26/09/2009

La CHASSE au BIOCON (VIN NATUREL IV)

Ne pouvant suivre l'incontinence littéraire et toutes les talibettaneries qui nous inondent, je ne pourrai répondre point par point à toutes les imprécisions qui y fourmillent, j'ai une famille à nourrir ;-).

Allez, une dernière pour la route, celui qui dit que le vin bio n'existe pas, nous donne quand même dans le supplément week-end du vif de la semaine passée sa liste de "dix vins bio", ben oui, Michel, raisins issus de l'agriculture biologique c'est trop long pour tout le monde ;-).

Autre exemple, plus grave peut-être, reprendre dans cette liste de vins bio un domaine en conversion (Pontet Canet), sans mentionner cette précision, et surtout, le Château Smith Haut Lafite qui n'a lui, aucun embryon de certification. Aux Etats-Unis, il y a des procès en cours envers ceux qui ont fait passer des vins pour bio, alors qu'il n'y avait pas de certification (ok, il y a des procès pour tout là bas ;-). Cela doit en tout cas faire plaisir à ceux qui prennent la peine de se faire contrôler. Laissons d'ailleurs la parole à une de ces vigneronnes "nature". 

C'est la période des champignons et "ah que j'adore" la chasse aux champignons. Un rappel, cependant, ne cueillez pas tout, "la grenouille ne boit pas toute l'eau de sa mare", proverbe africain, bref laissez m'en ;-). Pour vous, cependant, je suis plutôt parti à la chasse au Biocon. Oui, quand Michel Bettane parle de ces affreux jajas qui inondent le marché du vin (petit calcul, le vin bio fait peut-être 2% de la production, le vin naturel encore beaucoup moins, soit une goutte pour inonder un marché, quelle puissance le vin naturel quand même;-); de qui parle-t-il à votre avis? Et aurait-il le courage de les nommer, de leur dire en face, à ces vignerons qui passent le plus clair de leur temps à travailler dur dans leurs vignes, qu'ils sont des ennemis de la civilisation du vin? Alors à votre avis, qui sont ces biocons? Je veux des noms! ;-)))

Une piste, les guides! on va comparer les guides, partant du fait que si un domaine nature est présent dans un guide c'est qu'il envoit des échantillons (ben oui, les guides ne reprennent généralement que ceux qui leur envoient des bouteilles, pas la peine d'y chercher Schueller ou Casot des Mailloles). Et que s'il n'est pas dans le Bettane, c'est plus que probablement un biocon. Allez la chasse est ouverte!

18/09/2009

VIN NATURE NATUREL (III)

Au delà de toute polémique (je suis un doux rêveur;-), on continue la petite analyse des propos de Michel Bettane.

Avec les propos qui suivent, on touche le noeud du problème. Bettane qui se vante par ailleurs d'être un des premiers défenseurs du bio (voir les commentaires), en nie finalement toute qualité et joue au manichéisme simpliste. Détaillons.

 

Les vins bio sont tout de même différents ?

MB: Ceux qui tiennent à cette dénomination s'acharnent à accuser les autres types de vins de trahir leur terroir et même d'être dangereux pour la santé. Mais ils n'apportent aucun argument solide pour le prouver, sinon ceux issus de leurs fantasmes ou de leur mauvaise foi. La dégustation comparative démontre, en revanche, que des vins reconnus par tous comme exprimant remarquablement leur origine sont régulièrement produits à partir de raisins non bio. Par ailleurs, toutes les analyses chimiques réalisées par les experts ne montrent pas de différence fondamentale dans les résidus de pesticides ou de métaux lourds. Des taux encore trop importants, il est vrai, même s'ils sont largement inférieurs aux seuils jugés dangereux par les organismes de santé publique.

