire aussi que Pontet Canet est un des seuls domaines qui utilise du personnel mensualisé, contrairement au paiement à la tâche, beaucoup plus répandu. Si cela garanti au salaire toute l’année au personnel, il faut aussi « faire avec » et lui donner du travail toute l’année.

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Par contre, on dit souvent que le bio est plus difficile pour les grands domaines. La réponse est claire, c’est faux, en tout cas pour un domaine à la réputation de Pontet Canet. Au contraire, les moyens financiers permettent d’investir dans le bon matériel nécessaire et d’agir parfois beaucoup plus aisément qu’un petit vignoble méconnu. Bien sûr j’aimerais revenir plus tard dans l’année, quand la vigne subit la pression de ses prédateurs fongiques et insectes; mais ce qui transpire surtout de cette discussion, c’est la passion et l‘envie de faire mieux de Jean-Michel Comme. Cela mérite déjà nos félicitations. D'autant que cette approche est encore loin d'être entrée dans les moeurs bordelaises; Jean-Michel regrettant la "solitude" qu' a engendré cette démarche. Pas de questions, pas de discussion, appremment peu de collègues sont intéressés. Patience, ouvrir la voie n'est jamais aisé. Il faut aussi souligner la témérité d'Alfred Tesseron (ce sont ses billes après tout;-) pour avoir engagé son château et sa réputation dans cette voie, qui, à court terme, ne lui amènera pas un eurocent de plus (et le château ne recherche pas vraiment la médiatisation de cette approche). Comme quoi, voici un second exemple (après le Château Planquette) qu'à Bordeaux, l'argent n'est peut-être pas la seule valeur.

Nous revenons au chai et nous visitons les installations, égrappage, table de tri, cuvaison en foudre ou en cuve béton, c’est impressionnant. Pendant la visite du chai, nous croisons un groupe mené par Alfred Tesseron, au sein duquel je crois reconnaître ce visage élégant, coiffé de longues boucles blanches, tout droit sorti d’un livre d'histoire du Moyen-âge. Je m’arrête, je frotte les yeux, les boucles s’évanescent, non ce n’est pas Thomas Barton, mais son arrière petit-fils Anthony, du Château Leoville Barton ;-)

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Même si les effets ne sont pas immédiats, tout semble donc bien en place à la vigne pour faire un raisin naturel, mais Pontet Canet est-il pour autant un vin naturel? Car c'est bien sur base de cette question que je me suis retrouvé à Pauillac ce 12 Avril 2007. Pour rappel, et en très résumé, qui dit vin naturel, dit pour moi, vin bio, sans intrants en cave autres que le raisin, un strict minimum de sulphite et si possible uniquement à la mise en bouteille. Pas de techniques comme, par exemple, la chaptalisation et l'osmose inverse (généralisée dans le bordelais) qui dénaturent le raisin, le terroir et refusent ce que le millésime peut offrir.

J'ai vite senti que sur le sujet vin nature, la discussion était moins confortable. Je n'ai d'ailleurs pas posé toutes les questions que j'avais en tête, car la première pierre d'achoppement fut déjà la perception du boisé. Nous avons goûté un échantillon du 2006, la dominante boisée est pour moi très gênante, surtout sur un millésime dont j'ai goûté la veille un fruit très intéressant. Ici, nous sommes en face d'un Bordeaux jeune très classique, qu'il faudra attendre en raison de ce boisé à mon sens excessif. C'est d'autant plus dommage que le fruit existe; mais il se laisse deviner, désirer parmi cette luxueuse forêt. La bouche est fraîche, avec des tannins un peu bourrus et une acidité qui réveille les sens.

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Le vin est élevé sous 60 % de bois neuf. Est-ce le reflet du goût du propriétaire ou de son maître de chai, peut-être. Je crois que c'est aussi une contrainte dictée par les gourous et par l'image que certains critiques influants se font du grand vin. Quelle serait en effet la cote Parker, si demain, Pontet canet proposait un échantillon sans bois neuf. Et quelles seraient les conséquences sur les ventes dont le réseau se base exclusivement sur ces informations. Et quel serait la réaction du consommateur, qui apprécie encore beaucoup cet aspect du vin (le bois et les notes Parker;-). Oui, si l'influence de Jean-Michel Comme se fait incontestablement sentir à la vigne, je reste sur ma faim sur le résultat en bouteille, même s'il est meilleur que ses pairs. J'en fait part à Jean-Michel Comme qui me propose de participer à l'élaboration d'un fût l'année prochaine, c'est noté, et attention j'ai très bonne mémoire;-). Nous ne nous quittons pas comme cela, je suis invité à partager la table de Jean-Michel et de son épouse qui est en charge du domaine familial "Champ des Treilles", en culture biologique depuis un peu plus longtemps. Une fabuleuse lamproie à la bordelaise est précédée par une dégustation des vins du domaine, ce sont les blancs qui attirent le plus mon attention, un 100% sémillon et un autre à forte proportion de muscadelle. Très intéressant et certainement à regoûter. Voilà, Jean-Michel est appelé au domaine (un grand merci pour son temps et son accueil), je converse encore un peu avec Corinne, très accueillante et qui aime manifestement aussi partager sa passion. Je leur laisse le bouquin de Jérôme van der Putt (vin bio mode d'emploi), une douzaine de Moinette bio et un Poulsard "nature" de Jean-François Ganevat. C'est sûr, on se reverra, et maintenant, vous le savez, Bordeaux-Cru Classé et Bio ce n'est pas incompatible!pcchamppccor

Corrine, épouse de Jean-Michel et vigneronne au Champ des treilles, au milieu des vignes de Pontet Canet. Celles à gauche, à l'aspect lunaire, n'appartiennent pas à Pontet Canet....

13:19 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

26/04/2007

VIGNES et HERBES ou PAS!

Quelques photos en vrac sans commentaires, vous faites le tri vous même, c'est facile;-)

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10:02 Écrit par Laurent dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Un OVNI à BORDEAUX: Le Château PLANQUETTE

On me l'aurait dit il y a deux mois, je ne l'aurais pas cru, mais me voilà parti, tôt le matin (1000 bornes!), direction le Bordelais, objectif Château Planquette. Le soleil est radieux, nous sommes en Avril, le dicton "en Avril ne te découvre pas d'un fil" me fait sourire (je n'en qu'un ou deux sur moi;-), les causes et conséquences un peu moins. Enfin, avec ce planning chronométré et millimétré, le voyage d'Anne en train, on a déjà économisé plus de 2000 bornes à la planète. C'est rien, mais rien que d'y penser, c'est déjà un changement et c'est peut-être déjà beaucoup.

J'arrive sans encombres dans ce Médoc si réputé, je sillonne les routes parsemées de noms de châteaux connus. Ces châteaux qui m'ont fait rêver tout débutant, qui ont pris place dans ma cave et qui y sont hélas ... encore. Mais le spectacle dans les vignes n'est pas à la hauteur et je comprends encore mieux ma désaffection pour nombre de ces vins. Ces vins qui me semblent manquer de vie, ils sont en fait souvent le reflet de ces vignes qui pour la plupart sont désherbées chimiquement. Certaines offent un aspect lunaire désolant, c'est proprement scandaleux. Je suis révolté, il n'y a là aucune excuse valable, ce n'est que de l'habitude et de la paresse. vignesherbes4 De ci de là, il y a des entrelignes enherbés; réflexion sur l'utilisation de ces poisons ou simple réflexe économique, car ce poison est cher! On y voit aussi quelques traces de labour, mais quand on entend le discours actuel sur la lutte raisonnée, que tous appliqueraient, je suis abasourdi par tant de pratiques culturales aussi erronées qu'inutiles et je béni la transparence apportée par la certification bio.

J'arrive au Château Planquette sous une averse torentielle, il pleut des paquets de cordes, des chats et des chiens, que sais-je encore, je ne vais pas voir, je reste à l'abri dans ma vivaro. Le château du château Planquette , c'est une petite maison retapée par Didier, déjà un pied de nez sympathique à l'aristocratie bordelaise. Le nom, lui, vient de sa grand-mère maternelle ou de sa mère, je ne sais plus, mais ça sonne bien château Planquette, non? Le chai est un peu plus loin, les cuves sont dans un garage, je vais donc déguster un vrai vin de garage;-)

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Didier a quitté la banlieue parisienne à 17 ans, posé sa pelure (ses valsies ne devaient pas être très épaisses;-) dans le bordelais où il touve rapidement de petits boulots dans la vigne et dans la cave. Il me raconte tout cela, je prends quelques notes, mais je suis fasciné par sa science, il semble connaître tout et encore un peu plus. Il a une approche du vin à la fois instinctive et pragmatique de la culture bio et de la vinification. Début des années 80, il a l'occasion d'acheter 1 bon hectare de vignes, qu'il va progressivement convertir aux pratiques biologiques. Mais il continue parallèlement à travailler au château voisin (Haut Maurac) de façon tout à fait conventionnelle (entendez chimique!). Pendant 15 ans, il accumulera une expérience unique des deux modes de culture et de vinification, de leurs limites, de leurs avantages. Son contact avec les anciens lui fera aussi comprendre les dérives actuelles. Un exemple? Pourquoi ces anciens n'avaient-ils jamais de problèmes avec les araignées rouges, si nombreuses actuellement ? Tout simplement car leur prédateur n'était pas détruit par les insecticides actuels. Didier n'a pas sa langue en poche et bien que nous soyons dans le bordelais, elle n'est pas surboisée;-). Le cahier de charges bio, même s'il apporte une transparence certaine, est pour lui insatisfaisant. L'utilisation de certains composés homologués bio, comme les phéromones pour la confusion sexuelle, ou la roténone comme insecticide, devrait être limitée, évitée. Pas le temps de retranscrire ici tout notre discussion, qui tenait beaucoup de l'élève écoutant le maître, tellement ce gars est un puits de connaissance. C'est simple, on a passé presque tout le travail de la vigne à la cave en revue. Très, très instructif, merci Didier!

Mais pendant 15 ans, il apportera donc ses raisins bichonnés à la cave coopérative (pas par choix, mais c'était un contrat de 15 ans, ç'aurait pu être plus...). Mais en 1998, il décide de libérer ses raisins du massacre annuel, il fear son propre vin, et quel vin! Excatement mon goût pour le cabernet (il en comprend environ 50%). Même le 2002, année très moyenne, ne développe pas ces notes de poivron que je hais;-). Le 2003 est un vin de table, car refusé à l'agrément une première fois pour goût d'évent, et une seconde pour d'obscures raisons administratives. Il a été récolté très tard, après tout le monde, car à la mi septembre, les pépins du raisins étaient encore verts. Il offre un nez mûr, très mûr certes (cerise noire), mais également une belle sève nature et une belle longueur sur de gros tannins mais sans sécheresse et sans lourdeur aucune. Le 2004 a pour l'instant ma préférence, le nez de fruits est frais et propose une complexité naturelle. les petites notes de bois que l'on pourrait détecter proviennent probablement de la maturité des pépins et des rafles. Elles n'ont rien à voir avec des notes de vanille bas de gamme ou de coco de fut neuf, le vin ayant été élevé en barrique de 4 ou 5 vins.michaudfut J'en profite pour dire tout le bien de la barrique comme contenant, car elle permet au vin de respirer, de se décanter, de s'affiner; ne jamais jeter le bébé avec l'eau du bain. C'est la barrique neuve qui m'exaspère! La barrique qui maquille le raisin comme le mascara le fait avec les jolies comme les moches, au nez comme en bouche. Cette bouche est tannique, reflet honnête du millésime, mais la longueur épicée et fruitée est remarquable. Une belle bouteille, estampillée médoc, que l'on peut déguster dès maintenant après carafage sur un bon gigot d'agneau, mais qui pourra affronter quelques années de garde.

