29/07/2010

Vendredis du Vin N°28; Oenotourisme 2: Visite au Domaine Milan

Dans le cadre des "Vendredis du vin", orchestré par mon ami Patrick Bottcher, un monomaniaque de l'Alsace et du vin en général, sur le thème de l'oenotourisme, voici ma deuxième petite contribution aux "Vendredis du vin" ...

 

Cela faisait un bail que je voulais passer chez Henri Milan dont je distribue les vins depuis quelques années, lui qui avait déjà fait le saut jusque Pécrot par quatre fois. Coïncidence, le petit village de Sanhilac n'est qu'à quelques encablures de St Rémy de Provence, une petite heure tout au plus. La décision est donc prise, de même que le contact avec Henri; cerise sur le gâteau, nous serons logés, on va pouvoir déguster tranquille;-). Le mas est logé dans un écrin de verdure un peu en dehors de St Rémy, direction Cavaillon. Et comme le temps est de la partie, une superbe vue sur les Alpilles nous est offerte.

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Le "Clos Milan" (ci-dessous), et son terroir si particulier (graves et sables quaternaires), entourent le Mas, et je me réjouis de la petite verticale qui est prévue pour l'occasion.

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Rencontre avec Sébastien, maître de chai et bras droit d'Henri. On se connaissait un peu via internet, le contact glisse aussi bien qu'un vin sans soufre ajouté, cool! Comme je suis en vacances, pas de notes, juste quelques traits de mémoire. Nous dégustons tout d'abord, en bouteilles, le grand blanc 2007, que je connais bien, c'est un de mes préférés. Très aromatique, fruité mentholé avec cette acidité qui permet d'alléger la matière, c'est franchement un des meilleurs "Grand Blanc" produits par Henri mais ça vous le saviez déjà! Le 2008 est dans la même veine aromatiquement, moins de vivacité, mais il est tenu par sa minéralité, ce sera une très belle bouteille. Le sans soufre 2009, fait de chardonnay et de muscat se goûte bien mieux qu'à la boutique (enfin j'étais surtout enrhumé cette fois là), arômes de fruits jaunes, banane plantain, bouche hyperdésaltérante et belle longueur. C'est franchement trouble, mais c'est pas loin de me troubler non plus! Vient ensuite "La Carrée", ce 100% Roussanne issu d'un terroir de marnes bleues, est vrailent extra, nez complètement ouvert, notes d'abricot, de'anis, notes pétrolées aussi, la bouche est super équilibrée et longue, le bois qui lm'avait un peu gêné il y a quelques mlois ne laisse plusde traces, très beau vin! On passe à la cave, pour déguster quelques fûts de  blanc 2009, qui participeront à l'assemblage du grand blanc. Tous n'ont pas fini leurs sucres, mais l'impression est excellente, ce sera concentré, pas très acide, mais à nouveau, cette minéralité en finale équilibrera les vins. Le grenache blanc m'a particulèrement épaté.

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Nous changeons de chai, pour aller déguster les rouges, le "Clos Milan 2008 "n'est pas encore assemblé, mais c'est une vraie bombe tant par sa syrah que par son grenache. Ce dernier sera en plus faible proportion qu'à l'acoutummée en raison d'une attaque de mildiou. La syrah fait indéniablement pensé aux plus belles Côte Rotie, tet j'en ai des frissons; tandis que le Grenache, plus femé au nez fait dans le petit Jésus en culotte de velours. Génial, mais il y en aura peu! Le 2007 est dans la même veine, mais avec un accent aromatique plus bourguignon, beaucoup de finesse également, le changement de style est d'ailleurs confirmé par la mise en bouteilles bourguignonnes! Le 2006 est dans un style plus classique, proche des "Domaine 2005 et 2006" (mais en plus fin), graphite au nez, fruits noirs, épices, prune, tabac (un nez de Milan quoi!), tannins encore un peu fermes, il faudra l'attendre un peu.

En bouteille, nous regoûtons le "Clos 2005", le nez s'est bien ouvert, et prend également des notes de cerise noire, les tannins s'apprivoisent un peu mieux, mais il faut également attendre ce vin qui entrera dans une phase plus aimable dans quelques mois. Le "Clos 2004" qui était plus sur la finesse mais dont le nez était encore fermé lors de la dégustation à la boutique au printemps, se porte à merveille, nez de framboise, de cerise, petite note animale, c'est tout bon et on peut commencer à le boire. Le "Clos Milan 2003" est toujours aussi, bon, massif mais avec cette gourmandise en milieu de bouche, bombe aussi! Tiens nous avons aussi goûté sur cuve, le "Domaine 2003", que Henri laisse s'assagir les derniers hectos. Le disque de la robe est tuilée, mais le fond est dense! Le nez est sensuel, tertiaire, sur les feuilles mortes, la prune, le fruit macéré. La bouche est dense, à l'attaque suave, mais ponctuée par des tannins qui hérissent le poil! Une main de fer dans un gant de velours, à attendre encore.

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Viennent ensuite les rosés et une grande discussion autour de leur qualité, de leur place à table, de leur prix. Henri est persuadé qu'il est possible de faire de grands rosés et il en a d'ailleurs déjà fait. Le problème, peu de clients sont prêts à mettre, disons 15 euros, pour les boire. Le rosé a cette image d'apéro, de vin bas de gamme, de vin facile; on les attend à 7-8 euros pas plus. Ceux que je vends sont entre 10 et 11, cela semble être une limite psychologique, malgré leur qualité! Mais place à la dégustation. On connaît bien le "Ma Terre 2008" qui continue à évoluer. Celui dégusté sur place à amangé ses sucres, s'est affiné, en développant quelques arômes très frais de vraie kriek. Cela reste un rosé de table pour paëlla, ou rougets à la catalane. Il était épuisé à la boutique, j'en ai repris 60! Le " Ma Terre 2009", mis en bouteilles sans sulfites a surpris Sebastien et Henri, développant des la mise en bouteilles une réduction assez forte. Je m'attends à devoir me pincer le nez, mais pas du tout. C'est une réduction fine, presque florale, et les arômes fruités et complexes ne sont pas sans rappeler certains Ploussard de Pierre Overnoy. La bouche est à l'avenant, d'une finesse et fraîcheur superlative, fruitée à souhait, saline en finale, c'est beau (la robe opalescente framboise est de toute beauté aussi), c'est bon, j'y mettrais bien 15 euros tiens! Ben non, à la boutique (j'en ai rentré 60 aussi) il sera à 11,90 ;-)!

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La soirée se termine gentiment autour d'un "Ma Terre Blanc 2004", qui s'est aussi affiné en quelques années, très beau, complexe au nez (épices, gingembre, agrumes macérés, ..), les tannins sont intégrés (le vin avait connu un  ou deux jours de macération avec les peaux, un peu dans le style des vins oranges). Le "Clos Milan 2000" n'est pas à mettre entre toutes les papilles, sa réduction pouvant déstabiliser les palais sensibles. Et pourtant, la matière est d'une grande finesse, la bouche d'une grande longueur, le fruité très pur; il ne fait en tout cas pas son âge!

Un superbe visite, trop courte bien sûr, nour repartons le lendemain pour la Belgique et Pécrot, des étoiles dans les yeux, prêts à faire vous découvrir nos nuvelles trouvailles, mais avec l'envie forte de revenir en France au plus vite!

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02:23 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

26/07/2010

Vendredis du Vin N°28; Oenotourisme I, le Tracteur de Sanilhac

Dans le cadre des "Vendredis du vin", orchestré par mon ami Patrick Bottcher, un monomaniaque de l'Alsace et du vin en général, sur le thème de l'oenotourisme, voici deux petites contributions toutes récentes, je rentre tout juste de vacances !

Et oui, quelques jours de vacances, enfin, avec les enfants, chez des amis, à Sanilhac, à deux grands pas du Gardon. L'oubli des soucis, du boulot, d'internet, de FB, mais pas du vin! Et dans un tel trou perdu, comment s'approvisionner en vinature? Indispensable de se constituer une petite réserve, je le sais, d'ailleurs je ne pars jamais sans une copieuse sélection. Et pourtant!

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Et pourtant, mes amis m'ont emmené, à deux (petits) pas de leur logis, dans un petit resto, qui s'est avéré être une mine d'or et de pourpre pour l'amateur de vins naturels. Cet endroit a un nom, qu'on se le dise, c'est le "Tracteur", et pour deux anciens agros comme mon pote et moi, cela ne pouvait déjà laisser indifférent. Mais de là à retrouver à la carte, des vins qui, pour la plupart, se trouve sur la mienne, il y a un espoir que je n'aurais pu émettre.

 

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Revers de la médaille, pas de places libres, qu'à cela ne tienne, on utilise les bonnes vieilles méthodes et le désistement attendu s'annonce ;-).

Mais revenons au vin! Vous connaissez le Boisson Rouge? Oui, ce Petnat rouge d'Emile Heredia que je vendais la semaine passée et qui est déjà tout épuisé, et bien c'était leur apéro du jour, dingue hein? "Nez de griotte, note de fraise (ou framboise;-), bouche avec un peu de sucres résiduels, mais c'est vraiment très frais, de la vraie grenadine pour adultes, un régal sous le soileil!".

Comme je vends les 3/4 de leur carte (qui comporte quand même une cinquantaine de références), j'ai envie de découvertes et je vois les vins d'Eric Pfifferling, que je n'avais pas goûté récemment. Ni une ni deux (mais bien trois au final ;-), je demande des précisions sur la cuvée "Sels d'Argent". La compétence de la "sommelière" est sans faille, non seulement elle connait ses vins mais elle les aime ça se voit, et les 4 personnes rencontrées aux manettes de ce Tracteur sont du même tonneau. C'est un grenache avec des notes d'anis, de fenouil, mais où la salinité se conjugue à une acidité pour lui apporter fraîcheur, oui cette fraîcheur qui manque souvent dans les vins du Sud. L'accord avec la raie au fenouil et betteraves rouges est étonnant.

Avec la canette aux figues, je choisis un Corbières Rozetta de Maxime Magnon, dont j'avais apprécié les vins lors de notre dernière rencontre. C'est fruité frais, un peu garrigue, assez profond, juste un chouia de tannins pour apprivoiser la canette pas farouche. C'est typiquement un vin de table, ou plutôt un vin pour la table, un vin de partage, pas très complexe, pas prot prout pour un sou, mais un vin boisson, ou non, un vin aliment!

Nous n'avons pu résister à la tentation de déguster ensuite le nouveau millésime disponible de la cuvée Kharakter de Christian Chaussard, qui aurait du être présent à mon dernier WE vigneron. Un exemple d'école de vin minéral, à la fois ciselé et gourmand, salin, et très long. Du pamplemousse, de la rhubarbe, du fruit jaune frais, au nez, grand vin et pourtant tellement accessible, j'adooooore!

Un café l'addition (26 € le menu (entrée - plat - fromage/dessert) et + 10 € pour le vin par rapport au tarif particulier, on croit rêver), et retour à pied, je ne peux que vous conseiller l'adresse, comme on la conseille à des proches;-). D'autant, qu'ils vendent aux particuliers, à un tarif très proche du mien, donc assez intéressant ;-)

Ah oui, en regardant l'addition ce soir, j'ai vu que les 3 "Boisson rouge" étaient offerts, même pas eu l'occasion de les remercier...

Chers amis oenotouristes ou simples gastrosensuels, si vous passez dans le coin, n'hésitez pas, c'est près de Uzes, pas si loin d'Avignon ou de Nîmes.... et vous pouvez même les rejoindre sur face book! A bon entendeur ;-)!

Et encore merci à Genviève et Bruno pour leur acceuil et cette belle découverte inespérée!

 

 

 

 

21:16 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

WE VIGNERON, Les Photos

IMG_0555.JPGLes voilà enfin les photos, j'ai un peu délaissé ce blog, trop débordé, mais je vais y revenir (d'ailleurs je suis là ;-). Mais on a pas chômé, 2 we vignerons quand même, un salon (biovitis), un repas au TAN avec Henri Milan, et puis nos dégustations hebdomadaires à la boutique? Le premier WE vigneron de Mars était ambiance printannières (elles sentent bon ces jonquilles hein Fanfan!). Le second était plus (f)estival, avec déco plage parasol transat et coquillages, et apothéose avec le concert des Mâles Propres en soirée. Quelques photos de celui du Printemps, il y avait Fanfan Ganevat (JURA), Beatrice Binner (ALSACE), Ludo Bonnelle du domaine du Pech (SUD-OUEST), Isabelle Villemade (LOIRE) et Sébastien David (LOIRE), et enfin JC Lapalu, et ses superbes BEAUJOLAIS. Je vous laisse le soin de reconnaître les vignerons ;-).

 

 

 

 

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11:18 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

27/02/2010

BEAUFORT, LA TOTALE!