 

Et pourtant, faut-il rappeler que les études du PAN qui ont bien montré la différence entre les résidus de pesticides trouvés dans les vins bio par rapport aux conventionnels. Et même entre le raisin bio et non bio, ce qui a d'ailleurs valu un procès aux auteurs de cette étude, dingue!. Alors bien sûr, certains diront que ces taux sont faibles. Mais par rapport à quoi, sans doute versus les normes sur le raisin, qui sont elles, bien trop élevées; car si on compare à l'eau, des facteurs de 5000 ont été enregistrés. Et puis, que veut dire faible; ppt, ppb, ppm? Non, le problème de ces pesticides et ce n'est pas moi qui le dit, c'est qu'ils sont cumulables dans leurs effets et qu'ils s'accumulent dans nos tissus. L'augmentation des cancers peut, hélas, difficilement être expliquée par d'autres composantes que celle de l'utilisation des pesticides et de la pollution. Alors, si on peut les éviter dans un produit de luxe comme le vin, et cela est démontré chaque année par des vignerons passionnés de chaque région, pourquoi se braquer. peut-être simplement pour ne pas bouleverser l'ordre bien établi qui fait bien vivre. A nouveau. Bettane se réfugie donc et se fige derrière des législations qu'ils croit immuables mais qui vont changer. Et même si les vignerons qui ne sont pas en bio ne sont pas des criminels, ceux qui savent et qui continuent à promouvoir leurs poisons, sont nettement moins blancs... Concernant le terroir et la qualité des vins non bio, il y a du fantasme là derrière, il est hélas possible de faire des vins qui ont une (pas LA ;-) expression du terroir même si on est pas en bio. Et oui, entre le tout chimique et le tout bio, il y a toute une marge. Et même entre bio et bio, les approches diffèrent tellement. caricature quand tu nous tiens!

 

Avant de continuer l'analyse de l'intervention de Michel Bettane dans l'express (et dans le vif), ou le dossier un peu plus consistant d' In Vino Veritas, je tenais à vous faire part de la sortie du dossier vin nature du supplément du Vif L'express de ce week-end ;-); des fois que vous vouliez voir ma trombine ;-).

 

 

23:39 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : vin bio, vin naturel, bettane |  Facebook |

05/09/2009

VIN NATURE (II) Place au saigneur!

A tout saigneur/seigneur tout honneur, place à Michel Bettane et son nouveau papier dans l'Express. Si on avait pu mal comprendre son intervention sur les biocons, peut-être celle-ci aura-t-elle le mérite de clarifier la donne et de réconcilier michoubidou (ce n'est pas de moi, je ne me serais pas permis;-) avec les amateurs de vins naturels dont certains sont aussi de ses anciens lecteurs. J'en suis, et je ne nie pas avoir dévoré les interventions de MB dans la RVF, il y a de plus en plus d'années... J'y ai beaucoup appris, parfois à mes dépends quand je vois les vins encavés que je ne boirai pas, mais j'ose pouvoir tenter de discuter ici d'idées, pas de personnes. 

Bon ça commence mal, car sous le titre "Le Vin bio n'existe pas", on lit : Le dégustateur et coauteur, avec Thierry Desseauve, du Grand Guide des vins de France 2010 * n'est pas convaincu par la mode nature. Il explique pourquoi.

Mais le but n'est pas de convaincre MB, le vin naturel s'est développé sans lui, se développe encore, et n'a aucunement besoin de sa bénédiction. C'est sans doute là le noeud du problème (enfin, surtout celui de MB;-), nous y reviendrons.

Poursuivons la lecture de cet article:

Pourquoi cet engouement pour les vins bio vous agace-t-il ?

Mais tout simplement parce que le vin bio n'existe pas ! Le mot «bio» ne peut en effet, dans l'état actuel de notre législation, s'appliquer qu'au raisin, ce qui oblige à trouver une autre dénomination pour désigner un vin issu de raisins cultivés selon les chartes de l'agriculture biologique ou biodynamique.

 

C'est vrai, et alors? Des chartes sont en cours de rédaction et devraient voir le jour d'ici peu, ça va pas changer grand chose. C'est ce qu'on appelle un abus de langage, pas de quoi fouetter un chat, ni de s'agacer. Essai manqué.

D'où les vins « nature » ?

Certains vignerons et leurs marchands, appuyés par une petite bande de prescripteurs sincères, mais illuminés, proposent donc des vins «nature» ou «authentiques». Mais, jusqu'à preuve du contraire, tout vin répondant aux normes légales de la législation européenne est forcément authentique ou nature, puisque issu de la fermentation naturelle d'un fruit qui l'est tout autant. Nous ne connaissons pas encore de culture de la vigne hors sol, d'ersatz de raisin ou de levure artificielle.

