11/10/2008

LIVE: Le VIN SANS SOUFRE (V) Dégustation sur 30 heures

Salut à tous, j’ai été heureux de voir votre enthousiasme le week-end passé, face à ces vins “hors norme”. Peu de grimaces, beaucoup de sourires, et des bouteilles vides en fin de week-end. J’aurais renouvelé, de toutes façons cette dégustation visant à montrer ce à quoi il est possible de tendre en matière de vinification; c’est à dire le minimum de sulfites, voire, pour ceux qui aiment emprunter de nouvelles voies gustatives, le zero sulfites. Mais là, c'est avec enthousiasme que nous repartons pour un Tour de France sans sulfites ni EPO, en visitant d’autres régions, telles que la Loire, le Roussillon, le Sud-Ouest, ou le Jura. Cette dégustation tombe à pic, car c'est justement le thème choisi par le président Olif pour les vendredis du vin . Je crois que vais y participer, et vous? C'est l'occasion, non? ;-). Bon, en tout cas, Santé, au propre, comme au figuré!

A nouveau, nous compléterons ce post avec nos impressions de dégustation, à l'ouverture (vendredi 14h), le vendredi soir à 20h et le samedi vers 19 heures. C'est ce week-end des 10 et 11 octobre, venez faire un tour à la boutique de l'Odyssée et remplissez votre cave de vins nature!

Voilà, déjà les commentaires des deux premières dégustations, ce vendredi à 14h et puis 6 heures plus tard, à 20h00.

Blancs

Alsace, Riesling Katzental Non Filtré 2004, Audrey et Christian Binner

L’absence de filtration permet de diminuer sensiblement les doses de SO2 dans les vins blancs. C’est le cas de celle-ci qui n’a donc reçu qu’une bonne dizaine de mg/l, soit ce que la levure peut, elle-même produire. Le vin est magnifique, la robe un peu dorée, le nez loin des caricatures pétrolées du riesling immature. Non, ici, vous avez de la minéralité, terpénique, mais pas seulement, un peu évolutive aussi. En bouche, il y a un peu d’ananas, du citron confit en finale, une acidité nette et une longueur qui vous fera saliver. Un vin qui arrive gentiment à maturité, et d’un rapport Q/P exemplaire. Vraiment impeccable à tout niveau. à 20h00, cela n'a pas vraiment bouger, un peu plus de fruit sans doute, au top!

Le lendemain 20 heures, le vin est toujours aussi bien, pas de traces dévolution, ni au nez, ni en bouche. Super!

Alsace, Gewurztraminer, Grand Cru Eichberg 2003, sans sulfite, Bruno et Gerard Schueller

. Tout d'abord, une petite video des vendanges 2008 chez Bruno. Mais revenons à notre cuvée. Très peu de récolte sur cette parcelle, Bruno le met dans un petit fût, et le garde sans ouillage, sans sulfite. Après la mise en bouteille, il le fait goûter dans un salon, et les bouteilles partent comme des petits pains. Je le goûte à mon tour, et j’adore. Les arômes plus classiques du gewurz se marient admirablement avec d'autres plus originaux, comme l'orange, le muscat, le safran, le gingembre. Le nez est simplement fantastique. La bouche, plus que perlante, est aussi étonnante. Complètement sèche, mais grasse et puis, ce qui est extra, c’est que l’on retrouve ce côté juteux du sans soufre, cette digestibilité, et qui plus est, sur un cépage qui n’est pas réputé pour ces qualités. Un vin de belle gastronomie. Ce fut un coup de coeur pour certains hier. 6 heures plus tard, le vin a pris un peu de couleur, le gaz est presque parti, je dois me retenir de ne pas me servir un petit verre, attendons demain!

24 heures plus loin, ce vin est toujours aussi magnifique, il n'a pas évolué, mais on y découvre d'autres arômes, encore d'agrumes, mais d'épices aussi, de fruits secs, que sais-je encore. Le gaz est complètement dissipé, et la bouche n'en est que plus agréable, suave, grasse, mais jamais lourde; à peine une pointe d'amertume qui se marie bien avec les arômes d'agrumes et structure encore mieux le tout. Bravo Bruno!

