22/11/2009

TENNIS EBLBOJOW NOUVEAU!

Ouf, vidé, les bouteilles, bien sûr, le stock, aussi, et moi, complètement!. Tout vendu, tout bu, trois jours à faire déguster, inlassablement; j'en ai presque un nouveau tennis elbojow au coude comme dirait l'autre! Et oui, le beaujo nouveau de l'odyssée a déjà vécu, c'était pas faute d'en avoir remonté des caisses, mais il était vraiment trop bon. Ce qui est bien, c'est que les courageux qui ont bravé leurs préjugés, ont maintenant du bon vin encave et savent maintenant qu'il va falloir encaver d'urgence les belles cuvées 2009 des Ducroux, Descombes, Lapalu et Guignier, Jambon, et des quelques autres qui travaillent aussi bien.

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Car derrière le succès de ce "vrai" beaujolais nouveau à l'ancienne, à contre courant de la morosité ambiante, il y a du vin! Un client me disais qu'il ne goûtait pas vraiment la différence avec d'autres cuvées. Ben oui, un bon beaujolpif, c'est d'abord du vin, c'est pas des levures sélectionnées qui font de l'alcool et des arômes une fois banane, une fois framboise sur un substrat sucré.

Et derrière ce bon vin; pas de secret, il faut du raisin, du raisin sain, goûteux, avec une belle concentration. Et pour obtenir ce beau raisin, il faut du travail, beaucoup de travail. Des heures à arpenter ses vignes avec son sécateur, son cheval, son petit tracteur, ses caissettes, ... par tous les temps et peu importe le jour de la semaine. Et je ne peux que saluer encore les Ducroux et Guignier, malmenés par les conditions atmosphériques et qui, dans un millésime aussi épatant, n'ont pu produire que des rendements lilliputiens. Car dans ce métier d'agriculteur, ou comme le chante Ferrat on doit faire avec "une bonne année et l'autre non", il faut des reins fameusement solides pour mener à bien une entreprise qui se doit d'être aussi un peu économique.

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Mais derrière ce travail, il y a de la passion, énormément de passion, sans laquelle, et bien, on ferait soit du bojo banane, soit un autre métier. Et il me suffit de se remémorer les yeux pétillants de Michel et de Christian, mais aussi de Jean-Claude, Damien ou le Noune, quand ils m'ont fait goûter ce 2009, pour confirmer, si besoin était, que de la passion, ils en ont à revendre!

Alors, quand je lis sur un site qui porte ce nom de passion, que certains dégustateurs érudits, snobent cet événement, j'ai envie, j'ai envie ... de leur faire déguster un Nouveau Descombes 2009! Et comme je n'en ai plus, j'en chipe vite une dans une dernière commande. Alors, mes amis Luc, Patrick, regardez la photo ci-dessous, and "read my lips", le beaujolais nouveau est arrivé, et ma dernière bouteille vous attend à la boutique de l'odyssée!

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PS J'ai réactualisé les photos de mes enfants ;-)))

 

 

 

18/11/2009

BOJO NOVO & CO


Le Beaujolais nouveau est de retour, le troisième jeudi de Novembre, comme chaque année ! Et pour la première fois nous ouvrons la boutique ce jeudi là également. On dégustera donc ces nouveaux sur trois jours ! Je voudrais entendre des exclamations de joie, des « hourrah » et des « youppie », mais apparemment rien. Et oui, le Beaujolais a une réputation exécrable et le coût de grâce a été donné par le reportage d’envoyé spécial sur le vin naturel. Il faut dire qu’il l’a bien cherché, en transformant une idée de génie et un terroir fabuleux en un produit artificiel où le raisin ne trouve plus sa place.
 

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Car faire du jus de raisin tout juste fermenté, sans élevage, sans artifice, pour être aussitôt soutiré et aussitôt bu, quoi de plus naturel, je le répète, c’était une riche idée. Ensuite, certains ont cru que son succès venait de ce petit goût de banane et de cuberdon propre à la macération carbonique et ont cherché à l’exacerber, dénaturant ce vin jusqu’au point de rupture où le raisin n’était presque plus nécessaire, la souche de levure sélectionnée 71 B suffisant largement.

