10/03/2010

19-20 MARS, WEEK-END VIGNERONS

Les vendredi 19 (de 17h à 21h) et samedi 20 Mars (de 11h à 20h), se tiendra à la salle des fêtes du lieu-dit "Guet à Pintes", au 2 rue Constant Wauters, à Pécrot (Grez-Doiceau), nos prochaines portes ouvertes en présence de vignerons! Le casting est à nouveau top du biotope, avec pour chaque région présentée, un de ses meilleurs représentants bio et nature !

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Il y aura bien sûr l’ami fidèle Fanfan Ganevat du Jura, qui nous présentera, en blanc quelques cuvées 2007 comme la belle Oregane, un assemblage ouillé de savagnin et de chardonnay; et aussi une nouvelle venue, ses « Grusses En Billat ». En rouge, ce sera la dernière occasion de goûter son pinot noir 2008, tout en finesse et longueur, et sans soufre ajouté. Il nous présentera aussi quelques oxydatifs comme le super rpt Q/P « cuvée de garde », assemblage également de chardonnay et de savagnin ; ou encore sa cuvée prestige. Enfin, on devrait avoir droit à l’un ou l’autre liquoreux. En primeur pour vous, il ne pourra certainement résister à montrer les belles promesses de ses blancs 2008;-)

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Si Fanfan est un habitué (il n’a raté aucun week-end vigneron en 5 ans), il y aura quatre nouveaux venus à Pécrot, mais beaucoup d’entre vous ont eu l’occasion d’apprécier leurs vins, ils sont à la carte depuis un certain temps.

En Loire, il y aura Sébastien David, dit l’hurluberlu ! Pourquoi Hurluberlu? Ben c’est le nom d’une de ses cuvées, et puis c’est un peu son surnom dans le coin, lui qui est un des seuls de l’appellation à travailler ses vignes comme un forcené et à limiter les entrants en cave à quelques milligrammes de SO2. Deux cuvées en dégustation, l’hurluberlu, évidemment, mais aussi le superbe « Ni Dieu Ni Maître, 2007 » (parce qu'on est pas des moutons ;-); cuvée évidemment repérée dans un des derniers n° de la RVF consacré à la Loire. Du cabernet franc sous deux aspects bien complémentaires.

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Il sera rejoint le samedi par l’Isabelle Villemade, du domaine du Moulin, en appellation Cheverny et Cour-Cheverny. Elle nous présentera ses gamay et pinot noir, frais comme des gardons, mais aussi ses blancs dont le somptueux « Acacias », à base de romorantin.

En Beaujolais, c'est Jean-Claude Lapalu qui répondra présent. Vous vous êtes régalés de son Beaujolais Nouveau en 2008 et en 2009. Vous allez maintenant découvrir ses nombreuses déclinaisons de gamay en appellation Brouilly. Des vins toujours très mûrs, il en fait même une vendange tardive, le Rang des Merles, et aux tannins soyeux. Un petnat, le bien nommé aléatoire, sera également au programme! Il a fait la une du magazine belge « Vino » dans son dernier numéro consacré au Beaujolais. 

 

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En Alsace, les mousquetaires du vin nature ne sont pas trois, mais quatre (Schueller, Frick, Meyer et Binner), vous avez pu découvrir leurs vins régulièrement à la boutique ces dernières années ; et cette fois je suis très heureux d’accueillir Beatrice Binner (la sœur de Christian et la « marraine » de la fameuse cuvée Béatrice ! ). Le timing est excellent, puisque avec l’arrivée du printemps, ce sera l’occasion d’encaver la plus que sympathique cuvée des « saveurs Printanières », mais aussi de se régaler de son muscat qui frizouille et de ses grands crus du Kaefferkopf.

Vu les circonstances difficiles, je me suis décidé assez tard pour l’organisation de cet événement. J’ai donc contacté un peu plus de vignerons qu’à l’habitude. Ils ont presque tous répondu présent ! J’aurai donc le plaisir d’accueillir pour la deuxième fois à Pécrot, Ludovic Bonnelle du domaine du Pech, dans le Sud-Ouest. En plus d’être un gars adorable, Ludovic fait des vins de toute beauté et d’un naturel confondant. Son Pech abusé 2005 fut un de mes top 5 de 2009, et un coup de cœur récent de JF sur Biodyssey. Le domaine est situé à Buzet, appellation, où 95 % des raisins vont en coopérative, dire que Ludovic est un peu esseulé dans son travail n’est pas mentir. Il nous en présentera deux versions du 2005, une très légèrement sulfitée, et une autre à l’élevage un peu plus long, totalement sans sulfite. Et puis il y aura ses belles cuvées de garde « badinerie », en rouge comme en blanc et toujours sans sulfite ajouté. Gros Miam en perspective.

 

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Six vignerons bio et nature, haut de gamme, mais avec des prix pour toutes les bourses, de 7 à 77 euros ;-) !


Et puis ne louper pas nos poivres divers et nos tisanes de fin d'hiver, nos thés indiens, chinois ou japonais, et parfois sauvages. Et puis les épices, du sumac à la fève Tonka, en passant par les feuilles de poivrier de Tasmanie, et sans oublier les classiques curry indiens colombo, garam massala, et puis aussi les épices plus courantes mai de qualité bio supérieure, comme la cannelle, le clou de girofle, le carvi, ... Un festival de saveurs en perspective, une véritable odyssée aromatique, ben tiens!!

Voilà qu'on se le dise, venez nombreux, on compte sur vous pour faire de cette fête une réussite!

 

 

 

 

 

21:21 Écrit par Laurent dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : david, ganevat, binner, lapalu, pech, villemade |  Facebook |

01/12/2009

11-12/12:NOEL VIGNERON NATURE à la boutique

Dans une dizaine de jours, les vendredi 11 et samedi 12 décembre, j'aurai le grand plaisir d'accueillir quelques vignerons, qui produisent avec passion, des vins comme on les aime, bio et nature! Ce sera l'occasion d'inaugurer la salle des fêtes du Guet à Pintes, je vous y attend! On ne sera pas vraiment prêt, mais si vous aimez le (très) bon vin et l'ambiance à la bonne franquette, alors vous êtes les bienvenus!

Si vous ne pouvez venir, profitez de la disponibilité des vins sur notre nouvelle boutique en ligne; BIODYSSEY, tenue par mon ami Jean-François Bero. On a les mêmes goûts en musique (on s'en fout), et en vin (ça tombe bien), pour le reste on est tellement différent qu'on en est complémentaire ! Elle est encore à l'état embryonnaire point de vue description, mais elle fonctionne, profitez en si vous ne pouvez vous déplacer!

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Il y aura bien sûr Jean-François GANEVAT que l'on ne présente plus, quoique j'ai bien envie de consacrer un reportage détaillé au personnage et à son domaine, il y a encore tant de choses à apprendre. On verra en 2010. Fanfan nous présentera ses blancs 2007 qui seront enfin à la vente, mais ne tardez pas, j'ai eu mon allocation un peu réduite en raison d'un vol de palettes (période de migration des palettes sans doute ;-). En principe on dégustera aussi les rouges 2008, fraîchement mis en bouteilles, dans le style des fabuleux 2007 et puis un ou deux liquoreux, sans doute son si rare Vin de Paille ou alors le Sul Q pour Suyquième!

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Il y aura aussi Renaud BOYER, Renaud a repris les vignes de Thierry Guyot en 2004; et poursuit dans la même philosophie, bio et biodynamie à la vigne, pas d'intrants à la cave, excepté une chaptalisation rare et minime, et du sulfite au raz des pâquerettes, voire pas d'ajout sur les rouges. Nous dégusterons ses rouges 2008 sans sulfites ajoutés, le Bourgogne bien sûr, et le très beau St Romain. Amateurs d'extraction, passez votre chemin, ici on joue sur la finesse (qui ne veut pas dire maigreur;-). Nous n'oublierons pas le très chouette passetoutgrain, et puis pour la première fois, son Beaune. En blanc, ce sera le St Romain 2007 ainsi que le Bourgogne générique 2006. 

Et puis nous en profiterons pour inviter deux nouveaux vignerons à la carte, et pas des moindres, à nouveau deux des meilleurs représentants de leur région. Tout d'abord, Jean-Philippe PADIE, de Calce dans le Roussillon. Dans un style qui introduit de la fraîcheur et de la salinité, sans renier la présence du soleil. Un peu la synthèse de la générosité d'un Gardiès et la pureté d'un Gauby; la gourmandise en plus. Après quelques classes au Mas Amiel, à Maury, Jean-Phi a d'ailleurs travaillé chez Gérard GAUBY jusqu'en 2003, avant de reprendre quelques terroirs divers et complémentaires, pour arriver maintenant à près de 15 ha. A lire avec délectation, le reportage du bloggueur Philippe Rapiteau qui nous conte rencontre et dégustation avec beaucoup de talent. A lire aussi cette interview de Jean-Philippe; il cite dans ses derniers coup de coeur Fanfan GANEVAT et Francis BOULARD. Il a pas goûté BOYER ou quoi!;-).

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Car il y aura aussi un Champenois, Francis BOULARD. J'avais déjà LARMANDIER BERNIER et ses superbes chardonnay pour la côte des blancs, Jacques BEAUFORT et son pinot noir pour Ambonnay. Je cherchais donc un vigneron de la vallée de la Marne, qui joue un peu avec le pinot meunier. J'ai eu l'occasion de goûter à nos week-end vigneron une de ses cuvées, Petraea, grâce à la générosité de certains d'entre vous, c'était trop bon! Une sorte de solera de champagne, ou le vieux vin élève le nouveau, c'était vraiment top. Il propose aussi deux versions de la plupart de ses cuvées, une peu dosée, à 6 grammes, et une nature, sans dosage. Notre préférence a souvent été à cette dernière, mais j'ai pris un peu des deux ;-). Ah oui, on est pas dans la gamme carrouf ou lidl, mais les prix restent sages et c'est fait avec du raisin et de la sueur!

Il y aura aussi de la bière, celles de la brasserie Dupont, de la Moinette biologique, de la Bons Voeux, ... que de bonnes choses!

 

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Vous l'aurez constaté, je manque un peu de photos des autres vignerons  ...;-)

 

Grand merci Olif, grâce à toi, voici une photo de Francis Boulard, le nez dans un verre de Macle

 

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28/10/2009

VINS BLANCS de CHAMPIGNONS

Dégustation à thème le week-end passé à la boutique de l'odyssée. Comme d’habitude, direz vous! Oui, mais cette fois pas de région, pas de cépage, pas de vigneron, juste une recherche d'harmonie avec la saison, et l'occasion aussi de se prendre un bon bol d'oxygène. Et puis une harmonie culinaire aussi, via bien sûr, les champignons! Pas de longues balades, donc, mais belle récolte!

J’ai pris quelques unes de mes recettes préférées et tenté d’y coller un accord parfait, en tout cas l’accord que je ferais sans hésiter. Ensuite, à vous d’essayer. Pas le temps de rédiger ces recettes souvent réalisées à l'inspiration; alors, je vous propose de consulter celles que j'ai tirées du net. A vous de les adapter selon votre goût, envie et expérience.

Les Blancs

Avec tourtestourtes ou quiches, comme certains d’entre vous les ont dégustées à nos journées balades champignons et escargots, j’adore déguster un pinot gris bien sec, mais musclé, qui champignonne ou mousseronne gentiment au nez, et ce fut le pinot gris 2002 de Bruno Schueller; c'était les dernières caisses, et il était parfait. 

Avec un risotto, (dans lequel vous n'hésiterez pas à tester quelques épices ;-), j'aime bien aller à la rencontre d'un chenin, voire si l'envie d'aventure me prend, à la recherche d'un blanc sans soufre à belle tendance oxydative (par exemple ceux de Pierre Frick).

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De même, si vous cuisinez les pieds bleus, champignons goûteux mais très puissants, il faut un vin qui assure derrière. Là aussi, un chenin bien mûr ou un léger oxydatif fera merveille.

Comme exemple, nous avons dégusté l’Anjou blanc 2007 de René Mosse, aux arômes de crumble au coing, à la bouche grasse mais équilibrée, suffisamment puissant, mais également frais pour pouvoir accueillir ces plats.

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Et puis, même si ce n’est pas la saison, un thème champignon sans morilles et donc sans vins du Jura, ce serait une insulte aux bonnes convenances. On ne va donc pas louper l’occasion de se régaler avec un poulet de Bresse au morilles et vin jaune. Pour l’occasion, j'ai sorti mon millésime préféré de fanfan en vin oxydatif, le 2002, à nous le Savagnin Prestige 2002 de Jean-François Ganevat, et ses arômes de morilles et de lichen séchés, de raisin et d’abricot sec, de curry de Sambhar, et sa bouche onctueuse. Un vin riche, superbe, plus adéquat pour un repas qu’un vin jaune, quoiqu’il soit aussi idéal pour une bonne méditation ;-).