Rouges

Rhône, Pas à pas 2007, vdp Ardèche, Carignan, alicante, sans sulfite, Domaine des Clapas

Neo-vigneron, c’est son second millésime, Jérôme Jouret avance pas à pas, mais à grand pas! Les vignes viennent d’un terroir argilo-calcaire et le vin n’est ni filtré ni sulfité. Derrière quelques arômes animaux loin d’être dominants, c’est une explosion de fruit sureau, mûre sauvage. C’est, comme la cuvée “En avant doute”, d’une fraîcheur insolente. C’est une cuvée plus structurée, moins “glissante”, mais quelle bonheur! Après 6 heures, le vin est nettement plus en place, un peu plus rond, on attend avec impatience la petite côte d'agneau grillée au romarin qui se mariera avec cette cuvée.

Et ce vin tient sans problèmes 24 heures supplémentaires; il ne se bonifie plus, mais garde beaucoup de fraîcheur. A peine quelques notes animales supplémentaires peut-être, mais bien noyée dans le fruit et la garrigue. Belle réussite.

Jura, Pinot Noir, Cuvée Z 2006, sans sulfite, Fanfan Ganevat

Bruno et Fanfan se sont rencontrés pour la première fois chez moi, lors d’un de nos marché vignerons. Depuis, ils ne se quittent plus. Et que croyez vous qu’ils se racontent, des histoires sulfureuses sans aucun doute;-). Fanfan, comme Bruno, n’est pas le taliban du sans soufre, il l’utilise avec grande parcimonie, et sur quelques cuvées qui le permettent, il l’évite tout simplement, sans dogmatisme aucun. C’est le cas avec ce pinot noir issu de vignes plantées en 1977 sur terroir argilo-calcaire. Elevé 18 mois sans SO2 et embouteillé de même, d’où le Z! C’est très minéral au nez, très fumé, empyreumatique, mêlés aux arômes de cerise fraîche, une note boisée, florale et animale. Le vin est très tendu en bouche, les quelques tannins se fondent, doté d’une acidité jurassienne, un peu kriek, mais qui garde une belle gourmandise. La longueur est épatante, très minérale, très salivante. A nouveau, la buvabilité est superlative. Une cuvée qui divise, sans concession, loin des canons denses et sirupeux issus de l’osmose inverse, mais qui ravira les fans du Jura et du vin naturel. Le soir, pas beaucoup de changement, un peu plus de volume, un peu plus de fruit, mais les différences sont peu marquées. Là, on attend la saucisse de Morteau au Mont d'or!

Le fruit s'est encore développé au cours du temps; les arômes fumés et grillés se sont dissipés pour laisser place à un fruit net, cerise groseille et de la minéralité. La bouche reste intransigeante, mais trsè gouleyante. Un vin que certains devront apprivoiser pendant que d'autres se régaleront/

Beaujolais, Régnié sur fût 2005, Gamay, sans sulfite, Christian Ducroux

Nous avons goûté la cuvée de base sans SO2 2006, la semaine passée, voyons cette fois le Régnié fût 2005. Rassurez vous, pas de fût neuf dans cette cuvée, même si le nom y fait souvent découvrir du boisé par certains dégustateurs. Par contre, comme pour la cuvée de base sans SO2, le premier nez est sur le fromage, le deuxième sur la choucroute. Il faut patauger dans tout cela pour dénicher le fruit. C'est en bouche qu'il faut le chercher. Et là, on y trouve de la mûre, de la myrtille, des notes plus originales, peut-être minérales, de graphite. A l'ouverture, la bouche parait cependant plus mince que dans mon souvenir, encore tannique, et plutôt dure. Pas beaucoup de succès pour ce vin. Les tannins, c’est normal, il s’agit en fait du vin de presse et c’est pour affiné ceux–ci que ce vin est élevé en vieux foudre. J'en ouvre une deuxième pour vérifier, elle est très semblable. A 20h00, les arômes de choucroute se sont un peu atténués, je fait goûter Anne, elle adore. La bouche s'est bien arrondie et l'on déguste avec avidité la deuxième bouteille sur une tranche de limousin aux cornes de gattes et champignons des bois récoltés la veille, chanterelles en tube, trompettes de la mort, pieds de mouton, bolets, ... Une alliance parfaite, quelle présence dans ce vin pour qui sait surmonter le premier nez. Jamais l'image du lait cru et du lait UHT n'aura été tant validée. Bon en attendant, je n'en ai pas encore vendu une seule...