On annonce plusieurs Beaufort, pour dimanche, moi, c'était jeudi passé!

J'ai eu droit à la totale, avec Amaury Beaufort, l'un des 8 enfants Beaufort; dégustation du coffre à bouteilles, visite de la cave, dégustation sur fût (y compris le vin de messe ;-), et puis dégorgement à la volée. Quelques photos de l'affaire avant la suite du CR de cette belle dégustation!

 

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L'église d'Ambonnay

 

 

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Le coffre à bouteilles!

 

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Dégorgement, on mire pour vérifier que le dépôt se situe bien au fond du goulot.

 

 

 

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On décapsule, la pression et la bulle d'air vont éjecter le dépôt, tout manuel, pas de congélation du dépôt, faut un peu de technique pour y arriver sans trop de pertes, mais toutes les bouteilles sont dégorgées "à la volée" chez les Beaufort!

 

 

 

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Et voilà, dépôt éjecté!

 

 

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On remet à niveau avec cette petite machine.

 

 

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Dégustation sur fût

 

 

 

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Le pupitre, là aussi, tout est manuel, chaque bouteille est tournée régulièrement pour faire descendre le dépôt vers le goulot.

La suite bientôt...

 

09:14 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : beaufort |  Facebook |

18/02/2010

RAID EN CHAMPAGNE!

Vous êtes plutôt nombreux à avoir apprécié les Champagne de Francis Boulard en décembre dernier, les Rachais 2004 n'ont fait qu'une apparition fugace, et j'ai dû vous rationner; j'ai moi craqué pour les cuvées nature, mais aussi et surtout pour sa "solera" Petraea, à se damner.

Mais j'ai profité de l'absence de mes pitchounets pour aller visiter les deux vignerons historiques de l'odyssée, le domaine André Beaufort grâce qui je suis revenu au champagne en y trouvant à sa première dégustation, pour une fois avec un Champagne, une parenté avec du vin, et même du raisin ;-). Grâce à Pierre Larmandier, et sa cuvée "Terre de Vertus", j'ai compris que le dosage (l'ajout de sucre quoi) était le plus souvent inutile et que en plus d'être un vin de raisin, le Champagne pouvait aussi exprimer le sol, la terre!

Las, un peu distrait sur l'autoroute, je loupe 2 sorties et me retrouve avec près de 100 bornes en plus dans les lattes. J'arrive à midi pile, les Larmandier doivent filer sur Paris, mais Sophie propose pourtant de me faire déguster. Je choisis évidemment de me plonger dans cette Terre de Vertus; celle dégustée en décembre dernier avait 2 ans de bouteille et m'a laissé un souvenir inoubliable d'arômes pralinés, d'onctuosité et de minéralité. Celle-ci me semble meilleure au même âge, à nouveau très minérale, mais avec une belle puissance, et pourtant toujours non dosée. Gros potentiel, j'en ai ramené quelques caisses ;-). L'étiquette a changé, pour plus de lisibilité, ce ne fut pas un choix facile, j'avais beaucoup de sympathie pour la précédente (des que j'ai le temps, je mets une photo des 2). 

Le Grand cru Cramant 2006 est plus dense, dosé à 2 grammes seulement, il offre une mâche crayeuse d'école, à garder aussi, de grâce!  On papote, on papote, mais il est temps de charger les caisses et de filer vers Ambonnay.

Au domaine je croise Madame Beaufort et Jacques, son jeune pensionné de mari; et puis je fais connaissance avec Amaury, l'un des 8 Beaufort ;-). 5 des 8 ont fondé une société qui regroupe maintenant les vignobles de Jacques, ce qui permettra de garder la même unité que précédemment, sous le nom du grand-père, André Beaufort. Amusant, le vignoble le plus "récoltant" de champagne, passe maintenant en négoce (les 5 enfants revendent donc leurs raisins à cette (leur) société). Je vais devoir adapter mes cours sur la qualité des vins de négoce en Champagne, enfin une exception qui confirme la règle ;-). 

La dégustation débute par le Champagne brut sans année, c'est bien dans le style Beaufort, vineux, mais avec une belle vivacité, les arômes de fruits blancs se mêlent à la "Beaufort touch", la mâche est là, c'est très bon, mais on peut le garder sans sourciller, j'en ai pris un bon paquet ;-).

Le brut Polisy réserve est en fait composé à majorité de 2006. Comme une autre cuvée que nous avions adorée il y a quelques années, la prise de bulles a été faible, pas de chipotage, c'est délicieux comme ça, surtout pour moi qui carafe souvent mes Champagne. Plus de complexité, quelques arômes d'agrumes typiques, belle longueur. J'aime beaucoup!

Le Brut Polisy 2002, je l'avais déjà à la carte, on le regoûte quand même. Plus dense, et beaucoup plus ouvert, avec de très nets arômes de miel, on rentre dans les champagnes de méditation, on ne va plus les quitter, mais il est tard, la suite demain, peut-être ....

 

 

 

 

 

10/02/2010

AU REVOIR ANNE (XI)

Avant tout, je voudrais vous remercier pour vos nombreuses marques de sympathie à l’occasion du décès de Anne, ma femme. Nombreuses, d'amis, de connaissances connues, moins connues et mêmes inconnues. Cela m'a touché, ému, encouragé à continuer.

Je reprends maintenant petit à petit les activités de l’odyssée; je me suis dit qu'il faudra bien un jour recommencer à vendre du vin. Oh je l'avoue, l'envie est plus d'en boire, il est si bon et réchauffe tellement le coeur, mais les factures et les investissements consentis n'attendent pas. Le système qu' Anne tentait d'exorciser me rattrape, lui, à grand pas.

Je l'avoue encore, j'aurais préféré emmener ma petite tribu là où le soleil serait peut-être moins pénible que le reste (et encore au vu des catastrophes récentes...). Mais bon, on ne me demande pas non plus de travailler dans la soute à charbon, juste de vendre les très bons vins de mes très bons potes, de rédiger quelques chroniques sur de la musique de sauvage que j'adore, et de faire travailler un peu mes neurones dans le domaine brassicole que j'affectionne. Alors? Et bien voilà, ce week-end, c'est la réouverture de la boutique, nature sans chichis, peu importe l'emballage, juste nous et du vin nature! 

 

 

Avant de faire semblant de reprendre le cours des choses, je voudrais partager avec vous cette anecdote. 

Certains connaissent mon lien proche avec Gérard de Nerval, mais peu importe. Vendredi passé, je me suis plongé dans son intégrale. A la manière d'Anne, je me suis mis en méditation, et j'ai ouvert "au hasard" ce bouquin. "Au hasard", j'ai commencé par la page de gauche dont je vous épargne le texte, si proche de mon vécu de ces dernières semaines.

Je vous livre simplement le très beau "Si mon oeil étincelle encore, c'est qu'une larme va couler..."

J'eut la bonne idée de poursuivre sur la page de droite où je découvrit avec bonheur le poème "Gaïté", véritable ode au vin naturel...

Je vous le retranscris, Gérard ne m'en voudra pas ...

“Ta liqueur rose, ô joli vin !

Semble faite du sang divin

De quelque nymphe bocagère ;

Tu perles au bord désiré

D'un verre à côtes, coloré

Par les teintes de la fougère.

 

Tu me guéris pendant l'été

De la soif qu'un vin plus vanté

M'avait laissé depuis la veille ;

Ton goût suret, mais doux aussi,

Happant mon palais épaissi,

Me rafraîchit quand je m'éveille.”

 

 

Mon interprétation est simple, et même si j'aurais voulu attendre que mon chagrin s'estompe, Anne m'encourage; là, à le faire cohabiter, avec mes passions de vie, aussi futiles soient-elles ...

Encore merci pour votre soutien, indispensable, pour poursuivre cette odyssée de vin, de vie, de vinature ...

 

21:51 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : anne, nerval |  Facebook |

22/01/2010

AU REVOIR ANNE (VIII)

Et puis, il y a eu l'épisode face book, mes deux petits grands, y sont inscrits, bien sûr il ot 18 ans. Pas très favorable u départ, les infos qui y circulent sont parfois bien hâtives, mais c'est aussi là que Jérôme y a reçu un soutien que je ne pouvais lui apporter. Mieux, c'est de là qu'est venue rapidemetn cette proposition du Patro de chanter à la cérémonie. Un peu dubitatif au début, finalement, j'ai dit oui, qu'ils me contactent. Je les remercie encore de tout coeur pour leur présence.

Nous avons choisi ensemble les chansons qu'ils ont interprétées pendant l'offrande.  Parmi elles, je voulais Jean ferré ou était-ce Léo Ferrat...

 

 

 

 

 

22:51 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

AU REVOIR ANNE (V)

 

 

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Le mot de Véronique...

 

"Je voudrais vous lire un petit mot de la part de ses amis Véronique, Philippe et de sa filleule Julia"

Anne,

tu resteras dans nos coeurs pour toujours.

Comment ne pas se souvenir à jamais d'une telle joie de vivre, débordant sans limite sur tes amis, tes proches.

Depuis toujours, tu avais l'art et la manière de réconforter dans les coups durs mais aussi d'illuminer les bons moments par ta gaieté, ton humour et ton sourire éclatant.

Nous avons tous pu compter sur toi, toujours présente, à l'écoute, fidèle et déterminée.

Compte sur nous maintenant pour te raconter à ta filleule Julia. Elle saura la maman, la marraine et l'amie précieuse que tu fus.

Aujourd'hui, nous voudrions citer ton ami Claude en disant simplement qu'à la manière de certains grands artistes, souvent disparu trop tôt eux aussi, tu nous laisses en héritage une oeuvre de vie hors du commun. Une vie de virtuose en amour et en amité.

Ces vies là sont éternelles. "

 

 

13:06 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

15/01/2010

AU REVOIR ANNE (I)

J'y avais pensé mais c'est douloureux, et puis exposer, même très partiellement ses sentiments, quelle pudeur! Mais si l'Eglise de Pécrot n'avait jamais vu une telle assistance, vous êtes quelques uns, n'ayant pu assister à cet au-revoir, à m'avoir demandé les textes ou un souvenir de la cérémonie d'Anne. J'ai aussi pensé à mes enfants qui auront peut-être envie ou besoin de repères d'ici quelques mois ou années. Bref, quand Philippe me l'a demandé tout à l'heure, cela m'a semblé évident, et je mes suis dit que ce serait bien de laisser une petite trace de ce moment.

Voici donc,  partiellement, et au fur et à mesure de mon énergie; les textes et musiques qui nous ont si chaleureusement entouré ce satané 28 décembre 2009. Je ne les ai hélas pas tous, si vous me lisez, envoyez les moi.

En 2007, après avoir donné vie et élevé nos trois trésors de tout son corps et âme, Anne eut cette idée de génie, pour élargir notre espace restreint, envahit par mon activité, de créer le sien en décidant de construire une yourte. Quelques semaines au pays basque et des amitiés indélébiles, plus tard, cet espace à l'atmosphère et l'énergie unique (encore merci à fanfan et tonton Ganevat de l'avoir réchauffée pour cette occasion) était monté. Ceux qui y ont rencontré Anne dans son travail en cet endroit, ou lors de ses méditations me le confirmeront, il y a là, quelque chose!

Moi qui suis fan de musique rock depuis la fin des années 60, j'avais été charmé par la musique écoutée là bas (du soft version cannabis au métal version ma version;-), dont ce morceau des Moody Blues, moins connu que le "Night In White Satin", il est vrai, mais qui correspondait tellement bien à l'ambiance qu'y s'en dégageait. 

Jusqu'à son dernier jour, Anne a été en formation, en apprentissage, en recherche, en chemin. Quelques jours avant son hospitalisation, elle participait encore avec toute sa vie à une formation sur le son, dont ce fameux OM, qu'elle eut encore le temps d'initier à mes enfants.

Pour l'entrée dans l'église, le choix était évident, je l'ai fait!

 

 

 

 

 

 

 

 

22:43 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

01/12/2009

11-12/12:NOEL VIGNERON NATURE à la boutique

Dans une dizaine de jours, les vendredi 11 et samedi 12 décembre, j'aurai le grand plaisir d'accueillir quelques vignerons, qui produisent avec passion, des vins comme on les aime, bio et nature! Ce sera l'occasion d'inaugurer la salle des fêtes du Guet à Pintes, je vous y attend! On ne sera pas vraiment prêt, mais si vous aimez le (très) bon vin et l'ambiance à la bonne franquette, alors vous êtes les bienvenus!

Si vous ne pouvez venir, profitez de la disponibilité des vins sur notre nouvelle boutique en ligne; BIODYSSEY, tenue par mon ami Jean-François Bero. On a les mêmes goûts en musique (on s'en fout), et en vin (ça tombe bien), pour le reste on est tellement différent qu'on en est complémentaire ! Elle est encore à l'état embryonnaire point de vue description, mais elle fonctionne, profitez en si vous ne pouvez vous déplacer!