 

Avec ce genre de position, on ne risque pas de faire évoluer la moindre législation, imaginez MB au temps plus reculés de notre histoire... Plus sérieusement, la culture hors sol. Il faut avoir vu des vignes cultivées en chimie et toucher leurs racines flirtant avec la surface du sol. C'est pas du hors sol, mais c'est de la perfusion quand même. Sans leur dose de chimie, pas de sursis, la moindre carence en eau, et on les entendrait presque pleurer. 

Erzatz de raisin: entre un raisin gorgé d'eau, ou pas mûr, ou pourri, ou imbibé de pesticides et un raisin sain, mûr, bio, aucune différence? Moi j'y vois quand même un qui nous fait passer des vessies pour des lanternes, mais soit!

Levure artificielle. Même si les enzymes OGM sont déjà utilisés à grande échelle, les levures OGM sont prêtes, mais elles ne sont pas encore utilisées. Donc c'est vrai, pas encore de levure artificielle, mais pour MB, la levure 74 B ou la 56, sélectionnées pour typer un vin, comme celui du Beaujolais primeur par exemple, c'est quoi? Et bien pour nous, ce n'est pas très naturel. Même en brasserie, on sait différencier les levures industrielles des fermentations spontanées.  Tout faux, sauf si l'on joue sur l'ambiguïté et la méconnaissance des gens.

Petite conclusion, au pied de la lettre, rien de foncièrement faux dans ce qu'il dit, mais un bel exercice de désinformation. Avec de tels arguments, tous les vins sont bons et les pratiques respectueuses...

la suite bientôt ...

 

VIN "NATURE", VIN "NATUREL" (I)

VINATURE, mon blog, même si j'aime le prononcer "vie nature", c'est sans conteste une affirmation de mon goût pour ce type de vin. Oh pas par choix philosophique ou effet de mode bobo comme certains aiment à le croire, non, simplement par goût, par goût du plaisir.

Je ne vais pas refaire ici mon parcours gustatif (quoique;-), qui est tout d'abord passé par une étude systématique des petits vins à portée de ma bourse, puis, bien sûr, celle-ci se remplissant un peu, vu se faire vider par une attirance envers les grands crus classés du bordelais. Mais il y eut un jour, un premier déclic pour une autre évolution gustative, quand, affrontant la canicule de 2003, je dégustai, à Banyuls, les vins du Casot des Mailloles.  Des vins aux arômes et aux textures encore inconnus, évidents de sincérité, bouillonnants de terroir et de personnalité. C'est là que j'apprit qu'il était possible de faire des vins sans soufre et que je me mit dans la tête d'explorer pas à pas, verre après verre, cette terre encore inconnue, celle des vins dits "naturels".

J'y rencontrai de tout, des arômes d'écurie, voire de dégueuli, de l'excellent vinaigre, comme des finales au goût de souris crevée, mais j'y vécu aussi mais plus belles émotions, à répétition! J'y appris à mieux comprendre l'apport du raisin dans le vin, et aussi celui du sol, je chamboulai mes repères, bouleversai mes critères, revenant à une approche plus animale du vin. Je me souviens encore de cette première salade de fruits et de cailloux offerte par Bruno Schueller. Je me réconciliai aussi, par exemple, avec le champagne grâce à Jacques Beaufort; fut foudroyé par la personnalité et la qualité des vins naturels et des hommes du Jura, comme Stéphane Tissot, Fanfan Ganevat, et Pierre Overnoy; me noyai enfin, avec délectation, dans la mare grandissante du Beaujolais des Descombes, Lapierre ou Ducroux.

Je dût aussi me rendre à l'évidence, moi qui écumait salons sur salons, bios ou non, que la qualité des salons de vins naturels, comme celui de la Dive bouteille, était du plus haut niveau et correspondait en tout cas beaucoup plus à mes goûts évolutifs. Tant et si bien, qu'en avril 2006, j'avais complètement viré ma cuti et, après une belle dégustation des vins de René Mosse et de Mark Angeli aux caves Augé à Paris, j'écrivais sur ce blog, "Une conclusion pour cette dégustation, c’est mon goût pour les vins avec un minimum de soufre, voire sans soufre. Si cette absence chahute parfois un peu les arômes, on les retrouve admirablement en rétro-nasale et puis la finesse et le naturel en bouche sont si évidents ! Difficile de faire marche arrière quand on a goûté des vins de cette trempe, mais cela, vous le savez déjà non ?   

