18/04/2009

EFFET MILLESIME (Les Rouges)

On passe aux rouges et nous abordons une de mes régions préférées, le Beaujolais. Dans cet océan de médiocrité, il y a quelques perles et nous allons nous lancer sans crainte dans l'appréciation d'une trilogie de Moulin à Vent, ceux de Michel Guignier. Découvert il y a quelques années, Michel travaille en bio(dynamie) et vinifie avec peu ou pas de sulfites. Conjugué à de petits rendements et un bon terroir, cela donne d'excellents vins, il me semble en progrès constant. Nous allons le vérifier. En terme de millésimes, ils sont proches en qualité de la Bourgogne. 2004 difficile, 2005 parfait, 2006 un peu généreux mais déjà très agréable.

BEAUJOLAIS, Moulin à Vent 2004-2005-2006, Michel Guignier (Groupe 1-2)

Les robes sont bien différentes, le 2004 étant sans surprise plus clair. Des arômes de poivre long, de terre et de sous bois s'en dégagent aisément. La bouche est assez acide, le fruit sur la groseille, les tannins encore présents mais souples. L'évolution est à la limite du végétal, agréable, mais végétal quand même, témoignant d'un léger ma,que de maturité. Un vin pour la table. Le 2005 est tout son contraire, fruit noirs, violette, graphite, légères notes animales, épicé. Bouche encore un peu fermée, avec un beau jus en milieu de bouche mais des tannins encore un peu bourrus. A attendre encore. Ah le plaisir de beaucoup de 2006, il est actuel. Son nez est plus subtil, avec des notes sanguines, de fer, de fleur. Une bouche élégante, fruitée, aux tannins plus veloutés. C'est moins puissant mais très bien équilibré, dans un style très nature. Beau vin. Mêmes appréciations dans le deuxième groupe excepté le 2006, légèrement bouchonné, mais nous 'lavons remplacé.

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BOURGOGNE, Marsannay Les Favières, 2003-2004, Olivier Guyot (Groupe 1-2)

Un terroir en bas de coteaux, le 2004 avait, à sa sortie, été sélectionné dans la revue des vins de France. La différence de robe est évidente, un peu plus colorée dans le 2003. So nez est aussi plus fin, avce des notes florales qui se mêlent à d'autres plus giboyeuses. la bouche est suave, il reste encore quelques tannins, mais il ne sont pas secs contrairement à beaucoup de vins de ce millésime. Une bouteille plaisir pour le moment. Le 2004 est plus poivré au nez, épicé, minéral, avec une petite note de fût. Il possède plus de mâche, plus d'acidité et un peu de dureté, mais l'équilibre est là. A attendre encore un peu et à réserver pour la table, mais le petit déficit de maturité ne sera jamais comblé.

Avec les fromages divers, nous goûtons deux pinot noir, un d'Alsace et un de Bourgogne, et de millésime différents, pour voir.

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ALSACE, Pinot Noir 2006, Bruno Schueller (Groupe 1-2)

Robe à peine évoluée, le vin est en pleine forme. Nez puissant de rose, d'encens, d'épices, très nature nature. la bouche est un peu perlante, mais cela ne fait qu'ajouter à la gourmandise. On aime ou pas ce style, moi j'adore, et au vu du degré d'évaporation du vin dans les verres, je ne suis pas le seul. Superbe.

BOURGOGNE, Pinot Noir 2004, Abbaye du Petit Quincy (Groupe 1-2)

Robe groseille et en trouvera aussi en bouche, Très tytpique du millésime 2004 dans un recoin encore plus septentrional, Dominique Gruhier limité bien les dégâts. Le vin est à la hauteur, même s'il n'évite pas les notes de rafles et une acidité tranchante. Sur les fromages, c'est toutefois parfait, car le fruit ressort et l'acidité nettoie la bouche.

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PROVENCE, Baux de Provence, Clos Milan 2001-2002-2004, Henri Milan (Groupe 1-2)

Un cuvée mythique pour moi, et dans 3 millésimes, le rêve!

Les 3 cuvées sont au top dans des registres très différents. En demi corps, mais très parfumé, le 2002 est sûr des notes tertiaires, de tabac, de sous bois, d'encens et d'épices. La bouche suave présente encore deux ou trois petits tannins, mais c'est envoutant et très agréable. Le 2003 est à l'opposé, une bombe et ce n'est pas moi qui le dit. Robe sombre nez typé Milan, mais avec des notes de liqueurs de fruit. C'est suave, long, équilibré, sans chaleur, mais encore marqué par des tannins. Rien à voir cependant à ce qu'il pouvait présenter à sa sortie. Encore 2-3 ans et ce sera parfait, mais on peut l'attendre plus. Enfin le 2001, carafé comme les autres quelques heures, il faudrait prendre son temps pour en analyser la complexité, mais là, nous l'avons simplement bu!

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Quelques conclusions rapides et sans prétention, suite à cet exercice passionnant:  

- l'effet millésime est une réalité, les différences entre les années sont vraiment marquées. Il faut donc goûter d'une année à l'autre.

- les années sont hétérogènes, on le savait, il ne fait pas le même temps partout en France qu'à Bordeaux. Les 2004 d'Alsace étaient largement au dessus des rouges de Bourgogne et du Beaujolais. Les blancs au dessus des rouges.

- ceux qui ont complètement brûlé 2003 ont eu tort. Bien sûr il faut choisir, mais les rouges présentés (Provence et Bourgogne) étaient très réussis au contraire du blanc, un peu fatigué.