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On connaît la suite, après un succès mondial, le consommateur s’est rendu compte de l’arnaque et ce fut le retour de manivelle. Les œnologues, jamais en manque d’idée proposent maintenant des vins aux arômes de cassis et aux robes foncées, non pas le fruit du raisin (j’aime bien cette image ;-), mais à nouveau par le biais de technique de vinification le dénaturant. C’est pas beaucoup plus reluisant comme approche du vin, et pas bien meilleur en tout cas !

 

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Pas de salut sans ces pratiques ? Et non, il y a une bande d’irréductibles qui grossit un peu chaque année, et qui nous propose de vrai Beaujolais nouveau, fait de raisin mûr, juste macéré et fermenté. Arôme de cerise sur le gâteau de marc, pour la France, la Belgique et les pays avoisinants, il n’y a même pas d’ajout de sulfite dans les cuvées que nous proposons. Evidemment, il faut les chercher et ne pas traîner, car ceux là sont vite dévalisés par les amateurs un peu curieux.
 
Et puis cette année, c’est 2009, avec un été qui a permis de produire des jus fantastiques, d’une gourmandise incroyable et d’un fruité éclatant. Si vous devez regoûter un jour un Beaujolais nouveau, c’est le moment, c’est l’instant rêvé ! Tout n’a pourtant pas été rose chez tout le monde. Ainsi le sort s’acharne sur Michel Guignier, à Vauxrenard, qui à dû essuyer 5 attaques de grêle, réduisant son rendement à moins de 12 hl/ha. Pas de nouveau donc pour Michel, mais j’ai pris son Mélodie d’automne, tout en finesse aromatique, ceux qui ont connu le 2007 doivent se précipiter ; c’est une pure merveille ! Le prix a un peu augmenté, car l’équilibre de l’exploitation est en jeu, mais ça vaut la peine de soutenir ce vigneron passionné !
 
Pas la joie dans les rendements non plus chez Christian Ducroux (photo d'un cep plus bas), à cause d’une attaque de mildiou qui a dévoré une bonne partie de ses raisins. Christian ne parle pas de malchance ou d’inefficacité de ses traitements bio ; non, il aurait simplement dû traiter ses vignes en ce satané dimanche de juin. Il a préféré attendre et passer un peu de temps de repos avec ses enfants. Le lundi, c’était trop tard, la pluie était de retour (il a plu la quantité de 2 mois en 15 jours). Quand on déguste paisiblement ces nectars, il est parfois bon de se rendre compte des conditions dans lesquelles il a été produit. Très peu de vin donc, mais les prix bougent peu, et la qualité est incroyable, un beaujolais nouveau qui serait presque de garde, à déguster maintenant sur un filet de marcassin cuit à basse température comme le fait si bien Pol Grégoire ( <http://www.polgregoire.org/LAlimentation_Vive/Accueil.html>). Gardez en pour les beaux jours de printemps, ce sera le régal assuré, et c’est vrai pour toutes les cuvées de Beaujo nouveau que je vous propose cette année.
 

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Jean-Claude Lapalu et Georges Descombes ont été plus verni. Pas de mildiou, pas de grêle, un état sanitaire parfait, « on a pas dû jeter un grain » m’a confié Jean-Claude. J’en ai profité pour goûter quelques autres cuvées chez le noune, c’est du pur bonheur, notamment un Beaujolais Villages qui sera soutiré au printemps dont je réserverais bien les quelques hectolitres disponibles ! Attention tous les nouveaux proposés ici sont des « Villages » issus de terroirs du Nord de Belleville, les terroirs des crus du beaujolais (Morgon, Moulin à Vent, Brouilly, Régnié, …), nettement plus qualitatifs que ceux issus des terres productives des plaines du Sud.
 
Au programme donc (les nouveaux seront aussi disponibles (et dégustables ;-) chez BIOSPHERE le vendredi et samedi en dehors des heures d’ouverture de la boutique)

Beaujolais Villages Nouveau 2009, Gamay, sans sulfite ajouté, JC. Lapalu (Bio conversion) 
Robe pourpre foncé, nez éclatant, avec une petite note de banane et beaucoup de cerise et son noyau. En bouche c’est gourmand et croquant, dense mais non dénué d’élégance, rafraîchissant et nourrissant.
 
