08/04/2008

REBONDS SYMPAS

Pour se régaler, quelques effets bons rebonds, non exhaustifs, entre vins et mets, rencontrés le mois passé.

Au menu Pascal, il y avait des asperges aux lardons. Le Viognier "La vie on y est" 2005 de Gramenon présenté en premier lieu était très pur, avec du gras, tout en restant aérien. Il a beaucoup plu, mais l'accord parfait a été trouvé avec le Blanc d' Hervé Souhaut (Vin de Pays, Blanc, Viognier-Roussane, Hervé Souhaut, Romaneaux-Destezet, 2006). Plus puissant, équilibré par une acidité qui fait parfois défaut au viognier seul, il faut le carafer pour éliminer les quelques bulles et dévoiler son nez puissant d'abricot, caché derrière quelques notes grillées et lactées. Il emballe rapidement les asperges, puis il joue au bras de fer avec le gros lard, mais les deux compères se retrouvent vite bras dessus bras dessous. A retenir!

Envie de moules? Pas envie de cuisiner? Faites les simplement s'ouvrir sous le gril du four, et puis précipitez vous sur une bouteille de Muscadet Sur Lie 2006 (Coteaux de La Loire), du Domaine de la Paonnerie (en bio oeuf corse!), vous avez 4 minutes, pas plus, avant l'ouverture des moules;-). C'est un vrai régal, le muscadet est assez rond en bouche, très finement minéral au nez, mais surtout bien fruité. Pas trop acide, il s'enroule avec bonheur autour de ces belles moules. Incontournable! Je le refais bientôt et cette fois, je penserai à prendre des photos! ... Enfin, peut-être ...

Enfin, pas plus tard qu'hier, avec une raclette et des ingrédients en droite ligne du valais, il restait quelques fonds de blancs, mais surtout un pinot noir 2004, cuvée Julien Ganevat (JURA). D'une élégance folle, aromatique, frais, minéral, rien que lui et une tranche de viande des grisons, rien qu'eux deux, ... et moi!

27/08/2007

Domaine ROMANEAUX DESTEZET et AMBROISIE (I)

Lors de mon dernier voyage en Bourgogne il y a quelques semaines, je n’avais fait que jouer au transporteur. Je voulais récupérer mes superbes bourgognes 2005 au domaine Chantal Lescure, mais je ne voulais pas qu’ils traînent plusieurs jours dans un fucking truck surchauffé. Manque de temps pour faire quelques visites sur place et donc, juste un aller jusque Nuits-st Georges, serrer la pince à François Chavériat, prendre une adresse qu’il me recommande chaudement pour mes visites dans le Sud-Ouest (Domaine Camin Larreydia), mettre la palette sur le transpalette, et puis dans la camionnette, serrer à nouveau la pince et retour vers Pécrot. A 20 heures j’étais chez moi, avec l’étrange impression de faire un métier passionnant ;-).

Juste avant mes vacances bien méritées, même topo, je devais prendre livraison de mes cuvées de Romaneaux Destezet chez Hervé Souhaut à Arlebosc, près de Tain l’Hermitage. Et comme ce sont des cuvées peu sulfitées, hors de question d’y envoyer un transporteur en été. Mais cette fois il était hors de question aussi de ne faire qu’un « bête » aller-retour ;-). Je consultai donc mon carnet d’adresses où je recueille, toutes les infos glanées à gauche et à droite sur des domaines et vignerons potentiellement intéressants. Enfin, carnet, j’en ai déjà perdu tellement que j’ai opté pour une feuille pas plus volante qu’eux, et la protection de ma mémoire contre Alzheimer par les nombreuses tisanes ingurgitées quotidiennement. Pour les tisanes au moins, je suis mon meilleur client, si vous en buviez autant que moi je n’aurais plus aucun stress en fin de mois ;-). Tiens vous connaissez son prénom à Monsieur Alzheimer ? Non ? Aïe, déjà les premiers symptômes ;-).

Etonnamment, la liste n’était pas des plus longues, outre Thierry Allemand, qui est déjà à ma carte, il y avait Cluzel Roch en Côte Rotie, découvert il y a quelques années à la table de Jean-François Ganevat, le domaine Combier en Crozes-Hermitage, ou les précurseurs du vin naturel, Dard et Ribo. Mais ces quelques noms me semblaient connus, voire archi-connus. J’avais envie de sang neuf et je me suis donc orienté vers, qui sait, deux nouveaux « futurs grands »: Mathieu Barret du domaine du Coulet et David Reynaud du Domaine Les Bruyères. Je vous raconte ces deux visites plus tard.