Et oui, entre déclics et claques, j'ai depuis décidé, avec un pincement au coeur je le reconnais, de revendre ma cave de "grands Bordeaux", et quand j'y descend, c'est de plus en plus souvent une quille de ces "bio-nature" que je remonte (pour la descendre aussitôt;-). Ma santé y gagne sans doute, mon portefeuille certainement ;-)!

Mais pourquoi remettre encore une louche de vin bio sur ce blog par un énième papier sur les vins naturels et sans soufre? Et bien, pour répondre posément, et en détail, aux articles parus récemment dans la presse, comme ce dossier du bon magazine belge In Vino Veritas, ou encore l'intervention récente de Bettane dans le journal l'Express, pour y relever les erreurs d'appréciation d'un monde qu'ils ne connaissent pas, et aider ceux qui le veulent à mieux comprendre cet univers.

Une première constatation déjà, si les vins naturels ne connaissent pas trop la crise, la prose qui les entoure en profite également et permet aux critiques pros, généralement contre, de faire parler d'eux. Ils auraient tort de se gêner, nous aussi;-). A bientôt

28/08/2009

CRITIQUE de CRITIQUE

La critique est aisée, l'art est difficile, mais depuis quelques temps, et l'arrivée du net et de ses nombreux blogueurs plus ou moins qualitatifs, la position de critique est devenue moins confortable. Des amateurs qui devraient se contenter de boire là ou on leur dit de boire se permettent d'étaler leurs préférences et parfois de dévier du droit chemin en appréciant, par exemple, des vins plus naturels Clin d'oeil.

Pour preuve, les joutes entre ce qui était lors de mes premiers pas dans le vin le meilleur journaliste viticole français, Michel Bettane et ce qui est encore le meilleur blogueur amateur, Olif.

Et voilà que tout récemment, l'ami Olif,remet le couvert et s'en prend cette fois à un autre bastion du journalisme viticole français, la RVF, la Revue Des Vins De France (RVF).

Il n'est pas le seul. A lire aussi, si vous avez le temps, les critiques et débats sur les guides qui sortent actuellement, le vert (celui de la RVF) ou le gris (Bettane). Sans rire cependant, le Gault et Millau et les autres doivent quand même un peu regretter de ne pas être concernés, car chaque pain reçu augmente un peu la visibilité du guide ;-). Et comme ils sortent actuellement, "critique de critique" est un sport de saison, sans risque.

Il est vrai qu'il n'est pas aisé pour une revue comme la RVF de concilier les exigences de l'amateur pointu et celles du lecteur plus désinvolte. Et quand la sauce est liée par la pub et par les annonceurs, beaucoup préfèrent, à tort, se limiter aux forums et blogs gratuits. Il est vrai aussi, nous l'avons vu plus haut, que le "pros" n'ont pas toujours vu d'un bon oeil l'émergence d'une vérité alternative, pourtant semée à l'époque par la RVF et son gaulois forum MagnumVinum (nous sommes tous des enfant de Magnumvinum;-).

Et pourtant, cela n'est-il pas complémentaire pour le vrai passionné, surtout si ces avis sont couplés à une dégustation chez son caviste préféré ;-))). Qui plus est, la RVF s'est bien remise en question et intègre maintenant plusieurs courants (dont le nature bio) pour offrir à ses lecteurs une vue globale et réelle du vin français, là ou d'autres donnent l'impression de n'intégrer que leur intégrisme et cassent du biocon pour éviter de se faire oublier.

A lire aussi le débat sur la soi-disant dictature du bon goût, en évitant si vous y arrivez, les frappes peu chirurgicales et ses dégâts collatéraux sur le bio. On y critique les critiques qui encensent, notamment, les vins du Sud qui seraient issus de raisins verts et renonceraient à leur typicité (la soi-disant verdeur des vins de Gauby dont je n'ai pourtant trouvé que peu de traces sur le net, à défaut d'avoir eu l'occasion de le vérifier dans le verre;-). J'ai eu beau chercher aussi un peu de verdure dans le classement de la RVF des 100 meilleures cuvées du Languedoc, des représentants de cette "école", je ne les ai pas trouvé. J'ai posé la question, j'attends toujours la réponse. Les critiques de critiques aimeraient-ils se faire des films? J'y ai par contre trouvé des vins du Sud qui ont de la fraîcheur et ça c'est plutôt bien non?

