17/03/2009

VINS SUISSES, Les Rouges

Et on passe aux rouges ; là aussi les attentes étaient grandes. Des cépages à découvrir comme le cornalin ou l’humagne rouge, et puis une réputation flatteuse des syrah suisses qui avaient écrasé les syrah du monde il y a un an ou deux.

AOC Valais, Gamaret 2006, R. Papilloud, Cave du Vieux Moulin à Vetroz, (16,09 €).

Le Gamaret est un cépage récent (1970), issu du croisement entre le Gamay et le Reichensteiner qui résiste bien à la pourriture grise. La robe est rubis foncée, le nez très expressif, puissamment fruité, avec des arômes de banane et de bonbon anglais (acetate d’isoamyle), quelques notes de caramel, et un peu de terre également. La bouche possède de la mâche, le fruit s’exprime, les tannins sont un peu durs et le vin court, mais c’est assez agréable.

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AOC Valais, Humagne de Chamoson, 2007, J-D Favre, Cave La Tornale (15,00 €)

Robe un peu plus claire, et les arômes sont moins expressifs, un peu de fruit framboise cerise, un peu d’amande et quelques notes végétales. L’attaque est soyeuse, mais la finale est un peu dure, c’est souple en milieu de bouche et loin d’être désagréable. Intéressant, mais dans le style, et pour un prix similaire, un Chiroubles de Descombes possède plus de corps, de gourmandise et de longueur…

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Syrah de Fully en Valais 2007, Henri Valloton (20,55 €)

Issue d’un sol de granit (comme St Joseph), cette syrah est élevée pendant 8 à 12 mois dans des barriques de 400 litres, neuves pour la moitié. La robe est sombre, de puissants effluves se dégagent du verre, des notes épicées, de poivre noir, conjuguées à des arômes animaux de lard fumé. Une sensation salée en bouche, une belle finale sur le chocolat noir et pas mal de fruit et de densité en milieu de bouche. Ce n’est pas grand, mais c’est très bon. Nous tenons là notre révélation suisse, ouf, l’honneur est déjà sauf !

AOC Valais, Cornalin 2006, J-L. Mathieu (23,30 €)

Un cépage indigène, qui avait presque complètement disparu, mais que l’on replante. Assez sensible à la pourriture, il nécessite une viticulture exigeante. IL offre ici une robe très sombre aux reflets violets. Le nez est assez complexe, mais un peu dominé par le bois : on y décèle cependant des notes d’eucalyptus et de violette. La bouche est fraîche, mai assez dure, les tannins sont un peu secs. La longueur est correcte. Un vin à attendre un peu. A nouveau intéressant, mais pas au maximum de son potentiel.

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DOC Ticino, Riflessi d’Epoca, Merlot 2003, Guido Brivio(28,30 €)

Dernier rouge, un merlot du Tessin vinifié en rouge cette fois, mais hélas trop de bois au nez. Il est mêlé à des arômes de cacao et d’ovomaltine. Certains trouveront cela très flatteur, d'autres trop sans doute, car le raisin joue à cache cache avec la barrique. Je consulte sa fiche, il a été élevé pendant 16 à 18 mois en barrique neuve, nous ne rêvons pas. La première gorgée laisse une impression de puissance et une légère sucrosité. C’est assez peu digeste et beaucoup passent à côté, c’est mon cas.

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Mais il est tard, et nous terminons sur un liquoreux.

Grain Noble 2004, Marsanne blanche, MT Chappaz

Et ce dernier vin à déguster, il est en bio ! Et de plus produit par un des meilleurs vignerons de Suisse, qui est une vigneronne, c’est Marie-Thèrèse Chappaz.

Nous dégustons une marsanne blanche grain noble de 2004. Très classique, belle robe, beau botrytis, sur la cire, l’abricot et une petite note d’encaustique et de truffe. La bouche allie puissance et légèreté ; c’est loin d’être écoeurant et l’équilibre est parfait. C’est très très bon, même si ce n’est pas donné donné…

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Je pourrais conclure comme pour les blancs, une session très intéressante, mais qui laisse un goût mitigé en bouche, toutes les papilles n'ont pas été comblées, mais le potentiel est là? Partons dès maintenant à la chasse aux vignerons "nature" du Valais et d'ailleurs...

A suivre, je l'espère sincèrement !

16/03/2009

VINS SUISSES, Les Blancs!

Il y quelques années déjà, un ami me bassinait régulièrement pour que je découvre les vins de son pays d’origine. Une première dégustation, organisée par ses soins, avait laissé entrevoir un potentiel indiscutable, et je m’étais promis d’y revenir au plus vite, c’était, il y a bien 4 ans …

Mais comme j’ai de la mémoire, et de la patience, j’avais inscrit ce thème au programme des ateliers 2008-2009. Je confiai la sélection au spécialiste des vins suisses en Belgique (que je remercie pour la célérité de sa réaction à ma demande), en lui donnant quelques indications pour un échantillonnage représentatif, de préférence en bio, avec un minimum de bois et de sulfites. Hélas, peu de vignerons bio à sa carte, mais des vignerons appliquant paraît-il la lutte intégrée ...