Le lendemain soir, le côté "choucroute" s'est un peu atténué", mais ne laisse pas assez place au fruit. Ce n'est heureusement pas le cas en bouche, où il est bien présent. Comme les tannins se sont arrondis, il devient vraiment friand. Un vin à attendre encore.

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Sud-Ouest, vdt “Buzet”, le Pech abusé 2003, 1/4 CF, 1/4 CS, 1/2 Merlot, sans sulfite, Domaine du Pech

David contre Goliath, Ludovic et Magali contre la grande coopérative de Buzet qui dégueule, euh pardon, déverse, 95% de la production, le plus souvent insipide de cette appellation. Et David a perdu le combat de l’agrément; son vin est refusé à la dégustation, et n’a pas droit à l’AOC. Avec humour, il appellera cette cuvée, le Pech abusé ;-). Mais David prend déjà une première revanche aux Vinalies 2007, où son vin de table reçoit le prix des oenologues (amazing, isn’t it?). Mais le coup de grâce à Goliath, c’est vous qui allez l’asséner lors de notre marché vigneron de printemps. En effet, chez Ludovic, c’est toute la gamme qui sort du lot, et vous avez manifestement apprécié, tant le personnage, que ses vins. Revenons à ce 2003, année de la canicule, des rendements minimes (16hl/ha), il a été élevé pendant trois ans pour parvenir à l’équilibre voulu. Mais la patience est une vertu et le résultat en vaut la peine. Le nez est puissant, cassis, prune, noyau de cerise, graphite, très belle complexité. Bouche charnue, attaque moelleuse, mais les tannins sont encore très présents, pas trop secs pourtant, et l’équilibre est là, grâce au pH bas que peuvent donner des raisins bios. Je tiens aussi à souligner le rpt Q/P hallucinant quand on voit celui des “bonnes” bouteilles aux foires aux vins actuelles...

Sud-Ouest, vdt “Buzet”, le Pech abusé 2003, 1/4 CF, 1/4 CS, 1/2 Merlot, avec +/-15 mg/l de sulfite, Domaine du Pech

Attention, la même cuvée, mais avec un chouia de so2. En Avril, le tout sans soufre avait été plébiscité. Cette cuvée-ci était fermée au nez et les tannins féroces en bouche; Qu’en est-il quelques mois plus tard, nous allons le découvrir ensemble, suspense!!!

A 14 heures, le vin est très conforme à la description ci-dessus. Les différences entre les deux cuvées sont beaucoup moins nettes qu'en avril. Toutefois, c'est encore la cuvée sans SO2 qui récolte les suffrages, moins serrée en bouche, un peu plus ouverte au nez. Mais les différences sont ténues. Pas de différence notable à 20 heures

Le samedi soir, après 30 heures, je demande à Anne de me les servir à l'aveugle. Je goûte le premier verre qu'elle me sert, et je crois reconnaître sans problème le sans sulfites. Le deuxième confirme mon impression, nez fermé, un peu réduit même, moins expressif, et puis ces tannins un peu durs qui ne bougent toujours pas, alors que le premier se fait déjà plus aimable. Ouf, Anne confirme! Les deux vins se sont donc rapprochés depuis Avril 2008 où ils étaient tellement différent alors que seuls quelques 15 mg/l de sulfites les sépare. Mais la différence reste cependant notable au point de vue fruit , tannins, et milieu de bouche. Rendez vous dans 5 ans! Le dimanche,soit 48 heures après ouverture, à peine un peu de fruits confit au nez dans le sans sulfites, mais surtout des tannins qui enfin s'amadouent et un vin qui prend de la longueur, avec des notes de chocolat au cassis. A garder encore quelques années en confiance.