Pour info, ce classement, même s'il a, comme tout classement, ses limites, n'est pas mal torché. On y trouve toutes le tendances, même celle qui fait de la pub un peu plus loin dans le même journal, mais le lecteur attentif aura vite fait de trier. Pour ma part, même si je ne cautionne ni ne connaît toutes les cuvées citées, j'y retrouve quand même 10% de vins que j'aime et distribue, c'est plutôt bien non? En voici la liste, et pour coller à cette actualité, ils seront en dégustation à la boutique ce week-end des 28-29 août (voir la liste pus bas).

Voilà, j'ai à mon tour inventé une nouvelle catégorie de ce sport bien confortable, celle de critique de critique de critique ;-))).

Comme je viens d'acheter les deux guides en question (RVF et Bettane), je vais jouer dans toutes les catégories et je n'hésiterai pas non plus à vous dire ce que j'en pense, stay tuned ;-))

 

Les vins sélectionnés par la RVf et en dégustation ce week end à la boutique de l'odyssée  

 

74. Ultreïa 2005, syrah, grenache, mourvèdre, Mas de Martin 
Une dominante de syrah, complétée de grenache et de mourvèdre qui ne renie pas son élevage; mais la matière est dense, suave, harmonieuse. Fruits noirs, moka, épices, tannins qui se fondent, sans lourdeur, cela se laisse déjà bien boire, mais elle sera au top d’ici 5 à 6 ans.

66. Acutum, Mas de Cynanque
C’est la cuvée acutum qui est sélectionnée dans le palmarès, il m’en reste quelques bouteilles de 2004 et de 2005, superbes. Mais nous allons aller à la découverte d’une autre cuvée, peut-être encore plus proche de son sol que l’acutum, c’est la cuvée Plein Grès 2006 à base de syrah (30%), grenache (10), carignan (30) et mourvèdre (30) . Tout en retenue, assez ferme, minérale, sans élevage en bois, elle commence à se livrer, pour vous et offre un rapport Q/P exceptionnel.

44. Terre Inconnue
C’est la cuvée Sylvie qui est sélectionnée, mais toutes devraient s’y trouver. Hélas, elles ne sont pas encore arrivées à Pécrot, mais vous pouvez les réserver (surtout lcette superbe syrah qu’est Sylvie)

30. L’As 2005, syrah – grenache, Mas conscience 
Encore une dominante de Syrah tout en fraîcheur. L’élevage se fond bien, et les arômes sauvages de fruits rouges, de viande et d’épices nous charment. Les tannins assurent encore une bonne garde mais n’empêche pas de se régaler, que du contraire.

24. Les Schistes 2007, grenache–syrah,  Borie la vitarèle 
Borie la Vitarele est un des seuls domaines avec Barral à classer deux cuvées dans ce top 100, bravo! Celle-ci est un classique qui donne toujours un vin élégant mais profond et bien fruité. 2007 est très réussi, même si je conseillerais de boire maintenant 2004, voire 2006 (il m’en reste un peu) et d’encaver celui-ci quelques années.

23. Le Vin Maghani 2005, mourvèdre-syrah, Canet Valette 
Un des grands classiques du Languedoc dont je vous avait proposé le 2001 à mes débuts. J’ai reflashé sur ce 2005, au nez enjôleur, d’épices, de lard fumé et de fruits macérés, déjà d’une grande complexité et de grande longueur. Son corps composé de mourvèdre et de syrah est ferme et taillé pour la garde, mais on pourra déjà le placer à table cet hiver.

17. Jadis 2006, syrah- carignan, Léon Barral 
Barral, il fait couler autant d’encre que ses vins coulent facilement dans nos gosiers. Je vais découvrir avec vous ce nouveau millésime 2006. Pour ceux qui aiment, j’ai encore des magnum de 2005 ;-)

6. Les Crès 2004, Borie la Vitarèle
Une cuvée que je suis régulièrement depuis 2001 et qui ne m’a jamais déçu. Le 2001 est encensé dans la RVF, il m’en reste quelques bouteilles. Nous allons déguster le 2004 qui allie élégance et fond. C’est d’ailleurs un coureur de fond que vous pouvez entraîner pendant de longues années. Note fruitée (un peu framboise), lardée, épicée et truffée, déjà d’une belle complexité. Carafer le pour dompter un peu ses tannins, encore un vin qui fera merveille à table sur un magret de canard ou un beau chevreuil.