Nous dégustons aussi sur cuve le 2006, arômes purs de fruits rouges et bleus (prunelles); c'est, à ce stade, un vin friand, croquant, soutenu par une acidité fraîche, avec des tannins vifs mais juteux. Ce vin ne se veux pas bien élevé, il est au contraire, plein de vie, un peu gouailleur, voire bagarreur. Année à pourriture, Didier n'a bien sûr pas traité à l'anti-botrytis, contrairement à tout ses grands voisins. "En plus, cela ne servait à rien" s'amuse-t-il . Mais il a trié, résultat, 19hl/ha

On déguste ensuite le 2005, et c'est un grand coup de coeur, de foudre. C'est exactement ce que j'aime dans le vin. La robe est bleue noire, mais on s'en fout un peu, non? Le nez et sur la myrtille mûre, de la mûre écrasée et une note de noisette grillée. C'est du velours en bouche, mais beaucoup de velours. Un vin puissant, mais vivant, que l'on boirait à gorge déployée. Superbe, je l'attends en bouteille avec une grande impatience, et un peu d'anxiété. Et pourtant au vu de ce que j'ai dégusté chez Didier, je dois lui faire confiance. Ce vin n'a pas connu de sulfite pendant la vinification, il n'en verra sans doute pas beaucoup à la mise. Et ce n'est pas un discours, chaque affirmation de Didier est étayée par des documents; bulletin d'analyse, déclaration de vendanges, c'est de la transparence de chez transparence. "Tu dois demander les déclarations de récolte", "as tu déjà vu un bulletin d'analyse" me dit-il ! Alors oui, c'est vrai que c'est rarement proposé aussi spontanément... Ce 2005 a pourtant été refusé à l'agrément, pour oxydation. On croit rêver. Car si les vins de Didier sont naturels, ce ne sont pas, comme parfois, des vins à défaut. Ce sont des vins, qui, un peu comme ceux de Jean-François Ganevat, sont soignés avec énormément de rigueur. Il suffit d'entendre les précautions prises pour nettoyer les fûts, à la fois pour éviter les bret et le sulfite du méchage, pour comprendre. Quel boulot!

On revient dans la salle de dégustation (la salle à manger quoi;-). Je ne suis pas venu les mains vides mais le pinot blanc de Bruno Schueller n'est pas à bonne température et le pack de Moinettes non plus. Mais le pouslard de Jean-François Ganevat fera l'affaire. Didier ne connaît pas, mais il est immédiatement séduit par la précision aromatique, la minéralité, les notes poivrées, le naturel en bouche. IL est tout simplement séduit par la clase de ce vin sans soufre. Un morgon de Lapierre, pourtant bien sous tout raport, sera éclipsé par la vie de ce poulsard. Allez hop, au lit, demain on fait un peitit tour dans les vignes et puis on ira chez le prestigieux voisin, Pontet Canet.

Je n'ai pas beaucoup rêvé cette nuit là, pas de cauchemar non plus, le cauchemer, je vous l'ai dit, il est dans les vignes. Désherbées, maltraitées, sols tassés par les machines, pourquoi tant de haine...Et puis on approche d'un écrin tout vert, ce sont les vignes de Didier. les herbe et autres plante diverses sont denses et hautes, elles n'ont pas été arrachées depuis juillet ou aout dernier. Didier me confie "maintenant, il serait temps";-). michaudherbesSes parcelles sont situées près de l'estuaire, pas loin de son village d'Yzans; celle de merlot dominant un des derniers marais non asséchés. michaudmaraisOn y trouve ausis un peu de petit verdot; ce cépage doit avoir les "pieds dans l'eau" pour bien se comporter. On se sent bien dans ces vignes là! Merci Didier et très certainement à très bientôt.

Alors oui, le château Planquette est un OVNI dans le bordelais, comme son vigneron, comme ses pratiques culturales et en cave, et surtout comme le goût vrai de son vin!

09:46 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

21/04/2007

BETTERAVE, PAELLA, CASOT et encore YOURTE

On connaît bien le yaourt aux fraises, on connaît moins la yourte au Casot. Je suis un grand, très grand fan de Juan d'Outremont et de ses apparitions trop rares (c'est seulement une fois par jour;-) dans le jeu des dictionnaires de Jacques Mercier et de la RTBF. Je me permets donc sans vergogne de le paraphraser!

Il y a deux mois, je ne connaissais pas ce mot (yourte, pas yaourt;-) et voilà qu'il est maintenant sur mes lèvres en permanence, dingue. Ben oui, début avril, j'ai conduit ma préférée à la gare du midi, elle avait rendez vous dans le pays basque pour y construire, ce qui deviendra, dans notre jardin, un lieu de sérénité et de rencontre.

Mais voilà qu'en attendant, je me retrouve avec les 3 monstres sur les bras et il est 11h15, il va falloir les nourrir, cette bande d'affamés. On est dimanche, pas de courses faciles, on va faire avec les moyens du bord! Je fouille dans le congel, j'y vois un peu de poisson et des fruits de mer. Il y a aussi des chicons, de la mâche, 2 carottes et 3 betteraves rouges dans le frigo... J'hésite à faire un poisson, pâtes et salade, je nettoie toujours la salade. Eve pêle les carottes, moi les betteraves. Je commence à cuire les fruits de mer et là, les épices m'appellent.

Je viens juste de rentrer du curcuma et du paprika dans la boutique, et cela me donne envie de les humer. Mmmmh;-), elles sont encore meilleures que dans mes souvenirs. Pureté, complexité et puissance, on va s'en régaler.

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Très vite, la recette apparaît, on est pas loin d'une paella, même si les puristes vont souffrir... Qui dit paella, dit riz! Je fouille dans l'armoire à céréales, (oui on appelle ça comme cela chez nous, il y en a tellement de différentes), à la recherche de riz. Bon je sais que je vais pas tomber sur de l'Uncle Ben, mais quand même, entre les farines de chataigne et le quinoa, j'aurais cru trouver un peu de riz blanc; pas du tout! Quoique. J'y vois un peu de Rizo Otto, un riz à gros grain. Bon ok c'est parfait. Le riz, on le saute dans un peu d'huile et épices et puis on le cuit dans une petite casserolle d'eau que l'on laisse gentiment évaporer. Zut, plus d'huile d'olive! Rapidement, mon imagination s'emballe. Je déconseille tout le temps mon huile de pépins de raisins pour la fondue, mais pourquoi pas pour la cuisson. Voilà une idée qu'elle est bonne. casothuileJe fais dorer gentiment les grains de riz dans cette huile tellement parfumée. C'est délicieux, j'y rajoute quelques pistils de safran et le tour et joué. Attention, ce riz froid à l'huile de pépins de raisin est aussi excellent avec les salades, je le cuit tout le temps comme cela depuis.

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Dans une belle cocotte, les oignons sont coupés et sautés dans un peu de beurre (je l'aurais fait à l'huile d'olive mais quand y en a plus, y en a pas!); les rondelles de carottes et les tranches de betterave sont cuits à la vapeur, et rajoutés aux oignons, un peu après les fruits de mer et le poisson.

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On y rajoute une bonne rasade de vin blanc (du bon;-), un peu de curcuma et paprika et on laisse gentiment mijoter tout ça. On goûte régulièrement, quand tout est cuit et les saveurs mariées, on ajuste le curcuma et le paprika (pas trop, ils sont très aromatiques, faut goûter!), les petits pois et puis le riz. J'aime cette idée de l'ajout des épices en deux étapes, un peu comme le houblon dans la bière. Quelques minutes que tout s'agence bien et c'est parfait, prêt à être savouré.

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Ah oui, le vin, quel vin? Mes ateliers de dégustation m'ont montré et confirmé que, étonnamment, le grenache jouait souvent la troisième mi-temps avec les paëllas. Ce sera donc un superbe Soula 2004 du Casot des Mailloles un vin viril, sensuel même si pas consensuel. Arômes de cerise noire bien mûre, d'algues, de goudron, de fruits secs, de levure et de bouillon; un nez très personnel, quoi! La bouche pourrait mettre tout le monde d'accord, il y a du caractère; c'est dense, charnu, suave mais frais et la finale est très longue de saveurs. Un vin nez d'un terroir travaillé à la main, au chadic; un vin qui transpire l'amour de la terre!

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Apparemment, les enfants se sont régalés. Essayez, vous verrez. Bon appetit!

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19/04/2007

YOURTE AU BORDEAUX!

Il y a parfois de ces coïncidences, ou de ces signes assez étonnants, ou suffisamment étonnants que pour se poser quelques questions. De là à croire, non pas au destin, mais à un certain destin, il y a un pas que je ne franchirai peut-être pas aujourd’hui. Mais ce dont je suis de plus en plus sûr, c’est qu’il n’y a pas que du hasard. Et en tout cas, que ce sont des signes, je l’ai appris en débutant cette aventure (voir Le Choc), qu’il ne faut pas manquer de saisir au vol.

Je m’explique. Il y a quelques semaines, j’avais remis en ligne un article écrit l’année précédente qui tentait d’expliquer ma désaffection pour bordeaux (dés-affection, mot qui reflète bien le sens de mon sentiment). Je l’avais intitulé en clin d’œil, « les 7 péchés capitaux de Bordeaux ». Je me fais rapidement reprendre de « volée » par Olif , avec qui je partage un certain goût de vins plutôt nature, qui me cite un château, le Château Planquette, dont il a dégusté deux millésimes superbes de … naturel. Hasard, coïncidence, c’est le seul nom que j’ai sur ma « to do list » (désolé Claude ;-) des domaines (euh pardon, des châteaux) à visiter à Bordeaux. J’avais en effet été séduit par le franc parlé de Didier Michaud sur Iacchos, pas du tout langue de bois (alors qu’à Bordeaux le bois est partout ;-). Mais bon les priorités étant autres, il restait un nom sur une liste et il aurait pu le rester encore longtemps si mon Olif préféré ne m’avait pas lancé ce signe clair et net ! Je prends donc le téléphone et quelques jours plus tard, une bouteille de Planquette 2004 se trouve dans ma carafe.

Presqu’en même temps, je reçois un mail assez sympa du régisseur de Pontet Canet , château grand cru classé de Pauillac que j’avais cité dans l’article, car à ma connaissance il était en conversion bio, ce qui s’est avéré exact. Jean-Michel Comme me demandait de préciser ma pensée sur le vin naturel ainsi que mes doléances vis à vis de Bordeaux. Nous échangeons quelques mails et il me propose de lui rendre visite à ma meilleure convenance, vraiment sympa !

Voilà deux bonnes raisons d’aller à Bordeaux, mais j’ai du boulot. Et quand je vais en France, c’est pas pour du tourisme ;-). Je ne vois vraiment pas m’absenter pour ce qui n’était pas vraiment une priorité.

Et pourtant, toujours parallèlement, ma tendre prépare son projet de construction de yourte et tout à fait indépendamment, choisit de le faire dans les Pyrénées atlantiques. Tiens c’est pas trop loin de Bordeaux çà. Très vite, le plan se goupille, Anne ira en train dans le Sud-Ouest, les enfants sont en stages la deuxième semaine de Pâques, et moi j’irai rechercher Anne là bas en faisant ma petite étape dans le Bordelais. Pas évident, j’avais plein d’autres choses à faire, mais les signes, je vous le dit, il ne faut pas les louper tous ! Ou loger ? Didier propose immédiatemetn de m’héberger ; génial, je suis parti!

Je vais donc vous conter ces deux visites, apparemment aux antipodes l’une de l’autre, Pontet Canet, un vrai château de Pauillac grand cru classé du Médoc en 1855, 80 ha de vignes et le château Planquette, petit domaine de 1,5 ha tenu par un parisien des banlieues rouges. A ne pas rater !

Château Pontet Canet

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Château Planquette

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21:23 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

03/04/2007

Vins Nature

 

13:51 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

02/04/2007

L'ODYSSEE, PLUS CARYBE que SCYLLA

Quelques mots sur le Marché version off (le soir quoi;-), on imagine pas le plaisir mais aussi la pression qu'engendre ce genre d'organisation. Pression, déjà d'avoir fait venir quelques vignerons talentueux, voire réputés dans un petit village de campagne chez un caviste du même nom. Mais heureusement, vous étiez là! Alors, quand tout s'est bien passé, que les derniers amateurs s'en vont, nous passons chez nos merveilleux voisins, Dominique et Claude Manesse, nous régaler, assis le cul dans le beurrre pour savourer les préparations culinaires de Claude, qui en plus d'être un peintre hyper talentueux, est aussi un homme de maison et de chair plein de ressources et de recettes de vrai terroir. Sans détailler, une poule à la ligérienne (hommage voulu au Seigneur René) et un agneau aux épices (les miennes;-) pour nous transporter un peu dans la garrigue. On s'est vraiment régalé, Claude, mais attention tu dois être prêt dans 3 mois!

La bonne tablée: de gauche à droite:René; Lou, Nicolas, Pascal et Pierre-Yves

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mp10Anne, Dominique, Claude, Ann et Tonton Casa

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Ouverture difficile :-) d'une bouteille de vin jaune 1983 du domaine Ganevat, toute en finesse d'arômes, en fraîcheur et longueur

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Une petite dernière dans la boutique, ce sera de la bière, de la Moinette bio pour être plus précis, introduction à la visite du lendemain.

Pascal

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Nicolas

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Isabelle

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René

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Jérôme et fanfan Ganevat

10:01 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

29/03/2007

INVASION GAULOISE

Notre marché de printemps fut une réussite. Mais à cette occasion, nous fûmes envahis par une cohorte de gaulois, venus de divers horizons de France, parmi lesquels nous avions le seigneur René, chef des Turones ( Domaine Mosse, Anjou, Loire), Fanfan et Casa les ardents Séquanes (Jura) et puis Pascal et Nicolas, représentant les Volques du Languedoc avec beaucoup de classe ! Alors je ne sais pas si, de tout les peuples de la Gaule, ce furent encore les belges les plus braves, mais ce qui est certain, c’est que je ne referais pas la guerre des Gaules chaque semaine ;-).