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Loire, Saumur-Champigny, Le vin d’une oreille 2005, Cabernet Franc, sans SO2, Sébastien David

L’hurluberlu est de retour. Vous avez apprécié ses rouges et rosés friands du même nom, vous avez été charmé par l'alliance de fraîcheur et de suavité de sa cubée Orion, voici le petit joyau qu’il nous cachait jusqu’à présent, le vin d’une oreille, une merveilleuse partition jouée sans sulfite aucun. J’ai déjà dégusté ce vin par deux fois, et l’évolution entre les deux était incroyable. Gain de chair, gain de longueur, équilibre précis, ce vin s’orientait plus vers le pinot noir bien dense que vers le cabernet. Je ne vais pas me perdre en tâchant de le décrire plus ici, venez le goûter, mais attention, je n’ai que quelques bouteilles. Ah oui, le nom? Voici ce que j’ai trouvé à ce propos et confirmé par Sébastien. On dit figurativement et populairement d’un vin excellent, que “C’est un vin d’une oreille”, parce que ceux qui en boivent penchent une oreille en signe d’approbation ; et l’on dit au contraire d'un mauvais vin , que “C'est du vin de deux oreilles”, parce que ceux qui en boivent secouent la tête pour marquer qu'ils ne le trouvent pas bon. (Dictionnaire de l'Académie Française, 5e édition, Paris 1798). Le vin à l'ouverture est très proche de la description ci-dessus, vraiment un très beau vin, mais à attendre. Et déjà, une attente de 6 heures est heureusement bénéfique. Le vin prend de l'étoffe, de l'allonge avec de belles notes de chocolat en finale, un nez un peu plus cabernet sans doute. Mais toujours cette impression bourguignonne à l'attaque qui se métamorphose en puissance en finale. Une cuvée pas vraiment donnée, mais qui offre un plaisir bien plus naturel que ce que vous pouvez trouver en foires aux vins actuellement. Pour info, Giscours 2005 est à 51,99€, Branaire à 59,99 et Pontet Canet à 79,99€, foncez!;-).

C'est encore meilleur le lendemain, plus fondu, vraiment une très belle bouteille, à garder en confiance quelques années ou à ouvrir comme cela, sans raison, pour se faire plaisir. A carafer impérativement avant...

Roussillon, vdt, Vignoble de Trouillas, Grenache, Mourvèdre, Carignan, 2005, sans sulfites, Casot des Mailloles

Les masos du casot, les excités du chadic, sont de retour. Avant de rentrer leur nouveau millésime, je vous propose de terminer les quelques caisses de cette petite pépite. Il lui a fallu du temps, mais elle est en place depuis quelques mois maintenant. A l'ouverture, un petit pop, ah un peu de gaz, un vin vivant qui vit! Le nez est franchement sur la cerise, la mûre ou la framboise. I y a aussi des épices, et une petite note de volatile qui apporte à la matière une fraîcheur bienvenue à qui sait l'apprécier. Ici encore cela va diviser les amateurs (coup de coeur pour certains), même si tout le monde lui reconnaît un fruit superlatif en bouche. Les tannins grenus se fondent, on peut maintenant la savourer sur une pintade à la catalane. Le soir, le nez s'est un peu dégradé, avec une note lactique supplémentaire. La bouche est toujours aussi friande. J'ai un peu de craintes pour le lendemain, on verra les vins du casot savent se tenir sur plusieurs jours!