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Il y aura bien sûr Jean-François GANEVAT que l'on ne présente plus, quoique j'ai bien envie de consacrer un reportage détaillé au personnage et à son domaine, il y a encore tant de choses à apprendre. On verra en 2010. Fanfan nous présentera ses blancs 2007 qui seront enfin à la vente, mais ne tardez pas, j'ai eu mon allocation un peu réduite en raison d'un vol de palettes (période de migration des palettes sans doute ;-). En principe on dégustera aussi les rouges 2008, fraîchement mis en bouteilles, dans le style des fabuleux 2007 et puis un ou deux liquoreux, sans doute son si rare Vin de Paille ou alors le Sul Q pour Suyquième!

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Il y aura aussi Renaud BOYER, Renaud a repris les vignes de Thierry Guyot en 2004; et poursuit dans la même philosophie, bio et biodynamie à la vigne, pas d'intrants à la cave, excepté une chaptalisation rare et minime, et du sulfite au raz des pâquerettes, voire pas d'ajout sur les rouges. Nous dégusterons ses rouges 2008 sans sulfites ajoutés, le Bourgogne bien sûr, et le très beau St Romain. Amateurs d'extraction, passez votre chemin, ici on joue sur la finesse (qui ne veut pas dire maigreur;-). Nous n'oublierons pas le très chouette passetoutgrain, et puis pour la première fois, son Beaune. En blanc, ce sera le St Romain 2007 ainsi que le Bourgogne générique 2006. 

Et puis nous en profiterons pour inviter deux nouveaux vignerons à la carte, et pas des moindres, à nouveau deux des meilleurs représentants de leur région. Tout d'abord, Jean-Philippe PADIE, de Calce dans le Roussillon. Dans un style qui introduit de la fraîcheur et de la salinité, sans renier la présence du soleil. Un peu la synthèse de la générosité d'un Gardiès et la pureté d'un Gauby; la gourmandise en plus. Après quelques classes au Mas Amiel, à Maury, Jean-Phi a d'ailleurs travaillé chez Gérard GAUBY jusqu'en 2003, avant de reprendre quelques terroirs divers et complémentaires, pour arriver maintenant à près de 15 ha. A lire avec délectation, le reportage du bloggueur Philippe Rapiteau qui nous conte rencontre et dégustation avec beaucoup de talent. A lire aussi cette interview de Jean-Philippe; il cite dans ses derniers coup de coeur Fanfan GANEVAT et Francis BOULARD. Il a pas goûté BOYER ou quoi!;-).

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Car il y aura aussi un Champenois, Francis BOULARD. J'avais déjà LARMANDIER BERNIER et ses superbes chardonnay pour la côte des blancs, Jacques BEAUFORT et son pinot noir pour Ambonnay. Je cherchais donc un vigneron de la vallée de la Marne, qui joue un peu avec le pinot meunier. J'ai eu l'occasion de goûter à nos week-end vigneron une de ses cuvées, Petraea, grâce à la générosité de certains d'entre vous, c'était trop bon! Une sorte de solera de champagne, ou le vieux vin élève le nouveau, c'était vraiment top. Il propose aussi deux versions de la plupart de ses cuvées, une peu dosée, à 6 grammes, et une nature, sans dosage. Notre préférence a souvent été à cette dernière, mais j'ai pris un peu des deux ;-). Ah oui, on est pas dans la gamme carrouf ou lidl, mais les prix restent sages et c'est fait avec du raisin et de la sueur!

Il y aura aussi de la bière, celles de la brasserie Dupont, de la Moinette biologique, de la Bons Voeux, ... que de bonnes choses!

 

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Vous l'aurez constaté, je manque un peu de photos des autres vignerons  ...;-)

 

Grand merci Olif, grâce à toi, voici une photo de Francis Boulard, le nez dans un verre de Macle

 

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29/11/2009

11-12 DECEMBRE; WE VIGNERON

Le Guet à Pintes baptisé par deux belles dégustations, il est temps maintenant de le rafraîchir! Dans 10 jours, c'est notre week-end vigneron, marché de Noël, inauguration, il faudra être fin prêt, je vous le dis d'avance, je ne le serai pas ;-). Pas une couche de papier à retirer, mais 4 ou 5, et les dernières tiennent bien! On y va donc lentement, mais sûrement!

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Pas grave, le week-end se déroulera dans la salle des fêtes, donc on bosse à fond, mais sans stress!  Le plus gros du boulot sera d'installer une pompe à Moinette bio!;-)

Bon prochain post un peu plus sérieux, je vais vous présenter les vignerons que vous allez rencontrer dans 10 jours. Pour rappel, c'est à la boutique de l'odyssée, ex-Guet à Pintes, à Pécrot, Grez-Doiceau ( Rue Constant Wauters, 2); renseignements au 0478 82 16 36 et par mail laurent@truegreatwines.com

A très bientôt

 

27/11/2009

GUET A PINTES

P....n, 3 ans! Trois ans bien sonnés que nous avons transformé notre salon en boutique. Ne me demandez pas si le sacrifice demandé à ma petite famille était une bonne idée, en tout cas, sur le coup, je n'en ai pas eu d'autres. Mais cet état se devait d'être temporaire. Alors, quand dans le courant du mois d'août, j'ai vu que le café du village était mis en vente, je me suis dit qu'il est des opportunités que l'on ne peut manquer. C'était de la folie, mais ne pas saisir cette occasion l'aurait été tout autant. Alors, alors j'ai fait appel à l'équipe! Les amis! Ceux qui sont là dans les bons moments, et que l'on retrouve aussi dans les plus délicats. Tout ceux qui l'ont pu m'ont aidé, les autres m'ont encouragé dans ce projet un peu fou, racheter le Guet A Pintes. Merci à tous!guetapintes5

 

Je dois avouer que quand j'y ai pénétré ce jeudi 19 novembre, vers midi, j'ai poussé un grand soupir de soulagement, et j'ai su que la décision était la bonne. Pas la plus facile, ce genre de projet est toujours périlleux, alors en temps de crise... Mais après avoir échafaudé de multiples plans pour faire évader ma boutique de mon salon, je passais enfin du projet à l'acte, de l'abstrait au concret! 

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Ni une ni deux, il fallait investir les lieux; à 17 heures, ce troisième jeudi du mois de Novembre, je sortirais mes Beaujolais nouveaux! Quoi de plus festif pour baptiser ce futur antre du vin naturel que ce vin tant décrié qui peut pourtant se faire plus nature que nature!

Malgré les odeurs de veille bière et de tabac froid, imprimés dans chaque bout de tissu, 40 ans de débit laisse des traces, ce fut un succès. Bien aidé par les vignerons talentueux et dame nature en 2009, je suis encore désolé pour ceux qui ont fait le déplacement après 17 heures le samedi, je n'avais plus une quille à vendre, et même pas gardé de PMG, je le jure!

Nous avons encore remis cela ce jeudi, avec le premier atelier de dégustation, consacré au Bordeaux, l'endroit s'y prête magnifiquement. Enfin, nous allons après quelques jours de travaux sommaires, y reprendre place pour notre marché de Noël en présence de vignerons, les vendredi 11 et samedi 12 décembre. Pour cette occasion, c'est la salle des fêtes qui sera déflorée, à défaut d'avoir eu le temps de la décorer;-).

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Quelques vignerons et pas des moindres seront présents, Fanfan GANEVAT du Jura, bien sûr, fidèle parmi, les fidèles  malgré les demandes pressantes au quatre coin du monde; Renaud BOYER, qui a repris les vignes de Thierry Guyot en 2004, un des plus anciens domaines de Bourgogne en biodynamie, et puis deux nouveaux, mais pas vraiment des petits. Jean-Philippe PADIE, du Roussillon; goûté au salon des vins naturels de Olne en Avril dernier, ce fut mon grand coup de foudre, et une compréhension mutuelle immédiate, moment important. Et puis, il me manquait un vigneron de la callée de la Marne en Champagne, j'ai donc contacté Francis Boulard, collègue bloggeur, dont je connaissais un peu les vins par des amis, il a immédiatement répondu présent!

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Je vous parle de ces 4 loustics en détail bientôt, mais retenez déjà les dates le vendredi 11 décembre de 17 à 21h, et le samedi 12 décembre de 10h30 à 20h00. Ce sera donc bien au GUET A PINTES, en attendant de le rebaptiser BOUTIQUE DE L'ODYSSEE, au 2 rue Constant Wauters à Pécrot, Grez Doiceau (renseignements, laurent@truegreatwines.com ou 0478 82 16 36).

Venez, vous ne serez pas déçus, parlez en autour de vous, nous en avons plus que jamais besoin ;-)!

 

 

 

 

23:30 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : boutique, odyssee |  Facebook |

22/11/2009

TENNIS EBLBOJOW NOUVEAU!

Ouf, vidé, les bouteilles, bien sûr, le stock, aussi, et moi, complètement!. Tout vendu, tout bu, trois jours à faire déguster, inlassablement; j'en ai presque un nouveau tennis elbojow au coude comme dirait l'autre! Et oui, le beaujo nouveau de l'odyssée a déjà vécu, c'était pas faute d'en avoir remonté des caisses, mais il était vraiment trop bon. Ce qui est bien, c'est que les courageux qui ont bravé leurs préjugés, ont maintenant du bon vin encave et savent maintenant qu'il va falloir encaver d'urgence les belles cuvées 2009 des Ducroux, Descombes, Lapalu et Guignier, Jambon, et des quelques autres qui travaillent aussi bien.

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Car derrière le succès de ce "vrai" beaujolais nouveau à l'ancienne, à contre courant de la morosité ambiante, il y a du vin! Un client me disais qu'il ne goûtait pas vraiment la différence avec d'autres cuvées. Ben oui, un bon beaujolpif, c'est d'abord du vin, c'est pas des levures sélectionnées qui font de l'alcool et des arômes une fois banane, une fois framboise sur un substrat sucré.

Et derrière ce bon vin; pas de secret, il faut du raisin, du raisin sain, goûteux, avec une belle concentration. Et pour obtenir ce beau raisin, il faut du travail, beaucoup de travail. Des heures à arpenter ses vignes avec son sécateur, son cheval, son petit tracteur, ses caissettes, ... par tous les temps et peu importe le jour de la semaine. Et je ne peux que saluer encore les Ducroux et Guignier, malmenés par les conditions atmosphériques et qui, dans un millésime aussi épatant, n'ont pu produire que des rendements lilliputiens. Car dans ce métier d'agriculteur, ou comme le chante Ferrat on doit faire avec "une bonne année et l'autre non", il faut des reins fameusement solides pour mener à bien une entreprise qui se doit d'être aussi un peu économique.

beaujo_jerome

Mais derrière ce travail, il y a de la passion, énormément de passion, sans laquelle, et bien, on ferait soit du bojo banane, soit un autre métier. Et il me suffit de se remémorer les yeux pétillants de Michel et de Christian, mais aussi de Jean-Claude, Damien ou le Noune, quand ils m'ont fait goûter ce 2009, pour confirmer, si besoin était, que de la passion, ils en ont à revendre!

Alors, quand je lis sur un site qui porte ce nom de passion, que certains dégustateurs érudits, snobent cet événement, j'ai envie, j'ai envie ... de leur faire déguster un Nouveau Descombes 2009! Et comme je n'en ai plus, j'en chipe vite une dans une dernière commande. Alors, mes amis Luc, Patrick, regardez la photo ci-dessous, and "read my lips", le beaujolais nouveau est arrivé, et ma dernière bouteille vous attend à la boutique de l'odyssée!

bojo_eve

PS J'ai réactualisé les photos de mes enfants ;-)))

 

 

 

28/10/2009

vins de champignonS

 

Les Rouges

 

Le grand classique, c’est l’omelette au cèpes (ou bolets) <http://www.aftouch-cuisine.com/recette/omelette-aux-cepes-39.htm>, moi j’adore l’accompagner d’un Beaujolais de haute tenue, comme par exemple, le Régnié VV 2006 de Georges “noune” Descombes (15,00 € prix du week end). D’une belle densité, d’une grande digestibilité, testez l’accord avec le chapeau du cèpe, et racontez moi ;-)!!

 

Si vous avez la chance de récolter des trompettes de la mort <http://vinature.skynetblogs.be/post/4178100/31-octobre-2006-fete-et-trompettes-des-morts> (j’en ai déjà eu ma platée cette année, merci;-); je vous conseille de les cuisiner avec un beau magret et quelques légumes racines (betterave rouge, mais surtout céleri rave), il ne vous reste alors qu’à répéter l’accord parfait obtenu il y a quelque temps avec un Minervois Régal du loup 2006 du Vignoble du loup blanc (10,28 €, prix du week-end), un accord idéal et d’un rpt Q/P exceptionnel!