Notre boutique avant l'invasion

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La salle à manger, justement décorée par Anne embaumait les épices et les huiles essentielles

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Seigneur René, du domaine Mosse avec ses premières victimes

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La paire de Séquanes issus du Domaine Ganevat en Jura

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Les Volques: Pascal Perret du Mas Lumen

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et Nicolas Gaignon, des Vignobles du Loup Blanc , un loup manifestement allêché par la feuille de route des vins proposés

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Pas le temps de prendre des photos pendant les heures d'ouverture, je me permets simplement de reprendre un gentil mail reçu aujourd'hui, il résume bien la qualité des vins présentés et l'ambiance conviviale:

"Merci encore pour ce fabuleux marché de printemps. Quelle ambiance! JF Ganevat et tonton Casa n'y étaient pas pour rien! On s'est amusés comme des petits fous et on a TOUT goûté!! Il n'y avait que du bon (surtout le Pinot Noir de Ganevat, ses crémants de savagnin, ses moelleux "surprise", ses savagnins et chardonnay, etc).

L'un de nos nombreux coup de coeur c'est le MoussaMoussette de Mosse, rosé original, frizant, met en appétit. On a adoré le domaine du Loup Blanc, tous ses vins présentés avaient comme dénomitateur commun de la fraîcheur. Excellents à boire dans le jardin, maintenant que les beaux jours reviennent et aussi sur des plats un peu plus élaborés (car ses vins étaient digestes, pas de lourdeur, pas d'alcool dominant, que de l'équilibre...).

Le Mas Lumen n'était pas en reste, La Sylve était profond, Prélude élégant, le blanc frais et plutôt long, avec des notes de fruits rouges acidulés (assez original, comme 1er nez, d'ailleurs).

On a adoré."

C'est vrai que les vins de fanfan étaient à nouveau superlatifs, on était parti pour ne présenter qu'une seule cuvée, son pinot noir sans soufre 2005; qui est une vraie gourmandise, l'alliance du côté nature et de la profondeur du pinot noir (il est hélas déjà épuisé!) et un liquoreux. Et puis on s'est retrouvé avec une dizaine de vins sur la feuille de route auxquels il a encore rajouté non pas un, mais 3 liquoreux. Son suyquième 2004, vendanges tardives de savagnin, tout en densité et fraîcheur. Les deux suivants c'était juste pour faire mal, car ils n'étaient pas en vente. Le "?", sélection de grains nobles de savagnin, d'une douceur et d'une longueur extravagante, et puis le "sulecul" un liquoreux fruité de poulsard unique, extraordinaire, envoûtant.

Les vins de René Mosse étaient également de très haut niveau. J'ai toujours une préférence pour le Rouchefer, qui balise bien minéralité, fruit et longueur, masi c'est vrai que le moussamoussettes est un vrai péché, tout comme son Rosé Achillée d'aileurs. Mais le plus grand succes fut son anjou rouge (en vin de table) paimparé, une infusion de cassis et de terre fraîche, dense mais gourmand, à réconcilier le club ABC (Anything But Cabernet) avec ce cépage.

J'ai pu le soir, grâce à la générosité de René, comparer de manière extensive les trois cuvées de sélections parcellaires, Le Rouchefer 2004, les Bonnes Blanches 2004 et la Joute 2004, issue de très vieilles vignes en voie de disparition (on les arrache une à une, et la cuvée n'a pas été produite l'année passée). Je crois qu'en longueur de saveurs, Rouchefer et Bonnes blanches s'équivalent, mais la première cuvée offre plus de fruit séducteur maintenant et la seconde plus de minéralité et de tension en bouche. La Joute est simplement divine, très naturelle, elle a un équilibre parfait, alliant dentelle et puissance et au potentiel de garde probablement très long!

Un mot sur les vins du Loup Blanc, qui offraient, il est vrai, des vins tout en fraîcheur, mais ne manquant pas de profondeur. Certains doivent encore se faire un peu en bouteilles, mais on s'en régalera bientôt. A noter le magnifique blanc, très floral, avec beaucoup de corps et une belle longueur complexe; à base de muscat, de terret et de grenache qui eut un franc succès.

Enfin, j'avais trouvé une ressemblance entre les vins de Pascal Perret du Mas Lumen et ceux de Barral, mais ce n'est pas étonnant, car le mas se situe sur des terres à dominantes schisteuse, proche de celles de Faugères, miam miam...

Manifestement, vous avez aussi été nombreux à avoir apprécié nos épices, tisanes et huiles; le poivre long, le poivre rose du Brésil, le fenugrec et évidemment le poivre sauvage furent les plus demandés. Parmi les huiles, celle de courge séduit toujours autant, mais vous êtes quelques uns à avoir succombé à la puissance du cumin noir. Enfin pour les thés et tisanes, c'est celle du "lendemain" qui attira le plus votre attention, allez savoir pourquoi;-)!

Voilà, l'ambiance était de mise en journée, mais le guerrier ne connut pas de repos plus tard; ni le soir ni la nuit;-) Quelques photos (enfin, une sélection;-) bientôt.

Le dimanche, nous visitions avec quelques survivants la brasserie de la Moinette, je vous relate tout cela sur mon blog bière très bientôt...encore merci à tous pour votre présence et @ très bientôt

15:36 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

18/03/2007

MON JARDIN BIO

Le jardin bio, une nouvelle rubrique sur ce site ! Du jardinage dans un blog sur le vin, pourquoi?

Pour le plaisir d’abord, tout simplement, le plaisir de partager une certaine philosophie et une petite expérience. Cette rubrique est pour moi un prolongement naturel à la promotion du vin bio et à la reconnaissance de ces vignerons. En effet, j’imagine bien que ceux qui possèdent un petit jardin et sont intéressés par la démarche de « mes » viticulteurs puissent envisager de se lancer dans cette aventure à leur échelle ou ont déjà franchi le pas.

Cette initiative serait cohérente. En effet, ne devrions nous pas, si nous aimons que nos meilleurs vignerons réalisent leurs vins en respectant terroir, raisin et consommateur et alors que contrairement à eux nous n’avons aucun impératif économique, appliquer des principes similaires au petit environnement sous notre contrôle.

Mais je ne suis plus aussi naïf qu’avant et je ne crois pas pouvoir convaincre beaucoup de monde avec cet argument, peut-être un peu moralisateur. Il y a heureusement une multitude d’autres bonnes raisons pour effectuer ce virage ; l’amour de la nature tout simplement, le respect de l’environnement, (je serais curieux de connaître l’impact du jardinage sur celui-ci, quand je vois les tonnes d’anti-limaces déversées dans les potagers ou les montagnes d’engrais chimiques répandues que ne pourraient assimiler la forêt tropicale), la santé (malgré la présence de résidus de pesticides ou de nitrates dans les légumes non bio, j’aurais presque plus confiance en ces légumes traités par des professionnels qu’en ceux produits par les apprentis sorciers jardiniers qui pour assurer le meilleur effet augmentent souvent un peu la dose du poison, c’est dire !) ou encore une meilleure nutrition. Il ressort de plusieurs recherches que la qualité nutritionnelle (fibres, vitamines, …) serait plus élevées dans certains légumes bios. Elle l’est aussi souvent dans les « mauvaises herbes » comestibles dont le jardin bio permet la récolte. Beaucoup de légumes sélectionnés ont perdus petit à petit certaines de leurs propriétés. Par exemple, le chénopode seraient bien plus fourni en vitamines et oligo-éléments que l’épinard, un de ses cousins sélectionnés.

Mais finalement, le motif principal et que je voudrais développer tout au long de cette rubrique, j'y reviens encore, n’est-il pas le plaisir. Le plaisir encore, et comme pour le vin, le plaisir surtout! Le plaisir de recréer un environnement sain et agréable, où peut se développer le contact avec la nature, l’observation, l’apprentissage de notre mico-écosystème. Le plaisir des sens aussi, de récolter des fruits et légumes aux saveurs réelles, d’en découvrir d’autres oubliées ou inconnues. La recherche du meilleur goût n’est-elle pas prépondérante à la quête du rendement le plus élevé. Et les passionnés de vins qui savent que rendement élevé et saveur ne sont pas compatibles me comprendront aisément. Le plaisir encore de ne pas rechercher la facilité, mais des solutions nouvelles, plus harmonieuses et plus durables pour surmonter les difficultés rencontrées. Le plaisir est en effet souvent plus dans le voyage que dans le résultat ou la finalité, et la vie en est un bon exemple. Le plaisir, et le respect!

Voilà, j'espère pouvoir vous passionner avec l'aventure de mon jardin bio, ses échecs et souhaitons le ses résussitte, mais aussi et surtout, ses apprentissages.

A bientôt avec les premières photos...

09:03 Écrit par Laurent dans Journal d'un Jardin bio | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

17/03/2007

Marché de Printemps de l’Odyssée

Avant de vous donner les recettes de la daube et de mon caviar d'aubergines que vous me reclamez à corps et à cri (si je ne le fais pas, ou si vous voulez plus d'infos sur un vin, une recette ou un ingrédient, laissez un commentaire sur ce blog, il sert aussi à ça!), voici une petite annonce qu devrait interesser tous les amateurs de gastronomie, de vin, de bio et de santé.

En effet, après notre Marché de Noël, nous remettons le couvert, pour accueillir cette belle saison comme il se doit, avec moult dégustations, et en présence de vignerons bien sûr!

C'est la semaine prochaine, le vendredi 23 Mars de 17 à 21h00, et le samedi toute la journée, de 10h30 à 20 h.

Nous aurons le plaisir d’accueillir à cette occasion, de fameux vignerons bio et nature:

René Mosse, Anjou, Loire le site des Mosse

En Anjou, René s’est installé sur le tard, il tenait auparavant un bar à vin du côté de Tours. Vrai passionné et grand connaisseur, très vite il grimpe les marches de la qualité et il est actuellement au sommet de son art, avec des vins nature (certifiés bio) plein de jus, de sève et de sol.

Nous aurons l’occasion de déguster les cuvées suivantes:

Margotat, un chenin légèrement oxydatif, pour la soif ou les accords parfaits

Anjou blanc 2005, grande année, vin déjà très ouvert sur la bonne gelée de coing maison

Anjou Rouchefer 2004, mon préféré, une sélection parcellaire de terroir de schiste, à la fois minéral et fruité, et l’élégance du schiste. De garde, à encaver.

Anjou, le moëlleux 2005, comme son nom l’indique, une petite douceur, mais avec l’équilibre propre au chenin de petits rendements.

Achillée Mon Rosé 2005, enfin s’il en reste de ce fameux rosé d’anjou déclassé en vin de table (René vous racontera pourquoi sur place;-), car il part déjà ...

MoussaMoussette, un rosé légèrement pétillant, acheté en confiance, je le goûte à l’apéro ce soir, elle est pas belle la vie?;-)

Et puis deux nouveaux domaines, deux coup de coeur!

Vignobles du Loup Blanc, Christian Gaignon, Minervois, Languedoc le site du loup blanc, superbe! et encore plus d'infos Ici

Attention de belles cuvées à tous les prix:

Chaperon rosé 2004 : un rosé fruité assez puissant, de repas (groseille, fraises, fruits exotiques)

Soif de loup 2005 : entre le rouge et le rosé, il porte super bien son nom;-)

Regal du loup 2005 : ma dernière rencontre, c’était avec un magret de canard, une dominante de carignan, très équilibré

Mere-grand 2004: dominante de grenache, puissant, chaleureux mais soyeux

3 pti c 2003 : puissant et gourmand, assemblage intéressant de tempranillo, grenache, carignan et alicante, miam!

Blanc 2005 : Terret, muscat petits grains et grenache, pour un vin très original, à l’apéritif ou sur des volailles aux épices

Mas Lumen, Pascal Perret, Coteaux du Languedoc

Un photographe reconverti, c’est en regardant la nature et les vignerons (Barral, Soria, Dagueneau, ...) à travers son objectif, que le virus du vin l’a contaminé. Pour notre plus grand plaisir. Plus d'infos Ici

Prelude 2004: une belle démonstration de l’élégance que peut prendre le languedoc avec du carignan bien cultivé et vinifiéLa Sylve 2003: J’ai fondu devant ce vin, d’une race évidente, avec un très beau grain de tannins, et un fruit, un fruit ....

