07/10/2009

PARFUM DE VENDANGES 2009

Un beau petit reportage sur les vendanges 2009 chez les Schueller, ne loupez pas non plus la recette qui suit, de quoi faire saliver et donner l'envie d'ouvrir un vieux pinot gris de cette belle maison!

Et je ne résiste pas à vous mettre en lien le reportage d'envoyé spécial sur le vin est-il encore un produit naturel. Bien sûr il y a une part énervante de sensationnalisme (ben oui soyons pas naïf, c'est de la télé!), mais les boutons vont sans doute surtout germer chez ceux qui ne veulent se remettre en question... Et ils vont tirer à boulets rouges sur le messager (l'envoyé spécial) plutôt que de réfléchir... Car le fond est là, et la différence entre le vin industriel (majoritaire) et le vrai vin de terroir, de préférence bio et nature, s'accentue encore... et les vessies ressemblent de plus en plus à des lanternes ...

17:41 Écrit par Laurent dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vendanges, vin nature, schueller |  Facebook |

13/06/2008

VIN sans SOUFRE (III), VIN sans SULFITES!

Que l'on dise vin sans sulfites au lieu de vin sans soufre, c'est bien, mais ... on se trompe quand même!

Et oui, non seulement c’est une erreur de dire vins sans soufre, mais même le vin sans sulfite n’existe pas !

Pourquoi ? Simplement car la levure en produit toujours un chouïa en fermentation, en général moins de 10 ppm ou mg/litre. Il n’y a donc pas de vins sans sulfites ! Evidemment, si cette valeur est comparée avec les doses ajoutées autorisées, jusqu’à 210 mg/l pour un vin blanc, 400 pour un liquoreux, il est bien compréhensible de dire « vins sans sulfites », mais l’annonce correcte serait plutôt « vins sans sulfites ajoutés ».

Et si le vin sans soufre/sans sulfite n’existe pas, en plus, il est aussi très rare;-).

En effet, il n’ y a que quelques vignerons qui n’ajoutent pas de SO2 dans leur vin ; et encore, pas sur toutes les cuvées. D’autres n’en mettent qu’à la mise en bouteille pour assurer le transport et le stockage, on parle alors de vinification sans SO2. D’autres encore n’en utilisent qu’à dose homéopathique tout au long de la vinification. Les valeurs totales ajoutées se limitent alors généralement à 15 ou maximum 30 mg/l, ce qui est peu. Mais ce qui, nous le verrons, a pourtant un impact gustatif. Cependant, en comparaison aux vins « normaux », ces doses sont angéliques…

Mais finalement, qui vinifie sans sulfite?

Ils sont encore très peu nombreux, et ceux qui font presque toujours toutes leurs cuvées sans sulfite exogène sont rarissimes. Mais il y en a, et à tout seigneur tout bonheur, le précurseur du vins sans sulfite: Pierre Overnoy de Pupillin dans le Jura, et son brillant successeur le bien nommé Emmanuel Houillon. Il y a aussi Alain Castex du Casot des Mailloles (Roussillon), Philippe Jambon et sa tranche (Beaujolais), ou encore, mais sans dogme, Didier Michaud du Château Planquette (Bordeaux). D’autres ne font que certaines cuvées totalement sans soufre, ce sont les Lapierre (Beaujolais), Allemand (Rhône), Ganevat (Jura), Schueller (Alsace), Ducroux (Beaujolais), Vignes du Mayne (Bourgogne), Gruhier (Bourgogne), domaine du Pech (Buzet) et bien sûr Jean-Pierre Frick , également pionnier dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres. Parfois, ils nous font la même cuvée avec et sans SO2 à la mise, et c'est là qu'on commence à s'amuser.