Me voilà donc parti le cœur avide de découvertes. Sans trop d’encombres, mais sur une route bien bien monotone, j’arrive à Tain. Le parcours sinueux jusque Arlebosc est, lui, très beau, comme toute la région dès que l’on quitte les grandes voies, on y ferait bien le transporteur buissonnier. Je suis accueilli par Hervé Souhaut, que j’avais rencontré au Havre en Février dernier et dont j’apprécie grandement les vins depuis quelques années. Nous débutons par un petit tour dans les vignes. Il me montre les dégâts de la grêle sur son viognier, 20 à 30 % de pertes, mais s’il fait beau, les grains touchés vont sécher et tomber ou se cicatriser. Le rendement sera plus bas, mais la qualité ne sera pas vraiment moindre. Car pour le reste, la pression des maladies, mildiou et oïdium n’est pas trop forte. Tant mieux.

Vue des alentours d'Arlebosc

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Grappe très touchée par la grêle et le mildiou, heureusement, elles ne sont pas toutes comme cela!

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Le vignoble est conduit selon les principes de l’agrobiologie, mais sans certification. Pour deux raisons ; le choix est personnel, et puis, même si ce n’est pas encore arrivé, Hervé se laisse le choix de recourir à des remèdes plus violents en cas d’ultime nécessité. C’est un choix, tant qu’on l’assume avec transparence, je l’accepte, même si vous connaissez ma préférence pour la certification. Dans les vignes, j’aime regarder la flore qui pousse entre les rangs (et il y en a, car Hervé n’utilise jamais d’herbicides), j’y vois des queues de renard, de l’armoise, mais aussi une plante dont je cherche (pas très assidûment je l’avoue) le nom depuis quelques semaines. Hervé me le donne, c’est l'ambroisie!

L'Ambroisie dans les vignes du domaine

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Petit aparté. Il fut un temps, pas si reculé, où j’avais des poules. Elles avaient même des noms ; Trompette (elle était noire), Mamibarbichette (une brune), Tigresse la bleue (elle était plutôt bleue), Calinmalin (une blanche) . Il y avait aussi un petit coq, aux allures de Louis XIV, qui se nommait …. Pissenlit. Celles là avaient des noms. Après, on a même plus eu le temps de les baptiser... Car Maître Renard (ou était-ce Maîtresse Fouine), par le cri du coq alléché, me sélectionna comme fournisseur particulier. Si tous les restos du coin pouvait faire de même et avec autant d’assiduité, là aussi, mon avenir serait doré ;-). Un bonne douzaine de poules décimées plus loin et les factures du vorace couple toujours impayées, nous décidâmes d’arrêter ce commerce infructueux, et, il faut le dire, trop sanglant pour mon goût pacifique. On a beau aimer la nature… elle peut être cruelle. Plus de poules, notre dernier et vigoureux coq (Victor) ne la fit pas longue pour aller fouiner (tiens, par contre il me semble que la fouine ne coque jamais) à la recherche d’autres blondasses (ou bleuasses) et laissa donc libre parcours à la végétation (pour les citadins, un enclos à poules on appelle ça un parcours ;-). Fin de l’aparté.

Le coq Pissenlit, quelques compagnes, le parcours dénudé et la protection obligatoire contre la grippe aviaire

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Une plante que je ne connaissais, ni d’Eve, ni de Jérôme et ni de William (une bise à mes pitchouns en passant ;-) colonisa rapidement l’enclos faisant fuir mes carottes sauvages, mon achillée mille-feuille et même mes orties adorées. N’ayant jamais observé sa présence avant, je me disais que son apparition soudaine était due aux graines données à nos pondeuses préférées. Bingo! C’est même apparemment assez fréquent. J’ai toujours un à priori favorable sur les plantes ; pour moi les mauvaises herbes n’existent pas, et pourtant… Hervé n’avait pas l’air de tenir cette plante dans son cœur ; « elle prend de plus en plus la place de l’armoise » me disait-il en l’arrachant énergiquement.

L'Ambroisie dans toute sa splendeur, couvrant quelques fleurs d'achillée millefeuille

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A mon retour, petit tour sur google et stupéfaction, l'ambroisie serait bien une mauvaise herbe , mais une vraie alors ! Originaire d’Amérique du Nord, elle colonise actuellement plusieurs régions dont, justement, celle du Rhône. Ce n’est pas la première plante exotique à chasser sur nos plates-bandes, mais le problème supplémentaire avec celle-ci, c’est son pollen, qui serait hyper allergène. Ce qui est dingue c’est que d’une part on recommande son arrachage là ou elle prolifère, et que d’autre part, on l’introduit via des semences pour oiseaux là ou elle n’est pas. On le sait, quand le monde arrêtera de marcher sur la tête, les poules auront des dents (enfin pas les miennes, elles n’ont déjà plus de tête ;-). Enfin, ne faisons pas trop de bruit et comme José, fauchons; car après nos chenilles processionnaires, le jardin d’Eve de Pécrot va finir par avoir mauvaise réputation ;-)

Avant

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Après

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