Le Blanc 2002: A mon humble avis, un des meilleurs vins à base de Terret, merci Marc de m’avoir poussé à aller goûter ce vin! Il sera passionnant de le comparer à celui du loup blanc

Et puis fanfan Ganevat , qui viendra avec quelques nouvelles cuvées dont son très très prometteur Pinot noir 2005

Et puis il y aura aussi nos thés et tisanes bio, nos épices et poivres rares, nos huiles de gastronomie et essentielles (avec en vedette nos huiles de pépins: courges et raisin), nos miels, ...

Presque tout en bio, et le meilleur du bio!

C’est donc sur 2 jours, vendredi soir et samedi toute la journée; le dimanche, on ira visiter la Brasserie de la Moinette en compagnie des vignerons. En effet, mon ami Olivier Dedeycker ouvrira spécialement les portes de sa brasserie pour cette occasion.; intéressés, laissez moi un mail, il n’y a pas de PAF (juste une (très) bonne bouteille à offrir à Olivier). Mais attention, faites assez vite, le nombre et limité.

Voilà, nous comptons sur votre présence et puis cela me ferait vraiment plaisir si vous pouviez diffuser cette info au plus grand nombre et emmener à Pécrot vos amis et connaissances, vous le savez, ils ne le regretterons pas. Si vous ne savez pas ou est Pécrot, Grez-Doiceau, sachez que c'est à 35 min de bruxelles, de namur, 15 min de LLN, 15 min de Leuven, 1 h de Liege, on est prêt de vous quoi;-)

Le plan d'accès se trouve sur mon site , rubrique "ou sommes nous"

Par contre, si vous ne désirez plus recevoir ces messages, faites moi simplement signe!Plus de détail sur nos activités sur

Merci beaucoup et @ vendredi ou samedi prochain!

Laurent

Anne et Laurent Mélotte

Rue Constant Wauters, 22

1390 Grez-Doiceau (Pécrot)

L’Odyssée des Arômes

+ 32 (0)478 82 1636

L'Odyssée des Arômes

08:13 Écrit par Laurent dans Odyssée des Arômes | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

16/03/2007

BANDOL & BAUX, suite et fin!

Je reviens sur cette dégustation pour vous présenter les appréciations générales:Pas de système de cotation compliqué, juste une appréciation simpliste, hédonique, animale presque. Après on peut disserter sur le potentiel de vieillissement, la race, la compréhension du vin, mais ici juste du j'aime et j'aime pas, le pourquoi étant décrit dans les CR plus bas!

Seuls les vins de la série monadique aveugle ont été noté, j'ai demandé à chaque participant de noter sur une échelle de 1 à 5: beurk-bof-bon-très bon-coupdecoeur.Alors on pourrait donner les moyennes, mais ce qui est intéressant, ce n'est pas de connaître le meilleur vin moyen, finalement le plus consensuel, mais les vins qui ont vraiment plu à 1 ou 2 dégustateurs. Evidemment si un vin fait l'unanimité c'est intéressant aussi;-)

Alors voilà ce que cela donne, en sachant que c'est une photographie au temps t, rien de ne dit que dans 20 ans les hiérarchies seront les mêmes (mais ou seront nous dans 20 ans ;-)

Trévallon: Dans le haut du panier, dommage que le prix ...

Coup de coeur: 11%

Très bon: 56%

Bon: 33 %

Bof: 0%

Beurk: 0%

Vannières: Les résultats parlent d'eux mêmes, mais attention, certains ont apprécié, donc à ne pas jeter tout de suite...

Coup de coeur: 0%

Très bon: 0%

Bon: 33 %

Bof: 56 %

Beurk: 11 %

Clos Milan: Rarement j'ai vu autant d'unanimité, la dernière fois, c'était pour le clos de Tart 2001, c'est tout dire ...

Coup de coeur: 100%

Très bon: 0 %

Bon: 0 %

Bof: 0%

Beurk: 0%

Saint Anne Collection: Intéressant, pas le vin consensuel, on va du très bon au beurk, la présence d'arômes "animaux" et d'encre, n'y est pas étrangère

Coup de coeur: 0%

Très bon: 44%

Bon: 44 %

Bof: 0 %

Beurk: 12 %

Pradeaux: Ici aussi c'est diversifié, mais avec une dominante de beurk, on peut espérer pour le château que nous soyons tombés sur une mauvaise bouteille. Il est intéressant de noter que la perte d'une étoile dans le guide vert de la RVF soit due à un mauvais goût de vieux bois (élevage en "trop" vieux foudres?) qui a été détécté par plusieurs de nos dégustateurs...

Coup de coeur: 0%

Très bon: 0%

Bon: 11 %

Bof: 33%

Beurk: 56 %

Valinière Barral: Autre grand vin de la soirée, qui fait une certaine unanimité

Coup de coeur: 45 %

Très bon: 33%

Bon: 22 %

Bof: 0%

Beurk: 0%

Rubrum Obscurum, Roquefort: Ici c'est intéressant, car on va du très bon au très mauvais, manifestement une question d'appréciation de style

Coup de coeur: 0%

Très bon: 33%

Bon: 45%

Bof: 11%

Beurk:11%

Coeur Quartus Romanin: Presque un grand vin, mais en tout cas celui qui après Milan récolte le plus haut pourcentage de "très bon" et "coup de coeur"

Coup de coeur: 22 %

Très bon: 67%

Bon: 11 %

Bof: 0%

Beurk: 0%

Pibarnon: Pas le grand frisson, mais apprécié quand même, rendez vous dans 10 ans?

Coup de coeur: 0%

Très bon: 34%

Bon: 33 %

Bof: 33%

Beurk: 0%

Voilà, j'espère que ces petites élucubrations gustatives vous ont un peu éclairé sur les styles des vins dégustés, certains sont encore à la vente;-)

Ah oui, j'oublie, j'ai aussi fait un concours de bouchon, et là aussi, c'est le clos Milan qui gagne, un sans faute donc. Voilà qui a fait très plaisir à Henri Milan et son bras droit Kader dont j'ai reçu la visite surprise hier. On a notamment dégusté un "grand blanc 2005" d'anthologie, d'une gourmandise mais d'une élégance rare. On l'aura bientôt..., en attendant, profitez des dernières quilles de clos milan 2001 ...

bbouchon

10:05 Écrit par Laurent dans Ateliers Dégustation | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

13/03/2007

BANDOL & BAUX, C'est la Provence BB!

Cela faisait longtemps que j'avais cette dégustation en tête, j'adore le mourvèdre et j'adore les vins de Provence. Ils sont largement sous-estimés, probablement associés aux vins de vacances et au rosé bas de gamme. Et par conséquent, ils sont injustement oubliés et ne passionnent pas les "amateurs", il suffit de voir les messages qui traitent de la Provence, ils sont rares.. . C'est dommage.

Et puis, suite à l'atelier Provence de l'année passée qui avait révélé les vins d'Henri Milan, j'avais envie d'élargir l'horizon aux grands ténors de l'appellation. C'était aussi l'occasion pour vous de vous procurer sur une base solide, car ces vins encore souvent disponibles à la vente.

Enfin, j'ai un faible pour cette région car son approche bio est assez intense, c'est en Provence, que l'on trouve un village 100% bio, à Correns. Et c'est en Provence qu'une appellation envisage d'inscrire dans son décret la culture biologique comme règle, ce sont les superbes Baux de Provence.

Il y avait suffisamment de raisons pour la faire cette dégustation, mais son annonce n'a pas rameuté les foules, c'est comme ça, mais comme souvent, les absents eurent tort!

Trêve de bavardage, voici le compte-rendu (un CR quoi;-) de la dégustation

- Les Mûres 2002-2003-2001

Après un petit rappel de la qualité des millésimes, nous comparons les vins suivants.Le 2002 offre un nez de groseille, pas très complexe mais très pur. La bouche, assez vive, fait saliver. Un peu jus de fruit, il sera super légèrement frais à l’apéro ou sur des viandes grillées.

La robe du 2003 est évidemment plus sombre. Le nez un peu torréfié, sur la cerise très mûre et la confirure de framboise. Des épices aussi. La bouche est vigoureuse, puissante, relativement longue. Les tannins ssont encore assez marqués. A attendre.

Le 2001 a une robe intermédiaire. Plus équilibré que les deux autres millésimes, fruité (un peu cerise, il pinote presque), épicé, très gourmand, mais avec de la classe. Très très bon!

bbmureNous avions donc bien choisi le millésime, c'était un peu le but de l'exercice ;-)

La deuxième série va nous permettre de comparer les appellations BAUX et BANDOL. Il y a des différences climatiques, de sol aussi, mais peut-être surtout d'encépagement. Bandol est dédié au mourvèdre, ce cépage intraitable dans les mauvais millésimes, car il mûrit tard. Alors que Baux peut faire la part belle au grenache, à la syrah et même au cabernet sauvignon. Du cabernet sauvignon, oui, mais pas trop, max 20% sinon vous vous retrouvez en vin de pays, comme le célèbre château Trévallon.

bbserie0Château Romanin 2001, Baux de Provence

Nez très ouvert, fruité, un peu floral, assez épicé, garrigue, un peu de viande, de lard fumé, d’olives et de poivron rôti. La bouche est puissante, certains la trouvent un peu rustique, d’autres (dont je suis) très consensuelle, polie, suave, enrobées par des tannins agréables qui se fondent tout doucement. L’équilibre est parfait et la longueur toute en saveur, avec des notes un peu chocolatées.

Château Saint Anne 2001 (90 % mourvèdre) Bandol

Le nez est plus violent, sur la violette mais aussi avec des notes animales et d’encre. En bouche, c’est du solide, avec des tannins agréables pour certains, un peu rustiques pour d’autres, mais une belle matière, plus stricte, moins suave que celle du Romanin. Le fruit et la violette sont encore plus marqués en bouche, une belle bouteille d’un bon rapport qualité prix pour dans 5 à 10 ans, pour la gastronomie.

Dégustation Monadique des meilleurs 2001

On passe aux choses encore plus sérieuses: le principe monadique, les vins sont dégustés un par un, pour eux mêmes et on se remet les papilles sur cale entre chaque vin. On limite ainsi les biais d'une comparaison par paire, où un vin plus flatteur peut "casser" un vin un peu plus austère.

L’ordre des vins a été tiré au sort par ma petite Eve;-) BBserie1et il y aura deux séries

Château Trévallon, Cabernet Sauvignon -Syrah, Vin de Pays des Bouches du Rhône

Nez assez ouvert, de fleurs, de mûre sauvage et de poivron roti. Sans le reconnaître, Philippe y voit une parenté avec le Romanin, c’est probablement le cabernet sauvignon. La bouche est fraîche, très équilibrée, très agréable, sans surprise et la longueur est bonne mais pas exceptionnelle. Beaucoup pensent au Clos Milan, mais c’est un des vins qui se devait être une des stars de la soirée, Trévallon. Attention, c’est un excellent vin pour les amateurs de cabernet, mais il n’est pas d’un rapport Q/P exceptionnel.

Château Vannières, Mourvèdre 80 %, Bandol

Nez assez discret, un peu de raisin, un peu de pruneau et d’épices. Certains apprécient relativement, d’autres le trouve assez éteint. La bouche est à l’avenant, avec des tannins pas trop secs, un peu de matière, mais sans vie, sans beaucoup d'éclat. Le vin qui a fait dire à Jérôme van der Putt que s’il s’agissait du Clos milan, il changeait de métier. Déception.

Clos Milan 2001, Grenache 80%, Baux de Provence

J’ai tout entendu sur la description de ce vin, mais elle a commencé par un long silence et puis un mmmmmmhhhhhhh général de satisfaction. Un peu floral (certain y voient une note de syrah et partent vers trévallon), mais de la cerise et de la framboise, de l’encens, du cuir, du romarin fraîchement écrasé. La robe claire ne laisse pas deviner que ce vin est d’une longueur exceptionnelle, et rappelle, modestement, mais incontestablement le château Rayas, avec lequel il partage des similitudes de terroir. Le grand vin de la soirée !

Château Saint Anne Collection,95% mourvèdre, Bandol

Il est dur passer après ce grand moment d’émotion. Mais la cuvée de Saint Anne tient très bien la route, on y retrouve les notes animales et d’encre de la cuvée générique. Si c’est moins marqué que pour la cuvée générique, ce l’est encore trop pour certains. Mais la chair du vin est plus grasse, les tannins plus mûrs, la finale plus longue, très typée mourvèdre (violette). C’est très bon et de grande garde!

Petite pause ou l’on peut regoûter les vins avec des toasts au caviar d’aubergines maison. Les vins se comportent assez bien sur ce met bien régional, avec pour ma part une préférence pour le châtau Romanin et la cuvée les mûres 2003. Il faut une matière certaine pour dominer ce caviar suave mais puissant.