 

Avec du gibier, <http://www.epicurien.be/blog/recettes/plats-gibiers/lievres/rable-de-lievre-farci-herbes-champignons.asp>, vous pouvez monter en puissance dans les vins du Languedoc, et je vous propose un Danse des Ceps 2004 de mon ami Christophe Beau (Domaine Beau-Thorey) à seulement 13,11 € la bouteilles (prix du week end).

Enfin, nous ne saurions nous quitter sans la recette traditionnelle de mes week-end champignons entre amis, le ragoût d’agneau aux légumes et champignons de saison, à la recette indiquée <http://www.goosto.fr/recette-de-cuisine/ragout-agneau-10000610.htm>, il vous suffit d'ajouter les champignons que vous aurez trouvé; bolets, amanites rougissantes, clitocybes améthystes, russules, pieds bleus (mais pas trop, ils sont un peu écoeurants)...; et gardez vos girolles et autres trompettes pour d’autres occasions ;-). On conseille un vin du Sud Ouest, c’est une bonne idée, moi j’irai vers la cuvée La Fage 2006  du meilleur domaine de Cahors (Cosse Maisonneuve) (13,11€ prix du weekend). Un vin d’une certaine finesse, qui ne renie ni son cépage (le malbec) ni sa vinification naturelle :-)))

 

 

 

Bon, je n’aurai évidemment pas l’occasion de préparer toutes ces recettes, mais j’espère bien avoir le temps de faire une belle tourte, en tout cas, j’ai déjà les champignons (photo ;-)

 

 

Pour info, encore deux petites recettes,

<http://www.linternaute.com/femmes/cuisine/recette/313763/1095268726/croustillant-de-foie-gras-aux-champignons-des-bois.shtml>, avec laquelle je conseille le grand Cru Schlossberg 2004 de Schaetzel, impeccable, il arrive à maturité, encore quelques caisses ;-))

 

 

<http://www.1029cfom.ca/blogue/bonne-chair-bon-vin/2009/07/17-juillet---magrets-rotis-fricassee-de-champignons-des-bois.php>, là aussi un Languedoc pas trop costaud et pas spécialement cher, comme le Fleur de Cynanque, ou la cuvée ETC du Clos roca,  à vous de jouer.


21:06 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

26/09/2009

La CHASSE au BIOCON (VIN NATUREL IV)

Ne pouvant suivre l'incontinence littéraire et toutes les talibettaneries qui nous inondent, je ne pourrai répondre point par point à toutes les imprécisions qui y fourmillent, j'ai une famille à nourrir ;-).

Allez, une dernière pour la route, celui qui dit que le vin bio n'existe pas, nous donne quand même dans le supplément week-end du vif de la semaine passée sa liste de "dix vins bio", ben oui, Michel, raisins issus de l'agriculture biologique c'est trop long pour tout le monde ;-).

Autre exemple, plus grave peut-être, reprendre dans cette liste de vins bio un domaine en conversion (Pontet Canet), sans mentionner cette précision, et surtout, le Château Smith Haut Lafite qui n'a lui, aucun embryon de certification. Aux Etats-Unis, il y a des procès en cours envers ceux qui ont fait passer des vins pour bio, alors qu'il n'y avait pas de certification (ok, il y a des procès pour tout là bas ;-). Cela doit en tout cas faire plaisir à ceux qui prennent la peine de se faire contrôler. Laissons d'ailleurs la parole à une de ces vigneronnes "nature". 

C'est la période des champignons et "ah que j'adore" la chasse aux champignons. Un rappel, cependant, ne cueillez pas tout, "la grenouille ne boit pas toute l'eau de sa mare", proverbe africain, bref laissez m'en ;-). Pour vous, cependant, je suis plutôt parti à la chasse au Biocon. Oui, quand Michel Bettane parle de ces affreux jajas qui inondent le marché du vin (petit calcul, le vin bio fait peut-être 2% de la production, le vin naturel encore beaucoup moins, soit une goutte pour inonder un marché, quelle puissance le vin naturel quand même;-); de qui parle-t-il à votre avis? Et aurait-il le courage de les nommer, de leur dire en face, à ces vignerons qui passent le plus clair de leur temps à travailler dur dans leurs vignes, qu'ils sont des ennemis de la civilisation du vin? Alors à votre avis, qui sont ces biocons? Je veux des noms! ;-)))

Une piste, les guides! on va comparer les guides, partant du fait que si un domaine nature est présent dans un guide c'est qu'il envoit des échantillons (ben oui, les guides ne reprennent généralement que ceux qui leur envoient des bouteilles, pas la peine d'y chercher Schueller ou Casot des Mailloles). Et que s'il n'est pas dans le Bettane, c'est plus que probablement un biocon. Allez la chasse est ouverte!

18/09/2009

VIN NATURE NATUREL (III)

Au delà de toute polémique (je suis un doux rêveur;-), on continue la petite analyse des propos de Michel Bettane.

Avec les propos qui suivent, on touche le noeud du problème. Bettane qui se vante par ailleurs d'être un des premiers défenseurs du bio (voir les commentaires), en nie finalement toute qualité et joue au manichéisme simpliste. Détaillons.

 

Les vins bio sont tout de même différents ?

MB: Ceux qui tiennent à cette dénomination s'acharnent à accuser les autres types de vins de trahir leur terroir et même d'être dangereux pour la santé. Mais ils n'apportent aucun argument solide pour le prouver, sinon ceux issus de leurs fantasmes ou de leur mauvaise foi. La dégustation comparative démontre, en revanche, que des vins reconnus par tous comme exprimant remarquablement leur origine sont régulièrement produits à partir de raisins non bio. Par ailleurs, toutes les analyses chimiques réalisées par les experts ne montrent pas de différence fondamentale dans les résidus de pesticides ou de métaux lourds. Des taux encore trop importants, il est vrai, même s'ils sont largement inférieurs aux seuils jugés dangereux par les organismes de santé publique.

 

Et pourtant, faut-il rappeler que les études du PAN qui ont bien montré la différence entre les résidus de pesticides trouvés dans les vins bio par rapport aux conventionnels. Et même entre le raisin bio et non bio, ce qui a d'ailleurs valu un procès aux auteurs de cette étude, dingue!. Alors bien sûr, certains diront que ces taux sont faibles. Mais par rapport à quoi, sans doute versus les normes sur le raisin, qui sont elles, bien trop élevées; car si on compare à l'eau, des facteurs de 5000 ont été enregistrés. Et puis, que veut dire faible; ppt, ppb, ppm? Non, le problème de ces pesticides et ce n'est pas moi qui le dit, c'est qu'ils sont cumulables dans leurs effets et qu'ils s'accumulent dans nos tissus. L'augmentation des cancers peut, hélas, difficilement être expliquée par d'autres composantes que celle de l'utilisation des pesticides et de la pollution. Alors, si on peut les éviter dans un produit de luxe comme le vin, et cela est démontré chaque année par des vignerons passionnés de chaque région, pourquoi se braquer. peut-être simplement pour ne pas bouleverser l'ordre bien établi qui fait bien vivre. A nouveau. Bettane se réfugie donc et se fige derrière des législations qu'ils croit immuables mais qui vont changer. Et même si les vignerons qui ne sont pas en bio ne sont pas des criminels, ceux qui savent et qui continuent à promouvoir leurs poisons, sont nettement moins blancs... Concernant le terroir et la qualité des vins non bio, il y a du fantasme là derrière, il est hélas possible de faire des vins qui ont une (pas LA ;-) expression du terroir même si on est pas en bio. Et oui, entre le tout chimique et le tout bio, il y a toute une marge. Et même entre bio et bio, les approches diffèrent tellement. caricature quand tu nous tiens!

 

Avant de continuer l'analyse de l'intervention de Michel Bettane dans l'express (et dans le vif), ou le dossier un peu plus consistant d' In Vino Veritas, je tenais à vous faire part de la sortie du dossier vin nature du supplément du Vif L'express de ce week-end ;-); des fois que vous vouliez voir ma trombine ;-).

 

 

23:39 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : vin bio, vin naturel, bettane |  Facebook |

07/09/2009

VIN NATURE NATUREL (III)

Continuons à décortiquer cet interview, et attention, voici un passage important car là, notre agrégé en lettres préféré appuie sur la pédale. 

Les vins bio sont tout de même différents ?

Ceux qui tiennent à cette dénomination s'acharnent à accuser les autres types de vins de trahir leur terroir et même d'être dangereux pour la santé. Mais ils n'apportent aucun argument solide pour le prouver, sinon ceux issus de leurs fantasmes ou de leur mauvaise foi. La dégustation comparative démontre, en revanche, que des vins reconnus par tous comme exprimant remarquablement leur origine sont régulièrement produits à partir de raisins non bio. Par ailleurs, toutes les analyses chimiques réalisées par les experts ne montrent pas de différence fondamentale dans les résidus de pesticides ou de métaux lourds. Des taux encore trop importants, il est vrai, même s'ils sont largement inférieurs aux seuils jugés dangereux par les organismes de santé publique.

Et donc il n'y aurait pas de différence fondamentale dans les résidus de pesticides ou de métaux lourds. D'un revers de la main, on balaie le travail de vignerons sincéres, précurseurs, mais aussi ces fameuses preuves scientifiques. Car oui, il y a des différences en résidus de pesticides, comme l'a prouvé l'étude  

21:11 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

05/09/2009

VIN NATURE (II) Place au saigneur!

A tout saigneur/seigneur tout honneur, place à Michel Bettane et son nouveau papier dans l'Express. Si on avait pu mal comprendre son intervention sur les biocons, peut-être celle-ci aura-t-elle le mérite de clarifier la donne et de réconcilier michoubidou (ce n'est pas de moi, je ne me serais pas permis;-) avec les amateurs de vins naturels dont certains sont aussi de ses anciens lecteurs. J'en suis, et je ne nie pas avoir dévoré les interventions de MB dans la RVF, il y a de plus en plus d'années... J'y ai beaucoup appris, parfois à mes dépends quand je vois les vins encavés que je ne boirai pas, mais j'ose pouvoir tenter de discuter ici d'idées, pas de personnes. 

Bon ça commence mal, car sous le titre "Le Vin bio n'existe pas", on lit : Le dégustateur et coauteur, avec Thierry Desseauve, du Grand Guide des vins de France 2010 * n'est pas convaincu par la mode nature. Il explique pourquoi.

Mais le but n'est pas de convaincre MB, le vin naturel s'est développé sans lui, se développe encore, et n'a aucunement besoin de sa bénédiction. C'est sans doute là le noeud du problème (enfin, surtout celui de MB;-), nous y reviendrons.

Poursuivons la lecture de cet article:

Pourquoi cet engouement pour les vins bio vous agace-t-il ?

Mais tout simplement parce que le vin bio n'existe pas ! Le mot «bio» ne peut en effet, dans l'état actuel de notre législation, s'appliquer qu'au raisin, ce qui oblige à trouver une autre dénomination pour désigner un vin issu de raisins cultivés selon les chartes de l'agriculture biologique ou biodynamique.

 

C'est vrai, et alors? Des chartes sont en cours de rédaction et devraient voir le jour d'ici peu, ça va pas changer grand chose. C'est ce qu'on appelle un abus de langage, pas de quoi fouetter un chat, ni de s'agacer. Essai manqué.

D'où les vins « nature » ?

Certains vignerons et leurs marchands, appuyés par une petite bande de prescripteurs sincères, mais illuminés, proposent donc des vins «nature» ou «authentiques». Mais, jusqu'à preuve du contraire, tout vin répondant aux normes légales de la législation européenne est forcément authentique ou nature, puisque issu de la fermentation naturelle d'un fruit qui l'est tout autant. Nous ne connaissons pas encore de culture de la vigne hors sol, d'ersatz de raisin ou de levure artificielle.

 

Avec ce genre de position, on ne risque pas de faire évoluer la moindre législation, imaginez MB au temps plus reculés de notre histoire... Plus sérieusement, la culture hors sol. Il faut avoir vu des vignes cultivées en chimie et toucher leurs racines flirtant avec la surface du sol. C'est pas du hors sol, mais c'est de la perfusion quand même. Sans leur dose de chimie, pas de sursis, la moindre carence en eau, et on les entendrait presque pleurer. 

Erzatz de raisin: entre un raisin gorgé d'eau, ou pas mûr, ou pourri, ou imbibé de pesticides et un raisin sain, mûr, bio, aucune différence? Moi j'y vois quand même un qui nous fait passer des vessies pour des lanternes, mais soit!

Levure artificielle. Même si les enzymes OGM sont déjà utilisés à grande échelle, les levures OGM sont prêtes, mais elles ne sont pas encore utilisées. Donc c'est vrai, pas encore de levure artificielle, mais pour MB, la levure 74 B ou la 56, sélectionnées pour typer un vin, comme celui du Beaujolais primeur par exemple, c'est quoi? Et bien pour nous, ce n'est pas très naturel. Même en brasserie, on sait différencier les levures industrielles des fermentations spontanées.  Tout faux, sauf si l'on joue sur l'ambiguïté et la méconnaissance des gens.