Le lendemain, le nez est toujours aussi génial, un peu d'arômes de légumes cuits (oxo), d'acidité volatile, mais beaucoup de fruit (framboise, fraise), de minéralité (graphite, pierre), d'arômes iodés, d'algue. En bouche, il y a toujours ce gaz qui perturbe certains dégustateurs, mais beaucoup de fruit. En fin de dégustation, je secoue vigoureusement le fond de la bouteille, le fruit ressort, et la bouche se fait plus gourmande. Hélas, en finale, les notes de cacahuètes grillées se font plus marquées, et je n'aime pas cela! Pour moi, il est nettement en dessous de la veille. Son optimum devrait se situer, à mon avis, après 1 ou deux heures de carafage (vigoureux;-).

Je prendrai comme première conclusion, celles d'un amateur passionné de vin, mais peu féru de vins naturels: "Plus de fruit, plus de raisin, plus de mâche" Je suis assez d'accord avec lui, ce sont des vins sans retenue!. A bientôt pour la conclusion générale de ces deux semaines de dégustation de vins sans sulfites!

06/04/2008

ODYSSEE PRINTANIERE, les photos!

Rapidement quelques photos de notre Odyssée Printanière, merci pour votre présence et notez déjà les dates de notre été de l'Odyssée en présence de vignerons; ce sera les vendredi 27 et samedi 28 juin 2008!

Un marché de printemps, d'été ou de Noël, c'est avant tout beaucoup de préparatifs, une vrai journée portes ouvertes de la maison; la boutique qui se limite normalement à notre ancien salon, envahit alors cuisine et salle à manger. Il faut aussi réachalander tous les produits, et comme je suis toujours à la bourre, les commandes sont faites en dernière minute et les différents poivres, épices, thés ou huiles arrivent au compte goutte, parfois quelques heures avant l'ouverture des portes. Parfois elles se perdent comme au marché précédent où taxipost avait réussi à "égarer" 6 kilos de poivre rare; cette fois, tout était bien là à temps et à heure, et en bon état, enfin presque, juste un colis d'épices bien explosé ...

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Il faut aussi essayer de trouver des nouveautés, de qualité, et cette fois, la vedette sera tenue par un génial poivre sauvage des gorilles. Récolté dans les montagnes du Congo, issu d'un commerce très équitable, il nous livre des arômes camphrés et d'agrumes très subtils, qui rappellent un peu la maniguette, il explose en bouche avec beaucoup de persistance; très aromatique, bien piquant, nous nous sommes régalés, j'en reparlerai certainement!

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Comme le printemps n'était pas vraiment à l'extérieur, il fallait le voir à l'intérieur, merci à Anne pour son talent de décoratrice!

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Pour que le marché soit une réussite, il faut aussi que les vignerons arrivent. Ouf, cette fois encore ils seront là juste à temps pour vous faire découvrir avec leur passion et leur talent, leurs meilleures cuvées. Premier arrivé, Phllippe Richy du domaine Stella Nova ; cet astronome passionné (nous avons scruté le ciel dans la nuit de vendredi à samedi pour y rechercher la constellation des pléiades) ne pouvait travailler qu'en biodynamie, et si tous ses vins sont excellents, c'est le blanc que je voudrais mettre en exergue; cet assemblage de clairette et de grenache était d'une fraîcheur incroyable, une révélation pour moi.

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Dans un autre style, plus féminin, tout en délicatesse et en fruit, les Saint Chinian sur schistes de Yannick Pelletier se sont arrachés, Oiselet, Coccigrues et Engoulevent vous ont séduits; merci à Fanfan pour cette superbe découverte!

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Et puis il y avait aussi Ludovic Bonnelle du domaine du Pech. J'avais adoré ses vins au salon de la Dive à Deauville, ils étaient encore meilleurs ici. Une démonstration que les cépages bordelais peuvent donner des vins nature de qualité, des vins virils, mais bourrés de fruit, accord parfait dès maintenant avec une bonne bidoche et du poivre des gorilles, ou comme avant hier, sur une cuisse de canard confit, miam miam!