Nous sommes prêts pour la deuxième série qui comportera également un pirate.

BBserie2Château Pradeaux (Mourvèdre 90 %), Bandol

La grosse déception de la soirée pour certains, je serai plus indulgent. Le nez est fruité, sur le yaourt et la crème fraîche, certains détestent, je suis de ceux qui apprécie. L’attaque de la bouche est puissante, et laisse couler une sève à la chair plus juteuse que le Vannières. La finale est cependant peu agréable, sur l’alcool, le bois mouillé, le vieux fût, avec des tannins un peu secs et une finale trop amère. Grosse déception, incimpréhension, ou défaut de bouteille (achat Cora), on regoûtera à la première occasion.

Rubrum Obscurum, Côte de Provence, Château de Roquefort

Robe un peu plus claire que la précédente. Des arômes très fruités titillent nos neurones, le vin pinote agréablement, beaucoup de fruits rouges, c’est très frais, vivant, naturel, mais certains le trouvent peu complexe. La bouche est à la fois suave et stricte, mais à nouveau très naturelle ; Jérôme van de Putt le reconnaît sans faille. Un vin sur le raisin, le bon raisin. Les tannins encore présents mais pas du tout végétaux sont garants d’une belle garde. L’acidité plus marquée que dans les autres apporte énormément de fraîcheur et de digestibilité. Le vin pêche peut-être par un manque de longueur. Goûté à l’ouverture, c’est le seul qui n’en a pas vraiment profité.

Valinière (mourvèdre 90 %), Vin de table (ex-Faugères), Leon Barral

Déclassé en vin de table pour cause d'exces d'acidité volatile, et pourtant... Rien qu’au nez, on sait qu’on se trouve face à un monstre. Le premier nez est un peu sur le caoutchouc et l’oxo, mais laisse place petit à petit aux fleurs sauvages, au fruit mûr, aux épices, à la garrigue, la viande fumée. Complexité inouïe. La bouche est très suave, avec un chouia d’acidité volatile (raison pour laquelle il a été déclassé en vin de table). Il y a encore des tannins, mais le vin a encore gagné en chair et en complexité depuis un an. La finale est longue, très longue sur les épices et les fruits à l’alcool. Cette dernière note est le seul petit bémol d’une partition jusque là parfaite. Un deuxième grand moment dans cette dégustation.

Cœur Quartus, Château Romanin, Baux de Provence

La robe est sombre et le verre lâche de premiers arômes très floraux, de violette, d’œillet, un vrai bouquet. Il y a du fruit aussi, que l’on retrouve en retro-olfaction. Les tannins juteux apportent une belle structure à un vin très équilibré et très consensuel. Tout le monde pense à Pibarnon, mais c’est le cœur Quartus de Romanin. Superbe bouteille.

Pibarnon, >90 % Mourvèdre, Bandol

Toujours à l’aveugle, nous arrivons au vin qui aurait pu, qui aurait du être le sommet de la soirée. Cela commençait bien, son tirage au sort le plaçait en position finale. La robe est assez sombre, le premier nez est axé sur le caramel, à l’aération des notes fruitées apparaissent, pruneau, raisin sec, un peu de fruit noirs peut-être, mais les notes de caramel empêchent de l’apprécier totalement. On retrouve hélas cette dominante en bouche, les tannins sont marqués, un peu secs. Il y a du fond et le vin est peut-être dans une phase transitoire, mais si on lui reconnaît du potentiel, il ne délivre pas beaucoup de plaisir actuellement.

Vannières 1995, 80 % Mourvèdre, Bandol

Nous terminons cette dégustation avec un Bandol de plus de 10 ans. Contrairement au 2001 acheté chez un caviste, ce Vannières 1995 a été acheté en grande distribution (Carrefour). Il a une parenté indéniable avec son cadet, ce qui laisse penser qu’il n’y a pas de mises différentes, comme cela avait été suggéré ici. Nez épicé, beaucoup de raisin sec, un peu de pruneau. Les tannins se sont un peu civilisés depuis notre dernière rencontre (2000), mais ce n’est toujours pas l’excitation. Un vin un peu terne finalement. Dommage.

Les estomacs sont prêts pour la daube de boeuf et ses tagliatelles, que l’on parfume au poivre sauvage de Madagascar. Ensuite, une glace au matcha, et puis une tisane de verveine et de badiane. Une belle soirée je crois, avec son lot de surprise, d'émotions et de bonnes rigolade aussi. Merci à tous pour votre participation.

Pour d'autres avis, faites un tour sur LaPassionduVIn

Bon comme d'habitude, j'oublie de prendre les photos en direct, en voici donc quelques unes, après la fête ...

Mais tout d'abord, la star de la soirée. A carafer impérativement (4 heures pour nous) pour le max de frissons.

bbmilan

Elle était manifestement bonne la daube :-)

bbdaube

Et les pâtes aussi ...

bbpates

Et la glace au matcha? A vos souhaits;-)

bbglace

Verveine et anis étoilé, de quoi se remettre de ses émotions multiples...

bbtisane

Voilà, tout le monde est parti, on peut aller dormir... Et bien non, faut encore tout ranger...

bbtable

20:07 Écrit par Laurent dans Ateliers Dégustation | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

08/03/2007

ACHAT à l' AVEUGLE

On connaît les dégustations à l'aveugle, mais avez vous déjà acheté à l'aveugle? Sans références, sans étiquette et sans prix...juste en goûtant. Vous, face à votre propre goût! Non, très certainement, et bien c'est ce à quoi nous vous invitions il y a quelques semaines dans la boutique de l'Odyssée, qui une fois de plus portait tellement bien son nom.

Oui, vous avez bien lu, ce qui sont venus ne savaient pas à l'avance ce qu'ils allaient acheter, mais ils n'ont pas acheté un chat dans un sac, juste un vin dans une carafe;-)

Petit Rappel du Principe

"Vous venez, 6 carafes sont à votre disposition sur des tables, 3 blancs et 3 rouges.

Vous dégustez à votre aise; pas d'explication, pas de contexte, je me tairai, je le promets;-). Vous vous trouvez seul face à votre goût, sans influence extérieure.Et puis vous choisissez, le vin ou les vins que vous préférez.

Je vous fais le total et vous découvrez: ... le prix. Rassurez vous, pas d'arnaque, je choisirai des vins dans une fourchette assez étroite (+/-9 à max 15 €).Une deuxième barrière tombe, vous n'achetez pas en fonction du sempiternel rapport Q/P, mais en fonction de votre goût, uniquement!

Et puis vous découvrez les bouteilles achetées et leur origine. Ce pourrait être un vin de table ou une appellation plus prestigieuse; vous ne le saurez qu'après achat. Et la troisième barrière s'effondre, pas de repère rassurant de l'étiquette (Pomerol tu nous gâtes;-), pas de référence à une appellation, pas de réputation qui précède le producteur, juste un vin qui ne demande qu'à être très simplement acheté et bu!

Alors vous êtes joueurs? venez tenter l'expérience!"

Vous avez quand même été une bonne dizaine de téméraires à pousser la porte de la boutique pour vivre cette aventure unique, et qui était, n'ayons pas peur des mots, probablement une première mondiale;-)

D’après vos réactions, c’était une expérience intéressante, et même enrichissante (si j’ose dire), beaucoup m'ont demandé quand je recommençais; je ne vais pas me faire prier, car j'adore.

La première réflexion qui m’est venue, est qu’il n’est manifestement pas beaucoup plus simple de choisir à l’aveugle qu’à étiquette découverte. Un peu comme si on vous bandait les yeux et vous donnait une canne pour marcher, le dégustateur a parfois tendance à s’accrocher à un arôme ou un goût qu’il identifie. Et puis il a du mal à le lâcher… et à découvrir les autres.

De même, j’ai l’impression qu’il est plus critique, comme s’il avait peur de se tromper. Beaucoup ont acheté 1 ou 2 bouteilles, ...pour voir… Peu se sont laisser aller à l’achat aveugle par caisse, expérience difficile apparemment. J'ai déjà remarqué combien il était difficile de décortiquer un vin pour l'identifier et puis de l'apprécier avec ses tripes. L'appréciation d'un vin doit parfois être plus animale et instinctive que l'analyse

Les vins maintenant, je ne suis pas aussi vicieux qu'on le dit, voici quand même la solution :

J'avais choisi 3 blancs et 3 rouges, dans chaque série, un vin était plus difficile à situer, les autres étaient assez caractéristiques. - le premier était la cuvée de chardonnay Florine 2004 de Ganevat. Vous êtes plusieurs à l’avoir situé dans le Jura, j’ai apprécié le commentaire de Herman lui rappellant le lambic, quand on sait qu’il y a du saccharomyces bayanus dans l’air du jura comme dans celui de Bruxelles

- Ensuite, un piège, un assemblage original de chardonnay et de chenin de Loire, la cuvée Les clous du domaine Saint Nicolas. Mais en 2003, millésime de pauvre acidité. Et bien, un seul d’entre vous l’a bien situé, mais je le soupçonne d’avoir eu du bol ;-). Vous étiez pour la plupart en Alsace ou dans le Sud. Logique finalement.

- La série des blancs se terminait par le Hautes Côtes de Nuit de Verdet, en 2002 . Certains ont reconnus le chardonnay, d’autres sont partis sur le riesling, c’est vrai que le vin présentait beaucoup de minéralité. Un vin évolutif, qui présentait un peu de réduction à l’ouverture. La aussi, les réactions son amusantes. Par exemple le premier dégustateur l’a tout d’abord déclassé et puis en a pris une caisse.

Un des pièges de cette dégustation, c’est de risquer de commander un vin que l’on a déjà en cave, un autre, de ne pas reconnaïtre un vin que l’on a acheté auparavant. Les deux cas se sont présentés:-)

- Le premier rouge était un assemblage de syrah et de merlot. Un cabardès 2004, les Hautes Pierres du domaine Loupia, sous influence océanique et méditerranéenne. Très apprécié, dense mais frais, peu ont reconnu l’origine et l’encépagement. Merci à Claude pour l’identification de la betterave rouge au premier nez. Impressionnant (j'adore la betterave rouge;-).

- Là c’était un autre piège, la Mondeuse Harmonie 2005 de Trosset, nous avons bien voyagé, de Loire en passant par la Bourgogne et le Beaujolais, tout en n'oubliant pas le Rhône. L’indice était sa fraîcheur supplémentaire en comparaison aux deux autres vins plus sudistes ; et ses arômes rappelant la syrah. Je me serais attendu à plus de rhône Nord dans vos identifications. Certains l’avaient dégustée il y a une semaine, l’un d’entre vous l’a quand même finalement bien identifié.

- Le dernier a fait l’unanimité. Même si peu ont reconnu la dominance de grenache, vous l’avez tous situé dans le Languedoc-Roussillon. Malgré un petit perlant très naturel qui apportait une note fraîche pas désagréable, il n’a pas pu cacher son origine. C’était la cuvée André Mercier, du domaine Joliette en 2003.

Merci encore à tous ceux qui ont joué le jeu, et ... à l'année prochaine....

Quelques photos

Pas évident, pas évident ...

aveugle2

aveugle1

aveugle3

09:44 Écrit par Laurent dans Ateliers Dégustation | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

03/03/2007

ATELIER FONDUE: Vers les pistes de ski!

Je suis le roi du timing parfait. J'avais prévu de longue date un atelier fondue pour dépayser ceux qui ne vont pas aux sports d'hiver. Je l'avoue, je craignais un peu de devoir le faire parmi les fleurs et par une température estivale. Oui, le réchauffement climatique n'est décidément pas un leurre. Mais à 2 jours de mon atelier, vont tomber les seuls flocons de cet hiver 06-07 qui s'était fait tellement discret. Le temps était donc au rendez-vous pour cet atelier aux parfums de glisse (c'est une image;-). Merci bonhomme hiver de ne pas nous avoir complètement oublié. Allez quelques photos pour se remettre dans l'ambiance.

neigeeve

neigeje2

neigewil

Tout le monde est bien à l’heure, on peut commencer par un petit apéro; goûter les vins présentés à la dégustation du week-end, avec un morceau des fromages qui seront utilisés pour la fondue

APERO

Savoie, Chignin 2005, G. Berlioz

Berlioz; le fou du village, pourquoi faire de la qualité et se dépenser physiquement sans compter dans les vignes alors que les touristes s’abreuvent sans y regarder des hectolitres les plus insipides, pourquoi? Par amour de la vigne et de la terre pardi! Une cuvée toute en fraîcheur, fleurs et fruits blancs, pointe de minéralité, très sec ; je sens qu’il est idéal pour la fondue aux fromages, on va vérifier bientôt.