Blancs

Rèze 2005, Josef Marie Chanton, Valais alémanique (16,50 €)

Pour débuter cette dégustation, à l’aveugle, une rareté. Il existe seulement 1,5 ha de ce cépage, Rèze, qui est le plus ancien cité en Valais avec l’humagne. On en faisait auparavant (il a compté jusqu’à 400 ha) le vin des glaciers. La robe est claire, aux reflets jaune-verts. On reconnaît au nez des arômes floraux, de rhubarbe et de citron. Il rappelle un peu le sauvignon à certains, et hélas, dégage également une pointe de sulfite. La bouche est grasse, sèche, saline, mais un peu creuse et courte, avec une rawette d’amertume en finale. Sympa tout de même.

La Contrada 2007, Merlot, Guido Brivio, Tessin (15,30 €)

Le merlot est commun dans le Tessin, et celui-ci est vinifié en blanc. Sa robe est très claire, peu concentrée, des notes beurrées interpellent rapidement, elles sont un peu rances. Heureusement, il y a un peu de fruit (pêche), et un peu plus de chair en bouche que le précédent. L’alcool se fait par contre plus sentir, la bouche est courte, et encor cette impression de présence de sulfites. Bof.

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AOC Valais Chamoson, Fendant Rémazières 2007, Chasselas, Simon Maye (14,20 €)

Ah le fendant, j’avoue lui porter une certaine affection, même si le pire est plus fréquent que le meilleur. Celui-ci vient d’une maison réputée, du Valais, bien sûr. La robe est toujours claire, à peine plus intense que les deux précédents. Au premier nez, encore ces notes d’allumettes que je mets sur le compte du SO2. Derrière, se cachent un peu de fruit, du litchi et une note de miel. Mais ce n’est pas net, ce côté serpillière que l’on retrouve dans beaucoup de fendant est présent. La bouche s’annonce bien mieux. C’est perlant, agréablement fruité, salin et très gouleyant. Bien sûr la finale est courte, mais le but d’un tel vin n’est pas de parader dans les salons. Non, c’est un vin de fondue savoyarde, point. Bon à ce prix là, on pouvait espérer encore un peu mieux et les avis sont finalement partagés. Moi, j’ai bien aimé, même si je crois qu’il est possible de faire bien mieux encore.

AOC Valais, Humagne Blanche 2006, F. Varone (20,10 €)

Autre cépage typiquement valaisan, l'humagne blanche. Robe un peu plus dense, nez minéral, fruité. A l’aération, la complexité apparaît ; fruit, fleur (ylang-ylang), tilleul. La bouche est grasse, avec une petite sucrosité et à nouveau une sensation salée. La finale décline les arômes, mais est un peu courte pour un bonheur complet. Bon, et un potentiel indéniable.

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AOC Valais, Petite Arvine de Sierre, 2004, JL Mathieu (19,30 €)

Robe légèrement dorée, nez porté sur les fruits jaunes (ananas), très mûr. La bouche est grasse, saline, très fruitée, avec des notes d’herbes et d’agrumes en finale, ainsi qu’un peu d’amertume. Pas mal, mais pas de frissons ; à nouveau, le potentiel est là, mais le vin semble un peu sur la retenue en bouche.

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Saint Romain 2007 Chardonnay, Sarnin – Berrux (24,90 €)

Robe très légèrement opalescente, mais dense. Nez explosif de fruit derrière un peu de réduction, de l’ananas, de la mangue. La bouche est dense, grasse, gourmande, minérale aussi, avec du raisin, en veux tu en voilà. La réaction ne se fait pas attendre « on dirait un de tes vins ». Ben oui, il sera bientôt à ma carte. Il provient d’une petite activité de négoce de deux passionnés, qui sélectionnent d’excellents raisins en Bourgogne, et dans la mesure du possible, comme dans le cas de ce Saint Romain, avec une certification bio. Belle découverte.

Savagnin, Cave des Bernunes ( N. Zufferey) (16,00 €)

Pas découragé, je sers un dernier blanc. Rapidement, avant de disparaître en cuisine, je le hume. Nez fermé, mais intéressant, épicé, fruits exotiques. A mon retour, le vin s’est manifestement ouvert, et j’exulte, je tiens enfin mon graal, un vin suisse à mettre immédiatement à ma carte. Dans mon enthousiasme, je décline tous les arômes exotiques de ma connaissance, la minéralité, l’acidité typique du Savagnin, je me régale ! Et puis j’aperçois le regard coquin de certains élèves. Et bien oui, on ne peut plus faire confiance à personne. En mon absence, deux voyous qui assistent à mes cours depuis 4 ans avaient remplacé mon savagnin par un fond de Saint Romain… Enfin, au moins je suis constant dans mes appréciations et descriptions ;-)))).

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Quant au savagnin, il a en effet un peu d’arômes d’épices, de fruits exotiques, un bon équilibre en bouche, une certaine puissance, et longueur, mais il semble en comparaison avec son prédécesseur, sur la retenue. A nouveau, un sentiment d’existence de potentiel, mais non exploité.

Déception donc, pour cette première série de blancs suisses. Déception accentuée par la révélation de la soirée, le Bourgogne Saint Romain 2007 de Sarnin-Berrux. La différence entre ce vin et les autres est criante, et se résume facilement : maturité optimale, max de raisin et min de sulfite. Et pourtant, la variété de cépages et de terroirs offre à la Suisse un potentiel certain, mais hélas mal exploité. Ou bien je n’ai pas eu la bonne sélection, et devrais-je, comme en France, prendre mon bâton de pèlerin, pour dénicher les meilleurs vignerons bio et nature … Nous avons également tous noté une grande salinité dans les vins, parfois même excessive. Au point que certains ont demandé ou allait le sel utilisé pour dégager les routes gelées et enneigées du valais ;-)).

A bientôt pour les rouges!