Ensuite, il y a les vignerons qui vinifient presque toujours sans sulfite: dans ce cas, juste un peu (1-2g/hl soit 10-20 mg/l) est ajouté à la mise pour éviter les ennuis au transport ou supporter des conditions de stockage peu adéquates. Là, ils commencent à être plus nombreux; ce sont les vins de Ganevat (Jura), Schueller (Alsace), Binner (Alsace), Meyer (Alsace), Gramenon (Rhône), Clapas (Rhône), Mazel (Rhône), Lapierre (Beaujolais), Descombes (Beaujolais), St-Nicolas (Loire), Villemade (Loire), Ducroux (Beaujolais), Hervé Souhaut de Romaneaux-Destezet(Rhône), Lapalu (Beaujolais), Guignier (Beaujolais), Beau-thorey (Languedoc), Barral (Languedoc), Milan (Provence), Heredia (Loire et Languedoc), … j'en oublie, impossible de les citer tous, mais jetez un coup d'oeil à ma carte;-).

Vous le voyez, de plus en plus nombreux sont les vignerons qui diminuent les doses, jusqu'à tenter l'impossible, ne plus en mettre...Nombreux, oui, mais encore bien seuls dans l'océan d'insipiditude qui les entoure... Ces "extrémistes" tant décriés ont quand même réussi à se faire poser des questions aux autres mieux installés; et si les doses de SO2 diminuent gentiment (on ne peut pas encore parler de révolution pour tous, mais peut-être de prise de conscience), c'est certainement grâce à eux... Après la lutte raisonnée avec "le moins de traitements possibles" engendrée par les "extrémistes bio", voilà t-y pas que tous les vignerons sont maintenant pour une utilisation raisonnée du sulfite et nous font tous les vins les plus "naturels possibles". Bon, du discours au verre il y a encore une marge ou une marche à franchir, mais ne soyons pas moqueurs;-)!

Tiens, mais pourquoi, pourquoi cette aversion du sulfite? Et bien un peu de patience que diable, je me sers d'abord un grand verre de Poulsard, un Arbois Pupillin 2002 du couple Houillon-Overnoy et je reviens vers vous...vin_sans_soufre_overnoy

19/06/2007

Domaine CHANTAL LESCURE, François s’affirme, le style s’affine!

Voyage éclair en Bourgogne et dans le Beaujolais, il y a une bonne semaine, pour ramener quelques cuvées réservées depuis quelque temps déjà et bien sûr, déguster! Au programme, le domaine Chantal Lescure, les frères Bret du domaine de la Soufrandière et l’Abbaye du Petit Quincy en Bourgogne ; Christian Ducroux et Georges « le noune » Descombes dans le Beaujolais. Du beau monde !

J'étais content de retrouver le domaine Lescure que je suis depuis 5 ans maintenant. Je me souviens vous avoir proposé à mes tout débuts et avec succès, le Pommard Vaumuriens 2000 qui est maintenant à son apogée; dégusté tout récemment, il est très aromatique, avec des notes d'évolution, de cuir, d'encens et des tannins très fondus pour un corps svelte (c'est un 2000) mais suffisamment charnu pour notre plaisir.

C'est donc avec une certaine excitation que j’arrive au domaine Lescure à Nuit St Georges vers 14 heures, pas trop crevé et le palais émoustillé à l’idée de goûter ces vins. François Chavériat s’était excusé au préalable. Ce n’est pas grave, je suis moi aussi assez pressé par le temps. Je voulais surtout déguster deux vins que je ne connaissais pas. Le Bourgogne Taupe Maison Dieu 2005, issu d’un terroir argileux de la plaine de Pommard. La robe est concentrée, c’est bien du 2005, le nez offre de beaux arômes de framboise et de cerise. La bouche est dense, un peu tannique mais gourmande. C’est très bon, et ce sera un rapport Q/P exceptionnel. Le suivant, c’est un Côte de Beaune 2005, à peine plus cher, il est aussi plus concentré mais plus dur en finale. Un vin qu’il faudra attendre un peu mais qui fera aussi une belle bouteille d’ici 2-3 ans. Il faut avoir que le domaine situé en cote de Nuits, possède également beaucoup de vignes en côte de beaune et surtout à Pommard. Ceci nous donne donc à chaque fois une belle vue d'ensemble de la qualité d'un millésime, les deux côtes confondues.

lescure2

Petite verticale des Pommard 1er cru les Bertins ensuite. Les Bertins, c’est un beau premier cru, aux sols bruns calcaire, exposé plein Est et situé près de Volnay. Le 2004 est d’un bel équilibre assez structuré Pommard sur les tannins et l’acidité, mais avec de la finesse, beau. Le 2005 est plus dense, plus aromatique, plus long, plus de tout quoi, mais surtout bien meilleur encore. Un côté gourmand qui se propose à boire et un côté profond qui incite à la garde. J’ai l’impression aussi d’un boisé déjà fondu, ce que je préfère nettement. Très très bon vin. Et les prix de ces 2005 restent très raisonnables, ce qui est à souligner ! A côté, le 2003 fait un peu ampoulé et rustique, sur des tannins trop durs et un nez un peu confituré, la bouteille ouverte depuis quelque temps est à mon avis passée. Pas le meilleur 2003 de Lescure qui avait pourtant offert de très belles réussites dans ce millésime (les cuvées que j’avais sélectionnées quoi ;-).

Je suis prêt à partir quand arrive François, en tenue de combat, T-shirt taché, short et grosses bottines. « J’ai une demi-heure, on fait un tour en cave pour goûter les 2006? ». Si lui a une demi-heure, moi aussi bien sûr.

lescure

Je ne prends pas de notes, et les malos ne sont pas encore finies, mais ce que je retiens, c’est l’expression qui se dégage de ces 2006. Ce n’est évidemment pas le 2005, mais on est loin ici de la berezina attendue. Après un juillet sec, un août mouillé, septembre a tenté de réparer les pots cassés. Et puis, il a fallu trier et comme de plus en plus, les vignes travaillées en bio ont tendance a équilibrer ces données climatiques. Alors, ce qui ressort de cette dégustation, c’est un sentiment de naturel qui me comble. Un fruit pur, des tannins fins et une concentration plus que raisonnable pour un pinot noir, et surtout pas de surextraction ; la grenouille 2006 n’a pas essayé de se faire plus grosse que le bœuf 2005.

Manifestement, François Chaveriat qui a converti le domaine à la culture biologique est est maintenant en certification, continue la révolution à la cave. Egrappage complet pour un meilleur fruit (on se rappelle l’expérience de Peynaud qui avait fait macérer des rafles pour prouver leur peu d’intérêt, même si ce n’est pas aussi enfantin ;-), diminution des doses de sulfite (mais il ne croit pas au sans soufre ;-), plus de chaptalisation depuis 5 ans, et un boisé également beaucoup moins insistant. Toutes les actions sont inscrites dans recherche primordiale du terroir et surtout pas de l’imposition d’une quelconque « patte» du vigneron. Mais François de continuer d’expérimenter, comme avec cette cuvée de base où il teste l’égrappage. Le fût non égrappé est fruité, dense, avec de la mâche ; celui complètement égrappé « pète » littéralement de fruit très pur, et se fait plus digeste, vraiment coulant. J’ai toujours un faible pour la minéralité du Pommard Vaumuriens, au terroir un peu plus froidn ce qui engendre des maturité plus tardives, mais quelle classe ; ceci-dit, le Pommard les Vignots bien mûrs sont aussi très élégants en 2006. Nous goûtons aussi le Vosne-Romanée les Suchots, et le Clos Vougeot, le Vosne tout en rondeur et densité, le Clos avec, encore, un supplément de classe dans sa texture et de finesse. Beaucoup attendent d’un grand cru un plus de concentration, mais les meilleurs ont plutôt ce plus de touché et de longueur.

Au final, plus d’une heure en cave et une discussion à bâtons rompus sur son approche de plus en plus précise du vin. Merci François et qui sait à bientôt peut-être en Belgique.