5. Valinière 2005, mourvèdre, Leon Barral 
J’ouvre ou j’ouvre pas, allez j’ouvre!

Voici ce qu’en dit la RVF “ A dominante de mourvèdre, la cuvée Valinière définit la justesse et l’originalité de l’approche de Didier Barral. La profondeur et la nervosité de sève du 2005 révèlent un potentiel impressionnant. L’acidité volatile peut déranger, mais elle sert une palette aromatique (poivre, cacao, rose, thgym) et se trouve transfigurée à table. 17/20”

2. Syrah Leone 2002, Peyre Rose 
Je ne le distribue hélas que ponctuellement, quand l'occasion se présente. Là il ne m’en reste plus que deux bouteilles, que je réserve à ceux qui auront apprécié les autres cuvées ;-)))

 

 

 

 

 

28/11/2008

LES GOUROUS NE SE GOURENT PAS TOUJOURS!

J'aime encore bien chambrer les dégustateurs pro ou amateurs qui croient détenir la "vérité" du vin et de la dégustation; surtout quand elle est plutôt éloignée de la mienne;-).

Mais soyons honnêtes, il arrive plus souvent qu'à mon tour d'être d'accord avec certains "gourous", alors il faut le signaler;-).

Un exemple tout récent, dégustation Pinot Noir , malgré la haute tenue des cuvées extérieures à la Bourgogne, de Ganevat, Schueller ou de Thierry Michon du Domaine St Nicolas, je place au sommet de mon top, le Nuits St Georges 1er cru les Vallerots 2006 de Chantal Lescure. Un nez très mûr, distingué, une densité mêlée de finesse, une belle qualité de tannins, une acidité comme j'adore, qui prolonge la finale infiniment. Jeune certes (c'est un 2006), mais d'un superbe équilibre. Pour moi, un grand vin, en devenir.

En préparant la dégustation sur la "Clé des Sols" (très belle conférence au demeurant), je compulse mes guides et tombe sur le commentaire de Michel Bettane à son sujet. Oh surprise, nous sommes d'accord: « Un des meilleurs nuits de notre dégustation à l’aveugle, splendide arôme de raisin mûr, corps généreux, tannin beaucoup plus harmonieux que la moyenne, grande longueur, vin de classe et de complexité, d’un niveau d’un grand cru . Et bien, qui l'eut cru? On avait déjà flashé l'année passée sur la même découverte dans le Jurançon et les très beaux vins de Gil Schefchen; et puis Fanfan Ganevat comme découverte de l'année 2009 (là je souris un peu quand même;-), avec cette dernière similitude d'appréciation, je dirais presque, que, à un ou deux biocons près, on peut difficilement être plus sur la même longueur d'onde, comme quoi!

Et pourtant, ce n'est pas si simple. Vous avez été plusieurs, hier soir, à préférer le Nuit St Georges Villages du même domaine. Très bon, plus immédiat peut-être, mais d'un potentiel inférieur. Comme quoi, les analyses peuvent se rejoindre et quand même être éloignées du rapport qualité-plaisir immédiat du consommateur... Bon c'est pas tout ça, si vous avez apprécié, il m'en reste un peu à la boutique ;-).

09:33 Écrit par Laurent dans Ateliers Dégustation | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : bettane, sol, terroir, lescure |  Facebook |

07/11/2008

QUAND LES GOUROUS S'GOURENT?

Chaque année avant l'été, votre hebdomadaire préféré vous propose divers régimes assurément amaigrissant; chaque année à la rentrée, vos magazines font tous un dossier vin, spécial FAV, pour foires aux vins, où comment croire faire des affaires en achetant Giscours 05 à 48,99€, Pontet Canet 05 à 64,99€, ou Barton 05 à 67,99€;-). Chaque année, un peu plus tard, les marronniers perdent leurs feuilles, les trompettes chantent nos morts et le père Noël fait concurrence au grand Saint Nicolas.

