18/03/2008

L'AMI des BRET, la conclusion!

Alors, ces Bret ? Vous en pensez quoi? Moi, je dois dire que les cuvées présentées portaient plutôt bien leur tare. Elles étaient marquées "Bret" mais plutôt avec un côté épicé relevé et quelques notes d'encre en finale qui structurent un peu le vin et semblent même lui apporter complexité et fraîcheur. A ces niveaux, c'est donc franchement une question de goût! Ce peut même être une opportunité pour la cuisine. Ces notes permettent de surmonter des plats roboratifs comme la daube. Accord parfait, dommage de s'en priver... Mais tout est une question de dosage, trop présentes, ce "goût de gouache" peut rendre le vin imbuvable, nous l'avons vu dans les ajouts.

Et l'écurie, la fiente de poule, le nombril de fantassin? Seul un vin présentait des notes discrètes de fromage, un peu dérangeantes pour certains, mais pas pour la majorité, et imperceptibles en bouche. Ici aussi, tout est dans le niveau détecté. Personnellement, et contraiement aux bret,je ne trouve pas leur présence bénéfique à la complexité, mais pourquoi pas. les bières brassées avec du houblon suranné portent d'ailleurs très bien ce genre de notes. Tout est donc bien une question de dose, de matrice, de moment et de sensibilité! Par exemple, je ne supporte pas le rappel de la cacahuète en fin de bouche, que l'on trouve parfois dans les vins brettés, d'autres passent à côté ou plutôt à travers, et alors?

Je vais enfin terminer sur une petite conclusion très personnelle: Vive les Bret (et la réduction ;-)!

N'allez pas croire que je ne bois que des vins brettés, loin de là. Ni trop ni trop peu, ni tout le temps, mais de grâce, halte à la chasse à tout prix (et à quel prix ;-). Leur présence ou absence devrait être un choix de vigneron et de consommateur, pas d'oenologue ou de critique. Rappelons nous la perte de bi(er)odiversité (Orval, gueuze, leffe, ..) si le consommateur et le brasseur avaient suivi à la lettre les consignes "scientifiques"...

Que doit donc faire le vigneron? S'il se trouve face à ces arômes, il décide en fonction de son goût, de ses contraintes et de sa "philosophie" s'il peut les tolérer ou non, et à quel niveau. Quand on voit les moyens mis en oeuvre pour les éradiquer, on se demande souvent, quel traitement modifie le plus le vin finalement!

Et nous, les consommateurs? Nous devons simplement suivre notre propre goût, plutôt que de nous laisser le dicter et le formater (ce qui n'empêche pas de le développer...). Nous aimons, nous achetons; nous n'aimons pas, nous passons notre chemin, ou nous essayons de comprendre (comme moi avec l'Orval il y a 30 ans;-), et pourquoi pas d'apprivoiser ces notes. Et oui, ces défauts de Bret faisaient très terroir il y a quelques décennies et maintenant, maintenant, la moindre trace est fait office de défaut rédhibitoire... Il n'y a donc pas de vérité définitive.

Mais alors, que fait l’œnologue? Lui, si le vigneron l'appelle, il est là pour analyser le vin, lister les alternatives, les conséquences; faire un tableau complet au vigneron et lui donner les moyens d’atteindre ses objectifs. Point!

Et le critique? Je crois qu'il devrait se limiter à décrire au mieux le vin pour permettre au consommateur de s’orienter. Il peut bien sûr donner ses préférences auxquelles le lecteur pourra se raccrocher ou non et en connaissance de cause; mais il n’est certainement pas là pour lui dicter ses goûts ! Non à la dictature du bon goût chère à beaucoup! Je laisserai d'ailleurs la parole à Robert Parker, souvent accusé de ce mal: "I am clearly in the camp that actually likes some brett....if I didn't, then I would have to throw out all those bottles of 1947 Cheval Blanc and Petrus....and 1961 Latour as well." Comme quoi! ;-)

Voilà, nous en avons (momentanément fini avec les Bret, nous allons maintenant aborder un sujet tout aussi polémique, la minéralité ! Restez avec nous, vous ne serez pas déçu! Et si vous voulez organiser un tel atelier chez vous, n'hésitez pas à me contacter, j'adore ça!

22:46 Écrit par Laurent dans Ateliers Dégustation | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : brettamomyces |  Facebook |