Jura, Grusses 2004, Chardonnay, JF Ganevat

Je garde parfois des atouts dans ma manche;-) Cette cuvée de fanfan, n’a pas été présentée au marché de Noël. Les Grusses, c’est souvent la cuvée la plus opulente des chardonnay ouillés, c’est aussi le cas en 2004. Mais ce n’est pas tout, quel fruit (presqu’exotique), quelle minéralité ; Fanfan devient de plus en plus intouchable pour ses vins ouillés!

Jura, Arbois, Graviers 2003, S. Tissot

Fanfan intouchable? Tout le monde n’est pas d’accord et Stéphane Tissot probablement le premier. Et il joint le geste au goulot avec cette cuvée, souvent aussi la plus opulente de sa gamme, issue d’un terrain calcaire. En plus c’est un 2003, qui a particulièrement bien réussi au Jura, sans faire dans l’atypicité! Arômes assez différents du Grusses, moins sur les fruits jaunes, complexe, un peu d’élevage, moins acide aussi, millésime oblige, mais quelle longueur.

Savoie, Chignin-Bergeron 2004, Roussane, G. Berlioz

Repéré par Michel “ex-RVF” Bettane, mais nous l’avions goûté avant. Il commence à s’ouvrir et pourrait dépasser le magique 2002. Les arômes d’abricot et de pêche se développent, la minéralité se lâche.La rondeur et la matière sont là, bien balancée par l’acidité. Belle longueur, grand vin en devenir, mais patience!!!

Savoie, Harmonie 2005, Mondeuse, Charles Trosset & Fils

Un bijou exposé à tous au pied des montagnes d’Arbin, plein Sud! Un prof qui cultive sa vigne comme un jardin, sur des terres blanches à la pente vertigineuse; des vins de soie et d’arômes qui rappellent un peu une syrah délicate mais profonde. Le vin entre dans une phase un peu intermédiaire et il faut maintenant l’attendre une bonne année. Un délice à ne pas manquer, dernière bouteilles!

Jura, Savagnin Prestige 2000, oxydatif, JF Ganevat

Voici un représentant du Jura oxydatif pour la gastronomie, élevé 4 ans sous voile, soutenu par une acidité qui prolonge la finale. Pour une volaille au vin jaune, des tourtes aux morilles, une fondue au comté (tiens tiens), ou plus audacieux, des plats épicés; cardamome et galanga l’appellent à gorge déployée.

FONDUE

Nous goûterons deux fondues ; une Fondue Franc-Comtoise (Comté uniquement) et une Fondue Savoyarde (Abondance –Beaufort – Gruyere de Savoie). Le tout sera accompagné de salade de blé (mâche) et d’un peu de charcuterie. Et puis en guest star, le pain maison, au levain d’Anne ! Je vous donnerai bientôt la recette et ses vertus

painlevain

Les fromages (Comté, Abondance, Gruyère de Savoie, Beaufort) proviennent principalement de la Casière à Wavre. Ils sont d’un bon niveau, surtout l’abondance, dont j’aime le goût bien piquant. Bon niveau, sauf peut-être le gruyère de Savoie ; gras, presque beurré, je n’accroche pas trop, manque de goût. Le Comté vient en partie du marché de LLN, d’un fromager bio.

Voici la recette de la fondue

On a « comté » 3kg 600 de fromage pour 11, faites le compte, cela fait quand même plus de 300 grammes de fromage par personne.

Répartis dans 3 caquelons, 2 seront consacrés à la Savoyarde et le troisième à la Franc-Comtoise.

La recette est simple, vous frottez le caquelon avec la gousse d’ail, vous versez environ 3 verres de vin blanc (pour la fondue savoyarde du chasselas de chez Frick et pour celle au comté, un peu de chardonnay oxydatif du Clos des Grives et de savagnin prestige 2000 de Ganevat ont été utilisés) et la gousse d’ail en purée (on peut en mettre un peu plus si on veut…), portez à ébullition. On rajoute les fromages découpés en cubes et on touille en faisant de 8. On rajoute un verre d’alcool, ce sera de la mirabelle de chez Binner (ils ont leurs propres arbres fruitiers bio) pour la savoyarde et une Fine du Grand Père Léon de Jean François Ganevat pour celle au Comté. Un tour de moulin du super poivre de Tellichery (Inde) et c’est joué, on passe à table et on peut commencer les joutes viniques paire par paire.

Les Vins

fondue

J’ai goûté les vins principalement avec la fondue savoyarde aux 3 fromages, mes commentaires se limiteront donc à celle là.

Paire 1

Chignin, Jacquère, 2004, Domaine Berlioz

L’accord avec la fondue fonctionne parfaitement, c’est sec et frais, mais le gras du fromage reste bien onctueux en bouche, très classique mais très bon.

Mondeuse Blanche sur Lie, Vin de Pays d’Allobrogie, 2005, Claude Subtil

Le vin est légèrement pétillant, premier nez de poivre blanc et puis c’est la rhubarbe, en bouche également. Ce n’est pas très dense et c’est court, mais c’est très agréable et frais. Pour moi le vin assèche le fromage qui devient un peu grumeleux, mais d’autres apprécient sa légèreté.

Paire 2

Côte du Jura, Chardonnay oxydatif, 2002, Clos des Grives

Le nez de ce chardonnay n’est pas très causant, un peu d’amande fraîche et de noisette peut-être, une touche de frangipanne . Par contre la bouche est bien dense et superbement équilibrée. L’effet avec la fondue est imparable, tout en harmonie, le vin développe plus de fruit et est magnifié par le plat. Très bel accord.

Arbois, Les Graviers, Chardonnay Ouillé, 2003, A&M Tissot

Effet rebond avec la fondue, les arômes de fruits sont exacerbés, il s’opère une danse langoureuse en bouche entre le fromage et le vin, avec peut-être un sursaut d’alcool. Certains trouvent dans l’accord une certaine perte de fraîcheur et d’autres adorent.

Paire 3

Côte du Jura, Savagnin Privilege, ouillé, 2000, JF Ganevat

Le vin a été ouillé pendant trois ans et hésite entre deux mondes, l’oxydatif et l’exotique. Tout cela se développe en bouche en harmonie avec le fromage et sans excès. C’est magnifique, mon coup de cœur !

Côte du Jura, Savagnin Prestige, oxydatif, 2000, JF Ganevat

Le vin passe un peu au dessus de la fondue savoyarde, masi officie parfaitement sur celle au Comté. Classique mais bon !

Paire 4

Côte du Jura, Pinot noir, Poulsard, Trousseau, 2003, Clos des Grives

Quel nez !, Fruit, herbes aromatiques, confiture de vieux garçon, c’est de la soie en bouche, tout en finesse. Et sur la fondue, cela fonctionne, le fruit rouge cerise se trouvant revigoré. Une belle surprise.

Arbin, Harmonie, Mondeuse, 2005, Charles Trosset & Fils

J’adore ce vin, mais force m’est de reconnaître que l’accord ne me plait pas, les arômes s’entrechoquent, le vin paraît trop puissant pour le fromage, bof ! L’accord avec une Tome de Savoie et une tartiflette l’année passée était, lui, d’anthologie.

fonduetable

DESSERT

Glace au Matcha (et vanille bourbon)

La glace Matcha est maison, le matcha est le thé vert de cérémonie des japonais. C’est un thé d’ombre, dont les meilleures feuilles sont broyées lentement à basse température. Celui utilisé est Tsuki, moins cher que le Kotobuki, un peu plus tannique et qui est pafait comme ingrédient de cuisine ; mais il est aussi largement au dessus de beaucoup de matcha du commerce.Un peu de ma vanille bourbon de Madagascar est utilisée dans la recette. Vous trouverez tous ces ingrédients dans ma boutique;-)

Par contre la glace vanille était une bête glace achetée, désolé….

POUSSE

Macvin, Clos des grives

Le Macvin est superbe, sur l’abricot, la noix, le sous-bois et le tabac, bel équilibre de sucre, d’acidité, et d’alcool, rien de trop. Une belle gâterie pour terminer.

Cartagene

Un cadeau de Christophe Beau (domaine Beau-Thorey). C’est curieux, fruité, sucré et .. anisé, très anisé. Faut aimer l’anis… j’aime bien l’anis…

Marc du Jura de Fanfan Ganevat

Personne n’en a pris, c’est très bien, vous avez été raisonnables.

FINALE

Tisane Digestive Verveine - Badiane

Vraiment idéal pour terminer le repas, et surtout un repas aussi copieux que la fondue. Une petite poignée de verveine et une étoile de badiane, si on aime bien on peut en mettre deux. Le lendemain, j’étais frais comme une rose, et vous ?

Regardez bien, ils boivent de la tisane, pour certains c'était la première fois, une vraie odyssée aromatique;-)

fonduethe

Voilà, grand merci à tous pour votre participation et à la prochaine…

La prochaine, c'est le 9 Mars à 20h. L'atelier c'est la Provence BB qui vous fera découvrir les meilleurs crus de Bandol et des Baux de Provence. A vous les Pibarnon, Trevallon, Pradeaux, Romanin, Milan et autres. Du bio, du pas bio, du nature, du moins nature, le tout à l'aveugle. A ne pas rater, il reste quelques places. Contactez moi par mail.

09:10 Écrit par Laurent dans Ateliers Dégustation | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

27/02/2007

BUVEUR de CONTRE-ETIQUETTE

C’est une réflexion que j’ai eue suite à la lecture du super bouquin de Jérôme van der Putt « le vin bio mode d’emploi » Un livre que tout le monde devrait avoir lu, pas seulement ceux sensibles à la culture bio ou aux vins naturels, mais tous les passionnés de vin. Ecriture et structure claire, précise, sans littérature inutile (les mauvaises langues diront que je sais de quoi je parle ;-) et sans polémique. Il reprend aussi quelques beaux CR de vins naturels illustrant très leurs caractéristiques ; une belle source d’infos.

Il y prêche (le mot un peu fort) pour que le vigneron indique, sur la contre-étiquette, plus d’informations sur ses méthodes, à la vigne comme à la cave.

Vin-bio

Le Vin Bio Mode d'emploi reposant sur des bouteilles de Schueller (bio non certifié); Jérôme appréciera, je crois, mon clin d'oeil!

Il y a aussi depuis peu, la législation qui impose le sigle de la femme enceinte, mais aussi le fameux « contains sulfites » ; que le vin soit vinifié sans ou qu’il en soit chargé à balles de guerres.

Je sais que les adeptes de « la vérité est dans le verre » me diront que … cela n’a pas d’importance à leurs yeux puisque … la vérité est dans le verre. Mais enfin, ils aiment quand même bien connaître, j’imagine, le millésime, l’encépagement … Enfin peu importe, leur opinion est tout à fait respectable, mais on connaît donc déjà leur avis, pas la peine d’en rajouter ;-). Et puis flûte, je le reconnais sans fard, je suis un buveur de contre-étiquette ; comme je le disais par ailleurs, j’aime voir sous le capot, j’aime m’enthousiasmer en connaissances de cause.

Beaucoup de bouteilles en possèdent déjà, mais souvent, elles sont très vagues, et souvent bêtement publicitaires. Donc pour ceux qui restent sur leur faim quand aux précisions d’une étiquette, plus d’infos est nécessaire.

Quelques mots sur le domaine, sur la viticulture, la vinification et le vin lui-même. Mais trop d’informations ce n’est plus de l’information ; alors à votre avis ; s’il en faut, ce seraient lesquelles ?

Pour moi : en ce qui concerne la viticulture, il y a les certifications, ecocert, demeter, terra vitis pour la lutte raisonnée ; ça vaut ce que ça vaut, mais ceux qui n'en veulent pas, devraient peut-être s’abstenir de faire référence à l’environnement. Par contre, la démarche peut être précisée, sans pour autant, comme il est très bien mentionné dans le bouquin de Jérôme van der Putt, nous mettre des coccinelles partout !

L’encépagement, ça c’est simple et utile, ça m’aurait déjà épargné des heures de recherche sur google !

La teneur en alcool est obligatoire (mais pas toujours correcte), celle en sucre est parfois très utile, même si les puristes me diront que ce qui compte c’est la sensation sucrée et non la valeur mesurée. C’est vrai, mais bon cela limite quand même le risque d’erreur ; et puis on peut préciser, s’il est gustativement sec ou autre…

L’absence de chaptalisation (j’imagine mal, le vigneron mentionner qu’il chaptalise;-) bien que certains ne s’en cache pas) . Les affirmations mensongères pourraient être décelées (la RMN dans le cas de la chaptalisation), rappelons nous la polémique sur cette même toile à propose de Climens.

L’absence de tout intrant, enzymes, gommes, autres poudres de perlimpimpim…S'il est non filtré, non collé…

Sa vision du sulfitage (pas d'ajout, vinification sans, uniquement à la mise, dosage, ..), car pour les vins sans soufre ; on entend tout et son contraire.