Loin de moi de critiquer ces cycles, même si je préfère les derniers mentionnés, car j'adore aussi les sa(la)isons;-). Et je dois même avouer que j'y sacrifie volontiers; avec mes balades champignons, ou mes vins de BBQ, ou encore mon Beaujolais (re)nouveau. Et sans pudeur, je reconnais, que s'il y a un marronnier en papier que j'affectionne tout particulièrement, c'est celui de la sortie des Guides du Vin.

. En effet, chaque année, les pros de la papille, les spécialistes du bulbe olfactif, les gourous du goût et les garants du bon vin nous livrent leurs classements, sur 3 (étoiles), sur 4 (raisins), sur 5 (B&D); leurs révélations de l'année, leurs déceptions.

guides_vins

Alors, comme chaque année, je me dis que je n'en achète plus qu'un seul! Ce que je fais; je n'en achète plus qu'un seul, ... à la fois;-). Mais mon choix s'affine, parfois forcément, avec les disparitions du guide Fleurus des sommeliers ou celle du guide Solar des vins bios, mais aussi par expérience! Je n'achète évidemment pas le PDG, un guide aux classements bien peu compréhensibles, c'est le moins que l'on puisse dire; ni le Hachette, dont trop de "coup de coeur" ont été des coups foireux. Le meilleur y côtoie le pire, sans beaucoup de discernement, sans doute la résultante de dégustation de comités et non d'individus. J'évite le Parker, les Bordeaux trop chers ne m'intéressent pas; mais il faut lui reconnaître que si vous achetez le vin pour spéculer, suivre les 90+ est un bon tuyau, éloigné cependant de ma vision du vin, je passe donc mon chemin.

Je me suis concentré cette année, sur le guide vert de la RVF, que j'avais beaucoup apprécié l'année passée; sur la deuxième édition du Bettane-Desseauve, malgré le pitoyable éditorial sur les bio-cons;-). Et j'y ai ajouté, pour la première fois depuis 4 ou 5 ans, le guide Gault & Millau, paru sous la houlette de Pierre Guigui, qui organise depuis quelque temps, le concours de vin Amphore, dédié aux vins bios.

Et cette sensibilité semble bien transpirer dans la sélection. Elle va même au-delà, puisque l'on y retrouve les pestiférés du Bettane comme les fabuleux Descombes, Milan, Overnoy, Mazel, Beaufort, ou même les Clapas que j'ai découvert tout récdemment, et encore bien d'autres de nos vignerons préférés. Amusant toutefois, tout comme dans le B&D, Fanfan Ganevat y est une des révélations de l'année. Je travaille avec lui depuis mes débuts, en 2004, comme quoi, pour de bonnes vraies découvertes, faites d'abord confiance à votre caviste préféré;-).

guides

Mais soyons honnêtes, il y a aussi quelques belles découvertes et l'un de ces 3 guides peut vraiment aider l'amateur à faire un premier tri. Après, il faut savoir que tous les bons vignerons n'envoient pas d'échantillons et ne sont donc pas repris dans les guides (Schueller, Casot des Mailloles, ...). Achetez-en donc un de temps en temps, parmi ces 3 là, et puis changer l'année suivante... et puis, développez votre goût personnel lors de nos dégustations hebdomadaires ;-).

schueller_omnivore

Enfin, je ne pourrais passer sous silence le guide Omnivore 100% raisin de la pétulante, passionnée et compétente Sylvie Augereau. Elle nous dresse une série de portraits de vignerons, plutôt que de nous balancer des cotations sur 20 ou 100. Une belle plume pour un choix très proche de nos préférences, une priorité!guide_omnivore

Encore une remarque et puis je vous laisse, le G&M mentionne maintenant si la viticulture est en bio, biodynamie ou autre; c'est très bien, encore que l'info est celle donnée par le producteur, ce qui nous donne quelques gros domaines en bio alors qu'ils n'ont que quelques hectares pour leur marketing sans doute;-). Mais sur cette base, faites un peu l'exercice, sachant que seulement 2 % des vignes sont en bio, de calculer le pourcentage de vignerons sélectionnés qui pratiquent cette viticulture respectueuse du terroir, de l'environnement et de l'amateur de vin, édifiant;-).