Beaujolais Villages Nouveau 2009, Gamay, sans sulfite ajouté, Ch. Ducroux (Bio et biodynamie certifiée)
Robe également très pourpre, nez épicé (girofle), fruité (myrtille), floral, un peu poivré, note légèrement animale. Bouche avec de la mâche, quelques tannins, assez puissante mais dotée d’une bonne acidité ; c’est presque un petit vin de garde. (photo ci-dessous, presque tout est travaillé au cheval, même les pulvérisations)

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Beaujolais Villages Nouveau 2009, Gamay, sans sulfite ajouté, G. Descombes (Non certifié) 
Robe encore plus colorée il me semble. Nez de cerise, de noyau, de myrtille, qui vous fait saliver tout de suite ; vraiment rien à voir avec le primeur classique ! En bouche c’est pulpeux à souhait, d’une maturité exemplaire, équilibré. Encore meilleur que son 2007, on en boirait des louches ! Noune travaille bien sûr en bio, mais il n’a pas la certification, car il a une petite parcelle très en pente sur laquelle il passe un défoliant une fois par an. Mais elle ne rentre pas dans son nouveau.
 
Mélodie d’Automne, Vdt, 2009, Gamay, sans sulfite ajouté, M. Guignier (bio certifié) )
Superbe nez complexe, entre fruit et fleur, notes de banane, de cerise et de fleur, ça pinote presque. La bouche est élégante, non dénuée de longueur, on peut le garder sans problème, même s’il est déjà tellement ravissant !
 
Chiroubles Vieilles Vignes 2008, Gamay vinifié sans sulfite, D. Coquelet 
Dans la famille Descombes, il y a Damien (photo ci-dessous), un jeune gars éminemment sympathique dont nous avions déjà dégusté une cuvée il y a quelques temps. Le voici de retour avec une cuvée plus sérieuse, son Chiroubles Vieilles Vignes, qui prouve qu’il a assimilé les talents familiaux très rapidement. Le style est similaire, fait de densité et de gourmandise. C’est le meilleur 2008 dégusté à ce jour, c’est tout dire. Et l’année prochaine il y aura un Morgon Côte de Py, goûté sur fût, que du bonheur ! Damien débute et travaille déjà en bio, la certification devrait suivre.

 

coquelet
 


 


ET puis grosse surprise pour ceux qui viennent le samedi, il n’y aura peut-être plus de Beaujo nouveau;-) mais il y aura notre petit ours brun, Mathieu BARRET du domaine du COULET à Cornas, une visite surprise à ne pas rater !!! Il nous fera déguster ses 2007 ! <http://domaineducoulet.site.voila.fr/page1.html>
 
Et puis semaine évènement, décidément, ça y est, je n’ai pas encore les clés, les travaux n’ont pas encore commencé, mais je ne résiste pas à la tentation d’ouvrir dès ce jeudi, notre nouvelle boutique, l’ancien café « Guet à Pintes ». Sauf souci (ce sera indiqué sur la porte), vous pourrez découvrir ce lieu « brut » avant que nous ne le rafraîchissions (il en a bien besoin ;-). C’est dans la même rue, au bas et au coin de celle-ci, au numero 2. Donc vous retenez, ce week-end, c’est soit au 2, soit au 22 !

20/11/2008

IL EST ARRIVE!

Qui? Ben le nouveau, le primeur, du Beaujolais bien sûr! Enfin, pas toujours. Comme m'a dit Philippe Jambon, " on a décidé de pas faire de vin cette année". La faute au 7 août, et une grêle de chez grêle; l'année pourrie a fait le reste!

Pas de Guignier, pas de Tranche de Jambon, mais par contre ceux qui en ont sorti on fait très bon. Enfin les bons vignerons ont fait très bon , les autres ...

Alors venez, ce vendredi 21 et samedi 22, à la boutique, déguster les meilleurs, Lapalu, Descombes, Ducroux, et puis l'une ou l'autre quille encore.

Et pour ceux qui veulent comprendre mieux encore le Beaujolais et ses vins, comme chaque année , nous avons un atelier le vendredi soir à 20 ehrues, avec charcuterie locale (pâté, rillettes, terrines), fromages (Chèvres, St Félicien en St Marcellin) et bien sûr les fameux sabodet et jambonneaux. IL reste encore quelques places, Réservez sans tarder, c'est demain (45€, réservation par mail ou tel : 0478 82 16 36)

Voilà, qu'on se le dise!