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Enfin, il y avait aussi mon ami Jean-François Ganevat. Fanfan, même fatigué (et là il était vraiment crevé par une succession de salons et un travail ardu dans les vignes), n'a pas son pareil pour mettre tout le monde à l'aise, de l'ambiance, et faire le lien entre tous les participants. Et puis ses vins, ses vins se goûtaient formidablement bien, les dernières caisses de Grands Teppes VV 2005 se sont évaporées, les rouges 2006 se goûtaient encore mieux qu'à la Noël, et ses 2 pet nat de soleil, malgré le temps plus que maussade vous ont beaucoup séduits également. Fanfan reviendra en Juin pour la dixième fois, cela vaudra bien une médaille!

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Après la fermeture, c'est le temps d'un bon repas (un petit salé le vendredi et une poule au pot le samedi, encore merci Claude!), de se marrer un bon coup, de faire les pitres, de goûter quelques cuvées, à l'aveugle ou pas, de se rouler une petite sèche, et puis pourquoi pas, de se boire une petite Moinette bio. Encore merci à tous et à la prochaine!printemps2008_13printemps2008_12printemps2008_19printemps2008_18printemps2008_17printemps2008_16printemps2008_15

20/03/2008

VENEZ au PRINTEMPS de l'ODYSSEE!

Oyez Oyez, quelques représentants de choix de la tribu des vignerons naturels vont à nouveau établir leurs quartiers à Pécrot (Grez-Doiceau). Ce sera les vendredi 28 et samedi 29 Mars prochain, à la boutique de l'odyssée, qu'on se le dise! En effet, pour clôturer une semaine sans pesticides (et là je m'adresse aux jardiniers amateurs, de grâce laissez tomber ces herbicides et autres produits de &@!§!!, profitez de votre coin de verdure pour en faire un havre de paix pour la nature et pas un partenaire privilégié de Monsanto et sa vision du monde;-), nous vous proposons de venir découvrir les vins de 4 vignerons engagés dans une démarche vers l'agriculture biologique, respectueuse de l'environnement et de notre santé! Et oui quoiqu'on en pense, la plupart des raisins sont encore tchenobylés sur pied, la plupart des vignes désherbées à grands coups de pulvérisateurs et les ceps sous perfusion permanente. D'ailleurs la vigne qui n'occupe qu'un petit pourcentage de la surface cultivée en France, consomme toujours près de la moitié des pesticides utilisés chaque année... Les changements de mentalité sont lents et les changements d'habitudes sont encore plus lourds; on ne peut donc qu'applaudir des deux mains les vignerons qui prennent le risque et le temps pour vous offrir le meilleur de leur terroir, tout en minimisant l'impact de leur production sur l'environnement. Il y aura bien sûr des esprits chagrins qui n'y verront qu'opportunisme et marketing, je les invite à venir discuter avec ces vignerons et à déguster leurs cuvées; mais attention, le risque de mettre tout le monde d'accord est grand;-)

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Ce sera en tout cas encore une belle occasion de réciter notre crédo et donc d'acheter en connaissance de cause, après dégustation, de belles cuvées de soif, ou des vins de caractère, également issus de pratiques angéliques en cave. Pas de chaptalisation, d'enzymage, de cryoextraction, d'osmose inverse, de tannins de pharmacie ou que sais-je encore; très peu voire pas de sulfites; des vins aux géniteurs talentueux et passionnés avec qui vous pourrez échanger autour de leurs meilleures cuvées. Et oui, ces vins ne sont pas choisis uniquement pour leur étiquette bio (d'ailleurs ils le mentionnent rarement ouvertement), car si le bio est une condition nécessaire pour moi, elle n'est pas suffisante. Il faut aussi que l'on retrouve toutes ces pratiques et discours dans le verre; nous y veillons ardemment, mais venez vérifier par vous mêmes! Tout cela dans l'ambiance conviviale des Marchés de l'Odyssée , à ne pas rater, parlez en aussi autour de vous, nous en avons besoin!