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01/07/2009

WEEK-END VIGNERONS: Quelques photos

Un soleil radieux nécessitant de jongler en permanence avec les températures de vins, des amis habitués, des nouveaux sympas, quelques curieux, notre troisième anniversaire en présence de quatre vignerons exceptionnels a, je crois, séduit tous les participants.

Au four et au moulin, ou plutôt au épices et au vin, ce sont mes enfants qui se sont chargés des photos. Ils se sont plutôt bien débrouillés, en voici quelques unes.

Fanfan Ganevat était en belle forme, mais ses vins l'était encore plus. Des blancs 2006 au top, des rouges 2007 qui s'affinent (du fruit plaisir en bouteille), et des échantillons blancs 2007 qui laissent augurer d'un millésime plus droit, salin et minéral. Alors que la qualité est là depuis le début, on a l'impression que, faisant fi de la celle du millésime, ses vins progressent d'années en années. 

Jérôme des Clapas faisait le déplacement pour la première fois en Belgique, et c'est bien sûr la boutique de l'Odyssée qu'il a choisi comme point de chute. La aussi, malgré les températures, les vins déployaient toute leur fraîcheur et fruit. Un "Java" comme un coulis de fraise légèrement acidulé, l'"En avant doute" comme une caresse, le "Pas à pas" appelant déjà le méchoui, et le blanc "Ivraie" d'ugni aux arômes de viognier, une petite friandise. Bravo Jérôme, qui nous a en plus séduit par ses talents de chanteur. Il connaît Brassens par coeur, accompagné de Claude Manesse à la guitare, nous avons eu droit à un "Gare au (poivre des) Gorilles" d'anthologie. 

 

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Que dire du "noune", Georges Descombes, si ce n'est que les compliments pleuvaient sur la qualité de ses Beaujolais. Certains croient encore que le Beaujolais se limite au Beaujolais nouveau de synthèse, mais notre travail de fond commence à porter ses fruits. Ouf! Au sommet ses deux Morgon, le 2007 et le Vieilles Vignes 2006, sans oublier, le petnat bien frappé Mandibulles. 

Petit mot sur le geste ci-dessous, qui a été répété 5833 fois si j'ai bien compté, mais j'étais parfois débordé il est vrai. Bon je dois encore faire les comptes mais quand je vois le nombre de cadavres, j'ai des craintes Clin d'oeil.

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Enfin, il y avait René Mosse, le vigneron au regard revolver, dont les vins sont de petites tueries! Une gamme impeccable avec de mon côté un grand faible pour le "moussamoussettes", le super "gros" à base de Grolleau 2007, l'Anjou rouge 2007, sans doute le meilleur de la région et puis les Bonnes Blanches 2007, une petit diamant qu'il faudra caché quelques années avant de le sertir de vos lèvres.

 

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Et puis il y avait aussi de la bière, de la Saison Dupont bio, de la Moinette bio, mais aussi, offerte par Andrea Calek, vigneron tchèque ardéchois (géniteur de Babiole notamment), un petit fût de Pilsener Urquell, qui nous a bien étanché la soif le vendredi soir, merci à lui d'avoir voulu être présent par ce biais à cet anniversaire.

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La dégustation des vins s'est déroulée pour la première fois en extérieur, dans le jardin, sous une tonnelle amicalement prêtée par le café du village le "Val Fleuri". Encore merci à Patrick et sa bande! Et puis tant qu'on est dans les remerciements, les tables venaient de l'autre café, le "Guet à Pintes" et les chaises de "Biosphère", merci à eux, voilà, vous savez tout Clin d'oeil

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Pour sustenter tout ce petit monde et quelques amis, nous avons fait le méchoui traditionnel (c'est la deuxième annéeClin d'oeil), arrosé de multiples cuvées apportées par les invités. Rassurez vous on a aussi beaucoup craché Innocent.

Impossible de tout citer, mais il y avait tellment de bonnes quilles, et pas mal m'ont bien marquées.

Tout d'abord, le sommet de la soirée, le Vin Jaune 1990 de Pierre Overnoy, un vin magique, d'une densité et d'une longueur extraordinaire, c'est lui qui m'avait fait dire il y a quelques années "J'ai bu le meilleur vin blanc de ma vie et c'est un vin Jaune". Et bien, à l'aveugle, il était largement à la hauteur de sa réputation, doté d'une minéralité exacerbée, moins curry que des vins jaunes classiques, superbe. Merci à PY et Philippe de l'avoir choisi dans ma caveClin d'oeil

Pas loin, il y avait un autre Overnoy, un savagnin ouillé 1996, entre oxydation et fruit, avec ces arômes de pierre humide, de gentiane, c'était du tout tout bon. Côte à côte, il y avait la cuvée "Marguerite" de melon à queue rouge de Fanfan Ganevat, riche mais qui a gagné en tension depuis un an, superbe; et puis Marie Besnard 2005 de Mosse, pas trop typée chenin (je ne l'ai pas reconnuClin d'oeil), plus complexe, avec des arômes d'ananas, de caillou, et une très belle longueur. Au moins à ce niveau, La Lune 2004 de Mark Angéli, à la fois tendue et digeste, et cette finale un peu saline, miam! Dans un style très mûr et épanoui, le superbe Riesling Muenchberg 2001 de Patric Meyer, a eu ses aficionados, dont je suis! Très beau Barral Blanc 2006 également, plus consensuel qu'avant peut-être, mais très très bon!

Il y avait aussi quelques rouges, mais bien moins que des blancs, étonnant. Mention plus que spéciale pour la superbe Mémé 99 de Gramenon, qui ne faisaient pas son âge, entre arômes tertiaires et épices diverses, suavité, équilibre, grand! Dans un style proche, je n'ai eu aucun problème à reconnaître le beau pinot noir Bildstocklé 2006 de Bruno Schueller, on peut encore garder, mais allier profondeur, naturel, complexité et buvabilité à ce niveau relève de l'exploit.

Pour terminer, après un excellent rosé "Ma terre" de notre ami Henri Milan, un Poulsard 2008 d'Overnoy a séduit les derniers survivants, qui se sont ensuite calmés pour déguster gentiment un superbe Champagne Beaufort, miam et remiam!

 

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Voilà, vivement l'année prochaine, même si d'ici là il y aura encore de nombreuses activités et dégustations. En tout cas, votre serviteur vous remercie pour vos encouragements à garder cette belle aventure vivante!

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23/06/2009

26-27 JUIN, WEEK-END VIGNERON!

 

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Le week-end prochain, les vendredi 26 et samedi 27 juin, à Pécrot (Grez-Doiceau), la boutique de l'Odyssée des arômes, fêtera, en présence de vignerons, son troisième millésime. Venez nombreux, parlez-en autour de vous, on vous attend! Des questions, un mail (laurent@truegreatwines.com) ou mon gsm, 0478 82 16 36. Il y aura aussi nos épices, nos poivres sauvages, nos huiles essentielles et de gastronomie, nos thés de Chine ou du japon, nos multiples curry, et quelques superbes nouveautés, comme cette fabuleuse poudre de feuilles de poivrier de Tasmanie. Venez!

Et oui, déjà trois ans écoulés depuis que nous avons transformé "temporairement" notre salon en boutique; et près de 6 ans que nous tentons de vous faire découvrir de petits producteurs, bios, talentueux et passionnés. Le temps s'écoulerait-il aussi vite qu'un vin sans soufre dans notre gosier? La aussi, ne devrait-on pas imposer la mention "avec modération"! Clin d'oeil

Quoi-qu'il en soit, nous y sommes, et j'en suis très heureux; très heureux aussi de vous faire découvrir Jérôme Jouret, du domaine des Clapas, en Ardèche, dans la vallée de l'Ibie, à Villeneuve de Berg. Il en est, lui aussi, à son troisième millésime, le 2008, que vous allez pouvoir déguster. En conversion bio, il travaille ses vins, issus pour la plupart de coteaux argilo-calcaire, dans un registre sans soufre, très pur! Des cuvées de rouge, aux arômes fruités, floraux, gouleyantes (Java), suaves (En Avant Doute, grenache) ou plus structurées (Pas à Pas, carignan-alicante). Il nous propose aussi un blanc très chouette, l'ivraie, qu'il a réussit à séparer du bon grain ;-). C'est un 100 % ugni blanc qu'il a mis en bouteilles sans SO2, attention, je n'en ai que 6 caisses. Les prix sont angéliques, tout en dessous de 10 €. J'étais le premier à l'avoir en Belgique (merci Gaëtan;-), et sa première visite est pour nous, ne la loupez pas!

 

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Pour faire le poids face à ce jeune talent, j'ai fait appel à une équipe de choc. Dans les buts, je n'ai mis personne, car vu le profil de ces vignerons, c'est pas à du foot qu'il faut s'attendre, mais à du Rugby Langue tirée.  Comme piliers, il y aura à droite, René "cabernet" Mosse, de St Lambert du Lattay en Anjou. En bio depuis belle lurette, il nous proposera ses 2007 à la dégustation, je les ai goûté à Angers cet Hiver, c'était déjà bon! Si les blancs doivent encore se faire un peu (quoique les Bonnes Blanches sont déjà magiques...), les rouges sont d'un croquant extraordinaire. René "cabernet" assume encore une fois son surnom avec talent, pour proposer un vin, encore une fois en phase avec le meilleur du millésime. Après un 2005 baroque, très mûr, avec 2 sucres résiduels (je les ai comptés ;-) mais doté d'une superbe acidité, un 2006 qui entrera dans la légende dans quelques années, voici un 2007 bienvenu, dense, aux tannins déjà abordables, et au fruité adorable. A boire en attendant les 2006 et 2004, c'est un vrai coup de coeur. Et puis il y aura aussi le bien nommé "Gros", à base de grolleau, une friandise pour adulte! Un autre beau reportage sur le blog de la pipette!

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A gauche, vous trouvereGeorges "noune" Descombes, fer de lance du Beaujolais naturel. Troisième visite également pour le "noune", qui nous fera une petite verticale du Beaujolais, avec du Brouilly Vieilles Vignes 2005, du Morgon Vieiilles Vignes 2006 et du Chiroubles Vieilles Vignes 2007. Plus du petnat, du rosé et une ou deux cuvées de soif. Des Beaujolais de haute volée, on va se régaler!

 

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Enfin, aux autres postes, à l'avant, ou comme talonneur, au four comme au moulin, il y auraJean-François "talon" Ganevat, dit aussi Fanfan, en importation direct du profond Jura. Lui, c'est déjà sa onzième visite dans ce petit bled de Pécrot. Au programme, les 2007, en blanc comme en rouge, et sans doute encore des nouveautés dont il a le secret. Malgré sa renommée croissante, le pèlerinage de Pécrot lui est indispensable. Ses 2007 sont superbes, en rouge, tout en fruit (ah ce pinot noir à se damner!), les blancs sont rectilignes, cristallins, de toute beauté. Révélation 2009 chez Bettane et Gault et Millau, il truste encore les premières places dans le dernier N° de la RVf consacré au millésime 2008, où il est coup de coeur! Mais attendons patiemment ces 2008, et profitons des derniers 2006 et réservons d'abord les 2007, n'accélérons pas le temps inutilement Clin d'oeil

Allez, à la semaine prochaine!

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07:51 Écrit par Laurent dans Journal d'un Caviste | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : ganevat, mosse, descombes, clapas |  Facebook |

20/06/2009

26-27 JUIN, WEEK-END VIGNERON!

 

afficheete2009

 

Le week-end prochain, les vendredi 26 et samedi 27 juin, à Pécrot (Grez-Doiceau), la boutique de l'Odyssée des arômes, fêtera, en présence de vignerons, son troisième millésime. Venez nombreux, parlez-en autour de vous, on vous attend! Des questions, un mail (laurent@truegreatwines.com) ou mon gsm, 0478 82 16 36. Il y aura aussi nos épices, nos poivres sauvages, nos huiles essentielles et de gastronomie, nos thés de Chine ou du japon, nos multiples curry, et quelques superbes nouveautés, comme cette fabuleuse poudre de feuilles de poivrier de Tasmanie. Venez!

Et oui, déjà trois ans écoulés depuis que nous avons transformé "temporairement" notre salon en boutique; et près de 6 ans que nous tentons de vous faire découvrir de petits producteurs, bios, talentueux et passionnés. Le temps s'écoulerait-il aussi vite qu'un vin sans soufre dans notre gosier? La aussi, ne devrait-on pas imposer la mention "avec modération"! Clin d'oeil

Quoi-qu'il en soit, nous y sommes, et j'en suis très heureux; très heureux aussi de vous faire découvrir Jérôme Jouret, du domaine des Clapas, en Ardèche, dans la vallée de l'Ibie, à Villeneuve de Berg. Il en est, lui aussi, à son troisième millésime, le 2008, que vous allez pouvoir déguster. En conversion bio, il travaille ses vins, issus pour la plupart de coteaux argilo-calcaire, dans un registre sans soufre, très pur! Des cuvées de rouge, aux arômes fruités, floraux, gouleyantes (Java), suaves (En Avant Doute, grenache) ou plus structurées (Pas à Pas, carignan-alicante). Il nous propose aussi un blanc très chouette, l'ivraie, qu'il a réussit à séparer du bon grain ;-). C'est un 100 % ugni blanc qu'il a mis en bouteilles sans SO2, attention, je n'en ai que 6 caisses. Les prix sont angéliques, tout en dessous de 10 €. J'étais le premier à l'avoir en Belgique (merci Gaëtan;-), et sa première visite est pour nous, ne la loupez pas!