Les vins du vendredi soir:

Lapalu: Beaujolais Villages 2006

Croix des Rameaux 2005

Ducroux; Régnié 2005 (sans SO2)

Foillard: Morgon Côte de Py 2005

Morgon Les corcelettes 2005

Descombes: Morgon VV 2005

Chiroubles VV 2006

Bourgine: Moulin à Vent 2005

Chenas 2005

Lapierre: Morgon sasn soufre 2005

Guignier: Moncailleux 2005 (Sans SO2)

Fleurie 2005

Grillet; Morgon Les Cras 2006

On va se régaler!!!

11/10/2008

LIVE: Le VIN SANS SOUFRE (V) Dégustation sur 30 heures

Salut à tous, j’ai été heureux de voir votre enthousiasme le week-end passé, face à ces vins “hors norme”. Peu de grimaces, beaucoup de sourires, et des bouteilles vides en fin de week-end. J’aurais renouvelé, de toutes façons cette dégustation visant à montrer ce à quoi il est possible de tendre en matière de vinification; c’est à dire le minimum de sulfites, voire, pour ceux qui aiment emprunter de nouvelles voies gustatives, le zero sulfites. Mais là, c'est avec enthousiasme que nous repartons pour un Tour de France sans sulfites ni EPO, en visitant d’autres régions, telles que la Loire, le Roussillon, le Sud-Ouest, ou le Jura. Cette dégustation tombe à pic, car c'est justement le thème choisi par le président Olif pour les vendredis du vin . Je crois que vais y participer, et vous? C'est l'occasion, non? ;-). Bon, en tout cas, Santé, au propre, comme au figuré!

A nouveau, nous compléterons ce post avec nos impressions de dégustation, à l'ouverture (vendredi 14h), le vendredi soir à 20h et le samedi vers 19 heures. C'est ce week-end des 10 et 11 octobre, venez faire un tour à la boutique de l'Odyssée et remplissez votre cave de vins nature!

Voilà, déjà les commentaires des deux premières dégustations, ce vendredi à 14h et puis 6 heures plus tard, à 20h00.

Blancs

Alsace, Riesling Katzental Non Filtré 2004, Audrey et Christian Binner

L’absence de filtration permet de diminuer sensiblement les doses de SO2 dans les vins blancs. C’est le cas de celle-ci qui n’a donc reçu qu’une bonne dizaine de mg/l, soit ce que la levure peut, elle-même produire. Le vin est magnifique, la robe un peu dorée, le nez loin des caricatures pétrolées du riesling immature. Non, ici, vous avez de la minéralité, terpénique, mais pas seulement, un peu évolutive aussi. En bouche, il y a un peu d’ananas, du citron confit en finale, une acidité nette et une longueur qui vous fera saliver. Un vin qui arrive gentiment à maturité, et d’un rapport Q/P exemplaire. Vraiment impeccable à tout niveau. à 20h00, cela n'a pas vraiment bouger, un peu plus de fruit sans doute, au top!

Le lendemain 20 heures, le vin est toujours aussi bien, pas de traces dévolution, ni au nez, ni en bouche. Super!

Alsace, Gewurztraminer, Grand Cru Eichberg 2003, sans sulfite, Bruno et Gerard Schueller

. Tout d'abord, une petite video des vendanges 2008 chez Bruno. Mais revenons à notre cuvée. Très peu de récolte sur cette parcelle, Bruno le met dans un petit fût, et le garde sans ouillage, sans sulfite. Après la mise en bouteille, il le fait goûter dans un salon, et les bouteilles partent comme des petits pains. Je le goûte à mon tour, et j’adore. Les arômes plus classiques du gewurz se marient admirablement avec d'autres plus originaux, comme l'orange, le muscat, le safran, le gingembre. Le nez est simplement fantastique. La bouche, plus que perlante, est aussi étonnante. Complètement sèche, mais grasse et puis, ce qui est extra, c’est que l’on retrouve ce côté juteux du sans soufre, cette digestibilité, et qui plus est, sur un cépage qui n’est pas réputé pour ces qualités. Un vin de belle gastronomie. Ce fut un coup de coeur pour certains hier. 6 heures plus tard, le vin a pris un peu de couleur, le gaz est presque parti, je dois me retenir de ne pas me servir un petit verre, attendons demain!