Les conditions de stockage (moins de 15°C pour les vins naturels). C’est vrai que pour certains vins bio, et principalement ceux dits naturels ; un mode d’emploi serait parfois bien nécessaire.

Car mettre des infos sur la contre-etiquette, c'est aussi s'engager un peu, un peu plus que le discours classique; car si les paroles s'envolent, les écrits restent.

Bref, si les bons vignerons "nature" pouvaient déjà, être certifiés bio, ils pourraient ensuite indiquer, sur la contre-étiquette, que leurs vins sont vraiment produits, à la cave, sans autre additifs autre que le sulphite. Cela augmenterait sensiblement la transparence et j'en serais très satisfait...

19:28 Écrit par Laurent dans Coups de Gueule | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |

24/02/2007

19 JANVIER 2007: Une Cascade de Désagréments

Pour avoir droit à une AOC, les vins doivent répondre à un cahier de charges. Celui-ci comprend des contraintes se voulant de typicité, comme les délimitations géographiques qui contrôlent donc l’origine. Ou comme l’encépagement. On ne peut pas assembler les vins comme on veut, certains cépages ne peuvent entrer dans l’appellation. Un exemple réputé, la cuvée Z de Zind-Humbrecht à base de chardonnay est déclassée en vin de table, le célèbre Trévallon en Baux de Provence est déclassé en vin de pays en raison de la présence de plus de 20% de Cabernet Sauvignon. Il y a aussi des paramètres qui se veulent plus qualitatifs, comme les données analytiques, le rendement et la densité de plantation. Certaines appellations veulent aller plus loin, comme les Baux de Provence qui pourrait inscrire la culture biologique dans la charte AOC.

Mais ce n’est pas tout ! Si la pertinence des paramètres précédents peut être discutée ; ils sont relativement objectifs. Bien sûr, on peut les contourner. Qui va pouvoir vérifier les assemblages dans la bouteille ? Plus grave, des rendements trop élevés reçoivent souvent des dérogations et puis il suffit pour les respecter de faire la déclaration de récolte en fonction, et d’écouler les raisins superflus autrement, voire de les laisser sur pied. Dans ce cas, le raisin qui va dans la bouteille est pourtant bien issu d’un rendement trop élevé !

Mais ce n’est donc pas tout ; il y a aussi la dégustation d’agrément. Et là, je pousse mon coup de gueule. J’ai rendu visite la semaine passée à la plupart de mes vignerons alsaciens préférés, il se fait que trois d’entre eux ont connu ce problème pour leur dernier millésime.

Je commence par Vincent Stoeffler, à Barr. Pour la première fois de sa carrière (environ 20 ans) un de ses vins est déclassé, pire, c’est son grand cru Kirchberg, qui fait sa juste fierté, qui reçoit les foudres des comités d’agrément. Je l’ai dégusté ! C'est un vin un peu austère, comme l’est souvent le Kirchberg de Barr dans sa jeunesse. Mais pas plus que le 2004, il est par contre très sec, avec une belle matière, comme j'aime, un peu fermé, mais un très bon de potentiel.

?Et bien, le verdict, déclassé... manque de matière ...Inoui !

Ensuite, je vais chez Jean-Pierre Frick; chez lui c'est génial!?En général, les vignerons m'évitent les commentaires un peu trop vendeurs sur leurs vins ; mais lui, c'est carrément à l'aveugle (enfin il demande si je préfère et je suis joueur;-)Nous dégustons, ce qui est peut-être mon 50eme vin de la journée. Je suis fatigué, mais pour moi, l’origine du vin qu'il me présente est évidente, donc j'ose; je lui dit, « on change de cépage, c'est du muscat! ». Il me répond, « je suis heureux ». Il m’explique alors qu’il s'agit de son grand cru Steinert 2004, refusé pour … manque de typicité...J’ai reconnu le cépage ; je n’en tire aucune gloriole. Car si ce n'est pas un muscat variétal, ce n'est pas autre chose qu’un muscat.

Et puis, c'est un grand cru, le Steinert !!! Et le seul producteur de Steinert, c'est Frick! Il n'y en a pas d'autres! Donc le seul qui pourrait juger de la typicité de ce grand cru, c'est sans doute Jean-Pierre lui-même. Mais non, déclassé! Re-Inoui !

Je ne sais pas si vous suivez car il est tard (en tout cas pour moi), mais c'est apparemment n'importe quoi ces dégustations d'agrément. Et je ne parle pas de supers vins atypiqes pour cause de sans soufre ou des notes d’oxydation ménagée de certains vins dont le fruit et le terroir explose en bouche qui sont refusés par des dégustateurs aux références œnologiques très obtuses. Ca c’est souvent le cas des vins de Bruno Schueller, dont le fameux (et délicieux) grand cru Pfersirgberg ne reçoit pas souvent l’agrément (vous le connaissez sous le nom de « le verre est dans le fruit »). Non, je parle de vins aromatiquement corrects, comme ce jour là encore, le super riesling « cuvée particulière » de Bruno Schueller. Il est aussi passé à la trappe, verdict : manque de matière. Dingue, les vins de Bruno sont justement réputés pour leur matière et leur maturité. Mais attention ; aussi pour leur absence de sucres résiduels. Et voilà peut-être une piste pour expliquer cette cascade de … désagréments…

A moins de ne jamais boire de vins d’Alsace , ou de vivre sur une île déserte uniquement approvisionné par les vins de Gérard et Bruno Schueller, vous l’avez constaté, les vins d’Alsace sont de plus en plus sucrés, et le riesling n’échappe pas à la règle ! On retrouve donc probablement, dans une même série d’agrément une grande majorité de vins aux sucres résiduels et puis perdus au milieu, un ou deux valeureux vins secs. Et c’est peut-être là que le bât blesse. On sait que le sucre apporte de la rondeur, rend le vin plus consensuel, mais apparemment, un peu de sucre résiduel ferait aussi office, pour beaucoup de dégustateurs officiant là bas; de preuve de matière, de richesse, de maturité, que sais-je encore. C’est évidemment très réducteur et souvent très faux. Mais cela montre que les vins secsrefusés, ne manquerait donc, non pas de matière ou de richesse, mais bien de sucre résiduel… un comble !

Alors, entre la jalousie des uns, l’incompétence des autres ; les rôles ambigus des œnologues et vignerons qui sont juges et parties ; et surtout au vu du nombre de vins refusés à l’agrément et dont je me suis délecté (il y en a à notre carte ;-), je me demande simplement, si l’appellation ne devrait pas se limiter, à ce qu’elle garantit uniquement dans les faits, l’ORIGINE.

Ensuite, le « marché » fera le reste…Dernier mot, j'ai cru lire que cela ne posait pas de problème au vigneron, une belle étiquette, un nom original et on peut le vendre plus cher. Il y a des exemples connus, la Valinière de Barral a, justement, fait parler de lui, la quintessence de mes roujetons de Dagueneau se vendait plus cher que le vin an appellation. D’autres, choisissent sciemment de quitter l’appellation, pour éviter ces désagréments et pour surtout, fuir au maximum la bureaucratie.

Mais ce ne sont que des exceptions. Pour le reste, ce n’est pas vraiment vrai;-). Beaucoup de vignerons sont attachés à LEUR appellation et vivent très mal ce déchirement. Et puis je peux vous l’assurer, beaucoup d’acheteurs, sont encore rassurés par une appellation classique et hésite, hélas, à investir 20 euros dans un … vin de table.

Alors, tiens pour le plaisir, une liste des vins de table à la carte :

Casot des Mailloles : en appellation Collioure jusque fin des années 90, suite à un refus d’agrément et par horreur de la bureaucratie, les castex proposent maintenant toutes leurs cuvées en vin de table … et de plage

Rene Mosse: Son rosé, son rosé d'Anjou, par solidarité avec Mark Angeli, récidiviste du désagrément, il est sorti de l'appellation; il nous propose son Achillée mon Rosé! , une corbeille de fruits bien mûrs!

Terre Inconnue : Robert Creus n’a jamais revendiqué d’appellation, aussi en raison des pertes de temps causées par les paperasses. Toutes ses cuvées sont en vin de table, la Sylvie un bijou pur syrah est donc le vin de table le plus cher de ma carte (mais il les vaut largement)

Leon Barral : Ici, c’est différent. Les autres cuvées de Barral sont en appellation Faugères ; et c’est en raison d’une teneur trop élevée en acidité volatile que sa superbe cuvée Valinière 2001 a été refusée à l’agrément. Elle était superbe, cela a fait un peu de pub méritée pour le domaine, mais ce n’est pas le but de Didier Barral . le 2002 est en Faugères et il est un peu moins grand … A noter, une nouvelle stupidité, le millésime ne peut être mentionné sur l’étiquette. Mais cela nous vaut de beaux contournements de loi, comme le « classique » N° de lot, ou plus élégant, cette petite couvée de canards de la valinière.

Gérard Schueller & Fils : Ici aussi, des cuvées sont régulièrement recalées par des jaloux ou des in compétents. Le Verre est dans le fruit, grand cru Pfersirgberg en est un exemple frappant ! Il y avait aussi son très bon crémant sans soufre 2000, recalé pour amertume, mais je n’en ai plus ; vous l’avez trop aimé ;-)

Jean-François Ganevat : Pas de refus d’agrément, mais un caractère explorateur trop peu contrôlé. Son superbe « j’en veux », croquant à souhait est en vin de table en raison de l’encépagement. De vieux ceps d’enfariné, égrappés à la main, vinifiés sans soufre ; avec du béclan, du greush, du noah et bien d’autres. On dit même que le copain de Monica serait passé par là …

André et Mireille Tissot : Un retour aux sources pour la cuvée Spirale de Stéphane Tissot, qui n’a pas droit à l’appellation « vin de paille » car le taux d’alcool est trop faible. Il aurait falu pousser la levure pour y arriver. A la dégustation, l’équilibre était parfait, Stéphane n’a pas voulu forcer, il a bien eut raison.

Domaine Viret : Pas de désagrément ici, juste un choix d’encépagement original (et bon).Beau-Thorey : Ici aussi, on en fait qu’à sa tête ! La cuvée Ultime, le joyau du domaine, assemble des vielles vignes d’aramon et d’autres, n’ayant pas droit à l’appellation.

Christophe Beau nous a conté l’épopée du rachat de ces très vieilles vignes dans un superbe roman : la danse des ceps. Une lecture indispensable pour tout amateur de vin. A ne pas rater !

Et donc bientôt à la carte, nos Alsace préférés:

Le XXC ex Kirchberg de Vincent Stoeffler

Le Muscat Steinert de Jean-Pierre Frick (on distingue sur l'étiquette les mentions grand cru; mais elles sont barrées ;-)

07:12 Écrit par Laurent dans Coups de Gueule | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

19/02/2007

MORT AU BIO!

L'Europe va bientôt adopter un règlement signant l'arrêt de mort du bio, dénaturant complètement sa philosophie; en autorisant la présence d'OGM et de pesticides en quantité non négligeable. Je vous engage à lire les infos sur le Site Nature et Progrès et à signer leur pétition qui s'oppose à cette décision. Il y a urgence!

20:16 Écrit par Laurent dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

JANVIER 2007: Les 7 Péchés Capitaux ... du Bordeaux!

On me demande souvent, « tiens vous n’avez pas de Bordeaux? ». Tout d’abord, c’est faux, j’en ai plein ma cave perso, fruit coûteux d’un parcours assez classique d’amateur passionné ;-).

Mais c’est vrai, à la carte, rien, nihil, nada, Pourquoi ?

Et bien, je vais vous le confesser; voici les 7 péchés capitaux du Bordeaux ;-)

- La première (1) englobe la plupart des suivantes ; je n’en ai encore trouvé aucun répondant aux critères que je me suis fixé. Oui, vous avez bien lu sur la première page du site : « respectant terroir, raisin et amateur de vins ». On détaille!

- Respect du terroir, et de son environnement bien sûr ! (2) Peu de « bons » vignerons en bio, la diversité du choix est faible, ; dans les autres régions il y a des locomotives (les meilleurs sont tous en bio et le disent, Zind-Humbecht en Alsace, Coulée de Serrant en Loire, Leroy-Romanée Conti en Bourgogne, Chapoutier en Rhöne, …). A Bordeaux ce n’est pas le cas, ou en tout cas c’est beaucoup plus discret (Ausone, Pétrus seraient en bio; « va-t’en savoir » comme on dit chez nous !). Mais ça bouge, un gars comme Derenoncourt a incontestablement une sensibilité différente, cela se voit déjà à la vigne ; mais à la cave ce n’est pas encore assez sensible à mon goût.