Petite conclusion, au pied de la lettre, rien de foncièrement faux dans ce qu'il dit, mais un bel exercice de désinformation. Avec de tels arguments, tous les vins sont bons et les pratiques respectueuses...

la suite bientôt ...

 

VIN "NATURE", VIN "NATUREL" (I)

VINATURE, mon blog, même si j'aime le prononcer "vie nature", c'est sans conteste une affirmation de mon goût pour ce type de vin. Oh pas par choix philosophique ou effet de mode bobo comme certains aiment à le croire, non, simplement par goût, par goût du plaisir.

Je ne vais pas refaire ici mon parcours gustatif (quoique;-), qui est tout d'abord passé par une étude systématique des petits vins à portée de ma bourse, puis, bien sûr, celle-ci se remplissant un peu, vu se faire vider par une attirance envers les grands crus classés du bordelais. Mais il y eut un jour, un premier déclic pour une autre évolution gustative, quand, affrontant la canicule de 2003, je dégustai, à Banyuls, les vins du Casot des Mailloles.  Des vins aux arômes et aux textures encore inconnus, évidents de sincérité, bouillonnants de terroir et de personnalité. C'est là que j'apprit qu'il était possible de faire des vins sans soufre et que je me mit dans la tête d'explorer pas à pas, verre après verre, cette terre encore inconnue, celle des vins dits "naturels".

J'y rencontrai de tout, des arômes d'écurie, voire de dégueuli, de l'excellent vinaigre, comme des finales au goût de souris crevée, mais j'y vécu aussi mais plus belles émotions, à répétition! J'y appris à mieux comprendre l'apport du raisin dans le vin, et aussi celui du sol, je chamboulai mes repères, bouleversai mes critères, revenant à une approche plus animale du vin. Je me souviens encore de cette première salade de fruits et de cailloux offerte par Bruno Schueller. Je me réconciliai aussi, par exemple, avec le champagne grâce à Jacques Beaufort; fut foudroyé par la personnalité et la qualité des vins naturels et des hommes du Jura, comme Stéphane Tissot, Fanfan Ganevat, et Pierre Overnoy; me noyai enfin, avec délectation, dans la mare grandissante du Beaujolais des Descombes, Lapierre ou Ducroux.

Je dût aussi me rendre à l'évidence, moi qui écumait salons sur salons, bios ou non, que la qualité des salons de vins naturels, comme celui de la Dive bouteille, était du plus haut niveau et correspondait en tout cas beaucoup plus à mes goûts évolutifs. Tant et si bien, qu'en avril 2006, j'avais complètement viré ma cuti et, après une belle dégustation des vins de René Mosse et de Mark Angeli aux caves Augé à Paris, j'écrivais sur ce blog, "Une conclusion pour cette dégustation, c’est mon goût pour les vins avec un minimum de soufre, voire sans soufre. Si cette absence chahute parfois un peu les arômes, on les retrouve admirablement en rétro-nasale et puis la finesse et le naturel en bouche sont si évidents ! Difficile de faire marche arrière quand on a goûté des vins de cette trempe, mais cela, vous le savez déjà non ?   

Et oui, entre déclics et claques, j'ai depuis décidé, avec un pincement au coeur je le reconnais, de revendre ma cave de "grands Bordeaux", et quand j'y descend, c'est de plus en plus souvent une quille de ces "bio-nature" que je remonte (pour la descendre aussitôt;-). Ma santé y gagne sans doute, mon portefeuille certainement ;-)!

Mais pourquoi remettre encore une louche de vin bio sur ce blog par un énième papier sur les vins naturels et sans soufre? Et bien, pour répondre posément, et en détail, aux articles parus récemment dans la presse, comme ce dossier du bon magazine belge In Vino Veritas, ou encore l'intervention récente de Bettane dans le journal l'Express, pour y relever les erreurs d'appréciation d'un monde qu'ils ne connaissent pas, et aider ceux qui le veulent à mieux comprendre cet univers.

Une première constatation déjà, si les vins naturels ne connaissent pas trop la crise, la prose qui les entoure en profite également et permet aux critiques pros, généralement contre, de faire parler d'eux. Ils auraient tort de se gêner, nous aussi;-). A bientôt

21/07/2009

La GRÊLE


Ces quelques photos sont éloquentes, une pensée pour les agriculteurs et les vignerons qui souffrent le plus de ces aléas climatiques ...

 

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22:47 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

01/07/2009

WEEK-END VIGNERONS: Quelques photos

Un soleil radieux nécessitant de jongler en permanence avec les températures de vins, des amis habitués, des nouveaux sympas, quelques curieux, notre troisième anniversaire en présence de quatre vignerons exceptionnels a, je crois, séduit tous les participants.

Au four et au moulin, ou plutôt au épices et au vin, ce sont mes enfants qui se sont chargés des photos. Ils se sont plutôt bien débrouillés, en voici quelques unes.

Fanfan Ganevat était en belle forme, mais ses vins l'était encore plus. Des blancs 2006 au top, des rouges 2007 qui s'affinent (du fruit plaisir en bouteille), et des échantillons blancs 2007 qui laissent augurer d'un millésime plus droit, salin et minéral. Alors que la qualité est là depuis le début, on a l'impression que, faisant fi de la celle du millésime, ses vins progressent d'années en années. 

Jérôme des Clapas faisait le déplacement pour la première fois en Belgique, et c'est bien sûr la boutique de l'Odyssée qu'il a choisi comme point de chute. La aussi, malgré les températures, les vins déployaient toute leur fraîcheur et fruit. Un "Java" comme un coulis de fraise légèrement acidulé, l'"En avant doute" comme une caresse, le "Pas à pas" appelant déjà le méchoui, et le blanc "Ivraie" d'ugni aux arômes de viognier, une petite friandise. Bravo Jérôme, qui nous a en plus séduit par ses talents de chanteur. Il connaît Brassens par coeur, accompagné de Claude Manesse à la guitare, nous avons eu droit à un "Gare au (poivre des) Gorilles" d'anthologie. 

 

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Que dire du "noune", Georges Descombes, si ce n'est que les compliments pleuvaient sur la qualité de ses Beaujolais. Certains croient encore que le Beaujolais se limite au Beaujolais nouveau de synthèse, mais notre travail de fond commence à porter ses fruits. Ouf! Au sommet ses deux Morgon, le 2007 et le Vieilles Vignes 2006, sans oublier, le petnat bien frappé Mandibulles. 

Petit mot sur le geste ci-dessous, qui a été répété 5833 fois si j'ai bien compté, mais j'étais parfois débordé il est vrai. Bon je dois encore faire les comptes mais quand je vois le nombre de cadavres, j'ai des craintes Clin d'oeil.

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Enfin, il y avait René Mosse, le vigneron au regard revolver, dont les vins sont de petites tueries! Une gamme impeccable avec de mon côté un grand faible pour le "moussamoussettes", le super "gros" à base de Grolleau 2007, l'Anjou rouge 2007, sans doute le meilleur de la région et puis les Bonnes Blanches 2007, une petit diamant qu'il faudra caché quelques années avant de le sertir de vos lèvres.

 

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Et puis il y avait aussi de la bière, de la Saison Dupont bio, de la Moinette bio, mais aussi, offerte par Andrea Calek, vigneron tchèque ardéchois (géniteur de Babiole notamment), un petit fût de Pilsener Urquell, qui nous a bien étanché la soif le vendredi soir, merci à lui d'avoir voulu être présent par ce biais à cet anniversaire.

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La dégustation des vins s'est déroulée pour la première fois en extérieur, dans le jardin, sous une tonnelle amicalement prêtée par le café du village le "Val Fleuri". Encore merci à Patrick et sa bande! Et puis tant qu'on est dans les remerciements, les tables venaient de l'autre café, le "Guet à Pintes" et les chaises de "Biosphère", merci à eux, voilà, vous savez tout Clin d'oeil

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Pour sustenter tout ce petit monde et quelques amis, nous avons fait le méchoui traditionnel (c'est la deuxième annéeClin d'oeil), arrosé de multiples cuvées apportées par les invités. Rassurez vous on a aussi beaucoup craché Innocent.

Impossible de tout citer, mais il y avait tellment de bonnes quilles, et pas mal m'ont bien marquées.

Tout d'abord, le sommet de la soirée, le Vin Jaune 1990 de Pierre Overnoy, un vin magique, d'une densité et d'une longueur extraordinaire, c'est lui qui m'avait fait dire il y a quelques années "J'ai bu le meilleur vin blanc de ma vie et c'est un vin Jaune". Et bien, à l'aveugle, il était largement à la hauteur de sa réputation, doté d'une minéralité exacerbée, moins curry que des vins jaunes classiques, superbe. Merci à PY et Philippe de l'avoir choisi dans ma caveClin d'oeil

Pas loin, il y avait un autre Overnoy, un savagnin ouillé 1996, entre oxydation et fruit, avec ces arômes de pierre humide, de gentiane, c'était du tout tout bon. Côte à côte, il y avait la cuvée "Marguerite" de melon à queue rouge de Fanfan Ganevat, riche mais qui a gagné en tension depuis un an, superbe; et puis Marie Besnard 2005 de Mosse, pas trop typée chenin (je ne l'ai pas reconnuClin d'oeil), plus complexe, avec des arômes d'ananas, de caillou, et une très belle longueur. Au moins à ce niveau, La Lune 2004 de Mark Angéli, à la fois tendue et digeste, et cette finale un peu saline, miam! Dans un style très mûr et épanoui, le superbe Riesling Muenchberg 2001 de Patric Meyer, a eu ses aficionados, dont je suis! Très beau Barral Blanc 2006 également, plus consensuel qu'avant peut-être, mais très très bon!

Il y avait aussi quelques rouges, mais bien moins que des blancs, étonnant. Mention plus que spéciale pour la superbe Mémé 99 de Gramenon, qui ne faisaient pas son âge, entre arômes tertiaires et épices diverses, suavité, équilibre, grand! Dans un style proche, je n'ai eu aucun problème à reconnaître le beau pinot noir Bildstocklé 2006 de Bruno Schueller, on peut encore garder, mais allier profondeur, naturel, complexité et buvabilité à ce niveau relève de l'exploit.

Pour terminer, après un excellent rosé "Ma terre" de notre ami Henri Milan, un Poulsard 2008 d'Overnoy a séduit les derniers survivants, qui se sont ensuite calmés pour déguster gentiment un superbe Champagne Beaufort, miam et remiam!

 

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Voilà, vivement l'année prochaine, même si d'ici là il y aura encore de nombreuses activités et dégustations. En tout cas, votre serviteur vous remercie pour vos encouragements à garder cette belle aventure vivante!

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23/06/2009

26-27 JUIN, WEEK-END VIGNERON!

 

afficheete2009

 

Le week-end prochain, les vendredi 26 et samedi 27 juin, à Pécrot (Grez-Doiceau), la boutique de l'Odyssée des arômes, fêtera, en présence de vignerons, son troisième millésime. Venez nombreux, parlez-en autour de vous, on vous attend! Des questions, un mail (laurent@truegreatwines.com) ou mon gsm, 0478 82 16 36. Il y aura aussi nos épices, nos poivres sauvages, nos huiles essentielles et de gastronomie, nos thés de Chine ou du japon, nos multiples curry, et quelques superbes nouveautés, comme cette fabuleuse poudre de feuilles de poivrier de Tasmanie. Venez!

Et oui, déjà trois ans écoulés depuis que nous avons transformé "temporairement" notre salon en boutique; et près de 6 ans que nous tentons de vous faire découvrir de petits producteurs, bios, talentueux et passionnés. Le temps s'écoulerait-il aussi vite qu'un vin sans soufre dans notre gosier? La aussi, ne devrait-on pas imposer la mention "avec modération"! Clin d'oeil

Quoi-qu'il en soit, nous y sommes, et j'en suis très heureux; très heureux aussi de vous faire découvrir Jérôme Jouret, du domaine des Clapas, en Ardèche, dans la vallée de l'Ibie, à Villeneuve de Berg. Il en est, lui aussi, à son troisième millésime, le 2008, que vous allez pouvoir déguster. En conversion bio, il travaille ses vins, issus pour la plupart de coteaux argilo-calcaire, dans un registre sans soufre, très pur! Des cuvées de rouge, aux arômes fruités, floraux, gouleyantes (Java), suaves (En Avant Doute, grenache) ou plus structurées (Pas à Pas, carignan-alicante). Il nous propose aussi un blanc très chouette, l'ivraie, qu'il a réussit à séparer du bon grain ;-). C'est un 100 % ugni blanc qu'il a mis en bouteilles sans SO2, attention, je n'en ai que 6 caisses. Les prix sont angéliques, tout en dessous de 10 €. J'étais le premier à l'avoir en Belgique (merci Gaëtan;-), et sa première visite est pour nous, ne la loupez pas!

 

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Pour faire le poids face à ce jeune talent, j'ai fait appel à une équipe de choc. Dans les buts, je n'ai mis personne, car vu le profil de ces vignerons, c'est pas à du foot qu'il faut s'attendre, mais à du Rugby Langue tirée.  Comme piliers, il y aura à droite, René "cabernet" Mosse, de St Lambert du Lattay en Anjou. En bio depuis belle lurette, il nous proposera ses 2007 à la dégustation, je les ai goûté à Angers cet Hiver, c'était déjà bon! Si les blancs doivent encore se faire un peu (quoique les Bonnes Blanches sont déjà magiques...), les rouges sont d'un croquant extraordinaire. René "cabernet" assume encore une fois son surnom avec talent, pour proposer un vin, encore une fois en phase avec le meilleur du millésime. Après un 2005 baroque, très mûr, avec 2 sucres résiduels (je les ai comptés ;-) mais doté d'une superbe acidité, un 2006 qui entrera dans la légende dans quelques années, voici un 2007 bienvenu, dense, aux tannins déjà abordables, et au fruité adorable. A boire en attendant les 2006 et 2004, c'est un vrai coup de coeur. Et puis il y aura aussi le bien nommé "Gros", à base de grolleau, une friandise pour adulte! Un autre beau reportage sur le blog de la pipette!

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A gauche, vous trouvereGeorges "noune" Descombes, fer de lance du Beaujolais naturel. Troisième visite également pour le "noune", qui nous fera une petite verticale du Beaujolais, avec du Brouilly Vieilles Vignes 2005, du Morgon Vieiilles Vignes 2006 et du Chiroubles Vieilles Vignes 2007. Plus du petnat, du rosé et une ou deux cuvées de soif. Des Beaujolais de haute volée, on va se régaler!

 

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Enfin, aux autres postes, à l'avant, ou comme talonneur, au four comme au moulin, il y auraJean-François "talon" Ganevat, dit aussi Fanfan, en importation direct du profond Jura. Lui, c'est déjà sa onzième visite dans ce petit bled de Pécrot. Au programme, les 2007, en blanc comme en rouge, et sans doute encore des nouveautés dont il a le secret. Malgré sa renommée croissante, le pèlerinage de Pécrot lui est indispensable. Ses 2007 sont superbes, en rouge, tout en fruit (ah ce pinot noir à se damner!), les blancs sont rectilignes, cristallins, de toute beauté. Révélation 2009 chez Bettane et Gault et Millau, il truste encore les premières places dans le dernier N° de la RVf consacré au millésime 2008, où il est coup de coeur! Mais attendons patiemment ces 2008, et profitons des derniers 2006 et réservons d'abord les 2007, n'accélérons pas le temps inutilement Clin d'oeil

Allez, à la semaine prochaine!

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07:51 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : ganevat, mosse, descombes, clapas |  Facebook |

07/06/2009

SANS SOUFRE, LA CONFIRMATION

Petit voyage express en Ardèche et dans le Rhône, de Cornas à Châteauneuf du Pape pour visiter mes vignerons préférés et remonter en Belgique leurs meilleurs cuvées. Un périple qui me mène du domaine des Clapas, à celui d'Andrea Calek; du domaine du Coulet de Matthieu Barret en Cornas (une révélation enfin mentionnée dans la RVF, les autres guides cherchent encore ;-), à celui d'Hervé Souhaut à Arlebosc ou au  domaine des Amphores à Saint Joseph, sans oublier Berthet Rayne à Châteauneuf du Pape. Je ne vais pas vous conter ce périple, mais simplement vous rapporter un petit test de dégustation effectué à l'aveugle en présence de Jérôme Jouret du domaine des Clapas et d'Andréa Calek. En fin de repas, Jérôme propose que nous comparions deux vins, même cuvée, une sans sulfite ajouté, et l'autre avec seulement 35 mg/l à la mise en bouteille. 

Jérôme et moi sommes confiants, ma petite expérience m'a déjà permis de comparer quelques cuvées avec et sans soufre, et la différence a toujours été nette; je suis même prêt à arrêter mon activité si je me trompe, Jérôme n'est pas loin de dire la même chose ;-).

Il s'agit de la cuvée En avant doute 2007; le premier verre offre un nez explosif, sur le fruit, des notes de fleur, très pur. Le deuxième est plus fermé, sans ces notes florales, plus sur le fruit. La bouche est également très différente, le premeir est délié, juteux, avec du volume; le deuxième parait un peu plus acide, tendu avec un peu de sécheresse. Ce sont deux bons vins, mais sans hésiter, nous désignons, de concert, le premier comme étant celui sans soufre, car meilleur! Bingo!, Une fois encore la démonstration de la qualité supéreure du vin sans sulfite "réussi" sur le même légèrement sulfité est faite. A bon entendeur ;-)!

 

09:35 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : clapas, sulfite |  Facebook |

27/01/2009

brouillon

Voilà le jour J est arrivé, petite catastrophe en Alsace ou après quelques orages, le vignoble de Bruno Schueller est partiellement grêlé. Malgré une dernière tentative d'Henri Milan pour le convaincre, c'est sérieux, il doit se désister, mais ce n'est que partie remise, c'est sûr!

Mais les autres sont bien là; Ghislaine, comme une vraie reine, est la première. Fanfan Ganevat, Tonton Casa et son vin préféré la suivent, Dominique Gruhier n'est pas loin, et Anne va cueillir Henri Milan à l'aéroport. Il fait beau, déjà très chaud, il est 15h45, et tout le monde crève de soif. Henri me demande une bière, une bonne me précise-t-il (il est marrant ;-) ; les autres approuvent avec enthousiasme. Tant mieux, j'ai prévu quelques hectos de Moinette, bio bien sûr. Elle nous rafraîchira tout au long de ce beau week end.

L'ambiance est excellente, mais il manque un petit quelque chose, mais quoi? Difificile à définir, mais il y a un manque c'est sûr et puis à 16h20 une figure inconnue arrive, et tilt, mais oui bon sang mais c'est bien sûr, c'est vous qu'on attend!! ;-). Allez, hop, on quitte la terrasse, tout le monde sur le pont, on largue les amarres. Voilà, la "boutique" ne désemplira pas du week-end, un très grand succès grâce à vous et je vous remercie sincèrement de votre présence et de vos encouragements. Egalement merci aux habitants de Pécrot qui ont osé venir jeter un oeil dans cette nouvelle "boutique". Pécrot et Grez-Doiceau méritent un peu plus d'animation et d'attraction, on espère bien y participer.

Le reste, en photos, prises lors des rares moments de répit que vous m'avez laissé;-).

Jean-François Ganevat, Jura

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Dominique Gruhier (Abbaye du Petit Quincy), Bourgogne

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Ghislaine Magnier (Casot des Mailloles), Roussillon

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Henri Milan, Provence

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Tonton Casa et Fanfan Ganevat

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Petit déjeuner entre vignerons

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Petit BBQ après l'ouverture entre amis

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Anne

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Laurent

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Vos Serviteurs!

07:35 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

29/12/2008

C'EST LE BOUQUET!

Le bouquet final, le feu d'artifice de fin d'année, l'expression de mon indignation, ou encore un vrai bouquet de senteurs? Les trois mon général!Je ne m'étendrai pas sur les pratiques lamentables de plagiat, je connais ça, c'est simplement désolant! Non, je reviendrai par contre sur cet article découvert sur le blog d'Hervé Lalau et écrit par. Lisez je crois que cela se passe de commentaires. Comment est-il encore possible d'avoir des avis d'arrière garde, et pourtant je les rencontre encore également. Le monde du vin en agriculture chimique n'est pas un monde de bisounours etil y a un reel plus à chercher les "bons" vins bios (il y en a de mauvais, la certification ne donne ni le talent, ni le terroir au vigneron;-). Et de préférence, ceux qui continuent à la cave la même philosophie qu'à la vigne.

13:27 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

20/11/2008

IL EST ARRIVE!

Qui? Ben le nouveau, le primeur, du Beaujolais bien sûr! Enfin, pas toujours. Comme m'a dit Philippe Jambon, " on a décidé de pas faire de vin cette année". La faute au 7 août, et une grêle de chez grêle; l'année pourrie a fait le reste!

Pas de Guignier, pas de Tranche de Jambon, mais par contre ceux qui en ont sorti on fait très bon. Enfin les bons vignerons ont fait très bon , les autres ...

Alors venez, ce vendredi 21 et samedi 22, à la boutique, déguster les meilleurs, Lapalu, Descombes, Ducroux, et puis l'une ou l'autre quille encore.

Et pour ceux qui veulent comprendre mieux encore le Beaujolais et ses vins, comme chaque année , nous avons un atelier le vendredi soir à 20 ehrues, avec charcuterie locale (pâté, rillettes, terrines), fromages (Chèvres, St Félicien en St Marcellin) et bien sûr les fameux sabodet et jambonneaux. IL reste encore quelques places, Réservez sans tarder, c'est demain (45€, réservation par mail ou tel : 0478 82 16 36)

Voilà, qu'on se le dise!

Les vins du vendredi soir:

Lapalu: Beaujolais Villages 2006

Croix des Rameaux 2005

Ducroux; Régnié 2005 (sans SO2)

Foillard: Morgon Côte de Py 2005

Morgon Les corcelettes 2005

Descombes: Morgon VV 2005

Chiroubles VV 2006

Bourgine: Moulin à Vent 2005

Chenas 2005

Lapierre: Morgon sasn soufre 2005

Guignier: Moncailleux 2005 (Sans SO2)

Fleurie 2005

Grillet; Morgon Les Cras 2006

On va se régaler!!!

11/10/2008

LIVE: Le VIN SANS SOUFRE (V) Dégustation sur 30 heures

Salut à tous, j’ai été heureux de voir votre enthousiasme le week-end passé, face à ces vins “hors norme”. Peu de grimaces, beaucoup de sourires, et des bouteilles vides en fin de week-end. J’aurais renouvelé, de toutes façons cette dégustation visant à montrer ce à quoi il est possible de tendre en matière de vinification; c’est à dire le minimum de sulfites, voire, pour ceux qui aiment emprunter de nouvelles voies gustatives, le zero sulfites. Mais là, c'est avec enthousiasme que nous repartons pour un Tour de France sans sulfites ni EPO, en visitant d’autres régions, telles que la Loire, le Roussillon, le Sud-Ouest, ou le Jura. Cette dégustation tombe à pic, car c'est justement le thème choisi par le président Olif pour les vendredis du vin . Je crois que vais y participer, et vous? C'est l'occasion, non? ;-). Bon, en tout cas, Santé, au propre, comme au figuré!

A nouveau, nous compléterons ce post avec nos impressions de dégustation, à l'ouverture (vendredi 14h), le vendredi soir à 20h et le samedi vers 19 heures. C'est ce week-end des 10 et 11 octobre, venez faire un tour à la boutique de l'Odyssée et remplissez votre cave de vins nature!

Voilà, déjà les commentaires des deux premières dégustations, ce vendredi à 14h et puis 6 heures plus tard, à 20h00.

Blancs

Alsace, Riesling Katzental Non Filtré 2004, Audrey et Christian Binner

L’absence de filtration permet de diminuer sensiblement les doses de SO2 dans les vins blancs. C’est le cas de celle-ci qui n’a donc reçu qu’une bonne dizaine de mg/l, soit ce que la levure peut, elle-même produire. Le vin est magnifique, la robe un peu dorée, le nez loin des caricatures pétrolées du riesling immature. Non, ici, vous avez de la minéralité, terpénique, mais pas seulement, un peu évolutive aussi. En bouche, il y a un peu d’ananas, du citron confit en finale, une acidité nette et une longueur qui vous fera saliver. Un vin qui arrive gentiment à maturité, et d’un rapport Q/P exemplaire. Vraiment impeccable à tout niveau. à 20h00, cela n'a pas vraiment bouger, un peu plus de fruit sans doute, au top!

Le lendemain 20 heures, le vin est toujours aussi bien, pas de traces dévolution, ni au nez, ni en bouche. Super!

Alsace, Gewurztraminer, Grand Cru Eichberg 2003, sans sulfite, Bruno et Gerard Schueller

. Tout d'abord, une petite video des vendanges 2008 chez Bruno. Mais revenons à notre cuvée. Très peu de récolte sur cette parcelle, Bruno le met dans un petit fût, et le garde sans ouillage, sans sulfite. Après la mise en bouteille, il le fait goûter dans un salon, et les bouteilles partent comme des petits pains. Je le goûte à mon tour, et j’adore. Les arômes plus classiques du gewurz se marient admirablement avec d'autres plus originaux, comme l'orange, le muscat, le safran, le gingembre. Le nez est simplement fantastique. La bouche, plus que perlante, est aussi étonnante. Complètement sèche, mais grasse et puis, ce qui est extra, c’est que l’on retrouve ce côté juteux du sans soufre, cette digestibilité, et qui plus est, sur un cépage qui n’est pas réputé pour ces qualités. Un vin de belle gastronomie. Ce fut un coup de coeur pour certains hier. 6 heures plus tard, le vin a pris un peu de couleur, le gaz est presque parti, je dois me retenir de ne pas me servir un petit verre, attendons demain!