24 heures plus loin, ce vin est toujours aussi magnifique, il n'a pas évolué, mais on y découvre d'autres arômes, encore d'agrumes, mais d'épices aussi, de fruits secs, que sais-je encore. Le gaz est complètement dissipé, et la bouche n'en est que plus agréable, suave, grasse, mais jamais lourde; à peine une pointe d'amertume qui se marie bien avec les arômes d'agrumes et structure encore mieux le tout. Bravo Bruno!

Rouges

Rhône, Pas à pas 2007, vdp Ardèche, Carignan, alicante, sans sulfite, Domaine des Clapas

Neo-vigneron, c’est son second millésime, Jérôme Jouret avance pas à pas, mais à grand pas! Les vignes viennent d’un terroir argilo-calcaire et le vin n’est ni filtré ni sulfité. Derrière quelques arômes animaux loin d’être dominants, c’est une explosion de fruit sureau, mûre sauvage. C’est, comme la cuvée “En avant doute”, d’une fraîcheur insolente. C’est une cuvée plus structurée, moins “glissante”, mais quelle bonheur! Après 6 heures, le vin est nettement plus en place, un peu plus rond, on attend avec impatience la petite côte d'agneau grillée au romarin qui se mariera avec cette cuvée.

Et ce vin tient sans problèmes 24 heures supplémentaires; il ne se bonifie plus, mais garde beaucoup de fraîcheur. A peine quelques notes animales supplémentaires peut-être, mais bien noyée dans le fruit et la garrigue. Belle réussite.

Jura, Pinot Noir, Cuvée Z 2006, sans sulfite, Fanfan Ganevat

Bruno et Fanfan se sont rencontrés pour la première fois chez moi, lors d’un de nos marché vignerons. Depuis, ils ne se quittent plus. Et que croyez vous qu’ils se racontent, des histoires sulfureuses sans aucun doute;-). Fanfan, comme Bruno, n’est pas le taliban du sans soufre, il l’utilise avec grande parcimonie, et sur quelques cuvées qui le permettent, il l’évite tout simplement, sans dogmatisme aucun. C’est le cas avec ce pinot noir issu de vignes plantées en 1977 sur terroir argilo-calcaire. Elevé 18 mois sans SO2 et embouteillé de même, d’où le Z! C’est très minéral au nez, très fumé, empyreumatique, mêlés aux arômes de cerise fraîche, une note boisée, florale et animale. Le vin est très tendu en bouche, les quelques tannins se fondent, doté d’une acidité jurassienne, un peu kriek, mais qui garde une belle gourmandise. La longueur est épatante, très minérale, très salivante. A nouveau, la buvabilité est superlative. Une cuvée qui divise, sans concession, loin des canons denses et sirupeux issus de l’osmose inverse, mais qui ravira les fans du Jura et du vin naturel. Le soir, pas beaucoup de changement, un peu plus de volume, un peu plus de fruit, mais les différences sont peu marquées. Là, on attend la saucisse de Morteau au Mont d'or!

Le fruit s'est encore développé au cours du temps; les arômes fumés et grillés se sont dissipés pour laisser place à un fruit net, cerise groseille et de la minéralité. La bouche reste intransigeante, mais trsè gouleyante. Un vin que certains devront apprivoiser pendant que d'autres se régaleront/

Beaujolais, Régnié sur fût 2005, Gamay, sans sulfite, Christian Ducroux

Nous avons goûté la cuvée de base sans SO2 2006, la semaine passée, voyons cette fois le Régnié fût 2005. Rassurez vous, pas de fût neuf dans cette cuvée, même si le nom y fait souvent découvrir du boisé par certains dégustateurs. Par contre, comme pour la cuvée de base sans SO2, le premier nez est sur le fromage, le deuxième sur la choucroute. Il faut patauger dans tout cela pour dénicher le fruit. C'est en bouche qu'il faut le chercher. Et là, on y trouve de la mûre, de la myrtille, des notes plus originales, peut-être minérales, de graphite. A l'ouverture, la bouche parait cependant plus mince que dans mon souvenir, encore tannique, et plutôt dure. Pas beaucoup de succès pour ce vin. Les tannins, c’est normal, il s’agit en fait du vin de presse et c’est pour affiné ceux–ci que ce vin est élevé en vieux foudre. J'en ouvre une deuxième pour vérifier, elle est très semblable. A 20h00, les arômes de choucroute se sont un peu atténués, je fait goûter Anne, elle adore. La bouche s'est bien arrondie et l'on déguste avec avidité la deuxième bouteille sur une tranche de limousin aux cornes de gattes et champignons des bois récoltés la veille, chanterelles en tube, trompettes de la mort, pieds de mouton, bolets, ... Une alliance parfaite, quelle présence dans ce vin pour qui sait surmonter le premier nez. Jamais l'image du lait cru et du lait UHT n'aura été tant validée. Bon en attendant, je n'en ai pas encore vendu une seule...