- Respect du raisin (3) : le bois ; qu’il soit cèdre ou vanille, est trop souvent omniprésent. Quand j’achète du vin, c’est pour mettre en cave, pas pour construire un abri de jardin ! Exemple récent au cours de septembre, je choisis 1 médoc et 1 st emilion, au hasard, mais près de 15 euros quand même. Au nez, point de diférence, des deux verres jaillit un boisé explosif, dominant tout autre arôme. Cela donne un côté luxueux au vin, pour moi c'est surtout du maquillage putassier qui cache l'absence de raisin. Dommage!

- Respect du raisin (4) : le soufre ; probablement parce que c’est une des régions qui exporte le plus ; les vignerons (ou leurs œnologues) ont souvent la main lourde sur le SO2. On ne retrouve donc pas souvent des cuvées « nature » style jus de raisin fermenté comme le font si bien Ganevat, Beau-Thorey, Hérédia, ou Sablonettes; ou des vins respirant le travail du sol et du vigneron comme le Casot des Mailloles; ou des vins gorgés de fruit et d’une classe folle comme Lapierre, Ducroux, Schueller ou Ganevat encore lui; ou encore ceux qui proposent des voyages aromatiques extraordinaires et parfois insolites comme Overnoy ou Barral ! Pas le goût du risque chez les Bordelais, trop d’enjeu, trop de fric en jeu ?

- Respect de l’amateur de vin (5) ; c’est surtout respect de son portefeuille. Il y a des Bordeaux corrects à moins de 15 euros, probablement, mais il faut reconnaître que ceux qui sont reconnus comme les meilleurs (les crus classés) ne sont pas donnés donnés. Des exemples? J'ai dégusté avant hier un Giscours 2002 : en voici les notes : « J'avais acheté quelques bouteilles aux foires cora sur base de commentaires lus sur LPV (comme quoi même les amateurs peuvent se tromper ;-). Hier soir, j'ai eu envie d'en goûter une : robe noire, je sers un verre à ma moitié, le verdict est imparable: poivron! Mais pas que; on y retrouve de la groseille, du boisé (plus cèdre que vanille), et des notes lactées (caramel mou, diacetyle) un peu chiantes mais qui vont progressivement disparaître. Le jus n'est pas dense, mais ne présente pas de creux, plus fruits noirs en bouche, les tannins sont déjà très civilisés et passent bien sur la côte de boeuf, l'extraction me semble juste. Peu de longueur. Alors c'est bon? Pas mal si on aime un peu le poivron, mais beaucoup trop cher! » On devait se trouver au dessus des 25 euros ; à ce prix là, on a largement du Jadis de Barral, un Rangen de Shaetzel ou un superbe Misteri de Pujol, .. vous saisissez le problème? Un autre exemple ; Lagrange 1999, très bon vin, 1999 est un millésime à boire et offre déjà du plaisir. le vin, peu boisé, c'est à souligner, tannins peu extraits, densité honnête, sève de fruit noirs, un peu de terre fraîche. J’aime bien, mais à nouveau, près de 30 euros pour cette quille ? Non, non et non ! Enfin ceci dit, Bordeaux n’a pas l’apanage des vins chers, mais le problème c’est qu’il présente beaucoup moins de super rapport Q/P vers 15 euros que les autres, à moins d’apprécier le bois et les vins corsetés par le soufre !

- J’aime pas le poivron ! (6) Ben oui, en tout cas pas dans le vin ; c’est comme ça, et encore si on tend vers le poivron rouge rôti ou le paprika, ça va, mais la dominante poivron vert, je fais une fixation ! Ce fut mon lot à Rouffach, il y a deux ans je crois (c’est sur le blog), quand j’avais dégusté tous les Bordeaux bio présents ; un seul avait trouvé crédit à mon goût : Chavrignac. On était pas loin de ce que je recherche, je vais le regoûter bientôt très certainement. Les autres ; poivrons, bois (bio ?;-) et dilution, tout ce qu’on reproche au bio d’avant, faire du bio avant de faire du bon vin !

- La cravate ! (7)Vous avez vu les photos de "vignerons" bordelais; toujours la cravate et son costard. Et j’aime pas la cravate, enfin, c’est même pas vrai, mais elle représente un peu trop le côté business du Bordelais. Plus en attente de la cote Parker et du prix qu’elle va permettre de faire payer aux nouveaux riches, que de faire visiter ses vignes à un amateur passionné. Mais c’est vrai, les vignes et la cave, ça pourrait tacher le costard…

- Ben oui comme les trois mousquetaires étaient 4, les 7 péchés capitaux du Bordelais sont 8 ;-). En fait, c’est plus un conseil, mais une des raisons pour lesquelles il n’y a pas de Bordeaux à ma carte, tiens aussi au fait du réseau de distribution de sa production. Il est impossible pour un petit caviste de campagne de concurrencer les prix (élevés mais régulièrement moins chers que les primeurs) des foires aux vins. Les grandes surfaces font très peu de marge, mais du volume, ça moi y en a pas savoir faire... Donc si vous voulez absolument casser votre tirelire pour du Bordeaux, faites comme moi ; faites vos courses à Cora ;-)

Voilà, vous l’aurez compris, j’ai aimé et j'aimerais aimer encore Bordeaux. Mais j’ai peut-être évolué plus rapidement que lui. Mais qui sait, ce serait avec plaisir que je vous ferai découvrir un vrai jus fermenté nature de cabernet ou de merlot pas trop cher ; le jour où j’en trouve un à mon goût ; qui sait, à suivre !

Tiens pour ceux qui sont intéressés, une interview de Stéphane Derenoncourt (Pavie Macquin, Canon la Gaffelière, Clos Fourtet, ...) dans la revue le rouge et le blanc (une des meilleures revues sur le vin, je vais m'y abonner je crois!). Il y parle des vins sans soufre; je ne suis pas d'accord sur tout, mais c'est un point de vue très intéressant pour lancer un beau débat.

18:21 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (14) |  Facebook |

VOEUX 2007

Meilleurs voeux pour cette année que d'aucun nous disent cosmique, qu'elle vous apporte en plus de la santé, le meilleur! Ce n'est pas compliqué, mais il faut le vouloir un peu! Qu'elle nous écarte un peu plus les papilles et notre envie de découverte, qu'elle développe encore notre sensibilité, notre profondeur et notre respect des autres et de leur environnement! Faut pas grand-chose pour enrayer la mornitude actuelle, mais faut peut-être changer quelques habitudes; on y reviendra!

18:13 Écrit par Laurent dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

18/02/2007

24 DECEMBRE 2006: L'heure du BILAN?

Noël, la fin d'année, c'est le moment de festoyer, de gâter sa famille, ses amis, d'ouvrir de bonnes bouteilles, de penser à quelques bonnes résolutions; mais c'est également l'heure du Bilan!

Je ne sais pas si vous vous souvenez de ce sketch de Michaël Kael dans "Nulle Part Ailleurs", et cette fameuse phrase, que je ne peux m'empêcher de répéter:"Mais c'est également l'heure du bilan". C'est bête mais rien que d'y penser, cela me fait rire, cet humour de potache. Bon je disais donc l'heure du bilan; oui, après une année au cours de laquelle cette activité qui était secondaire est devenue principale, il est bon de s'arrêter et de regarder le chemin parcouru. Et bien, c'est pas mal, l'ouverture de notre boutique, la diversification des activités (tisanes, huiles, épices, ..), les dégustations hebdomadaires, les ateliers de l'Odyssée, notre Marché de Noël, les cours de la true great wines academy, ... non, on a pas vraiment chômé et votre intérêt pour ces activités parallèles au vin n'a pas flanché.

Ce ne sont pas les idées qui manquent pour la suite, on va simplement tenter de structurer le tout un peu mieux afin que vous puissiez vous organiser au mieux. Le programme bientôt!

Et puis notre carte vins s'est aussi développée, avec l'arrivée de nouveaux vignerons, du Sud (Henri MILAN, Borie la Vitarèle, Mas de Cynanque), mais aussi de l'Est (TROSSET et BERLIOZ en Savoie, GRUHIER en Bourgogne et une palette unique de crus du Beaujolais, DUCROUX, LAPIERRE, LAPALU, GUIGNIER, DESCOMBES, ...), et puis la Loire avec MOSSE et HEREDIA, et puis plein d'autres encore, ce qui ne nous a pas empêché de rester fidèle à nos préférés, CASOT des MAILLOLES, TRAGINER, BARRAL, SCHUELLER, SCHAETZEL, LESCURE, GUYOT, BEAU-THOREY, BEAUFORT, MARMANDIER-BERNIER, et je m'arrête là, sinon je les cite tous;-)

Allez si on devait faire un choix sur les plus belles bouteilles de l'année, elles sont très nombreuses, mais voici une petite sélection intuitive

Le ROSE

bilan3Enfin, pas n’importe lequel, le rosé d’Anjou ! Mais pas le sucraillon qui cogne furieusement la tête, non le rosé d’Anjou 2004 de René Mosse. Une gourmandise à peine sucrée, tout en corbeille de fruit, la fraise apportée par le grolleau, la framboise, la cerise,… Petit hic, ça se boit comme de la grenadine ….souvenir de fin de soirée de mes 45 ans…. ;-)En 2005, par réaction au déclassement systématique des meilleurs de l’appellation (Angéli, …) il sera en vin de table et Achillée le rosé de René ;-)

Les BLANCS

Anjou, Chenin, Rouchefer 2003 de R. MOSSE

Oui, un 2003, une vraie gourmandise aromatique, qui même dans ce millésime a gardé beaucoup de fraîcheur.

Jura, Savagnin, Vignes de mon Père 1998, JF GANEVAT

Ouillé pendant plus de 6 ans, c'est la gifle, très grand vin, acidité jurassienne sur une matière imposante, nez complexe entre les fruits exotiques et le monde oxydatif. Grand !

Roussillon, Blanc du Casot 2004, Casot des Mailloles

Ouvert en fin de soirée, après la dégustation des vins d'Henri Milan, c'était un grand moment, gras, puissant, complexe au nez, du superbe grenache onctueux, miam et ouf, j'ai pu rentrer un peu de 2005.

LES BULLES

bilan4Boisson Rouge, Gamay, E. HEREDIA

Du pet nat, je me demande si pour moi 2006 n'aura pas été l'année du gamay. Celui-ci est super désaltérant, fruité sur la framboise, fraise et la pomme reinette, vivement le printemps prochain!

Grand Cru Réserve, J. BEAUFORT

Doux Polisy 1988, J. BEAUFORT

Deux champagnes superlatifs, le premier allie finesse, longueur et puissance, sur un nez complexe d'agrumes confits, de pollen frais, de gingembre, on s'arrête là! Le second, c'est un grand moment, le nez sur le miel, le litchi, la truffe avec des sucres complètement intégrés, c'est magique, un vin de méditation.

Terre de Vertus 1er cru, LARMANDIER-BERNIER

Non dosé, ce vin, droit comme un I, c'est aussi un vin de garde. Cette bouteille avait 2 ans de cave et présentait une belle puissance avec une mâche minérale, crayeuse, mais aussi des arômes de noisette pralinée et de brioche. Plus qu'élégant, délicieux.

LES ROUGES

Outre un Clos de Tart 2001 d'anthologie mais impayable, du vrai velours, des arômes presques sudistes, mais avec de la fraîcheur mentholée et une longueur, une longueur, ...Les pinot noirs LN012 2004 de SCHUELLER et la cuvée excellence 2003 de BINNER, elle avait dominé nombre Bourgogne de plus grande notoriété.

bilan1

Le premier pour sa densité, sa rondeur, ses arômes complexes, fruités et épicés qui se livrent au fur et à mesure que la réduction disparaît, génial. Le second, étonnant de fraîcheur, le sans soufre n'y est sans doute pas pour rien, qui livre ses arômes de cerise et de framboise avec un peu de pomme verte bienvenue, et puis une sève mûre et gourmande; je suis très curieux de goûter les millésimes suivants.

Le Clos MILAN 2001 de Henri MILAN

Le domaine MILAN est certainement ma révélation de l'Année; ce vin traduit bien ce coup de coeur, cette douceur en bouche, ces arômes de cerise, de chocolat, ces tannins encore un peu poudreux, un grand vin pour la table.

bilan2

Les Crès 2001 (ou 2002) de Borie la Vitarèle

Tout en puissance, c'est un vin d'hiver, chaleureux, épicé, à la longueur interminable, le genre de vin dont j'ouvrirais volontiers une bouteille au coin du feu. Miam! Le 2002 est plus austère, mais allie densité et fraîcheur, un style adorable!

Le Beaujolais

Oui, cette région tant décriée, regorge d'excellent vignerons et de vins de grand plaisir, à boire, à garder, à partager. Mon coup de coeur du général en 2006!

07:04 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |