10/03/2010

19-20 MARS, WEEK-END VIGNERONS

Les vendredi 19 (de 17h à 21h) et samedi 20 Mars (de 11h à 20h), se tiendra à la salle des fêtes du lieu-dit "Guet à Pintes", au 2 rue Constant Wauters, à Pécrot (Grez-Doiceau), nos prochaines portes ouvertes en présence de vignerons! Le casting est à nouveau top du biotope, avec pour chaque région présentée, un de ses meilleurs représentants bio et nature !

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Il y aura bien sûr l’ami fidèle Fanfan Ganevat du Jura, qui nous présentera, en blanc quelques cuvées 2007 comme la belle Oregane, un assemblage ouillé de savagnin et de chardonnay; et aussi une nouvelle venue, ses « Grusses En Billat ». En rouge, ce sera la dernière occasion de goûter son pinot noir 2008, tout en finesse et longueur, et sans soufre ajouté. Il nous présentera aussi quelques oxydatifs comme le super rpt Q/P « cuvée de garde », assemblage également de chardonnay et de savagnin ; ou encore sa cuvée prestige. Enfin, on devrait avoir droit à l’un ou l’autre liquoreux. En primeur pour vous, il ne pourra certainement résister à montrer les belles promesses de ses blancs 2008;-)

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Si Fanfan est un habitué (il n’a raté aucun week-end vigneron en 5 ans), il y aura quatre nouveaux venus à Pécrot, mais beaucoup d’entre vous ont eu l’occasion d’apprécier leurs vins, ils sont à la carte depuis un certain temps.

En Loire, il y aura Sébastien David, dit l’hurluberlu ! Pourquoi Hurluberlu? Ben c’est le nom d’une de ses cuvées, et puis c’est un peu son surnom dans le coin, lui qui est un des seuls de l’appellation à travailler ses vignes comme un forcené et à limiter les entrants en cave à quelques milligrammes de SO2. Deux cuvées en dégustation, l’hurluberlu, évidemment, mais aussi le superbe « Ni Dieu Ni Maître, 2007 » (parce qu'on est pas des moutons ;-); cuvée évidemment repérée dans un des derniers n° de la RVF consacré à la Loire. Du cabernet franc sous deux aspects bien complémentaires.

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Il sera rejoint le samedi par l’Isabelle Villemade, du domaine du Moulin, en appellation Cheverny et Cour-Cheverny. Elle nous présentera ses gamay et pinot noir, frais comme des gardons, mais aussi ses blancs dont le somptueux « Acacias », à base de romorantin.

En Beaujolais, c'est Jean-Claude Lapalu qui répondra présent. Vous vous êtes régalés de son Beaujolais Nouveau en 2008 et en 2009. Vous allez maintenant découvrir ses nombreuses déclinaisons de gamay en appellation Brouilly. Des vins toujours très mûrs, il en fait même une vendange tardive, le Rang des Merles, et aux tannins soyeux. Un petnat, le bien nommé aléatoire, sera également au programme! Il a fait la une du magazine belge « Vino » dans son dernier numéro consacré au Beaujolais. 

 

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En Alsace, les mousquetaires du vin nature ne sont pas trois, mais quatre (Schueller, Frick, Meyer et Binner), vous avez pu découvrir leurs vins régulièrement à la boutique ces dernières années ; et cette fois je suis très heureux d’accueillir Beatrice Binner (la sœur de Christian et la « marraine » de la fameuse cuvée Béatrice ! ). Le timing est excellent, puisque avec l’arrivée du printemps, ce sera l’occasion d’encaver la plus que sympathique cuvée des « saveurs Printanières », mais aussi de se régaler de son muscat qui frizouille et de ses grands crus du Kaefferkopf.

Vu les circonstances difficiles, je me suis décidé assez tard pour l’organisation de cet événement. J’ai donc contacté un peu plus de vignerons qu’à l’habitude. Ils ont presque tous répondu présent ! J’aurai donc le plaisir d’accueillir pour la deuxième fois à Pécrot, Ludovic Bonnelle du domaine du Pech, dans le Sud-Ouest. En plus d’être un gars adorable, Ludovic fait des vins de toute beauté et d’un naturel confondant. Son Pech abusé 2005 fut un de mes top 5 de 2009, et un coup de cœur récent de JF sur Biodyssey. Le domaine est situé à Buzet, appellation, où 95 % des raisins vont en coopérative, dire que Ludovic est un peu esseulé dans son travail n’est pas mentir. Il nous en présentera deux versions du 2005, une très légèrement sulfitée, et une autre à l’élevage un peu plus long, totalement sans sulfite. Et puis il y aura ses belles cuvées de garde « badinerie », en rouge comme en blanc et toujours sans sulfite ajouté. Gros Miam en perspective.

 

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Six vignerons bio et nature, haut de gamme, mais avec des prix pour toutes les bourses, de 7 à 77 euros ;-) !


Et puis ne louper pas nos poivres divers et nos tisanes de fin d'hiver, nos thés indiens, chinois ou japonais, et parfois sauvages. Et puis les épices, du sumac à la fève Tonka, en passant par les feuilles de poivrier de Tasmanie, et sans oublier les classiques curry indiens colombo, garam massala, et puis aussi les épices plus courantes mai de qualité bio supérieure, comme la cannelle, le clou de girofle, le carvi, ... Un festival de saveurs en perspective, une véritable odyssée aromatique, ben tiens!!

Voilà qu'on se le dise, venez nombreux, on compte sur vous pour faire de cette fête une réussite!

 

 

 

 

 

21:21 Écrit par Laurent dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : david, ganevat, binner, lapalu, pech, villemade |  Facebook |

18/03/2009

MINERALITE, nous l'avons rencontrée pour vous!

La Minéralité , vous la lisez partout, pas un compte rendu d’amateur qui n’y fasse allusion, pas une description de professionnel qui n’y fasse référence ; et vous l’entendez partout, pas un vigneron qui ne place ce mot magique sur un salon ou dans sa cave, pas un caviste qui ne vante la Minéralité de sa dernière cuvée en promo. Elle est à la mode, et puis elle fait débat, , ou encore , ou encore encore , ou encore et encore et encore et encore . Elle est donc partout, mais l’avez vous rencontrée.

Et bien, nous avons mis nos papilles en bandoulières et sommes partis à sa rencontre. Mais attention, elle est fourbe, la minéralité, elle peut vous jouer des tours, vous piéger, vous faire prendre des vessies pour des lanternes.

Comme nous sommes courageux, mais pas téméraires, nous nous sommes limités aux blancs, pour cette fois.

Nous avons commençé par des eaux, car qui dit minéralité, dit minéraux, et qui dit minéraux, dit eau minérale. J’avais choisi quelques eaux minérales connues, de salinité différente. Le contratse entre Evian et Spa est frappant. Spa est une eau qui semble dure au goût, elle serre les muqueuses, laors que l’Evian glisse sans se faire remarquer. La différence : 300 mg de sels dans l’Evian, 30 dans le Spa. Si vous prenez la Vittel et que vous la comparre avec la Contrexeville, c’est à nouveau le grand écart. Vittel semble proche d’Evian, mais la Contrexéville est plus ronde, elle enrobe la bouche, paraît plus consistante. La différence, 300 mg dans l’Evian, près de 3000 dans la Contrexéville. Gpûter la Badoit et la Vichy St Yorre permet de faire la différence entre les minéraux et le sel NaCl (ou sel de cuisine) contenu dans la Vichy. Enfin (quoi, certains ont trouvé le temps long en dégustant les eaux, mais non !;-), nous avons aussi goûté l’Hépar, qui contient un peu plus de Magnésium ce qui lui donne un goût particulier, et un peu d’amertume. Nous avons aussi goûté une eau dans laquelle j’avais ajouté une bonne clouche de craie. Dure en bouche, et un nez très caractéristique « calcaire » qui restera ancré dans nos mémoires, je crois !

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Nous avons fait un dernier essai, avec ajout de sucre (5 grammes) dans du Spa et dans la Contrex (+1 gramme de sel) ; la différence était notable. La deuxième paraissait moins sucrée que la première. Le même test l’année passée avec l’alcool avait été encore plus édifiant édifiant.

Comme ces variations minérales naturelles sont comparables à celles mesurées dans le vin, il n’est pas impensable que la perception du vin soit grandement influencée par les minéraux, ceux-ci jouant sur l’équilibre et l’harmonie des constituants.

Revenons au vin, j’avais choisi une bonne douzaine de cuvées exprimant, à mon sens, différents types de minéralté, voire son absence !

Alsace Riesling or, Vincent Stoeffler, 2006

Robe jaune, reflets verts. Au nez, on peut distinguer une note un peu fumée (allumette) et silex entrechoqués, qui est sans doute due à la perception du sulfite. Heureusement, il y a aussi pas mal de fruit jaunes (pêche, poire, citron confit..) et un peu de minéralité typiquement alsacienne (pétrôle). Le vin est légèrement sucré, avec une certaine puissance et longueur. A attendre.

On peut distinguer dans ce vin 2 types d’arômes minéraux. D’une part de la minéralité typiquement alsacienne due à la présence de TDN et puis une impression de silex sans doute due à la présence de sulfite.

Alsace Riesling Bild de Table, Schueller, 2004

Le nez est sur l’oxydo-réduction, notes de pain grillé, de pomme, quelques arômes lactés, mais aussi une sensation calcaire intense. Un nez évolutif mais qui ne déploie pas les arômes classiques du riesling (le binôme pétrôle/agrumes). La bouche est dense, mais tout à fait sèche. Elle est tenue par une belle acidité juteuse qui prolonge le vin et par ce que l’on pourrait nommer la minéralité de bouche, cette délicieuse impression de sucer le caillou bien mûr. La finale est longue, sur le pamplemousse bien mûr et la pomme au four.

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Ici, la sensation minérale se fait au nez comme en bouche. Après avoir respirer une eau très calcaire, la parenté est évidente. On retrouve le même type de sensation en bouche, avec ce calcaire qui tient une matière bien mûre. L’image qui me vient est une paroi calcaire autour de fruits bien mûrs que transperce l’acidité qui fait couler le jus !

Il faut être bien conscient à ce stade que si le raisin vient bien d’un terroir calcaire, que des notes de calaciare sont reconnaissables, au nez comme en bouche, le lien entre les deux n’est pas prouvé.

Fiefs Vendéens, Hauts de Clous, Chenin, Domaine Saint Nicolas, 2005

Le nez est un peu discret et nécessite un peu d’aération pour libérer des notes assez classiques de coing et de tilleul. C’est l’attaque de ce vin qui surprend souvent, elle est typiquement salée. Le vin est juteux, mais encore un peu tenu, fermé, il doit vieillir un peu.

Ici la minéralité est vraiment due à des minéraux, c’est de la salinité sans doute due à la proximité des vignes et des marais salants. J’adore !

Le verre est dans le fruit 2003, Riesling Pfersigberg déclassé, G. Schueller & fils

Une belle robe dorée, un nez puissant, envoûtant, de résine, de lavande et quelques notes d’amandes. Une sève puissante, grasse, mais tout à fait sèche. Le vin est peu acide, millésime de la canicule oblige, mais tient par une structure de bouche intense, encore cette impression de sucer le caillou. Quelques amers en finale sont là pour garder la finale vive.

Pas vraiment de minéralité petrôlée, mais une minéralité de bouche, qui tient le vin en faisant oublier son manque d’acidité. On peut donc être minéral et peu acide !

Pouilly Fumé, Sauvignon, Domaine Dutarte, 2005

Le nez oscille entre le fruit de la passion et un côté fumé typique de l’appellation. Intéressant, c’est le même type d’arôme que dans le riesling. Sulfite ou silex, ce n’est pas franchement agréable. La bouche est un peu fruitée, mais courte et sans jus. Très bof !

La minéralité d’un « bon » Pouilly Fumé devrait se percevoir autant en bouche qu’au nez, trop de Pouilly Fumé ne sont fumés que par la présence de SO2. Encore un beau contre-exemple tout récemment avec le Pouilly Fumé Mademoiselle M 2007 d’Alexandre Bain. Nez d’ortie et de fleur de sureau, sensation calcaire en bouche, qui entoure un fruit très mûr, que dis-je un verger !

Pouilly Fuissé, La Roche, Chardonnay, Bret Brothers, 2004

Il est issu du terroir de Vergisson, sur une roche très calcaire, exposée Est-Sud-est. Sa robe est bien jaune, son nez causant, sur les notes iodées, le fruit mûr. La bouche est puissante, mais dotée d’une acidité marquée qui contrebalance le gras et la mâche. Le fruit se livre plus en bouche, très belle longeuuuuur. Très beau vin !

On confond souvent fumé et fuissé, d’où cette association. D’autre part, nous sommes ici en face de deux sensations minérales perçues au nez, mais bien différente. L’iode rappelle la mer qui rappelle le sel qui est un minéral !

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Mâcon-Uchizy La Martine, Chardonnay, Bret Brothers, 2006

Le sol de cette parcelle est argilo-calcaire, assez profond, et contient de nombreux petits cailloux calcaires. La bouche est d‘une belle puissance, gorgée de fruit (ananas). Une bouche à peine boisée, et une finale correcte, équilibrée par une bonne acidité.

Pouilly-Vinzelles Les Quarts, Chardonnay, Domaine de la Soufrandière, 2006

Nez totalement différent, un peu sur la réserve qui lui livre des arômes d’herbes aromatiuques, de fruits délicats et de caillou, désiolé, pas de’autree nom pour le qualifier. Et le vin a les mêmes caractéristiques, ce petit plus de minéralité qui entoure le fruit, qui apporte du claquant, de la complexité et qui n’est ni de l’acidité ni du tannin.Et si ce n’est pas de la minéralité due aux minéraux, la différence vient bien du sol.

Intéressant, ces eux vins sont issus de vieilles vignes, cultivés et vinifiés selon des méthodes identiques ; seul le terroir change. Ce n’est pas un soop, mais quand même, la minéralité ou son absence peut donc bien venir du terroir. De plus le terroir des Quarts est moins profond, caillouteux, et contient de’l’oxyde de fer….

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Anjou Chenin, René Mosse, 2004

Nez fruité, typique du chenin, mais un peu sur la retenue par rapport à l’année passée, où il était plus explosif et un peu lacté. La bouche est dense, fruitée, avec un peu de sensation minérale . Ce n’est pas très long, mais c’est bon !

Anjou Les Bonnes Blanches, Chenin, René Mosse, 2004

Le nez n’est pas très différent du précédent, peut-être un peu plus précis. Par contre, l’impression en bouche est édifiante. Tant par la perception minérale que par la longueur, une mâche intense, sur du fruit présent mais tenu, et tout cela se maintient longtemps. Un vin qui n’est pas au bout de son parcours.

Différence principale, l’âge des vignes. Dans le sencond cas, elles révèlent le terroir ; dans le premier, on est sur un vin de fruit, mais qui évolue bien. Le contraste aromatique est moins patent que l’année passée. Par contre au niveau de l’intensité de corps et de la longueur, pas photo ! C'est aussi là que l'on se dit que si les arômes fruités pourraient être reproduits ailleurs, la minéralité gustative de cette cuvée ou de celle des Quarts du domaine de la Soufrandière, est vraiment unique. Et c'est peut-être cela, le Graal à chercher!

Vouvray, Chenin, Vincent Raimbault, 2005

Nez peu expressif, légèrement fruité, notes de poires, un peu de miel, de champignon. La bouche est agréable, avec un chouia de sucre, mais peu expressive, un peu de fruit, ce n’est pas long, ce n’est ni mauvais ni bon. Un peu passe partout. Pas de minéralité, mais pas d’explosion de fruit non plus. Electrocardiogramme plat.

Cour-Cheverny Les Acacias, Romorantin, Hervé Villemade, Domaine du Moulin, 2005

La robe n’est pas d’une densité exceptionnelle, le nez n’est pas explosif mais il est entêtant, un mélange d’épices, de fruit jaunes, d’herbes aromatiques et de minéral. La bouche est à l’avenant, dense, très dense, une mâche incroyable qui donne le entiment d’avoir matière sérieuse en bouche. Tout cela est tendu, droit et juteux à la fois, la finale est longue, un peu salline. Un de mes coups de cœur 2008 et il continue à boniifer. Pas un vin facile, mais un vin de jouisseur intellectuel !

Pas de sensation minérale dans le Vouvray, alors que son sol calcaire le permettait, mais pas de sulfte rédhibitoire non plus ; par contre, je ne sais pas si c’est le terroir des acacias (sable à silex) qui confère à ce vin cette minéralité, mais c’est un exemple d’école de minéralité de nez et de bouche.

En conclusion, nous avons bien rencontré la minéralité, sous diverses formes, au nez, comme en bouche. De là à dire que c'est chaque fois le terroir qui en est responsable, qu'un sol calcaire donne des arômes calcaire, que le silex donne un nez de silex, il y a un pas qu'il ne faut évidemment pas franchir. Ce qu'il faut surtout retenir, c'est que la minéralité peux caractériser un vin, ou simplement participer à sa complexité, qu'il ne faut pas prendre des vessies pour des lanternes et qu'un nez fumé de silex peut aussi être dû à l'excès de sulfites. Et puis, nous l'avons vu avec les eaux, la minéralité peut aussi jouer derrière la scène, en harmonisant les constituants. Que ce soit pour cette raison, ou pour obtenir une expression plus complexe ou plus unique, la recherche de la minéralité passe manifestement par une viticulture exigeante, respectueuse de son environnement et vivante. On imagine mal une vigne sous perfusion d'engrais chimiques avoir la capacité de retirer les éléments minéraux de son sol pour les retranscrire dans la palette aromatique du raisin. D'autant, que les micro-organismes semblent bien indispensables pour ces échanges. Pas étonnant que de plus en plus de bons vignerons réfléchissent au bio ou même, osent franchir le pas!

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Et avant de partir, un anniversaire, et une dernière bouteille offerte pour cette occasion. Je propose un de mes tout derniers coup de coeur, un chenin de Xavier Caillard, du vignoble de l'Esmeraldine, du côté de Brézé. Ce vin, un 1999, est élevé en grand contenant et ouillé pendant des années. Le vin pétille allègrement, il ne m'en voudra pas de l'avoir secoué car il est magnifique, sec mais ample, sur les herbes aromatiques, thym, mêlées à des notes de miel et de poire. C'est de toute beauté, mais à cette heure tardive, mes notes se font rares, à bientôt...