 

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Pour faire le poids face à ce jeune talent, j'ai fait appel à une équipe de choc. Dans les buts, je n'ai mis personne, car vu le profil de ces vignerons, c'est pas à du foot qu'il faut s'attendre, mais à du Rugby Langue tirée.  Comme piliers, il y aura à droite, René "cabernet" Mosse, de St Lambert du Lattay en Anjou. En bio depuis belle lurette, il nous proposera ses 2007 à la dégustation, je les ai goûté à Angers cet Hiver, c'était déjà bon! Si les blancs doivent encore se faire un peu (quoique les Bonnes Blanches sont déjà magiques...), les rouges sont d'un croquant extraordinaire. René "cabernet" assume encore une fois son surnom avec talent, pour proposer un vin, encore une fois en phase avec le meilleur du millésime. Après un 2005 baroque, très mûr, avec 2 sucres résiduels (je les ai comptés ;-) mais doté d'une superbe acidité, un 2006 qui entrera dans la légende dans quelques années, voici un 2007 bienvenu, dense, aux tannins déjà abordables, et au fruité adorable. A boire en attendant les 2006 et 2004, c'est un vrai coup de coeur. Et puis il y aura aussi le bien nommé "Gros", à base de grolleau, une friandise pour adulte! Un autre beau reportage sur le blog de la pipette!

divecigare

A gauche, vous trouverez Georges "noune" Descombes, fer de lance du Beaujolais naturel. Troisième visite également pour le "noune", qui nous fera une petite verticale du Beaujolais, avec du Brouilly Vieilles Vignes 2005, du Morgon Vieiilles Vignes 2006 et du Chiroubles Vieilles Vignes 2007. Plus du petnat, du rosé et une ou deux cuvées de soif. Des Beaujolais de haute volée, on va se régaler!

 

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Enfin, aux autres postes, à l'avant, ou comme talonneur, au four comme au moulin, il y aura Jean-François "talon" Ganevat, dit aussi Fanfan, en importation direct du profond Jura. Lui, c'est déjà sa onzième visite dans ce petit bled de Pécrot. Au programme, les 2007, en blanc comme en rouge, et sans doute encore des nouveautés dont il a le secret. Malgré sa renommée croissante, le pèlerinage de Pécrot lui est indispensable. Ses 2007 sont superbes, en rouge, tout en fruit (ah ce pinot noir à se damner!), les blancs sont rectilignes, cristallins, de toute beauté. Révélation 2009 chez Bettane et Gault et Millau, il truste encore les premières places dans le dernier N° de la RVf consacré au millésime 2008, où il est coup de coeur! Mais attendons patiemment ces 2008, et profitons des derniers 2006 et réservons d'abord les 2007, n'accélérons pas le temps inutilement Clin d'oeil

Allez, à la semaine prochaine!

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21:07 Écrit par Laurent dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ganevat, mosse, descombes, clapas |  Facebook |

14/01/2009

ET VOUS, PLUTÔT OXYDE OU OXYDATIF?

Commençons par la définition de ces termes. Oxydé, tout le monde comprend, c'est un vin qui a subit les affres de l'oxygène. C'est un défaut? Pour beaucoup, oui. Et pourtant, tout processus de vieillissement est le fruit de phénomènes d'oxydation, mais passons. Oxydatif, un vin oxydatif, cela n'existe évidemment pas, un vin n'oxyde rien du tout. C'est un abus de langage (comme vin sans soufre ou vin bio ;-), venant de la contraction de vin à l'élevage oxydatif, comme celui des vins jaunes et du Jerez sous voile, ou celui de certains portos et vins doux naturels. Oxydatif, a donc un caractère désiré, voulu par le vinificateur et le terme est donc pris comme un descriptif positif. Beaucoup parleront donc de notes oxydatives quand elles s'intègrent et sont appréciables, et de notes oxydées lorsqu'elles altèrent le vin.

L'oxydation est régulièrement sujette à débat entre les passionnés. Il y a l'affaire des bourgogne 1996 , mais cette réaction anti-oxydation est aussi de plus en plus souvent la conséquence d'un autre formatage de l'oenologie moderne. Attention, les vins oxydés existent, des morts nés, ou des morts après une longue vie en cave. Mais il ne faudrait pas réduire l'oxydation (c'est joli ça, non?;-) uniquement à un défaut du vin. Et pourtant, de plus en plus dégustateurs, professionnels ou amateurs font bêtement la chasse (la chasse c'est toujours bête non?;-) à ces notes, de pomme blette, de noix, de morille, de curry. Rien de bien repoussant à cette énumération, et pourtant, bon nombre de bouteilles finissent à l'évier pour ces raisons, dommage!

Je me souviens de ce dégustateur au salon de la Dive , profitant de l'absence de Mark Angéli pour se servir un verre, il le hume et rapidement le redépose en disant tout haut: "Oxydé". Je le goûte discrètement après lui, et ce vin déploie des arômes de coing bien mûr, mais pas de trace d'oxydation. Et oui, les arômes de coing du chenin sont parfois proches de ceux de pomme de l'oxydation. J'ai d'ailleurs débuté cet atelier par un vin de coing de ma production;-).

Et bien les masos de l'odyssée, vont s'attaquer à ce monde parallèle qu'est celui des vins oxydés, volontairement ou pas. Je garde la théorie pour les participants aux ateliers, mais voici les descriptions des vins dégustés.

Glou Glou 2007, Sauvignon, VdP (Roussillon) (ouvert 4 jours à l’avance, carafé et agité régulièrement et ouvert 1 heure avant)

Petite évolution de couleur dans le vin ouvert à l’avance, mais le nez est très différent, avec des notes de fruit compoté, un peu de curry et des notes brûlées désagréables. Le deuxième a un nez plus neutre, légèrement fruité. En bouche, c’est aussi très différent, le premier vin est plutôt plat alors que le deuxième est doté d’une acidité rafraîchissante. Pas photo, l’oxydation affecte le nez, mais aussi la bouche.

Le même essai mais avec seulement 3 jours d’ouverture montre des résultats moins nets au niveau olfactif. Le vin a cependant perdu de la fraîcheur en bouche.

Bourgogne Epineuil, Chardonnay, 2005, Abbaye de Petit Quincy (ouvert 4 jours à l’avance, carafé et agité régulièrement et ouvert 1 heure avant)

Peu d’évolution de couleur. Le nez du vin ouvert juste avant la dégustation paraît déjà un peu oxydé, avec des notes de madère, mais aussi de serpillière, pas net. En bouche, c’est un peu mieux, pas mal équilibré, mais le vin semble sur la pente descendante. La bouteille ouverte 4 jours auparavant et goûtée à ce moment était bien plus fringante. Le vin ouvert 4 jours avant est sur des notes fruitées confites, très mûres, avec aussi ces notes brûlées. C’est en bouche que la différence est la plus flagrante, l’oxydation se traduit par un flagrant manque de vivacité.

Pour l’atelier suivant, 3 jours ont modifié le nez vers des fruits très mûrs, pas désagréables, sans notes brûlées.

Empreinte du temps 2001, VdP (Roussillon), Grenache blanc, 2001

Robe dorée, nez complexe tendant vers l’oxydation, quelques notes de sherry, mêlées aux herbes aromatiques et le fenouil. En bouche, c’est gras sans être lourd, avec juste ce qu’il faut d’acidité, longue finale réglissée, j’adore ! Ce vin n’est pas au départ vinifié pour être oxydatif, il ne l’était d’ailleurs pas lors de sa sortie (c’est un des premiers vins que j’ai vendu, à mes débuts en 2003) . Le grenache est un cépage qui a tendance à s’oxyder assez facilement (c’est pourquoi il est utilisé dans les vins doux naturels). Le vin a simplement suivi son évolution. À l’aveugle on le prend pour un bel oxydatif, et à étiquette décovrete un vin à défauts. Allez comprendre.

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Pinot Blanc Sans Soufre 2005, Alsace, Pierre Frick.

Jean-Pierre Frick fait régulièrement quelques cuvées sans SO2. Le sans sulfite ajouté sur les blancs, c’est différent que pour les rouges ; les vins empruntent une autre voie aromatique et gustative, qui les éloignent des canons habituels. C’est écrit en grand sur la bouteille, ceux qui sont surpris n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes ;-). Celui-ci à la robe dorée, légèrement trouble. Des arômes puissants de fruits mûrs (abricot), de calvados, d’agrumes confits, d’épices douces sont perçus tour à tour. Il perle un peu en bouche, et cela rajoute à sa fraîcheur intrinsèque. C’est gourmand, cela se boirait d’un trait à l’apéro, mais ce vin s’est également très bien comporté sur le poulet, risotto aux épices.

Pour le deuxième atelier, nous avons aussi goûté le vin suivant ;

Fiefs Vendéens, Maria 2002, Chardonnay ; Domaine St Nicolas

C’est presque une couleur ambrée qui nous accueille. Le nez est nettement oxydatif, mais sur la pmme cuite et le calvados. La bouche est encore vivante, équilibré et de belle longueur, mais un peu monomithique sur les notes d’oxydation. C’est avec le plat (également poulet, légumes et épices) que le vin va se révéler, avec un véritable effet rebond, le vin semble renaître de ses cendres, retrouvant du fruit dans ses entrailles. Superbe sursaut.

Anjou Rouchefer 2003, Chenin, René Mosse

Ce vin qui fut bouteille de la semaine en 2006 sur LPV est issu du millésime 2003, pas particulièrement réputé pour sa fraîcheur. Lors de ma dernière rencontre avec ce vin, j’avais cru y détecter des notes oxydatives de pommes blettes, de noix. Rien de tout cela ici, la robe est d’un bel or, mais le nez plutôt sur le coing, l’orange, ainsi que quelques notes miellées. La bouche est dense, mais massive, tendue, sans gras inutile, et dotée d’une belle sensation de minéralité. La finale est longue, saline, c’est un très beau vin qui va s’accommoder à merveille avec les épices du poulet.

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Le Jambon Blanc 2006, VdT, Chardonnay, Beaujolais, Philippe Jambon

Si le jambon peut contenir des sulfites et même encore plein d’autres petites saloperies, le Jambon blanc de Philippe Jambon, n’en contient jamais, tout comme ses autres cuvées d’ailleurs, dont son fabuleux Roches Noires 2006, un de mes coups de cœur 2008. Le nez est très fruité, mais possède aussi clairement des notes d’oxydation rappelnat la frangipanne, quleques arômes de sherry également. Tout cela s’oublie en bouche pour laisser place à une matière d’exception, dotée d’une acidité nette, succulente. La longueur est remarquable, tout comme le vin , atypique, à défauts pour l’œnologie et les palais formatés. Ceux qui dégustent avec leurs tripes se régalent.

Chablis 1er cru 1996, Les Vaillons, Billaud Simon

Et bien en voilà, un exemple de 1996, ce millésime autant prometteur à l'époque que décrié maintenant en raison de nombreuses oxydations prématurées. La robe est encore très claire, le nez peu expressif malgré un carafage de quelques heures. Quelques notes minérales, d'autres de mousseron ou de champignon de Paris, d'iode aussi. la bouche est ferme, stricte, avec une acidité tranchante, juste enrobée d'un peu de gras pour ne pas se blesser. La longueur est là, mais le vin manque un peu d'expression, peut-être encore un peu meurtri par le sulfite... En tout cas, aucune trace d'oxydation sur ce 1996.

Arbois, Savagnin 2004, Jura, A&M Tissot.

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Nous passons aux vins au véritable oxydatif ; celui-ci est élevé sous voile plus de deux ans. La robe est jaune, avec peut-être quelques reflets verts. Le nez est explosif, sur le lichen, la noix verte, un peu de fruits jaunes. Il possède une belle matière transpercée par une acidité jurassienne qu’il faut calmer un peu avec le comté ou le Gruyère. L’accord est toujours aussi top ! Un vin à attendre ou à boire sur des plats (poulet au morilles)

La Fine Gueule du Loup 2003, Grenache Gris 50%, Terret 25%, muscat 25 %, Languedoc, Vignobles Du Loup Blanc

Il n’y a pas que dans le Jura que l’élevage sous voile peut se faire, mais c’est plutôt rare ailleurs. Celui-ci vient du Minervois et après près de 4 ans sous voile, est plutôt réussi. Robe bien dorée, nez très prenant, de morille, de curry, mais aussi nettement fruité, ananas, abricot. En bouche c’est très doux, pas sucré mais suave, et de belle longueur. Un vin qui pourrait plaire à ceux qui sont encore réfractaires au savagnin. Un tremplin vers les grands jaunes !

Vin jaune, Côte du Jura 1999, savagnin, Jean François Ganevat.

C’est un vin jaune tout en retenue que nous rencontrons à ce stade de la dégustation, un peu de fruit, un peu de curry, une impression de minéralité aussi. C’est vraiment très bon en bouche, avec un bel équilibre, beaucoup de douceur, mais avec une acidité qui se poursuit doucement dans la longue finale. Le 1998 dégusté lors de l’atelier suivant paraît plus vif, mais également de belle longueur.

Madère Marvilha, Medium Dry

On passera sous silence le nom du propriétaire, car ce n’était pas une grande réussite. Le nez est fruité, mais sur les fruits cuits, il est nettement madérisé (jusque là tout va bien). C’est en bouche que cela se dégrade, c’et sucré, mais sans vie, peu d’acidité peu de longueur, pas très bon en fait. Un second Madère sera testé lors du second atelier, sans plus de succès.

Rivesaltes Ambré 1996, grenache blanc, grenache gris, Domaine Fontanel.

Ce rivesaltes est dans la même gamme de prix que le Madère, mais quel nez, du tabac blond, de la tarte tatin, des abricots secs, un peu de girofle, on passerait des heures à le décrire, mais derrière, c’est une fraîcheur étonnante qui nous attend, comme quoi oxydation et fraîcheur sont loin d’être incompatibles. Ce vin est évidemment en accord parfait avec la belle Fourme d’Ambert de la Casière. Pout l’autre atelier, j’ai choisi le , dans le même registre, mais avec un peu plus de tout et notamment de longueur. Un beau vin de méditation et des rapports Q/P exceptionnels.

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Voilà, une véritable odyssée aromatique, dont ma conclusion personnelle est la suivante. Peu me chaud que le vin ait été elevé dans un but d'oxydation ou non, ce qui compte, c'est le résultat dans le verre;-). Parmi les vins présentés, plusieurs n'auraient pas dû dévier vers cette gamme aromatique et pourtant, si l'on prend le vin comme une rencontre ou chacun fait un pas vers l'autre, quel bonheur. Car la différence entre un vin oxydé, ou oxydatif, c'est surtout sur la qualité de la bouche. Les vins vraiment oxydés sont simplement plats en bouche, sans vivacité, éventés, sans vie, tout simplement morts. Avec les autres, et notamment beaucoup de vins blancs tout à fait sans soufre, il faut simplement accepter de se laisser emener dans un monde parallèle. Et alors, vive l'oxydation.

13/11/2008

PINOT NOIR, La REVANCHE

Il y a quelques années, j'avais organisé une belle dégustation de pinot noir, consacrée au millésime 2003! Alors qu'il y a avait plusieurs crus réputés de Bourgogne, c'était un pinot noir d'Alsace, de chez Christian Binner, qui avait récolté tous les suffrages. Nous nous étions dit que c'était l'effet millésime, 2003 et sa canicule, et que la Bourgogne regagnerait sans doute le haut de la hiérarchie l'année suivante. Et bien c'est ce que nous avons aussi testé hier soir! Hier, c'était, la Revanche!

Une bonne quinzaine de vins en dégustation, devant un panel plutôt aguerri, on allait voir ce qu'on allait voir. Le vins étaient présentés par paire, juste ouverts une bonne heure à l'avance, et certains carafés juste avant service.

Effet Cépage: Pinot Noir vs Gamay

Bourgogne Pinot Noir 2006, Renaud Boyer

Renaud Boyer a repris les vignes de Thierry Guyot, vignes cultivées en biodynamie depuis une vingtaine d'années, un petit bijou! La robe est légèrement trouble, et semble un peu évoluée en comparaison du suivant. Le nez est très ouvert sur le fruit rouge mûr, les fleurs (rose) et l'encens; des notes d'épices aussi. Le plaisir est au rendez vous en bouche, avec une harmonie, une douceur des plus agréables. Les tannins sont polis, l'équilibre suave, la buvabilité excitante. Dieu que c'est bon!

Morgon Les Grands Cras 2006, Gamay, Domaine Grillet

Déjà un pirate, c'est un gamay! Robe plus brillante, plus colorée, moins évoluée. Par contre, le nez est dominé par les notes lactées, de caramel, qui cachent un peu le fruit. On le retrouve en bouche, plutôt porté vers la groseille, un peu de banane, et puis une finale assez poivrée aussi. L'acidité est un peu plus marquée, c'est plutôt sympa, mais la préférence va indubitablement au Bourgogne de Boyer.

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Effet Région: Bourgogne vs Alsace

Gevrey-Chambertin, Les Champs 2004, Olivier Guyot.

J'aime beaucoup les vins d'Olivier Guyot, ils sont toujours très proches du terroir, sans concession; et le millésime 2003 avait démontré que l'on pouvait faire des vins sur la fraîcheur et sans sécheresse en pleine canicule. Le travail des vignes sans doute! Le millésime 2004, c'est évidemment une autre paire de manche. C'est un millésime à la maturité un peu juste et qui donnait des vins un peu plus dilués. Mais c'est aussi le type de millésime où le terroir se révèle!

Derrière un nez un peu trop marqué par la barrique par ses notes de torréfaction, se dévoile un très beau fruit, sur la griotte mûre, sans aucune trace végétale. La bouche est encore ferme, pas hyper concentrée, mais avec de la matière. L'acidité est marquée mais pas dérangeante. Un vin qu'il faut attendre, un peu trop muet à ce stade.

Alsace Pinot Noir LN 012, Bruno et Gerard Schueller.

Ah voilà le représentant de l'Alsace! Et un vin sans sulfites en plus (12 est la cc en mg mesurée sur la première cuvée sortie en 1997). Les vignes proviennent du grand cru Eichberg, au terroir argilo-calcaire propice au pinot noir.

La robe est un peu plus dense, un peu trouble également. Dans le verre, les arômes sont dominés par la réduction. Ce n'est pas nouveau sur ce millésime, il faut juste un peu de patience. Assez rapidement, les plus habitués y découvrent des arômes de fraise mûre, de rose mature, d'encens, d'épices. C'est très complexe pour qui prise un peu les vins naturels! La bouche est rafraîchissante, sur une acidité salivante; la matière semble plus dense que celle du Gevrey, elle est en tout cas plus suave et la longueur meilleure. Cela reste toujours pour moi un beau moment très compatible, de gourmandise et d'émotion...

Effet appellation et hiérarchie

Marsannay Les Favières 2004; Olivier Guyot

Les Favières, c'est un bon terroir de Marsannay, situé dans le Nord de l'appellation et en bas de coteaux. Un bon, mais pas le meilleur; la Montagne par exemple, du même vigneron lui est nettement supérieur. Robe plutôt claire, nez délicat de fruit rouge groseille, mais assez timide. La bouche est ferme, fruitée, mais avec quelques notes végétales; les tannins sont un peu durs.

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Chambolle-Musigny 1er cru les Charmes 2004, Olivier Guyot

La robe est identique, le nez également timide. Plusieurs dégustateurs demandent si c'est le même vin! Et bien non, il y a même un facteur 2 dans le prix...;-). Il faut juste prêter un peu d'attention à la bouche. Je demande de redéguster. Et là, c'est évident. Le Chambolle est tout en dentelle, il y a une pureté de fruit à se damner, quelques notes florales à faire chavirer. Les tannins sont juste là pour apporter leur contribution à la matière légère mais suave, qui tapisse gentiment les parois de la bouche et structurent la longueur. Car c'est aussi en longueur que se marque la différence. Le Marsannay est ferme, et la finale se fait un peu dure, le Chambolle est tout le contraire, il emmène qui veut le suivre, loin, dans un voyage presque aérien. Typiquement le vin qui risque de passer inaperçu, calé entre deux Bourgogne "modernes"... Ce serait pourtant dommage de rester insensible à son ... charme... Les Charmes sont réputés pour leur délicatesse, apportée sans doute par un sol calcaire pauvre, caillouteux et très bien drainé. Le millésime 2004 exacerbe encore cet effet terroir; amateurs de finesse et pas de maigreur, vous allez vous régalez!!!

Effet Région: Jura vs Bourgogne

Côte de Jura, Cuvée Julien Ganevat 2005, Pinot Noir, Jean-François Ganevat

La robe est plus sombre que celles des séries précédente, elle est brillante. De très beaux arômes de cerise mûre percolent du verre, accompagnés de notes de café, de pierre chaude, de fleurs (violette). C'est très beau, distingué, complexe et évolutif. Le nez reste accroché, curieux de découvrir encore et encore, de nouvelles senteurs. Tout cela se retrouve en rétro-olfaction, la sève est présente, mais sans agressivité. L'acidité oriente certains vers les Fiefs Vendéens, d'autres restent en Bourgogne, personne ne pense au Jura, ni a Fanfan Ganevat, qui nous joue encore un tour de sorcier! Un pinot noir cependant très loin des dérives "putassières" que lui font subir de plus en plus d'oenologues. Un vin qui ira encore très loin!

Gevrey Chambertin, Billard 2005, Jérôme Galeyrand .

Un néo-vigneron, et déjà une des révélations pour beaucoup. J'avais eu un coup de coeur pour ses vins aux Grands Jours de Bourgogne et non sans difficulté, j'avais pu le mettre à ma carte. Jérôme possède 4 hectares en côtes de nuits (Gevrey, mais aussi Fixin, ...), qu'il travaille en lutte très raisonnée; en espérant qu'il évolue vers plus de naturel encore dans les années qui viennent, laissons lui un peu de temps. La robe est très sombre, très 2005! Le nez est très expressif, presque explosif. Des notes de cassis, de myrtille, avec des épices, du balsamique, presque de la garrigue jaillissent du verre. La bouche est suave, sans aspérités et d'un équilibre remarquable. Sans doute moins "terroir" que le Ganevat, il est certainement plus accessible; mais avec de la fraîcheur, et loin de sombrer dans les caricatures précitées. Gros miam pour beaucoup!

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Effet Exposition: Sud vs Nord-Est

Le pinot noir se plaît pas trop mal sur les terroirs froids; il ne nécessite en effet pas une période de maturation trop longue et il bénéficie parfois d'une certaine lenteur dans celle-ci (pour autant qu'elle soit complète bien sûr.). On le trouve d'ailleurs en Loire, mais aussi en Allemagne, ou en Autriche. Son exposition de prédilection est sans doute l'Est, mais nous avons choisi ici de comparer deux vins issu d'un terroir très similaire (marnes blanches) mais aux expositions radicalement opposées, sur un millésime plus difficile que le 2005, mais à mon avis très sous-estimé, le 2006!

Pommard Les Vignots 2006, Chantal Lescure

Exposé au Sud, nous avons en face de nous un pommard assez corpulent, à la robe noire, au nez fruité (myrtille, fraise), à peine boisé, à la bouche charnue, mais tannique, ferme, très puissante (certains y trouve un petit déséquilibre d'alcool). C'est très bon, mais il faut un peu le garder pour qu'il s'équilibre et s'affine; il y a une matière que seul le temps pourra dompter.

Pommard Les Vaumuriens 2006, Chantal Lescure

Sur un terroir plus froid, exposé Nord-Est; François Chavériat (le maître de Chai qui sera présent à notre marché de Noël le samedi 14 décembre;-), nous propose une superbe cuvée. Bien sûr, les tannins sont encore un peu présent, mais quel jus en milieu de bouche, quelle fraîcheur, et déjà quelle complexité. C'est nettement moins massif que les Vignots, et pour beaucoup, un cran au dessus au niveau plaisir actuellement. Je suis d'accord, en bon millésime, les Vaumuriens à souvent ma préférence. Rendez vous toutefois dans 10 ans ;-).

Effet Hiérarchie et Sol: 1er cru vs Villages; Calcaire vs "pas"calcaire;-).

La Bourgogne, c'est avant tout une diversité de sols. Il était intéressant d'y plonger, modestement, afin de mettre en évidence son effet potentiel. Et comme le pinot noir, c'est le calcaire, c'est donc sur sa présence qu'il fallait jouer, et comme nous aimons jouer, nous avons joué, et gagné!

Nuits Saint Georges 2006, Chantal Lescure

Robe encore plus sombre, c'est la côte de nuit, nez expressif, très myrtille bien mûre, au boisé sympathique car non dominant. La pulpe est bien présente, la bouche est ronde, aux tannins plus civilisés que les Pommard. C'est une vraie petite bombe de fruit, que l'on apprécie sans aucune difficulté. Très charmeur.

Nuits Saint Georges, 1er cru les Vallerots 2006, Chantal Lescure

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Les Vallerots est un terroir très calcaire, assez ancien et en coteaux. C'est un des tout bons 1er crus de Nuits St Georges. Sa robe tout aussi sombre que le villages, mais le nez se fait déjà plus précis, plus de finesse sans doute. Si le Villages faisait grosse impression, c'est pourtant presque sans combattre, que le premier cru va l'écraser. Par sa finesse, par la qualité de ses tannins, par son acidité, par sa longueur; c'est un KO debout et une belle leçon à ceux qui ne croient pas au terroir. Un cas d'école. D'école, car il est facile de présenter un mauvais villages contre un bon premier cru, non, le challenge était ici d'impressionner par le villages et puis de renverser la situation avec le 1er cru, pari gagné! Et à nouveau Bravo à François Ca-Chavériat et son équipe. Ils nous font déjà oublier le millésime 2005...

Il est temps de se restaurer, et grâce aux fromages de la Casière, à Wavre. Evidemment, sur un bel Epoisses, de l'ami de Chambertin, ou les St Félicien et Marcellin, il faut choisir un vin qui sera mis en valeur et non pas une grande cuvée qui risque d'être dénaturée. Il ne faut donc pas hésiter à descendre un peu dans la hiérarchie et rechercher la fraîcheur et la vivacité. C'est ce que nous avons fait en visitant l'Yonne.

Effet Millésime et effet Fromage

Bourgogne Epineuil, Côte de Grisey 2003, Abbaye du Petit Quincy

Robe brillante, assez dense, le nez est tout sur le fruit rouge (groseille, fraise), assez simple sans doute, mais bien net. La bouche est gourmande et le fruit se révèle encore avec le fromage; accord classique mais bon!

Bourgogne Epineuil, Côte de Grisey 2004, Abbaye du Petit Quincy

Dominique Gruhier a vraiment fait progresser les vins du coin. Il en récolte maintenant les fruits puisqu'il rentre dans le guide de la RVF 2009, bravo! J'étais curieux de regoûter ce difficile millésime 2004, et ma foi, sans prétention, il se comporte bien sur le fromage, lui apportant toute la fraîcheur nécessaire. Bien sûr, la robe est plus claire, bien sûr la matière est moins dense; le fruit se fait aussi plus frais (groseille), agrémenté de notes de poivre vert, un peu végétales sans doute, mais cela reste friand et très sympathique. Pour le plaisir, et parce que vous avez cru la découvrir à presque chaque paire, j'ai ouvert une bouteille de

Fiefs Vendéens, La Grande Pièce 2002, Pinot noir, Domaine St Nicolas (Loire)

Carafée pour éliminer quelques bulles de CO2, le nez se fait immédiatement très ouvert. Mûre, cerise du nord, épices, fumée, graphite, minérale; c'est très beau. La bouche est juteuse comme un vin de Barral (le schiste?, le peu de SO2), tout en finesse mais aussi en belle maturité. La gourmandise fait que le vin s'évapore trop rapidement; je ne l'avais plus goûtée récemment, coup de coeur pour moi et je ne suis probablement pas le seul ;-)!

Il fallait terminer par un Bourgogne à maturité, je me suis donc plongé dans mes réserves, constituées, à l'époque où j'écumais les foires au vins. Je me suis arrêté sur:

Gevrey-Chambertin 1er cru Lavaux St Jacques 1995, JP. Marchand.

Honnêtement, à l'époque, il était plutôt dense, charnu, j'avais l'impression d'avoir fait une bonne pioche. Le 1er cru Lavaux St Jacques, est bien situé, pas loin de du réputé Clos St Jacques, voyons voir. Il ne faut pas être grand dégustateur pour constater l'évolution de la robe qui garde cependant une belle profondeur. Le nez combine les arômes de fruit et ceux plus évolués de viande, d'épices douces, de cèdre et de tabac. La bouche est fine, mais finit un peu court. Sans être désagréable, il manque un petit je ne sais quoi de profondeur pour vraiment plaire et tenir son rang. Peut-être l'apogée est-elle un peu dépassée, peut-être sommes nous trop formatés aux vins jeunes, peut-être ce vin manque-t-il aussi un peu de naturel...

Alors voilà, un atelier qui a tenu ses promesses, et où les pinot noirs hors Bourgogne se sont très bien comportés. Difficile de donner des préférences, tant les vins sont différents, mais voici pourtant ceux qui, pour moi, sortent du lot:

8. Gevrey-Chambertin En Billard 2005, Jérôme Galeyrand: quelle accessibilité!

7. Bourgogne 2006, Renaud Boyer: quelle buvabilité!

6. Chambolle Musigny 1er cru 2004, O. Guyot: quelle dentelle!

5. Pommard Vaumuriens 2006, Chantal Lescure: quelle potentiel!

4. Alsace LN 012 2004, Schueller: quelle suavité et quel naturel!

3. Côte de Jura, Cuvée Julien Ganevat 2005, JF Ganevat: quel terroir!

2. Loire, Fiefs vendéens, Grande Pièce 2002, Domaine St Nicolas: quel jus!

1. Nuits St Georges, 1er cru les Vallerots, Chantal Lescure: grand!

L'honneur est sauf, la Bourgogne remporte ma palme de justesse, mais les pinot noirs "hors bourgogne" trustent les accessits, alors que le niveau était très, très relevé! Bon on remet cela quand vous voulez!pinot_noir1

07/11/2008

QUAND LES GOUROUS S'GOURENT?

Chaque année avant l'été, votre hebdomadaire préféré vous propose divers régimes assurément amaigrissant; chaque année à la rentrée, vos magazines font tous un dossier vin, spécial FAV, pour foires aux vins, où comment croire faire des affaires en achetant Giscours 05 à 48,99€, Pontet Canet 05 à 64,99€, ou Barton 05 à 67,99€;-). Chaque année, un peu plus tard, les marronniers perdent leurs feuilles, les trompettes chantent nos morts et le père Noël fait concurrence au grand Saint Nicolas.

Loin de moi de critiquer ces cycles, même si je préfère les derniers mentionnés, car j'adore aussi les sa(la)isons;-). Et je dois même avouer que j'y sacrifie volontiers; avec mes balades champignons, ou mes vins de BBQ, ou encore mon Beaujolais (re)nouveau. Et sans pudeur, je reconnais, que s'il y a un marronnier en papier que j'affectionne tout particulièrement, c'est celui de la sortie des Guides du Vin.

. En effet, chaque année, les pros de la papille, les spécialistes du bulbe olfactif, les gourous du goût et les garants du bon vin nous livrent leurs classements, sur 3 (étoiles), sur 4 (raisins), sur 5 (B&D); leurs révélations de l'année, leurs déceptions.

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Alors, comme chaque année, je me dis que je n'en achète plus qu'un seul! Ce que je fais; je n'en achète plus qu'un seul, ... à la fois;-). Mais mon choix s'affine, parfois forcément, avec les disparitions du guide Fleurus des sommeliers ou celle du guide Solar des vins bios, mais aussi par expérience! Je n'achète évidemment pas le PDG, un guide aux classements bien peu compréhensibles, c'est le moins que l'on puisse dire; ni le Hachette, dont trop de "coup de coeur" ont été des coups foireux. Le meilleur y côtoie le pire, sans beaucoup de discernement, sans doute la résultante de dégustation de comités et non d'individus. J'évite le Parker, les Bordeaux trop chers ne m'intéressent pas; mais il faut lui reconnaître que si vous achetez le vin pour spéculer, suivre les 90+ est un bon tuyau, éloigné cependant de ma vision du vin, je passe donc mon chemin.

Je me suis concentré cette année, sur le guide vert de la RVF, que j'avais beaucoup apprécié l'année passée; sur la deuxième édition du Bettane-Desseauve, malgré le pitoyable éditorial sur les bio-cons;-). Et j'y ai ajouté, pour la première fois depuis 4 ou 5 ans, le guide Gault & Millau, paru sous la houlette de Pierre Guigui, qui organise depuis quelque temps, le concours de vin Amphore, dédié aux vins bios.

Et cette sensibilité semble bien transpirer dans la sélection. Elle va même au-delà, puisque l'on y retrouve les pestiférés du Bettane comme les fabuleux Descombes, Milan, Overnoy, Mazel, Beaufort, ou même les Clapas que j'ai découvert tout récdemment, et encore bien d'autres de nos vignerons préférés. Amusant toutefois, tout comme dans le B&D, Fanfan Ganevat y est une des révélations de l'année. Je travaille avec lui depuis mes débuts, en 2004, comme quoi, pour de bonnes vraies découvertes, faites d'abord confiance à votre caviste préféré;-).

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Mais soyons honnêtes, il y a aussi quelques belles découvertes et l'un de ces 3 guides peut vraiment aider l'amateur à faire un premier tri. Après, il faut savoir que tous les bons vignerons n'envoient pas d'échantillons et ne sont donc pas repris dans les guides (Schueller, Casot des Mailloles, ...). Achetez-en donc un de temps en temps, parmi ces 3 là, et puis changer l'année suivante... et puis, développez votre goût personnel lors de nos dégustations hebdomadaires ;-).

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Enfin, je ne pourrais passer sous silence le guide Omnivore 100% raisin de la pétulante, passionnée et compétente Sylvie Augereau. Elle nous dresse une série de portraits de vignerons, plutôt que de nous balancer des cotations sur 20 ou 100. Une belle plume pour un choix très proche de nos préférences, une priorité!guide_omnivore

Encore une remarque et puis je vous laisse, le G&M mentionne maintenant si la viticulture est en bio, biodynamie ou autre; c'est très bien, encore que l'info est celle donnée par le producteur, ce qui nous donne quelques gros domaines en bio alors qu'ils n'ont que quelques hectares pour leur marketing sans doute;-). Mais sur cette base, faites un peu l'exercice, sachant que seulement 2 % des vignes sont en bio, de calculer le pourcentage de vignerons sélectionnés qui pratiquent cette viticulture respectueuse du terroir, de l'environnement et de l'amateur de vin, édifiant;-).

11/10/2008

LIVE: Le VIN SANS SOUFRE (V) Dégustation sur 30 heures

Salut à tous, j’ai été heureux de voir votre enthousiasme le week-end passé, face à ces vins “hors norme”. Peu de grimaces, beaucoup de sourires, et des bouteilles vides en fin de week-end. J’aurais renouvelé, de toutes façons cette dégustation visant à montrer ce à quoi il est possible de tendre en matière de vinification; c’est à dire le minimum de sulfites, voire, pour ceux qui aiment emprunter de nouvelles voies gustatives, le zero sulfites. Mais là, c'est avec enthousiasme que nous repartons pour un Tour de France sans sulfites ni EPO, en visitant d’autres régions, telles que la Loire, le Roussillon, le Sud-Ouest, ou le Jura. Cette dégustation tombe à pic, car c'est justement le thème choisi par le président Olif pour les vendredis du vin . Je crois que vais y participer, et vous? C'est l'occasion, non? ;-). Bon, en tout cas, Santé, au propre, comme au figuré!

A nouveau, nous compléterons ce post avec nos impressions de dégustation, à l'ouverture (vendredi 14h), le vendredi soir à 20h et le samedi vers 19 heures. C'est ce week-end des 10 et 11 octobre, venez faire un tour à la boutique de l'Odyssée et remplissez votre cave de vins nature!

Voilà, déjà les commentaires des deux premières dégustations, ce vendredi à 14h et puis 6 heures plus tard, à 20h00.

Blancs

Alsace, Riesling Katzental Non Filtré 2004, Audrey et Christian Binner

L’absence de filtration permet de diminuer sensiblement les doses de SO2 dans les vins blancs. C’est le cas de celle-ci qui n’a donc reçu qu’une bonne dizaine de mg/l, soit ce que la levure peut, elle-même produire. Le vin est magnifique, la robe un peu dorée, le nez loin des caricatures pétrolées du riesling immature. Non, ici, vous avez de la minéralité, terpénique, mais pas seulement, un peu évolutive aussi. En bouche, il y a un peu d’ananas, du citron confit en finale, une acidité nette et une longueur qui vous fera saliver. Un vin qui arrive gentiment à maturité, et d’un rapport Q/P exemplaire. Vraiment impeccable à tout niveau. à 20h00, cela n'a pas vraiment bouger, un peu plus de fruit sans doute, au top!

Le lendemain 20 heures, le vin est toujours aussi bien, pas de traces dévolution, ni au nez, ni en bouche. Super!

Alsace, Gewurztraminer, Grand Cru Eichberg 2003, sans sulfite, Bruno et Gerard Schueller

. Tout d'abord, une petite video des vendanges 2008 chez Bruno. Mais revenons à notre cuvée. Très peu de récolte sur cette parcelle, Bruno le met dans un petit fût, et le garde sans ouillage, sans sulfite. Après la mise en bouteille, il le fait goûter dans un salon, et les bouteilles partent comme des petits pains. Je le goûte à mon tour, et j’adore. Les arômes plus classiques du gewurz se marient admirablement avec d'autres plus originaux, comme l'orange, le muscat, le safran, le gingembre. Le nez est simplement fantastique. La bouche, plus que perlante, est aussi étonnante. Complètement sèche, mais grasse et puis, ce qui est extra, c’est que l’on retrouve ce côté juteux du sans soufre, cette digestibilité, et qui plus est, sur un cépage qui n’est pas réputé pour ces qualités. Un vin de belle gastronomie. Ce fut un coup de coeur pour certains hier. 6 heures plus tard, le vin a pris un peu de couleur, le gaz est presque parti, je dois me retenir de ne pas me servir un petit verre, attendons demain!

24 heures plus loin, ce vin est toujours aussi magnifique, il n'a pas évolué, mais on y découvre d'autres arômes, encore d'agrumes, mais d'épices aussi, de fruits secs, que sais-je encore. Le gaz est complètement dissipé, et la bouche n'en est que plus agréable, suave, grasse, mais jamais lourde; à peine une pointe d'amertume qui se marie bien avec les arômes d'agrumes et structure encore mieux le tout. Bravo Bruno!

Rouges

Rhône, Pas à pas 2007, vdp Ardèche, Carignan, alicante, sans sulfite, Domaine des Clapas

Neo-vigneron, c’est son second millésime, Jérôme Jouret avance pas à pas, mais à grand pas! Les vignes viennent d’un terroir argilo-calcaire et le vin n’est ni filtré ni sulfité. Derrière quelques arômes animaux loin d’être dominants, c’est une explosion de fruit sureau, mûre sauvage. C’est, comme la cuvée “En avant doute”, d’une fraîcheur insolente. C’est une cuvée plus structurée, moins “glissante”, mais quelle bonheur! Après 6 heures, le vin est nettement plus en place, un peu plus rond, on attend avec impatience la petite côte d'agneau grillée au romarin qui se mariera avec cette cuvée.

Et ce vin tient sans problèmes 24 heures supplémentaires; il ne se bonifie plus, mais garde beaucoup de fraîcheur. A peine quelques notes animales supplémentaires peut-être, mais bien noyée dans le fruit et la garrigue. Belle réussite.

Jura, Pinot Noir, Cuvée Z 2006, sans sulfite, Fanfan Ganevat

Bruno et Fanfan se sont rencontrés pour la première fois chez moi, lors d’un de nos marché vignerons. Depuis, ils ne se quittent plus. Et que croyez vous qu’ils se racontent, des histoires sulfureuses sans aucun doute;-). Fanfan, comme Bruno, n’est pas le taliban du sans soufre, il l’utilise avec grande parcimonie, et sur quelques cuvées qui le permettent, il l’évite tout simplement, sans dogmatisme aucun. C’est le cas avec ce pinot noir issu de vignes plantées en 1977 sur terroir argilo-calcaire. Elevé 18 mois sans SO2 et embouteillé de même, d’où le Z! C’est très minéral au nez, très fumé, empyreumatique, mêlés aux arômes de cerise fraîche, une note boisée, florale et animale. Le vin est très tendu en bouche, les quelques tannins se fondent, doté d’une acidité jurassienne, un peu kriek, mais qui garde une belle gourmandise. La longueur est épatante, très minérale, très salivante. A nouveau, la buvabilité est superlative. Une cuvée qui divise, sans concession, loin des canons denses et sirupeux issus de l’osmose inverse, mais qui ravira les fans du Jura et du vin naturel. Le soir, pas beaucoup de changement, un peu plus de volume, un peu plus de fruit, mais les différences sont peu marquées. Là, on attend la saucisse de Morteau au Mont d'or!

Le fruit s'est encore développé au cours du temps; les arômes fumés et grillés se sont dissipés pour laisser place à un fruit net, cerise groseille et de la minéralité. La bouche reste intransigeante, mais trsè gouleyante. Un vin que certains devront apprivoiser pendant que d'autres se régaleront/

Beaujolais, Régnié sur fût 2005, Gamay, sans sulfite, Christian Ducroux

Nous avons goûté la cuvée de base sans SO2 2006, la semaine passée, voyons cette fois le Régnié fût 2005. Rassurez vous, pas de fût neuf dans cette cuvée, même si le nom y fait souvent découvrir du boisé par certains dégustateurs. Par contre, comme pour la cuvée de base sans SO2, le premier nez est sur le fromage, le deuxième sur la choucroute. Il faut patauger dans tout cela pour dénicher le fruit. C'est en bouche qu'il faut le chercher. Et là, on y trouve de la mûre, de la myrtille, des notes plus originales, peut-être minérales, de graphite. A l'ouverture, la bouche parait cependant plus mince que dans mon souvenir, encore tannique, et plutôt dure. Pas beaucoup de succès pour ce vin. Les tannins, c’est normal, il s’agit en fait du vin de presse et c’est pour affiné ceux–ci que ce vin est élevé en vieux foudre. J'en ouvre une deuxième pour vérifier, elle est très semblable. A 20h00, les arômes de choucroute se sont un peu atténués, je fait goûter Anne, elle adore. La bouche s'est bien arrondie et l'on déguste avec avidité la deuxième bouteille sur une tranche de limousin aux cornes de gattes et champignons des bois récoltés la veille, chanterelles en tube, trompettes de la mort, pieds de mouton, bolets, ... Une alliance parfaite, quelle présence dans ce vin pour qui sait surmonter le premier nez. Jamais l'image du lait cru et du lait UHT n'aura été tant validée. Bon en attendant, je n'en ai pas encore vendu une seule...

Le lendemain soir, le côté "choucroute" s'est un peu atténué", mais ne laisse pas assez place au fruit. Ce n'est heureusement pas le cas en bouche, où il est bien présent. Comme les tannins se sont arrondis, il devient vraiment friand. Un vin à attendre encore.

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Sud-Ouest, vdt “Buzet”, le Pech abusé 2003, 1/4 CF, 1/4 CS, 1/2 Merlot, sans sulfite, Domaine du Pech

David contre Goliath, Ludovic et Magali contre la grande coopérative de Buzet qui dégueule, euh pardon, déverse, 95% de la production, le plus souvent insipide de cette appellation. Et David a perdu le combat de l’agrément; son vin est refusé à la dégustation, et n’a pas droit à l’AOC. Avec humour, il appellera cette cuvée, le Pech abusé ;-). Mais David prend déjà une première revanche aux Vinalies 2007, où son vin de table reçoit le prix des oenologues (amazing, isn’t it?). Mais le coup de grâce à Goliath, c’est vous qui allez l’asséner lors de notre marché vigneron de printemps. En effet, chez Ludovic, c’est toute la gamme qui sort du lot, et vous avez manifestement apprécié, tant le personnage, que ses vins. Revenons à ce 2003, année de la canicule, des rendements minimes (16hl/ha), il a été élevé pendant trois ans pour parvenir à l’équilibre voulu. Mais la patience est une vertu et le résultat en vaut la peine. Le nez est puissant, cassis, prune, noyau de cerise, graphite, très belle complexité. Bouche charnue, attaque moelleuse, mais les tannins sont encore très présents, pas trop secs pourtant, et l’équilibre est là, grâce au pH bas que peuvent donner des raisins bios. Je tiens aussi à souligner le rpt Q/P hallucinant quand on voit celui des “bonnes” bouteilles aux foires aux vins actuelles...

Sud-Ouest, vdt “Buzet”, le Pech abusé 2003, 1/4 CF, 1/4 CS, 1/2 Merlot, avec +/-15 mg/l de sulfite, Domaine du Pech

Attention, la même cuvée, mais avec un chouia de so2. En Avril, le tout sans soufre avait été plébiscité. Cette cuvée-ci était fermée au nez et les tannins féroces en bouche; Qu’en est-il quelques mois plus tard, nous allons le découvrir ensemble, suspense!!!

A 14 heures, le vin est très conforme à la description ci-dessus. Les différences entre les deux cuvées sont beaucoup moins nettes qu'en avril. Toutefois, c'est encore la cuvée sans SO2 qui récolte les suffrages, moins serrée en bouche, un peu plus ouverte au nez. Mais les différences sont ténues. Pas de différence notable à 20 heures

Le samedi soir, après 30 heures, je demande à Anne de me les servir à l'aveugle. Je goûte le premier verre qu'elle me sert, et je crois reconnaître sans problème le sans sulfites. Le deuxième confirme mon impression, nez fermé, un peu réduit même, moins expressif, et puis ces tannins un peu durs qui ne bougent toujours pas, alors que le premier se fait déjà plus aimable. Ouf, Anne confirme! Les deux vins se sont donc rapprochés depuis Avril 2008 où ils étaient tellement différent alors que seuls quelques 15 mg/l de sulfites les sépare. Mais la différence reste cependant notable au point de vue fruit , tannins, et milieu de bouche. Rendez vous dans 5 ans! Le dimanche,soit 48 heures après ouverture, à peine un peu de fruits confit au nez dans le sans sulfites, mais surtout des tannins qui enfin s'amadouent et un vin qui prend de la longueur, avec des notes de chocolat au cassis. A garder encore quelques années en confiance.

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Loire, Saumur-Champigny, Le vin d’une oreille 2005, Cabernet Franc, sans SO2, Sébastien David

L’hurluberlu est de retour. Vous avez apprécié ses rouges et rosés friands du même nom, vous avez été charmé par l'alliance de fraîcheur et de suavité de sa cubée Orion, voici le petit joyau qu’il nous cachait jusqu’à présent, le vin d’une oreille, une merveilleuse partition jouée sans sulfite aucun. J’ai déjà dégusté ce vin par deux fois, et l’évolution entre les deux était incroyable. Gain de chair, gain de longueur, équilibre précis, ce vin s’orientait plus vers le pinot noir bien dense que vers le cabernet. Je ne vais pas me perdre en tâchant de le décrire plus ici, venez le goûter, mais attention, je n’ai que quelques bouteilles. Ah oui, le nom? Voici ce que j’ai trouvé à ce propos et confirmé par Sébastien. On dit figurativement et populairement d’un vin excellent, que “C’est un vin d’une oreille”, parce que ceux qui en boivent penchent une oreille en signe d’approbation ; et l’on dit au contraire d'un mauvais vin , que “C'est du vin de deux oreilles”, parce que ceux qui en boivent secouent la tête pour marquer qu'ils ne le trouvent pas bon. (Dictionnaire de l'Académie Française, 5e édition, Paris 1798). Le vin à l'ouverture est très proche de la description ci-dessus, vraiment un très beau vin, mais à attendre. Et déjà, une attente de 6 heures est heureusement bénéfique. Le vin prend de l'étoffe, de l'allonge avec de belles notes de chocolat en finale, un nez un peu plus cabernet sans doute. Mais toujours cette impression bourguignonne à l'attaque qui se métamorphose en puissance en finale. Une cuvée pas vraiment donnée, mais qui offre un plaisir bien plus naturel que ce que vous pouvez trouver en foires aux vins actuellement. Pour info, Giscours 2005 est à 51,99€, Branaire à 59,99 et Pontet Canet à 79,99€, foncez!;-).

C'est encore meilleur le lendemain, plus fondu, vraiment une très belle bouteille, à garder en confiance quelques années ou à ouvrir comme cela, sans raison, pour se faire plaisir. A carafer impérativement avant...

Roussillon, vdt, Vignoble de Trouillas, Grenache, Mourvèdre, Carignan, 2005, sans sulfites, Casot des Mailloles

Les masos du casot, les excités du chadic, sont de retour. Avant de rentrer leur nouveau millésime, je vous propose de terminer les quelques caisses de cette petite pépite. Il lui a fallu du temps, mais elle est en place depuis quelques mois maintenant. A l'ouverture, un petit pop, ah un peu de gaz, un vin vivant qui vit! Le nez est franchement sur la cerise, la mûre ou la framboise. I y a aussi des épices, et une petite note de volatile qui apporte à la matière une fraîcheur bienvenue à qui sait l'apprécier. Ici encore cela va diviser les amateurs (coup de coeur pour certains), même si tout le monde lui reconnaît un fruit superlatif en bouche. Les tannins grenus se fondent, on peut maintenant la savourer sur une pintade à la catalane. Le soir, le nez s'est un peu dégradé, avec une note lactique supplémentaire. La bouche est toujours aussi friande. J'ai un peu de craintes pour le lendemain, on verra les vins du casot savent se tenir sur plusieurs jours!

Le lendemain, le nez est toujours aussi génial, un peu d'arômes de légumes cuits (oxo), d'acidité volatile, mais beaucoup de fruit (framboise, fraise), de minéralité (graphite, pierre), d'arômes iodés, d'algue. En bouche, il y a toujours ce gaz qui perturbe certains dégustateurs, mais beaucoup de fruit. En fin de dégustation, je secoue vigoureusement le fond de la bouteille, le fruit ressort, et la bouche se fait plus gourmande. Hélas, en finale, les notes de cacahuètes grillées se font plus marquées, et je n'aime pas cela! Pour moi, il est nettement en dessous de la veille. Son optimum devrait se situer, à mon avis, après 1 ou deux heures de carafage (vigoureux;-).

Je prendrai comme première conclusion, celles d'un amateur passionné de vin, mais peu féru de vins naturels: "Plus de fruit, plus de raisin, plus de mâche" Je suis assez d'accord avec lui, ce sont des vins sans retenue!. A bientôt pour la conclusion générale de ces deux semaines de dégustation de vins sans sulfites!

26/06/2008

BON ANNIVERSAIRE, MA BOUTIQUE!

Et oui, déjà deux ans que nous avons transformé notre petit salon en boutique. A deux ans, on marche, non? Et bien je dois dire que grâce à votre bouche à oreilles, notre petite boutique ne marche pas trop mal. Bon courir et être prêt pour les jeux olympiques de Pékin ce sera un peu juste, mais quand on a la chance de faire ce que l'on aime, pourquoi se plaindre;-). A l'occasion de ce deuxième anniversaire et de la dixième venue de fanfan Ganevat à nos marchés, nous allons donc le, vous et nous fêter les vendredi 4 et samedi 5 juillet 2008. En présence d'autres vignerons, bien sûr!

Pour la circonstance, une équipe de choc (et de poids;-) a été composée: Jean-François GANEVAT (Jura), René MOSSE (Loire), et Georges “noune” DESCOMBES (Beaujolais), viendront nous proposer leurs nouvelles cuvées. Ils seront accompagnés d’une petite nouvelle, Julie Balagny, du domaine TERRE des CHARDONS (Costières de Nîmes).

Cela se passera à Pécrot, Rue Constant Wauters, 22 (1390, Grez-Doiceau). Le vendredi de 17 à 21h et le samedi de 11h à 20h Ce n'est loin de rien; à environ 30-35 min de Bruxelles et de Namur, 15 minutes de LLN et de Leuven, 60 minutes de Liége, Gent et de Mons, plan d’accès sur le site

affiche_anniversaire_2_2008

A tout seigneur tout bonheur, nous accueillerons donc pour la dixième fois (rappelez vous, c’était en décembre 2004, notre premier marché de noël:-), Jean François Ganevat, de Rotalier en Jura. Il n’était alors connu que d’une poignée d’initiés, je l’avais rajouté en dernière minute à ma liste de domaines à visiter dans le Jura, sur le conseil d’un autre Laurent.

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Ce fut le coup de coeur, et quelques mois plus tard, au bluff, je l’invitais à ce premier marché de Noël. Au pif, je lui avait promis une centaine de visiteurs et ouf, vous étiez bien au rendez vous. 4 ans plus tard, grâce à vous, la boutique s’est ouverte et nous sommes toujours là pour vous faire découvrir les meilleurs cuvées de vrais grands vins de France, le plus souvent en bio certifié. Quant à Fanfan, il a maintenant la reconnaissance des guides les plus prisés, le Bettane-Desseauve, le guide vert de la RVF, et petit scoop, il sera vigneron de l’année dans le prochain Gault & Millau. Mais c’est sans ces conseils un peu tardifs que vous, vous appréciez depuis ces quelques années ses chardonnay ouillés qui transpirent le terroir, son savagnin ouillé enfanté sur les marnes, ses liquoreux d’anthologie, ses oxydatifs réclamant à corps et à cris le comté de Poligny, ses rouges sans concession et puis ses “Oh que c’est bon”, “J’en veux”, “Délire”, “J’ai soif” ou “Tonton Casa”.

Cette fois, il nous présentera notamment ses blancs ouillés 2006, et sans doute quelques nouvelles cuvées, dont la cuvée Orégane, superbe assemblage de Savagnin et de Chardonnay ouillés. Si vous ne pouvez être présents, il sera bon de réserver, car la célébrité à ses moins bons côtés.

Devant le charisme de fanfan mais surtout la qualité de ses vins, il fallait chaque fois trouver des vignerons du plus haut niveau, et je crois que vous ne fûtes pas souvent déçus. Cette fois, j’ai invité des “poids lourds”, des vignerons qui sont simplement parmi les meilleurs (à mon goût en tout cas;-) de leur région. L’énigmatique mais génial René Mosse, l’angevin, nous présentera également ses 2006; Rouchefer et Bonnes Blanches. Goûtés à deux reprises déjà, ils sont encore supérieurs aux 2004 et plus secs que les 2005, grands! L’Anjou rouge 2006 quant à lui, est vraiment l’archétype du vin de Loire minéral, frais, dense, aux tannins charnus, superbe réussite. Enfin il y aura le rosé achillée et quelques moussamoussettes bien sûr! Je me réjouis d’avance!

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Une des régions, avec le Jura, que je tente de vous faire découvrir depuis ces quelques années, avec un succès plus que d’estime, c’est le Beaujolais (merci à ceux qui sans se laisser influencer par l’étiquette ont acheté du beaujolais primeur en avril, avec pour seule paramètre de choix, le goût!) . Le gamay est un cépage festif, mais il est aussi capable de damner le pion à maints Bourgognes plus réputés. Mais pour cela, il faut travailler en bio à la vigne et ne pas chipoter en cave.

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C’est ce que fait à merveille le talentueux Georges Descombes depuis quelques années. Ses vins, vinifiés sans sulfites, sont d’une gourmandise extraordinaire à leur sortie, mais je serais curieux de regoûter ses vieilles vignes d’ici quelques années. En attendant, le “noune” nous présentera aussi une nouvelle cuvée que j’attends avec impatience, un pet(illant) nat(urel) de gamay, qui sera sans doute une belle alternative au super Boisson rouge (déjà presque épuisé d’ailleurs...;-). Egalement au programme, ses Brouilly et Morgon Vieilles Vignes 2005 (un des meilleurs millésimes récents, à ne pas louper!), son Chiroubles vieilles vignes 2006 et puis ses cuvées de soif exigeante (Régnié, Brouilly2007 ).

Pour apporter une petite note féminine au sein de cet amas de virilité, j’ai choisi Julie Balagny du domaine Terre des Chardons en Costières de Nîmes. J’ai découvert ce domaine au salon des vins bios à Perpignan, au cours une dégustation d’une cinquantaine de bouteilles alignées sur une table. Il y avait du beurk, du bof, du bon, et puis une cuvée d’une fraîcheur extraordinaire, au nez de syrah explosif, très soyeuse en bouche, c’était la cuvée “Marginale” de ce domaine. Je l’ai regoûtée ensuite, sur plusieurs jours, et elle bonifiait encore. Les prix restent angéliques, ce qui n’est pas à négliger! Julie nous présentera 4 cuvées. Deux de grande soif, le Chardon masqué et Bien luné; la Marginale bien sûr, et puis un blanc de Clairette de Bellegarde. On va se régaler!

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Vous pourrez bien sûr en profiter pour découvrir à votre aise, nos thés, tisanes, nos deux poivres sauvages (ils sont là en quantité cette fois!), nos épices, nos huiles essentielles, nos miels, et puis quelques préparations maisons dont nous avons le secret (ma moutarde maison est paraît-il, une grande réussite!;-) Notez donc déjà ce marché d’été, des 4 et 5 juillet, dans votre agenda, c’est déjà la semaine prochaine, et n’hésitez pas à y inviter vos amis et connaissances; ils ne seront pas déçus, et nous vous en serons très reconnaissants! L'ambiance y est conviviale, sans prise de tête, un peu "délire" parfois, c'est vrai!.

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A ceux qui ne pourront être présents, je souhaite déjà de très bonnes vacances. La boutique sera ouverte pendant cette période, excepté du 15 au 31 août. Un peu pris par ces préparatifs, le feuilleton des vins sans sulfites se poursuivra pendant les vacances.

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11/04/2008

VINS DINGUES! (I)

Hier soir, atelier "Vendanges de Vins Dingues", avec comme objectif : lavage et écartement des papilles! Des divins breuvages enfantés par des vignerons passionnés, mais il faut le reconnaître, un peu déjantés. Le but était donc d'étonner des papilles pourtant aguerries, qui au "grand vin" (tussen haakjes, je n'ai pas oublié tout mon flamand;-), qui au "vin nature", qui "entre les deux". Ce fut, je crois, une réussite et je vais vous la conter ici en plusieurs épisodes.

L'étonnement, la surprise, vient souvent d'un changement d'habitudes, d'un bouleversement de repères. J'avais assisté dans mon autre vie, à un séminaire sur l'innovation; où on y apprenait comment susciter la créativité. Une des seules choses que j'ai retenue, c'est le renversement des dogmes. Vous listez, dans votre secteur d'activité, ces fameux dogmes, et puis vous en prenez le contraire. Exemple, "la bière ne se conserve pas"; et bien vous créez une bière qui peut vieillir. Simple, amusant et il faut bien l'avouer parfois efficace.

Et bien les vignerons présentés hier soir étaient donc les Monsieur Jourdain de l'innovation;-) Un exemple pour le vin? Les vins du Jura! Le vin du Jura est par essence oxydatif, et bien deux vignerons, Fanfan Ganevat et Stéphane Tissot, suivant les pas de Pierre Overnoy, ont un jour décidé de faire du grand vin blanc ouillé, à la bourguignonne, de chardonnay, et même de savagnin. Certains d'entre vous le savent, le résultat est génial, et il y a maintenant une bande de suiveurs, de "me too" qui tente vainement de les rattraper, mais les élèves dépassent difficilement les maîtres;-). Et ce n'est même pas grave, ces 3 larrons (avec Manu Houillon qui succède à Pierre Overnoy), ont plus d'un tour dans leur chai. La créativité, on peut la stimuler, mais il y a une bonne part d'inné...

Il est donc possible de surprendre, simplement en prenant le contre-pied des habitudes, qu'elle soient de vinification, de cépages (intrus, rares, oubliés ou interdits), de sol, ou parfois même de "packaging". Mais tout cela ne serait-il pas vain, si le goût, les arômes restaient dans le commun connu? Et bien si! Le but d'une telle dégustation était aussi d'ouvrir de nouveaux horizons gustatifs, de bousculer nos propres habitudes, tout en se régalant, bien sûr!

ganevat-vignesPour se mettre les papilles sur cale, rien de tel qu'un petit Délire. la bouteille, de ce délire de Jean-François Ganevat, déjà étonne. C'est une bouteille de limonade, à l'ancienne! Le vin? C'est ce que l'on appelle un Pet' Nat' ou pétillant naturel. Contrairement au crémant ou au champagne qui nécessitent manipulations, liqueur de tirage et de dosage, ici, le vin est simplement partiellement fermenté. Quand il ne reste plus qu'un peu de sucres, on met en bouteilles sans filtration; les levures achèvent le travail, ou pas;-). Celui-ci est issu de savagnin, très légèrement pétillant, encore un peu sucré, il ne fait que 8% d'alcool et c'est non seulement un délire mais aussi un délice. Fruité pomme poire, légère douceur en bouche, contrebalancée par une acidité bien citronnée, c'est rafraîchissant en diable! Un vin qui attend impatiemment vos apéros de soleil. Bio, sans sulfites, succès garanti, faut juste se rendre compte que 8% d'alcool, c'est peu pour du vin, mais c'est encore beaucoup. Pour vous situez, pensez à boire l'équivalent en Leffe 8°; bon d'accord la digestibilité n'est pas la même;-). A boire avec modération quand même !

ganevat_delireComme nous en étions à bouleverser les habitudes, et nous souvenant du dicton vigneron "Blanc sur rouges, rien ne bouge" et "Blanc devant, tout fout le camp"; et bien nous avons débuté notre dégustation par les rouges, et pas par les blancs!

Le premier allait déjà bien surprendre. Toujours en Jura, c'est le "J'en veux", du même Jean-François Ganevat. Dans les années 30, quand les premières AOC se répandent, le Jura balaye la plupart de son patrimoine ampélographique pour ne garder que 5 cépages, chardonnay et savagnin en blanc; pinot noir, trousseau et poulsard en rouge. Au revoir le Peurion! Salut l'Enfariné! Va te faire voir Gros Béclan! Bye le Gueuche! Au diable l'Argant! Disparus tous ces cépages? Pas tout à fait, il en reste de ci de là; et Fanfan nous en sort une composition chaque année, il y a eu le "rosé de la Combe", puis le "vin préféré du tonton Casa", il y a maintenant le "J'ai Soif", et l'année passée? l'année passée, il y avait le "J'en veux! ". Si le premier vin était plutôt délire, celui-ci nous mène droit vers l'internement! A base d'enfariné, récolté à haute maturité, sans machine, cela va sans dire, et puis égrappé à la main, grain par grain. Un travail de dingue, pour donner (c'est bien le mot vu le prix, +/- 11 euros) un vin d'une fraîcheur extraordinaire. Robe pourpre, nez de cerise, (certains partent sur le pinot noir, d'autres sur le gamay), de prunelle, de fruits rouges mûrs mais frais. La bouche est gourmande, dotée d'une acidité revitalisante, la finale sur les petits fruits et les épices, que quelques amers structurent avec grâce, est étonnante. Et ceux qui n'apprécient pas ce chouïa d'amertume peuvent toujours aider Fanfan à retirer les pépins à la pince à épiler la prochaine fois;-).

vins_etonnants11Etonnant, aussi, sa teneur en alcool, seulement 11%, alors que la mode est plutôt aux vins riches; et pas que dans le Languedoc, même les bordeaux et bourgognes osmosés font plus de 13%! Ici, le vin est frais, mais loin d'être léger; il a de la mâche et une certaine puissance, mais sur la matière, pas sur l'alcool. Sans sulfite ajouté, il bonifie encore en cave, inutile de dire que j'adore!

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui, mais la suite est pour bientôt; les Bogus, Ultime, ou Bacco Noir arrivent ...

Et si un tel atelier de dégustation vous intéresse, chez vous ou à la boutique de l'Odyssée, laissez moi un petit message à laurent@truegreatwines.com; à bientôt!

08/04/2008

REBONDS SYMPAS

Pour se régaler, quelques effets bons rebonds, non exhaustifs, entre vins et mets, rencontrés le mois passé.

Au menu Pascal, il y avait des asperges aux lardons. Le Viognier "La vie on y est" 2005 de Gramenon présenté en premier lieu était très pur, avec du gras, tout en restant aérien. Il a beaucoup plu, mais l'accord parfait a été trouvé avec le Blanc d' Hervé Souhaut (Vin de Pays, Blanc, Viognier-Roussane, Hervé Souhaut, Romaneaux-Destezet, 2006). Plus puissant, équilibré par une acidité qui fait parfois défaut au viognier seul, il faut le carafer pour éliminer les quelques bulles et dévoiler son nez puissant d'abricot, caché derrière quelques notes grillées et lactées. Il emballe rapidement les asperges, puis il joue au bras de fer avec le gros lard, mais les deux compères se retrouvent vite bras dessus bras dessous. A retenir!

Envie de moules? Pas envie de cuisiner? Faites les simplement s'ouvrir sous le gril du four, et puis précipitez vous sur une bouteille de Muscadet Sur Lie 2006 (Coteaux de La Loire), du Domaine de la Paonnerie (en bio oeuf corse!), vous avez 4 minutes, pas plus, avant l'ouverture des moules;-). C'est un vrai régal, le muscadet est assez rond en bouche, très finement minéral au nez, mais surtout bien fruité. Pas trop acide, il s'enroule avec bonheur autour de ces belles moules. Incontournable! Je le refais bientôt et cette fois, je penserai à prendre des photos! ... Enfin, peut-être ...

Enfin, pas plus tard qu'hier, avec une raclette et des ingrédients en droite ligne du valais, il restait quelques fonds de blancs, mais surtout un pinot noir 2004, cuvée Julien Ganevat (JURA). D'une élégance folle, aromatique, frais, minéral, rien que lui et une tranche de viande des grisons, rien qu'eux deux, ... et moi!

06/04/2008

ODYSSEE PRINTANIERE, les photos!

Rapidement quelques photos de notre Odyssée Printanière, merci pour votre présence et notez déjà les dates de notre été de l'Odyssée en présence de vignerons; ce sera les vendredi 27 et samedi 28 juin 2008!

Un marché de printemps, d'été ou de Noël, c'est avant tout beaucoup de préparatifs, une vrai journée portes ouvertes de la maison; la boutique qui se limite normalement à notre ancien salon, envahit alors cuisine et salle à manger. Il faut aussi réachalander tous les produits, et comme je suis toujours à la bourre, les commandes sont faites en dernière minute et les différents poivres, épices, thés ou huiles arrivent au compte goutte, parfois quelques heures avant l'ouverture des portes. Parfois elles se perdent comme au marché précédent où taxipost avait réussi à "égarer" 6 kilos de poivre rare; cette fois, tout était bien là à temps et à heure, et en bon état, enfin presque, juste un colis d'épices bien explosé ...

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Il faut aussi essayer de trouver des nouveautés, de qualité, et cette fois, la vedette sera tenue par un génial poivre sauvage des gorilles. Récolté dans les montagnes du Congo, issu d'un commerce très équitable, il nous livre des arômes camphrés et d'agrumes très subtils, qui rappellent un peu la maniguette, il explose en bouche avec beaucoup de persistance; très aromatique, bien piquant, nous nous sommes régalés, j'en reparlerai certainement!

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Comme le printemps n'était pas vraiment à l'extérieur, il fallait le voir à l'intérieur, merci à Anne pour son talent de décoratrice!

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Pour que le marché soit une réussite, il faut aussi que les vignerons arrivent. Ouf, cette fois encore ils seront là juste à temps pour vous faire découvrir avec leur passion et leur talent, leurs meilleures cuvées. Premier arrivé, Phllippe Richy du domaine Stella Nova ; cet astronome passionné (nous avons scruté le ciel dans la nuit de vendredi à samedi pour y rechercher la constellation des pléiades) ne pouvait travailler qu'en biodynamie, et si tous ses vins sont excellents, c'est le blanc que je voudrais mettre en exergue; cet assemblage de clairette et de grenache était d'une fraîcheur incroyable, une révélation pour moi.

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Dans un autre style, plus féminin, tout en délicatesse et en fruit, les Saint Chinian sur schistes de Yannick Pelletier se sont arrachés, Oiselet, Coccigrues et Engoulevent vous ont séduits; merci à Fanfan pour cette superbe découverte!

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Et puis il y avait aussi Ludovic Bonnelle du domaine du Pech. J'avais adoré ses vins au salon de la Dive à Deauville, ils étaient encore meilleurs ici. Une démonstration que les cépages bordelais peuvent donner des vins nature de qualité, des vins virils, mais bourrés de fruit, accord parfait dès maintenant avec une bonne bidoche et du poivre des gorilles, ou comme avant hier, sur une cuisse de canard confit, miam miam!

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Enfin, il y avait aussi mon ami Jean-François Ganevat. Fanfan, même fatigué (et là il était vraiment crevé par une succession de salons et un travail ardu dans les vignes), n'a pas son pareil pour mettre tout le monde à l'aise, de l'ambiance, et faire le lien entre tous les participants. Et puis ses vins, ses vins se goûtaient formidablement bien, les dernières caisses de Grands Teppes VV 2005 se sont évaporées, les rouges 2006 se goûtaient encore mieux qu'à la Noël, et ses 2 pet nat de soleil, malgré le temps plus que maussade vous ont beaucoup séduits également. Fanfan reviendra en Juin pour la dixième fois, cela vaudra bien une médaille!

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Après la fermeture, c'est le temps d'un bon repas (un petit salé le vendredi et une poule au pot le samedi, encore merci Claude!), de se marrer un bon coup, de faire les pitres, de goûter quelques cuvées, à l'aveugle ou pas, de se rouler une petite sèche, et puis pourquoi pas, de se boire une petite Moinette bio. Encore merci à tous et à la prochaine!printemps2008_13printemps2008_12printemps2008_19printemps2008_18printemps2008_17printemps2008_16printemps2008_15

20/03/2008

VENEZ au PRINTEMPS de l'ODYSSEE!

Oyez Oyez, quelques représentants de choix de la tribu des vignerons naturels vont à nouveau établir leurs quartiers à Pécrot (Grez-Doiceau). Ce sera les vendredi 28 et samedi 29 Mars prochain, à la boutique de l'odyssée, qu'on se le dise! En effet, pour clôturer une semaine sans pesticides (et là je m'adresse aux jardiniers amateurs, de grâce laissez tomber ces herbicides et autres produits de &@!§!!, profitez de votre coin de verdure pour en faire un havre de paix pour la nature et pas un partenaire privilégié de Monsanto et sa vision du monde;-), nous vous proposons de venir découvrir les vins de 4 vignerons engagés dans une démarche vers l'agriculture biologique, respectueuse de l'environnement et de notre santé! Et oui quoiqu'on en pense, la plupart des raisins sont encore tchenobylés sur pied, la plupart des vignes désherbées à grands coups de pulvérisateurs et les ceps sous perfusion permanente. D'ailleurs la vigne qui n'occupe qu'un petit pourcentage de la surface cultivée en France, consomme toujours près de la moitié des pesticides utilisés chaque année... Les changements de mentalité sont lents et les changements d'habitudes sont encore plus lourds; on ne peut donc qu'applaudir des deux mains les vignerons qui prennent le risque et le temps pour vous offrir le meilleur de leur terroir, tout en minimisant l'impact de leur production sur l'environnement. Il y aura bien sûr des esprits chagrins qui n'y verront qu'opportunisme et marketing, je les invite à venir discuter avec ces vignerons et à déguster leurs cuvées; mais attention, le risque de mettre tout le monde d'accord est grand;-)

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Ce sera en tout cas encore une belle occasion de réciter notre crédo et donc d'acheter en connaissance de cause, après dégustation, de belles cuvées de soif, ou des vins de caractère, également issus de pratiques angéliques en cave. Pas de chaptalisation, d'enzymage, de cryoextraction, d'osmose inverse, de tannins de pharmacie ou que sais-je encore; très peu voire pas de sulfites; des vins aux géniteurs talentueux et passionnés avec qui vous pourrez échanger autour de leurs meilleures cuvées. Et oui, ces vins ne sont pas choisis uniquement pour leur étiquette bio (d'ailleurs ils le mentionnent rarement ouvertement), car si le bio est une condition nécessaire pour moi, elle n'est pas suffisante. Il faut aussi que l'on retrouve toutes ces pratiques et discours dans le verre; nous y veillons ardemment, mais venez vérifier par vous mêmes! Tout cela dans l'ambiance conviviale des Marchés de l'Odyssée , à ne pas rater, parlez en aussi autour de vous, nous en avons besoin!

Au programme également de ce week-end là (vendredi et samedi), dégustation de thés et tisanes bio, huiles essentielles et de gastronomie, d'épices et de poivres rares (le fameux poivre sauvage sera bel et bien là;-); la carte de l'odyssée vous sera grand ouverte. Venez vivre cette odyssée aromatique, culbutez vos papilles, exploser vos narines, vous n'en sortirez probablement pas complètement indemne;-).

Voyons en détail les vignerons à découvrir. A tout seigneur, tout honneur, Jean-François Ganevat du Jura ! Malgré une reconnaissance maintenant internationale, il nous rendra visite pour la neuvième fois et il ne viendra pas les mains vides. Non, au moins deux nouvelles cuvées, deux "petnat" qui devraient faire fureur à vos apéros de printemps et d'été. "Délire" , un jus de savagnin à peine fermenté (il fait +/- 8% d'alcool), légèrement sucré mais d'une fraîcheur insolente, et puis après son "J'en Veux", son "J'ai Soif", un poulsard (entre autres) pétillant naturel, aux arômes de Kriek, génial! Et puis ses trousseau et poulsard aux arômes de fruits rouges et de poivre blanc, et bien sûr quelques cuvées ouillées ou non dont il a le secret. Lisez le dernier article de la RVF consacré aux blancs du Jura, c'est simple, les meilleurs ( Ganevat et Tissot) sont à notre carte!

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Fanfan Ganevat ne viendra pas les mains vides (le fabuleux Comté de l'Essencia à Poligny sera bien là aussi), et il ne viendra pas seul! Le toujours fringant Tonton Casa sera évidemment de la partie, mais Fanfan sera aussi accompagné par Yannick Pelletier , avec qui il a sympathisé à Vinisud. Pas seulement sympathisé, Fanfan a aussi adoré ses vins, issus des schistes de Saint Chinian, dans un style proche de Barral. Ils en ont en tout cas le terroir, le naturel et la profondeur. Yannick était sur ma "to do list", j'ai donc saisi l'opportunité pour l'inviter à Pécrot. Il a répondu présent immédiatement. Coccigrues, oiselet et engoulevent, des noms qui invitent au voyage, et une découverte à ne pas rater!

Une autre découverte, faite à Deauville , c'est le domaine du Pech, à Buzet. J'ai adoré le style profond et viril de ces vins dont les meilleurs seront de grande garde, et tout ça sans abuser du bois; un exemple pour pas mal de bordelais! Et pourtant, il n'a pas été reconnu par ses pairs, refus d'agrément, pas d'AOC, le Pech abusé est né. Une viticulture bio, des vins excellents, un gars sympa qui a le sens de l'humour, l'odyssée des arômes ne pouvait rester indifférente! A noter une cuvée déclinée en deux versions, avec et sans SO2, il sera passionnant des les comparer! Et puis encore un sauvignon qui ne joue pas au matou incontinent, au contraire, sans sulfites, il se vautre dans la maturité et la suavité, un autre suavignon;-).

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Enfin, je termine par une des plus belles découvertes de l'année passée, le domaine Stella Nova . Philippe Richy, à 45 ans, a décidé de quitter la finance pour réaliser son rêve, devenir vigneron. Après plusieurs écolages, il s'installe à Caux du côté de Pezenas, et nous livre des cuvées tout en harmonie avec leur terre, mais aussi avec le ciel! En effet, Philippe est un passionné d'astronomie et le nom de ses cuvées trahissent bien cette passion. Vous avez adoré Sirius en 2004, venez découvrir le millésime 2005, tout en fruit et en finesse. Et puis dans le millésime 2004, c'est la cuvée les Pléiades qui vient d' être embouteillée que vous découvrirez. Un vin à encaver sans hésiter! Et puis un superbe blanc de grenache et de clairette et bien sûr, un rosé de soif, si le printemps est à nos portes, l'été le suit à grand pas!

Voilà, croisons les doigts, nous vous attendons nombreux, les enfants sont les bienvenus, le jardin bio est grand;-)!