 

Voilà, à refaire, très certainement.

 

 

 

 

 

 

 

17/04/2009

EFFET MILLESIME (Les Blancs)

2 soirées consacrées à des miniverticales, afin d'approcher un peu l'influence du "temps qu'il fait" sur nos breuvages préférés. Nous avons donc parcouru, sur quelques millésimes, diverses cuvées plus ou moins huppées. Tous les vins sont issus de vignerons "nature", c'est à dire qu'il recherche à donner le meilleur de l'année (principalement par le tri et des extractions justes) sans essayer de lisser l'effet millésime.

Même atelier à une semaine d'intervalle, quelques séries ont été dégustée deux fois.

ALSACE, Pinot Blanc 2004-2005-2006, Gerard Schueller (Groupe 1).

J'adore cette cuvée de Bruno Schueller, et je la prends sans hésiter chaque année. Mais je ne les avais jamais mises côte à côte. On commence par un 2004, le nez s'est un peu refermé avec des notes fumées qui fatiguent un peu le fruit. La bouche est par contre très belle, beaucoup de fruit (litchi, pêche, abricot), riche, gras, mais avec une finale sèche, saline et un bel équilibre. C'est un beau pinot blanc mais qu'il faut boire. Le 2005 a une robe plus claire, un nez floral (ylang ylang); il est moins concentré que le précédent, avec quelques petits amers en finale. Cela claque en bouche et c'est bon! La robe du 2006 est la plus dorée, le nez est sur la cire, avec des notes de miel et de pourriture noble. La bouche est dans le style du 2004, avec quelques sucres résiduels contrebalancés par une bonne acidité. Impossible de lui résister. Ces 3 vins sont le reflet parfait du millésime, le 2004 avec un bel été indien a produit une très belle maturité. Le 2005, difficile, a souffert un peu des pluies, tandis que le 2006; millésime pourri un peu partout en Alsace a vu chez Bruno un peu de pourriture noble, le tri faisant le reste. Fameux résultat dans les 3 cas, mais je ne m'attendais pas à de telles différences entre ces 3 années, comme quoi!

millesime1BOURGOGNE, Marsannay La Montagne 2003-2004-2005, Olivier Guyot (Groupe 1 et 2)

3 millésimes successifs, mais de qualité très différente. 2003 c'était l'exceptionnelle canicule; 2004, millésime très difficile, eut du mal à atteindre la maturité (surtout les rouges), et 2005 fut sans encombre, un millésime "facile"!

Le 2003 a la robe dorée, un nez puissant de -poire compotée, un peu de beurre, de pâtisserie, de poire william, mais aussi à l'aération, quelques notes de madère. La bouche st puissante, mais sèche, saline, pas très acide, mais sans carence. Un peu trop d'alcool en finale, et ces notes de madère qui font dire que ce vin devrait être bu. Pas de miracle. la deuxième bouteille sera conforme, à peine moins avancée.

Le 2004 est moins coloré, avec des reflets verts, un registre floral au nez, épicé, anisé, fruité entre les agrumes et l'ananas. Une bouche vive, salivante, moins concentrée que le précédent. les deux bouteilles sont conformes, c'est bon pour qui aime la vivacité.

La première bouteille du 2005 est très fermée (même après ouverture;-), la deuxième s'exprime mieux, c'est puissant, charnu, musclé, avec plus de tout, de corps, d'acidité et de longueur. Il faut par contre l'attendre pour avoir une future belle bouteille.

Là aussi, le vigneron a bien négocié les millésimes tout en les respectant; seul le 2003 aurait sans doute déjà du être bu, pas de miracle!

millesime2LOIRE, Anjou Rouchefer 2004-2005-2006, Rene Mosse (Groupe 2).

Encore une des mes cuvées fétiches; j'avais d'ailleurs présenté le 2003 lors de l'atelier oxydé-oxydatif ; et dans un millésime difficile (canicule), le vin semble encore s'améliorer à chaque dégustation, soutenu par une minéralité de bouche exemplaire. Ce sont les 3 millésimes suivants que nous avons cette fois dégustés avec grand plaisir.

2004 n'était pas évident, il y a eu "un peu d'eau" selon René et un mois d'août faible. 2005 et 2006 sont pour René des milléismes sans problèmes, un peu plus chaud en 2005. Les rendements ont été faibles, mais en 2005, carrément lilliputiens.

Le 2004 est épanoui, le nez ouvert, sur la poire, le coing et le tilleul, très fruit! Je lui avait déjà trouvé une finale un peu alcooleuse, ce n'est vraiment pas le cas cette fois; au contraire, on lui retrouve ce côté juteux très agréable, une petite salinité et une belle longueur. On peut le boire, je ne crois pas qu'il puisse s'améliorer, même s'il peut encore "tenir" quelques longues années. Le 2005, c'est le 2004 en plus de tout, mais également plus fermé au nez, mais plus complexe. Plus de mâche, de concentration, de matière sèche, de raisin quoi. On ne se lasse pas de ce vin sec mais dense, à la minéralité exacerbée, pour moi grande bouteille et grande garde; ça tombe bien il m'en reste! Le 2006 est plus lascif, très ouvert au nez avec des notes de miel, il paraît un peu moins dense, et plus à boire, ce que l'on fait sans difficulté.

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Exercice génial, car si comparaison n'est pas raison, elle permet de lire ces vins sous un éclairage différent, et sans doute plus objectif! Passionnant!

La suite et les rouges bientôt!