Le lendemain soir, le côté "choucroute" s'est un peu atténué", mais ne laisse pas assez place au fruit. Ce n'est heureusement pas le cas en bouche, où il est bien présent. Comme les tannins se sont arrondis, il devient vraiment friand. Un vin à attendre encore.

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Sud-Ouest, vdt “Buzet”, le Pech abusé 2003, 1/4 CF, 1/4 CS, 1/2 Merlot, sans sulfite, Domaine du Pech

David contre Goliath, Ludovic et Magali contre la grande coopérative de Buzet qui dégueule, euh pardon, déverse, 95% de la production, le plus souvent insipide de cette appellation. Et David a perdu le combat de l’agrément; son vin est refusé à la dégustation, et n’a pas droit à l’AOC. Avec humour, il appellera cette cuvée, le Pech abusé ;-). Mais David prend déjà une première revanche aux Vinalies 2007, où son vin de table reçoit le prix des oenologues (amazing, isn’t it?). Mais le coup de grâce à Goliath, c’est vous qui allez l’asséner lors de notre marché vigneron de printemps. En effet, chez Ludovic, c’est toute la gamme qui sort du lot, et vous avez manifestement apprécié, tant le personnage, que ses vins. Revenons à ce 2003, année de la canicule, des rendements minimes (16hl/ha), il a été élevé pendant trois ans pour parvenir à l’équilibre voulu. Mais la patience est une vertu et le résultat en vaut la peine. Le nez est puissant, cassis, prune, noyau de cerise, graphite, très belle complexité. Bouche charnue, attaque moelleuse, mais les tannins sont encore très présents, pas trop secs pourtant, et l’équilibre est là, grâce au pH bas que peuvent donner des raisins bios. Je tiens aussi à souligner le rpt Q/P hallucinant quand on voit celui des “bonnes” bouteilles aux foires aux vins actuelles...

Sud-Ouest, vdt “Buzet”, le Pech abusé 2003, 1/4 CF, 1/4 CS, 1/2 Merlot, avec +/-15 mg/l de sulfite, Domaine du Pech

Attention, la même cuvée, mais avec un chouia de so2. En Avril, le tout sans soufre avait été plébiscité. Cette cuvée-ci était fermée au nez et les tannins féroces en bouche; Qu’en est-il quelques mois plus tard, nous allons le découvrir ensemble, suspense!!!

A 14 heures, le vin est très conforme à la description ci-dessus. Les différences entre les deux cuvées sont beaucoup moins nettes qu'en avril. Toutefois, c'est encore la cuvée sans SO2 qui récolte les suffrages, moins serrée en bouche, un peu plus ouverte au nez. Mais les différences sont ténues. Pas de différence notable à 20 heures

Le samedi soir, après 30 heures, je demande à Anne de me les servir à l'aveugle. Je goûte le premier verre qu'elle me sert, et je crois reconnaître sans problème le sans sulfites. Le deuxième confirme mon impression, nez fermé, un peu réduit même, moins expressif, et puis ces tannins un peu durs qui ne bougent toujours pas, alors que le premier se fait déjà plus aimable. Ouf, Anne confirme! Les deux vins se sont donc rapprochés depuis Avril 2008 où ils étaient tellement différent alors que seuls quelques 15 mg/l de sulfites les sépare. Mais la différence reste cependant notable au point de vue fruit , tannins, et milieu de bouche. Rendez vous dans 5 ans! Le dimanche,soit 48 heures après ouverture, à peine un peu de fruits confit au nez dans le sans sulfites, mais surtout des tannins qui enfin s'amadouent et un vin qui prend de la longueur, avec des notes de chocolat au cassis. A garder encore quelques années en confiance.

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Loire, Saumur-Champigny, Le vin d’une oreille 2005, Cabernet Franc, sans SO2, Sébastien David

L’hurluberlu est de retour. Vous avez apprécié ses rouges et rosés friands du même nom, vous avez été charmé par l'alliance de fraîcheur et de suavité de sa cubée Orion, voici le petit joyau qu’il nous cachait jusqu’à présent, le vin d’une oreille, une merveilleuse partition jouée sans sulfite aucun. J’ai déjà dégusté ce vin par deux fois, et l’évolution entre les deux était incroyable. Gain de chair, gain de longueur, équilibre précis, ce vin s’orientait plus vers le pinot noir bien dense que vers le cabernet. Je ne vais pas me perdre en tâchant de le décrire plus ici, venez le goûter, mais attention, je n’ai que quelques bouteilles. Ah oui, le nom? Voici ce que j’ai trouvé à ce propos et confirmé par Sébastien. On dit figurativement et populairement d’un vin excellent, que “C’est un vin d’une oreille”, parce que ceux qui en boivent penchent une oreille en signe d’approbation ; et l’on dit au contraire d'un mauvais vin , que “C'est du vin de deux oreilles”, parce que ceux qui en boivent secouent la tête pour marquer qu'ils ne le trouvent pas bon. (Dictionnaire de l'Académie Française, 5e édition, Paris 1798). Le vin à l'ouverture est très proche de la description ci-dessus, vraiment un très beau vin, mais à attendre. Et déjà, une attente de 6 heures est heureusement bénéfique. Le vin prend de l'étoffe, de l'allonge avec de belles notes de chocolat en finale, un nez un peu plus cabernet sans doute. Mais toujours cette impression bourguignonne à l'attaque qui se métamorphose en puissance en finale. Une cuvée pas vraiment donnée, mais qui offre un plaisir bien plus naturel que ce que vous pouvez trouver en foires aux vins actuellement. Pour info, Giscours 2005 est à 51,99€, Branaire à 59,99 et Pontet Canet à 79,99€, foncez!;-).

C'est encore meilleur le lendemain, plus fondu, vraiment une très belle bouteille, à garder en confiance quelques années ou à ouvrir comme cela, sans raison, pour se faire plaisir. A carafer impérativement avant...

Roussillon, vdt, Vignoble de Trouillas, Grenache, Mourvèdre, Carignan, 2005, sans sulfites, Casot des Mailloles

Les masos du casot, les excités du chadic, sont de retour. Avant de rentrer leur nouveau millésime, je vous propose de terminer les quelques caisses de cette petite pépite. Il lui a fallu du temps, mais elle est en place depuis quelques mois maintenant. A l'ouverture, un petit pop, ah un peu de gaz, un vin vivant qui vit! Le nez est franchement sur la cerise, la mûre ou la framboise. I y a aussi des épices, et une petite note de volatile qui apporte à la matière une fraîcheur bienvenue à qui sait l'apprécier. Ici encore cela va diviser les amateurs (coup de coeur pour certains), même si tout le monde lui reconnaît un fruit superlatif en bouche. Les tannins grenus se fondent, on peut maintenant la savourer sur une pintade à la catalane. Le soir, le nez s'est un peu dégradé, avec une note lactique supplémentaire. La bouche est toujours aussi friande. J'ai un peu de craintes pour le lendemain, on verra les vins du casot savent se tenir sur plusieurs jours!

Le lendemain, le nez est toujours aussi génial, un peu d'arômes de légumes cuits (oxo), d'acidité volatile, mais beaucoup de fruit (framboise, fraise), de minéralité (graphite, pierre), d'arômes iodés, d'algue. En bouche, il y a toujours ce gaz qui perturbe certains dégustateurs, mais beaucoup de fruit. En fin de dégustation, je secoue vigoureusement le fond de la bouteille, le fruit ressort, et la bouche se fait plus gourmande. Hélas, en finale, les notes de cacahuètes grillées se font plus marquées, et je n'aime pas cela! Pour moi, il est nettement en dessous de la veille. Son optimum devrait se situer, à mon avis, après 1 ou deux heures de carafage (vigoureux;-).

Je prendrai comme première conclusion, celles d'un amateur passionné de vin, mais peu féru de vins naturels: "Plus de fruit, plus de raisin, plus de mâche" Je suis assez d'accord avec lui, ce sont des vins sans retenue!. A bientôt pour la conclusion générale de ces deux semaines de dégustation de vins sans sulfites!