24 heures plus loin, ce vin est toujours aussi magnifique, il n'a pas évolué, mais on y découvre d'autres arômes, encore d'agrumes, mais d'épices aussi, de fruits secs, que sais-je encore. Le gaz est complètement dissipé, et la bouche n'en est que plus agréable, suave, grasse, mais jamais lourde; à peine une pointe d'amertume qui se marie bien avec les arômes d'agrumes et structure encore mieux le tout. Bravo Bruno!

Rouges

Rhône, Pas à pas 2007, vdp Ardèche, Carignan, alicante, sans sulfite, Domaine des Clapas

Neo-vigneron, c’est son second millésime, Jérôme Jouret avance pas à pas, mais à grand pas! Les vignes viennent d’un terroir argilo-calcaire et le vin n’est ni filtré ni sulfité. Derrière quelques arômes animaux loin d’être dominants, c’est une explosion de fruit sureau, mûre sauvage. C’est, comme la cuvée “En avant doute”, d’une fraîcheur insolente. C’est une cuvée plus structurée, moins “glissante”, mais quelle bonheur! Après 6 heures, le vin est nettement plus en place, un peu plus rond, on attend avec impatience la petite côte d'agneau grillée au romarin qui se mariera avec cette cuvée.

Et ce vin tient sans problèmes 24 heures supplémentaires; il ne se bonifie plus, mais garde beaucoup de fraîcheur. A peine quelques notes animales supplémentaires peut-être, mais bien noyée dans le fruit et la garrigue. Belle réussite.

Jura, Pinot Noir, Cuvée Z 2006, sans sulfite, Fanfan Ganevat

Bruno et Fanfan se sont rencontrés pour la première fois chez moi, lors d’un de nos marché vignerons. Depuis, ils ne se quittent plus. Et que croyez vous qu’ils se racontent, des histoires sulfureuses sans aucun doute;-). Fanfan, comme Bruno, n’est pas le taliban du sans soufre, il l’utilise avec grande parcimonie, et sur quelques cuvées qui le permettent, il l’évite tout simplement, sans dogmatisme aucun. C’est le cas avec ce pinot noir issu de vignes plantées en 1977 sur terroir argilo-calcaire. Elevé 18 mois sans SO2 et embouteillé de même, d’où le Z! C’est très minéral au nez, très fumé, empyreumatique, mêlés aux arômes de cerise fraîche, une note boisée, florale et animale. Le vin est très tendu en bouche, les quelques tannins se fondent, doté d’une acidité jurassienne, un peu kriek, mais qui garde une belle gourmandise. La longueur est épatante, très minérale, très salivante. A nouveau, la buvabilité est superlative. Une cuvée qui divise, sans concession, loin des canons denses et sirupeux issus de l’osmose inverse, mais qui ravira les fans du Jura et du vin naturel. Le soir, pas beaucoup de changement, un peu plus de volume, un peu plus de fruit, mais les différences sont peu marquées. Là, on attend la saucisse de Morteau au Mont d'or!

Le fruit s'est encore développé au cours du temps; les arômes fumés et grillés se sont dissipés pour laisser place à un fruit net, cerise groseille et de la minéralité. La bouche reste intransigeante, mais trsè gouleyante. Un vin que certains devront apprivoiser pendant que d'autres se régaleront/

Beaujolais, Régnié sur fût 2005, Gamay, sans sulfite, Christian Ducroux

Nous avons goûté la cuvée de base sans SO2 2006, la semaine passée, voyons cette fois le Régnié fût 2005. Rassurez vous, pas de fût neuf dans cette cuvée, même si le nom y fait souvent découvrir du boisé par certains dégustateurs. Par contre, comme pour la cuvée de base sans SO2, le premier nez est sur le fromage, le deuxième sur la choucroute. Il faut patauger dans tout cela pour dénicher le fruit. C'est en bouche qu'il faut le chercher. Et là, on y trouve de la mûre, de la myrtille, des notes plus originales, peut-être minérales, de graphite. A l'ouverture, la bouche parait cependant plus mince que dans mon souvenir, encore tannique, et plutôt dure. Pas beaucoup de succès pour ce vin. Les tannins, c’est normal, il s’agit en fait du vin de presse et c’est pour affiné ceux–ci que ce vin est élevé en vieux foudre. J'en ouvre une deuxième pour vérifier, elle est très semblable. A 20h00, les arômes de choucroute se sont un peu atténués, je fait goûter Anne, elle adore. La bouche s'est bien arrondie et l'on déguste avec avidité la deuxième bouteille sur une tranche de limousin aux cornes de gattes et champignons des bois récoltés la veille, chanterelles en tube, trompettes de la mort, pieds de mouton, bolets, ... Une alliance parfaite, quelle présence dans ce vin pour qui sait surmonter le premier nez. Jamais l'image du lait cru et du lait UHT n'aura été tant validée. Bon en attendant, je n'en ai pas encore vendu une seule...

Le lendemain soir, le côté "choucroute" s'est un peu atténué", mais ne laisse pas assez place au fruit. Ce n'est heureusement pas le cas en bouche, où il est bien présent. Comme les tannins se sont arrondis, il devient vraiment friand. Un vin à attendre encore.

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Sud-Ouest, vdt “Buzet”, le Pech abusé 2003, 1/4 CF, 1/4 CS, 1/2 Merlot, sans sulfite, Domaine du Pech

David contre Goliath, Ludovic et Magali contre la grande coopérative de Buzet qui dégueule, euh pardon, déverse, 95% de la production, le plus souvent insipide de cette appellation. Et David a perdu le combat de l’agrément; son vin est refusé à la dégustation, et n’a pas droit à l’AOC. Avec humour, il appellera cette cuvée, le Pech abusé ;-). Mais David prend déjà une première revanche aux Vinalies 2007, où son vin de table reçoit le prix des oenologues (amazing, isn’t it?). Mais le coup de grâce à Goliath, c’est vous qui allez l’asséner lors de notre marché vigneron de printemps. En effet, chez Ludovic, c’est toute la gamme qui sort du lot, et vous avez manifestement apprécié, tant le personnage, que ses vins. Revenons à ce 2003, année de la canicule, des rendements minimes (16hl/ha), il a été élevé pendant trois ans pour parvenir à l’équilibre voulu. Mais la patience est une vertu et le résultat en vaut la peine. Le nez est puissant, cassis, prune, noyau de cerise, graphite, très belle complexité. Bouche charnue, attaque moelleuse, mais les tannins sont encore très présents, pas trop secs pourtant, et l’équilibre est là, grâce au pH bas que peuvent donner des raisins bios. Je tiens aussi à souligner le rpt Q/P hallucinant quand on voit celui des “bonnes” bouteilles aux foires aux vins actuelles...

Sud-Ouest, vdt “Buzet”, le Pech abusé 2003, 1/4 CF, 1/4 CS, 1/2 Merlot, avec +/-15 mg/l de sulfite, Domaine du Pech

Attention, la même cuvée, mais avec un chouia de so2. En Avril, le tout sans soufre avait été plébiscité. Cette cuvée-ci était fermée au nez et les tannins féroces en bouche; Qu’en est-il quelques mois plus tard, nous allons le découvrir ensemble, suspense!!!

A 14 heures, le vin est très conforme à la description ci-dessus. Les différences entre les deux cuvées sont beaucoup moins nettes qu'en avril. Toutefois, c'est encore la cuvée sans SO2 qui récolte les suffrages, moins serrée en bouche, un peu plus ouverte au nez. Mais les différences sont ténues. Pas de différence notable à 20 heures

Le samedi soir, après 30 heures, je demande à Anne de me les servir à l'aveugle. Je goûte le premier verre qu'elle me sert, et je crois reconnaître sans problème le sans sulfites. Le deuxième confirme mon impression, nez fermé, un peu réduit même, moins expressif, et puis ces tannins un peu durs qui ne bougent toujours pas, alors que le premier se fait déjà plus aimable. Ouf, Anne confirme! Les deux vins se sont donc rapprochés depuis Avril 2008 où ils étaient tellement différent alors que seuls quelques 15 mg/l de sulfites les sépare. Mais la différence reste cependant notable au point de vue fruit , tannins, et milieu de bouche. Rendez vous dans 5 ans! Le dimanche,soit 48 heures après ouverture, à peine un peu de fruits confit au nez dans le sans sulfites, mais surtout des tannins qui enfin s'amadouent et un vin qui prend de la longueur, avec des notes de chocolat au cassis. A garder encore quelques années en confiance.

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Loire, Saumur-Champigny, Le vin d’une oreille 2005, Cabernet Franc, sans SO2, Sébastien David

L’hurluberlu est de retour. Vous avez apprécié ses rouges et rosés friands du même nom, vous avez été charmé par l'alliance de fraîcheur et de suavité de sa cubée Orion, voici le petit joyau qu’il nous cachait jusqu’à présent, le vin d’une oreille, une merveilleuse partition jouée sans sulfite aucun. J’ai déjà dégusté ce vin par deux fois, et l’évolution entre les deux était incroyable. Gain de chair, gain de longueur, équilibre précis, ce vin s’orientait plus vers le pinot noir bien dense que vers le cabernet. Je ne vais pas me perdre en tâchant de le décrire plus ici, venez le goûter, mais attention, je n’ai que quelques bouteilles. Ah oui, le nom? Voici ce que j’ai trouvé à ce propos et confirmé par Sébastien. On dit figurativement et populairement d’un vin excellent, que “C’est un vin d’une oreille”, parce que ceux qui en boivent penchent une oreille en signe d’approbation ; et l’on dit au contraire d'un mauvais vin , que “C'est du vin de deux oreilles”, parce que ceux qui en boivent secouent la tête pour marquer qu'ils ne le trouvent pas bon. (Dictionnaire de l'Académie Française, 5e édition, Paris 1798). Le vin à l'ouverture est très proche de la description ci-dessus, vraiment un très beau vin, mais à attendre. Et déjà, une attente de 6 heures est heureusement bénéfique. Le vin prend de l'étoffe, de l'allonge avec de belles notes de chocolat en finale, un nez un peu plus cabernet sans doute. Mais toujours cette impression bourguignonne à l'attaque qui se métamorphose en puissance en finale. Une cuvée pas vraiment donnée, mais qui offre un plaisir bien plus naturel que ce que vous pouvez trouver en foires aux vins actuellement. Pour info, Giscours 2005 est à 51,99€, Branaire à 59,99 et Pontet Canet à 79,99€, foncez!;-).

C'est encore meilleur le lendemain, plus fondu, vraiment une très belle bouteille, à garder en confiance quelques années ou à ouvrir comme cela, sans raison, pour se faire plaisir. A carafer impérativement avant...

Roussillon, vdt, Vignoble de Trouillas, Grenache, Mourvèdre, Carignan, 2005, sans sulfites, Casot des Mailloles

Les masos du casot, les excités du chadic, sont de retour. Avant de rentrer leur nouveau millésime, je vous propose de terminer les quelques caisses de cette petite pépite. Il lui a fallu du temps, mais elle est en place depuis quelques mois maintenant. A l'ouverture, un petit pop, ah un peu de gaz, un vin vivant qui vit! Le nez est franchement sur la cerise, la mûre ou la framboise. I y a aussi des épices, et une petite note de volatile qui apporte à la matière une fraîcheur bienvenue à qui sait l'apprécier. Ici encore cela va diviser les amateurs (coup de coeur pour certains), même si tout le monde lui reconnaît un fruit superlatif en bouche. Les tannins grenus se fondent, on peut maintenant la savourer sur une pintade à la catalane. Le soir, le nez s'est un peu dégradé, avec une note lactique supplémentaire. La bouche est toujours aussi friande. J'ai un peu de craintes pour le lendemain, on verra les vins du casot savent se tenir sur plusieurs jours!

Le lendemain, le nez est toujours aussi génial, un peu d'arômes de légumes cuits (oxo), d'acidité volatile, mais beaucoup de fruit (framboise, fraise), de minéralité (graphite, pierre), d'arômes iodés, d'algue. En bouche, il y a toujours ce gaz qui perturbe certains dégustateurs, mais beaucoup de fruit. En fin de dégustation, je secoue vigoureusement le fond de la bouteille, le fruit ressort, et la bouche se fait plus gourmande. Hélas, en finale, les notes de cacahuètes grillées se font plus marquées, et je n'aime pas cela! Pour moi, il est nettement en dessous de la veille. Son optimum devrait se situer, à mon avis, après 1 ou deux heures de carafage (vigoureux;-).

Je prendrai comme première conclusion, celles d'un amateur passionné de vin, mais peu féru de vins naturels: "Plus de fruit, plus de raisin, plus de mâche" Je suis assez d'accord avec lui, ce sont des vins sans retenue!. A bientôt pour la conclusion générale de ces deux semaines de dégustation de vins sans sulfites!

05/09/2008

RETOUR AUX VACANCES: VIGNERONNES (II)

Cela faisait quelques temps déjà que je voulais rendre visite à Hélène Thibon, la pétillante vigneronne du Mas de Libian, avec qui je travaille depuis bien 3 ans maintenant. Difficile de concilier les emplois du temps dans mon agenda très chargé, mais Hélène accepte de me recevoir sur le temps de midi, très sympa! Je viens du Domaine les Clapas, et j'arrive à St Marcel d'Ardèche un peu en avance. Je me gare sur la place du village pour patienter, et là, je vois une plaque Domaine Saladin. J'avais repéré ce domaine en conversion bio mené par deux soeurs, dans le guide Bettane-Desseauve. Je vais y aller jeter un coup d'oeil. C'est sans doute la journée la plus chaude de nos vacances, la route monte, et le domaine n'est pas à 100 m de la place. Bon, je suis en nage, mais il semble y avoir du monde au caveau, je sonne. Je suis accueilli par les deux soeurs Saladin, et sans tarder, la dégustation commence, sous la direction de Marie-Laurence.

Un blanc d'assemblage correct, un très bon rosé à dominante cinsault ("Tralala!" 07) qui a su conserver fraîcheur et fruit, et puis on entame les rouges. Moi qui suis habitué au robes sombres de Libian, je suis un peu étonné par celle du premier ("Paul" 07). A dominante de grenache, le style est très différent du Mas. Notes de rafles, moins de chair et de pulpe; un peu trop rustique, pas trop mon truc. "Loï" 06 montre une certaine finesse, mais c'est avec les deux cuvées suivantes que l'on monte d'un cran. "Fan dé Lune" 06 (Mourvèdre 40, syrah 30, grenache 30) est très consensuel, équilibré; et il en est de même pour la syrah issue d'une parcelle en propriété depuis 1422, "Chaveyron 1422". Tout cela est largement au dessus du niveau régional, mais pas de frisson encore. Il va arriver avec la cuvée de vieilles vignes de grenache "Haut Brissan" 2006 qui me séduit grâce à son nez complexe, et ses notes de framboise et de cannelle. La bouche n'est pas dense, ni très structurée, mais elle est suave, équilibrée et possède une belle longueur.

Au final, une gamme qui se cherche encore un peu. Travail à la vigne qui ne paie pas encore, rendements encore un peu élevés, trop traditionnel à la cave, je n'en sais rien, mais les vins n'ont pas encore l'éclat de ceux de leur voisine. Mais patience, c'est un domaine à suivre, et je mettrais volontiers le rosé, le blanc et le Haut Brissan 2006 à ma carte.

Voilà, je suis maintenant en retard pour mon rendez vous avec Hélène , mais elle n'a pas l'air de m'en tenir rigueur. Nous débutons illico par le Zan 2007, et de suite, moment d'émotion. Le vin m'accueille manifestement avec grand plaisir, il virevolte dans le verre, ses parfums pénètrent mes sens, sa sève envahit ma bouche; j'adore! 2007, sera décidément, (chez les meilleurs) d'une grande gourmandise. Et je suis gourmand, gastrosensuel, impossible de cracher la moindre goutte de cette petite pépite de saveurs. J'évoque avec Hélène la différence avec le "Zan" 2006, que j'avais trouvé plus dur. Elle en convient mais ils veulent respecter le millésime, pas de surextraction, mais pas de collage, ni de filtration non plus. Et elle est confiante; il lui rappelle le 1999 qui s'est adoucit après quelques années. Pas de blabla, elle va en chercher une bouteille. Ou plutôt deux, une avec bouchon en liège, l'autre, probablement un échantillon qui a traîné, avec un bouchon plastic. Les deux sont très bonnes, une préférence au liège qui montre plus de fruit. Les tannins sont complètement fondu, aucune trace de sécheresse. Je vais donc garder quelques "Zan" 2006, en confiance! Le "Kaayam" 2007 est dans la même lignée, plus structuré, mais éclatant au nez comme en bouche; on va se régaler! On termine par le superbe "Calade" 2006, déjà à ma carte; c'est un mourvèdre sensuel, riche mais bien équilibré, qui se déguste déjà très bien mais que l'on pourra suivre une bonne dizaine d'années.

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Ensuite, petit tour dans les superbes vignes, dont une partie est travaillée au cheval (Nestor). Galets roulés à perte de vue, les vignes sont dans un état sanitaire parfait; et l'endroit est magique, on y resterait des heures. Mais il y a les rendez vous de l'après-midi, et il est temps de casser la croûte. Melon, taboulé, clafoutis de mirabelles, du très très bon miam; avec un peu de glou (notamment le très bon rosé "Corail" du Château de Roquefort). Nous nous séparons; superbe accueil d'Hélène et de son mari, l'endroit respire la nature sincère. Je piaffe d'impatience de rentrer ces beaux 2007 et de vous les faire découvrir.ardeche_libian_galets

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30/08/2008

RETOUR AUX VACANCES: LES CLAPAS (I)

La rentrée est là, et elle nous promet sans doute le retour du stress! Oui, mais la vie, c'est, le stress. Alors profitons en pour prendre une dernière bouffée de vacances et pourquoi pas, une gorgée d'Ardèche. Nous étions reclus dans un petit village perdu dans les monts, dans une petite chaumière, au jardin parsemé de roses trémières, dévalant vers une petite rivière, la Gluyère, loin du stress, très loin!

ardeche_gluyere

Au programme, randonnées, vélo, produits du terroir; vélo, randonnées et produits du terroir (la photo plus bas, c'est le Gerbier de Jonc qui abrite les sources de la Loire). Mais, chassez le naturel, il revient au triple galop (le vin naturel lui, revient au goulot, c'est bien connu;-), il était impossible pour un pro comme moi de rester 15 jours dans ce petit paradis sans travailler, au moins un jour. Jeudi dernier, j'ai donc décidé d'aller visiter mes vignerons préférés du coin ;-).

ardeche_gerbier ardeche_terroir

En dernière minute, nombreux coups de fil sans fil, quoique la batterie du G étant à plat... Tout fini par se goupiller sans devoir sabrer dans mes envies. 4 vignerons à rencontrer. Comme souvent , ils seront 5, voire 6.

Départ à l'aube, direction Villeneuve de Berg et le DOMAINE DES CLAPAS de Jérôme Jouret. La découverte de ce domaine est une belle histoire de réseaux. Quand les réseaux d'amoureux du vin croisent ceux de vignerons solidaires. Un de mes "habitués", passant ses vacances 2007 en Ardèche, va chez Gilles Azonni, valeur sûre du coin. Gilles lui conseille d'aller voir un petit jeune qui débute. C'est Jérôme! Jérôme lui laisse deux échantillons pour me les faire découvrir. Il s'agit de Pas à Pas et d' En Avant Doute, en 2006, son premier millésime. Il me les ramène et me dit "Tiens goûte, ça pourrait te plaire". Il avait goûté juste, car quand je les ai dégusté, il y a juste un an, probablement avec certains d'entre vous, je les ai trouvé vraiment bien agréables, merci encore pour cette belle découverte. Et qui plus est, c'est sans SO2 ajouté! Mais attention, c'est très net, très frais, gouleyant, croquant, avec un très beau fruit épicé. J'ai surtout un petit faible pour "en avant doute", du grenache, à la manière de Gramenon ou de Souhaut (si celui-ci faisait du grenache). Belles références!

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A mon arrivée, Jérôme est à l'embouteillage de son Abri 2007, un cabernet sauvignon qu'il me fait immédiatement goûter. Autant le 2006 m'avait paru un peu convenu, belle matière, mais avec des tannins un peu durs et une note végétale typique qu'on apprécie ou pas (moi c'est non;-), autant celui-ci correspond tout à fait à ce que je recherche comme début de gamme. Sans SO2, du fruit explosif exacerbé par une vinification en grains entiers; une bouche suave, ronde et gourmande. Une petite bombe à faire exploser l'année prochaine, on en reparlera! J'étais déjà passé en juin dégusté les 2007, consciencieusement, je les regoûte donc;-). Même photographe, mêmes impressions! "En avant doute" et "Pas à Pas" 2007 sont superbes, nettement supérieurs aux 2006 déjà très bons. Je subtilise les toutes dernières caisses de la première et autant de la deuxième. J'y ajoute "Fesquier", également 100% grenache, vinifié avec un chouïa de SO2, mais qui me paraît très intéressant par sa structure.

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Il n'y a hélas plus de ce très bon blanc de sauvignon "La Chasse aux Papillons", dommage. Il fait aussi des viognier, la série des St Giraud, dont un passerillé. Dégustée en juin, elle déploiait des arômes très séduisants, mais souffrait, à mon goût, d'un petit manque de structure acide. Mais la matière et la pureté étaient bien là, à suivre en 2008! Je goûte par contre une nouvelle cuvée d'ugni blanc, très aromatique, de la pomme reinette, quelques notes d'abricot, et une bouche friande, juteuse comme un blanc sans sulfites doit l'être; je l'attends impatiemment en bouteilles. Le chardonnay dégusté également au fût possède une belle matière et un fruit remarquable, il doit cependant encore gentiment terminer sa fermentation.

Je vais vous proposer ces vins à la dégustation (et à la vente;-), très bientôt. Jetez de temps en temps un coup d'oeil au site TGW ou demandez à vous inscrire à la liste de distribution (un petit mail à laurent@truegreatwines.com suffit). Le temps de saluer Stéphanie et se deux petits bouts, et je m'en vais, l'esprit serein de celui qui a fait une bonne pioche (j'ai oublié de souligner le super rapport Q/P des vins de Jérôme Jouret) vers St Marcel d'Ardèche et ses vigneronnes;-))) A bientôt!

16:00 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : clapas, sulfites, ardeche |  Facebook |

14/07/2008

DEUX ANS Déjà, on reviendra;-)

et vivement l'année prochaine, je vous y attends!

Dur dur de résumer en quelques mots ce fabuleux week-end anniversaire, vous deviez être en vacances, et non, vous êtes nombreux à avoir fait le déplacement pour déguster quelques (oh une petite trentaine seulement;-) cuvées de bon vin naturel!. Alors, je pourrais vous proposer quelques photos de la journée, mais je n'ai point eu de temps pour en prendre. Alors, je vous propose simplement quelques caviars du OFF, tradition bien installée depuis le début de nos marchés divers (et d'été;-).

Nous fêtions aussi la dixième venue de Jean-François Ganevat, il était en forme, nous aussi!. Au fur et à mesure de ces "marchés", des relations se tissent, et ça se voit!2008ete1

Après deux jours intenses de labeur, j'avais organisé, pour fêter notre fanfan national (je suis un peu jurassien;-), un méchoui. Claude Manesse était au poste, bien encadré par quelques gastrosensuels de renom;-)

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Il y avait aussi une nouvelle venue, Julie, du domaine Terre de Chardons. Une belle confirmation pour des vins d'un rapport qualité prix extra. J'avais eu un coup de coeur à Millésime bio de Perpignan, vous l'avez confirmé. Secondaire, quoique, son intégration parmi nos poids lourds préférés fut exemplaire, elle reviendra!

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Et puis, comme nous sommes joueur, il y avait maintes bouteilles à déguster à l'aveugle. Je crois que mes papilles étaient encore plus en forme que moi; les deux riesling de JP. Frick et de Remy Gresser, n'ont eu auccun secret pour moi; le deuxième, étant, en, bouche un peu trop typique de 2000, ..mou! Mais quel nez, à revoir dans un bon millésime! Impossible de vous les relater toutes, mais juste encore une anecdote. Un verre arrive, je le goûte, et j'y vois directement dans un Planquette 2003. Non? alors sans hésiter, je dis Gourt de Mautens! Bingo! Le nez mûr, la puissance mêlée de grande fraîcheur, les tannins impolis; c'était bien ce dernier, j'adore!. A ce stade, je crois qu'on reconnaît les vins comme des visages, et comme il fait sombre, pas étonnant qu'on se trompe ;). A retenir aussi un magnum d'Anjou 2000 de chez René Mosse, la classe et dans le même style, le jéroboam de pinot noir Julien Ganevat 2000 de Fanfan; de grâce, laisser un peu vos pinot noir se reposer (dans une bonne cave, bien sûr). Allez je m'arrête là et je lance le diaporama!2008ete6

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Encore merci à tous pour votre participation et votre soutien !!!

20:26 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |