18/06/2009

SCHISTES OU CALCAIRE (I): ALSACE

Et vous, plutôt schiste ou calcaire? Dans la littérature de vulgarisation, on présente souvent les vins issus de terroirs "calcaire" comme étant plus puissants (surtout si le calcaire s'accompagne d'argile), tanniques, dotés d'une acidité minérale et de bonne garde, tandis que les vins de schistes seraient plus élégants, fins, longilignes, aux tannins soyeux et plus rapidement à leur apogée. Dans ma petite tête, j'associais aussi le schiste du Sud avec le côté juteux et "buvable" d'un Jadis de Leon Barral, j'avais d'ailleurs cru reconnaître à raison cette parenté avec la cuvée la Sylve du Mas Lumen, dont le terroir est également à base de schiste. D'autres y trouvent des arômes minéraux, fumés, de caillou, de goudron, que sais-je encore?  Ben nous, pour en avoir le coeur net, nous nous sommes plongés, au propre comme au figuré dans une bonne quinzaine de cuvées survolant les différents terroirs ou l'on rencontre du schiste ou du calcaire, d'Anjou à Vovray, de Faugères à St Chinian, du Kastelberg au Moenchberg en passant par Nuits St Georges, appétissant n'est-il pas,

PAIRE 1 (Groupe 1: le 2006, Groupe 2: le 2005)

ALSACE, Riesling Grand Cru, Moenchberg, 2006-2005, Rémy Gresser

Le Moenchberg, est un grand cru de 11,83 ha, dont le sol est assez varié, plutôt argilo-limoneux, mais avce pas mal de calcaire; la parcelle de Rémy Gresser est à dominante de calcaire fossilisé. Ce 2006 est assez fruité, sur l'ananas, en demi-corps, avec quelques sucres résiduels, une bonne acidité mais pas très long. Vin correct. Le 2005 est dans la même veine, mais en plus de tout, déjà ouvert, il vieillira très bien, très bon vin, un peu dans le style des Schaetzel.

ALSACE, Riesling Grand Cru, Kastelberg, 2006-2005, Rémy Gresser

Petit Grand Cru de 5,82 ha, le vignoble du Kastelberg est exposé Sud-Est et est composé de schistes de Steige, des schistes noirs, riches en minéraux et pratiquement sans argile. Ce 2006 est déjà très ouvert au nez, sur des notes minérales plus complexes que le simple "pétrôle", un peu musquées. La bouche est élégante, assez concentrée, de bonne longueur, mais avec une acidité en retrait. Beau Vin, original et bon! Le 2005 est hélas bouchonné, mais semblait prometteur, avec ses arômes musqués, de lavande, de résine. Dommage!

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Ce qui frappe entre ces deux terroirs, c'est le nez, fruité sur le Moenchberg et minéral sur le Kastelberg. Ensuite, la grosse différence vient de l'acidité, assez marquée dans le Moenchberg et nettement moins dans l'autre. Par contre, il glisse tout seul, et joue sur l'élégance, alors que le Moenchberg est plus sur la puissance (le 2005 en tout cas). Super intéressant, la suite bientôt ...

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18/03/2009

MINERALITE, nous l'avons rencontrée pour vous!

La Minéralité , vous la lisez partout, pas un compte rendu d’amateur qui n’y fasse allusion, pas une description de professionnel qui n’y fasse référence ; et vous l’entendez partout, pas un vigneron qui ne place ce mot magique sur un salon ou dans sa cave, pas un caviste qui ne vante la Minéralité de sa dernière cuvée en promo. Elle est à la mode, et puis elle fait débat, , ou encore , ou encore encore , ou encore et encore et encore et encore . Elle est donc partout, mais l’avez vous rencontrée.

Et bien, nous avons mis nos papilles en bandoulières et sommes partis à sa rencontre. Mais attention, elle est fourbe, la minéralité, elle peut vous jouer des tours, vous piéger, vous faire prendre des vessies pour des lanternes.

Comme nous sommes courageux, mais pas téméraires, nous nous sommes limités aux blancs, pour cette fois.

Nous avons commençé par des eaux, car qui dit minéralité, dit minéraux, et qui dit minéraux, dit eau minérale. J’avais choisi quelques eaux minérales connues, de salinité différente. Le contratse entre Evian et Spa est frappant. Spa est une eau qui semble dure au goût, elle serre les muqueuses, laors que l’Evian glisse sans se faire remarquer. La différence : 300 mg de sels dans l’Evian, 30 dans le Spa. Si vous prenez la Vittel et que vous la comparre avec la Contrexeville, c’est à nouveau le grand écart. Vittel semble proche d’Evian, mais la Contrexéville est plus ronde, elle enrobe la bouche, paraît plus consistante. La différence, 300 mg dans l’Evian, près de 3000 dans la Contrexéville. Gpûter la Badoit et la Vichy St Yorre permet de faire la différence entre les minéraux et le sel NaCl (ou sel de cuisine) contenu dans la Vichy. Enfin (quoi, certains ont trouvé le temps long en dégustant les eaux, mais non !;-), nous avons aussi goûté l’Hépar, qui contient un peu plus de Magnésium ce qui lui donne un goût particulier, et un peu d’amertume. Nous avons aussi goûté une eau dans laquelle j’avais ajouté une bonne clouche de craie. Dure en bouche, et un nez très caractéristique « calcaire » qui restera ancré dans nos mémoires, je crois !

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Nous avons fait un dernier essai, avec ajout de sucre (5 grammes) dans du Spa et dans la Contrex (+1 gramme de sel) ; la différence était notable. La deuxième paraissait moins sucrée que la première. Le même test l’année passée avec l’alcool avait été encore plus édifiant édifiant.

Comme ces variations minérales naturelles sont comparables à celles mesurées dans le vin, il n’est pas impensable que la perception du vin soit grandement influencée par les minéraux, ceux-ci jouant sur l’équilibre et l’harmonie des constituants.

Revenons au vin, j’avais choisi une bonne douzaine de cuvées exprimant, à mon sens, différents types de minéralté, voire son absence !

Alsace Riesling or, Vincent Stoeffler, 2006

Robe jaune, reflets verts. Au nez, on peut distinguer une note un peu fumée (allumette) et silex entrechoqués, qui est sans doute due à la perception du sulfite. Heureusement, il y a aussi pas mal de fruit jaunes (pêche, poire, citron confit..) et un peu de minéralité typiquement alsacienne (pétrôle). Le vin est légèrement sucré, avec une certaine puissance et longueur. A attendre.

On peut distinguer dans ce vin 2 types d’arômes minéraux. D’une part de la minéralité typiquement alsacienne due à la présence de TDN et puis une impression de silex sans doute due à la présence de sulfite.

Alsace Riesling Bild de Table, Schueller, 2004

Le nez est sur l’oxydo-réduction, notes de pain grillé, de pomme, quelques arômes lactés, mais aussi une sensation calcaire intense. Un nez évolutif mais qui ne déploie pas les arômes classiques du riesling (le binôme pétrôle/agrumes). La bouche est dense, mais tout à fait sèche. Elle est tenue par une belle acidité juteuse qui prolonge le vin et par ce que l’on pourrait nommer la minéralité de bouche, cette délicieuse impression de sucer le caillou bien mûr. La finale est longue, sur le pamplemousse bien mûr et la pomme au four.

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Ici, la sensation minérale se fait au nez comme en bouche. Après avoir respirer une eau très calcaire, la parenté est évidente. On retrouve le même type de sensation en bouche, avec ce calcaire qui tient une matière bien mûre. L’image qui me vient est une paroi calcaire autour de fruits bien mûrs que transperce l’acidité qui fait couler le jus !

Il faut être bien conscient à ce stade que si le raisin vient bien d’un terroir calcaire, que des notes de calaciare sont reconnaissables, au nez comme en bouche, le lien entre les deux n’est pas prouvé.

Fiefs Vendéens, Hauts de Clous, Chenin, Domaine Saint Nicolas, 2005

Le nez est un peu discret et nécessite un peu d’aération pour libérer des notes assez classiques de coing et de tilleul. C’est l’attaque de ce vin qui surprend souvent, elle est typiquement salée. Le vin est juteux, mais encore un peu tenu, fermé, il doit vieillir un peu.

Ici la minéralité est vraiment due à des minéraux, c’est de la salinité sans doute due à la proximité des vignes et des marais salants. J’adore !

Le verre est dans le fruit 2003, Riesling Pfersigberg déclassé, G. Schueller & fils

Une belle robe dorée, un nez puissant, envoûtant, de résine, de lavande et quelques notes d’amandes. Une sève puissante, grasse, mais tout à fait sèche. Le vin est peu acide, millésime de la canicule oblige, mais tient par une structure de bouche intense, encore cette impression de sucer le caillou. Quelques amers en finale sont là pour garder la finale vive.

Pas vraiment de minéralité petrôlée, mais une minéralité de bouche, qui tient le vin en faisant oublier son manque d’acidité. On peut donc être minéral et peu acide !

Pouilly Fumé, Sauvignon, Domaine Dutarte, 2005

Le nez oscille entre le fruit de la passion et un côté fumé typique de l’appellation. Intéressant, c’est le même type d’arôme que dans le riesling. Sulfite ou silex, ce n’est pas franchement agréable. La bouche est un peu fruitée, mais courte et sans jus. Très bof !

La minéralité d’un « bon » Pouilly Fumé devrait se percevoir autant en bouche qu’au nez, trop de Pouilly Fumé ne sont fumés que par la présence de SO2. Encore un beau contre-exemple tout récemment avec le Pouilly Fumé Mademoiselle M 2007 d’Alexandre Bain. Nez d’ortie et de fleur de sureau, sensation calcaire en bouche, qui entoure un fruit très mûr, que dis-je un verger !

Pouilly Fuissé, La Roche, Chardonnay, Bret Brothers, 2004

Il est issu du terroir de Vergisson, sur une roche très calcaire, exposée Est-Sud-est. Sa robe est bien jaune, son nez causant, sur les notes iodées, le fruit mûr. La bouche est puissante, mais dotée d’une acidité marquée qui contrebalance le gras et la mâche. Le fruit se livre plus en bouche, très belle longeuuuuur. Très beau vin !

On confond souvent fumé et fuissé, d’où cette association. D’autre part, nous sommes ici en face de deux sensations minérales perçues au nez, mais bien différente. L’iode rappelle la mer qui rappelle le sel qui est un minéral !

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Mâcon-Uchizy La Martine, Chardonnay, Bret Brothers, 2006

Le sol de cette parcelle est argilo-calcaire, assez profond, et contient de nombreux petits cailloux calcaires. La bouche est d‘une belle puissance, gorgée de fruit (ananas). Une bouche à peine boisée, et une finale correcte, équilibrée par une bonne acidité.

Pouilly-Vinzelles Les Quarts, Chardonnay, Domaine de la Soufrandière, 2006

Nez totalement différent, un peu sur la réserve qui lui livre des arômes d’herbes aromatiuques, de fruits délicats et de caillou, désiolé, pas de’autree nom pour le qualifier. Et le vin a les mêmes caractéristiques, ce petit plus de minéralité qui entoure le fruit, qui apporte du claquant, de la complexité et qui n’est ni de l’acidité ni du tannin.Et si ce n’est pas de la minéralité due aux minéraux, la différence vient bien du sol.

Intéressant, ces eux vins sont issus de vieilles vignes, cultivés et vinifiés selon des méthodes identiques ; seul le terroir change. Ce n’est pas un soop, mais quand même, la minéralité ou son absence peut donc bien venir du terroir. De plus le terroir des Quarts est moins profond, caillouteux, et contient de’l’oxyde de fer….

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Anjou Chenin, René Mosse, 2004

Nez fruité, typique du chenin, mais un peu sur la retenue par rapport à l’année passée, où il était plus explosif et un peu lacté. La bouche est dense, fruitée, avec un peu de sensation minérale . Ce n’est pas très long, mais c’est bon !

Anjou Les Bonnes Blanches, Chenin, René Mosse, 2004

Le nez n’est pas très différent du précédent, peut-être un peu plus précis. Par contre, l’impression en bouche est édifiante. Tant par la perception minérale que par la longueur, une mâche intense, sur du fruit présent mais tenu, et tout cela se maintient longtemps. Un vin qui n’est pas au bout de son parcours.

Différence principale, l’âge des vignes. Dans le sencond cas, elles révèlent le terroir ; dans le premier, on est sur un vin de fruit, mais qui évolue bien. Le contraste aromatique est moins patent que l’année passée. Par contre au niveau de l’intensité de corps et de la longueur, pas photo ! C'est aussi là que l'on se dit que si les arômes fruités pourraient être reproduits ailleurs, la minéralité gustative de cette cuvée ou de celle des Quarts du domaine de la Soufrandière, est vraiment unique. Et c'est peut-être cela, le Graal à chercher!

Vouvray, Chenin, Vincent Raimbault, 2005

Nez peu expressif, légèrement fruité, notes de poires, un peu de miel, de champignon. La bouche est agréable, avec un chouia de sucre, mais peu expressive, un peu de fruit, ce n’est pas long, ce n’est ni mauvais ni bon. Un peu passe partout. Pas de minéralité, mais pas d’explosion de fruit non plus. Electrocardiogramme plat.

Cour-Cheverny Les Acacias, Romorantin, Hervé Villemade, Domaine du Moulin, 2005

La robe n’est pas d’une densité exceptionnelle, le nez n’est pas explosif mais il est entêtant, un mélange d’épices, de fruit jaunes, d’herbes aromatiques et de minéral. La bouche est à l’avenant, dense, très dense, une mâche incroyable qui donne le entiment d’avoir matière sérieuse en bouche. Tout cela est tendu, droit et juteux à la fois, la finale est longue, un peu salline. Un de mes coups de cœur 2008 et il continue à boniifer. Pas un vin facile, mais un vin de jouisseur intellectuel !

Pas de sensation minérale dans le Vouvray, alors que son sol calcaire le permettait, mais pas de sulfte rédhibitoire non plus ; par contre, je ne sais pas si c’est le terroir des acacias (sable à silex) qui confère à ce vin cette minéralité, mais c’est un exemple d’école de minéralité de nez et de bouche.

En conclusion, nous avons bien rencontré la minéralité, sous diverses formes, au nez, comme en bouche. De là à dire que c'est chaque fois le terroir qui en est responsable, qu'un sol calcaire donne des arômes calcaire, que le silex donne un nez de silex, il y a un pas qu'il ne faut évidemment pas franchir. Ce qu'il faut surtout retenir, c'est que la minéralité peux caractériser un vin, ou simplement participer à sa complexité, qu'il ne faut pas prendre des vessies pour des lanternes et qu'un nez fumé de silex peut aussi être dû à l'excès de sulfites. Et puis, nous l'avons vu avec les eaux, la minéralité peut aussi jouer derrière la scène, en harmonisant les constituants. Que ce soit pour cette raison, ou pour obtenir une expression plus complexe ou plus unique, la recherche de la minéralité passe manifestement par une viticulture exigeante, respectueuse de son environnement et vivante. On imagine mal une vigne sous perfusion d'engrais chimiques avoir la capacité de retirer les éléments minéraux de son sol pour les retranscrire dans la palette aromatique du raisin. D'autant, que les micro-organismes semblent bien indispensables pour ces échanges. Pas étonnant que de plus en plus de bons vignerons réfléchissent au bio ou même, osent franchir le pas!

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Et avant de partir, un anniversaire, et une dernière bouteille offerte pour cette occasion. Je propose un de mes tout derniers coup de coeur, un chenin de Xavier Caillard, du vignoble de l'Esmeraldine, du côté de Brézé. Ce vin, un 1999, est élevé en grand contenant et ouillé pendant des années. Le vin pétille allègrement, il ne m'en voudra pas de l'avoir secoué car il est magnifique, sec mais ample, sur les herbes aromatiques, thym, mêlées à des notes de miel et de poire. C'est de toute beauté, mais à cette heure tardive, mes notes se font rares, à bientôt...

20/01/2008

PIED D'ENFER: ATELIER RIESLING GRAND CRU

Voilà un atelier que j'aimerais proposer régulièrement, le premier avait eu lieu en 2006, voici le second! Je n'attendrai pas 2 ans pour vous réunir à nouveau un superbe panel de cuvées illustrant au mieux les meilleurs terroirs alsaciens. C'est trop bon, trop de plaisir partagé! Les vins étaient présentés par paire, mettant en évidence chaque fois qui le terroir, mais aussi qui le vigneron ou le millésime.

1ére paire: Caractérisation du riesling.

Sylvaner 2005, Gérard & Bruno Schueller

Robe dorée, nez puissant de fruits jaunes mûrs, bouche corpulente mais sèche, acidité intégrée, non dominante. Loin du sylvaner habituel, ici la maturité du raisin est patente. Longueur correcte, un vin de soif qui conviendra aussi bien à l’apéro qu’à la table.

Riesling Or 2005, Vincent Stoeffler

Robe plus claire, aux reflets verts. Nez sur les agrumes, citron vert, la minéralité (pétrôle), et quelques fruits jaunes. La bouche est svelte, mais avec de la matière, sèche mais avec une certaine rondeur (un chouia de sucres résiduels bien intégrés). Longueur très correcte. Un beau riesling de cépage.

2ème paire: Riesling de base et Riesling Grand Cru

Riesling XXC 2005, Kirchberg de Barr (déclassé), Vincent Stoeffler

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La comparaison reprend le Riesling de la paire précédente, et un Riesling grand cru. Enfin, pas tout à fait, la cuvée de Kirchberg de Barr choisie, a été refusée à l'agrément pour cause de "manque de matière". Quand on sait que le Riesling de base n'est déjà pas fluet fluet, il était curieux, voire malicieux d'y opposer ce "raté" de Vincent Stoeffler. La robe du "grand cru" est claire, aux reflets verts. Le nez est plus fermé que le précédent, mais déjà plus complexe ; épicé (poivre), herbes aromatiques peut-être, un tout petit peu de fruit. La bouche est ferme, sèche mais mûre, d’une belle densité, nettement supérieure au précédent. L’acidité est bien intégrée et la longueur également. il n'y pas photo (enfin si en voilà une ;-); le riesling de base est savoureux, mais le XXC fera, j'allais dire comme toujours chez Vincent Stoeffler, une très belle bouteille d'ici 5 ans et plus. Il faut toujours un peu de temps à ce marathonien issu d’un terroir argilo-calcaire du Bas-Rhin pour s'exprimer complètement. Revenons sur ce déclassement, symptomatique de la dérive de beaucoup de grands crus alsaciens. Il a été déclassé à l’agrément pour manque de matière, car probablement calé dans une série de riesling grassouillets aux sucres résiduels traînant et trompant le vin comme leurs juges. Désolant! !

3ème paire Granite versus Argilo-Calcaire

Jean Schaetzel possède dans le Kaefferkopf, tout récemment promu grand cru, 2 types de sols. Il isole les deux origines pour nous proposer deux cuvées non seulement délicieuses, mais aussi passionnantes à comparer.

Riesling Granit Kaefferkopf 2005, Martin Schaetzel

Nez très pur, d’agrumes, de fleurs et légèrement minéral. Bouche très élégante, sapide, légèrement saline, qui donne une sensation un peu crayeuse en bouche, presque totalement sec, belle longueur savoureuse, l’acidité est assez présente. Vin très très agréable qui ne sature pas les papilles. Il est issu du terroir dominant dans le Kaefferkopf, le granite, qui donne des vins élégants mais qui ne manquent pas de densité. Amusant, Jean Schaetzel qui a repris le domaine de son oncle Martin, a été le professeur de Bruno Schueller et de Vincent Stoeffler.

Riesling Nicolas Kaefferkopf 2002, Martin Schaetzel

Petite erreur de casting, j’avais prévu un 2005, un 2002 s’est glissé à sa place. Petits veinards! La cuvée Nicolas est issue d’une parcelle argilo-calcaire, la différence avec le précédent est nette au nez, mais surtout en bouche. Moins d’agrumes, pas de note florale, mais du fruit mûr, et une minéralité sous-jacente qui apparaît à l’aération. (Le 2005 ne présentait que très peu de minéralité mais plus de fruit). La bouche est corpulente, dotée d’un peu de sucres résiduels bien intégrés, d’une acidité puissante, qui perdure nettement dans la longueur en faisant saliver. Un vin qui évolue bien mais qui doit encore s’affiner un peu. Beau potentiel.

4ème paire: Effet Vigneron!

Le Schoenenbourg est un terroir tout à fait à part, de par la présence dans ce terroir marneux de gypse et de dolomite. Il donne des vins relativement puissants, aux parfums parfois étonnants, et souvent de belle garde. Les deux vins proviennent de deux bons vignerons bios, et pourtant, vous allez voir, leur style est très éloigné l'un de l'autre.

Riesling Schoenenbourg 2004, Vincent Stoeffler

Robe légèrement dorée, nez plutôt discret sur les embruns, un peu iodé, sans doute la signature du Schoenenbourg. Bouche massive, grasse mais plutôt sèche. Belle longueur, un vin de très beau potentiel encore sur la retenue.

Riesling Schoenenbourg 2004, Bott-Geyl

Nez très expressif, sur le litchi, la guimauve et le bonbon, peu complexe et un peu écœurant pour certains. Bouche puissante, plus massive que le précédent mais dotée de beaucoup de sucres résiduels, pas encore intégré. L’acidité est moins savoureuse aussi. Un vin pas encore en place, auquel il faudra laisser une seconde chance dans 5 ans.

5ème paire: Plein Sud!: Schlossberg versus Muenchberg

Ces deux terroirs sont exposés plein sud, mais la composition du sol est très différente, de même que leur localisation. Le Schlossberg est dans le Haut-Rhin, sur un sol principalement granitique alors que le Muenchberg est dans le Nord (le Bas -Rhin) et sur un terroir pauvre mais complexe, gréseux, sablonneux, avec présence de cendres volcaniques et de tufs. Sa forme est aprticulière, en forme de croissant sous la colline des moines.

Riesling Schlossberg 2004, Martin Schaetzel.

Nez opulent, de fruits jaunes, d’agrumes et qui délivre aussi quelques notes de miel. La bouche est presque sur un équilibre de vendanges tardives, mais avec juste ce qu’il faut d’acidité pour équilibrer. Aujourd’hui un vin d’apéro de choix, à garder pour l’affiner et le complexifier mais l’acidité est peut-être un peu juste, et puis c’est tellement bon dès maintenant… D'autres commentaires intéressants sur les vins de Martin Schaetzel

Riesling Muenchberg 2004, Julien Meyer

Nez complexe, grillé, fumé, un peu lacté. La bouche est plus puissante que le précédent, mais moins ronde. De ce fait, il paraîtra plus mince que le précédent à certains, ce qui n’est pas le cas. L’acidité est plus marquée que le précédent, et la bouche est dotée d’une grande minéralité. Pas la minéralité typée « pétrôle », mais une minéralité venant du sol qui donne cette impression étonnante de sucer du caillou. Il n’est pas impossible que les notes lactées soient dues à un début de malolactique. A noter que le nez s’est épuré tout au long de la soirée, vraiment étonnant et passionant. Patrick Meyer travaille un peu dans le même style que Bruno Schueller, avec un minimum d’intervention, et cela se goûte pour notre plus grand bonheur.

6ème paire: Le Pfersigberg

Le verre est dans le fruit (Riesling Pfersigberg) et Riesling Pfersigberg H 2004 Gerard & Bruno Schueller

Tout deux issus de la colline des pêchers, le H présente un peu plus de calcaire dans son sol que le générique qui est plus gréseux et sablonneux. Les deux offrent un nez un peu grillé et fumé, en bouche il n’y a pas photo. le premier est excellent, très sec, musclé, avec un fruité peu exubérant, quelques notes d’hydrocarbures mais de la minéralité en bouche. A nouveau difficile de comprendre le déclassement, peut-être basé sur le nez à l’ouverture, mais certainement pas sur la matière ou la typicité. Le verre est donc toujours bien dans le fruit des comités d’agréments ;-). Re-désolant! Le H est dans le même registre, mais avec un peu plus de tout, un fruité plus marqué (pomme reinette), une note un peu oxydative qui va s’atténuer à l’aération, et surtout une acidité plus longue, typée calcaire qui fait beaucoup saliver. Miam Miam!

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7ème Paire: Le Rangen de Thann.

Une demi-paire en fait; le Riesling Rangen de Thann 2005, de Martin Schaetzel

On ne peut terminer une dégustation consacrée aux riesling sans goûter à son fleuron, le Rangen de Thann. Je ne sais si les raisins de cette cuvée ont été vendangés encordés (la pente du Rangen est impressionnante), mais, à sa sortie, il avait été élu parmi les 5 meilleurs vins d’Alsace par la RVF. Le nez est magnifique, avec du fruit, des épices (safran), une note un peu fumée et juste ce qu’il faut de minéralité (hydrocarbures) pour rassurer sur son cépage. La bouche est déjà remarquable d’équilibre, plus puissante que toutes celles dégustées jusque là. Les quelques sucres résiduels ne perturbent pas la bouche. La longueur est remarquable avec ce concert de saveurs qui joue jusqu’à la dernière caudalie.

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Pour terminer:

Riesling Pfersigberg 1999, Gérard et Bruno Schueller

Dégusté après le repas (Poulet bio au Riesling) et le Rangen, il tient remarquablement la route, dans un registre tout à fait sec, droit, mais musclé. La minéralité s’est développée au nez (hydrocarbures) comme en bouche (caillou), le fruité n’est pas exubérant mais laisse place au terroir. Le vin a encore de très belles années devant lui.

Les vins goûtés avec le poulet au riesling préparé par Anne, se mariaient admirablement. Muencherg, Rangen, Pfersigberg H et Granit jouent différement mais rebondissent à souhait. Même le Schlossberg tire son épingle du jeu, même si l’accord est un peu lourd en raison de la présence des sucres résiduels. C'est confirmé, je le garderai pour l’apéritif!

Les vins proposés étaient parfaitement en phase avec leur terroir, excepté peut-être le Bott-Geyl qui sans être mauvais était dans une phase un peu trop « Pompadour » (pour reprendre une expression de Patrick Meyer) pour séduire les amateurs d’acidité, de minéralité et d’avalanche de cailloux. On remet ça quand vous voulez!!