Au programme également de ce week-end là (vendredi et samedi), dégustation de thés et tisanes bio, huiles essentielles et de gastronomie, d'épices et de poivres rares (le fameux poivre sauvage sera bel et bien là;-); la carte de l'odyssée vous sera grand ouverte. Venez vivre cette odyssée aromatique, culbutez vos papilles, exploser vos narines, vous n'en sortirez probablement pas complètement indemne;-).

Voyons en détail les vignerons à découvrir. A tout seigneur, tout honneur, Jean-François Ganevat du Jura ! Malgré une reconnaissance maintenant internationale, il nous rendra visite pour la neuvième fois et il ne viendra pas les mains vides. Non, au moins deux nouvelles cuvées, deux "petnat" qui devraient faire fureur à vos apéros de printemps et d'été. "Délire" , un jus de savagnin à peine fermenté (il fait +/- 8% d'alcool), légèrement sucré mais d'une fraîcheur insolente, et puis après son "J'en Veux", son "J'ai Soif", un poulsard (entre autres) pétillant naturel, aux arômes de Kriek, génial! Et puis ses trousseau et poulsard aux arômes de fruits rouges et de poivre blanc, et bien sûr quelques cuvées ouillées ou non dont il a le secret. Lisez le dernier article de la RVF consacré aux blancs du Jura, c'est simple, les meilleurs ( Ganevat et Tissot) sont à notre carte!

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Fanfan Ganevat ne viendra pas les mains vides (le fabuleux Comté de l'Essencia à Poligny sera bien là aussi), et il ne viendra pas seul! Le toujours fringant Tonton Casa sera évidemment de la partie, mais Fanfan sera aussi accompagné par Yannick Pelletier , avec qui il a sympathisé à Vinisud. Pas seulement sympathisé, Fanfan a aussi adoré ses vins, issus des schistes de Saint Chinian, dans un style proche de Barral. Ils en ont en tout cas le terroir, le naturel et la profondeur. Yannick était sur ma "to do list", j'ai donc saisi l'opportunité pour l'inviter à Pécrot. Il a répondu présent immédiatement. Coccigrues, oiselet et engoulevent, des noms qui invitent au voyage, et une découverte à ne pas rater!

Une autre découverte, faite à Deauville , c'est le domaine du Pech, à Buzet. J'ai adoré le style profond et viril de ces vins dont les meilleurs seront de grande garde, et tout ça sans abuser du bois; un exemple pour pas mal de bordelais! Et pourtant, il n'a pas été reconnu par ses pairs, refus d'agrément, pas d'AOC, le Pech abusé est né. Une viticulture bio, des vins excellents, un gars sympa qui a le sens de l'humour, l'odyssée des arômes ne pouvait rester indifférente! A noter une cuvée déclinée en deux versions, avec et sans SO2, il sera passionnant des les comparer! Et puis encore un sauvignon qui ne joue pas au matou incontinent, au contraire, sans sulfites, il se vautre dans la maturité et la suavité, un autre suavignon;-).

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Enfin, je termine par une des plus belles découvertes de l'année passée, le domaine Stella Nova . Philippe Richy, à 45 ans, a décidé de quitter la finance pour réaliser son rêve, devenir vigneron. Après plusieurs écolages, il s'installe à Caux du côté de Pezenas, et nous livre des cuvées tout en harmonie avec leur terre, mais aussi avec le ciel! En effet, Philippe est un passionné d'astronomie et le nom de ses cuvées trahissent bien cette passion. Vous avez adoré Sirius en 2004, venez découvrir le millésime 2005, tout en fruit et en finesse. Et puis dans le millésime 2004, c'est la cuvée les Pléiades qui vient d' être embouteillée que vous découvrirez. Un vin à encaver sans hésiter! Et puis un superbe blanc de grenache et de clairette et bien sûr, un rosé de soif, si le printemps est à nos portes, l'été le suit à grand pas!

Voilà, croisons les doigts, nous vous attendons nombreux, les enfants sont les bienvenus, le jardin bio est grand;-)!